Archives mensuelles : août 2011

Tripoli : « la goebbelisation » de l’information

 

Selon lui, « l’idéal, c’est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu’elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement ». Goebbels

***

Que savez-vous de Tripoli? Que savons-nous exactement? Combien de victimes? Combien de bombardements? De sorties aériennes? De drones? Et, surtout, que savons-nous des « raisons » réelles de ce conflit?

J’ai fouiné des heures dans les médias officiels, sans rien trouver pour se faire un portrait de ce qui se passe là-bas. Des bribes, des images de rebelles,  parmi lesquels il faut distinguer les vrais des faux, étant donné l’infiltration « d’aidants naturels » déguisés.

« Les forces spéciales britanniques – indiquent les enquêtes du Guardian et du Telegraph – ont joué un rôle clé dans l’attaque de Tripol ».

Vous vous souvenez de l’invasion de l’Irak? On a eu droit à des feux d’artifices de l’aviation, un Bagad bleui sous les boursouflures des bombes dites « chirurgicales ».

Ici, rien.

Du feutré.

La question la plus acide qui soit est la suivante : Comment en sommes-nous rendus à camoufler l’Histoire dans un nuage de brumes, alors que nous devrions, en tant que nations dites civilisées avoir droit à une information claire, précise, du moins non falsifiée?

Depuis quand les peuples occidentaux doivent-ils se référer à des Thierry Meyssan est autres missionnaires pour épurer un peu l’alambic frelaté ou muet d’un système « Alzheimer » de sa mission originelle?

L’OTAN

L’Alliance avait pour vocation initiale d’assurer la sécurité de l’Occident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d’éventuels soubresauts d’impérialisme allemand et en luttant contre les ambitions de conquête de l’Union Soviétique appuyée par ses satellites (militairement organisé dans le cadre du Pacte de Varsovie).

La sécurité de l’Occident?

La sécurité de l’Occident, pour le moment, devrait passer par un « sarclage » de la lignée des banquiers qui ont créé une crise systémique en 2008.

Quant à la clique de Bush ( qui signifie buisson), gageons que les américains sont terrés en attente du résultat du travail fait par des « amis » ambitieux ou niais.

Le syndrome des sentinelles de l’air

Émission de SF avec marionnettes.

 

1965,-1966. En France, 1976.

En 2026, Jeff Tracy, ancien astronaute devenu richissime, est à la tête d’une mystérieuse organisation, appelée la Sécurité Internationale (International Rescue), et dont la mission est d’intervenir sur les sites de sinistres majeurs, ou dans les cas d’extrême urgence. Il vit sur une île du Pacifique, entouré de ses cinq fils et de quelques personnes de confiance, toujours prêts à sauver le monde à bord de leurs engins futuristes, les Thunderbirds. Wikipedia

 

On est « nourris » de marionnettes. Il y a plus de vérité dans les dessins animés, les bandes dessinées, que dans la « vraie vie ». https://gaetanpelletier.wordpress.com/2011/06/10/bip-bip/

… « une mystérieuse organisation, appelée la Sécurité Internationale…

Jules Verne n’a pas fait mieux.

Et le trio McDonald?

Le monde est rempli de faux « Wanted ». Comme dans les westerns américains. Les affiches jadis collées aux poteaux sont maintenant sur  l’internet.

Saddam

Ben Laden

Kadhafi

Des leurres pour les poissons qu’on veut faire de nous .

Ils représentent un danger pour l’Occident…

En réalité, de façon dont se déroulent les événements et, surtout, de la manière dont on les fabrique, c’est maintenant l’Occident, dans ses structures et ses dirigeants,  est devenu l’ennemi public numéro un pour les peuples.

Le Canada

21 h 30. Le Premier ministre canadien assistera à la conférence de Paris. Stephen Harper se rendra dans la capitale française le 1er septembre, pour prendre part à la conférence des «amis de la Libye». Cette réunion avec le CNT a été proposée par la France qui a invité, outre le groupe de contact, qui comprend notamment les pays engagés militairement en Libye, la Chine, la Russie et l’Inde. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, devrait aussi y participer. Le Canada participe aux opérations de l’Otan en Libye avec son aviation et sa marine. Ottawa pourrait bientôt remettre à ce dernier des fonds gelés du régime de Kadhafi. http://www.leparisien.fr/intervention-libye/libye-les-insurges-renforcent-leur-emprise-sur-tripoli-26-08-2011-1579889.php

En voilà un « ami ». Simiesquement vôtre. Un clone des USA.

J’ai honte.

Mon village et le « bout du monde »

Dans mon petit village de 3000 habitants, il y a un parc où j’arrête souvent pour me reposer après une ballade en vélo. Là, il y un deux monuments sur lesquels sont inscrits les noms des combattants qui sont parti d’ici pour aller combattre la « botte nazie ».

Des paysans, pour la plupart… Ignorants. Mais vaillants et solides. Plusieurs ne sont pas revenus cultiver leur petit lopin de terre pour se nourrir.

Et c’est ça qui se passe dans le monde : les guerres sont des machines à broyer des citoyens tranquilles. Les guerres des corporations également, appuyées par les « fidèles » qui ont pour églises les banques.

***

Il y a de bonnes causes.

Mais pour celle-là, et celles qui se sont produites depuis quelques décennies, n’ont plus de « bonnes causes ».

Avez-vous remarqué que ceux qui « font » l’Histoire ne la connaissent pas vraiment?

Car pour la connaître, il ne suffit pas de faire des livres édulcorés de  la « botte nazie », mais de voir un simple soulier d’enfant taché de sang. Peu importe où. C’est un peu du mien, au fond.

Ceux qui la subissent, l’Histoire, ce sont ceux qui la connaissent vraiment. Ou ceux qui ont suffisamment d’empathie et d’humanisme pour savoir que le sang du « bout du monde » est le même que le nôtre.

Sarkozy vous invite au buffet de la Libye

 

1er septembre 2011

La conférence des amis de la Libye

 

Mahmoud Jibril et Nicolas Sarkozy Crédit Photo : BERTRAND LANGLOIS/AFP

 

On dit, « Paris convie les amis de la Libye »… On prépare la table pour charcuter et dépecer la prise. Le convivial Sarkozy  et autres bienfaiteurs de l’humanité sont déjà à planifier « l’après-Kadhafi ».

Les États-Unis avaient offert une aide au CNT ( Conseil National de Transition) de 1,5 milliards. Mais L’Afrique du Sud a appliqué  son droit de véto. N’en déplaise, les avoirs de « Kadhafi », qualifiés de plusieurs milliards de dollars, seront débloqués.

Une aide serait offerte par la France pour la …rentrée scolaire en septembre. Ce qui s’ajoute aux « armes légères données  par « La France » aux rebelles libyens en juillet au sud-est de la Libye… Parole de Sarkozy… Mais pas de forces spéciales: seulement des observateurs.

Dans le langage du renseignement, on sait ce qu’est un observateur… Le mot – pris au sens primaire – fait allusion a une forme de voyeurisme. Parlons de voyeurisme « actif »…

Le dictionnaire des politiciens est semblable à un pistolet muni d’un silencieux…

Pouf!  et non bang…

On parle avec un oreiller sur le canon.

Pendant ce temps, aux USA, on préparait une éventuelle occupation de la Libye. Sans doute pour s’assurer du bon déroulement de la démocratie. Comme en Irak… Là où on semble avoir fait des tentes de beaux buildings pour ce que certain nomment déjà le IVe Reich!

 

Des amis en 2007

Kadhafi appelait Sarkozy son « frère », et l’actuel ambassadeur de France en Tunisie son « fils »…


Au lendemain de la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne, nationalisé bulgare, emprisonnés pendant plus de huit ans en Libye, le président français, Nicolas Sarkozy, effectue une visite hautement symbolique à Tripoli, mercredi.

Manifestation de la normalisation des relations entre la Libye et les Européens, le chef d’État français a été accueilli par le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, dans une rencontre visant à resserrer les liens entre les deux pays.

À l’issue de leur rencontre, a été annoncée la signature d’un mémorandum d’entente dans le domaine de l’énergie nucléaire civile. Selon un haut responsable français, l’accord prévoit la fourniture d’un réacteur nucléaire pour permettre à la Libye de désaliniser de l’eau de mer. Source: RC

 

Voici le texte de Radio-Canada ( en partie) annonçant les détails de cette « grande fête » de la démocratie…

Une « grande conférence internationale » sur l’avenir de la Libye post-Kadhafi se déroulera à Paris le 1er septembre, a indiqué mercredi le président français, Nicolas Sarkozy.

Le chef d’État français en a fait l’annonce à l’issue d’un entretien avec Mahmoud Jibril, premier ministre du Conseil national de transition de la Libye (CNT), l’organe politique des rebelles, que la France a été la première à reconnaître.

La conférence des « amis de la Libye », également organisée par la Grande-Bretagne, ira au-delà du groupe de pays ayant participé aux opérations militaires, a précisé M. Sarkozy. Elle réunira notamment la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde ainsi que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

La date symbolique du 1er septembre marquera l’anniversaire du coup d’État ourdi par le colonel Mouammar Kadhafi, en 1969, a ajouté le numéro deux de la rébellion libyenne.

Celui-ci a dit espérer que la conférence « constituera un nouveau symbole pour les Libyens, pour la reconstruction de la Libye sur la base de la justice et de la démocratie ».

« Ce sera l’occasion pour le CNT d’expliquer à la communauté internationale comme elle peut l’aider sur le chemin d’une Libye libre, démocratique et unifiée, et pour tous ceux qui veulent soutenir la Libye de discuter le rôle qu’ils peuvent y jouer », a pour sa part précisé le premier ministre britannique, David Cameron, dans un communiqué.

Quatre ans après avoir reçu en grande pompe le colonel Kadhafi, le président français a par ailleurs exprimé la volonté de la France de poursuivre les opérations militaires contre les forces du colonel Kadhafi aussi longtemps que le CNT le jugera nécessaire. « Les opérations cesseront lorsqu’elles n’auront plus lieu d’être, et elles n’auront plus lieu d’être lorsque M. Kadhafi et ses séides ne constitueront plus une menace pour le peuple libyen », a-t-il déclaré.

M. Jibril a de son côté indiqué que la transition politique en Libye devrait passer par la formation d’une conférence interrégionale, qui désignerait une commission, laquelle rédigerait ensuite une Constitution, qui serait soumise à un référendum. Des élections se tiendraient par la suite dans un délai de quatre mois.

Le CNT prévoit également former une nouvelle armée et une nouvelle force de police avec les combattants engagés informellement dans l’insurrection, a-t-il poursuivi.

M. Jibril a ajouté avoir demandé à la France un appui spécifique pour l’aide médicale aux blessés du conflit et pour la préparation de la rentrée scolaire, en septembre. Source: Radio-Canada

Mais, le 26 février, on a voté une interdiction de voyage à l’ONU  pour Kadhafi…

Il n’ira pas loin… Quoiqu’il se soit vanté de s’être promené dans Tripoli, incognito… En quémandant un peu, il pourra sans doute amasser suffisamment d’argent pour un billet d’avion, payé par les étatsuniens, la France, et Mister Cameron.

 

 

Les voirs sous paupières

Veuillez gréer vos yeux
Comme des bateaux pour l’amer
C’est la guerre de la guerre
Et les hommes deviendront des gueux

 

Veuillez  gréer vos oreilles
Dans la musique et l’éveil
Le sang coulera des bruits
Comme un acide nuit

 

Pourtant, dans le plaisir des champs
Entre les hirondelles et crépitements
Des chants et  toujours des chants
Il ne reste que l’amour de celui qui parle aux vents

 

Gardez la lueur de vos yeux
Comme celle des dieux
Au dormir des sables et des terres
Qui sait de la Terre le grand mystère ?

 

J’ai des mains plein les bras
Des parfums de lumière et d’aura
Cultivés en serre et en serres
C’est quand on ferme les yeux ,
Que l’on voit…

 

© Gaëtan Pelletier
22 août 2011

Tripoli : La culture des îles par bombes à fragmentation humaine

Je devrais aller au lit et me foutre de Tripoli. C’est loin Tripoli. J’habite au Canada. Je regardais, ce soir, « le peuple » se lancer sur Tripoli. Il y a du pétrole et du sang. Des femmes et des enfants invisibles. Mais bien des hommes armés et jubilant.

Il y a de l’espoir de se délivrer de « quelque chose ». Un tyran? Les âmes de poètes ne comprennent pas la haine, ni les complots. Je me suis dit que le seul au pays à pouvoir offrir autant d’armes à son peuple était Kadhafi lui-même.

Sinon, les anguilles  vont couver leur œuf de pseudo-démocratie pour des raisons qui nous apparaissent obscures.

Pour l’instant, tout l’Occident est devenu une sorte de Christ pour effacer les misères du monde : à coups de bombes. Et d’entrelacements de politiques mêlées à des saveurs d’agitateurs bien payés. Et bien croyants… La foi soulève les montagnes, mais les drones sont capables de les niveler. Peu importe ceux qui y habitent. Le terme « collatéral » est une porte de sortie pour les robots colonisateurs et « mépriseurs »  de l’art de la Vie.

Démoncratie, comme disait Allain Jules

Oui, je devrai aller au lit et me foutre de Tripoli.

Le problème est que Tripoli n’est que le commencement du jeu qui consiste à niveler la beauté du monde en une seule espèce : des clones de ricains. De la frime fripée…

Vous aussi, vous habitez loin de Tripoli?

Méfiez-vous!

Les fabricants de robots – dont nous sommes la matière première – risque de se répandre et de ne créer que des souffrances en apparence différentes.

La médecine est une usine qui nous guérit des maux que la société  a créée.

Mais c’est un étage en dessous du monde « parfait » qu’elle croie nos vendre.

Tripoli n’est que le début d’une opération. Toujours sous les mêmes veilles recettes d’antan.

Le plan établi, concocté, est au fond que le but de créer une seule race : des consommateurs qui consomment aussi de fausses démocraties. Tout comme les hamburgers…

Fast food. Fast vivre.  Fast die!

La démocratie est devenue le rejeton des corporations : ces trisomiques cravatés qui nous lèchent de leur venin.

Ils nous présentent l’image d’un doux chat… sous roche. Comme les anguilles. La mer a ses vagues salines…

La route de la banque : la banqueroute

Pour mener à bien leur plan, il leur faut de l’argent. Alors, par des couverts « officiels », tels L’OTAN et l’ONU, en passant par une foule de petits organismes blanchis, à couver sirupeux, – les missionnaires à cravates – cherchent des fonds.

Les fonds ont pour but de tracer des routes pour… trouver des fonds.

Si on les laisse faire, si on les laisse trouver ces fonds, il adviendra un jour que nos serons des fonds permanents pour un monde dénaturé, séparé totalement de la souche terrestre, robotisés.

Tripoli. Syrie, Iran, Afrique.

On vide nos pays pour des guerres qui vident les pays. Et  nous somme vidés en esclave de par notre travail qui ne nous rapporte pas, mais rapporte à un gang de vampires.

Et tout ça, dans une finale qui fera que l’humain ne sera plus le même. Et je ne parle pas de l’égo –  qui est en soi normal – mais des liens qui font que l’amour, les liens affectifs, qui sont toujours les souches et la beauté des rapports humains.

Oui, chacun est une île, mais pour faire une Terre, il faut un lien entre les îles.

Croyez en ce que nous pouvons être et non pas en la recette vendue et payée par nos avoirs.

Le reste dépend d’un NOUS  soudé…

Simone de Beauvoir et l’amour

     Nelson, mon amour. Je veux vous écrire une lettre d’amour, ce dont je n’abuse pas, non plus que des télégrammes, car je sais que vous ne les aimez pas beaucoup. Mais je n’ai pas oublié quel ange vous avez été l’an dernier quand j’ai désiré aller à Amalfi : « Allons-y pour me faire plaisir. » « Bon, d’accord ! », avez-vous acquiescé, à moitié contrarié mais avec un gentil sourire. Eh bien j’écris pour me faire plaisir. Je vous aime si fort, il faut que je vous le dise. Pourquoi m’interdirais-je un peu de sotte sentimentalité ? Peut-être à cause de la date (10 mai), peut-être à cause du printemps parisien, pareil à ceux d’autrefois, ou de la photo de l’écureuil, peut-être à cause de vos lettres, un peu de folie m’habite, comme parfois dans vos bras par temps orageux, quand je vous aime trop, et que vous dites : « En voilà du propre ! » Oh Nelson, je pleure comme le 10 septembre quand vous avez pris l’avion, est-ce de joie ou de peine, parce que vous vous rapprochez (deux mois, six semaines) ou parce que vous êtes tellement loin ? Ce soir vous dire la force de mon amour paraît essentiel, comme si je devais mourir au matin. Vous pouvez me comprendre, je le sais, bien que soi-disant vous ne perdiez jamais la tête, que vous gardiez soi-disant tête et cœur froids et ordonnés.

     Sottise, bêtise, bien sûr de ma part. Vous avez trop de modestie pour découvrir en vous la moindre justification d’un pareil amour, mais il existe. Quand je vous ai déclaré que je vous « respectais », quel ahurissement vous avez manifesté ! C’était vérité, pourtant, ça l’est toujours. La conscience involontaire et soudaine de qui vous êtes me submerge le cœur, ce soir, d’une sauvage marée. Ne me répondez pas que Mme Roosevelt sait qui vous êtes, que votre éditeur, que votre agent le savent, personne sauf moi ne le sait. Car je suis le seul lieu sur la terre où vous êtes authentiquement vous-même ; vous l’ignorez vous aussi, chéri, sinon vous tourneriez insensiblement à l’odieux. Moi je sais, et à jamais. Vous êtes doux à aimer, Nelson, laissez-moi, sottement, vous remercier.
Assez d’absurdités. Pleurer de loin est mauvais. S’il vous plaît, Nelson, essayez de sentir, de connaître l’intensité de mon amour. Je souhaite ardemment vous donner quelque chose qui vous rende heureux, qui vous fasse rire. Je vous veux et je veux que vous le sachiez. Que vous sachiez combien merveilleux et beau vous êtes dans mon cœur, et que ça vous fait plaisir. Vous m’avez donné bonheur et amour, jeunesse et vie. Pour vous remercier suffisamment il me faudrait être heureuse, aimante, belle, jeune et vivante pendant dix mille ans. Et tout ce que je peux faire, c’est pleurer dans ma lointaine chambre, mes bras resteront froids, eux qui ont tant besoin de vous communiquer leur chaleur. Ca va être si long avant que je m’abolisse dans vos bras. Personne ne vous a aimé, ni ne vous aimera comme je vous aime, sachez- le. Oh dieu, en voilà du propre ! Oubliez tout si ça vous offense, c’est sûrement la plus belle lettre que je vous aie jamais écrite. Mon cœur souffre ce soir, il souffre, je ne dormirai pas. Après tout, rien dans ces lignes n’est insultant, n’est-ce pas ?
Nelson, Nelson.

Votre Simone.

Simone de Beauvoir, Lettres à Nelson Algren, Éditions Gallimard, 1997. Collection folio, 2008, pp. 568-569. Texte établi, traduit de l’anglais et annoté par Sylvie Le Bon de Beauvoir.

Exposée en avril à Paris
Mais d’où vient donc l’objet du délit ? Il suffit de demander à son auteur, l’Américain Art Shay, 85 ans, qui s’en souvient comme si c’était hier. « La photo n’a pas été volée« , insiste-t-il. Photojournaliste, Art Shay est un proche de Nelson Algren, l’amant américain de Simone de Beauvoir. Shay rencontre l’écrivaine pendant l’été 1952 alors qu’elle habite chez Algren à Chicago. « Nelson vivait dans un quartier malfamé de Chicago, dans un appartement sans salle de bains. Il m’a chargé de trouver un endroit où Simone pourrait se laver« , précise M. Shay. Le lendemain, celui-ci accompagne la Française chez une amie qui lui prête un appartement avec baignoire. Ils sont seuls et Nelson Algren l’a prévenu : « Fais attention à toi, elle aime les hommes jeunes ! » Alors qu’elle se lave, la porte reste ouverte. Quand elle se recoiffe, chaussée de ses mules, Art Shay sort son Leica. « Elle m’a entendu déclencher, s’est retournée et m’a dit en riant : « Vilain garçon ! » Elle n’était pas fâchée. Elle avait, comme Nelson, des moeurs très libres.« 

Art Shay prendra une quinzaine de photos du couple. Mais celle de la salle de bains ne sera pas publiée ni même imprimée avant cinquante ans. « Je n’ai jamais oublié cette photo. Mais je croyais avoir perdu les négatifs. Quand je les ai retrouvés, Simone était morte, je ne pouvais pas lui demander son autorisation. Je suis sûr qu’elle me l’aurait donnée mais j’ai préféré laisser passer du temps« , précise Art Shay. La photographie a été publiée pour la première fois dans son livre Album for an Age, en 2000. Elle sera exposée à Paris, en avril, à la galerie Albert Loeb, au côté d’autres images de Simone de Beauvoir, plus pudiques. « 

http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=351

Âmes

Séparés , séparés . Unis, unis.

Entre le reflet dans l’eau et la dureté de la chair. Unis, désunis. Apeurés. Frileux.

Il n’y a pas de mots pour les tendres. Il n’y a pas de mots pour ce qu’on croit comprendre.

Aimer est d’une pureté difficile à comprendre : comme si la terre faisait l’amour à l’eau.

Mais de par le ciel…

On aime bien se détester. C’est le reflet qui essaie de comprendre la solidité apparente des choses de la Terre. Comme les fleurs, aériennes, colorées, divines.

On aimerait bien tous s’aimer. Comme un porc-épic tomberait en amour avec une rose perdue au bord du fleuve.

Et son parfum invisible…

Et l’amour est à la fois de ronces et de parfums, et bien d’images. On voit ce qu’on entend.

Il y a, au fond, deux sortes d’aimer : comprendre et ne pas comprendre. Comme le parfum ne peut saisir le rôle de l’épine.

Et c’est de cela dont nous devons échapper.

Comprendre qu’il faut seulement accepter et reporter notre forme de compréhension à plus tard.

Mais il arrive parfois, que les ronces et les parfums, sans images, se rejoignent.

L’incompréhension.

Et plus encore…

La droiture d’âme de cesser de « penser » qu’il n’y a qu’une voix.

La Vie est un Chœur et les solistes des privilégiés.

La musique ne peut pas faire d’un instrument une seule portée. Ni sa petite ligne mélodique.

© Gaëtan Pelletier

Lettre d’un éperlan à Richard Dawkins

L’athéisme, dans sa variante matérialiste, ne consiste pas à croire que « Dieu » n’existe pas, mais à ne pas croire, à penser qu’il n’y a rien de tel, à ignorer et à ne pas considérer comme sacrés les propos et écrits faisant état de phénomènes surnaturels et donc, par extension, à ne pas reconnaître l’existence de quelque divinité que ce soit. La pensée athée se revendique comme fondée sur le rationnel. Il existe néanmoins diverses formes d’athéisme en fonction des fondements et de la culture de chaque individu.Wikipedia, Athéisme  

 ***

Un jour, j’ai rencontré quelqu’un :

 

–          Vous savez, dit-il, je suis athée…

 

J’ai senti par là qu’il était désespéré des horreurs de ce monde et qu’il n’attendait plus rien de « dieu ».

Moi non plus d’ailleurs. Je n’attends non seulement rien de « dieu » mais rien de personne, sauf qu’elle cesse de croire que « dieu » et Superman sont parfois confondus.

Je suis tellement athée que je n’ai pas besoin de ne pas croire en quelqu’un qui n’existe pas.

Les singes ne croyaient pas à l’arrivée d’un Supersinge qui réglerait tous leurs problèmes : ils s’arrangeaient  entre eux. Mais voilà qu’est naquit le citoyen-Jésus, le citoyen Allah, et le dernier : le citoyen-science. Il a remplacé « dieu » par le Big-Bang!

Il a mécanisé le monde, et est devenu « celui qui peu faire » et celui qui peut tout expliquer.

Comment nous sommes devenus des tondeuses à gazon

On naît, on vit, on meure… Et on ne va nulle part. Désintégrés. Anéantis.

C’est comme ça qu’est disparue ma tondeuse à gazon il y a quelques années.

Ça a été inventé par l’Homme, et c’est supérieur à « dieu ». La preuve : entrez dans une forêt. On dirait que les arbres se font la guerre, ne s’entendent pas entre eux, poussent partout, et ils n’en savent pas la raison.

 

C’est la faute des docteurs.

Pouvant expliquer le fonctionnement de la « machine » humaine, ils ont cru que nous étions des tondeuses à gazon.

Eh! Oui! On peut expliquer le monde. Comme la mécanique de la tondeuse. Mais le « monde » est grand et complexe, la tondeuse toute petite.

Épelez-moi un éperlan

 

Selon Richard Dawkins la science et le rationalisme sont une autoroute vers l’athéisme.

Dieu n’était pas considéré comme une explication complète pour la complexité des structures biologiques, mais que l’humanité a dû attendre Charles Darwin pour qu’il lui soit possible d’être raisonnablement athée.

 

Lettre de l’éperlan à Richard Dawkins

 

Cher Richard,

D’après ma compréhension de l’Univers, tout est eau. Il y a des granules de sable, d’autres créatures étranges, mais, comme vous, nous pensons avoir résolu une certaine explication de l’univers.  Mais c’est tout.  Après des études approfondies sur le sens de l’Univers, Le Dr. Hyperlan en a conclu qu’il n’existe rien en dehors de l’eau, puisque nous n’y pourrions pas vivre. Comme il n’existe rien en dehors de l’eau, il ne doit rien exister en dehors de ce qui est « explicable ». Autrement dit, vous choisissez vos matériaux pour expliquer le monde. Nous faisons ainsi. Mais après avoir lu votre CV, je vous demanderais de bien vouloir NOUS expliquer. En traduction Google, c’est « Je vous demanderais d’expliquer NOUS.

Nous avons un cinglé dans notre université qui croit qu’il y a de l’air au dessus de l’eau.

Certains ont même vu passer un FB ( Flying Boat) que nous avons nommé UF-Eau.

Si vous voulez échanger avec moi, écrivez moi et mettez votre message dans une bouteille de plastique : on la lira dans deux cents ans…

P.S. : Nous avons ici des mal lunés qui nous disent que la fin de l’eau est proche.  Un de nos écrivains de Science Fiction a même imaginé que l’eau servait autre chose qu’à la vie.

Nous l’avons enfermé dans un aquarihomme.  Dans ses, visions, il croit que la translucidité de l’eau sert à nettoyer le noir de sables servant à propulser des machines sur du sable renforcés de Satan, ce bitume que nous rencontrons parfois…

 

Sincèrement :

L’éperlan

 

Réponse de Richard Dawkins :

 

Cher Éperlan,

666, Océanpointcom

F***Y***

R.D.

 

Océanvie, le 00 mai 2012,

Cher Richard,

Toute l’université marine s’est penchée sur vos travaux et votre réponse. Nous ne comprenons pas pourquoi, vous, si diplômatisés, ne pouvez répondre à la simple question de savoir qui nous sommes. Vous avez expliqué l’absence de « dieu ». Ici, notre concept de « dieu » est qu’il existe un Richard Dawkins quelque part dans l’univers qui puisse résoudre notre problème.

Nous sommes déçus du peu de réponses, ou de la tangibilité de celles-ci, au point, où nos savants se demandent si vous existez.

Cependant, étant donné que votre  science permet de presque tout expliquer, nous  vous demanderions une simple explication d’un fait étrange.

Une machine comme celle-ci :

 

a été découverte au fond de notre univers. Elle ne nage pas. Son hélice, au contraire, la ramène vers le fond. Un de nos savants a réussi à la faire démarrer : tout ce qu’elle a pu faire est détruire les plantes aquatiques au fond de notre univers. Le problème est que nous ne savons pas si c’est un organisme vivant où une forme de vie inconnue que nous devrions conserver et réanimer plus tard.

 

Cher éperlan,

 

FY

 

Sincèrement vôtre

RD

 

Mai 2012,

Cher Richard,

Je pense que nos devrions nous arranger entre nous. Nous pensons avoir résolu un problème qui ne relève pas de vos connaissances : si les éperlans arrivaient à cesser de penser que quelqu’un de l’extérieur peut régler nos problèmes, bien des problèmes seraient déjà réglés.

Nous avons finalement compris que si quelqu’un comme vous peut expliquer aisément le fonctionnement de la tondeuse,  il ne peut expliquer son intrusion dans notre univers. Ni ses dégâts.

Le problème est que pour le créateur de la tondeuse, il n’a jamais compris qu’elle ne pouvait servir dans l’eau.

Comme vous.

Veuillez agréer mes distinguées salutations!

L’éperlan