Le livre

 

235-Bougie temps qui passe_maxi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis à lire un livre
Les premières pages sont déjà fripées
Chaque jour j’en tourne une
Chaque jour elle me retourne
Je suis surpris, inquiet
Que va-t-il se passer ?
Parfois je suis déçu
Parfois emballé
Certains passages sont si bons
Mais d’autres si moches que je laisserais tomber…
 
Lentement le portrait se trace
Qui est le héros, qui est le lâche ?
Dieu ou diable, savant ou minable
Je tourne et tourne sans cesse les pages
Las, emporté, triste, gai ou sage
 
Tout est si compliqué
Ai-je sauté des passages ?
Je retourne en arrière
Pour reprendre les images…
Le héros, le héros, sans cesse voyage
Sur un calendrier en tournant les pages
 
C’est ma vie, une autre tranche lirai demain
Dans l’espoir de ne pas voir le mot « Fin »…
 

Gaëtan Pelletier , Novembre 2008

Ballade – Phillippe Lafontaine

Y a que quand le soleil se couche
Que le gris de ses yeux s’irise
Il suffit qu’un rayon la touche
Pour qu’elle rougisseY a que quand le vent souffle au large
Sur l’océan de sa peau salée
Que mes mains s’attardent
Que mon corps débarque
Dans ses baies

Y a que quand le dais des nuits s’entrouvre
Que je sens ses doigts qui m’épellent
Suffit qu’un baiser la découvre
Pour qu’elle se réveille
Quand son dos sous le duvet s’embrase
Me laissant cendres de la tête aux pieds
Que mon corps s’acharne
Lui tire des larmes
Sans regret

L’assaillant de mes villes défaites
S’est vu près d’elle en ange déchu
Mais maudit soit le temps des tempêtes
Ses armes secrètes
Moi je l’aime sans dessous dessus
Même quand ses démons de femme me défient

Y a que quand le sud-est habille l’aube
Que ses tentations la dévoilent
Il suffit d’allonger l’épaule
Pour qu’elle s’étale

Echappée des flux et des cadences
Au paradis des Dante et Sade idées
Mon corps se déforme
Les saints s’endorment
Fatigués

Quand j’entends résonner les matines
Souffrant des péchés qu’elle avoue
Suffit que la marée s’anime
Pour qu’elle s’échoue
Sur les plaies du désir qui s’échappe
Ou sur le grain d’épiderme à rosée

Sur son ventre las
Je reste là
Où elle est

Paroles: Philippe Lafontaine, D’Oultremont. Musique: Philippe Lafontaine

L’homme qui regardait la télévision qui le regardait

Résultats de recherche d'images pour « vieille télévision »

Selon les documents publiés, les pirates de la CIA pouvaient entrer dans les iPhone d’Apple, dans les appareils qui fonctionnent avec le système Android et même dans des téléviseurs intelligents Samsung dans le but de récupérer des messages textes ou des messages vocaux. Par la suite, les pirates cryptaient ces appareils à l’aide de logiciels sophistiqués. Radio-Canada 

L’histoire d’Alexis qui regardait la télé le dimanche 

Cette histoire est véridique.

Il était une fois , il y a de ça 40 ans, un homme qui vivait quasiment en ermite sur un petit lopin de terre, dans une maison au bardeau de cèdre noirci par le soleil. Il cultivait sa terre et bûchait son bois pour l’hiver.  Le dimanche, il regardait la télé. Mais, un peu fêlé, disait-on, il s’habillait proprement, ajustant sa cravate, défroissant son veston, certain que les personnages de la télévision le voyaient.

Et tout le village rigolait de ce « Fool on the Hill ». Tout le monde sait que personne dans un appareil de télévision ne peut voir les spectateurs. Mais il tenait à son rituel: jamais il n’ouvrait la télé sans se raser, se laver, et porter ses plus beaux vêtements.

Il mourut quelques années plus tard, sa maison tombant en ruine, on l’acheta pour une bouchée de pain. Puis on jeta  la télé aux ordures-recyclages (sic, quelle belle menterie!).

Voilà qu’aujourd’hui, avec les appareils modernes, il se peut que votre télévision vous regarde, vous épie, et enregistre ce que vous dites, ce que vous faites. Tout est possible. Ce cher totalitarisme – au nom de la sécurité – vous fouille probablement jusque dans vos écrans d’ordinateur. Et pourquoi pas?  Il est devenu difficile d’avoir le contrôle de ses propres appareils… À se demander si l’appareil ne vous contrôle pas, sachant ce que vous bouffez, ce que vous pensez, vos intérêts, vos petits luxes et voilà le portrait de vous que vous ne connaissez même pas.

Désormais, avant d’ouvrir un appareil, assurez-vous de vous habiller convenablement, – idées y comprises – selon les règles de l’État. Le totalitarisme, lui, se présente endimanché, pur, chaste, immaculé.

Depuis que je suis au courant des méthodes CIiennes ( prononcer scie hyène), je me méfie de mon grille-pain, de ma brosse-à-dents électriques, de mon stylo, et même de mon chat. Charlie a des yeux charbonneux et bizarres: on dirait deux caméras qui me surveillent. Et je me demande si cette queue plus que poilue n’est pas une antenne…

Gaëtan Pelletier

Sol- L’hôpital est malade

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Impuissance

politique

Le voyage du cercueil

 

Le monde a semé des luminures 
Des joyaux piégés, des devantures 
Les Seigneurs à dollars, laminés d’or 
Poursuivent la crasse camouflée de dorures, dort 
 
Mon frère, dort, dans la peur de la Vie plus que de la mort 
Et pendant qu’ils frivolent, volent et volent
 Sous tes pieds les sols  
Ils sèment des déserts de poison, et dans l’aride territoire 
Le corps acéré, maigre  en lame de rasoir 
 
 
On entend d’ici, le rouge des printemps 
Les giclures pourpres des sangs 
Les enfants labourés ont leurs pieds attachés 
À nos écrans pourprés 
 
Les machines délirantes crachaillent leurs feux, carburent 
Aux discours insidieux des faux dieux 
Et la chamaille te larme! 
Et tes cris son ceux des enfants! 
Tu hurles, tu râles, en attendant 
De nouvelles armes…
 
La Terre est ta maison, et la maison t’enterre 
Tel un rond, fourbe, et lent cimetière 
Les esclaves acolores quittent leur village 
Pour engrosser l’avoir de ces fallacieux sages 
 
On te dit « main-d’oeuvre », déplacé, dépaysé 
Le doigt et l’âme dans l’engrenage 
Le cachot est virtuel, et les négriers cuivrés 
On t’a monté un beau bateau, petit nègre de mirages! 
 
La vanité aura creusé dans l’Univers 
Un cercueil: La terre 
Sous les combustions allongées 
Des cendres virevoussantes dans une urne givrée
 
 
 
 
 

Gaëtan Pelletier 

18 août 2013 

 

La quête

Quête

Quête 2