Archives mensuelles : avril 2015

Chasepeake: La vie des étoiles de merde

La force déployée par le système aquifère (hydraulique) pour ouvrir un bivalve peut atteindre 12,75 newtons, ce qui peut représenter l’effort nécessaire à un humain pour lever d’une main une masse d’environ 500 kg. Après une demi-heure, le bivalve est fatigué et ses muscles se relâchent. Une fois assez ouvert, l’étoile de mer dévagine son estomac à l’intérieur à l’aide de la contraction de sa paroi corporelle et prédigère l’animal avec des enzymes gastriques provenant du cæca pylorique. Une fois digéré, l’estomac est réinvaginé par la relaxation de la paroi corporelle et la contraction des muscles. Le contenu est ensuite digéré dans les estomacs. Wiki 

C’est joli une étoile de mer. Mais ça peut avaler, en sortant leur estomac, comme en vampirisant leur proie, un épave de requin, de monstres arctique cadavré au fond de la mer.

Il n’y a pas de différence entre une étoile de mer et un hôtel 5 étoiles: 5 étoiles. Ni, non plus, avec la politique vampirisante de tous les G, attablés avec leur bouteille d’eau de plastique.

Si une flopée d’étoiles de mer peuvent avaler un cachalot – et qu’après il ne reste plus rien de la proie- nous devrions pouvoir ingurgiter ces monstres à l’âme plus tiède que les glaçons du bar La Trimouille.

Depuis le « commencement du monde », c’est comme ça. Il n’y a rien de changé. En 1660, quand les britanniques créèrent des villes en Amérique du Nord, des amérindiens, voyant saccager leurs terres pour des plantations de tabac, dirent aux « blancs »:  » Mais les animaux fuient la forêt! De quoi allons nous nous nourrir? ». Le « blanc » ne répondit pas  ( ou le roux 🙂 ) … Il continua de raser les forêts.

Alors les amérindiens, pacifiques, allèrent dix fois rencontrer les blanc-roux pour leur dire qu’ils voulaient vivre en paix. Le roux-blanc déclama alors les amérindiens ennemis du « progrès »: un prime pour un abat. Comme les coyotes qui mangent les poules.

Les amérindiens Choptanks furent donc déclarés « terroristes avant la lettre ».

Et c’est comme ça, aujourd’hui, qu’après des siècles et des siècles, les descendants des grands développeurs sont comme les étoiles de mer: plus vous êtes en état de cadavre , plus ils s’acharnent à vous ronger jusqu’à la moelle. Peau, os, impôts, dettes, armements

Maintenant, savants, puisant dans tous les petits cerveaux-infantilistes, rêvant d’être une étoile de mer, suçant l’intelligence humaine au profit des CIE sans pays, ils font du pétrole à partir de l’eau. Par le biais des universités…

Ouah!

Gang de schistes!

Si la Terre était un ballon, que vous la dessouffliez, et qu’elle se retrouve à plat, on finira par tomber au bout comme le vieux concept du moyen-âge. En fait, on arrive au bout… Il n’y a plus de nouveau monde à découvrir. Alors, il y a ceux qui existent, moi, nous, vous, citoyens, sucés par les étoiles des G-8 et G-20. Et nous les payons pour nous détruire.

Les « athées » n’ont jamais eu autant de « dieux ».

À force de « croire » et de ne rien faire, nos dieux vont détruire ce que la Vie a créé.

Le diable s’est drapé de rouge, bien mielleux, artificiel, blanc-roux, javellisé, trempé dans entourloupette du vote et de la démocratie.

Tout est beau! Nous n’avons plus faim… Nous allons crever les dents blanches… Mais assoiffés et affamés.

Une auto ne mange pas… En Alberta, elle prend l’eau que nous buvons, les poissons que nous mangeons…

Gaëtan Pelletier

août 2013

La première carte détaillée de la baie de Chesapeake date de 1612 et est établie suite à une expédition d’une douzaine de personnes menée par le capitaine John Smith (alors installé dans la colonie de Jamestown) en 1607 et 1608.

La Baie fut le berceau de l’esclavage aux États-Unis, la disposition des lieux étant favorable aux immenses plantations de tabac de Thomas CulpeperWilliam FairfaxWilliam BerkeleyFrances Berkeley ou George Washington.

(***)

Dans les années 1970, la baie connaît le triste privilège d’être le premier endroit de la planète déclaré marine dead zone, à savoir où l’hypoxie (manque d’oxygène) des eaux est tel qu’aucune vie ne peut s’y développer. De grandes surfaces d’algues se forment, empêchant la lumière du soleil d’atteindre le fond des eaux. La perte de toute vie végétale a eu un lourd impact sur la faune maritime.

Chesepeake 

P.S.: Chesepeake signifie « bonne zone de pêche ».

Que le poisson continue de voter pour toutes les étoiles de mer…

Si vous cliquez pour agrandir la carte de Chasepeake, vous allez mondialiser votre ordi et votre esprit. Chasepeake nous attend… La carte n’est qu’un pixel du « monde » à venir… 

Gaëtan Pelletier

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La roue mentale d’un occidental

Pensée

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La maison de tous les orgueils…

proletarianinstinct:There are so many old myths and legends about dead giants making hills and mountains

L’État-Dracula

C’est « beau » de se faire saigner par des seigneurs à canines. Le salariat n’a plus rien à offrir à ses sujets. Surtout pas sur le plan humain…

On aimerait que la vie soit un petit mot doux, mais c’est devenu un cri misérable à travers le chant du monde. En vieillissant, on devient tous un peu philosophe… Pourvu qu’il y ait de la graine de philosophe en partant. Je me souviens de mes 16 ans. On ne change pas… Surtout si on est de ces gens prêts à tout pour vous vider de votre sang.

On ne devient pas bon par choix, on devient bon parce qu’on n’a pas le choix. Et si certains ne le sont pas, ils sont les enfers des autres. C’est un peu sartrien, mais ça l’est davantage quand un humain travaillant pour une corporation à « dentition élevée », sorte de corbeau charognard, place tout son être dans des ambitions matérielles  ou autres  en vidant le sang de tous ceux qui lui ont apporté « son » (sic) bien être. Pas rassurant!… C’est l’envers de l’humanisme. L’envers de ce que certains nomment « dieu ». L’envers de tout.

En fait, nous voilà avec des Dracula-nazis: plus personne n’a de responsabilité envers les autres dans ce charabia d’organisations boursouflées. Les exécutants ne seront jamais responsables, ni les dirigeants. Tous fondus dans la marmites et passés à la vitesse d’un « blender » . On ne reconnaît pas la carotte… Comme on ne reconnaît pas un exécutant bien payé.  Qui ne veut surtout pas se faire reconnaître.

***

Il y a quelques mois, un neveu atteint de cancer, et dans un état plus que critique a dû demander de l’aide à l’État. Ils lui ont demandé de venir signer ses papiers pour « vérifier » s’il était vivant. Il leur a téléphoné de l’hôpital disant qu’il ne pouvait aller signer les papiers, étant en phase terminale. Pas d’aide… Car pas de signature.  Il tente une seconde fois sa démarche. On lui répond la même chose, mais il est dans le coma. Les employés n’ont pas de « plan B » pour se genre de situation. Ce qui fait l’affaire de l’État.  Atteint de deux formes de cancer rares, des équipes de médecins se sont reléguées jour et nuit pour « étudier son cas ». Ce qui a coûté à tout le monde la somme dépassant des millions de dollars.  Mais pas un sous pour lui qui devait continuer de payer son loyer. Et bien avant son hospitalisation , car cela durait depuis des mois. Atteint d’une légère déficience intellectuelle – selon les « normes » du ministère – et d’une faiblesse telle qu’il ne pouvait se déplacer, on a insisté pour sa signature. 

Une fois décédé, les équipes de médecins, intriguées, on demandé à la famille s’ils pouvaient effectuer des autopsies, sans préciser qu’il s’agissait de recherches médicales. Le corps aurait été remis au bout de six mois…  Sa mère de 80 ans a refusé. Elle même malade… Et désireuse de voir enfin son fils délivré, mais de faire enfin son deuil.  

S’il avait « survécu », on lui prévoyait un séjour à l’hôpital d’au moins six mois et sans certitude que son cerveau n’avait pas été atteint par un grand nombre de chimiothérapie et d’une tentative de greffe qui avait échouée et d’un coma prolongé. Greffe qui consistait à « le vider de son sang » et repartir son système à zéro comme on repart un ordinateur.  Ce devait être une méthode intelligente pour « guérir » un malade au futur sans futur. On lui avait tout expliqué avant: « On va t’endormir pour ne pas que tu souffres ».  On l’a endormi mais ils ont eu raison: il ne souffre plus. Le corps était plus intéressant que ses émotions. C’était mieux qu’une souris de laboratoire… Du complexe. De « l’humain »… De la structure complexe… 

Michel, qui m’avait dit un jour rêver d’avoir une femme, des enfants, bref, d’avoir une vie « normale », n’avait pas pu réaliser ses rêves bien banals selon les certains critères.  Il adorait conduire des camions et s’était trouvé un travail. Il vivait même prospère dans un appartement qu’il  avait orné d’un bureau  « de ministre ».  Et pour le reste, il avait trouvé un jour un chat errant qu’il avait baptisé Ernest. Ernest était si charmant que la dame qui l’avait gardé pendant plusieurs semaines se refusa de le faire euthanasier. Elle qui s’occupait d’élever des animaux rencontra un Ernest qui adorait les chats, les humains, les chiens… 

Ma fille a trouvé une famille pour le chat… Et la dame respire enfin! 

P.S.: On ne meure pas d’aimer, on meurt au moment où l’on devient indifférent… Et les morts ne peuvent continuer la beauté de la vie, des êtres, de TOUT de qui est vivant…

gp

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Michel

Bee Gees – Massachusetts

« Aujourd’hui, un enfant des hommes ne vaut pas plus qu’un poulet »…

En Syrie il y a à peu près 550 zones de conflits différentes. 250,000 éléments armés.

Conflit syrien

 

massacre

CivilsCivils récalcitrants.. (sic)

larguage

Largage de munitions par un avion britannique, février 2015… à IS, disant qu’il s’agissait d’une erreur. Le Royaume Uni n’a pas protesté lorsque l’avion fut abattu.  ?????

 

Les banquiers…

 

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J’ixe, tu ixes, nous ixons…

élections

L’avenir de force

Das Boot

 » On n’a pas éteint pour si peu la TV. Quand il n’y a plus rien, elle joue encore : son vide crie. C’est un cri aigu qui ne monte ni ne baisse : il est droit. C’est un appel qui nous tire, un vecteur irrésistible, comme un train ininterrompu qui nous passerait sous le nez. On résiste puis on suit. Ça exaspère puis excite. Ça nous rend fous, mais si fous que gais, que soûls, qu’on n’a plus peur de rien, qu’à tue-tête on met au défi Dieu, Diable, Homme, Bête, Minéral, Végétal, de nous faire fermer jamais notre TV.  » L’hiver de force, Réjean Ducharme 

***

L’humanité , son histoire, ressemble à une bonne cuite en train de se terminer dans un bain-océan de vomi. On a trop bouffé des ces saletés d’idées, camisolés dans des théories de banquiers, de politiciens en radeaux. On n’est pas mieux qu’un Khmer rouge le cou roulé dans son foulard et la bouche remplie de formules robotiques pour « changer le monde ».  Tous les dirigeants, à commencer par  les banquetiers visqueux et parasites, charmeurs et serpents à sornettes.

Quand, les dimanches matins, – comme s’il ne me restait qu’une religion silencieuse, je prends mon vélo et je m’en vais faire un tour  pour lécher la beauté des arbres,  i l y a comme des vrilles de chants d’oiseaux, de vieilles granges en train de s’éteindre de par leur toit gondolé et peureux de la pluie. J’aime la bordure des routes de campagnes avec ses roches, ses bas-côtés frivoles de marguerites et de petites fraises des champs. On ne peut pas aimer la vie et arracher ce que la Vie a enfouie dans le sol pour nous empoisonner ni empoisonner le sol pour lui donner une autre vie que celle qu’il a . On ne peut pas être Monsanto et Saint-François d’Assise en même temps.

La Terre est sous acharnement thérapeutique. Une chimio de force et une camisole nommée « démocratie ». La vente aux ans chers est en train de finir. Il n’y a plus de vie tranquille et limpide. On est en train de se menotter mollement et insensiblement par credo de robots cuisinés sous des couches et des couches de tracés sonores et  visuels. Nous sommes l’homme éponge asphyxié.

Trop d’idées et pas de cœur!

Celui qui a inventé la roue n’a sans doute jamais pensé à la vendre… Aujourd’hui on invente pour vendre et non par utilité.

Ne prenez pas la peine de vous empiffrer d’idées, de « systèmes », de « grands projets ». C’est la malbouffe initiatique à extraire en vous la petite graine de gens biens chimifiée sous la pétarade de mensonges et d’idéologies.

Qui donc a besoin d’idéologies? Si les idéologies étaient efficaces, il n’y aurait pas des milliards d’humains souffrant de la faim ou en mourant tout simplement ou  complexement.

Alors, nous sommes tous migrants. On l’est de force. On nous a promis de beaux avenirs. On a eu les avenirs d’hier aujourd’hui. Sont encore plus laids qu’un Frankenstein à cravate.

Ben alors! Où allons nous? On nous dira vers un monde meilleur. C’est la chanson d’hier. En fait, la Terre étant constitué d’eau et les créatures également, on s’en va tous en radeaux rêvant de quitter un pays, une idéologie, mais avant tout une pauvreté de vivre nûment, et non pas décorés d’artifices comme un cerveau en arbre de Noël. Ça pétille de couleurs comme des feux d’artifice…  Le problème est que nous ne pouvons pas voir les dégâts de « l’en dedans ». On ne peut pas sortir de son cerveau et l’analyser. Mais Facebook et Google le peuvent… Beau progrès!

Si l’avenir est de force, où se situe donc cette chère démocratie et les « valeurs »  à défendre vantées par les forces canadiennes? Enrôlez-vous!

On est des migrants noyés à sec.

Mon pays, mes valeurs, ma femme, ma maison, ma terre, mon chien, ma banque (sic), ma bouffe, ma bière, mon amour,  mon vin de petit bourgeois avec son palais dans le palais, mon arbre, mon mari, mes recettes, mes pensées, mes « créations », mon émission « The Voice », ( ils ne veulent plus planter des carottes, ils veulent chanter pour vivre – c’est ce que font les oiseaux), ma patrie, ma voiture, mon idée, mon invention, ma pelouse, mon job…

On nous a appris à posséder… Quelle belle philosophie! Posséder. Rien ne se possède, tout appartient à la Vie, même la poésie, les mots, les chats, les pissenlits. On nous a désintégré par filaments. Comme une corde de pendue défibrée…

Et là, on se plaint, on pancarte, on se fait dépouiller, mais on ne comprend pas. On combat le fer par le caoutchouc. Bien armés les migrants des états  « évolués »! Félicitations!

On a le choix entre prendre  leur avenir de force ou s’en fabriquer un comme on fabrique un moule qui sied au fondement des gens simples qui veulent simplement travailler pour vivre, manger, et profiter de toute la beauté de cette petite planète bleue qui tourne comme une bille dans l’Univers.

On est si grands que ça? J’ai plus de respect pour la feuille de laitue et le vers de terre qui travaillent ensemble…

Gaëtan Pelletier

Avril 2014 –

Vers la « Ville Marchandise »

Introduction : Je tiens à remercier le journal Les Echos pour l’article intitulé : « la Ville privée, utopie du XXIème siècle », paru le 31 Mars 2015. Je remercie, car la thématique de la ville fait partie des problématiques que j’aborde depuis longtemps. A force de travailler une question on sent les choses, on cherche deséléments de démonstration de la thèse que l’on cherche à montrer et on n’ose rêver de tomber sur un article, qui, tranquillement, comme si tout ceci était naturel, nous annonce que la « ville privée » serait l’utopie du siècle… Alors j’ai pris ma plume…

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LA CITE GRECQUE, FONDEMENT DE LA DEMOCRATIE : Au plus loin que l’on remonte, la ville a un rapport fondamental avec la société [1], au sens social du terme. La cité grecque [2], est à l’origine de la démocratie, « pouvoir du peuple », car dans la cité, ceux qui décident de la gestion de la ville sont les « citoyens associés », fondement de la démocratie. La ville définit de ce fait, un rapport social qui fait du citoyen, le décideur politique suprême. Si l’on y rajoute le fait, que notre Révolution en créant la République, a défini « l’intérêt général », et non l’intérêt privé, comme objectif de la République, on trouve bien dans la ville, la commune, les fondements de la Démocratie, ceux du peuple souverain, des « citoyens associés ». Cette approche conceptuelle doit cependant être relativisée. La Ville en tant que telle n’est pas automatiquement, un espace démocratique, la ville est à la fois objet, espace et support d’affrontements sociaux, car la ville est un rapport social.

LA VILLE UN RAPPORT SOCIAL : Avec la révolution industrielle, on est passé de la cité, au village agricole et artisan puis à la « ville agro-industrielle » [3], dont les cités minières du nord de la France ont été un fleuron. N’oublions pas que ces villes ouvrières se sont construites autour des mines de charbon, à partir des corons, maisons construites par les patrons propriétaires des mines pour avoir leurs mineurs à disposition immédiate (pas de voitures à l’époque pour développer la mobilité). De fait, le logement était une partie du salaire du mineur. Le logement avait pour objectif, non de répondre à un besoin social, mais uniquement, de répondre à l’impératif d’une main d’œuvre disponible à proximité immédiate. La proximité lieu de production (entreprise), lieu d’hébergement était une condition indispensable à l’exploitation optimum du travail (rendant par ailleurs les prolétaires, prisonniers du Patron).

  • D’autres « villes industrielles » se sont construites autour de leur port (Bordeaux, Nantes, Le Havre, Marseille) port au sens large, intégrant leur hinterland, définissant ce qu’on appelle pour Marseille le « système industrialo-portuaire », intégrant de fait une forte activité commerciale liée au port, mais qui intégrait une activité industrielle de transformation, générant les emplois industriels nécessaires au développement de la Ville.
  • D’autres villes se sont développées sur l’agriculture et l’artisanat, d’autres encore sur des matières premières particulières (fer, zinc, cuivre, ou encore l’uranium).
  • Dans d’autres pays, ce fut autour du Pétrole.

On voit de ce fait, que la ville et son développement sont directement tournés vers l’activité économique, la ville est donc bien un « rapport social », conséquence directe de l’évolution du système économique et de son rapport de propriété (Capitalisme) [4]. En retour la ville devient aussi un facteur de développement économique (Economie Urbaine) [5]. Dans cette ville, toutes les fonctions existent et se développent de manière complémentaire (agriculture, artisanat, industrie, services).

LA VILLE, ENJEU DE LUTTE DE CLASSES : La ville industrielle n’était pas un havre de bonheur, mais un espace d’affrontement, et il suffit de citer « Germinal » pour comprendre à quel point la condition ouvrière de l’époque était misérable, violente, et malheureuse (porteurs de malheurs [6]). Que de révoltes (morts de Fourmies), de Révolutions (1838, 1848, 1871) avant que le politique ne porte un regard sur la condition ouvrière, débouchant sur la naissance des premières lois sur la protection du travailleur (1910) [7]. Observons encore que ces lois n’ont été prises que sous la contrainte des manifestations syndicales successives organisées par la CGT (création 1895, charte d’Amiens 1905). Ce n’est donc qu’après construction de l’outil de lutte des classes, que le pouvoir fléchit et négocie l’amélioration des conditions ouvrières. Personne ne peut réécrire cette histoire, car elle est faite du sang et de la sueur des militants en lutte pour l’intérêt général de tous. Les luttes sociales ne sont pas un détail de l’Histoire humaine, elles en sont sa matrice, confirmant l’analyse de Marx « Quand une idée s’empare des masses elle devient une force matérielle ». La ville devient donc un enjeu de « lutte de classes », d’où son développement et sa capacité à prendre en compte les besoins du salariat après le travail (Logements, Transports publics, Santé, Cultures, Sports etc….) par l’intermédiaire de la contribution citoyenne (Impôts locaux), auxquels l’entreprise privée est aussi, obligé d’y participer, ce que l’entreprise cherche en permanence à esquiver aujourd’hui (optimisation fiscale, paradis fiscaux etc.).

LA VILLE ESPACE D’AFFRONTEMENT PERMANENT : On le voit, la ville n’est donc pas un havre de paix, qui serait séparé du reste de l’affrontement de classe, Capital/Travail, qui resterait confiné à l’entreprise. Bien au contraire, en permanence, la ville fut l’objet d’un affrontement permanent, entre le désir de démocratie, renvoyant à la cité grecque et les logiques de marchandisation de l’espace urbain, source de convoitises et de « spéculations sans frein » (Immobilier), conduisant à la« gentrification » [8] des métropoles actuelles. Tout dépend dans la ville, du rapport de forces politique. La ville est à la fois le réceptacle des politiques nationales possibles et le support à l’expérimentation marchande (Appels d’offres, P.P.P etc..).

LA PUISSANCE DE L’ETAT ET L’AGE D’OR DE LA « VILLE DEMOCRATIQUE » : Après la seconde guerre mondiale, la société, sous l’impulsion du programme du conseil National de la Résistance [9], qui met en avant l’intérêt général, impose la ville comme l’outil de la République pour la mise en œuvre de ces orientations politiques. La ville fut le réceptacle des « demandes sociales » [10] expliquant par ailleurs la montée de l’investissement public local (Ecoles, Bibliothèques-Médiathèques, centres de santé etc.) et l’espace sur lequel se développaient les services publics. Leur efficacité se trouvait dans ce rapport de « compétences à proximité », que le marché (offre/demande) était incapable de remplir. Le patronat, déconsidéré du fait de son positionnement durant la guerre (soutenant le Régime de Vichy), su se faire oublier. De toute façon, le Plan permettait aux entreprises privées de faire du profit en investissant dans les secteurs définis comme prioritaires (Bouygues, Lafarge, Thomson, SEB, Alcatel, Alsthom etc. sont devenus depuis des champions mondiaux, grâce au plan). La ville était un « système de réponses publiques » aux besoins des habitants, poursuivant ainsi, l’Histoire tracée par les « citoyens grecs ». Industrie, services publics, via l’impôt, et « lutte des classes » étaient les matrices du développement de la ville. On parlait alors de « banlieue rouge » et de grandes villes furent gérées par un conseil municipal communiste (Le Havre, St Etienne etc.) générant une gestion audacieuse (centres de santé, activités jeunesse et culturelle etc.). Mais cette évolution progressiste fut remise en cause avec la crise.

LA MONDIALISATION OU LA REVOLUTION NEO-LIBERALE  : La crise du XXème siècle commence selon moi, en 1971 au moment de la crise du dollar qui voit la fin du système monétaire mondial, dit « système de Bretton Woods », fondé sur une parité fixe des monnaies et l’intervention publique dans l’économie. Le désordre financier qui en ressort, accompagnée de la « crise du pétrole » lié aux désordres géopolitiques (conflit palestinien, canal de Suez) engendre le début d’une crise systémique. L’arrivée au pouvoir du couple (Reagan, Thatcher) va précipiter le monde dans des solutions ultral-ibérales, visant à libéraliser les mouvements de capitaux, les investissements, à déréglementer le travail et les protections collectives et à réduire l’intervention publique à son strict minimum. Le marché et ses règles (profits) deviennent la règle, et l’emploi, la variable d’ajustement, tout ceci étant possible du fait de la « révolution informationnelle » qui par l’informatique permet en maîtrisant l’information et la finance d’organiser la « mondialisation de la production », c’est-à-dire la capacité pour un groupe industriel dominant, d’organiser un système productif où l’entreprise productive est éclatée à travers le monde (lieux de production spécialisés spatialement différencié) permettant d’optimiser les revenus financiers des groupes mondiaux. Les Etats sont sommés de s’y soumettre (« consensus de Washington ») et l’écroulement de L’URSS va accélérer le processus.

LE CAPITALISME PREDATEUR : Au-delà des apparences qui nous montrent Microsoft, Google, ou autre Apple, comme fleurons de la création, sans rappeler leurs liens étroits avec l’Etat étasunien (militaire, financement des campagnes électorales), le capitalisme en tendance ne crée plus, il accapare. D’où le besoin d’un discours idéologique sur les « coûts du service public », et de la dette publique générée, qui en seraient la cause. De fait, la solution est simple, réduire les « dépenses publiques », en transformant les services publiques en « services au public », c’est-à-dire en « services marchands », payables en carte bleue et non plus en impôts, inutiles et coûteux… Une fois dénoncé le mal, la solution est évidente, il s’agit de donner au marché le soin de gérer les « services à la population » et c’est ce qui se passe. Le secteur téléphonie de la Poste, devient « France Télécom », que l’on privatise, qui s’endette (rachat d’Orange) et qui devient Orange, faisant son beurre sur la vente des services (orange mobile) en continuant de s’appuyer sur les centraux téléphoniques de La Poste, financé et construit par la puissance publique. Dans la même veine, les villes gagnées à l’idéologie marchande transfèrent leurs activités publiques au privé (eau, nettoiement, voieries, cantines, informatique etc…) via des « appels d’offres », qui de plus détruisent le service public et remplacent des emplois stables (statut) par des emplois souvent précaires et encore plus mal payés, créant de fait encore plus d’instabilité sociale, source de toutes les combines et trafics pour survivre. Le développement du capitalisme actuel se fait donc, non sur de l’innovation, mais sur de la captation d’activités publiques engendrant plus de pauvreté, en ce sens le capitalisme néo-libéral est prédateur, confirmant ce que voyait déjà Victor Hugo : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » [11].

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