Le voyage du silence

Résultats de recherche d'images pour « silence »

J’irai sur ton front tout doux
Mordre la lumière de nos hier
Aux frissons des jours ajouts
Avant que les froidures serpentent nos chair
Avant que s’emmêlent les frimas de nos hivers

Je nourris et me nourris de ton aura délicate
Au fermoir des secrets des cadrans sans temps
En quelque lieu sans lieu, quelque part sans date
En quelque port sans effroi, sans avant, sans vent

La frêleur de nos âmes aux roulis cachottiers
Fait le voyage de mes lèvres à tes lèvres
Un aller-retour, aux tricots d’éternité
Avant la fin d’un monde, sans va, sans trêve

Gaëtan Pelletier
15 janvier 2018

Publicités

Pourquoi tout va s’effondrer

Image

Le copain

Le crépuscule des vieux

 

 

Sol (Marc Favreau)

l’unique et tendre poète.

Écrit peu avant sa mort…  touchant…

 

Le crépuscule des vieux

 

Des fois, j’ai hâte d’être un vieux.

Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sont biens.

 

Ils ont personne qui les force à travailler;

on veut pas qu’ils se fatiguent.

Même que la plusssspart du temps,

on les laisse pas finir leur ouvrage.

On les stoppe, on les interruptionne,

on les retraite fermée.

 

On leur donne leur appréhension de vieillesse

et ils sont en vacances….

 

Ah! Ils sont bien les vieux!

 

Et puis, comme ils ont fini de grandir,

ils ont pas besoin de manger tant tellement beaucoup.

Ils ont personne qui les force à manger.

Alors de temps en temps, ils se croquevillent un petit biscuit

ou bien ils se retartinent du pain avec du beurre d’arrache- pied,

ou bien ils regardent pousser leur rhubarbe dans leur soupe…

 

Ils sont bien…

 

Jamais ils sont pressés non plus.

Ils ont tout leur bon vieux temps.

Ils ont personne qui les force à aller vite;

ils peuvent mettre des heures

et des heures à tergiverser la rue…

 

Et plus ils sont vieux, plus on est bon pour eux.

On les laisse même plus marcher…  On les roule…

Et puis d’ailleurs, ils auraient même pas besoin de sortir du tout;

ils ont personne qui les attendresse…

 

Et l’hiver…

Ouille, l’hiver!

C’est là qu’ils sont le mieux, les vieux;

ils ont pas besoin de douzaines de quatorze soleils…

 

Non!

 

On leur donne un foyer,

un beau petit foyer modique qui décrépite,

pour qu’ils se chaufferettes les mitaines…

 

Ouille, oui l’hiver, ils sont bien.

Ils sont drôlement bien isolés…

Ils ont personne qui les dérange.

Personne pour les empêcher de bercer leur ennuitouflé…

Tranquillement, ils effeuillettent

et revisionnent leur jeunesse rétroactive;

qu’ils oublient à mesure sur leur vieille malcommode…

 

Ah! Ils sont bien…!

 

Sur leur guéridon, par exemple,

ils ont une bouteille, petite, bleue.

Et quand ils ont des maux, les vieux,

des maux qu’ils peuvent pas comprendre,

des maux mystères;  alors à la petite cuiller,

ils les endorlotent et les amadouillent…

 

Ils ont personne qui les garde malades.

Ils ont personne pour les assistés soucieux…

Ils sont drôlement bien…!

 

Ils ont même pas besoin d’horloge non plus,

pour entendre les aiguilles tricoter les secondes…

 

Ils ont personne qui les empêche d’avoir

l’oreillette en dedans,

pour écouter leur coeur qui grelinde et qui frilotte,

pour écouter leur corps se débattre tout seul…

 

Ils ont personne qui…

 

Ils ont personne…

 

Trump: Autopsie légère d’un pois terrrestre

Résultats de recherche d'images

La visite médicale Donald Trump prévue en fin de semaine ne comportera pas d’examen psychiatrique, a affirmé lundi la Maison-Blanche au moment où certains de ses détracteurs s’interrogent ouvertement sur la santé mentale du président américain. Cyberpresse

Il est assez étrange qu’en quelques décennies, les États-Unis ont « choisi » au moins deux petits déséquilibrés. Il y en avait pourtant d’autres en file… En fait, il est si intelligent qu’il est son propre psychiatre se proclamant « stable » d’esprit. Les fonds de tiroir pour des candidats à la présidence sont-ils vides à ce point? Après le « Yes we can », voilà le « Yes, we twitt ».

Les fonds de tiroir sont vraiment bas. Au Goden Globe  Awards tout était préparé pour une autre vedette: Oprah Winfrey. Certes, la dame a de la jugeote, mais on revient toute de même au tronc commun: la mégalomanie.  Le critère: « avoir eu du succès ». Et pas le moindre… L’Amérique se cherche une sorte d’enflure à sa mesure. Du moins ce qu’elle croit être « sa » mesure. Nombrilistes et désintéressés des autres, ils s’apitoient sur leur sort.

Au fond, le cerveau de Trump est sans doute celui de l’Amérique: les disjoncteurs surchauffent un peu trop sous les démesures et l’irréalisme  auxquels les citoyens  sont habitués. À force de se déclarer supérieure aux autres nations, à coups d’armes et de mesures monétaires frisant le banditisme,   cette nation a fini par élire des inférieurs riches.

Il n’y a rien dans le cerveau de Monsieur Trump pour démontrer qu’il est fou, mais il y a tout pour démontrer que les valeurs américaines elles, sont folles, légères, et qu’ils prient, les yeux fermés, un crucifix d’une main et un colt .45 de l’autre.

 

Gaëtan Pelletier

Le gros pipi

HIPPIE

«Est pauvre, non pas celui qui n’a pas de chemise,

Mais celui qui n’a personne».

Proverbe africain

Cet individualisme est pourtant passé dans les mœurs

et l’arrivée du néo libéralisme aurait pour certains

récupéré, en les dénaturant, les valeurs hippiesHippie

_________________________________

– Aux dernières nouvelles, il vivait dans un groupe hippie.

– Dans un quoi ?

– Un groupe hippie

– Ô ! Grand Dieu ! Vivre dans l’urine, c’est affligeant…

OSS 117, Rio ne répond plus

 

L’avortement

Woodstock fête ses quarante ans cette année. Le 16, 17, et  18 août 1969, le spectacle, qui avait été monté pour accueillir 50,000 spectateurs, en attira 450,000. On dit que ce fut l’apogée de ce «mouvement», puisqu’en réalité il n’y eut jamais de mouvement «organisé». Le mouvement hippie se répandit dans les sociétés occidentales dans une onde tranquille et, surtout, très spontanée.

Le gros party… «Si vous vous en souvenez, c’est que vous n’y étiez pas»…

Le «party» reçut 10 fois plus de festoyeurs que ceux attendus. La préparation d’un tel tsunami n’étant pas prévue, essayez d’imaginer l’hygiène, la folie de ce rassemblement monstre sous la pluie d’énergumènes poilus, écrasés dans un champ de boue. Et pourtant, ce fut à la fois l’apogée d’un monde qui aurait dû naître mais qui jamais ne vint au monde : Woodstock est un avortement…

L’art de la désorganisation

Il y a quelques années, lors d’une visite chez ma fille, elle me montra un livre sur ce mouvement lié à la contreculture. L’idée «livresque» qu’on s’en fait après 40 ans, n’est pas tout à fait exacte  d’un phénomène sans  organisation et sans idéologie établie.

En parcourant les pages du net, on peut se rendre compte que ce mouvement bien caricaturé, un peu oublié et ridiculisé, avait une place importante dans l’Histoire : il fut le premier réflexe à l’ère du consumérisme qui allait suivre, et la première conscience d’un état de dévastation de la planète, tant du point de vue de ses habitants ( guerre du Vietnam)  que de l’habitat lui-même. Toujours dans une «approche» intuitive, le mouvement était déjà un embryon de L’hypothèse Gaïa, hypothèse biochimique,  physiologique dynamique qui inclut la biosphèreet maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années, en harmonie avec la vie ». James Lovelock.

L’ensemble des êtres vivants sur Terre serait ainsi comme un vaste organisme (appelé Gaïa, d’après le nom de la déesse grecque personnifiant la Terre), réalisant l’autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l’appui de son hypothèse est la composition de l’atmosphère qui aurait été régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie.

Pour une «idée générale» et stéréotypée, la description du mouvement apparaît ainsi :

De manière générale, les hippies contestaient le matérialisme et le consumérisme des sociétés industrielles, et tout ce qui y était lié. Ils rejetaient en particulier les valeurs associées au travail et à la réussite professionnelle, ainsi que le primat associé aux biens technologiques au détriment des biens naturels. Ils remettaient fréquemment en cause l’idée d’autorité et tout ce qui en découlait (toute domination de l’un sur l’autre), les frontières, et surtout une violence qui leur était devenue incompréhensible. Ils recherchaient un sens à la vie dans des spiritualités plus authentiques à leurs yeux que les pratiques religieuses dont ils avaient hérité ou au sein même de ces dernières, s’aidant parfois de substances psychotropes. Ils aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient trouver idées et techniques dans des sociétés traditionnelles qui étaient moribondes à leurs yeux. Ce complexe idéologique, essentiellement constitué en une praxis, n’a pas réellement été théorisé ; jamais non plus il n’a fait l’objet d’une homogénéité pratique parmi celles et ceux qui se reconnaissaient pourtant comme hippiesQu’est ce qu’un hippie?

En fait, c’est l’avortement d’un rejeton qui aurait dû se rendre à terme. Mais la société «évolua» vers un phénomène autre : l’égosystème. La culture du «moi» détrôna celle du «nous».

Le phénomène hippie au Québec

Il y aurait énormément à dire sur le phénomène hippie au Québec. La revue Mainmise, lancée en 1970 demeura longtemps la bible des hippies. J’en ai conservé une trentaine, voire davantage, d’exemplaires en souvenir.

Mais le plus visible – pour nous, ici- fut la migration de ces jeunes vers nos régions ( Bas-du-Fleuve, Gaspésie) qui s’approprièrent des terres abandonnées par les petits cultivateurs. Bâtiments et maisons comprises… À un prix dérisoire… Pour y vivre en autosuffisance. L’agriculture et l’élevage commençaient à suivre le grand mouvement  des gros conglomérats, s’ajustant au monde industrialisé : la petite ferme à Séraphin, les petits lopins de terres n’avaient plus sa place.

J’étais dans la vingtaine quand un jour un ami m’invita à passer quelques jours chez-lui. Dans un petit village presque vide, des dizaines de groupes vinrent s’installer, se promenant à cheval, élevant des poules, des chèvres devant le regard des «vieux» qui ne comprenaient rien à ce retour vers la terre qui leur avait donné tant de misères.  Et pour l’agriculture, ils étaient davantage habiles à la culture du cannabis que de la tomate. J’étais estomaqué… Il arriva un jour une jeune femme avec ses deux enfants de 6 et de 5 ans qui s’installèrent dans un poulailler abandonné. Heureusement, les poules étaient parties depuis longtemps…  Aux jours difficiles elle allait chez «des amis».

Reste que sans le savoir, ces jeunes – peuplèrent la région, firent des enfants et devinrent peu à peu des «retombées économiques». Puis, lentement, ils s’intégrèrent à la population et certains devinrent même des dirigeants populaires.

La plupart sont dans la soixantaine aujourd’hui, les enfants étant partis en ville, certains d’entre eux vivent encore leur «rêve» d’un monde meilleur.

Voilà  que la semaine dernière, je rencontrai un jeune homme allant vers l’un de ces villages abandonné montrer à un couple comment élever des poules. Il  venait tout juste d’acheter un lopin de terre…

Les retrouvailles

Anodin ce mouvement ? Pas tant que ça… Ce fut comme une grande intuition dans ce monde cérébral et aride, où l’orgueil et le nombrilisme règnent. Chacun pour soi, disait une de mes voisines.  Ça n’existe pas un «chacun pour soi». L’Univers, les humains, et tout l’assemblage visible ou invisible est relié. Cette affirmation n’est pas une foi, c’est une réalité cosmique et  terrestre.

Dans ce fouillis de lucioles qui s’allument et s’éclairent à la chandelle de l’électricité de leur cerveau, il arrive parfois des livres qui décrivent d’une façon lumineuse cette ère de noirceur satanique, cet oubli d’une solidarité nécessaire : Des racines pour l’avenir: cultures et spiritualités dans un monde en feu :

Le raisonnable et le rationnel

***

Examinons-les… Je dirais aussi : examinons-nous. «La notion d’économie n’existe pas  en tant qu’entité séparée de la vie sociale».

Les sociétés  ne se bâtissent pas que sur un «cirque du soleil  du cerveau», mais sur des valeurs intégrant l’empathie, l’acceptation de l’autre, et l’intégration du domaine émotif humain.

Ridicules ces hippies ?

Moins dangereux toutefois que ces adeptes du porc de la cravate.

Il faut plus que des idées pour faire un «monde»…

***

Des racines pour l’avenir: cultures et spiritualités dans un monde en feu

Thierry-G. VerhelstAnnick de Souzenelle

Editions L’Harmattan, 2008

 

Gaëtan Pelletier

Elena Shumilova

***

Elena Shumilova, Visitez sur Flirck