L’adultarium

ne_tuons_pas_la_beaut__du_monde

Je ne vais plus à la messe des idées… Je regarde, simplement, les gens aller…

La vie enfermée dans le temps, qui conflue du matériel au spirituel. Les parfums, le bruit des trains, le froissement du vent sur une joue. Un petit éclair à travers les arbres. Le fétu séché…

Belle! Trop belle la Terre. La ruche bleue dans l’espace… La pauvre ruche livrée parfois aux lions mondialistes. Là où le diable danse dans la même lumière que celle des dieux.

Il n’existe pas de mystère à élucider, mais une vie à vivre. La Vie, à travers tous les livres du monde, a pris un sens qu’on a bien voulu lui donner. La vie par effraction! La claudiquante misère humaine. La fragilité de la peur entretenue. Les pays-prison.

La déité étriquée…

Avec son arsenal de connaissances livresques, mathématiques, ce « sauvage » nouvelle ère s’est pris pour le roi de la création. Le savoir estampillé des diplômes. Le charme empesé des nouveaux rois. Les veaux d’or des temps lacérés.

Tout ça peut vous faire mourir avant la mort.

On a tout transformé en un grand charnier d’acier et d’idées mortes.

Un drone vaut-il une fleur? Nous ne savons plus vivre, et plus nous avançons dans l’Histoire, mieux nous savons nous entre-détruire.

L’horloger ne comprend même plus la montre qu’il a crée. Dans laquelle il est enfermé. C’est une ère mécanique, hallucinante, débridée, dénuée du  simple bon sens.

La politique est l’acier, le pétrole et ce luxe misérable vont régler tous les problèmes du monde. Le cerveau s’est encagé. Comme un oiseau « désailé ».

Quand on cesse de cultiver les dieux, nous ne sommes que l’UN du TOUT. En quoi l’Homme est-il supérieur au simple pissenlit, au chêne qui grandit, aux oiseaux qui y nichent? Au  frimas des matins d’automne…

À partir du moment où l’on croit connaître quelque chose de la vie, on l’étreint, comme pour le garder en trésor. On l’étouffe pour s’en nourrir. Car ce qui ne vit pas, ne nourrit personne. Les idées n’ont rien de différent de l’argent, de l’avoir. Les couards saisissent au vol un oiseau, une idée, pour l’enfermer. Ça les rassure.

Peur de ce qui bouge, peur de ce qui s’use. L’industrie de la peur.

Ma quand on a compris que la simple tige d’un pissenlit a autant de valeur que soi, que la feuille s’en va et nourrit la terre, que la beauté du monde est là, sans attente, sans rien, sans désir d’éternité, juste là dans les amours, juste là dans l’invisible, on trouve bien risible toutes les analyses du monde qui polluent en idées le simple résultat d’une vie.

Parler de soi n’est pas nombriliste. Ce qui l’est c’est de parler des autres, hypocritement. Ou parler de dieu un couteau  à la main…

Il y aura toujours, chaque jour, quelqu’un pour vous livrer un petit secret, une découverte. Vous attendez patiemment… Vous attendez comme un enfant… Vous attendez que quelqu’un vous explique  le monde, et que tout soit fini.Figé.  Vous attendez que les politiciens règlent votre sort. Que les armes mènent à une victoire.

En ce siècle, les armes ne mènent qu’aux banques.

Dans ce faux théâtre, les humains hypnotisés cherchent un rôle à jouer, une idée à défendre, un pays à sauver. Un système à inventer. La perfection du petit cahier. La ligne la plus droite que droite à  travers les hypocrisies impérissables du temps.

Il n’y a pas plus système qui puisse mener au bonheur. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a eu, dans l’Histoire, qu’une série de mégalomanes, d’esclaves volontaires, et il y en aura toujours. Les diables dansent sur la poussière de tous les esclaves ensevelis de l’Histoire. Ils ne connaissent qu’un seul jardin; celui de la fragilité humaine. Ils les font dansotter en ricanant.

Le mouton à tondre est le désir des loups… Il produit. Et on lui accroche une médaille pour sa production : une montre. En attendant l’heure fatale du « vrai » mourir. Il sait léchouiller la bête.

***

Chacun danse sur tous les cadavres des gens passés dans cette vie. Et ça continuera…

On ne changera rien. On ne changera rien parce que chacun veut être « grand ». Alors que tout se fait par les tout petits.

Pour vivre, il faut rester enfant, ou retrouver l’enfant. L’enfant n’a pas de système, ni de dieu, ni d’idées : Il regarde, assimile, et apprend tout. C’est après qu’on le fige lentement, qu’on le statufie, qu’on modèle ses « idées », ses « visions », comme s’il n’y en avait qu’une.

Il y a mourir sous terre et mourir sur Terre.

On ne devient  UN que par l’amour des autres dans leur différence. Ceux qui se battent pour des idées se privent d’un grand bonheur et d’une grande connaissance : la pierre aiguisée de la différence, la rugueuse différence de la pierre.

On ne devient UN que par la manière de l’oiseau qui se jette en bas de l’arbre, qui tombe, se relève, pendant des heures.

Puis un jour, il vole…

Chose surprenante : une idée n’a jamais fait vivre personne. Elle a parfois amélioré son sort. Mais une idée n’est là que pour « améliorer ». Maintenant, une idée peut être bêtement inutile, mais Ô combien attirante dans son lustre!

Nous voilà au siècle des idées vendues et achetées par tout le monde.

C’est pourquoi nous sommes si pauvres. On rejette le paysan. On exaltera les grands édifices, les œuvres d’art, le clinquant mondain. La surface. Le laque. Les diplômes. Tous des accessoires à se moirer…

Une idée ne sera jamais un jardin. Une formule mathématique ne sera jamais la Vie.

Alors, de quoi nous nourrissons-nous?

C’est là le cœur du problème…

Nous nous nourrissons à de « l’inconcret ». Nous tétons de l’abstraction… Biberons d’États.

Tout le système est organisé pour que nous restions enfants, enfermés, cloués, sans jamais passer à l’âge adulte.

Comme si on disait à l’oiseau : « Ne sautez pas en bas de l’arbre, vous pourriez vous blesser et ne jamais voler ».

Les oiseaux n’écoutent pas…

Et c’est ainsi que doit être la vie…

Gaëtan Pelletier

Black Friday /Vendredi noir

Black Friday (2019) Pieter Brueghel (1562)

Au bord du gouffre: marche forcée vers le vide

Écrit en 2017, ce texte est de plus en plus d’actualité.

C’est Nabum

Réflexions désespérées.

Une récente promenade dans les entrailles de la terre m’a conduit à quelques circonlocutions sur l’état de notre société. Nous sommes bien au pied du gouffre, incapables de modifier notre course folle vers l’abîme. Hélas quand l’heure de la chute viendra ; il ne peut en être autrement, lourdes et irréversibles seront les conséquences de cet aveuglement qui nous conduits, inexorablement à toujours faire les pas de trop.

Tout semble contribuer pour que notre humanité achève joyeusement de creuser sa tombe. Rien ne peut arrêter cette marche à pas forcés vers le vide, poussée par ce mal profond et sournois justement nommé avidité. On ne devrait pas s’étonner du but ultime de ce fléau du capitalisme, ce cette névrose délirante d’une société en perte de solidarité.

Le toujours plus ne conduira pas vers les hauteurs du progrès éternel comme le pensent encore naïvement les tenants de cette hérésie politique. Nous sommes au tout début du grand chaos, les soubresauts actuels ne sont qu’une première manifestation de la grande rupture qui ne manquera pas d’ advenir. Les inégalités, les injustices, les déséquilibres de toutes natures, les fractures entre le Nord et le Sud, entre l’Islam et le reste du monde, entre les possédants et leurs futurs esclaves, entre les privilégiés et les gueux sont telles que les séismes humains vont se multiplier à plaisir.

L’avènement de fous furieux ou bien de marionnettes illusoires aux commandes de quelques nations clefs atteste de la mise en branle du grand processus de décomposition du libéralisme. Les portes de l’enfer vont s’ouvrir et engloutir l’Atlantide et son système délirant qui place le dieu argent bien au-dessus de ces pauvres vermisseaux que sont les humains.

Nous avons un pied dans le vide et personne ne semble vouloir crier au loup à moins que ce ne soit au fou. Les cinglés dirigent la planète, qu’ils soient adorateurs d’un dieu de haine, d’une économie mortifère, d’un progrès suicidaire, d’un pouvoir liberticide, ils nous poussent toujours plus fort vers ce vide qui est celui de leur pensée d’abord avant d’être le gouffre de notre destinée collective.

Le marché, la bourse, la religion, le progrès sont les grands agents du néant à venir. La chute n’est que certaine et dans les profondeurs des entrailles de la terre, l’humanité ne saura cette fois renaître. Seule une prise de conscience collective, loin des décideurs tous à la solde des marchands de mort, sera susceptible d’éviter le déluge.

Il n’est plus temps d’infléchir le système ni même de penser que les voies démocratiques sont de nature à sauver du désastre. Nous avons vu combien les forces de la manipulation peuvent placer au sommet des responsabilités les exécutants des basses-œuvres de la dissolution finale. Le gentil banquier lisse est la parfaite illustration de ces employés de commerce d’une bête immonde qui entend dévorer les humains. Il n’agit que dans le seul intérêt d’une clique de salopards incapables de la plus petite compassion.

Si dans tout au fond du gouffre, il y a une rivière souterraine et que des êtres vivants sont parvenus à s’y développer, il n’en sera pas de même pour notre humanité. Le temps est venu de faire machine arrière, de briser nos chaînes et de détruire ce libéralisme absurde, inhumain, dévastateur qui vit ses derniers instants. Il faudra en passer par des actions radicales et violentes car, à n’en point douter, les loups sont en place sans intention aucune de se retirer. Comme ils disposent désormais de tous les instruments de contrôle, de manipulation, de répression, de coercition, la bataille risque d’être parfaitement inégale.

Nous n’avons plus le choix si nous voulons offrir un avenir aux générations futures. Le temps est désormais venu de choisir son camp sans plus faiblir dans sa détermination. Notre Monde s’écroule et nous entraîne dans le précipice.

Cataclistiquement vôtre.C’est NabumChroniques au Val

Astronautes et crise climatique

Mathieu Duval

Cette semaine à Moteur de recherche je me suis penché sur l’empreinte carbone des 4 touristes envoyés dans l’espace, juste pour le fun. Et parce qu’un milliardaire a le cash.Au moment où les plus hautes autorités scientifiques nous répètent sur toutes les tribunes que notre situation climatique est critique et qu’il faut par tous les moyens réduire nos émissions de gaz à effet de serre, rappelons pour commencer que la question des vols habités est encore loin de faire l’unanimité parmi la communauté scientifique intéressée par la question.En 2017, une chercheure au National Institute for Aerospace, Linda Billings, a publié un long article dans le magazine Theology and Science.Linda Billings a longtemps défendu les vols habités, elle travaillait notamment pour la US National Commission on Space.Dans un article intitulé «Est-ce que les humains devraient coloniser d’autres planètes? La réponse est non» elle expliquait que la notion même de vouloir envoyer des humains dans l’espace est viciée à la base.Elle dit, «c’est inefficace, c’est beaucoup trop cher payé pour les résultats escomptés et de toute façon, la question qu’on devrait se poser c’est à quoi ça sert?»Elle écrit «What’s the point?»Elle n’est pas la seule. En 2018 c’est un astronaute des missions Apollo lui-même, Bill Anders, qui était sur Apollo 8, qui plaidait pour que l’on s’en tienne aux robots pour effectuer des missions martiennes, notamment.Sa pensée en résumé: envoyer des robots est beeeeeen plus simple, beeeeeen moins cher et ça fait pas mal mieux la job.Question utilité maintenant.On s’entend, on en parle souvent à Moteur de recherche, la technologie spatiale est, la plupart du temps, d’une utilité scientifique indéniable.Que ce soit les sondes ou les satellites, ce sont de formidables instruments qui nous permettent de mieux nous comprendre, de mieux comprendre ce qui nous entoure, d’où on vient, etc.Le télescope spatial James-Webb qui sera lancé le 18 décembre prochain en est l’exemple le plus éclatant.Ça, c’est utile.Mais…. même quelqu’un très sensibilisé à la chose spatiale comme l’astronome royal britannique, Lord Rees of Ludlow, soulignait par exemple l’an dernier que le travail scientifique réalisé dans la station spatiale internationale ne valait pas du tout les 150 milliards de dollars américains que cette dernière a coûté.Il a dit et je cite: «On entend parler de l’ISS quand la toilette brise ou que Chris Hadfield chante devant un hublot, le télescope spatial Hubble ou les missions robotiques autour de Saturne ont été beaucoup plus rentables».Mais bon, il se fait de la science dans l’ISS.Les touristes spatiaux maintenant.Que vont-ils faire d’utile pour la société en orbite?En fait… pas grand chose, même si le nom de la mission a l’air d’un titre de livre de croissance personnelle: «Inspiration4».Bon, le vol va servir à lever des fonds pour un hôpital. On s’entend qu’on peut réaliser ça sans vol dans l’espace. Et btw, est-ce que les fusées d’Elon Musk sont polluantes? Beaucoup. Vraiment beaucoup.Les moteurs de fusées Falcon 9 utilisent un carburant qu’on appelle le RP-1, qui est une forme de kérosène raffiné.Le lancement de cette semaine a brûlé 30 000 gallons de ce RP-1 pour l’émission de 330 000 kilos d’équivalent CO2, donc chaque touriste spatial a émis 85 fois les émissions d’un passager qui traverse l’Atlantique dans un vol commercial.Et ce n’est que le début selon Musk qui aime à se positionner comme un penseur du futur.La chercheure Éloïse Marais de la University College de Londres a publié cet été un article à propos du tourisme spatial sur le site The Conversation.Selon ses estimations les touristes spatiaux vont émettre jusqu’à 100 fois plus de CO2 que les passagers des vols commerciaux.De plus, elle souligne dans son article que les 2/3 du carburant utilisé par ces touristes spatiaux sera émis dans des couches très sensibles de l’atmosphère, la stratosphère (entre 12 et 50 km) et la mésosphère (entre 50 et 85 km).De plus, les hautes températures générées par les véhicules spatiaux durant le lancement et la ré-entrée dans l’atmosphère transforment aussi selon ce qu’elle nous dit l’azote de l’air en oxydes d’azote qui sont très réactifs et qui nuisent à la couche d’ozone.Chaque fusée touristique d’Elon Musk va produire durant ses phases de sortie et d’entrée dans l’atmosphère, toujours selon la scientifique, entre 4 et 10 fois la quantité d’oxyde d’azote que la plus grosse centrale thermique britannique, la centrale DRAX.Le plus problématique selon la chercheuse, c’est qu’on comprend encore très mal les interactions entre les gaz d’échappement de ces fusées touristiques et la haute atmosphère et donc qu’on développe actuellement une industrie potentiellement très polluante en étant dans l’ignorance de ses effets à long terme.En plein crise climatique. Pour du tourisme.Je termine en la citant: «Pour que le législateur soit en mesure d’encadrer cette industrie naissante et d’en contrôler la pollution adéquatement, les scientifiques ont besoin de mieux comprendre quelles seront les conséquences atmosphériques des entreprises de ces astronautes milliardaires.»

Le moment donné

 
Je suis un athée fidèle 
Au seul dieu que je vois 
Les couleurs sont tous les matins 
Tel un parler à l’oeil 
 
Nul ne sait! Nul ne sait! 
 
Les soirs arrosés d’étoiles 
Sont mes larmes! Sont mes larmes!
Et les armes, et les armes enfantées 
Me pleurent, et nous tuent 
Nul ne sait! Nul ne sait ! 
 
Le matin perle sur l’herbe à boire 
Comme un sein caché tout au fond de la nuit 
 
Qui donc sait? Qui donc sait? 
 
Nous ne sommes qu’un Do, un Ré 
Dans toutes les musiques du monde 
Dans toutes les douleurs de l’immonde 
L’oeil est une lueur sur le clavier de l’humain déchiré 
 
Qui donc voit? Qui donc voit? 
Ô combien inutile de s’entre tuer! 
Puisque tout le monde meure à un moment donné
 
La Vie, comme un moment donné
Tout en émerveilleures 
L’émerveilleure décimée du diable 
La cachette insonore, tout en voiles et en voiles 
 
Qui sait la fin? Qui sait le commencement? 
 
La chair est un tout petit bateau brisé 
Par ceux qui veulent tous les océans 
 
Et qui sait? Qui donc sait? 
S’ils ne sont pas nés de toutes  des larmes salines d’antan? 
 
Gaëtan Pelletier 
22 août 2013 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles

Les autochtones du nord, les Saami, sont l’un des rares peuples qui tentent de préserver leur mode de vie traditionnel. Même maintenant, vous pouvez rencontrer les Samis qui vivent exactement comme leurs ancêtres ont vécu, bien qu’ils deviennent de plus en plus petits. Nous vous suggérons de jeter un coup d’œil sur les photographies qui illustrent la vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles.

Famille avant la vezha, la demeure traditionnelle des Saami, fin du XIXe siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Le peuplement des Saami, début du XXe siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Renne éleveur avec sa fille, début du 20e siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Le peuplement des Saami, début du XXe siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Famille samie, début du XXe siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Bergers-saami à l’arrêt, région de Mourmansk, 1981

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Un troupeau de rennes de la ferme collective « Tundra » dans le village de Lovozero, 1970

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

La famille Sami, début du XXe siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Lapons, le début du 20ème siècle

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Participants du Sami Folk Choir, 1972

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Un petit habitant de la ferme collective Saami « Toundra » Volodia Valiev et son chien Druzhok, 1970

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Un éleveur de rennes avec une équipe dans la rue dans le village de Lovozero, 1972

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

Les résidents de Lovozero s’installent à l’ouvrage, 1959

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

13ème

Les enfants de la ferme collective sami « Tundra » monter les traîneaux à chiens, 1961

La vie des Saami aux 19ème et 20ème siècles (14 photos)

La route vers soi, 16 : Les « délires choisis »

Route vers soi

On  est toujours le délirant de l’autre…

En fouinant, j’ai découvert un petit billet sur le délire des poètes. En une sorte de caricature :

Je

Je me noie

Je me moi

Je, je, je,

Émoi, et moi?

Le texte n’est pas, ici, exact   dans les mots, mais dans le fond et la forme, oui. C’est une forme de crachat sur les possibilités de l’acte poétique qui est avant tout une recherche intuitive s’ouvrant sur l’infini. Et l’infini ne s’apprend pas dans les systèmes ou les approches expliquées qui ne sont, en fin de compte qu’un acte de la mécanique du cerveau. C’est rétrécir et évacuer le pouvoir des émotions, la recherche de ce qui nous est caché, tous que nous sommes dans un monde de plus en plus livré à des systèmes sociaux.

Entre un moteur de Honda et un système, il n’y a pas énormément de différence. Mécanique.

Plusieurs associent poésie et nombrilisme. Plus encore, certains – et l’Histoire l’a démontré – associent l’art à une action inutile, non tangible, non efficace. Littérature, musique, peinture, etc.  Même Krishnamurti voyait en l’art un moyen inefficace de « comprendre » le monde, d’en saisir l’essence, donc, le divin en NOUS.

De fait, chacun décide du moyen qu’il croit meilleur pour s’améliorer. Mais s’améliorer peut aussi avoir un but uniquement social. Nous pouvons également s’adonner aux deux à la fois. C’est loin d’être incompatible : une cellule ( un être humain) sera plus efficace s’il trouve une voie saine.

Il y a là une incompréhension totale de « l’abonné aux systèmes » voulant changer le monde et la cellule qu’est l’être humain dans sa fonction sociale. Il est impossible de réussir un système sans « réussir » les cellules de ce système.

Chaque être humain a sa façon de se réaliser. On ne réalise pas une société, on y participe.

Poésie ou méditation, il n’y a guère de différence. Poésie ou fabrication de cabanes d’oiseau, il n’y a guère de différence. L’unité consiste à apaiser son esprit pour retrouver les bonnes vibrations.

Ou, cela peut sembler nébuleux… Les « brûlés » des systèmes et des cirques des neurones ne peuvent voir : la « raison » veut du tangible. La raison a ses mesures. C’est cartésien… Toujours.

Le délire des abonnés des systèmes

Il n’y a jamais eu autant d’analystes instruits, de constructeurs « savants », d’ingénieurs de systèmes. L’erreur de la « solution » de par les systèmes est que l’on considère l’être humain comme une unité fixe. Or, c’est un être de raison, d’émotion, et d’un spectre infini de possibilités, de capacités, souvent tués par les systèmes eux-mêmes.

Les systèmes d’éducation actuels – malgré leurs découvertes de la richesse des individus – n’arrivent pas à « enrichir » cet individu. Dans la réalité, elle tente seulement, de façon hypocrite à niveler « l’apprenant » pour le mouler au contexte social et aux « valeurs » dirigées vers le matérialisme issu de la partie luciférienne de l’humain.

N’étant pas « un », comme un chiffre, toujours mobile, décontenancé, vibrant d’émotions, abonné à toutes les merveilles technologiques, notre nouveau sauvage du 21e siècle continuera de chérir les nouveaux dieux : les génies des systèmes. Un système humaniste, cherchant  à donner un certain bonheur à ses citoyens, se penchera plutôt vers une démarche plus simple, vers un système qui donnera à chacun la richesse qui lui appartient, et le droit de hurler, de chanter, d’écrire son bonheur, ses tourments, une vision du monde, etc.

Tout système « figé » est fasciste en partant. Une illusion géométrique…

Dans le film  Now is Good , le personnage principal, condamnée à 17 ou 18 ans à mourir, dira :

« La mort me poursuit comme un psychopathe… ».

Dès notre naissance, notre vie n’est qu’un parcours, une suite d’événements  qui se termineront un jour.

Il n’y a pas de solution à cette fin. Entre temps, chacun cherchera « sa » solution aux grands problèmes de l’existence, aux bonheurs que l’on peut y cueillir, bref, à vivre comme des condamnés.

Ça, pas un système ne peut le « réparer »… Ni construire une vie de « bonheur ».

On ne répare pas, ni ne construisons les « vivants » comme des machines.

On les aime… Ce n’est pas une « sentiment » qui nous fait frémir, transpirer, c’est un acte.

La première personne est peut-être un « Je ». Au moment de sa naissance, c’est un « Je » flexible qui essaie justement d’échapper aux systèmes.

Nous sommes tous à la construction de notre être… C’est une loi implacable de la Vie.

Nous pouvons toutefois nous abonner à une religion, un système, à l’athéisme, à « rien ».

Yoga

Sexe

Course

Psy

Livres

Culture de carottes

Fabrication de cabanes d’oiseaux

Bicyclette

Musique

Photographie

Carte de partis politiques

Spaghetti aux crevettes

Couchers  de soleil

Une sieste

Rien de compliqué…

Pour les « systèmes », nous ne sommes jamais assez agités. On dit « être actifs ». Il FAUT être actif…

Les meilleurs moments de la Vie, celle entre la naissance et la mort, sont justement ceux qui semblent ne pas voir d’importance.

Chacun délire  à sa manière. Comme s’il n’y avait qu’une façon d’être « intelligent » selon les normes actuelles.

Chaque été, au mois d’août, je vais à la cueillette des bleuets. Je parcours le sentier avec une mobylette, et j’atteins le petit boisé fraîchement coupé, tout boursoufflés de bleuets.

Il y a là une chose que je ne comprends pas : j’arrive avec des bleuets, rien que des bleuets. Mais ce sont les bleuets qui m’ont transformé…

Pas le bleuet en soit, mais l’acte de les cueillir lentement, avec acharnement, à travers les moustiques, la chaleur parfois accablante, la difficulté de marcher. La soif…

Le but n’est pas la quantité de bleuets ramassés… C’est la manière de le faire, sans besoin réel de faim, mais dans un acte libre, sans aucune référence à une obligation.

On nomme cela « LIBERTÉ ».

La liberté c’est de n’avoir pas le désir de tuer, mais la joie de vivre.

C’est ce « progrès » qui nous a été volé. C’est ce progrès auquel nous aurions eut droit après des milliers d’années.

Et ce ne sont certes pas les poètes qui vous l’ont volé…

Nous délirons tous.

Il y a les délires des mégalomanes qui tuent et ceux qui font vivre.

Il n’y a jamais autant eu de vendeurs d’avenirs.

Achetez-en!

Il n’y jamais eu autant de vendeurs de systèmes.

Achetez-en!

Il n’y a jamais eu autant de vendeurs d’assurance.

Achetez-en!

Cela vous permettra d’enrichir une banque qui veut votre bien.

Gaëtan Pelletier

7 mars 2013

Mystère

 
Qui  sait si c’est une  rivière
Car on ne sait si c’est l’eau
Au tourbillon des torrents
Que comprend la goutte,  de l’eau?  
 
 
Tout a l’air de ces beaux dimanches  
L’Univers  s’est joliment paré
D’une cape d’un dieu, à la messe de la beauté
Il a brodé sa voilure  de froids et chauds coloris
Laissant valser les glaces  d’une étoffe épaissie
 
Mystère! Mystère!
 
 
J’ai des yeux en rodeurs de  planètes
Un murmure  d’âme codée dans  mon corps
Des passions arbalètes, qui volent  encore
En attendant, en attendant le sommeil d’or
 
 
Mystère! Mystère!
 
J’ai le regard d’un œil chapelet
Qui épelle ses points d’interrogations
Et je reste muet
Et muet, je reste…
 
 
 
Gaëtan Pelletier
Mars 2008 
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Le petit Stephen

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