Cri du cœur d’un syrien

« 1 million de morts civils en Irak, 220 000 en Afghanistan, et 80 000 au Pakistan. Si l’on ajoute, concernant l’ancienne Mésopotamie, le bilan de la première guerre du Golfe (200 000 morts), et ceux du cruel embargo infligé par les États-Unis (entre 500 000 et 1,7 million de morts), ce sont presque 3 millions de morts qui sont directement imputables aux politiques occidentales, le tout au nom des droits de l’homme et de la démocratie. »

 

Les chasseurs-cueilleurs bénéficiaient de vies longues et saines (REWILD)

Traduction d’un article initialement publié (en anglais) sur le site REWILD, à l’adresse suivante.


L’avènement de l’agriculture apporta avec lui la crise de mortalité du Néolithique, une chute soudaine et catastrophique de la longévité dont les peuples agricoles ne se sont jamais vraiment remis. La médecine moderne a accompli de grandes choses, mais elle n’a pas encore complètement comblé ce fossé dont il résulte que seule une riche élite est en mesure de bénéficier de la longévité qui était auparavant accessible à tout un chacun.

Si l’on en croit les idées reçues, au fil du temps, les progrès de la médecine, ou du moins en matière d’hygiène,  auraient permis l’accès à une longévité accrue et à une vie plus saine. On pense que sans les bienfaits de ces progrès, les gens, dans le passé, pouvaient s’estimer heureux d’atteindre ce que l’on considère aujourd’hui comme l’âge moyen. Cependant, ainsi qu’il en est de bon nombre d’idées reçues,  il existe peu de preuves à l’appui de ces hypothèses. La vérité est tout autre et bien plus complexe.

A travers l’évolution humaine, nous pouvons observer une tendance à l’ augmentation de la longévité, dont un accroissement important au Paléolithique supérieur. (Caspari & Lee, 2003) En ce qui concerne l’hypothèse de la « Grand-mère » que George Williams suggéra en 1957, des personnes aussi âgées pouvaient consacrer leur temps et leur énergie à l’éducation de leur descendance, ce qui signifie qu’elles pouvaient transmettre des compétences, du savoir et des traditions. (Caspari, 2011) Les archéologues ont autrefois parlé « d’explosion créative » au Paléolithique supérieur, où nous trouvons quelques unes des peintures rupestres les plus anciennes, des outils et des techniques de chasse sophistiquées. Nous avons découvert depuis, des origines plus anciennes à chacun de ces éléments individuels, mais ils s’assemblent au Paléolithique supérieur pour former, pour la première fois, le genre de complexité et de profondeur que nous connaissons actuellement dans nos sociétés humaines. Les sociétés traditionnelles révèrent les personnes âgées en tant que source de sagesse et de savoir. Le travail de Caspari renforce cette idée à l’aide de preuves archéologiques, suggérant que l’émergence des personnes âgées fit éclore le premier bourgeonnement de la complexité sociale humaine.

Bien que l’espérance de vie ait amorcé une augmentation significative au Paléolithique supérieur, elle ne connut pas, par la suite, d’accroissement régulier. La révolution agricole eut un impact massif sur la santé et la vie de ceux qui y prirent part. Les chasseurs-cueilleurs mangeaient certainement des graines de céréales de temps en temps, mais cela ne constitua jamais une denrée pour eux comme ce fut le cas pour les agriculteurs. Ce changement de régime alimentaire eut des impacts sur la santé allant de la multiplication des caries aux retards de croissance. Les chasseurs-cueilleurs peuvent souffrir de la faim parfois, lors des saisons creuses, particulièrement au sein des environnements désolés dans lesquels ils survivent aujourd’hui. Mais comme ils ne dépendent pas du tout petit nombre d’espèces fortement apparentées dont dépendent les sociétés agraires, le problème de la famine ne se posa que chez les agriculteurs. (Berbesque et al, 2015) Dans l’ensemble, l’avènement de l’agriculture eut un impact catastrophique sur la santé humaine :

« Lors de la transition vers l’agriculture au Néolithique et à la fin du Néolithique, la longévité pour les hommes et les femmes a sensiblement reculé, passant à 33,1 ans pour les hommes et à 29,2 ans pour les femmes. Plus étonnant encore, les indicateurs de santé ont considérablement chuté. La taille des hommes est passée de 1.77 mètre au Paléolithique à environ 1.60 mètre à la fin du Néolithique, et l’indice pelvien a diminué de 22%. Non seulement les gens mouraient plus jeunes, mais ils mouraient en moins bonne santé. Des schémas similaires furent observés aux Amériques lors de la période de transition. Globalement, les données montrent que la transition vers un mode de vie agricole a altéré l’état de santé des gens ». (Wells, 2011)

Suite de l’article: Partage-le.com

 http://partage-le.com/2016/03/les-chasseurs-cueilleurs-beneficiaient-de-vies-longues-et-saines-rewild/

Les désanalyses. Chapitre trois: la vérité sur les Jeanne-d’Arc du vert

Bouchon-circulation

Si j’avais un char, ça changerait ma vi-e
J’irais m’ promener su’ l’ bord d’ la Gaspésie
Si j’avais un char, ça changerait ma vie
J’aurais l’ nez dehors et toi aussi ma jolie

Chanson de Steven Faulkner

***

Si Henry Ford était encore de ce monde, il aurait obtenu une trentaine de doctorats. On peut arrêter un bandit, mais pas une usine à fabriquer des voitures. On ne lâche pas le magot. Et c’est à ce point sophistiqué qu’on peut maintenant s’asseoir dedans et de profiter de toutes les commodités. En améliorant un peu ce produit d’une civilisation en bouchon de circulation, on finira par ne plus avoir les moyens de s’acheter une maison. Une voiture, oui. On en fait des performantes qui bouffent de moins en moins d’essence. Le ridicule ne tue pas… Si elles bouffent moins d’essence, elles bouffent tellement d’espace qu’elle finit par se déplacer à la vitesse d’un cheval. Mais elle ne fournit pas de compost ni de viande. Toutefois, elle participe à l’industrie de l’asphaltage qui contribue à détruire une colonne de jardins pour y planter du bitume. L’auto a faim: elle dévore des centaines de kilomètres, maintenant par nécessité de travail. L’auto sert également à se déplacer d’un rang social à un autre. Plus elle est belle et performante, plus vous avez par graffiti, inscrit votre rang social. Pour déceler un pauvre, louchez la rouille au bas des portes….

***

En 1957, j’avais dix ans. On partait du petit village de Sully  pour se rendre à Rivière-du-Loup par une route gravelée qui soulevait tellement de poussière qu’il aurait fallu des masques pour se protéger. On avait du sable dans les dents.

Pont couvert Sully

Sully

On allait pique niquer au bord du Fleuve Saint-Laurent. Air salin, faux amérindiens, air climatisé, et boissons qui faisaient ronfler.  De temps en temps on rencontrait un voiture. On était si contents qu’on s’arrêtait pour parler aux conducteurs. Maintenant, en ville, on s’arrête pour lui donner un coup de poing. Et l’autre conducteur aussi…

La voiture ne veut tellement pas mourir qu’on veut maintenant la fabriquer avec des moteurs électriques. Ce qui ne règle en rien son appétit pour  d’asphalte. En un sens, c’est vert. Mais dans l’autre il faudra tellement d’électricité pour faire téter ces machines qu’on ne nous dit pas où nous la prendrons. Quant aux batteries, oups! On ne saura qu’en faire. À moins qu’un ingénieur trouve le moyen de fabriquer des maisons avec des batteries éteintes.

Il faut aimer les gens qui recyclent. Notre  industrie de recyclage des matières bio compostables a coûté 28$ millions de dollars pour produire du biogaz. Elle cueille les déchets de table – certains doivent être gardés au congélateur – pour produire un gaz qui fera rouler 600 camions.

La seule chose qui fonctionne dans ce grand projet est que les investisseurs sont pour la plupart des subventions de l’État. Étant donné qu’il n’y a pas suffisamment de matières recyclables, on … les brûle.  28$ millions pour faire rouler 600 camions… Sans compter ceux qui vont livrer le biogaz.

Le génie dans tout ça c’est que si vos carottes, vos choux, votre viande, vos pelures de légumes, vos sandwich, ne vous mènent nulle part, c’est qu’il ne sert à rien d’imiter un génie d’il y a un siècle. Rouler électrique ou rouler à carottes tient de l’arnaque du concepteur avaleur de subventions. Nous sommes le gros pique-nique de ces ingénieurs qu’il faudrait flanquer dans les bacs bruns de recyclage. Et le brûler…

Gaëtan Pelletier

Les désanalyses. Chapitre 2: fini les « petites fraises »

Le transhumanismes est en train d’avoir le vent dans les voiles. C’est un gros navire pondu par les œufs des scientifiques qui définissent l’avenir « humain ».

Les nouvelles prédictions de Ray Kurzweil : l’avenir d’ici 2099

2038 – L’apparition de personnes robotisées et de produits de technologies transhumanistes. Ils seront dotés d’une intelligence supplémentaire (par exemple, orientée sur une sphère concrète de connaissances que le cerveau humain est incapable de couvrir entièrement) et de divers implants optionnels – des yeux-caméras aux bras-prothèses supplémentaires.
2039 – Les nano-véhicules seront implantés directement dans le cerveau et effectueront une entrée et une sortie arbitraire des signaux du cerveau. Cela conduira à une réalité virtuelle « à immersion totale », qui ne demandera aucun équipement supplémentaire.
2040 – Les systèmes de recherche seront la base des gadgets introduits dans l’organisme humain. La recherche ne se fera pas uniquement par la voix, mais aussi par la pensée, et les résultats seront affichés sur les lentilles ou les lunettes.
2041 – Le débit internet maximal sera 500 millions de fois plus élevé qu’aujourd’hui.
2042 – La première réalisation potentielle de l’immortalité – grâce à une armée de nanorobots qui complétera le système immunitaire et « nettoiera » les maladies.
2043 – Le corps humain pourra prendre n’importe quelle forme grâce à un grand nombre de nanorobots. Les organes internes seront remplacés par des dispositifs cybernétiques de bien meilleure qualité.
2044 – L’intelligence non-biologique sera des milliards de fois plus intelligente que son homologue biologique.
2045 – Arrivée de la singularité technologique. La Terre se transformera en ordinateur gigantesque.
2099 – Le processus de singularité technologique s’étend sur tout l’Univers.

J’ai souvenir qu’on allait aller sur la lune vers l’an 2000 pour se marier. On est allés en Irak quelques années plus tard. Le romantisme de la science est à dépoiler un singe en lui annonçant qu’un jour il voyagera en AIR FORCE ONE. Vous n’avez pas remarqué une chose capitale? L’argent. À en croire ce programme d’un siècle, on pourrait prendre un itinérant et en faire un actionnaire de Google. En fait, les riches aurons de meilleurs organes que les pauvres et vivront plus longtemps.

J’ai souvenir encore que ma mère, ma tante et moi allions aux fraises des champs dans des étés bouillants, environnés de marguerites, d’abeilles, de parfums délicats – comme disait Baudelaire-, et du grand invisible qui nous entourait. Ça pourrait être une façon détourner de faire des êtres simples des robots. Et le grand gargarisme  scientifique un leurre pour le rester.

J’en suis à me demander quel est le but de créer une race autant déconnectée de sa nature. Oui, les robots écriront de la poésie. Dans le même temps, on échangera sur le modèle de sa rate version bêta: B32X990002.1 VS le modèle le plus récent.

Déjà qu’on est mêlés et marchons pliés sur les Iphones en courant les Pokémons Go, le transhumanisme nous remettra à quatre pattes. On pourra grimper dans les arbres à une vitesse inouïe.

Il y a de l’amour dans les fraises des champs. Quand il est partagé par la tante, la mère, les fleurs, et le ciel bleu ballonné de nuages qui nous douchent un peu du soleil trop ardent. Faut croire que le nouveau barbarisme est en labo, et le métal des armes en petites pièces trafiquées s’immiscera  en chacun de nous. Imaginez un Faceboook 5000 fois plus puissant!  C’est clair: on va s’éteindre en s’allumant trop…

Gaëtan Pelletier

Les désanalyses. Chapitre 1: Trump et le reste

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«Chaque jour, je me lève, déterminé à améliorer la vie des gens de ce pays qui ont été négligés, ignorés et abandonnés.»

Vous pouvez lire ICI  Personne ne semble s’être rendu compte que depuis des siècles les marchands on pris tout le pouvoir. Au début de l’humanité ce furent des engrangeurs bien gentils qui voulaient sauver les villages qui en cas de catastrophe naturelle allaient souffrir de la faim. Ils engrangent maintenant pour eux… Mais ils sont devenus banquiers, hommes d’affaire, hyper avocats et coqueluches des peuples en perdition. On ne se lèvera jamais assez tôt pour comprendre le « monde » et ses tirailleurs bizarres qui finissent sur un trône. Ce doit être quand on meure qu’on a compris mais une fois mort la langue cesse ses fonctions. On ne peut plus passer le message… Il en est qui meurent en ne comprenant rien. En se disant qu’il faut un surhomme ou une surfemme pour sauver ce monde. Le plateau est rempli de petits marchands coiffés. Qui aurait pensé un jour qu’en faisant le bilan de ce que vous avez dans votre maison est un produit de l’autre bout du monde? On ne trouve même plus de tomates Made in Canada en boîte pour la cuisine en hiver. Elles viennent d’où? Fouillez la boîte avec des lunettes grossissantes vendues au Dollorama. Pour des lunette 1 X, c’est 1$. Pour des lunettes 1.5X, c’est 1.50$. Devinez combien coûte une 2X?

Bon! Ne reste plus qu’à tenter de lire sur la boîte, la comprendre, la rincer et l’envoyer au recyclage. On ne sait pas trop où s’en va la boîte de conserve de tomates. Qui a déjà vu chez-lui une boîte de conserve de tomate sur laquelle il est écrit: « Faites à partir de boîtes de tomates recyclées ».

CONCERNANT LA BIÈRE ARTISANALE ET LES CHANTEUSE ARTISANALES

Hier, à la télévision, une really belle fille se plaignait de son métier de mannequin. On pouvait voir sa photo sur le magazine ELLE. Et puis entendre de sa voix enjôleuse et vraiment talentueuse une chanson traitant d’importants problèmes de ce mode: l’amour.  C’Est maintenant ça le Québec: on produit des bières artisanales et des chanteuses ou des chanteurs.  Au point où un jeune éleveur de veaux a eu l’idée de nourrir ses veaux à la bière. On se demande maintenant quel goût aura la chair des veaux une fois dans la sieste… Sans doute un petit goût de Trump qui lui doit bien s’être fait tout seul. Malheureusement, ou heureusement, il n’y a personne qui peut se faire « tout » seul. S’il c’était fait tout seul, il ne saurait même pas comment acheter des lunettes 2X.

***

Je suis allé à la rivière pour me baigner. Après deux heures de peintre de peinture, j’avais emmagasiné tellement d de chaleur que je pouvais en vendre sur Ebay. Tout l’art de la baignade ne consiste pas à plonger et à nager mais à trouver une eau propre.  C’était  assez bien. Quoique les petits poissons ne cessaient de mordiller les jambes sans doute que je n’étais pas dans mon territoire. En fait, j’ai changé de rivière trois fois. La dernière fois que j’étais allé à la pêche, c’est la dernière fois que j’ai voté. J’ai plongé et retiré une plaque de métal d’une rivière à truites.

ENVIRONNEMENT. Les fortes pluies du 18 juillet ont forcé un faible déversement d’eaux usées dans le bassin de Chambly. Préservatifs, produits d’hygiène féminine et emballages divers ont été repérés à la surface de l’eau par des plaisanciers.

Il est bien difficile de nager sans respirer. À moins d’être Donald Duck Trump, le canard plumé de toutes les critiques. Vert comme un terrain de golf. Qu’il a acheté, se plaignant d’un possible parc d’éoliennes près de celui-ci.  Si vous tentez de comprendre où s’en va le monde, dites-vous que le petit marchand qui vendait des saucisses et du pain au petit marché du coin et devenu coincoin. Il a fini par acheter une compagnie. Puis une autre… De sorte que c’est lui le DG de la saucisse. Et Trump est un pêcheur qui vous promet des truites longues comme ça. La sécurité? C’est vraiment le mot le plus cruel pour une nation championne vendeur d’armes. On peut passer le reste concernant les guerres et la pauvreté des God Bless America comme formule tampon. Ça flottes sur toutes les eaux des rivières et des lacs.

Un vrai langage de serviette hygiénique. Il en est qui nagent dans la piscine de la politique et qui avalent ça. Et plusieurs d’entre eux sont allés à l’université pour « s’instruire ». À quoi servent les connaissances si on ne peut même plus boire l’eau des rivières et encore moins celle des langues mortes qui bougent encore dans le monde merveilleux du discours?

On a toujours pensé que l’intelligence pourrait servir à changer le monde. Eh! ben! L’erreur est monumentale. C’est l’imbécillité qui change le monde ou refuse de le changer.

C’est elle qui réussit… Sinon nous nagerions dans la richesse et le bonheur. Enfin presque. Si nous étions si avides de justice, nous pourrions créer une revue qui présente les gens les plus laids et les moins intelligents, payés 4$ millions de dollars par an pour avoir son petit visage sur une pub de produits de laideur. Pourquoi pas? Trouvons une fille laide, maigre, représentant le pipeline qui traversera le Canada pour transporter l’essence en provenance des sables bitumineux. Il existe des magazines pour ce qui est beau ou ce qui rend beau. Où sont ceux qui devraient exister?

Bon! Je m’en vais au dodo. Demain, je tenterai de trouver une autre rivière pour me baigner. Méchamment, je dirais que la tête de Trump serait une belle piscine.Mais je ne veux pas me noyer, seulement me baigner…

Gaëtan Pelletier

Une histoire d’eau…

Nice: l’homme cultivé dans un ventre des mères patrie

Nice

 

La nuit, tous les terroristes sont gris…

Babillages télévisuels et annonces d’un nouvel attentat partout dans le monde.  En toutes les langues. On en met plus que la demande du client, ce consommateur de nouvelles « fraîches ». Et tous les grands chefs de ce monde: Poutine, Obama, Hollande, Valls  ( qui, soit dit en pensant n’a pas la jugeote nécessaire pour être plongeur dans un restaurant,  Trudeau, et bien d’autres… Tous au premier plan des « bêtiseurs » destructeurs de sociétés, d’empires, tous hypocrites et falsificateurs. De grands joueurs d’échec malhabiles, mais accros à leur jeu aux discours au faciès cireux . La parade des empaillés ne s’arrêtera jamais.

Ce monstre est la construction de sociétés en voie de perdition. Une société qui dévore des romans et des films aux cadavres tellement déchiquetés que l’on retrouve une jambe en Norvège et une autre au Danemark. C’est l’art moderne du roman policier avec  sang, couteaux, aux tueurs plus intelligents que « la police ».  Des séries policières aux héros encore plus aliénés que les assassins qu’ils poursuivent. Séries de tueurs en série… La profondeur de nos sociétés a maintenant celle d’une flaque d’eau que l’on prend pour des océans.

Nous vivons dans un monde officiel aux valeurs qui dessinent des êtres comme dans les peintures de l’ère du pointillisme. Le tableau des cerveaux est tracé de par tout ce qui nous entoure et de par la vitesse ébouriffante et foisonnante. Nous vivons dans un état de surexcitation en  une sorte de Parkinson psychique. De quoi alors voulez-vous que ce plasma politique et économique engrosse les citoyens? Notre cerveau n’est malheureusement qu’un papier buvard assoiffé…

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es…

On parlera de pollution des lacs, des rivières, des océans, mais curieusement on parle peu de cette pollution psychique qui nous dérobe chaque jour ce monde meilleur promis depuis des siècles. Un esprit retord et ambitieux, – et souvent bien conformiste et naïf- fera autant de dommages qu’une âme grise et brisée: enlever des vies parce que les brésillés de l’âme sont à bout de souffle. On a râpé leurs nerfs. Dans un monde d’ambition obligatoire pour les bienfaits de la patrie et de tous,  nous avons construit une immense toile schizophrénique. . On se croirait dans un roman de Simenon où tous les ratés sont un peu fêlés. Aujourd’hui, ces petites gens  ont le loisir de se venger par de grandes causes par tous les moyens.

LIBERTÉ, FRATERNITÉ, ÉGALITÉ

On peut rigoler un peu en voyant ces trois mots: c’est le triumvirat de valeurs que nos dirigeants détruisent chaque jour. Il y a belle lurette que le ventre social des sociétés dites développées est pourri, en état de décomposition avancé, mais qui continue sournoisement d’infiltrer les esprits par une forme de propagande  formulée en mots mais pas en action.  Alors, ce n’est plus qu’une formule orwellienne.

Nous cultivons et entretenons le contraire. Cela se nomme illusion, mensonge, et 100 nuances de gris. Et si on vendait des choux et des carottes au lieu des armes?

On récolte ce qu’on s’aime…

Gaëtan Pelletier

Comment la mondialisation a tué les bisons

Bisons

 

Il est maintenant plus que possible que la race humaine soit exterminée par cette recherche frénétique du profit pour le profit. L’étourderie des commerçants mondiaux et leurs pouvoirs de destruction dans une surexploitation des ressources. Et parmi ces ressources se trouve désormais l’homme-outil, lui-même marchandise. La mondialisation n’a pas seulement tué les bisons, car en poursuivant les moyens actuels de  d’une économie qui buldoze tout, sans réflexion,  ce n’est ni plus ni moins qu’un suicide collectif.  

Gaëtan Pelletier 

***

Gilles Raveaud

Scott Taylor, professeur à l’université de Calgary (Canada), a fait une découverte : la quasi-extermination des bisons aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle n’est pas le résultat de la pression démographique des colons, ni de la chasse des Amérindiens ou de la construction du chemin de fer.

Elle résulte en fait d’une hausse massive du commerce entre les Etats-Unis et l’ancienne métropole colonisatrice, le Royaume-Uni, elle-même conséquence d’une innovation anglaise dans le tannage des peaux.

La population de bisons aux Etats-Unis a été pratiquement exterminée au cours du XIXème siècle : tandis que les bisons étaient 20 ou 30 millions au XVIème siècle, ils n’étaient plus qu’une centaine à la fin du XIXème siècle.

Selon Scott Taylor, il a fallu cent ans aux colons pour tuer tous les bisons vivant à l’est du Mississippi. Par contre, de manière tout à fait stupéfiante, les 10 à 15 millions de bisons restants dans les hautes prairies ont été massacrés en à peine 10 ans. Comment est-ce possible ?

Vers 1830, les bisons avaient été exterminés à l’est du Mississippi. A cette époque, les bisons étaient chassés par les indiens pour leur viande mais aussi pour leur peau, échangée dans les villes. Dans les années 1840, les colons ont poursuivi leur avance dans les grandes plaines jusqu’en Orégon et en Californie.

Les mouvements de population ont alors séparé la population de bisons en deux, au nord et au sud, matérialisée par la construction de la ligne de chemin de fer de la Union Pacific Railroad au cours des années 1860. A cette époque, en dépit des chemins de fer – détruisant l’habitat naturel des bisons et exerçant une demande croissante pour leurs viande de la part des travailleurs -, du marché local pour leur cuir, et de la conversion des hautes prairies en zones agricoles, la population des bisons n’a diminué que progressivement.

Mais cette situation a évolué brutalement peu après 1870, quand des tanneurs anglais mirent au point une nouvelle technique permettant de tanner les peaux des bisons.

Scott Taylor cite un article du Times de New York d’août 1872 :

Les peaux sont collectées à l’Ouest par les agents des maisons de commerce de l’Est, elles sont simplement séchées, puis transmises soit à New York, soit à Baltimore pour l’exportation…

Le bas prix que ces marchandises ont atteint sur le marché anglais, et la perspective d’une baisse accrue, pourrait à terme mettre fin à ce commerce, mais à l’heure actuelle, les peaux sont chassés pour leur vigueur, et, si le commerce continue, il ne faudra que quelques années pour exterminer les troupeaux.

Le marché des peaux de bison a en effet explosé suite aux nouvelles techniques mises au point en Angleterre, et à la possibilité pour les chasseurs des Etats-Unis de faire parvenir, par l’intermédiaire de maisons de commerce, les peaux en Angleterre. Jusque là, les peaux étaient quasiment dénuées de valeur. Le seul produit commercialisable à partir d’un bison était sa viande, mais ce marché était sévèrement limitée par les coûts de transport.

Taylor évoque les explications habituellement avancées du déclin du bison : la chasse par l’armée des États-Unis, la présence des chemins de fer, et les changements dans les pratiques de chasse des Amérindiens.

Bien que chacun de ces éléments puissent avoir contribué un peu à la baisse de la population de bisons, ses estimations suggèrent que la demande du marché mondial a joué un rôle central :

Les données sur les exportations nouvellement construites soutiennent l’hypothèse d’abattage axée sur les exportations, tandis que les explications alternatives que sont les chemins de fer, l’armée, ou les Amérindiens, semblent jouer un rôle beaucoup plus faible.

Les ordres de grandeur sont considérables. Mes résultats suggèrent qu’environ six millions de peaux de bison ont été exportées au cours de la période 1871-1883, ce qui correspond à la mort de près de neuf millions de bisons.

Pour Taylor, trois facteurs économiques cruciaux expliquent le massacre :
– une innovation dans le tannage des peaux
– le libre accès (sans coût et sans restrictions de quantités) des chasseurs aux troupeaux de bisons
– des prix mondiaux fixes.

Selon lui, le massacre des bisons est un bon exemple de surexploitation des ressources naturelles engendrée par deux phénomènes : une demande en plein essor, et une mauvaise régulation des ressources.

Taylor souligne “le rôle crucial joué par les marchés internationaux” dans cette évolution. Et explique pourquoi elle n’a pas pu être corrigée par les mécanismes marchands :

bien que le massacre des bisons ait été un événement majeur dans l’histoire des États-Unis, cet événement était mineur sur la scène mondiale.

De ce fait, certaines des propriétés typiques du système de prix du marché, comme l’isolement [le fait que chaque marché soit séparé des autres, ce qui permet d’établir le prix de chaque marchandise] et de signalisation [hausse du prix lorsque la ressource se raréfie] n’ont pas pu fonctionner.

Commentant ces résultats, Timothy Taylor (sans lien avec Scott), en conclut que lorsque de petits pays et des petites économies à travers le monde expriment leurs craintes que la combinaison de nouvelles technologies et d’une hausse de la demande mondiale anéantissent leur habitat naturel ou leurs ressources, les Américains devraient écouter.

Il note par ailleurs que la quasi-extermination des bisons fait partie des événements qui ont mené à la création d’un mouvement environnementaliste américain. Selon Scott Tayloe,

Pour de nombreux Américains de l’époque, le massacre semblait inutile et mauvais (…). L’abattage du bison a été déterminant dans la montée du  mouvement conservationniste à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

La quasi-totalité des acteurs importants dans le mouvement conservationniste, comme Teddy Roosevelt, John Muir, et William Hornaday, avaient été des témoins de ce massacre.

La création du système des parcs nationaux en général, et celle de Yellowstone, en particulier, reflètent la répulsion que beaucoup éprouvaient à l’égard de l’abattage des bisons sur les grandes plaines.

http://www.leconomiepolitique.fr/