Archives mensuelles : mai 2013

Citoyen! Allume!

Alerté par les porteurs de pacemaker ayant subi des interférences électromagnétiques à proximité de ces ampoules, Pierre Le Ruz, directeur scientifique du Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), a vérifié : « Nous avons, entre autres, mesuré des radiofréquences harmoniques jusqu’à 200 volts par mètre, alors que la valeur limite en vigueur est de 27 volts par mètre. » L’électro-pollution ainsi générée entraîne une diminution de la mélatonine, une hormone qui induit le sommeil, régule l’humeur et inhibe la prolifération des cellules cancéreuses. La revue scientifique The Lancet a publié dès 1978 une étude reliant diminution de la mélatonine et cancer du sein. D’autres études ont montré qu’il en est de même pour l’hypertrophie bénigne de la prostate, le cancer de la prostate, de l’ovaire, du col de l’utérus, du poumon, de l’estomac, de la thyroïde et le cancer colorectal. Autres conséquences à court terme : troubles du sommeil, excitabilité, irritabilité et hyperactivité. Il faut donc éviter les ampoules basse consommation, notamment à côté de la tête. Mieux vaut opter pour les bonnes vieilles ampoules à incandescence. Quitte à réduire la durée d’éclairage pour économiser les ressources de la planète en allant nous coucher… plus tôt. SOURCE

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Krishnamurti

Qu’est-ce que Krishnamurti fait ici? Justement, il y a des jours où l’on aimerait se reposer un peu de la guerre contre les gouvernements devenus des putains à la solde des compagnies qui n’ont qu’un seul but :

À chaque fois qu’on essaie d’éteindre une bêtise, il y en a dix qui s’allument quelque part dans le monde. On veut bien croire que toute révolution part de soi, mais le malaise par ces   « autres », bien nombreux, qui encrassent la planète et nous tuent à coups de vert falsifié, menteurs et hypocrites vont finir par achever un monde où l’on pourra plus s’adonner à la révolution intérieure… Comme Krishnamurti…

On cultive le « danger » pour nous mettre en état d’alerte et de peur. Figés. Comme une souris devant un chat. Avoir peur, c’est mourir un peu… Avoir peur de tout perdre…

Il n’y a pas de 911 pour la vie. Il n’y a pas de téléphones ni  de e-mails. Il n’y a pas une planète de secours comme la roue dans le coffre de votre voiture. On roule sur les chapeaux de roue…

La peur a un effet très fort sur les foules et ainsi est utilisée afin de contrôler les foules et les peuples. Dans les systèmes totalitaires ou dans l’esclavage traditionnel, l’objet de la peur est clairement identifié, il s’agit d’une menace de punition ou de mort en cas de désobéissance. Dans les systèmes dits démocratiques où une telle menace n’est pas explicite, il importe plus de contrôler ce que pensent les gens, en déformant les informations des médias et avec des menaces plus abstraites ou même virtuelles[3].Wikisaitout

La chandelle contre les puits

Il y a longtemps que l’on parle d’imposer les ampoules fluo compactes aux   ampoules à incandescence trop énergivores… Au point où certains ont songé à se faire une réserve d’ampoules.

La belle culture du vert… Le citoyen pollue, le gouvernement blâme le citoyen.

On questionnait les élèves d’une école. Des enfants de 8, 9, 10 ans.

– Qu’est ce que tu fais pour la planète?

– Je recycle. Je n’utilise pas de plastique et j’ai convaincu mes parents de changer les ampoules de la maison.

Monsieur de Goebbels n’aurait pas fait mieux.

Pendant qu’on souille le sous-sol des USA avec la grande trouvaille du gaz naturel – la richesse sous nos pieds :

* on barbouille une région avec l’or noir des sables bitumineux,

* on laisse les compagnies pharmaceutiques répandre ses poisons e

* on laisse la démocratie dans les mains de développeurs qui engrangent leurs profits dans des paradis fiscaux

* on crée des enfants soldat

* On cultive la peur

* On enrégimente le citoyen

* On ne sait plus faire la différence entre politicien et businessmen

* Le bien est représenté par une blouse ou une cravate, la plupart issus d’un photoshop intérieur.

* les enfants vont à l’école où c’est le temps de jouer où ils apprennent que la vie est une carrière.

* Et on se fait cuisiner à la Monsanto

J’en passe.

On nazifie tout ce qui peut se nazifier sous couvert de progrès et de « développement ». On tue tout ce qui peut se tuer pour nous « faire vivre »… Et quand le citoyen parle, c’est un idiot qui ne comprend rien.

Le savant est dans une éprouvette

L’éprouvette est dans le savant

Mais le savant n’avale pas le contenu de l’éprouvette … Comme c’est le cas dans le documentaire Gasland où l’auteur ayant un pot d’eau « analysée » et certifiée potable, l’a présenté à un PDG et lui a demandé de la boire.

La pollution « économique »

Les saints économiques  n’ont plus d’auréoles, ils ont des diplômes et sont vasectomisés de la vie réelle : ils produisent des spermatozoïdes stériles. Ils couchent mais n’accouchent de rien sinon que de la reproduction de monstres.

Une nouvelle sexualité : la reproduction des salauds.

Le bien-être de l’humanité mes lunettes! Et mon œil avec…

Maximiser la valeur de l’actionnariat signifie
accroître le tribut des paiements à la classe
dirigeante des esclaves. Les revenus de la
classe moyenne ont été rabaissés et les
deux parents d’une famille sont forcés
de travailler afin de maximiser le tribut
des masses. Ça force aussi les parents
à envoyer leurs enfants dans les
établissements communaux de lavage
de cerveau à un âge plus jeune et plus réceptif. Alter Info

Durant la Guerre civile américaine, Morgan s’investit dans la vente d’armes, achetant des fusils obsolètes à l’armée avant de les faire remettre en état, puis de les revendre à l’armée beaucoup plus cher. Cependant, de telles armes sont défectueuses et un scandale éclate. Le gouvernement refuse de payer Morgan, qui doit le poursuivre à deux reprises[6]. Comme beaucoup de gens riches de l’époque, Morgan échappe à l’engagement militaire en payant 300 dollars de compensation[7].

JP Morgan, avait inventé une fausse rumeur de crise économique au début des années 1907, ce qui lui avait permis le rachat de plusieurs milliers de banques aux États-Unis, et ce, en raison du vent de panique que ça avait provoqué. Autour de 1907, la valeur de leur actif était d’environ 1.3 milliard de dollars (près de 6 milliards en dollars des années 2000). En 2007, on estimait cet actif à 2000 milliards ( 2 trillions de dollars ). En 2008, la crise est très profitable à JP Morgan qui rachète des banques à faible coût. Cette thérapie de choc est utilisée dans un contexte de crise déjà latente, et on se rend compte aussi que des actions précises sont mises en place pour renforcer l’idée d’une crise, pour forcer ce qu’on appelle les « ajustements structurels » où on applique l’idéologie néolibérale de manière très brutale. Voir.ca, Pierre Bellefeuille

La soupe terrienne

On se moque des sorcières qui dans leur soupe de pattes de crapauds, de venins de serpents, de poils de rats, et d’une petite raclette de corbeau séché à l’air… Peu importe.

La recette de la soupe 21e siècle n’est guère meilleure. Mais elle a de la classe. Il y a bien des doctorisés qui accrochent leur diplôme au mur et crucifient un monde sans le savoir.

Ils sont échevelés parce que divisés. Ils sont ensemble parce que la vanité est une belle soudure. Ils sont de plus en plus plusieurs dans un « un » d’un sceau apposé.

Les sots sont bien posés…

Les sots sont apposés…

La Terre n’est qu’un Ebay dans l’Univers : tout s’achète,  tout se vend…

Les vendeurs du temple s’impriment entre eux : comme des billets. Ou bien ils sont passés au virtuel… Au moins un progrès.

Que la lumière soit

Le sujet n’est pas nouveau. Plus on invente pour notre bien être, plus on invente de nouveaux poisons.

L’ampoule dite à basse consommation est bien à l’image de notre monde : elle dépense peu d’énergie tout simplement pour transvaser à une élite de Frank Einstein « copier-coller »  une autre richesse.

Les petits génies du mal qui peuvent se passe de « vous ». Du moins une bonne partie…

Les nombrils se reprographient…

Elles fonctionnent au gaz qui est une sorte de flatulence. Au lieu  d’une lumière crue et vivifiante.

La chandelle est une poésie de l’âme…

Ils disent que ça pollue…

La vidéo de la lampe du génie Aladin II, comme dans le conte

Le conte est parsemé d’allégories : la lampe et les pouvoirs magiques du maître pourraient symboliser la connaissance, le voyage, les longues études, et la grotte ténébreuse, l’ignorance. Les deux variantes apparaissent alors comme deux issues possibles de l’apprentissage : selon qu’Aladin maîtrise ou non les connaissances qu’il a eu l’occasion d’apprendre, il pourra se jouer de son maître ou au contraire tout perdre.

La vidéo  ne vous apprendra peut-être rien. Que l’ampoule  crée des cancers? … Regardez-là jusqu’à la fin.

Et vous pourrez aller voir des commentaires tels que le suivant :

Pour ce? qui est du mercure dans ces ampoules, la journaliste à raison.

Pour ce qui est du champ électromagnétique, à moins de garder une ampoule en permanence à 10 centimètre de sa face, il ne devrait pas y avoir de problème. L’intensité d’un champ électro. diminue extrèmement vite avec la distance.? Tant qu’à ça les cellulaires sont au moins 1000 fois pire…

Pour lier le cancer de la prostate avec les ampoules, c’est plutot absurde!

Ça n’a guère d’importance en un sens. Sans doute faut-il sucer l’ampoule pour se rendre malade. Demandez au fabricant de la sucer allumée. Elle ne chauffe pas de toute manière.

Mais vu dans une approche globale, la technologie « scientifique » nous amène à «  penser sous forme de gaz ». On est bien chambrés.  Mais on n’a plus l’éclat de la vieille ampoule. Du moins, on nous jaunit… Nous voilà éthérés et valsant dans le petit tube d’une religion qui n’a qu’un siècle: mais un siècle dévastateur.

Je nommerais cela la scission des citoyens par un procédé de gazéification. Car en gazéifiant la démocratie à la base, en soudant le citoyen dans une « croyance » en la technologie et ses vertus, en la logique, elle le plastifie par la peur et fait de lui le meilleur investissement au « monde ».

Et l’économie serait une science… Le mot « économie » devient alors, de façon concise, synonyme de « science économique » et peut être considéré comme substitut de l’expression « économie politique »

Et c’est pour ça qu’on est de plus en plus pauvres. Pauvres non pas simplement d’argent mais d’une chose qui devrait être le but de cette existence, peu importe le bout du tunnel…

La vie… Pas mourir à tous les jours. Vivre simplement.

Les tours du WTC ce n’est rien à comparer aux dégâts que l’on cause chaque jour aux travailleurs dans un « système » où le bonheur est un avenir qui n’est jamais arrivé. Une promesse de la futurologie, parmi bien d’autres.

Un détour par la futurologie

Naturellement, une portion significative des futurologies de mon temps se sont magistralement cassées la figure. Les tessons multiples de ces prophéties inanes finirent promptement balayées sous le tapis du quotidien et, évidemment, on n’en parle plus trop fort aujourd’hui dans les coins, préférant railler les prédictions plus anciennes, devenues, elles, parfaitement grossières et bouffonnes. Ainsi, je n’oublierai jamais cette illustration utopiste de 1950 nous présentant une ménagère de l’an 2000 totalement prisonnière de son rôle conventionnel mais, mais, mais… récurant désormais la maison familiale d’un seul jet joyeux et libérateur, au boyau d’arrosage, vu que l’intégralité de son intérieur «est» en latex super-lavable ultramoderne (sur le modèle inavoué de son conjoint du temps récurant son garage, en fait).

Ysengrimus, Le lourd passé de la futurologie

Tout ça pour dire qu’il faut se méfier des promesses et des gadgets qui passent pour nous « soulager » de nos tâches.

Si vous avez un cadeau à offrir à quelqu’un, envoyez-lui le lien.

Le citoyen fluo et gazéifié

C’est à ça qu’on nous amène : à nous disperser, fluidifiés, jaunâtres, dépensant peu, mais offrant le même service à une élite qui contrôle le savoir, la science et  la démocratie. La cuisine de l’endoctrinement, de la chaufferie du bateau, fait en sorte que le citoyen n’est qu’une bûche ou un morceau de charbon. On se fiche qu’il vive carbonisé. Il n’est qu’une monture de chair  dans une pub d’élitocrates (sic) qui vous dit en sourdine:

IL CHAUFFE POUR NOUS

Il n’y a plus de pays pour « ça ». Il n’y a que des âmes effritées, brûlées, carburant aux antidépresseurs, où la normale d’une bonne déprime passe par un repos de quelques mois. Même à l’université. À la période de mes études universitaires, je n’ai jamais vu d’étudiants en « burn-out ». Aujourd’hui, ils sont souvent rôtis avant de commencer une carrière.

Heureusement qu’on invente chaque jour des gadgets pour « sauver le monde ».

Mais où sont les fins finauds qui peuvent nous calculer combien de ces ampoules si bienfaisantes sont annulées par un baril de pétrole pris dans les sables bitumineux?

Combien d’eau pour traiter le gaz naturel?

Éclairez-nous!

Il est temps pour les peuples de la planète de s’éclairer eux-mêmes sans attendre la filée de charlatans qui peuvent tout expliquer.

Sauf les 50 dernières années des habitants d’une planète où les joueurs de cartes sont capables de faire tomber des pays.

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violon 2

L’auto-conduite ou la voiture sans pilote

General Motors, Audi, Toyota et Google pompent des centaines de millions de dollars, d’euros et de yens pour perfectionner des voitures sans pilote.

Mais un étudiant roumain de 19 ans a gagné le plus prestigieux prix de la Foire d’ingénierie et de sciences internationale Intel avec son système maison qu’il a bricolé avec 4000 $ de pièces achetées sur internet et dans l’équivalent roumain d’un Radio Shack. La Presse 

L’homme a été capable d’aller sur la lune,  mais n’arrive pas à fabriquer un sac d’épicerie biodégradable. En l’espace de deux ans, le prix a augmenté de 100%.  Avec de la peau de banquier, ce serait possible… Ils meurent tous, mais semblent ne pas le savoir… Ils doivent être assez athées. Ils ne croient pas aux autres, n’ont pas de coeur, ou pas d’âme, ou… je ne sais quoi. Les pauvres vont au paradis et les hyper-riches aux paradis fiscaux.

On parle d’aller sur Mars. Mais sans possibilité de retour. Il y en aura d’assez fous pour laisser leur nom sur Terre et aller jouer dans le sable rouge. Avec les ingénieurs qui fabriquent les « vaisseaux spatiaux », je ne prendrais aucun risque…

Hydrocéphalie québécoise 

Maintenant que nous nous dirigeons vers une automobile  » sans conducteur », – on pourrait la programmer pour aller au travail – ou celle de votre conjoint, – à quand une société sans politiciens? Ou Hydro-Québec sans PDG?

Il n’y a pas que les hausses de tarifs qui permettent à Hydro-Québec d’engranger beaucoup d’argent. Ses erreurs de prévisions auprès de la Régie de l’énergie auront permis à la société d’État d’encaisser plus d’un milliard de dollars sans rien remettre à ses clients, a appris TVA Nouvelles.

Si je ne m’abuse Hydro-Québec demande des hausses de tarifs de plus de 9% cette année. Pourquoi? Sans doute pour suppléer à la chute des ventes de l’hydroélectricité. Hydro-Québec prévoit  perdre 1,5$ milliard. Selon les chiffres approximatifs d’un membre des Ex,-à l’émission de Radio-Canada,-  les pertes dues à la collusion, les paradis fiscaux, le crime à col blanc aurait coûté 12$ milliards aux Québécois. Ce qui représenterait le montant non prévu de la dette du Québec. ( près de 10$ millards).

Je viens de changer d’idée, il faut placer 255 pour les trois premiers chiffres. À la vitesse de 265$ par seconde, il faut écrire une article viteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee pour être à jour.

Les États d’ébriété 

Débris-été ou débris d’hiver, c’est pareil. Monsieur Charest disait avoir les mains solides sur le volant. Puis  son ministre des finances, ancien candidat à la chefferie du PLQ, disait espérer atteindre le déficit zéro vers 2025. Nous sommes conduits en États d’ébriété. Comme dirait San-Antonio: « Because les profiteurs de cette  race aryenne – snipers de clones de Wall-Street, mondialisée,  qui calculent l’avenir à l’aide de formules de quatre lettres et deux chiffres néglige le facteur I, contenant tous les infinis incalculables associés aux mouvements rapides et même ses coups retors cachés qu’ils ne peuvent inclurent dans leurs calculs.  Tout ça boursouflés des mensonges, de la trahison, de la mesquinerie, de la cupidité. Cela ne date pas d’hier, ni du 20 ième siècle… Vers au 8 ième siècle, Pépin le Bref dénonçait la débauche du clergé.

Pépin le Bref (vue d'artiste : peinture de Louis-Félix Amiel commandée par Louis Philippe pour le musée de l'Histoire de France en 1837).

« Il m’est arrivé de trouver parmi les gens qu’ils appellent diacres des individus plongés dans la débauche, l’adultère et toutes sortes d’ordures depuis l’adolescence, et qui sont parvenus au diaconat, et qui, une fois diacres, ont quatre, cinq ou plusieurs concubines la nuit dans leur lit […]3 Pépin le Bref 

La « nouvelle religion » du bonheur par l’économie a remplacée les autres. Pendant que sont demeurées les autres. Ce qui fait un mélange explosif…

Mais la vie ressemble à l’histoire du Petit chaperon Rouge, version adoucie… par l’arrivée du chasseur. En fait au 11 ième ( ou le 9 du 11  🙂  siècle, la version orale était bien plus sanglante et « réelle ».

Les paysans français racontaient l’histoire dès le xie siècle. L’une des versions orales du conte nous est connue, mais elle est l’une des plus sanglantes : le Loup, arrivé chez la Mère-grand, la dévore en en gardant toutefois un peu de côté, et prend sa place. La petite-fille arrive et, ne se doutant de rien, obéit à la fausse grand-mère lui disant de manger un peu de viande et de boire un peu de vin, en fait la chair et le sang de l’aïeule (la petite-fille s’interrogerait même quant aux dents présentes dans la chair, question à laquelle le Loup lui répondrait qu’il s’agit de haricots).

Le Petit Chaperon rougeIllustration de Jessie Willcox Smith, 1911

Le « loup griffé » 

Si vous voulez transformer un crapaud en boeuf, donnez-lui un titre et un poste important. Bien sûr, ils ne seront pas tous pourris. Mais hautins, c’est plus que probable… Avec de l’hélium bleu dans les veines et dans le cerveau, ils vont très haut. Si le type qui a inventé un moyen pour qu’une auto se rendre du point A au point B, sans conducteur, il faudrait en trouver un autre qui inventerait un seringue à éthique. Après la petite pilule bleue, l’injection, ou le vaccin rendant cet aryen de la finance en une personne agréable et empathique.

Snif!

Un rêve!

Le Cruise Control  

Personne n’aurait songé qu’un jour la voiture serait munie d’un « Cruise Control ». Vous appuyez sur une touche, à 118 km heure sur l’autoroute 20, vous vous prélassez sur votre siège. Automatique. Tout ce que vous dépassez ce sont des Ontariens qui lisent les pancartes. Bientôt, il y en aura qui liront les pancartes des zones scolaires, et vous roulerez à 30 km heure.

Vous êtes émerveillés?

Le dronophile Obama vient d’en trouver un qui part d’un porte-avions, va vers sa cible, puis atterrit tout seul. Sur le plan civil, on verra des propriétaires de flottes de camions n’avoir plus besoins de conducteurs: les camions seront programmés pour aller livrer leur marchandise en Ohio ou en Californie. Seulement avec un ordi.

Il y a près de chez-moi une vieille forge qui date d’au moins 120 ans. Le toit est en bardeau de cèdre, tout tordu, gondolé, comme s’il allait s’effondrer: il n’y a plus de chevaux. Ou de « chevals », selon les normes de la nouvelle orthographe…

Les O.V.N.I 

Les Ommes Volants Non Identifiés. ( l’orthographe permet tout…)

J’ai lu un livre dans lequel on faisait mention d’une extraterrestre pubère, très belle, qui aurait fait l’amour à un humain et qui aurait livré un bébé sur Terre. Ou plusieurs… Pendant des milliers d’années, les humains se sont battus à coups de machettes, d’arcs et de flèches, de couteaux, mais ils n’ont pas inventé la roue… Je trouve cette histoire bien surprenante. D’un côté, elle est quasiment plausible: quelqu’un a donné un coup de pouce au singe. Ça n’allait pas assez vite.

Imaginons 

Imaginons un amérindien, réveillé aux bruits des oiseaux, et qui s’en va marcher dans les bois. Tout à coup surgissent des voix, des panneaux publicitaires, de gens qui lui téléphonent avec des images en fumées pour lui demander de s’abonner à la câblodistribution… D’autres qui veulent lui offrir une carte de crédit.

» Achetez un Tepee, payez-le en 30 ans ». Ne croyant pas à ces voix, à ces magiques incantations, il ouvre son Tepee et  regarde, abasourdi, un écran sur lequel défilent des troupeaux de bisons à l »infini.

Puis l’appareil se met à cracher ses pubs.

« Procurez-vous deux  tomahawks pour le pris d’un » Trois payements de 19.95. Recevez en prime une paire de mocassins.  L’offre est pour une durée de 2 semaines seulement. »

Puis une autre:

» Pour trois cordes de bois, recevez ce magnifique miroir Photoshop » . Plus vous vous regardez, plus vous êtes beaux ». Un cadeau pour la fête des maires.

Puis une autre:

» État-Québec vient d’ouvrir une SAQ dans votre région ». Le vin importé ne vous coûtera qu’une peau de lièvre. »

» Goûtez au bonheur du salariat ». Pour 8 heures par jour, nous vous garantissons de la nourriture et des vêtements pour un siècle. Des milliers de lunes ».

Traumatisé, tout tremblant, il retourne à son pauvre Tepee. Mais le vendeur a tout prévu: un psy, des médicaments, du repos, et des assurances pour l’avenir…

Incrédule, l’amérindien fronce les sourcils.

Mais le vendeur lui présente alors La One-Day, une voiture performante, embarque le sauvage.  et après avoir programmé le parcours, le dirige droit vers une usine dans laquelle il sera enfermé 8 heures par jours.

L’amérindien ne comprend rien. Le vendeur lui donne alors  le plan du tableau de bord de la Ford-T.

Accroupi, il fait semblant de comprendre…

Le changement par le non-changement 

L’humain ne progresse pas de par  ses « inventions » ou son progrès « magique ». C’est toujours le même loup qui veut violer les petits chaperons rouges et qui lui fait manger sa grand-mère.

Il reste un sauvage bien vêtu à qui on a vendu bien plus que des religions.  On l’a monocoloré en nègre. On l’a déporté de la réalité de la Vie pour l’enchaîner à des usines qui fuient avec les fonds de pension.

On lui a mis de grosses bottes pour qu’il n’ait plus aucun contact avec la terre.

Pour  d »autres, on les a chaussés de souliers lustrés parfois trop grands pour eux: Ils disent que ce sont de grosses pointures.

Faudrait les déchausser pour voir ce qu’il y a en dessous de ces chaussures de prestige…

Gaëtan Pelletier

30 mai 2013

Ottawa, capitale canadienne de la corruption

Il y a au siège de la fédération un puissant dispositif étatique qui pratique le copinage et même le népotisme.

Pierre Beaudet – Professeur à l’université d’Ottawa Pierre Beaudet

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Le juge Jeffrey Oliphant a conclu en juin 2010 que l’ancien premier ministre Brian Mulroney avait enfreint son propre code d’éthique en acceptant de l’argent liquide de l’homme d’affaires Karlheinz Schreiber.
Pendant qu’on s’émeut (à juste titre) des enveloppes brunes et des mauvais coups commis par des administrations municipales et des entreprises de construction dans les villes du Québec, on se rend compte que le problème de la corruption est beaucoup plus important dans ce pays. Le lieu où tout cela prend des proportions gigantesques ne s’appelle pas Laval, Mascouche ou même Montréal, mais Ottawa.

Les frasques des sénateurs Mike Duffy et Patrick Brazeau mettent Harper dans l’embarras. Mais est-ce que le problème se limite à quelques « pommes pourries » ? Le Sénat coûte environ 100 millions de dollars par an (y compris les émoluments des 105 sénateurs) aux contribuables que nous sommes. Cette institution tient son origine dans le régime colonial britannique, car au départ, elle avait été conçue pour empêcher les députés élus d’exercer les pleins pouvoirs. Depuis, c’est devenu le refuge des amis du pouvoir. Les sénateurs nommés à vie mènent une vie confortable, c’est le moins qu’on puisse dire.
Certains se prennent au sérieux (Duffy justement). D’autres moins, comme le sénateur Raymond Lavigne qui, de 2008 à 2010, a coûté aux contribuables 703 000 $ (dont des remboursements de dépenses de 315 000 $) tout en étant présent à Ottawa quelques rares fois pendant cette période !
Depuis 2006, Harper a nommé 53 sénateurs, ce qui lui donne une majorité dans cette Chambre dite « haute ». Certes, il faut dire que, de temps en temps, certains sénateurs se réveillent et participent aux débats publics. Mais en tout et pour tout, cette institution n’a plus sa place. La réformer serait l’équivalent de peinturer les murs d’une maison aux fondations écroulées.

 

Une machine étatique au service des élites
Cette scandaleuse histoire ne raconte pas toute l’histoire. Depuis des décennies, le gouvernement fédéral est l’objet de grandes manipulations. A l’époque de Brian Mulroney dans les années 1980, la corruption avait touché plusieurs députés et ministres dont plusieurs avaient démissionné. Le premier ministre lui-même fut impliqué dans une histoire louche liée à l’achat d’avions Airbus (contrat de 1,4 milliard). Selon la journaliste Stevie Cameron, plusieurs millions auraient été payés à des entremetteurs. Plus tard, les malversations de Mulroney ont rebondi avec les révélations du courtier Karlheinz Schreiber sur des paiements en argent de plus de 225 000 $, encaissés en secret. La loi n’ayant pas été transgressée, on a essayé de nous faire oublier les enveloppes brunes transmises à un ex-premier ministre.
Après le retour des libéraux au pouvoir en 1993, d’autres « histoires » ont fait la manchette, dont bien sûr le scandale des commandites. Selon une enquête de Radio-Canada, 164 millions sur les 332 millions dépensés pour ces programmes sont revenus à des intermédiaires et au PLC, ce qui a été confirmé par la commission Gomery.
À côté de cela, les bouteilles de vin, les billets pour les matchs de hockey et les paiements versés aux partis municipaux, c’est des peanuts.
L’État fédéral, c’est un budget de plus de 250 milliards de dollars par année dont la gestion laisse beaucoup à désirer, selon les critiques de Kevin Page (ex-directeur parlementaire du budget à la Chambre des communes) et de Michael Ferguson (vérificateur général). Sous Harper, la liste des montants d’argent envolés ou mal dépensés est très longue, dont les dizaines de millions dépensés dans des comtés conservateurs à l’occasion du sommet du G8 à Toronto. Pas encore dépensés mais très mal partis, les budgets programmés pour les énormes dépenses militaires ont été sciemment sous-estimés et occultés, induisant le public en erreur (on pense notamment aux avions de chasse F-35).
Au-delà des efforts des gouvernements pour détourner l’attention, il y a également un puissant dispositif étatique à Ottawa qui pratique le copinage et même le népotisme. Les « amis » des partis au pouvoir sont généreusement pourvus en contrats et en mandats, comme les nombreux conservateurs récemment nommés à divers tribunaux administratifs et conseils d’administration. Ce copinage (qui inclut conjoints et parents) prend la forme d’un constant va-et-vient entre élus, ex-élus, candidats qui n’ont jamais été élus, et positions de haut niveau dans l’administration publique et parapublique.
Une fois dit cela, il serait abusif d’affirmer que les gestionnaires de l’État sont tous pourris. Récemment, on a vu des cadres s’insurger contre l’omertà qui leur est imposée par le gouvernement. Pour la très grande majorité des employés de la fonction publique, le système actuel est une punition et non une récompense. Il faudra autre chose que de belles déclarations pour nettoyer Ottawa de la gangrène qui contamine l’État fédéral.

Pierre Beaudet – Professeur à l’université d’Ottawa

Iqbal Masih, enfant esclave affranchi à 10 ans et assassiné à 12

 

 

Iqbal Masih, l’enfant esclave

Iqbal Masih, enfant esclave affranchi à 10 ans et assassiné à 12

Iqbal Masih n’était encore qu’un tout petit enfant pakistanais lorsque ses parents l’ont vendu pour éponger la dette familiale, contractée lors du mariage de son frère. A quatre ans, Iqbal rejoint une de ces fabriques de tapis qui exploitent déjà huit millions de gosses honteusement exploités dans son pays pour la finesse de leurs doigts aptes à réaliser les fameux tapis d’Orient. Pendant six ans, il travaille comme un esclave, les chevilles blessées par de lourdes chaînes. A dix ans il a déjà une tête de vieillard et les mains ravagées d’avoir noué douze heures par jour et pendant 6 ans de précieux tapis revendus à prix d’or en Occident. Un jour de 1993, son calvaire prend fin grâce à Eshan Khan, président de la ligue contre le travail des enfants (BLLF). Lors d’une réunion qu’il organise dans le village d’Iqbal, Eshan découvre le jeune enfant blotti dans un coin de la salle, littéralement effrayé. « Il était émacié et ressemblait à un vieil homme » dira Eshan.
A l’âge de 10 ans, son libérateur l’arrache donc de son métier à tisser pour lui redonner le goût de vivre et la rage de se battre. Iqbal devient alors le symbole de cette jeunesse martyrisée. Il rejoint le Front de Libération du travail des enfants et participe à leur campagne devenant bientôt le porte-parole de l’enfance exploitée. Orateur de talent, il parcourt le monde pour alerter l’opinion internationale sur les conditions de travail inhumaines imposées à des millions d’enfants du Pakistan, de l’Inde, du Bangladesh et d’ailleurs. « Nous nous levons à 4 heures du matin et travaillons enchaînés durant 12 heures… n’achetez pas le sang des enfants ! » s’écrie lqbal dont l’appel bouleverse les consciences.
En janvier 1995, il participe à une Convention contre l’esclavage des enfants à Lahore. Il se rend en Suède et aux États Unis, où il reçoit un prix de la firme américaine Reebok et déclare vouloir utiliser cet argent pour suivre des études d’avocat.
Sous la pression internationale, le gouvernement pakistanais ferme plusieurs dizaines de fabriques de tapis et trois mille petits esclaves sortent ainsi de l’oubli. « Je n’ai plus peur de mon patron, déclare Iqbal qui se rend désormais à l’école de son village, maintenant c’est lui qui a peur de moi » … Mais l’enfant n’aura pas le temps de goûter à sa liberté.
Alors qu’il n’a que 12 ans, l meurt assassiné sur son vélo, le corps criblé de plomb gisant sur la lande de Chapa Kana Mill, près de Lahore (Pakistan). Il avait reçu des menaces de la « mafia de l’industrie du tapis » comme l’affirmait Eshan Kahn. La police pakistanaise écrira dans son rapport : « l’assassinat résulte d’une dispute entre un paysan et Iqbal ». Histoire sordide d’un porte-parole qui devenait gênant. Les pistes de ce meurtre sont brouillées alors que la Commission des droits de l’homme du Pakistan a « adopté » la version de la police.
Départ à la fois prématuré et harmonieux d’un petit prince de lumière qui a donné sa vie pour éterniser, dans l’esprit des nations, le souffle de vie, de vérité, de justice et de courage qu’il avait répandu. Grande âme au sourire d’enfant, Iqbal a réussi sa mission d’Amour : nous pouvons aujourd’hui nous appuyer sur lui pour avancer. « Il était si courageux, disait Khan, vous ne pouvez imaginer »…
Permettra-t-on que le combat d’Iqbal est été vain ?

 

Autres articles qui parlent d’Iqbal et aussi des vidéos à voir ici Iqbal Masih, l’enfant esclave – Chien Guevara    chez Chien Guevara   qui encore une fois cible l’essentiel.

 

Les états d’Anne

L’entre-ligne

Il ne faut pas trop être révolutionnaire. Il faut être révolutionnaire comme les sont les clones de révolutionnaires.

Personne ne change le monde. C’est comme la Vie. Le monde se change selon le « rythme de dieu ».

Par obligation.

Les idées traversent le monde, mais elles ne changent  rien. C’est la fin des idées qui change tout.

Les gens attendent que quelqu’un bâtisse leur maison à leur place.

Achetez des idées et des paragraphes carrés.

Des écrits en rectangle, ça tourne en rond.

Les gens attendent leur retraite pour être heureux. D’autres, le paradis.

Toute la misère de ce monde est bâtie sur ce dogme de l’attente. Nous vivons dans un espace-temps.

Gaëtan Pelletier

Mai 2013

L’occident ou la fixation narcissique

Fethi GHARBI

Notre espèce semble atteindre son apogée, position privilégiée pour celui qui se donne la peine d’observer son parcours. Il ne peut alors que constater l’amorce de son déclin et l’approche probable de son éclipse.

Obnubilé par son narcissisme, l’homme moderne, ayant détrôné les dieux, s’est cru être en mesure de jouir de leurs privilèges. Ce nouvel homme-dieu aveuglé par l’illusion de l’éternité et de la sur-puissance, ne se rend même pas compte qu’il ne fait que rendre plus imminente sa propre extinction.

Si quelqu’un à travers l’histoire doit être qualifié de déicide c’est bien tous ces bâtisseurs de la modernité. Cependant, la mort de dieu n’a pas eu pour résultat la naissance de l’homme nouveau tant escompté, du surhomme dont rêvait tant et tant Nietzsche. En mimant grossièrement les divinités qu’il a cru évincer, l’homme moderne n’a fait qu’aliéner ses prétendues valeurs. En reprenant aux dieux leurs attributs, il se présente comme un médiocre plagiaire singeant pitoyablement celui contre qui il s’est révolté.

La modernité, au sens strict, commence avec l’abandon du divin et de la conception cyclique du temps. Mircea Eliade considère que les anciennes civilisations ont toutes en commun cette conception universelle du temps comme éternel retour du même. Cette représentation, prégnante dans la sagesse hindoue, se retrouve encore chez les stoïciens grecs. Elle procure un sentiment d’éternité, de stabilité et d’adéquation avec le monde. C’est seulement avec la naissance de la pensée judéo-chrétienne qu’apparaîtra la linéarité temporelle. Le temps devenu irréversible conduit l’humanité vers une finalité que dieu seul est en mesure d’en fixer l’échéance.

Mais avec la mort du divin se perd la notion de Fin des Temps, d’ascension et de rédemption finales. Le temps se déroule alors implacablement vide, devenant synonyme de mort puisque dénué de toute finalité. L’absurde du temps vide remplit l’homme d’une frayeur insoutenable. Ce dernier emprunte alors dans une attitude parfaitement mimétique la démarche du sacré qu’il vient d’abolir et s’invente une cosmogonie au beau milieu de laquelle il trône en maître absolu. Une folie narcissique s’empare à partir de la renaissance de l’homme blanc qui se présente à travers son récit mythique comme le seul dépositaire du savoir universel, excluant le reste des peuples de l’histoire et même de l’humanité. L’homme blanc n’est plus à l’image de dieu, il est dieu. En soumettant le reste des créatures à sa volonté, il dote l’histoire d’une finalité qu’il nomme « le progrès ». Il se précipite alors tête baissée dans une frénésie productiviste rimant avec une boulimie consumériste inassouvissable. En réalité, cette idéologie du progrès n’est en fait qu’une pseudo-sécularisation de la pensée chrétienne. La philosophie de l’Histoire conçue comme progrès ne fait que reproduire la démarche de la théologie chrétienne de l’histoire, à la seule différence que Dieu s’est fait homme (blanc) et que la spiritualité s’est faite matière. Ce nouveau Messie traînant les humains vers un futur radieux toujours fuyant, ne cesse de faire rêver nos esprits crédules malgré toutes les tragédies qui depuis presque deux siècles endeuillent notre course folle vers le bonheur. La « loi du progrès » devenant à la fois une nécessité historique et morale , relègue le passé dans la barbarie la plus noire et sacrifie le présent au nom de lendemains qui chantent. Hormis Nietzsche, la plupart des philosophes du 19eme siècle ont succombé aux charmes de cette idéologie. Des penseurs comme Marx et Engels considéraient respectivement que la colonisation de l’Inde et de l’Algérie était un mal nécessaire puisqu’elle permettait à des populations archaïques d’accéder au capitalisme et d’accélérer ainsi l’avènement de la révolution prolétarienne. Ainsi le colonialisme abject est gratifié d’une fonction progressiste historiquement nécessaire ! C’est dans ce même ordre d’idées qu’en 1956, le PCF votait en faveur des pouvoirs spéciaux légalisant ainsi la pratique de la torture contre les résistants algériens. Une bonne partie des communistes qui soutenaient le FLN ont été systématiquement exclus du parti.

La contradiction de la gauche est d’avoir cru au ’mythe du progrès’ qui est le fondement même de l’idéologie capitaliste. C’est ce mythe qui situe les sociétés humaines sur une linéarité prétendument historique et qui procède à une hiérarchisation épistémique et ethnique favorisant toutes les formes d’exploitation et de spoliation. Le problème d’une bonne partie de l’intelligentsia occidental de gauche est qu’il a du mal à se débarrasser de cette plaie appelée « eurocentrisme » et qui découle directement de ce mythe tenace. Le mythe du progrès, élevant l’homme blanc au rang de démiurge ainsi que la pensée marxiste relèvent paradoxalement du même méta-récit messianique. Cette assise religieuse a facilité en Europe l’incrustation de ces deux formes de pensées qui ont fini par se transformer en dogmes réfractaires à toute autre forme d’épistémè. Il est d’ailleurs facile de reconnaître dans le discours politique et médiatique occidental qu’il soit de droite ou de gauche un perpetuel jeu de miroir renvoyant l’un à l’autre le registre laïc et religieux.

Malgré l’échec du capitalisme d’état avec l’implosion de l’URSS, la majeure partie de la gauche occidentale n’en démord pas ; n’ayant rien d’autre à proposer, elle continue à prôner un optimisme productiviste totalement anachronique . Depuis Staline, en ayant choisi les outils propres au capitalisme pour lui tenir tête, le socialisme s’est écarté de son idéal de partage qui a fait tant rêver les masses. Cette gauche traditionnelle, n’osant plus promettre aux pauvres une abondance généralisée, se perd dans ses balbutiements et dans les méandres de l’économie de marché. Élevé dans le consumérisme, l’électorat de gauche vote dans sa majorité pour le PS et pour les Verts pour se donner bonne conscience, sachant pertinemment qu’il vote en réalité à droite. Le phénomène n’est malheureusement pas une particularité française, toute l’Europe est en train de virer à droite parce que les partis de gauche ont perdu la foi et qu’ils ne sont plus porteurs de rêve. Au lieu de contrer la droite qui pour la première fois depuis trente ans se trouve déstabilisée, on ne fait que quémander les miettes laissées par le capital.

La seule manière de lutter contre la mondialisation ne peut émaner que d’une solidarité internationale associant les différentes sensibilités anti-impérialiste unies autour d’un même objectif : la destruction du mythe du progrès avec ses deux composantes fondamentales, le productivisme et l’eurocentrisme épistémique et ethnique.

Ceux qui considèrent que la décroissance est une utopie conduisant à une augmentation du chômage et à plus de misère doivent comprendre qu’une décroissance réfléchie vaut mille fois mieux que les récessions qui ne manqueront pas de nous tomber sur la tête. La réorganisation urbaine, la diminution des transports, la relocalisation de l’industrie avec plus de justice concernant la rémunération de la force de travail à travers le monde sont autant de solutions pour freiner le gaspillage et affaiblir du même coup l’économie de marché. Toute la propagande occidentale autour du réchauffement de la planète avait pour but inavoué de freiner la croissance des pays émergeant. A-t-on le droit d’empêcher plus de deux milliards d’indiens et de chinois de faire parti du club des nantis ?

Malheureusement, la planète ne renferme pas dans ses entrailles de quoi satisfaire la gourmandise d’un milliard d’occidentaux en plus des chinois et des indiens. Deux alternatives s’offrent alors à l’occident : soit opter pour une décroissance généralisée soit arrêter par tous les moyens la croissance des asiatiques. Mais la réponse est déjà là depuis une dizaine d’années. Les armées occidentales occupent les pays du Golf, l’Afghanistan, le Pakistan, des îles dans l’océan indien sans parler du Japon, de la Corée du sud et de Taïwan…L’étau se resserre lentement mais surement. Une boucherie monumentale se dessine à l’horizon avec en perspective de beaux feux d’artifice au plutonium.

Une gauche éprise de justice et de paix mondiales ne peut que souscrire à cet impératif de décroissance, la seule issue qui reste pour contrer la frénésie productiviste et destructive du capital. Toutefois, elle doit d’abord admettre que L’eurocentrisme en tant que perspective hégémonique de production de connaissances a perdu toute légitimité après tous ces désastres qui ont ponctué le 20ème siècle : deux guerres mondiales, crise de 29, stalinisme, implosion de l’empire soviétique et crise financière actuelle. Face à cet échec cuisant du mythe de progrès, les peuples du tiers-monde ont préféré puiser dans leurs propres traditions des formes de vie et de pensée leur permettant de mieux résister à l’hégémonie impériale et de repenser le futur. Ainsi sans être nécessairement anti-marxistes, des mouvements de résistance apparaissent au Moyen-Orient s’articulant autour de la cosmologie islamique, alors qu’en Amérique Latine, des mouvements amérindiens pensent depuis des cosmologies indigènes.

Ayant été majoritairement anticoloniale à l’époque des indépendances, la gauche ne semble pas encore prête à reconnaître de telles démarches décoloniales. Si les mouvements indigènes amérindiens semblent bénéficier d’une attitude plutôt paternaliste, les mouvements de résistance islamiques provoquent une réaction allergique d’une rare violence ! Est-ce les vieux démons des croisades qui ressurgissent ? Voilà que l’Islam actuel est renvoyé à la « barbarie » du passé et comparé au catholicisme moyenâgeux, comme si la Chrétienneté et l’Islam pouvaient avoir le même cheminement et la même philosophie de l’histoire !

En fustigeant tout ce qui a trait à l’Islam, une certaine gauche adhère consciemment ou inconsciemment à l’idéologie des conflits de civilisations initiée par les néo-conservateurs et se transforme ainsi en allié objectif de l’Empire dans sa conquête du Moyen-Orient et de l’Asie. Engluée dans son narcissisme eurocentrique, une grande partie de la gauche ne fait que fracturer et affaiblir un front anti-impérial face à l’avance assurée et arrogante du capital. Le développement du mouvement des indigènes de la république illustre bien cette incapacité de la gauche à rassembler…

L’universel a vécu, qu’on le veuille ou non ! Que la gauche occidentale descende donc de son piédestal et qu’elle s’inscrive avec le reste des forces vives de l’humanité dans une démarche « pluri-verselle ». Peut-être qu’il restera encore quelque chose à sauver…

Fethi GHARBI