Quand il est mort le bûcheron…

bûcherons

Ça me peine: je ne verrai plus le bûcheron qui aimait les arbres , les coupait, en plantait et en prenait soin. Il est décédé il y a quelques jours. Jusqu’à la fin, il allait parcourir les bois le matin, tôt, quand les oiseaux réclament leur repas à leur maman.

C’était comme ça au Québec il y a quelques décennies. Les fils de ces piliers , aujourd’hui  administrateurs, médecins, avocats, simples travailleurs sont issus de cette race qui savaient à peine lire et écrire. Mais personne ne s’en souvient. Ce qui fait mourir ce monde c’est d’en effacer le passé. Le passé c’est la souche de ce que nous sommes. L’essentiel. Et c’est peut-être ce dont nous sommes en train de mourir: de l’essentiel. On se demande à quoi rêvent la génération jeune actuelle. Elle rêve d’une vie simple et tranquille, mais la « machine à fabriquer des êtres et des robots »  elle ,s’occupe de fabriquer les rêves. C’est une propagande intoxicante pour le cerveau et l’être. On se « désêtre »…

La formule frappante serait: une lutte les uns contre les autres et une réussite présente, journalière, annuelle, pour un échec final de l’humanité. Nous cultivons le provisoire et détruisons toute forme de concret pour laisser aux mains des grands chefs d’entreprises et des délirant personnages soi-disant importants nos destins.

Combien donnons nous, chacun d’entre nous pour que nos États fabriquent des armes au lieu de construire ce qui ne détruit pas, nous y inclus? On veut nous faire croire à la nécessité des guerres. Nous payons un prix fou pour la soi disant paix.

Alors, où son les résultats de cette « logique » de fabricants d’armes? Oui, c’était plus simple « avant ». Il y avait un certain confort à « travailler » pour rendre nos vies moins misérables. Mais depuis quelques décennies, chacun est un Christ crucifié entre deux voleurs.

Si on juge l’arbre à ses fruits, la perle Terre suspendue dans l’espace est en train de mourir d’un cancer de pollution, et d’un fourmillement de Satan(s)  élevés au grain du virtuel en train de falsifier la réalité.

Il y a quelque chose qui cloche au pays-Terre: on ne peut pas s’aimer et se détruire en même temps. On ne peut pas aimer la nature et la tuer en même temps. Taxe-carbone mon œil! Comme si l’argent réglait tout… Lui également se dirige vers l’invisible. Imaginez tous les aveugles que nous aurons dans deux décennies!

Gaëtan Pelletier

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Naissance du capitalisme

Drôle de drone

Le voyage du silence

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J’irai sur ton front tout doux
Mordre la lumière de nos hier
Aux frissons des jours ajouts
Avant que les froidures serpentent nos chair
Avant que s’emmêlent les frimas de nos hivers

Je nourris et me nourris de ton aura délicate
Au fermoir des secrets des cadrans sans temps
En quelque lieu sans lieu, quelque part sans date
En quelque port sans effroi, sans avant, sans vent

La frêleur de nos âmes aux roulis cachottiers
Fait le voyage de mes lèvres à tes lèvres
Un aller-retour, aux tricots d’éternité
Avant la fin d’un monde, sans va, sans trêve

Gaëtan Pelletier
15 janvier 2018

Pourquoi tout va s’effondrer

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Le copain

Le crépuscule des vieux

 

 

Sol (Marc Favreau)

l’unique et tendre poète.

Écrit peu avant sa mort…  touchant…

 

Le crépuscule des vieux

 

Des fois, j’ai hâte d’être un vieux.

Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sont biens.

 

Ils ont personne qui les force à travailler;

on veut pas qu’ils se fatiguent.

Même que la plusssspart du temps,

on les laisse pas finir leur ouvrage.

On les stoppe, on les interruptionne,

on les retraite fermée.

 

On leur donne leur appréhension de vieillesse

et ils sont en vacances….

 

Ah! Ils sont bien les vieux!

 

Et puis, comme ils ont fini de grandir,

ils ont pas besoin de manger tant tellement beaucoup.

Ils ont personne qui les force à manger.

Alors de temps en temps, ils se croquevillent un petit biscuit

ou bien ils se retartinent du pain avec du beurre d’arrache- pied,

ou bien ils regardent pousser leur rhubarbe dans leur soupe…

 

Ils sont bien…

 

Jamais ils sont pressés non plus.

Ils ont tout leur bon vieux temps.

Ils ont personne qui les force à aller vite;

ils peuvent mettre des heures

et des heures à tergiverser la rue…

 

Et plus ils sont vieux, plus on est bon pour eux.

On les laisse même plus marcher…  On les roule…

Et puis d’ailleurs, ils auraient même pas besoin de sortir du tout;

ils ont personne qui les attendresse…

 

Et l’hiver…

Ouille, l’hiver!

C’est là qu’ils sont le mieux, les vieux;

ils ont pas besoin de douzaines de quatorze soleils…

 

Non!

 

On leur donne un foyer,

un beau petit foyer modique qui décrépite,

pour qu’ils se chaufferettes les mitaines…

 

Ouille, oui l’hiver, ils sont bien.

Ils sont drôlement bien isolés…

Ils ont personne qui les dérange.

Personne pour les empêcher de bercer leur ennuitouflé…

Tranquillement, ils effeuillettent

et revisionnent leur jeunesse rétroactive;

qu’ils oublient à mesure sur leur vieille malcommode…

 

Ah! Ils sont bien…!

 

Sur leur guéridon, par exemple,

ils ont une bouteille, petite, bleue.

Et quand ils ont des maux, les vieux,

des maux qu’ils peuvent pas comprendre,

des maux mystères;  alors à la petite cuiller,

ils les endorlotent et les amadouillent…

 

Ils ont personne qui les garde malades.

Ils ont personne pour les assistés soucieux…

Ils sont drôlement bien…!

 

Ils ont même pas besoin d’horloge non plus,

pour entendre les aiguilles tricoter les secondes…

 

Ils ont personne qui les empêche d’avoir

l’oreillette en dedans,

pour écouter leur coeur qui grelinde et qui frilotte,

pour écouter leur corps se débattre tout seul…

 

Ils ont personne qui…

 

Ils ont personne…