Les enfants au pouvoir!, vite…

Les enfant au pouvoir, vite!

Pawel Kuczynsky

The Beatles – Lady Madonna, Copernicus Chamber Orchestra, Horst Sohm

Sublime! Les arrangements sont un délice pour les oreilles!

 

La noyade des kapos

BRAZIL. Codajas. 1993.

 

Au cours des trente dernières années l’arsenal financier n’a pas cessé de peaufiner ses montages destinés à la dissimulation et au brouillage des pistes. Les sociétés-écrans ont vu leur nombre exploser, les prête-noms ont fait florès. Le néolibéralisme financier a son vocabulaire édulcorant : l’évasion de capitaux par le choix avisé de procédures légales de circulation de l’argent a été rebaptisée « optimisation fiscale ». Yann Fiévet 

La vie s’en va comme un accident au ralenti… Et l’imbécillité de l’obscurantisme est toute cachée derrières les dirigeants. Nul politicien, ni même économiste ne peut maintenant tracer un portrait « réel » de la situation planétaire. Nous avons perdu tout contrôle sur nos vies, et nous nous déployons avec joliesse – et bien hardie, quoique naïve – nos pancartes afin de  tenter de sauver cette société déchiquetée par les lions de la finance.

La berlue la plus totale! À se demander si nous ne sommes pas piégés comme des rats dans les égouts d’un monde toujours rapiécé comme jadis rapiéçait ma grand-mère, ses bas.

Dans un monde de « grands projets » – comme s’il se voulaient d’améliorer le monde,- nous nous retrouvons sous un amas d’avocasseries, de visions brouillées et de mensonges éhontés. Ford a créé la chaîne de montage, mais les économistes et les affairistes déshumanisés ont créée une machine à enterrer l’argent.

Pour en sortir, il ne faudra pas simplement prendre la Bastille, mais prendre la Terre qui appartient à tous.

Voulait-t-on vraiment nous sortir de la misère du défrichage de la terre, de la semence, de la dureté des climats, de la faim? On l’a fait pour nous enfoncer dans un misérabilisme soigné et parfumé. Une odeur de sainteté!… Mais, au fond, une puanteur extrême et une destruction lente mais « continue » de maman-Terre.

Les beaux mensonges!

Même si nous luttons contre le changement climatique, nous ne pouvons lutter contre l’avidité absurde du carnassier singe à cravate. L’invasion la plus barbare depuis la naissance de cette humanité est celle de l’actuel personnage qui a fabriqué le robot le plus nocif: le cryptage de l’économie.

Dès lors, il ne reste qu’une solution: diluer ce poison en divisant pour régner. Il faut fragmenter et se réunir en noyaux de résistance. Mais, étant donné qu’on nous a appris, et bien appris à être individualistes, nous avons perdu notre capacité à vivre en clans.

Nous avons la plus architecturale forme de propagande qui puisse exister: celle dans laquelle l’État est condensée en un Goebbels estampillé… La propagande, c’est l’école. La propagande c’est de croire que la réussite technique est un gage de réussite sociale. Que la réussite de quelques uns est la réussite de tous.

De tous les temps, il n’y a jamais eu autant d’esclaves, autant de manipulation, autant de chefs miteux.

Nous vivons dans une usine à transformer des humains en des bêtes de somme.

Mais le plus angoissant est de prendre conscience que ceux qui devraient nous faire prendre conscience ont perdu tout contrôle et tout portrait d’un monde  soufflé par la monstruosité d’un charabia dans lequel se tortillent dirigeants et kapos vertueux.

Gaëtan Pelletier

28 novembre 2014

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Ce qui reste de certains musées…

Musée de la guerre

Le réveil-oiseau ( Gaëtan Pelletier)

Enfants à flute

Je rêve de redevenir vieux et tranquille. Ridé comme un océan, mais l’esprit lisse comme un enfant qui joue de la flûte sans rêver d’être Mozart et enchanté.

Et j’y travaille, tout paresseux, et c’est bien ainsi. Hier, dans le jardin, les oiseaux cherchaient des vers comme des poètes affamés. Je les louchait, en souriant, parce qui donc aujourd’hui s’attarde aux oiseaux?   Les enfants vont sur le net pour les voir…

Les oiseaux poussent dans les arbres. Mon voisin a tellement d’arbres que le terrain sur lequel nous habitons est une sorte de banlieue. J’étais assis, au petit coin d’ombre, sur la marche que j’ai poli dix fois, toute égratignée. Un peu à l’image du monde: plus il en passe, plus il est éraflé.

En ce moment, la Terre a l’aire d’une tête de juive conduite dans un camp de concentration. On fera des tapis avec le poil!. J’ai vu tous les écrits savant du net. Enfin! Pas tous. Mais comme ils sont gémellaires, on finit par rendre sa lassitude et soupirer.

Je reviens aux oiseaux… Une fois le jardin arrosé, dans les minimes crevasses, dans les creux en bols, ils y ont trouvé une piscine. Je ne sais pas qui j’ai pu rendre heureux en ce monde, mais les oiseaux avaient l’air de se farcir de ce festin d’eau. Ils batifolaient, s’ébattaient, et dans cette belle frétillance, un mouvement si rapide, en ressortait une sorte d’aura d’eau Eldorado. L’eau est un trésor… Et nous sommes constitués d’au moins 70% d’eau. On peut donc servir à la fracturation du gaz de schiste…

Les oiseaux me reviennent.

Ce que je déteste des oiseaux est de les voir lever la tête et demander au ciel où se trouvent les vers, les graines, les pailles, alors que nous il nous faut calculer, embaucher une firme d’ingénieurs, la tête haute, casqués.

Le réveille-oiseau

oiseau

De temps en temps, j’écris la nuit. Les oiseaux me réveillent… Quand ils commencent à chanter, la fenêtre est ouverte, l’air entre, le rideau fait des flaques sonores sur l’encadrement. Les oiseaux me réveillent pour me dire que le temps d’écrire est terminé.

J’enlève mes ailes et je m’en vais sur mon oreiller sans plumes. Le petit cadran volant me dit d’aller au lit-nid.

« Dieu » leur a implanté une sorte d’instrument à vent dans la gorge… Je ne sais. Ils se parlent entre eux dans la forêt. Je me souviens d’un jour en Abitibi où je travaillais l’été et que le soir, après le travail, je sortais pour écouter les oiseaux.

Peu importe où ils meurent, leur génie est de transmettre le même langage pratique à travers les âges. Et c’est la raison pour laquelle ils sont toujours là.

Tandis que nous… On ne sait pas.

Gaëtan Pelletier

24 juillet 2013

P.S.: C’était écrit: « Entrez le titre ici ». Alors, entrez-le avant que quelqu’un le fasse pour vous.

Je dédie ce petit billet à mon cousin Jeannot qui nourrissait les oiseaux, tirait des érables l’eau à faire le sirop, fabriquait des escaliers et cultivait l’amour comme si c’était la nourriture la plus important du monde.  Également à mon frère Jacques, bien tatoué, révolté, de temps en temps drogué, comme s’il voulait voler…

Tout cela pour dire que les morts peuvent nourrir les vivants, et que les vivants peuvent nous apprendre que vivre dans la simplicité est transmettre un message simple.

Twit

La culture des évidés

Le jardin.

Voilà! Les « fêtes » sont en train de se terminer. Finies les folies de la gente acheteuse qui s’encombre d’objets qui iront au dépotoir. Les dépotoirs attendront. Ils sont patients les dépotoirs, ils peuvent attendre des décennies avant de se remplis la bedaine, de se nourrir des déchets de Noël ou autres carcasses des festifs affolés.

. Plus nous remplissons nos dépotoirs, plus nous creusons notre tombes. Et nous continueront jusqu’à l’épuisement des stocks. On pourra geler, puisque l’énergie vint à manquer,  mais pour les jouets, voyages et paysages, on prêtera de l’argent. jusqu’à concurrence de l’infini.  Achetons! C’est notre derniers destins. Soyons gargantua à plaisirs égarés. Gavons nous telles des oies, des canards, des fourmis. Soyons gavés et repus, puisqu’après la terre nous aurons tout notre temps pour aller roter dans l’éternité ou le néant. 

Les Chinois produisent à écœurement-que-veux-tu. Ils gagnent leur vie assis dans des usines de productions, des jours, des semaines, des ans, des décennies, des siècles. On produit de l’enlisement continu. On produit du plastique à polluer l’amère  méditerranée, là où les poissons colorés sont en train de devenir mats, aux teints décolorés, et probablement non mangeables. Trop toxiques.  

Dans mon coin. Que dis-je? Mon recoin de pays. Tout petit. Tout petit. Il est un type qui a acheté une église pour y planter de la laitue et de fines herbes. Avant, on y plantait des humains pour faire de la lumière dans leurs corps froissé par l’existence perverse et ignare. Maintenant, toute la lumière accumulée sert à faire pousser la laitue. Sauf que… Sauf que…Ça n’a pas marché. On dirait qu’ils vont bientôt failliter. Ils ont moins de revenus que de dépenses. Ils ont rêvé, comme Elon Musk, en plus minus, mais avec la même technique de rêves de grandeurs. Habillons nous en lui. Viva! la Muskarade. L’idolâtrie fait fondre les humains. Ils sont en chaleurs d’imitations. Ils ont de l’eau plein les aisselles, plein la tête. Ils sont pleins de vides.  

Nous sommes les bâtisseurs de bâtisseurs. est en train de bâtir un beau tombeau rose à longueur d’année et qu’on donne un bon coup de pelle pendant les « fêtes » qui consistent à manger plus que manger trop, à acheter plus que d’acheter trop et de se faire partisan du « jetting ». Je jette, donc je suis. Ou j’achète. Mais qui achète, jette. 

La vie dans les pays « riches », c’est comme Hollywood: on se fait de grands films dans la tête. Ils appellent cela de « grandes productions ». Toutes artificielles. Mais vraies comme nous le sommes. Artificiels et acheteurs de folies jetables. 

C’est la loi de l’inversitude: plus les magasins sont pleins, plus les têtes sont évidées. 

 

Gaëtan Pelletier 

28 décembre 2022 

La vie à fleur de beau

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« L’enfer,  c’est les autres » J.P Sartre 

Mais c’est aussi cet autre que je suis pour les autres…

À fleur de peau comme à fleur de beau, la vie n’est pas aisée. La vie est une peur continuelle de ne plus exister après que ce petit amas de chair aura creusé sa tombe dans ses rides, et s’en ira doucettement,  en se fanant et en séchant malgré les beaux habit, malgré toutes les accumulations de richesses pour …soi.

Être libre c’est n’avoir pas à désirer ce qu’on a de trop. Mais il faut bien vivre et se protéger de la horde des vendeurs du temple bleu qui malmène – avec les moyens qu’on leur a donnés et que l’on continue de leur donner – la race humaine.

La meilleure guerre, la seule utile, est la guerre contre cette partie de soi qui risque de heurter l’autre, le détruire, sans vraiment que nous en ayons conscience. Cela provient souvent d’une idée, d’une croyance, mais pas de l’amour.  La méchanceté peut se cacher derrière les plus beaux sourires, les meilleures intentions, et les pire torsions des âmes se cachent et se perdent  dans leur frilosité d’absence de lumière et de compréhension. Surtout de la leur…

Mais elle est également la cible des autres…

Le beau n’est pas un dessin, une peinture, une chanson. Le beau est une harmonie entre les êtres. Certains l’ont en naissant, – je  parle de cette capacité à « comprendre » la douleur des autres en la ressentant, la paix des autres en la cultivant. . Le beau est la renaissance de l’intuition noyée dans cette ère de matérialisme.

La prise 

radicalrebellion:

knowledgeequalsblackpower:

dank-potion:

tellthemthetruth:

newwavefeminism:

racemash:

dreams-from-my-father:

aphoticoccurrences:

unapologetically-black:

pennilessambition:

this makes my blood boil

But we were the savages… They mock, destroy, murder, steal, conquer, rape, pillage, and don’t try to understand… But we, and all other indigenous/melanated people, WE were/are the savages. Yeah, right.

ugh. i don’t even think i want to know what’s happening…

I can’t!! Right now, this just too much for me! From the attire of this man - I use this world lightly here - , you can tell this picture was taken fairly recently (and not 200 years ago)!
Thanx for bringing ‘civilization’ !

=/ 

jarring picture of the day

I wish people would stop bitching over this. Slavery, racism, wahh wahh! Get over it.

There always has to be a festering, worthless piece of shit in the crowd, no matter how devastating the picture is.

i can’t.

But the best part is that asshole’s URL is “tellthemthetruth.” Seems you can’t handle the truth.

Notre petit chasseur a trouvé une inférieure… Ça pourrait se nommer, Les deux sourires. Mais en fait, il y a un rictus et un sourire…

À couleur de peau, personne n’est raciste. Mais dans le monde du travail, chacun d’entre nous est étagé comme un gâteau mille-feuilles. La sempiternelle vision des rois divins… Dans la forme actuelle du matérialisme outrancier, chacun est capturé par la vision d’un rang social de par son « rôle important ». Le chasseur de petites noires est-il plus important que la jeune noire effrayée?

En plus des rois « élus », nous voilà aux prises avec les entreprises – ( c’est joli ces deux mots 🙂 )- qui « travaillent » pour le bien de l’humanité…

Ils nous ont fait du bien en le prenant…

***

C’est le chant des poètes que de faire du « je » une simple partie d’un « nous ». Mais les analystes cartésiens  (encore une religion nouvelle), trouvent cette approche « irréaliste ». Ils se targuent donc d’avoir la « vérité » au sujet du réel…

 Graine de paradis 

Heaven Is for Real (2014) Poster

Le paradis existe pourrait en être la traduction. Ou en Espagnol, El cielo sí existe. Le film est coté 5.6 /10. Pour ceux à qui il leur reste encore un peu de cette luminosité dans un monde d’ombres, de « spiritualité » que personne ne peut définir dans une mode cartésien, je vous conseille le film. C’est un des rares films américain dans lequel il n’y a pas d’armes.  On ne s’entre tue pas, on s’entre vie…

Ce n’est pas un grand film, mais il sera grand pour ceux qui cherchent non pas une vérité absolue , mais un monde dans lequel chacun pourra continuer à perpétrer un peu d’amour pour beaucoup d’amour. Mais c’est un grand film pour ceux qui ont un peu des yeux à l’âme.

Ici-bas, nous taisons de plus en plus nos « sentiments ». Il est mal vu de pleurer, de parler des souffrances intérieures, de se voir parfois comme cet arbre tordu placé au haut du petit billet.

Gaëtan Pelletier

31 juillet 2014

P. S.: En 2005, lorsque ma mère est décédée, je me suis payé un soir de pleurs. Il y a un moment pour pleurer, des moments pour rires, mais je sais quand le moment pour pleurer arrive pour me délivrer de la peine de la perte d’un être … qui vous a donné la vie.

Alors, vers minuit, tranquille dans la nuit, deux ou trois jours après le décès de ma mère, je me suis payé une séance de pleurs.

Quelques jours plus tard, mon frère me téléphone en me disant qu’il a eu un contact avec ma mère et qu’elle se demandait pourquoi j’avais autant pleuré et qu’elle était bien maintenant, après une maladie courte mais souffrante.

Un peu comme dans le film, je me suis dit que mon frère était fou, ou bien qu’il jouait le gars qui prétendait avoir des rapports avec les « morts ».

Mais mon frère a choisi un métier que personne ne voudrait: il travaille dans un centre qui traite des personnes en phase terminale. Bref, des mourants. Mais l’expression « les aider à mourir »ne s’applique pas dans son approche. Il les aide à vivre jusqu’à… une autre Vie dans une continuité de ce qui leur reste ici-bas. Il cultive l’humour, s’adonne à l’écoute, etc. Il les laisse se raconter…

 

 

 

 

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Arnaque

Arnaque

LE Père Noël qui puait de la bouche

Père Noël

Il neigeait à manger debout.

La ville était blanche. Pour une fois…

Roger, le mendiant barbu qui portait toujours tout ce qu’il avait dans un grand sac vert sur le dos, arpentait les rues. De son souffle court émanait une vapeur qui s’élevait vers le ciel.

On entendait des chansons des haut-parleurs de chaque vitrine. Les rues étaient bondées.

And so this is Christmas

And what have you done?

Another year over

A new one just begun

Une larme coulissait de sa joue. Il avait froid. Et sous sa tuque verte, élimée, en laine effilochée, sourdaient des cheveux blancs.

Montréal.

Il faisait un froid à ne pas mettre un chien dehors. Pourtant…

Alors il marchait, marchait, pour éviter que le froid le tue.

Il tomba pour la première fois.

Il se releva, reprit son souffle et repartit.

Quand il tomba la seconde fois, il resta un moment immobilisé. Il eut une légère perte de conscience. Et lorsqu’il rouvrit les yeux, il vit devant lui un portefeuille. Mais un portefeuille singulier. Il contenait beaucoup d’argent et de nombreuses cartes de crédit.

Il le prit, l’enfouit dans sa poche puis reprit sa route. Il rentra dans un restaurant. Un petit resto avec des bancs au rebord nickelé qui devaient dater des années 50. Il commanda trois cafés et un … déjeuner.

– Vous avez une belle barbe blanche, fit remarquer la serveuse.

Il sourit.

– Je suis le père Noël.

– Je n’en doute pas.

– Si je vous donnais un bon pourboire, pourriez-vous me trouver un flacon de whisky?

Elle sourit.

– Je vais faire un effort.

Il lui donna une vieille bouteille d’eau qu’il traînait toujours.

Elle se dirigea vers l’arrière, prit un grand flacon et remplit la bouteille.

Quand elle revint, il avait terminé son repas.

Il était presque deux heures.

Il sortit, héla un taxi, et demanda au conducteur de le conduire à l’adresse indiquée sur un carte trouvée dans le portefeuille.

*

Ding Dong!

Il n’avait pas vu un tel château depuis longtemps. Un château lumineux et bruyant. . Il y avait une file de voitures de luxe à l’entrée. Toutes de couleur acier ou argent.

Il sortit la bouteille et prit une lampée.

La porte s’ouvrit.

Apparut  un  garçon, cheveux courts, cravaté.

–  Êtes-vous le père Noël?

– Non.

La mère, juste derrière le garçon, prit ce dernier et le tira  derrière elle.

–  Vous êtes un mendiant? Ce n’est pas l’heure.

Il puait et elle ressentit un certain dédain.

– J’ai trouvé ceci dans la rue…

Il tendit le portefeuille.

Elle écarquilla les yeux.

–  Georges, quelqu’un a retrouvé ton portefeuille.

L’homme arriva aussitôt, souriant, mais il perdit son sourire en voyant le mendiant.

–  Bonne nouvelle!

Il regarda sa femme. Ils se demandaient comment ils allaient s’en débarrasser. Car il pouvait tout leur demander…

En arrière plan, une grande fête. Et des tables de nourriture, des vins, des bières… Et des gens bien vêtus…

–  Nous ne ….savons…

–  … comment vous remercier…, continua la dame.

Il haussa les épaules.

–  Ce n’est rien…

Il hésita.

– Sauf que j’ai pris un café et ai mangé un peu… En plus, le taxi…

Ils s’esclaffèrent. Soulagés…

–  Je veux voir le père Noël, demanda le garçon.

–  Qu’est-ce que tu as eu pour Noël mon garçon?

–  Je ne sais pas encore… Mais je crois que c’est un ordinateur et plein de jeux. Je voudrais voir votre sac… Est-ce que vous avez quelque chose pour moi?

–  On ne sait jamais…

L’homme et la femme cessèrent de sourire. Ils devinaient  ce que transportait l’homme.

–  Le monsieur doit repartir…

–  Oui, renchérit le propriétaire.

–  Mais pourquoi?

Ils ne surent que répondre.

–  On va fouiller le sac et si j’ai quelque chose que tu désires je te le donnerai. Je ne voudrais pas vous importuner plus longtemps…

–  D’accord.

Il répandit le sac sur le plancher et il apparut une navette spatiale qu’il avait lui-même sculptée.

–  Qu’est-ce que c’est ? demanda le garçon.

–  Un peu ma vie…

…..

–  …une sorte d’oiseau en bois qui représente la liberté.

–  Elle  peut voler?

–  Tout peut voler, il suffit d’y ajouter les ailes de l’esprit… Tu comprendras plus tard…

–  Quand je serai grand?

– Ça dépend… Pour être grand il faut toujours savoir rester un peu petit…

–  Pourquoi es-tu si sale?

– J’ai passé par toutes les cheminées du monde… On s’y brûle, on se salit, et… ce n’est pas le plus beau métier du monde…

–  Mais il n’y a qu’un père Noël?…

Il prit une lampée, pendant que les parents s’étaient éloignés.

– Oui… Exact… Il n’y en n’a qu’un… Celui que l’on voit… Et ce n’est pas ce qui nous est donné qui importe… C’est comme si le cadeau te cherchait et te trouvait…

Les yeux du garçon s’illuminèrent.

–  Je crois que vous êtes vraiment le père Noël.

–  On ne sait jamais… Car on ne donne que ce qu’on l’on a de plus précieux. Tu pourrais prendre tout ce qu’il y a dans ce sac… Mais ce que tu désires est ce que je désire aussi. Mais je suis vieux et malade… C’est un peu comme passer le flambeau…

– Vous pensez que je ferais un bon père Noël?

–  Je crois que oui… Voilà la navette … C’est ce que j’ai de plus cher au monde… Il vole seulement si on la  fait voler avec ce que l’on a d’enfant en soi. Les autres sont collés sur Terre…

–  C’est assez, Jérémie. Laisse le monsieur tranquille, il doit…

– Oui, je sais, il a un autre monde à visiter…

–  Oui.

– Vous voulez combien pour nous avoir ramené le portefeuille?

–  Rien. C’est votre cadeau… Votre fils est un garçon qui vient de me donner ce que je cherchais : croire. Croire qu’en chaque enfant il y a un… sauveur… Et il vivra si personne ne tue en lui la magie avec laquelle tout le monde est né…

…..

– Alors, je m’en vais… Bonne soirée à tous…

*

Il faisait froid, si froid… Il ouvrit une portière, deux portières… Du moins il essaya. Il trouva enfin son logis : une Mercédez. Il s’étendit sur le siège arrière.  À travers la vitre givrée il entrevit la silhouette du garçon dans une fenêtre du château.

Il prit une lampée et s’endormit.

*

Vers cinq heures on trouva l’homme mort dans la voiture. Tout le monde étant un peu soûls on décida de traîner le cadavre jusqu’à cette borne fontaine  au coin de la rue. On ne voulait pas avoir d’ennuis avec les policiers. Trop long…Trop embêtant…

*

Pendant la nuit, le garçon rêva que la navette volait dans l’espace immense toute picotée d’étoiles. Et son rêve était si merveilleux qu’il le raconta à ses parents le lendemain.

*

Je me demande encore si le père Noël existe, dit le garçon…

L’homme et la femme se regardèrent. Ils ne surent que répondre. Mais ils pensèrent tous deux qu’il ne servait à rien. Ce n’était qu’une illusion.

Mais pendant qu’il mangeait, le jeune homme volait au-dessus de la ville, la navette posée  sur la table, souriant, se disant qu’un jour il serait le père Noël.

Gaëtan Pelletier

Monsieur Léo

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Rien ne sert de courir, on va mourir  à point. (Gaëtan Pelletier).

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On dira ce qu’on voudra, on a fait mourir la beauté du monde.  On l’a fait mourir comme on fait mourir le travail qui devrait être un art, comme l’est celui de pêcher en mer, de fabriquer une chaise, ou d’écrire sur un arbre : « Merci de me chauffer, de m’abriter, et de…jouer. »

Avant, on travaillait pour une personne. Quelqu’un qui vous disait bonjour, vous offrait un café, et un beau gros merci après le travail. Maintenant, les hommes ont donné leurs mains à des compagnies, des syndicats, des organisations venues de l’autre bout du monde. Pas vraiment, puisqu’ils sont invisibles. Et l’invisible ne dit jamais bonjour à personne.

Monsieur Léo en solo 

Un jour, après avoir acheté une vieille maison à , on a constaté qu’une des fenêtres devait être réparée. Elle était moisie comme un pain vieilli et humide.  Alors, on a fait appel à M. Léo . Monsieur Léo était un homme à tout faire. Un bon matin, juste avant les grandes sueurs de l’été, il est arrivé avec sa tête blanche et fournie,  puis il a ouvert son coffre à outils. La fenêtre de la cuisine était toute petite. Monsieur Léo  l’a regardée plusieurs fois, puis il s’est décidé à l’arracher. Je pense qu’il a pris deux heures.

On le regardait travailler lentement.  On pouvait le voir se tordre comme s’il faisait du yoga, frapper, arracher, démembrer le tour de la fenêtre. Il est parti manger, puis il est revenu. Il ne parlait pas trop. Je pense qu’il parlait au bois. Monsieur Léo  était comme un prêtre  qui disait une messe. Aujourd’hui, on dirait qu’il était z en. Il était en effet zen jusqu’au bout de ses doigts noirs, mauves, avec ses   traces de clous rouillés qu’il avait arraché de peine et de misère. Ses outils ne faisaient pas de bruits parce que les bras et les mains,  quand elles travaillent, ont des silencieux posés par « dieu ».

Après avoir terminé, il est entré pour se faire payer. Il transpirait. Les perles sortaient de son front en petites bulles.  La fenêtre était du côté du soleil qui  avait bu un peu de l’eau de son corps.  On l’a remercié et il est parti en nous demandant s’il allait faire beau demain. Ici, on ne se casse pas la tête pour dire quelque chose à quelqu’un: on lui demande le temps qu’il fera demain.

***

Vingt  ans plus tard, on a dû  refaire la fenêtre  à nouveau. Les fenêtres, c’est comme les montres, les horloges et les gens: ça s’use. On a acheté une version « améliorée ». Après 20 ans, tout est amélioré. Même si ça va de plus en plus mal. Alors, on se dit que s’ils disent que c’est « amélioré », on doit les croire.

Monsieur Léo  avait pris sa retraite. De temps en temps, je le croisais pendant nos marches dans le village. Un jour il a cessé de marcher. Je  ne le rencontrais plus.  Il n’est pas mort tout de suite: il restait à la maison et,  l’avant-midi, pendant que je faisais du vélo, je le voyais  penché péniblement sur  son jardin. Il était si usé et si pauvrement vêtu que pas un oiseau ne survolait son jardin.  Plus tard, bien des années plus tard, j’ai vu sa nécrologie dans le journal.

Une autre fenêtre sur le monde

Alors, j’ai regardé la fenêtre. La nouvelle… Sont arrivé, un beau matin, deux jeunes hommes pressés qui ont tout arraché en moins de 30 minutes.  Ils travaillaient tellement vite et avec tellement de bruits que les deux chats sont disparus quelque part  dans la maison.  On n’a pas eu le temps de voir les gars, la facture est arrivée quelques jours plus tard.

30  ans plus tard

Puis un jour, il a fallu refaire les gouttières. Le jeune homme qui avait acheté la compagnie de son patron m’a demandé si je pouvais les arracher moi-même avant qu’ils les posent. Je n’ai pas compris comment on pouvait ou devait maintenant payer quelqu’un et faire le travail pour lui.

Le lendemain, ils ont arraché toutes les gouttière en à peine 45 minutes. À deux heures de l’après-midi, il ont disparu. On a regardé de hors, les gouttières étaient là et les vieilles gouttières étaient posées le long du garage. C’était moi qui les avais aidés. Je devais me départir des gouttières….

Je me suis gratté le crâne et je me suis dit que c’était sans doute pour cette raison que la Terre étaient en train de se désagréger. On ne travaille plus pour ses besoins, ou pour vivre, mais dans un grand marathon  et tous  téléguidés par une bandes de calculateurs et d’analystes. Pour eux, il faut que tout aille vite. Ils nomment cela le « rendement ». On ne sait  pas pour qui est le rendement, ni pour « quoi »  une notion étrange qui fait courir les humains. Je pense que le rendement s’en va se reposer dans les banques. On ne sait pas à qui appartient le rendement.

Quand Monsieur Léo est parti, il semble que tous les Monsieur Léo de ce monde sont partis. On dirait que des gens ont pensé à acheter des Monsieur Léo. Ainsi, les Messieurs Léo de ce monde sont devenus la propriété de quelqu’un ou d’un quelconque numéro de compagnies.

J’ai oublié de dire que dans ce que je faisais comme métier, et aussi tous les autres métiers, nous étions tous des Monsieur Léo. On s’appartenait…

La Terre, c’est comme une petite fenêtre dans la grande maison qu’est l’Univers. Les Monsieur Léo l’ont améliorée et ça a pris des siècles. Pour que l’eau ne s’infiltre pas dans la maison et qu’on puisse voir les oiseaux sur le prunier et que la maison garde sa chaleur. Chacun d’entre nous est une petite fenêtre et un gardien de la chaleur humaine. Et quand on reçoit une facture qui ne vous dit pas « Bonjour! », c’est inquiétant…

Gaëtan Pelletier