Archives mensuelles : février 2009

Alain Bésil, écrivain. Le mystère du lac Pohénégamook. (extrait, chapitre 4)

CHAPITRE 4

L’ACCIDENT

«La vérité  n’est pas en quelque lieu lointain, elle est dans l’acte de regarder ce qui est.»

Krishnamurti

Tout déchirement nous amène à l’idée de créer une couture.

Alan Kart

Il est une étrange manière de vivre  cette  vie : chercher. Chercher un sens à celle-ci.  Tous les intellectuels qui sont passés en ce monde,  les philosophes, les chercheurs, les braqueurs d’idées, se sont demandé comment fonctionne l’Univers. Un avocat nommerait cela un «vice de procédure». Car, en fait, chercher est une activité «terrestre» et un passe-temps.  Elle est liée à l’idée qu’il y a un montage et une finalité. On ne démembre pas la structure de l’Univers, on structure l’Univers après un cumul, une capture de séquences qui nous donnent la plus grande illusion du monde : la connaissance.

Nous ne connaissons jamais vraiment. Mais nous la bâtissons toujours.

Les oiseaux se contentent de voler. Leur activité est le vol. Les humains, eux, cherchent à créer : leur activité est leurs actions. Et chaque fois qu’ils sont en «vol», ils se demandent comment ils volent, ce qui les fait voler et, surtout, pourquoi ils volent.

Ils diront que c’est l’air. Ils diront que c’est Dieu. L’idée la plus étrange est que Dieu a créé – si on peut dire ainsi- l’air pour respirer et le fait de voler est comme ces médicaments inventés qui traitent des maladies par effet secondaires.

L’être humain pense que Dieu est un cerveau. En un sens, oui. Mais il est un rêve avant tout. Et il a toutes les libertés du rêve. Tous ceux qui se réveillent avec le souvenir de leur rêve étrange diront : «Ce rêve était stupide». Pour l’humain, ce qui n’est pas organisé, ou qui ne l’est pas à sa manière est bête.

À penser ainsi, la forêt est «bête». La forêt du désordre où les lièvres font leur maison.

Alors, Dieu serait  un idiot.

Dieu apparaît plutôt comme  un subconscient dans lequel nous vivons. Et tous les matériaux sont là, sans ordre.

L’Univers fonctionne. Bref, il besogne, il se meut, et il joue à créer dans une sorte de  débris d’une structure génétique jamais stabilisée.

L’idée que nous nous en faisons est que celui-ci a un but : un long travail sur un temps qui nous apparaît infini. Nous lui accordons un «dessein», une finalité, comme s’il bâtissait, dans un plan bien établit un «avenir.  Comme si l’Univers était une sorte d’esclave à notre service. Et la plupart des gens attendent que l’esclave fasse le travail à leur place.

Et quand vient le moment de confronter toutes ces «vérités», il s’ensuit un combat d’idées. Il en ressort deux choses : une idée nouvelle et des vieilles idées,  ou conceptions, allant toutes aux rebuts.

L’humain a appris le jeu des idées. Les réalisations, de par ses découvertes, lui ont donné raison quand sont apparus des résultats techniques.

L’erreur a été qu’il a pensé décoder l’univers et que c’était là son rôle.  En fait, il n’en a pris que quelques matériaux et, en les joignant, a créé quelque chose de fugace : un momentané gonflé à la mesure de son orgueil et de sa vanité.

***

On roulait, dispos et alertes après notre petit déjeuner

Éva m’a demandé :

– As-tu bien dormi.

– Très bien…

J’avais toujours caché à Éva m’a «technique» pour  sombrer dans le sommeil. Elle, étranglée, nerveuse, anxieuse, cherchait toujours dans une façon prompte pour dormir.  Elle la  cherchait.

J’avais ma façon de le faire :je  créais le sommeil par un soudage   de rêves éveillés pour re-créer une esquisse de rêve pour y pénétrer. Je fabriquais en fait un «moule» de rêves.

Un soir c’était une aventure avec une femme que j’avais rencontrée par aléa  dans un magasin, ou ailleurs. Un autre, une simple aventure dans un décor d’un pays que je n’avais visité que par mes lectures ou ces documentaires télévisés.  Il suffisait d’un regard accidentel pour créer un monde, le mettre en cage, et le garder pour le soir.

On n’entre pas dans le sommeil par la porte de la raison.

Pour que vienne le sommeil, il fallait le composer comme une sorte de  symphonie, en notes et en rythmes, de manière à ce que le sommeil se  pointe. Le sommeil est un rêve à l’image du monde : il n’a pas d’ordre. Je ne créais pas un ordre avant de dormir, je construisais un désordre,  tel qu’il  s’en trouve dans les rêves. S’endormir, c’est défaire cette façon de faire du jour, si lié à la «raison» et à une vision cartésienne. Non. Le sommeil est comme un chat qu’on appelle dans le soir : il faut que le message soit simple.

Dormir est un désordre.

Je  m’enfile dans un rôle qui est déjà le spermatozoïde d’un rêve. Alors, en quelques secondes, je croule.

Mais comment dire tout cela à Éva ? Chacun a sa façon de vivre, de voir et, surtout, de structure.  Chacun a ses angles. Et nul ne sait si ces angles proviennent de vies autres, antérieures, présentes, mais différentes.  Je ne sais. Mais si je peux partager,  je partage. Le partage n’est jamais entier : il est à la limite le partage de fragments d’êtres.

L’entièreté est complexe comme la charpente de la structure chromosomique.

Dormir,  c’est mourir un peu… Mais de plus en plus, les gens ne savent ni vivre, ni dormir, et encore moins mourir.

L’univers est vieux. On dirait que parfois il se conduit comme une habitude…

***

Nous roulions lentement. J’ai regardé dans le rétroviseur : une petite voiture bleue nous suivait. Une Honda Civic. Elle zigzaguait. J’ai vu que le conducteur s’impatientait. J’ai alors tenté d’accélérer. Mais le moteur se mit à hoqueter.Toujours, toujours, on cherche la raison. Il n’y en avait aucune : le motorisé avait été remis à neuf.

Il y avait deux occupants dans la voiture. Deux jeunes. J’entendais le bruit d’un rap, les  vitres étant ouvertes.

Sur la route ondulée, toujours imprévisible, je vis les jeunes nous dépasser et nous faire un doigt d’honneur.

Puis ils accélèrent bruyamment et continuèrent de nous regarder avec un air hautain.

C’est alors que se produisit l’accident.  Leur voiture frappa une autre à quelques mètres de nous. Au choc de celle-ci,  dans le pare-chocs arrière, l’une prit la droite et culbuta dans le fossé.

Éva hurla.

L’autre voiture, par ricochet, prit la voie de droite et heurta un VTT qui traversait la route près d’un petit pont surplombant une rivière.

Tout se passa en quelques secondes.

Je n’eus que le temps de freiner pour voir les trois véhicules éparpillés dans le décor. Bizarrement, en dérapant, le VTT, frappé par la petite voiture propulsa une pierre qui heurta une hirondelle en plein vol. Je vis l’oiseau frappé, déplumé, et se dissoudre lentement dans le ciel, culbutant  en son vol brisé. Puis il s’affala comme une pierre sur le sol.

Je suis resté rivé en un temps qui me parut long sur cet oiseau frappé par une pierre.

J’ignore pourquoi j’étais fasciné par cette «scène».En même temps, une mouche s’aplatit sur  le pare-brise et fit une tache de couleurs qui me rappela une peinture d’un peintre célèbre dont j’ai oublié le nom. . Or, en regardant la mouche, je vis l’oiseau qui tombait, comme si la mouche avait été la mire et que mon regard avait tué l’oiseau.

Éva demeura figée.

Et je sais que nous nous sentions tous les deux hors de celle-ci, comme propulsé dans un autre monde, une dimension, où tout s’arrêtait, où tout nous figeait.

Nous sommes sortis lentement du motorisé. Une chaleur intense et un grand silence régnaient sur la route biffée et calfeutrée de goudron.

– Alain ! Vous êtes blessé au front. On  dirait qu’une mouche vous a frappé.

J’ai passé mon doigt sur mon front. Une  tache rouge au bout de mon doigt.

Comme si la mouche avait traversé le pare-brise et m’avait heurté le front.

Je m’essuyai.

Pendant les deux heures qui suivirent, les secours arrivèrent, les odeurs de caoutchouc et de métal brûlé me pinçaient les narines.

Dans tout ce brouhaha d’ambulanciers, de policiers, de curieux  qui grimaçaient, nous nous tenions tranquilles, simplement là,  à regarder un spectacle.

Mais une dame, une brunette avec son grand micro, vint nous voir.

– Comment est arrivé l’accident ?

Je suis demeuré muet.

Depuis le début, les gens, les autos, bref, tout le monde, avait piétiné la carcasse de l’oiseau.

Écrabouillé. Plat.

Il ne restait qu’une ou deux plumes agitées par le vent, qui clignotaient, comme pour nous dire qu’il y avait toujours une quelconque vie en lui.

En fait, personne n’avait été blessé. Mais toutes ces carcasses de métal brisées, tordues, impressionnaient.

La plume qui gigotait encore au vent, s’arracha de la carcasse de l’oiseau et se remit à voler, toute frétillante et agitée par le passage du camion-remorque.

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JEANNOT ET STEPHEN

« Quand j’aurai le don de tous les mystères et de toute la connaissance…Si je ne n’ai pas l’amour, je ne suis rien »

Lettre de Saint Paul aux Corinthiens, XIII

La bûche : le citoyen au fourneau

Le citoyen bûche pour gagner sa pitance. Le travail est sa valeur fondamentale.

Et dans un monde normal, il a l’espoir, disons l’ambition d’accéder à un certain confort.  Le confort qu’il revendique n’est pas seulement matériel. L’être humain, simple, sans malice, franc a un grand rêve : celui d’être heureux. Il sait d’instinct. Sa philosophie de vie  n’est pas compassée : il a les deux pieds sur terre.

Il est intelligent, car il sait qu’il a ses deux pieds sur Terre que le temps d’une vie. Il n’a pas d’illusions, il est sain. En un sens, il est élémentaire. Car il est encore lié, soudé à la nature et à la famille, souvent à une religion.

C’est un peu l’agneau en sacrifice.

Mais c’est davantage la bûche  d’une sorte de nouvel Auswitch répandu à l’échelle planétaire se sert de lui pour faire  rouler les usines à fabriquer de la richesse.

L’humain : œuvre d’art

Quand l’Allemagne Nazie  conquit l’Europe, elle pilla sur son passage les œuvres d’art des grands artistes de l’humanité.

Quand les États «modernes» à travers leurs conquêtes économiques passent, éparpillés à travers la planète, , ils pillent ce que l’Humanité a créé de plus éblouissant et complexe : l’humain, ce mélange de chair et d’âme.

Cependant, la récolte du travail du citoyen qui voit son monde en «développement», n’est pas à la mesure de ses attentes pourtant simples, il se fait voler non seulement son travail, mais sa foi en celui-ci.

Notre naïf n’est pas dénué d’intelligence : il sait qu’il perd au change. Son instinct social lui révèle qu’il devait normalement, de par un enrichissement de société, via ses pairs, avoir un peu plus. Mais en qualité, non pas toujours en quantité.

C’est notre homme simple.

1) Vivant avec une péréquation constante entre partenaires sociaux, la population allait manifester moins de respect pour la justice commutative. 2) Elle souffrirait un appauvrissement relatif sociétal constant, par le manque à produire de ceux qui ne participeraient pas au processus de production. 3) Des conflits sociaux naîtraient de la rancoeur de ceux qui porteraient un fardeau démesuré sans en recevoir les avantages correspondants. 4) Une perte de motivation s’installerait, la négation même de cette volonté d’enrichissement individuel et collectif qui est la pierre d’assise de la société. Pierre JC Allard, Coco et l’assistanat

Jeannot et l’entropie des trous noirs

Mais qui donc est Jeannot?

C’est mon cousin.

Jeannot est un travailleur autonome, qui a besoin de bouger, qui garde un contact avec la nature.

Jeannot ne sait rien des travaux de Stephen Hawking. Stephen Hawking

Le jour où ma mère est décédée, nous avons eu une longue discussion philosophique sur la vie et la mort.

Je n’ai jamais tant appris d’un ignorant. Si on passe à travers tous les grands livres du monde pour devenir humaniste, lui, était passé à travers le quotidien et la somme des vies qui l’entouraient.

Il a réussi ce que plusieurs ont raté : ne pas être une bûche.

Si Stephen Hawking avait besoin d’une chaise pour «penser», il pourrait lui dessiner et la fabriquer de ses mains.

Si Hawking n’avait pas Jeannot, il ne pourrait pas…penser.

Production des sages : l’usine à fabriquer des chaises

Pour conclure, notre société produit peu de « sage », elle crée certes des comités d’éthique constitués de grands penseurs, mais le plus souvent ils ne sont que le produit de l’instrument, de la structure qui les a formatés. C’est comme si les maîtres tibétains pour former leurs comités de sages choisissaient pour cela un égoïste, un vaniteux, un coléreux et un mauvais père de famille. C’est ce que nous faisons sans cesse et nous sommes surpris qu’il n’en sorte pas de solutions.

Ddacoudre, Agoravox

Il est vrai que notre monde ne s’acharne pas trop à produire des sages. Les sociétés ont avantage à produire des êtres au moule qui fabrique des moules.

Si on créait une usine à sages, il adviendrait probablement que la qualité de nos sociétés, des travailleurs, des gens simples s’améliorerait sans trop nuire aux riches.

Mais le riche est  trop pauvre pour avoir des vues à long terme. Pauvre, socialement… Riche ignare.

Il ne veut pas fabriquer des trônes – il tient au sien, et surtout à le garder  – il fabrique donc des chaises comme celles de chez McDo : inconfortables, pour que le client puisse quitter rapidement afin de faire place à un autre client.

L’esclave griffé : l’Eldorado du «pouvoiré»

Toutes les sociétés semblent avoir eu le mythe d’une terre lointaine d’où peut venir la richesse ou la solution des problèmes. Il y a eu l’Atlantide, Shangri-la, le Klondike… l’Eldorado… Après la décolonisation, les pays dits « en voie en développement » ont été perçus par les entrepreneurs des pays développés (WINS) comme un Eldorado. Toute une génération de managers/gerfauts – pour qui São Paulo ou Bamako n’étaient pas des réalités bien distinctes de Saturne ou de Bételgeuse – sont partis à la quête du Graal des marchés du tiers monde, en y investissant non seulement des sous, mais de grandes ambitions… et leur amour propre. NOUVELLE SOCIÉTÉ

Pierre JC Allard parle ici d’endroits, de lieux, de pays, mais il y a pire.

Le citoyen, le travailleur, est en lui-même une mine à creuser et à exploiter.

Notre exploitant a su utiliser les faiblesses de cet humain : orgueil, ambition, vanité, tout cela est en dormance  dans n’importe lequel être humain. Le pouvoir s’est toujours acharné sur les faibles, les moins nantis, en leur faisant miroiter la richesse, l’illusion du plus. L’illusion du meilleur par le plus.

Certains n’échappent pas  au phénomène du guru.

La faiblesse et la naïveté, bref, toutes combinaisons confondues, peuvent également devenir  cet Eldorado exploitable. Et plus les miroirs sont nombreux, moins la vision d’une réalité solide est brisée, éparpillée, schizophrénée.

Il suffit d’une recette et d’une illusion.

Si le simple citoyen peut avoir accès à une demeure de 200,000$, à certains «plaisirs» semblables à ceux des  grands…Le tour est joué.

Même si sa réussite est une dette, il joue le jeu de ceux qui font semblant que la dette enrichit.

Plus la bûche est gonflée, plus elle chauffe la grande chaudière du château.

On pensait le roi mort.

C’est un tison caché, camouflé.

Satan a su camoufler son habit de charbon pour un beau costume rouge, tout pétillant.

COMMENT SAUVER L’INDUSTRIE AUTOMOBILE

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Si j’avais un char, ça changerait ma vi-e
J’irais m’ promener su’ l’ bord d’ la Gaspésie
Si j’avais un char, ça changerait ma vie
J’aurais l’ nez dehors et toi aussi ma jolie

Paroles et musique: Sylvie Choquette, Stephen Faulkner

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La danse de la pluie

Les «brailleurs» de fonds de l’industrie américaine de l’automobile passent leur temps à se déplacer pour quêter des milliards de dollars.

Selon une étude – non exhaustive – 8 sur 10 de ses quêteurs utiliseraient une voiture autre que celle fabriquée aux Etats-Unis.

Les amérindiens, pour qui j’ai une grande admiration pour leur culture,  dansaient en période de sécheresse pour qu’il pleuve.

Les cravatés de l’industrie, ceux qui rigolent en voyant des amérindiens avec une plume sur la tête, devraient avoir honte : ils n’on pas de tête pour s’y planter une plume.

C’est tout de même ce que font les dirigeants, autour d’une table bien garnie, cérémonieusement pieux et hypocrites dans leur schizophrénie mensongère qui veut nous faire accroire qu’ils veulent se «priver» pour sauver l’industrie.

De vrais employés de garage, conseillers-vendeurs…

Ils dansent autour des politiciens afin de quémander la somme de toutes les sommes, celle qui nous assomme.

Combien?

Si vous voulez tricoter un gilet, et que vous voulez en faire une surprise, vous faites des mailles, mais sans montrer votre patron.

On ne saura jamais combien… Car en fait, c’est une collecte d’aumônes trimestrielle. Avec possibilité de prolongation…

Le banc de quêteux

Quand j’épluche la liste de recherches pour se rendre à mon blog, je vois souvent cette expression : banc de quêteux.

J’ai fouillé pour savoir ce que c’était.

C’est un banc qui servait autrefois aux quêteux qui parcouraient le pays. C’était un métier. Mendier…

Pourquoi un banc?

Pour qu’ils puissent se coucher sans entrer dans la maison afin d’éviter qu’ils infestent celle-ci de poux.

Ils étaient moins gros que celui-ci. La présente image est à la ressemblance d’un financier qui essaie d’infiltrer votre maison.

Et pour le banc de quêteux, si vous n’en avez pas, envoyez-le dormir dans une cour à scrap, ou encore dans ces parcs de voitures abandonnées ou saisies.

La solution finale

Pour «retaper» l’industrie automobile, ou pour la tuer tout simplement, je suggère au gouvernement qui nous cambriole portefeuilles et sacoches,  de prendre ces milliards et les injecter dans «l’économie du peuple».

Procédure

Se débarrasser du surplus de production en donnant à des citoyens d’un pays des voitures.

Le gouvernement les achète au prix coûtant, voire moindre, et distribue des voitures selon des critères qui pourraient stimuler l’économie.

Exemple : Une famille composée de deux parents et de deux enfants, n’ayant pas de voitures, ou étant possesseur d’un tacot rouillé et agonisant pourraient se voir éligible au «programme».

Pour amortir le coût du «don», on demande un acompte équivalent à 10% de la valeur du coût de construction de la voiture.

Ensuite, on exige qu’il verse un montant mensuel équivalent à 20% de son salaire net hebdomadaire.

Exemple : Un employé travaillant au salaire minimum ne débourserait qu’environ 35$ par mois. La conjointe, la moitié, soit 17.50$ et 10 dollars par mois par enfant.

Total par an. Ce qui ferait environ 750$ par an par foyer.

J’ai appris toute cette mascarade en singeant les procédés habituels de l’économie de vendeurs de produits auto-destructeurs.

Ah! J’oubliais.

Qu’on écrive les contrats en toutes petites lettres…

Les effets

Cette procédure élimine en quelques mois les surplus – aux alentour de 30% – de production.

Ils enclenchent des revenus d’utilisation reliés à cet engin : essence, changements d’huile, vérifications, pneus, nouveaux revenus de taxes, vente de cire ( la fierté doit briller), et de produits de toutes sortes. Jusqu’aux petits sapins qui puent suspendus au miroir. À condition qu’ils soient fabriqués au pays du sapin. On pourrait utiliser les sapins de Noël, les recycler, ou en «sucer» les parfums avant de les couper, ou juste après.

Sorties et épandage de retombées économiques. Accidents – donc réparations – coup de fouet à l’industrie des assurances.

Et les marchands de pièces automobiles… Et les fonderies qui sont des fournisseurs de pièces, sous contractants…

L’industrie de l’automobile se remettrait au travail, le temps d’en construire une moins polluante et énergivore de l’énergie fossile.

PDG pour les nuls

Beau titre de livre!

Ça fait des décennies qu’on roule en se faisant rouler.

Je suggère donc un système corporatif où chaque citoyen deviendrait de par sa quote-part un pixel de PDG. La démocratie des affaires. Rien de moins..

Et pour ce faire, rien de plus  pratique que de passer par l’internet.

P.S : Je vous réfère à un article de Pierre JC Allard sur le site des 7 du Québec.

Tout simplement parce que ce ne sont pas les idées qui manquent pour améliorer notre sort. La mienne est saugrenue, mais certaines sont sérieuses.

Le greffe virtuel… et l’immortalité

Pierre JC Allard


POLITICIEN

homme-de-paille

Vue intérieure du politicien, pâture à banquiers.

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I can buy my tailor…

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Ils ne sèment ni ne moissonnnent….

MY TAILOR IS RICH

Ail ou radis ? Are you ready ? Etes-vous prêt ?

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Je viens d’être promu prof… C’est mon premier cours…J’ai passé mes étés à vendre des autos. J’ai un bac en psychologie, mais j’ai pas le droit de pratiquer. Faut une maîtrise…. J’ai pas de contrat. Je fais de la suppléance. On prend ce qu’on a… Ils prennent ce qu’ils ont…

Je rentre en classe avec une liste d’élèves…

–  How are you?

–  J’peux-tu amener un café en classe?

–  Comme dirait Dieudonné: s’il est noir, oui.

–   De quoi tu parles man?

–   T’as pas le droit de boire des breuvages autre que de l’eau.

–  Stie! J’ai pas dormi de la nuit…

– T’as pas le droit de sacrer!

J’ai affaire à un gothique vêtu de noir qui a des yeux de poisson rouge. Passe sa copine. Vêtue de noir, des pieds à la … bof! Tête. Le poisson rouge s’est flanqué des verres de contact sanguinolent. Pour de vrai! Quand il lève la tête, on a envie de payer son billet de cinéma.

–   Schindler  n’est pas là?

–   Non, elle est malade…

–    Qu’est ce qu’elle a?

–   La chiasse mexicaine…

–  Hein!

–  Le va-vite…En québécois…

–   J’peux-tu aller aux toilettes?

–  Tu viens d’arriver…

–   Schindler n’est pas là?  lance quelqu’un… Tabarnak!

On m’a averti qu’on l’appelait Schindler parce qu’elle avait une liste d’élèves dont elle s’était si épris qu’ils n’avaient qu’à prononcer le mot MUFFLER pour leur donner  des points en anglais.

–    J’ai envie…reprend l’autre en se tortillant.

–   Vas-y.

Rentre une blonde au décolleté, genre Grand Canyon. En regardant à l’intérieur, on peut voir la Chine, en dessous. Beau sourire! Qu’est ce qu’elle va essayer de me soutirer?

Il est 8h47. La moitié de la classe n’est pas là. Je dois prendre les présences. 18 sur la liste. J’en ai 11, dont 4 qui dorment déjà sur leur bureau. Les autres parlent. Rentre alors le dernier bus jaune.

–   On fait quoi aujourd’hui, monsieur?

–   On écoute un film?

–   Super! C’est quoi…

–     Vous avez le choix : Van Helsing ou Fire in the sky. L’histoire de bûcherons enlevés par des extra-terrestres. Une histoire vraie..

–    On aime mieux les DRÔLES DE VIDÉOS…

–  Voir des chats capables d’aller faire ses besoins sur une toilette, ce n’est pas très …anglais. Bon! Si vous voulez… Mais avant il vous faudra travailler en groupe…Une heure…

–  Une heure! Crie Jean-Sébastien Côté-Tremblay, celui qui a une culotte si large qu’il pourrait y avoir deux élèves en un, … ou bien il traîne une toilette portative.

–  On aime mieux le travail de groupe…

–   O.K. installez-vous. Qu’est ce que tu fais sur l’ordi, Cindy?

–    Je check mes emails.

–   Deux mots, deux points…

Faut les encourager, m’a-t-on dit. Faut les garder aussi. Une baisse de clientèle signifie moins de profs, moins de profs signifie que DG n’est pas efficace. Puis on craint le privé…

Ils s’installent. Je fais le tour de la classe.

–    À quoi vous jouez?

–    Aux cartes…

–  Aux cartes?…

–    Oui, mais en anglais…

–   Ah! Je n’ai pas entendu un mot d’anglais

–   Schindler  nous le permet.

–    Ah!

–    Et vous?

–      On joue au Scrabble… Peux tu nous donner un nom avec la lettre F et U…

–     Fuck!

–   C’est trois point chacun. Ça veut dire qu’on a une compétence en anglais.

–    Ah! Bon!

–    J’ai un W, monsieur…

–    C’est quoi les autres lettres?

–     Un e et un b.

–  Web.

–  Génial!

–   On dit «Great!»…

–  C’est ça que je voulais dire.

–  Mais tu ne l’as pas dit…

–  Mais j’y ai pensé..

–   ….. »/$%?&

Rentre le travailleur social qui commence à distribuer ses condoms. Remarquez, c’est normal de distribuer des condoms : ils commencent à faire l’amour avec un ours en peluche…

–  Avez vous saveur de cerise?

–  Non, demain. Nouvel arrivage…

–  On va prendre la queue de la cerise

On se tord de rires.

Quelques minutes plus tard, j’en perds 7 qui s’en vont à une conférence sur la drogue. C’est pas parce qu’ils ont quelque chose à apprendre, c’est seulement que c’est la seule place où on ne fait rien, et qu’ils savent tout en partant.

–  On peut tu en prendre avant? C’est une joke…

Je reste seule dans un coin avec un élève qui lit une revue et me demande de traduire. Une revue sur le cannabis..

–  En anglais? Bravo!

–   J’comprends rien…

À côté de lui un étudiant un peu perdu dessine son rêve : une Honda Civic.

– Dans quel film voit-on des Honda Civic?

–   Rapide et Dangereux…

–  En anglais…

–  Fast and …

–   5 sur 10 .

J’ai passé le reste du cours à traduire la revue sur le cannabis. J’en appris des choses… Les autres se sont mis à faire l’inventaire et des commentaires sur le choix de  leurs condoms. Et ceux qui sont revenus de la conférence se sont mis à parler du salaire qu’ils gagneraient s’ils étaient ceci ou cela.

Il reste dix minutes avant la fin du cours.

–  C’est tu vrai qu’un prof ça gagne $60,000 par année?

–  Oui, après 15 ans..

–   Et ça fait rien, s’exclame une élève…

–  Non, comme toi. Tu as dormi pendant tout le cours. Et en fait, j’ai enlevé la moitié des points qui t’étaient alloués pour ta présence.

–    Stie que c’est chien!

– Vous aurez Schindler demain…

–   On va pouvoir regarder The funniest vidéo? Et jouer aux cartes en anglais? Et parler des condoms, dessiner

–  Bof! Oui…

–   Yes!

– Je te donne  9/10 pour ton Yes.

–  Pourquoi 9? Je vais te poursuivre avec un avocat…

–   T’en connais un?

–   Mon père.

–   Je vais donner 10…

– C’est cool, man!

–   Ça mérite un 12 sur 10. T’es fort en anglais… Deux mots…

–  Tu joues de la guit, man?

–   Oui. Pourquoi tu demandes ça?

–   Ton pick  de guitare vient de tomber de ton portefeuille

–  Et tu chantes?

–   Oui, le chantage je commence à m’y connaître.

–   Comment tu trouves ça être prof d’anglais?

–   Super! Comme dans la vie : on sait rien, on magouille, on fait du chantage, on joue au scrabble, on fait la guerre au prof. Finalement c’est comme ça dans la société.«Ce qui est important, c’est pas ce que tu connais, c’est qui tu connais».

–   Comme Schindler, me répond le rouquin. Celui qui les week-end fait des shows en imitant Elvis. C’est comme ça d’ailleurs qu’il a vidé le bac à papier de l’imprimante : en voulant imprimer toutes les chansons d’Elvis. L’imprimante a craché tellement de papiers qu’on aurait pu torcher 200 chinois pour un mois.

–  Peux tu me chanter un bout de tes chansons?

–    Ouais!

Il commence : c’est du chinois. Il ne comprend rien à ce qu’il dit. Mais il est si imbu que ses paupières, ces rideaux d’œil, s’abaissent quand il ment. C’est rare qu’on le voit les yeux ouverts…

–  Je vais te vendre  un billet de mon show…

Drinnnnnnnnnnnnnng!

Sauvé par la cloche.

LE FROID FOOD

Le ministère des Travaux publics construit actuellement une nouvelle cuisine géante à Ottawa, où seront préparés sous peu les repas que dégustent les députés et les sénateurs ainsi que les employés de la colline parlementaire.

Le camion de livraison

La cuisine étant en réparation et désuète, datant des années 60, la nouvelle bâtisse servant de cuisine sera située à 10 kilomètres. À -20 degrés, j’imagine que le plat sera froid en arrivant au parlement.

En plus des cuisiniers, il faudra j’imagine quelques livreurs. Ce qui devrait créer une dizaine d’emplois.

Ce qui s’appelle lutter contre la crise en investissant dans une infrastructure humaine.

Les députés mangeront donc froid. Ou selon leur choix… Du macaroni réchauffé, comme à la maison.

On ne précise pas la manière dont les plats seront réchauffés. On précise toutefois que le réchauffement sera optionnel.

Le four à micro-ondes est peut-être un peu trop rapide…

Mégacuisine

2300 mètres carré.

«Comme dans le cas de tous ses nouveaux projets de construction, le gouvernement du Canada tient compte du meilleur rapport qualité-prix pour les contribuables canadiens», a indiqué Nathalie Bétoté Akwa, porte-parole du ministère des Travaux publics.

Le contrat a été accordé le 18 avril dernier. On n’en a pas trop parlé.

Coût : 26 Millions.

On ne précise pas non plus si c’est une cuisine temporaire, ni si le coût est temporaire.

Si, toutefois, on réutilisait l’ancienne cuisine, il faudra trouver une nouvelle vocation à ce bel édifice.

Une soupe populaire?

Ayant vécu à Ottawa, la pauvreté et l’itinérance existe aussi. Mais elle est bien enfouie au creux de la ville.

L’ami en toast

Méchant jeu de mots. Je me prends pour François Pérusse.

Dangereuse l’ancienne cuisine?

On y enlèvera l’amiante des murs…

Le plus important de la journée

Manger son petit déjeuner froid ou réchauffé… Paraît que c’est le repas le plus important de la journée. Selon la bible alimentaire…

C’est comme le créationnisme :  ça dépend à quoi l’on croit. Dans certaines peuplades du Sud, on mange entre midi et deux heures.

C’est le repas le plus important de la journée…

En Afrique on manque quand on peut.

C’est le repas le plus important de la journée…

À tous les ans, les canadiens mangent une élection : 300 Millions.

C’est toujours la même recette : sauf que l’assiette est comme celle des avions, il faut qu’elle soit stable.

C’est le repas le plus important de l’année.

On y mange du politicien froid.

D’ici, il y a quelque mille kilomètres.

M. Harper arrive froid à la télé.

C’est le repas le plus froid de la journée.

LE FANTÔME DE LA RUE ADÉLARD

Vous est-il déjà arrivé d’avoir envie d’uriner à six heures du matin?

Nous, oui… Surtout au mois de mars, quand le soleil commence à s’immiscer dans la fente, juste à la bordure des toiles… On se réveille comme si on avait faim de l’été et qu’on voulait déjeuner de lumière.

C’est ce qui est arrivé à ma femme ce matin-là.

Je regardais la toile baller et la fente s’entrouvrir, l’oeil à demi fermé. Car de la plinthe électrique s’élevait une chaleur qui agitait doucement la toile, la soulevant dans un mouvement de tangages, laissant pénétrer la lumière.  Mais je voulais rester couché, enveloppé, langé dans la torpeur, entre le rêve et la réalité. Au chaud sous la couette, je n’osais pas briser cette langueur doucereuse. J’étais bien. Trop bien… Et je ne voulais surtout pas ouvrir l’oeil pour regarder le cadran.

J’entendis Andrée descendre l’escalier pour se rendre à la salle de bain. Je me suis  alors laissé glisser dans le sommeil. Mais pas pour très longtemps…

–   Gaëtan, Gaëtan, réveille-toi. Il y a un fantôme dans la maison.

Elle me secouait et je frissonnais. Car elle souleva la couette et je sentis l’air frais se glisser sous les couvertures.

–   Un fantôme? Tu dérailles… Ils viennent à minuit, pas à six heures…

–   Viens voir…

–   Bon, je sais que Saint-Pascal est une ville fantôme…Mais ce n’est pas de ma faute.

–   Si tu n’étais pas aussi sourd, tu pourrais entendre…

–   Entendre quoi?

–   Le bruit des chaînes.

–   Ah! C’est vrai, les fantômes se promènent toujours avec des chaînes… Je me demande bien pourquoi… Ce doit être d’anciens prisonniers de la vieille prison de Kamouraska. Tu y as travaillé trop longtemps… Ils te cherchent…

Je rigolais… Mais en soupirant… Un peu exaspéré.

–   Bon! Je vais aller à la salle de bain… Je suis déjà réveillé…

Cela sembla la calmer.

Je descendit lentement. L’escalier étant abrupt, je risquais de tomber. Surtout qu’elle avait été peinte par une peinture luisante et traîtresse dont il fallait se méfier.

Andrée  me suivait.

Aucun bruit. J’ouvris la porte de la salle de bain. Rien. J’avais attrapé quatre souris l’automne précédent…

–   C’est peut-être les souris qui reviennent se venger….

…. Des souris avec des chaînes, c’est plutôt étrange…

–   Arrête de te moquer de moi… Je te dis qu’il y a un fantôme dans la maison.

Je soulageais lentement ma vessie, regardant dehors par la fenêtre. C’est difficile de regarder dehors à travers les murs, pensai-je. C’est alors qu’un bruit de chaîne s’éleva. D’abord sourd et lent, avec quelques coups secs qui firent écho dans la maison. Comme si quelqu’un frappait quelque part sur les murs.

–   Tu entends?

–   Ouais…

Je ne l’ai pas dit, mais j’étais figé. J’ai frissonné. Puis il y eut un claquement qui me glaça la colonne vertébrale. Brrr!

–   Ça te fait quoi?

–   J’ai encore plus envie de pipi qu’avant…

Elle poussa un cri.

–   Je sais d’où ça vient, hurla-t-elle.

–   D’où?

–   Du solarium, on dirait.

Nous sommes retournés à la cuisine en nous tenant par la main. Je sentais sa poigne tendue et déjà moite. Nous nous sommes approchés lentement de la porte d’entrée. Plus on approchait, plus les sons s’intensifiaient. En fait, je dirais qu’ils s’amplifiaient aussitôt que nous approchions de la porte.

Je me suis approché, silencieux. On entendait le tic-tac de l’horloge.

J’ai soulevé lentement les stores. Le fantôme s’agita: le bruit de chaîne devint tel qu’il y eut une série de claquements et chutes de pièces si lourdes que le mur en trembla… Et nous aussi… Sons métalliques, froissement de cartons, vitres brisées ou fêlées. Bref, le tout mêlé et d’une puissance qui nous figea sur place. Le fantôme semblait s’exciter et se fâcher à mesure que nous voulions l’approcher.

Attendre. C’est ce que nous fîmes pendant quelques secondes. Les bruits cessèrent. Mais pas entièrement. Il y avait toujours ces sons clinquants de la chaîne sur un plancher.

Je murmurai à Andrée:

–   On peut toujours appeler le 911… Mais pour les fantômes, je ne suis pas sûr qu’ils vont nous croire.

Elle me regarda abasourdis.

–   Grand niais…

–   Je ne mesure que cinq pied deux, n’exagère pas…

–   La police? Suggéra-t-elle.

–   La police? Comment enchaîner un fantôme qui l’est déjà?

Elle était aux bords des larmes.

–   Fais quelque chose!… Je t’en prie, fais quelque chose!…

–   Soit. Je vais retourner aux toilettes…

Elle n’a pas eu l’air d’apprécier mon sens de l’humour. Alors j’ai foncé vers la porte, l’ai déverrouillée et ouverte…

Andrée hurla.

Une masse noire et puante se lança sur moi. Une sorte de monstre poilu attaché à une chaîne. Je me suis débattu avec fébrilité sans pouvoir vaincre la bête.

Andrée pouffa de rire.

J’étais par terre, accroupis, et la bête me léchait le visage. Noirot, le chien de Monsieur Turcotte, celui qu’on allait caresser à chaque fois que nous passions près de lui. Il s’était détaché et traînait sa chaîne.

Un air froid se répandit sur le plancher. Mais le chien ne me lâchait pas. Ce n’est qu’au moment où Andrée s’occupa de lui qu’il cessa de me lécher.

Quelques minutes plus tard, je remis le «fantôme» dehors et retourna au lit pour quelques minutes.

Ce jour-là, je partais pour Rivière-du-Loup. En passant, une heure plus tard, en voiture, je vis le chien qui me reconnut.

Heureux que j’étais de le voir frétiller de la queue, j’ai agité ma main comme pour le saluer.

C’est à ce moment que je me suis rendu compte qu’il n’y avait personne dans la rue. Si quelqu’un m’avait vu saluer un chien en conduisant une voiture, il aurait sans doute pensé que j’étais fou…Ou bien qu’un fantôme arpentait la rue, et que moi seul pouvait l’apercevoir.

Mais l’amour, est-ce que ça se voit?

Gaëtan Pelletier

Mars 2002