Planter des mots

 

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Il en est qui cultivent la terre, d’autres l’âme, certain les deux. Et parfois à travers des moyens qui sont totalement différents. Je ne sais pas pourquoi, pendant une vie, on passe son temps à semer, planter des poèmes, des mots, des petites fleurs sonores.

Il semble que l’on veuille simplement faire germer des amours dans l’esprit et l’âme des autres. Une manière de se jardiner les uns les autres.

Il y a les jardiniers de l’âme et les destructeurs de l’âme, les grands profiteurs des petites nature humaines qui, pourtant, sont souvent plus grands que peuvent le saisir tous les yeux de ce monde. Comme les étoiles en sont…

Il faut voir la musique, entendre l’âme, écouter le recueil silencieux et  parfois si incompréhensible des autres. Car les autres ne sont pas seulement différents de nous, mais nous sommes le résultat des « autres ».

Cultiver les autres, en amour, en empathie, c’est se cultiver également.Semer des mots est justement tenter de réintroduire l’âme humaine. Il n’y a rien de supérieur à ce fait, il n’y a qu’une écoute inconsciente de ce filet de lumière qui dort en nous.

Nous poussons les uns les autres… Nous sommes à la fois la terre et la plante. On ne peut pas tout recevoir et rien donner. L’empathie est une manière de comprendre que l’on ne peut pas tout comprendre.

Gaëtan Pelletier

 

 

 

Flaque d’Ô

La vie traite mieux les oiseaux en parsemant ici et là des flaque d’eau. Ils ne sèment ni ne moissonnent avec Monsanto.

Ce matin, il en est passé deux, tout jaunes, vrillant, tout beaux, volant. Je les regardais, fringants, portés sur l’air et sur nos souffles en même temps. Chaque oiseau a un peu de l’air de chacun qui respirent sur cette planète.

D’oie et nous…

Parfois, je crois que les yeux des oiseaux sont ceux de dieu. Comme des drones ailés… On leur a arraché les plumes, jadis, pour écrire. Et les oiseaux ont écrit bien des livres, sans le savoir, et nous, sans doute écrivons nous nos vies avec toutes les plumes que nous perdons à les donner aux vautours qui arrachent à la terre toutes les flaques d’eau, pour la vendre en bouteille.

La beauté qui reste de ce monde n’appartient pas aux multinationales, aux humains tronqués qui échafaudent des plans et des plans. La beauté est dans la simplicité et la redécouverte de nos sources plus lumineuses que celles du simple cerveau.

Et ce matin, j’étais là, les regardant voler, pendant que les hommes se font voler, me disant qu’au moins, eux, ils échappaient aux folleries des humains emprisonnés dans le grand monde des affaires.

C’est fou! On boit nos flaques d’eau en bouteille de plastique. On se pâme des avions, des voyages, des écrans, et pourtant, la Vie est là, bien plus survivante que nous. Et nous nous questionnons sur l’art d’être heureux en allant voir des banquiers?

Gaëtan Pelletier,

2017

L’attache involontaire

beauté

On s’attache à cette vie, parce que sans doute nous en sommes les constructeurs.

On s’attache à la beauté parce qu’elle n’est que le reflet de ce que nous avons conçus.

Par la mort, – que nous craignons tellement-, nous oublions les quelques cellules desquelles nous sommes nés.

Il est bien d’oublier, sinon la vie ne serait pas ce charme et cet emportement qui nous caractérise.

Rien n’est précis, rien n’est clair, rien n’est fixe, rien n’est beau que par nos appréciations personnelles.

La laideur détermine la beauté des uns.

Le sens de l’Univers est un point d’interrogation qui se demande ce qu’il fait dans une phrase.

Si la vie avait une réponse fixe au « mystère de la vie », ce ne serait pas la vie. Puisqu’elle bouge et échappe, comme dans un jeu de cache-cache.

Nous sommes totalement, TOTALEMENT responsables de cette vie. Mais nous voudrions bien un dieu ou un diable pour lui refiler la facture de nos malheurs.

Gaëtan Pelletier

Vertueuses les multinationales?

La Macronerie

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Ils ont dit qu’ils allaient « changer le monde ». Le collier des « Yes We Can » est tressé  de fausses perles. À quoi donc rêvent les moutons électriques? Nous sommes des évasifs trafiqués, mourant de faim. D’une faim qu’ils ne comprennent pas. La faim de ne plus avoir peur que NOTRE Terre nous échappe. Ce qui appartient à tous les vivants.

Ils ont tous dit qu’ils amélioreraient le monde. Ce n’est pas de leur faute: ils passent comme le charbon dans une chaudière de Titanic.  Il font avancer un bateau-Terre flambant dans l’espace.  On entend les mêmes mots, les mêmes formules depuis des décennies. Des pubs sonores et aseptisées. Raides, frappantes, et à la captation naïve.

Qui a dit que le monde, les gens devrais-je dire, devaient vivre selon l’ordre des banquiers, de la globalisation, et de la destruction continue? Nous voulons seulement être humains et vivre de ce petit paradis. Sans même demander l’éternité…

On leur demande une bougie, ils vous offrent des feux d’artifice. On leur demande la paix, ils nous demandent d’acheter des armes… pour la paix. Ils se disent serviteurs des peuples. Ils sont les servants de messe des banques. Une église qui a pris la place d’une autre…

On a tout volé aux vivants, on a tout pris aux vivants, on a découpé la Terre en pointes de tarte, en carrés, en cercles. Les riches, les pouvoirés, les en « chanteurs » de fin de mandats resteront de ces corbeaux qui veulent notre fromage.

Gaëtan Pelletier

Chloé Sainte-Marie Mamitunenitamun

Résister à la protecto-domination

Ainsi donc, la protecto-domination, cette entreprise de destruction massive pratiquée par l »assistant » envers l »assisté ». Quand vous n’avez plus de logis, des gens charmants vous proposent un hébergement, d’une durée variable. Certains de ces assistants sont tout à fait corrects, mais pour d’autres, c’est un prétexte à une opération de destruction massive, une opération de transfert, ce qui va mal en eux, ils peuvent en faire un petit paquet dont ils transmettent le poids sur vos épaules en critiquant, sans savoir qui vous êtes, votre personnalité et tout ce que vous avez pu faire.
Je sais que dans ces cas là, il faudrait pouvoir se lever, prendre son sac, affronter les mauvaises conditions climatiques, les dangers de la rue, plutôt que de baisser la tête et se taire pour fuir le conflit.
Je ne l’ai pas fait ces derniers jours et si cela m’a permis de reprendre régler des problèmes de refroidissement, la perte de dignité et le stress qui en résultent grignotent à la fois le moral et la santé. Je redresse la tête que j’avais baisser un instant, la dignité est aussi cette force intérieure qui permet de rester debout et d’avancer.

Je me retrouve à présent à la croisée des chemins. Soit j’accepte de servir de punshing-ball moral à certains qui se valorisent à mes dépends sans même vouloir entendre mon histoire en échange d’un lit et d’un peu de chaleur, soit je retrouve la fidélité à moi-même et le sens de mon combat contre cette globalisation sans âme, qui jette partout dans le monde les enfants de la Terre dans la guerre, la soif, la famine ou la misère. Plutôt affronter le froid que de me perdre.
Un combat juste qui fait entendre au monde pourquoi nous ne sommes pas les dommages collatéraux mais bien les cibles de cette guerre globale, contre les surnuméraires, ceux qui ne sont pas intégrables dans ce système-monde où le conformisme et l’acceptation du contrôle social (Brezinski parmi d’autres éminences grises de la globalisation) sont des pré-requis du droit à l’existence. Ce ne sont pas les seuls critères, pour d’autres, nés dans pays riches de ressources que les transnationales toujours plus monopolistiques entendent s’approprier, il suffit d’être nés au mauvais endroit, au mauvais moment. En Occident, où l’abondance reste de mise, ce sont d’autres sortes de cribles qui président à l’éradication de ceux qui incarnent – encore – une alternative, une marginalité, toujours plus réduite faute de combattants.
J’ai vu la mise en place de ces cribles sociaux aux cours du dernier demi-siècle. De même que la mise en place des matrices d’opinion (propagande) martelées par les médias aux mains des « dominants » qui les légitiment.
Sans logement depuis que ma caravane a mystérieusement disparu je fais la douloureuse expérience de la survie quotidienne, survivre encore un jour, une semaine, obstinément.

Après son pillage, petit à petit, je la réorganisais, et puis elle a disparu…

Aujourd’hui pour la première fois depuis longtemps, je retrouve les mots pour le dire. Poser les données du problème pour ne pas devenir l’acteur manipulé d’une pièce dont le sens nous échappe mais rester envers et contre tout, les co-auteurs du scénario d’un autre monde possible.
J’ai enfin trouvé un collectif, Doucheflux, qui me permet de poursuivre cette démarche dans un cadre collectif, même s’il s’agit surtout de parer au plus pressé, subvenir aux besoins les plus urgents des plus démunis. Les grandes ambitions politiques qui dépendant d’une conscience partagée par le plus grand nombre sont mortes, érosion de la colonisation yankee, acculturation et consumérisme roi, les écrans chevaux de Troie d’une civilisation décadente. La gauche ? Celle généreuse qui cherchait les chemins de l’équité n’existe plus en tant que mouvement collectif vers un monde meilleur, un monde plus doux, un monde plus équitable, un monde sans limites posées à la croissance qualitative, bienveillance et paix dans un monde réconcilié, parce que aucun ne s’attribue plus indûment les richesses des peuples.

A présent, je n’ai plus d’autre ambition que de lutter au quotidien, collectivement contre cette misère partagée qui conduit tant de belles personnes vers une mort prématurée ou la destruction irréversible d’une conscience massacrée par tout le poids de douleur du monde. On ne construit pas même un petit bout de monde convivial et chaleureux avec des légions de morts, d’éclopés. Et l’ambition aussi bien sûr de replacer la misère en contexte de remonter aux causes premières, pour ne pas devenir de ceux qui se donne bonne conscience en posant à tour de bras des emplâtres sur des jambes de bois. Rouvrir d’autres possibles quand ce sont ceux qui la vivent, la misère, qui définissent leurs espoirs, leurs besoins et leur capacité à faire exister des solutions créatives ensemble.
A suivre
Anne

http://les-etats-d-anne.over-blog.com/2016/12/resister-a-la-protecto-domination.html