Archives mensuelles : décembre 2012

La route vers soi, 15 : L’Homme séché à froid

Route vers soi

 

Le bouddhisme décrit un courant mental qui n’est pas conscient, mais dépend de la conscience. Il s’agit, pour le bouddhisme theravāda, d’un « courant de conscience », bhavaṅga sota, qu’on peut traduire par subconscience et interconscience (voir Viññāṇa-kicca)

La « science » a longuement été en dormance chez l’humain. Mais à partir du 19e siècle, le coup d’envoi fut donné par les premières découvertes de l’électricité, de ses capacités énergétiques, de la découverte  des micro-organismes, des premiers pas (sic) de l’aviation, etc. Tout prend souche dans cette ère nouvelle qui fit un jour s’enflammer un savant qui prétendit que « Dieu » livrait enfin ses secrets.

Au 20e siècle, naquit la robotique, et les « sciences de l’esprit » (psychologie, psychanalyse, alliées au développement des « médicaments, ou autres formes de savoirs penchés sur la compréhension de la mécanique du …cerveau) :   L’Homme, lentement commença à être « épluché de son mystère » et devint une simple machine  dont les secrets des rouages ne restaient plus qu’à découvrir.

Ce courant s’amplifia de manière exponentielles jusqu’à la nanotechnologie dont on peut déjà  constater les dégâts  sur la race humaine par la représentation et transformation en simple robot,  toujours allié au monde du travail et complètement enchaîné aux appareils, voire  fondu.

Cette transformation est toujours en cours,  progressant à  travers tous les gadgets lancés sur le marché et présentés comme « progrès ». Le mot « progrès », d’ailleurs, n’est une référence au monde aride des siècles antécédents, du monde occidental ou  des  tribus éloignées encore distantes  des « civilisations ». Le réel progrès est  l’amélioration des conditions de vie humaines. Et cela sur toutes les architectures.

Ces morsures continuelles  sur les générations risque de faire disparaître l’Homme réel – doté d’une spiritualité-  qui  tente malaisément de traduire dans des religions,  aux messages souvent faussés, mal interprétées ou volontairement déviés  à des causes individualistes ou de groupements aux intentions malveillantes de manipulation.

En quelques générations, à force de marteler  messages ainsi que  foi en la « science », les idées, ou les messages subliminaux,  étendues par la mondialisation et de par les nations détentrices de pouvoir techniques, sont en train de « modifier » l’être humain. La race des banquiers et des serviteurs d’États travaillent en toute bonne conscience à  améliorer « l’Homme ».  Encore et encore dans son enveloppe « mécanique »… Encore et toujours dans une vision étriquée, pour affiner ce nouvel esclave moderne.

Le progrès matérialiste – qui aurait dû se limiter à une réelle amélioration des conditions de vie-  fut alors renflé par l’avidité : le but ne fut plus l’abonnissement et la répartition de ces découvertes,  mais une création volontaire de « besoins » créés de toute pièce.

Créer, alimenter les besoins inutiles, faux, fallacieux, aux seules fins des profits engrangés pour les profits.

L’Homme se fit éplucher de 90% de son être.

La tentative fut de tenter de « résumer » une richesse humaine, mystérieuse, bien plus large, vaste, que ce cerveau. Les émotions furent ramenées au rang de simples échanges chimiques, et celles-ci déclarées « maladives ». En l’occurrence, il s’agissait de les traiter avec des « sciences » marquées au fer rouge de l’éducation au service des dirigeants.

L’Homme devint alors cet esprit réduit à une coquille d’œuf, puisque la « science » ne pouvait pas saisir toutes les richesses et la variabilité de son impénétrable source de naissance et « raison » de sa disparition par la mort,  les mouvements, les fondements mêmes de la création. Bref, la techno-science se livra à une propagande par l’inconscient de la soi-disant preuve que l’Homme était une mécanique à étudier et à transformer.

La souche cosmique et spirituelle de l’Homme, suite aux échecs des religions – qui furent présentés comme « preuve » de non existence de Dieu-  réussit à tronçonner notre être en une masse séchée et froide, en enfonçant notre créature six pieds sous terre avant qu’il ne naisse.

C’est le résultat de toute la prétendue « éducation » occidentale qui n’est en sorte qu’une manière de former un barrage entre l’âme et la chair par une simple division : diviser pour régner.

L’ego est le poil de la bête… Et on le flatta jusqu’à ce qu’il ronronne.

Les croyants mettent au monde des croyants… Par la force s’il le faut, par la guerre, les idées controuvées, la lutte des idées qui mènent aux guerres, et le battage médiatique intérieur  de la réussite personnelle.

« Tu peux avoir ce que tu veux, et ton avoir est ton être ».

Le 20e siècle fut un livre qui battit  tous les livres « religieux » des siècles antécédents, détruisit toutes les révélations des sages dans une sorte d’Alzheimer entretenu, quasi intraveineux.

Une aiguille jusqu’à l’âme.

Un poison…

Le résultat social de ce dessèchement peut être constaté par la déchéance actuelle et la dégradation de « l’Homme-cellule » attelé à l’ensemble, mais dévié par l’élitisme patenté.

Et c’est la raison pour laquelle l’élite distribue des titres, en fait des couches pour anoblir le simple citoyen dans une illusion de miroir.

La recette est la même que celle de la noblesse d’il y a quelques siècles.

Le Comte est devenu PDG ou DG…

***

C’est la raison pour laquelle, La route vers soi n’est pas une route qui ne mène qu’à un développement  individuel, mais à une individualité-cellule aux fins de réels progrès de l’Humanité.

Ce n’est pas un ego pour l’ego. C’est la réelle richesse retrouvée, la reprise de son état d’être divin, cosmique, caché, secret, doté d’une capacité de création et d’invention puisée dans l’infinie.

Tout acte de cette vie a pour but la réalisation de soi pour la réalisation de tous.

Pour cette « tâche », chacun doit retrouver les parties qui lui ont été volées pour accroître la réussite personnelle des autres.

Non pas se réaliser pour tuer, mais se réaliser pour vivre.

Hélas! Nous attendons que le « progrès » vienne nous réaliser…

Une sorte de figure « parentale » offerte par l’État et les voleurs de vie que sont les placiers de Wall-Street et la gangrène des pseudo-savants, bien titrés, qui sont devenus nos dieux…

Toute la douleur du monde est de croire en eux… Et toute la douleur du monde est visible, tangible… Nous l’avons sous les yeux et dans nos yeux…

Nous voilà donc séchés à froid, déshydratés, mais réhydratés par la « science médicale », la « science économique », la « science psychanalytique », la «science politique ».

Des séchés ne peuvent nourrir des séchés…

La tâche est donc de se « retremper » dans la réalité de notre être,  et non pas acheter un produit faisandé vendu par l’État et la masse de vendeurs mondialisés.

Toute réalité est à découvrir, redécouvrir, dans le but d’un réel progrès : rendre meilleures nos vies.

Gaëtan Pelletier

31 décembre 2012

Absences

Aux soirs de tes absences, je dors d’un œil ouvert
Sur ton âme et ton corps, dans mon vieux lit d’hiver
Je t’enverrais des fleurs, de vert et de lilas
Pour faire fleurir en toi, les printemps de nos voies

Aux soirs de tes absences, si tu savais, ma belle
Le tué de mes respirs, ma lumière affamée
Je ferais voyage aux lèvres, pour en boire la buée
Je t’enverrais tout l’or, de ma mine irréelle

Aux soirs de tes présences, je vais au lit l’œil vert
Comme une veillée tendre, une chandelle allumée
Faire l’amour aux paupières, qui tremblent nos hier

Aux soirs, aux tout doux soirs, juste avant la nuit
Je prépare la fête, les rideaux de mes yeux
Je descends les toiles, de chair pour l’infini

Puis je fais le voyage, de l’absence à présence
La chambre est déchirée, des ciels et des ciels

Culbutent nos amours, aux bougeoirs éternels



 
 
 
 
 
 
 
 
© Gaëtan Pelletier
09, avril , 1998

La loi 101 et mon klavier frensaiSS

Quand on est bête, on est bête des deux pieds.

Gaëtan Pelletier

Antray en matiére

1.1

En novembre 2010, en classe, je me plains que mon ordinateur fonctionne mal. Se pointe un élève, un krack informatique qui me dit qu’il peut le réparer.

Trois ou quatre jours.

Sympathique le gars : il me paye le café à toutes les pauses. Et nous échangeons sur les cylindrés de nos motos.

Il apporte mon ordi dans son atelier – style d’atelier qui ressemble à un atelier de couture souterrain où on fait travailler des sans papiers. En campagne, rien n’est souterrain, tout est à ciel ouvert. On n’a pas d’échangeur Turcot… Un plus…

1.2

3 jours.

4 jours.

5 jours.

10 jours.

Toujours pas de nouvelle de mon ordi. Le krack a toutes les raisons du monde pour retarder la livraison.

Finalement, je le reçois au bout de 10 jours, heureux… Mais un peu moins quand j’ouvre la machine et qu’il me manque la moitié de ma mémoire vive. Étant idiot à temps partiel, j’ouvre le coffre, nerveux, pour vérifier. Je constate que rien n’est pareil comme avant. Tout a été soutiré et remplacé. Je prends la peine d’avertir mon krack de ma découverte…

Devinez!

Il me menace de me « traîner en cour » pour «  attainte » à sa réputation. Étant donné que le monsieur a des avocats gratuitement, de par son statut de « pauvre », mais Crésus souterrain, je calcule le tout pour en venir à la conclusion qu’il vaut mieux acheter un autre ordinateur que d’engager un avocat pour le poursuivre. Quoique, le type ayant « déboîté » la moitié de la classe par ses services de manufacture de terrier, personne ne parle ni se plaint.

On a peur.

Pour être sûr de ce que je vois, de mes yeux d’abrutis à la machine, je vais chez mon vendeur faire vérifier la liste des composants de ladite machine que j’avais achetée.

Reste plus rien. Sauf ma carte de son Soundblaster. Payée 150$.

Mon ordi en valait maintenant à peu près 100@. Dollars.

Délive-rance

2.1

Par un beau soir de décembre, alors que l’hiver du Québec avait déjà semé son beau caca blanc pour ski et ski doux, j’avais les yeux en faucon, planté sur ma machine, en essayant de trouver une solution.

Bing!

Je tombe sur futur choppe et commande un HP à 450* dollars. Je ne me souviens plus du terme, mais je sais qu’on l’a vendu, qu’il est revenu, et qu’il a été réparé et que ça a coûté moins cher.

Le hic!

Il a un Windows anglais.

Je ne parle pas l’anglais, mais je le comprends.

Théoriquement, il y aurait une procédure aisée pour passer du clavier anglais au fransès, avec aisance.

J’ai téléchargé le programme – non inclus, mais indiqué inclus – sur le net.

Ben! C’est faux.

L’inclus est à Brigitte Bardot ce qu’est un phoque.

2.2

J’ai passé de belles heures de loisirs pour constater qu’en Europe, des gens allaient acheter des ordinateurs avec des systèmes italiens qu’ils essayaient de convertir en français avec la même aisance que la mienne.

Le sacre du printemps. Et le calvaire de la transformation d’un clavier en une autre langue.

J’ai dû travailler d’arrache-tête pour programmer des accents ici et là. Et quand on les programme, on perd les clefs de base, parfois utiles.

2.3

J’ai juré de ne pas m’y faire reprendre sur une bible volée.

Je me suis qwerty au français par écœurement.

Merci Québec

3.1

Hier, le fils se cherchait un ordi. On a discuté des claviers. J’ai appris de la bouche même de ma descendance qu’on ne vendait plus d’ordinateurs avec des systaimes anglophones au Québec.

Si on en veut un, il faut le commander en Ontario où ailleurs. Tout ça pour la sauvegarde de la langue fransaize.

La loi 101.

101, c’est un chiffre. Mais comme je suis une empathique anglophile virgule je me demande comment tout ce monde parlant anglais et baragouinant le fransais  peuvent se procurer un ordinateur au  Québec?

Ils vont en Ontario hou aux USA.

Comprenez que ça touche tous les étudiants, travailleurs qui doivent composer avec l’anglais pour étudier ou travailler.

Comprenez que le Québec – ses vendeurs – perd énormément d’emplois, de ventes, de revenus, au nom de la sainte loi 101.

Je l’aime la loi 101. Je  coucherais avec, mais avec un condom…

3.2

Nous comprenons tous l’intention veillante et non malveillante de surveiller, de protéger le fransais. Dans la pratique, toutefois, cette aberration est aussi inutile qu’un œuf sur la blessure d’un blessé par balle.

Mais merci Québec. Nous échappons à la difficutai du claviè, mais nous n’échappons pas au crétinisme idolätre ( tiens, j’ai retrouvé mes trémas après deux ans) habillés et flottant à une religion de l’apparence plutôt que celle de la pratique.

3.3

Pause : Montréal coûte vraiment cher.

Le kéboard

4.1

Je suis très sincère quand je parle des anglophones. Ils se retrouvent avec la même difficulté que les francophones : le kéboard.

J’ignore ce que c’est que de se débarrasser des accents, mais je sais ce que c’est que d’en mettre.

On se retrouve alors avec le même problème que le pays.

Phoqueyborderline.

On a déjha  tellement de difficulter à s’entendre, qu’on ne vienne pas nous vendre des  claviers qui nous divisent d’avantage.

Nous sommes pensées

(Source : Jeanne Siaud Facchin, Comment la méditation a changé ma vie…, p.125-128)

« Nos pensées sont le produit de notre intellect, qui croise notre patrimoine de souvenirs et de connaissances avec la perception et l’analyse de l’ici et maintenant de la situation vécue. De cette confrontation consciente, émerge un sens. Mais nous sommes aussi habités par des pensées qui s’activent à notre insu.  Ou encore, nous pouvons avoir l’illusion – consciente – que certaines pensées nous appartiennent alors qu’elles ne sont pas à nous.

D’où viennent ces pensées ?

Première source : l’histoire de nos ancêtres. Ce qu’ils ont vécu, leurs traumatismes, leurs secrets, constituent un héritage dont nos comportements, nos émotions, sont porteurs. Et cette trame sera la toile de fond, invisible, sur laquelle nous construirons des pensées qui nous sembleront personnelles. Illusion.

Deuxième source : le contenant culturel, qui structure nos pensées et donne sens aux contenus de pensées. Par exemple, si vous êtes français et que vous parlez à un autre français, il comprendra facilement vos mots (le contenu), car il a à sa disposition la langue française (le contenant). Si vous dites la même chose à un Japonais, bien que vos paroles gardent le même sens, votre interlocuteur n’en comprendra pas un traître mot. Le contenu est identique, mais le contenant a changé et le sens est perdu. Ainsi, à la source de ce que nous prenons pour nos pensées individuelles, des contenants culturels s’activent imperceptiblement et structurent, sans que nous en ayons conscience, un très grand nombre de nos pensées. Par exemple, la morale judéo-chrétienne, en Occident, imprègne nos idées de bien et de mal, de culpabilité, de peur du jugement… L’inconscient collectif, notion développée par Carl Jung, représente la phase la plus aboutie de ce processus. Cette dimension inconsciente de la pensée humaine est faite de croyances anciennes, de traditions ancestrales, d’héritages culturels ou spirituels, qui nous habitent au même titre que notre conscience propre. Les rêves portent souvent ces symboles de ce que Jung a aussi appelé la « pensée des profondeurs ».

Troisième source : tout ce que nous avons construit à force de répétitions et de renforcements. Le mécanisme en est assez simple : nous pensons important de nous comporter de telle ou telle manière, nous évitons d’avoir telle ou telle pensée, nous décidons d’agir de telle ou telle façon… et l’expérience nous indique que nous avons eu raison. Alors nous érigeons en forteresses ces croyances qui doivent nous protéger du monde et conforter notre personnalité. Ainsi des idées comme : « Il vaut mieux être seul que mal accompagné », « Les rapports humains sont toujours intéressés », « Je ne comprends rien aux maths », etc., guident nos actions qui deviendront conformes à ces croyances. Nous avons donc la confirmation qu’elles sont vraies ! Et nous les gravons en nous de façon encore un peu plus indélébile. Le tour est joué ! Ainsi, nous sommes pensées, au-delà, et en deçà de notre conscience. Les pensées les plus automatiques, les plus facilement disponibles, proviennent de ce corpus de pensées tissé au fil de notre vie et qui constitue un réservoir de pensées bien loin de notre illusoire « liberté de penser » !

Redevenir libre. Retrouver une pensée libre, la méditation nous en ouvre le chemin. Un chemin qui nous rend à nous-mêmes et qui nous ouvre une infinité de possibilités.

Jeanne Siaud-Facchin se base sur Bernard Gibello, La pensée décontenancée

« La pensée humaine est constituée par plusieurs courants dont les formes et les lois sont différentes et qui, normalement, interagissent harmonieusement. L’histoire de chacun, son langage, ses traditions, sa sexualité, sa curiosité, la maîtrise de son corps construisent une pensée créative, libre et contenue. Mais, en certaines circonstances, la pensée se décontenance : pensée de la névrose ou de la psychose, pensée du retard mental ou des troubles d’apprentissage, pensée de la souffrance, pensée privée de langage, pensée du fanatisme… L’auteur propose une compréhension de la pensée et de ses troubles qui intègre les conceptions psychanalytiques, psychologiques, neurologiques et biologiques. Les contenus de pensée (perceptions, affects, représentations psychiques) prennent sens sous l’influence des processus dynamiques qu’il nomme contenants de pensée. L’altération de l’un ou l’autre des contenants entraîne les dérèglements psychiques décrits par la psychopathologie. Fondée sur une expérience clinique approfondie, cette analyse permet de choisir les moyens adéquats de prise en charge. Destiné d’abord aux médecins, psychanalystes et psychothérapeutes, psychologues, éducateurs et enseignants spécialisés à qui il apporte des repères en vue du traitement ou de la remédiation des troubles de la pensée, ce livre intéressera tous ceux pour qui la réflexion sur l’esprit est un métier ou une passion. »

Amazone

Voir également :
Bienvenue sur l’autoroute Trans-amazonia
Amazonie : le prix de l’or accentue la déforestation
Guyane française : l’or amazonien
L’agent orange de Monsanto utilisé pour déboiser la forêt amazonienne
Poumon de la Terre versus power of cash
Dur de respirer avec un poumon en moins
Pétrole amazonien
Pendant ce temps là en Amazonie

Au bout de la route, Marc Lafontan 

Le génocide des Indiens d’Amérique

(Source : Visual Statistics, trad. NewsOfTomorrow.org)

La Britannia gouverne…

 

Arthur Barlowe (1584, p.108) décrivit par ces mots les Indiens d’Amérique :

« Les gens que nous y avons trouvés sont pleins de tendre affection et fidélité, dénués de toute ruse et trahison, comme s’ils vivaient à la manière de l’Âge d’Or, …, il n’y a personne de plus bienveillant et affectueux dans le monde.«

Sa description rentre dans nos catégories de styles cognitifs propres à l’Orient : affiliatif, personnel, compréhensif, non-discursif. Avec la prédominance du système de croyance affectif-cognitif du mariage par amour, opposé au système cognitif-affectif des calculs intellectuels avant toute affection conjugale. Avec aussi la proximité associée au toucher dans le relationnel. Et la suspension des jugements critiques et des croyances momentanées, agissants comme facteurs limitatifs qui emportent la haine même « dans l’au-delà ».

Qu’étaient ces gens ? Ces catégories de mode de pensée peuvent-elles expliquer au moins partiellement la traite des esclaves africains ayant résulté en la mort de millions de personnes ? L’extermination presque totale des Indiens d’Amérique ? L’holocauste des Juifs perpétré par les nazis ? L’holocauste des Tsiganes commis par les hongrois, slovaques, tchèques, roumains et autres européens durant la seconde Guerre Mondiale ? Dans American Holocaust (1992, pp. 149-150) David Stannard déclare qu’il s’agit d’une :

« question que beaucoup ont posé, à maintes reprises, au cours du dernier millénaire. Qu’étaient ces gens dont l’esprit et l’âme a alimenté avec tant d’avidité le génocide contre les africains, indiens, juifs, tsiganes et autres groupes religieux, raciaux, et ethniques ? Que sont ces gens qui encore aujourd’hui, poursuivent un tel massacre ?«

Sacheen Littlefeather

Elie Wiesel (1985, Vol. 1, p.33) donna une réponse à cette lancinante question à l’égard de l’Holocauste des Juifs.

« Tous les tueurs étaient chrétiens. Le régime nazi fut la conséquence d’un mouvement d’idées et a suivi une logique stricte ; il n’est pas sorti du vide mais était profondément enraciné dans une tradition qui l’a prophétisé, préparé, et conduit à maturité. Cette tradition était indissociable du passé de l’Europe civilisée, chrétienne.«

Sacheen Littlefeather. Le 27 mars 1973, une jeune femme entra sur la scène du Dorothy Chandler Pavilion à Los Angeles, en Californie, pour décliner l’Oscar du Meilleur Acteur attribué à Marlon Brando. Elle expliqua que Marlon Brando ne pouvait pas accepter ce prix en raison du traitement des Indiens d’Amérique par l’industrie cinématographique et des évènements récents de Wounded Knee.

Marlon Brando

Marlon Brando, dans son autobiographie Songs my Mother Told Me (1994, pp. 380-402), consacre plusieurs pages au génocide des Indiens d’Amérique :

« Après le vol de leurs terres, les survivants en haillons furent parqués dans des réserves et le gouvernement envoya des missionnaires pour les forcer à devenir chrétiens. Après m’être intéressé aux Indiens d’Amérique, je me suis rendu compte que beaucoup de gens ne les considèrent même pas comme des êtres humains. Il en a été ainsi depuis le début.Cotton Mather les comparait à Satan et affirmait que c’était l’oeuvre de Dieu – et la volonté de Dieu – de massacrer les sauvages païens qui faisaient obstacle au christianisme.

Alors qu’il pointait ses obusiers sur un campement d’Indiens non armés à Sand Creek, au Colorado, en 1864, un colonel de l’armée du nom de John Chivington, qui avait dit une fois que la vie des enfants indiens ne devait pas être épargnée car « les lentes font des poux, » a dit à ses officiers : « Je suis venu pour tuer les Indiens, et je crois qu’il est juste et honorable d’utiliser tous les moyens qu’il y a sous le ciel de Dieu pour tuer les Indiens. » Des centaines de femmes indiennes, enfants, et vieillards furent abattus dans le massacre de Sand Creek. Un officier qui était présent a dit plus tard, « Les femmes et enfants ont été tués et scalpés, les enfants fusillés sur le sein de leur mère, et tous les corps mutilés de la plus horrible des façons. Les cadavres des femmes étaient profanés de telle manière que le récit en est écoeurant.

Les cavaliers coupaient la vulve des femmes indiennes, les étiraient sur la corne de leurs selles, puis en décoraient leurs rubans de chapeau ; certains utilisaient la peau du scrotum des braves et les seins des femmes indiennes comme blague à tabac, puis présentaient ces trophés, avec les nez et oreilles de certains indiens qu’ils avaient massacrés, à l’Opéra de Denver«

David Stannard

L’Holocauste américan. David Stannard dans son livre érudit American Holocaust (1992, p. 232) écrit :

Dès les premiers jours de la colonisation, les anglais des colonies depuis les Carolines jusqu’à la Nouvelle-Angeleterre eurent rarement de relations sexuelles avec les Indiens, même quand il y avait peu ou pas de femmes anglaises disponibles. De telles rencontres étaient perçues comme des « crimes horribles » et une loi fut votée pour « bannir à jamais » de tels couples métis, parlant de leur progéniture comme des bêtes.Cette attitude britannique peut être comparée à la réponse canadienne pince sans rire :

- Quand naquit le premier enfant français-indien ?

- Neuf mois après l’arrivée des Français au Québec.

Holocaustes, en millions

Négationnistes – Les estimations du nombre de victimes de l’Holocauste américain diffèrent. Cependant, ces différences partagent de frappantes ressemblances avec la controverse entourant les négationnistes qui ne nient pas que l’Holocauste a eu lieu, mais qui essayent d’en réduire son ampleur. Ainsi, par exemple, RJ Rummel dans son livre Death by Government(1994) estime que le nombre de victimes des siècles de colonisation européenne ne dépasse pas les 2 millions. Parmi les négationnistes contemporain, il y a aussi Gary North, qui, dansPolitical Polytheism (1989, p. 257-258) affirme :

Les libéraux ont adopté l’expression « Amérindiens » ces dernières années. Ils ne disent jamais « les autochtones, » car ce serait presque dire « les sauvages d’Amérique », ce qui est précisément ce qu’étaient ces adorateurs du démon, ces pollueurs de la terre. Ce fut l’un des grands péchés de la vie américaine, de dire : « le vol des terres indiennes ». Qu’un million de sauvages aient un droit légitime sur l’ensemble de l’Amérique depuis le nord du Mexique est ce que sous-entend de telles critiques. Ils ne posent jamais la question plus pertinente : L’arrivée des Européens en Amérique du Nord n’était-il pas le jugement juste, historique, de Dieu, contre les Indiens ?

Holocaustes D’innombrables pages ont été écrites sur ce sujet. Des centaines d’aspects de cette question peuvent être débattus, mais les mots, aussi nombreux soient-ils, ne peuvent cacher la réalité glaciale que, parmi les innombrables atrocités de ces derniers siècles, la plus importante a été de loin le génocide des Indiens d’Amérique (l’ampleur de cet holocauste est estimée par David Stannard dans son livre American Holocaust, 1992, pp. 74-75, p.151). Ce génocide est de 100 millions de personnes dans l’hémisphère et 18 millions de personnes pour la zone au nord du Mexique. Suit le commerce des esclaves (estimé à 28 millions de personnes, cf., Stannard, p. 151), et l’holocauste des Juifs (estimé à 6 millions de personnes). Selon le recensement de 1909, le nombre des Cherokees était de 369,035, les Navajo de 225,298, les Sioux de 107,321, les Apaches de 53,330, les Cheyenne de 11,809 et Comanches de 11,437. Dans les années 1910, la population totale des Indiens d’Amérique du Nord était de 400,000, alors qu’elle était de 18-19 millions en 1492.

Références

Barlowe, A. (1584) In Quinn, D. B. The Roanoke Voyages : 1584-1590. London : Haklyut Society, 1955.
Brando, M. (1994) Songs My Mother Taught Me. New York : Random House.
North, G. (1989) Political Polytheism : The Myth of Pluralism. Tyler, Tx : Institute for Christian Economics.
Stannard, D. E. (1992) The Conquest of the New World : American Holocaust. New York : Oxford University Press.
Wiesel, E. (1985, Vol. 1, p.33) in Abrahamson, (Ed.) Against Silence : The Voice and Vision of Elie Wiesel. New York : Holocaust Library.

Roter pour vivre…

roter

Votre estomac  » glougloute « , enfle de manière inhabituelle ? Pas de panique, vous vous préparez simplement à éructer ou plus familièrement à roter. Ce phénomène est dû à un excès d’air dans votre estomac, incapable de gérer tous les gaz qui arrivent de l’œsophage. Alors pour rétablir l’équilibre des pressions dans le système digestif, une bulle d’air se forme et remonte dans le sens inverse à celui de la digestion. Direction : la bouche. D’où le besoin plus fréquent de roter, chaque fois que l’on absorbe rapidement des boissons gazeuses. Mais pour ceux qui n’auraient jamais réussi à faire un rot, pas d’inquiétude à avoir. Jean-François Claerbout, gastro-entérologue (médecin spécialiste de l’appareil digestif), explique que  » l’estomac se contracte selon les susceptibilités personnelles de chacun. Dans certains cas, la soupape entre l’estomac et l’œsophage est trop fermée et l’air ne sait pas remonter « . Mais finalement, le rot serait plutôt une affaire sociologique qu’anatomique. Il y a ceux à qui on a appris à roter, ceux à qui on a appris à ne pas roter, et ceux qui savent se retenir. Choisissez votre camp ! Pourquoi on rote 

Je rote du cerveau
Je rote de l’âme
Je rote de partout
Je suis infâme
 
C’est normal…
Je bouffe de la merde de société
Je suis boursoufflé à avaler des idées insensées
Des imbéciles m’écrivent pour me dire que j’ai volé leurs idées
Je mange
Je fais pipi
Je bois de l’eau
Je refais pipi
Je cours le net
Comme une toilette
J’ai les yeux grands comme des Canyon
À chaque matin mes yeux regardent dehors
J’ai faim de la vie
Je bois de la bière
Je mange des cacahuètes
Des articles à saveur désuètes
J’ai l’esprit ballonné
Je fais de la raquette
Du ski de fond(s)
Des fabricants d’entourloupettes
Je me couche au Canada
À des heures Hindous
Les guerres me tuent
J’ai du sang sur le clavier
Tape, mon grand, on va les élever!
Je prends ma bouchée d’informations tous les jours
Au journal télévisé, il n’y a pas d’amour
Info-faux infos des travestis de l’esprit  
Je ne coure pas les Oméga-3
Ces dieux du corps, vendus, garantis éloignant le trépas
Je conduis pas attaché
Je déteste l’harnaché
Je suis libre comme un poisson dans l’Ô!
Je coupe du bois
J’écris à l’envers des paragraphes étroits
J’aime les souris
J’aime les chats
Les dilapidés de la Vie
Les amours agrégats
La lenteur
Et la lente heure
Que j’étire, sans trop étirer
Je cours, je danse, je trépigne, je mange
Du gras, du riz, de nos dangereuses épiceries
Grand format, grande surface
Petits investisseurs stressés
Je nourris la race
Je rote les imbécile 
J’amoure les idiots
Les Robert qui parlent seuls au coin de la rue
Les mendiants perdus
Les branches et les écureuils
Les écueils
Je me débats, je nage, je plonge,
J’embrasse, je crache
Je suis un rot qui vit
Comme une indigeste symphonie!
Bleurp! Bleurp! Et re- Bleurp!
Je manque de respect pour les cadavres cravatés
Sans feu! Crachant leur eau brûlante
D’idées savonnées
Je ne déteste rien ni personne
Parce que je comprends
Que les tièdes ne peuvent roter
Ils  prennent la vie et les idées déjà digérées
Ils ont peur de leur propre effroi
Les enterrés vivants
Les salades à grandes idées
Vendues au coin des rues 
Et c’est pour ça que ne rotent pas
Tous ces congelés…
 
Gaëtan Pelletier
29 décembre 2012