Archives de Catégorie: LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES

Le pipigraphe

L’entreprise les Viandes du Breton à Rivière-du-Loup confirme qu’elle met en place une nouvelle politique de gestion des temps de pause qui limite le droit de ses employés d’aller à la toilette

Un travailleur pourra désormais demander de s’absenter aux toilettes pour un maximum de 10 minutes, et ce, trois fois par semaine. ( Source

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Je me suis demandé où pissaient les esclaves qui ont fabriqué les Pyramides de Gizeh.   Mais peu importe… Pourvu que l’on fasse pipi quand l’envie vous en vient. L’entreprise en question s’appelle Viande du Breton. Les employés passent leur journée à découper des carcasses de porcs. Au froid, c’est certain … Ça doit donner envie d’aller au petit coin. Mais selon certains employés, quelques uns exagèrent: 30 minutes.

Mais dans un monde de rendement max pour les actionnaires, ça compte. Si un employé y passe 30 ans. 365X30minutes par 30 ans – attendez je vais prendre mon cerveau d’une main et mon crayon de l’autre…  Ça fait 82 heures par an pour un employé.  Pendant 30 ans 2460 heures. Et si 10 employés vont au pipi trop souvent on se retrouve avec 6000 semaines de pertes au bout de 30 ans. Et 13 ans de travail … sans travail.

 Ça vous démolit un administrateur…

Mais l’administrateur pense à tout. Il calcule. Alors, il se dit: « Réglons le problème une fois pour toute ». Il fait percer des trous dans le plancher et achète des milliers de mètres de tuyaux  raccordés au employés.  Là où ils doivent être raccordés. Pour un administrateur, c’est une question de plomberie rose…

Alors, il reprend son cerveau et calcule. Au bout de 30 ans, il aura économisé des centaines de milliers de dollars. Mais -Ô surprise -, pendant une réunion, au bout de 8 heures, ( payées à 90$ l’heure), les administrateurs  se rendent compte qu’il y a 43 femmes dans l’usine. Ils font appel à une firme spécialisée pour construire un appareil pouvant s’adapter au… confort féminin. Mais avant, une étude de faisabilité au coût de 4, 233.34$ .  Le fabricant se situe en Lituanie. Les gestionnaires font alors faire une étude pour évaluer les coûts de transport inclus.  Au final, après calculs sans crayon, ils jubilent: on aura épargné 32,234 $ sur une période de 30 ans.

Le jovial directeur est tout souriant au jour de la réception de l’appareil pour dame. Il ouvre la boîte et prend dans ses mains une sorte de pénis en caoutchouc avec sac de réception ajusté à la taille des dames.

Deux employés au nom de famille étrange, reçoivent la boîte à pipi lors du premier jour.  Ils l’ouvrent et constatent qu’il y a erreur. Mais ils s’amusent avec le modèle…

Le lendemain des centaines d’employés se retrouvent sur la chaîne de découpage. Au moment où tout le monde se met à travailler, l’un d’entre eux exhibe « l’organe plastique » féminin à ses confrères.

Ils se mettent tous  à rire à en pisser dans le tuyau…

Pendant 30   minutes…

gp

En Alberta: « L’ avènement d’une humanité… inhumaine « 

A Fort McMurray, en Alberta, Canada, se déroule un des désastres écologiques de la planète : de monstrueux chantiers à ciel ouvert exploitent les immenses réserves de sables bitumineux. La romancière Nancy Huston, originaire de la région, s’y est rendue et témoigne. « C’est comme si je voyais l’avènement d’une humanité… inhumaine. »

Nancy Huston, célèbre romancière et essayiste, est originaire de l’Alberta. Dans le nord de cette province canadienne, d’immenses chantiers à ciel ouvert entourent une « ville champignon » : Fort McMurray. Les compagnies pétrolières, en exploitant les immenses réserves de sables bitumineux, rasent les forêts, polluent les sols, détruisent la faune et la flore. C’est un territoire gouverné par le pétrole et l’argent au mépris de la nature, des peuples. Au mépris de l’humanité.

C’est ce que dénonce le recueil Brut, la ruée vers l’or noir, chez Lux Éditeur. Les textes de Melina Laboucan-Massimo, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein et Rudy Wiebe se croisent et se complètent. Ils nous montrent l’ampleur de la catastrophe écologique du point de vue de chaque auteur. Reporterre s’est entretenu avec Nancy Huston. Une Interview à lire… ou à écouter.

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Nancy Huston, lors de la soirée de présentation du livre « Brut, la ruée vers l’or noir », le 27 avril 2015.

Reporterre – Vous êtes revenue en Alberta. Qu’avez-vous découvert ?

Nancy Huston –

 

Dire « revenir en Alberta », c’est très vague parce que l’Alberta est immense, plus grand que la France. Moi, je suis née au sud de l’Alberta et les installations pétrolifères sont dans le nord. Je n’étais jamais allée dans cette région. Mes grands-parents maternels habitaient la rivière de la Paix qui n’est pas très loin. C’est dans la région de l’Athabasca. Mais je ne connaissais pas la région même de Fort McMurray.

Et donc, je loue une voiture avec des amis. On roule pendant cinq heures et l’on découvre cette ville champignon qui a décuplé de population depuis le début des années 2000 en raison de l’extraction du pétrole. Fort McMurray est une ville terrifiante parce qu’elle est là pour l’argent. C’est véritablement la ruée vers l’or noir. C’est comme la ruée vers l’or à la fin du 19e ou au début du 20esiècle. C’est des hommes… uniquement des hommes, qui viennent du monde entier pour gagner beaucoup d’argent rapidement et repartir. Et ce que ça implique à chaque fois, c’est que les gens ont du mal à s’investir dans le lieu lui-même. Ils ont du mal à parler les uns aux autres. Ils ne parlent pas la même langue, ils ne viennent pas d’une même religion. Ils ne forment pas une communauté.

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Vue aérienne d’un chantier pétrolier au nord de Fort McMurray. Source : Google Earth

Fort McMurray est constituée essentiellement de centres commerciaux entourés de banlieues résidentielles extrêmement chères. Tout est cher : les restaurants sont chers, les centres commerciaux alignent des magasins de toutes sortes, mais tout est étrangement déprimant, étrangement désinvesti. Il n’y a de centre que pour le shopping. Il n’y a aucun centre d’aucune ville. La mairie elle-même est une sorte de bâtisse disgracieuse en brique marron. On peut aller de pubs en bars, parce que moi j’aime bien aller voir où les gens boivent. Et là où les gens boivent et en principe se rencontrent pour discuter, il est impossible de discuter parce qu’il y a des écrans partout qui diffusent des émissions très bruyantes de musique et de sport.

Donc, les gens jouent au billard ou ils boivent. Mais il est extrêmement difficile de se parler. De tous les lieux que j’ai visités sur Terre – et j’ai été dans tous les continents -, c’est l’endroit du monde où je me suis sentie le plus mal à l’aise. C’est comme si je voyais l’avènement d’une humanité… inhumaine. Une humanité qui n’est là que par rapport à une sorte de survie physiologique.

Que manque-t-il à Fort McMurray ?

La dimension spirituelle. Il y a des églises partout. Mais des églises qui ont le même type de publicité que les magasins, des affiches clignotantes proclament qu’il vaut mieux sauver son âme que réparer son toit. Des choses comme ça. Tout est pensé en termes de rentabilité.

Ensuite, il y a cette immense population : 100 000 personnes à Fort McMurray même et 30 000 autres qui habitent les camps de travail alentour, travaillant pour les quelque 55 compagnies pétrolières qui exploitent les sites d’extraction du pétrole. Au centre touristique de Fort McMurray, on peut, moyennant paiement, faire le tour d’un de ces sites en car. Nous l’avons fait.

Rouler trois-quarts d’heure et visiter le site modèle qui est celui de la compagnie Syncrude, ce qui veut dire « synthetic crude » : le brut synthétique. C’est ça qui est extrait de ces terres. C’est aussi apparemment lié à la Chine. Quand je dis que c’est un site modèle, ça veut dire qu’ils vont nous montrer une image merveilleuse et souriante de l’extraction du pétrole selon « syncrude ». Pendant quatre heures, on a fait le tour de ce site. On voit les forêts qu’ils essaient de replanter.

Moi, ça m’a fait froid dans le dos parce que je suis Canadienne et j’ai senti que j’étais en face d’une propagande exactement du même type que la propagande des pays de l’Est. Dans ma jeunesse, j’ai visité beaucoup de pays derrière le rideau de fer : depuis la Russie jusqu’à la Pologne en passant par la Bulgarie. Donc, je reconnais cette sorte de discours optimiste cynique qui dit que tout va bien dans le meilleur des mondes. Ils nous montrent les soi-disant « étangs », « tailings ponds », c’est-à-dire « étangs de rétention », remplis d’eaux complètement empoisonnées, résultant de l’exploitation des sables bitumineux. On nous montre que c’est vraiment bien contenu, ce n’est pas si grave que ça et qu’il y a toutes sortes de sons qu’on émet régulièrement pour effrayer les oiseaux, pour qu’ils ne se posent pas sur ces lacs et qu’ils ne meurent pas.

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Lac de stockage de produits toxiques dans le nord de l’Alberta, le 06 avril 2014. © Guy Oberson

Ce qui m’a le plus choqué dans cette visite était le discours sur les forêts. C’est comme si l’on disait en achetant un aquarium et en mettant trois poissons rouges, qu’on a reconstitué la mer détruite ! Une forêt est un écosystème extrêmement complexe. Ils ont arraché tous les niveaux de la terre, ils ont arraché les arbres, ils ont empoisonné les cours d’eau. Ils font comme si tout allait bien, que les oiseaux allaient revenir, que les animaux allaient revenir et vivre à nouveau là dedans. J’ai été effarée… j’étais glacée par le cynisme et la violence de mon propre pays.

Au travers de votre récit, vous rendez compte d’un changement de vocabulaire. Y a-t-il l’émergence d’une nouvelle langue ?

Il y a l’émergence d’une nouvelle langue. On dit « sables pétroliers » parce qu’on est censé être très fier d’avoir beaucoup de pétrole. Ce bitume sera raffiné et transformé en pétrole à terme. Mais pas chez nous, au Texas ou en Chine ou ailleurs. Le Canada exporte traditionnellement les matières premières non traitées, non retravaillées et c’est encore le cas ici. C’est le brut… vraiment très brut.

Mais cela rapporte énormément d’argent. On est très fier de ça. Mais le produit que nous extrayons de ces terres est incroyablement sale. Le mélange entre le bitume et le sable est une substance indiciblement complexe et qu’il faut traiter avec la vapeur sous pression pour séparer sable et pétrole. Cela relâche dans les eaux et dans nappes phréatiques des poisons qui vont avoir des effets meurtriers sur la faune et les humains, en aval de la rivière.

Quand des gens viennent de différents pays et différentes langues, il faut bien sûr inventer une novlangue. Donc, il y a une sorte de simplification à outrance de la langue anglaise. Et ce qui m’a aussi le plus sidéré là-bas, c’est des affiches, littéralement des panneaux d’affichage, qui disent« BE » : soyez. C’est le premier verbe, le verbe être, le dénominateur commun. Tout le monde peut connaitre ce mot-là en apprenant l’anglais. Et les gens, on les incite, on les encourage à juste« être ». Ça dit aussi « BE YOURSELF » : soyez vous-même… « BE, BE, BE, BE YOURSELF, BEUNIQUE » : soyez unique.

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Nancy Huston, romancière et essayiste, lisant le texte de Rudy Wiebe le 27 avril 2015.

Et bien sûr, le problème des hommes qui vont travailler là-bas, c’est exactement une difficulté d’être, parce que l’être humain devient soi-même par contact et interaction avec autrui. Notre cerveau à la naissance est incomplet et ne se développe que grâce à l’interaction linguistique et sensorielle avec d’autres êtres humains. Donc, si vous plongez des êtres humains à l’âge adulte dans un endroit complètement inconnu et très hostile… c’est un milieu où il fait froid, la température moyenne doit être de deux degrés. Il fait très froid en hiver et les hivers sont longs. Que devient un être humain dans ces conditions ?

On travaille souvent 12 à 15 heures par jour, 7 jours par semaine pendant 2 ou 3 semaines d’affilée et ensuite on a une semaine de repos. Si l’on n’habite pas trop loin, si l’on habite seulement au Texas ou à l’est du Canada, on peut rentrer pendant une semaine. Si l’on habite à l’autre bout de la terre, on reste sur place et on regarde la télévision. Les hommes sont drogués. Pendant qu’ils travaillent, ils ont des casques pour se protéger du bruit épouvantable des machines qu’ils sont en train de manipuler. Ils écoutent de la musique, j’imagine, tonitruante dans leurs casques du matin au soir. Ensuite, ils vont boire un verre et reçoivent encore des bruits des écrans. Dans leur chambre, ils ont une télévision et ont accès à internet. Ça devient une vie virtuelle de A à Z.

C’est comme si la réalité pouvait être mise entre parenthèses pendant des années. Ils restent deux ans, trois ans. Ils gagnent beaucoup d’argent, mais ça coûte très cher aussi de vivre à Fort McMurray donc ils ont tendance à prolonger leurs séjours. Ils se déconnectent complètement de leur vie là-bas. Leur corps de jeune homme avec ses besoins de jeune homme, que devient-il ? Et bien, il y a des boites de strip-tease,des prostituées. J’ai entendu dire qu’on faisait venir, pour des occasions spéciales, des prostituées depuis Edmonton en avion pour assouvir les besoins des… peut-être pour les boss et non pas pour les travailleurs, je ne sais pas.

« Be » est inscrit partout. Mais finalement, « être » renvoie à « posséder » ?

Ça se confond, être et avoir. C’est comme si l’on ne pouvait pas imaginer qu’il y ait une autre fonction dans la vie que d’avoir de plus en plus d’argent, d’être sûr de gagner assez d’argent pour envoyer ses enfants à l’école, à l’université. La vie devient entièrement un calcul de fric et rien d’autre. Les galeries d’art… bon, je veux bien que ce soit impossible dans une ville aussi récente et dans une région aussi ingrate de donner naissance à de grands artistes. Je ne suis pas naïve. Mais ce qu’on appelle des galeries d’art, c’est très comique. Ils ont des crochets, des ouvrages de crochets et de broderies qui montrent des camions. Ces camions gigantesques qui sont grands comme des immeubles de deux étages et dont ils sont très fiers.

C’est une sorte d’appauvrissement, d’abêtissement, je n’ai pas envie de dire bestialité parce que j’ai trop de respect pour les animaux. C’est une mécanisation de l’être humain. C’est comme si l’homme était en train de se transformer volontairement en machine, de faire partie de ces camions et de ces excavateurs qui arrachent la surface de la Terre. Quand on les regarde, c’est comme si l’on voyait des dinosaures. Et l’on voit les hommes qui se mélangent à ces corps mécaniques de dinosaures et qui détruisent leur propre maison, leur propre terre.

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Site minier du nord de l’Alberta, le 06 avril 2015. © Guy Oberson

Les gens ont-ils conscience de cette destruction, de la catastrophe écologique ?

 

Je ne peux pas généraliser sur les Albertains parce que j’en connais peu. Les gens avec qui j’ai discuté là-bas n’avaient pas l’air plus inquiets que ça. Je sais qu’il y a de plus en plus de mouvements écologistes, notamment les communautés autochtones, mais pas seulement, qui protestent.

Mais autour de moi, c’est vrai, à Calgary, à Edmonton, les gens avec qui j’ai discuté prenaient ça à la légère. Ils avaient l’impression… on aurait dit… que les écolos, c’étaient : ou des doux dingues ou des manipulés par les gauchistes, voire par les pays arabes. Le but de l’opération est de remplacer l’Arabie Saoudite comme premier fournisseur de pétrole des États-Unis. Donc, on est très fier de cette mission, nous les Albertains, et l’on ne voit pas plus loin que le bout de notre nez.

– Propos recueillis par Lucas Mascarello


- Brut. La ruée vers l’or noir, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo, Rudy Wiebe, Lux Editeur, 112 pages, 12,00 €

http://www.reporterre.net/En-Alberta-l-avenement-d-une

Les tueurs de bananes

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« Deux singes avertis en valent un ».  

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Supposons que, vraiment, nous venons du singe. Alors, le singe, inventif, se met à acheter tous les bananiers par le moyen simple de déclarer – en découpant ses territoires- que les chefs sont plus importants que les ramasseurs de bananes.

Bref, ce salaud simiesque à tout d’un coup devenu Archimède dans son bain de sueurs des tropiques.

Euréka!  ( C’est de la petite culture. Archimède…! Aujourd’hui, on a concocté un système d’éducation ou l’oubli a plus d’importance que la recherche des souvenirs des autres qui nous ont précédés ).

Euréka!

Le singe décide de transformer en or tout ce que lui rapportent les bananes. Il pense alors avoir trouvé les moyens de payer les PDG des bananiers.  Bref, il les paye par l’orgueil, il les flatte, les couvre de médailles, et organise des cérémonies.

OUAH!

Mais encore…

Ils payent plus cher les DG pour que les ramasseurs de bananes aillent plus vite. Alors les DG pensent qu’ils pourront devenir TOUS des PDG et sculpteurs et ramasseurs de  DG.

C’est devenu si important qu’on finit par oublier les bananes.

Ça alors!

C’est pas grave, on a de l’or.

Puis le PDG des bananes découvre un singe plus intelligent que lui. Le singe est convoqué, présente son idée :

Une machine qui remplacera les ramasseurs de bananes.

Le singe PDG, tout émoustillé, lui donne un titre : la… la..  La Légion Donneur.

Pour monter les machines, les singe dit alors au PDG : il faut inventer l’école pour leur montrer comment bâtir la machine et la faire fonctionner.

« Pas bête! »

Le PDG souri.

Un autre Euréka.

« Si nous voulons plus de bananes, dit-il aux affamés, il faudra des gens pour aller sous terre chercher des métaux pour bâtir les machines. »

«  À quoi elles rouleront ces machines? Lui demanda un citoyen.

Essence.

Il faut de l’essence.

Et comme nous avons besoin de plus de bananes, il faut plus d’essence.

–  As-tu une idée? Chef d’entreprise.

Oui, Seigneur PDG : une machine qui creusera, fragmentera la terre et on aura le produit avec chose aussi simple que l’eau…

Le PDG sourit.

***

Ce soir-là, le PDG, soucieux, avait toutefois un problème. Alors il alla consulter le prêtre des singes.

« Prêtre, dieu désire-t-il que nous soyons riches? »

«  Oui, mon fils, car toutes les bananes sont l’offre généreuse du Très-Haut » Il a semé, il ne reste qu’à cueillir ».

« Nous allons les cueillir le plus vite possible ! »

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Au bout d’une décennie, les travailleurs virent alors qu’ils n’avaient plus les moyens de s’acheter des bananes.

« C’est la machine! Cria l’un d’entre eux ».

« C’’est le PDG hurla un autre ».

« Pourquoi faut-il de l’or pour s’acheter des bananes? » Demanda un autre.

Tous les yeux se tournèrent vers lui.

« Comment veux-tu qu’on achète des bananes si on n’a pas d’or? »

Le singe de Monkey-Street leur montra alors la manière de fonctionner pour être plus riche et vivre plus longtemps en plaçant leur or dans des compagnies qui offraient de plus en plus de rendement.

Il faut aimer votre pays, la jungle.

Ne vous demandez pas ce que la jungle peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour la jungle.

Un grand cri de ralliement s’élevant, faisant tressaillir les feuilles, les arbres, au point où tombèrent quelques régimes de bananes vertes.

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!

Clameurs!

Applaudissements!

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C’est ici que se termine l’histoire de l’humanité.

À force de transformer en or ce qui existait, le singe fit de son frère une pièce à dévorer. Il inventa alors des ennemis et se fit un complice : le prêtre.

Le singe vécut longtemps, grâce à Big Pharma, et mourut convaincu d’avoir trouvé la recette de la vie.

Il avait tout transformé en or.

Les bananes étant maintenant sous terre, pas un singe ne put les manger. Et même si on transforma tous les métaux en machines, les machines demeurèrent seules, rouillèrent, pendant que les singes comprirent qu’ils n’étaient qu’une boulette de viande, et que la Terre n’était qu’une bouchée de viande à long terme.

Plus tard, quand disparurent les bananes, des compagnies vinrent raser les forêts pour les transformer en or.

De sorte qu’il finit par n’avoir plus rien sur Terre, mais une richesse inouïe sous leurs pieds.

La Terre chargée de petites boulettes de viande fut avalé par un système que personne ne comprit vraiment.

Mais, chacun y avait cru.

Alors, arriva un singe encore plus savant qui avait la solution au problème de la jungle : produire plus d’or pour avoir plus de bananes.

Gaëtan Pelletier

LA PUB INTERDITE SUR TOUTE LES TV DU MONDE

Blattaria

Les blattes vivent en petits groupes de type familial. Ces groupes se composent d’individus du même âge et probablement nés de la même mère. Dans les habitations, ces groupes se rassemblent pour former des grandes communautés de plusieurs centaines ou même de milliers d’individus. Cependant, le concept de hiérarchie ou de spécialisation des tâches est inexistant. Chaque individu est autonome. Wikipedia

Depuis 400 millions d’années…

Chez l’humain, on retrouve l’équivalent dans la sphère des affaires et de la politique. Si la blatte peut ruiner, anéantir un appartement, la blatte « humaine » est apparue il y a longtemps et est en train de désintégrer une planète.

Nourrie  au « grand » savoir, venimeuse, hypocrite, mielleuse, menteuse, grimacière, elle est un individu autonome, sans scrupule, crépusculaire, c’est une sorte de chien dressé aux idées reçues, dénué d’empathie.

Zombie!

Fecal Focal Point

Des abris où leurs excréments sont abondants apparaissent (en anglais un Fecal Focal Point). A cet endroit, les insectes sont en sécurité. Wikipedia

Elles sont en sécurité dans un grand building créé par la masse accroupie et silencieuse, dont la seule écriture est un X, seule arme pour le protéger dans les guerres du 21e siècle entre gouvernements et peuples.

La BP, ou blatte politique, nouée à la BF ( blatte financière), a charpenté des armées de BS – blattes-soldats -, pour affermir son pouvoir. Après avoir créé le phénomène de la mondialisation, consistant à abattre les murs de la maison Terre, rendant ainsi friable la défense « compartimentale » ou cellulaire à la base de la résistance de tout être vivant.

Réalisations de la blatte humaine

Une fois les murs désagrégés des pays, la blatte a poursuivi sa randonnée de destruction dans une série de manigances en empruntant de manière subconsciente toutes les formes de camouflages que l’on peut retrouver dans la nature.

Pour ne pas être identifiée, une blatte BP ou BF empruntera le déguisement pastoral de la religion de l’avoir : la cravate.

Exemple – au hasard – de Blatte-Politique

Se servant d’organismes gouvernementaux sous maints maquillages, la BP, se livre à une série de nœuds géopolitiques, afin d’ouvrir les frigos de la Planète et de s’emparer des ors noirs, ou tout autres richesses appétissantes, sous une facture de bienfait à la masse en décomposition qui finira dans le Focal Fecal Point du but déguisé.

Le Blattaria a jusqu’à maintenant réussi à dépecer la moitié de la Maison-Terre en présentant l’économie comme un nœud gordien.

En format « troc », 100 vaches vivantes = 100 vaches réelles.

En format boursier, 100 vaches invisibles peuvent être achetés en format  PCAApar des génies de la finance qui s’y connaissent en économie.

100 vaches de papiers ne nourriront jamais personne, mais elles serviront à engranger de l’avoir invisible transformé en visible par les BF ( blatte financière).

L’avenir du Blattaria

L’avenir du Blattaria est énorme en potentialité : les avocasseries et les longueurs, ainsi que les sommes fournies par les masses populaires, finira par rendre brune une planète bleue avec quelques riches angoissés de perdre leur pouvoir et leur avoir. Mais la blatte étant résistante, et son succès datant de milliers d’années, on ne peut pas espérer tuer la bête à coups d’armes blanches.

Les blattes peuvent rester un mois sans manger ni boire. Une blatte décapitée peut survivre plusieurs jours (il est à rappeler que le système nerveux centraldes insectes est constitué d’une chaîne de ganglions le long du corps, et non centré autour d’un cerveau comme pour les vertébrés), la respiration s’effectuant par des trous disséminés dans son corps, les spiracles et son abdomen pouvant stocker de l’énergie pour cette durée1. Wikipedia

La BP et la BF représentent en ce début de 21e siècle le défi le plus grand pour la survie de l’Humanité.

Les blattes sont très résistantes. En cas d’explosion nucléaire anéantissant l’humanité, les blattes survivraient. (Source) .  Probablement grâce aux centaines de tunnels et d’abris payés par le citoyen pour protéger l’élite d’une planète-appartement.

 

Gaëtan Pelletier

8 avril 2012

Les transporteurs statufiés

Transporteurs

Dans la vie, il faut changer d’idées, ou la bonifier par le doute. Le doute – je le disais – permet le mouvement, par conséquent la véritable évolution.

Malheureusement, dans nos vies, nous avons souvent affaire à des « transporteurs » automatisés. Il y a l’apprentissage et la vision personnelle qui corrige les défauts, ou encore, bien mieux, qui affine les apprentissages des autres desquels nous nous nourrissons.

La connaissance est un processus en mouvement et ne peut être « figée ». Elle doit se mouvoir, comme la Vie.

Nous avons là une nouvelle religion pire que celles d’antan: transporter une connaissance figée dans sa structure cloîtrée.

Nous vivons dans un siècle où les études ont démontré que…

Soit, mais c’est à chacun de déterminer s’il est bien ou non dans la monstruosité des sociétés sous le joug d’un nouveau dictateur:

Le spécialiste.

C’est le prêtre, témoin de Jéhovah des universités et des sciences dites pures qui vous fera des démonstrations comme on le fait avec les plats Tupperware.

Le spécialiste est une appellation à la sauce Goebbels mitraillé à toutes les vingts  secondes pour vous vendre un produit. Car tout est à vendre. Et une idée est également un produit.

La réalité est trop complexe pour être livrée en charpie à des « spécialistes » qui ont des recettes.

Cuisiniez-vous vous même!

Gaëtan Pelletier

26 novembre 213

La pénibilité du tueur à gages

Plus réc

Plus récemment, le projet de réforme des retraites du gouvernement socialiste a dévoilé, fin août 2013, la mise en place, à partir de 2015, d’un « compte pénibilité » pour les salariés du secteur privé étant exposés à au moins un des dix facteurs de pénibilité répertoriés. Ces facteurs définis par les partenaires sociaux en 2008 sont les suivants :

  • postures pénibles pour les articulations,
  • vibrations mécaniques,
  • travail en équipes successives alternantes,
  • bruit,
  • agents chimiques dangereux (poussières et fumées comprises),
  • manutentions manuelles de charges lourdes,
  • activités exercées en milieu hyperbare,
  • travail de nuit,
  • travail répétitif,
  • températures extrêmes.

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Avec démonstration à l’appui, sur TV5, deux travailleurs ont porté une charge d’environ 75  kg pendant trois minutes.  Ça devrait leur donner trois points… Ou je ne sais combien… Mais ça permet de prendre sa retraite plus tôt. 

Ma grand-mère a eu 17 enfants. Elle a donc souffert d’une « pénibilité localisée ».  Point G.

C’est démoralisant de voir jusqu’à quel point – outre le G – s’en va la nature humaine avec sa comptabilité de douleurs. Mais c’est amusant de calculer sa « pénibilité » quotidienne. Je ne peux pas croire qu’en écoutant Sarkozy on ne peut pas se payer un 6 points de pénibilité! Le concept a des airs d’Air-Miles: plus tu souffres, plus on t’enlève  » supposément » de la souffrance. Au lieu d’acheter un gaufrier  avec 1200 points, tu te payes un « gouffrier » du temps terrestre.

Gouffré! Usés jusqu’à la corde à linge pour une multinationale transnationale. Je rêve en 3 dimensions! Ouah! La cauchemardesque symphonie du futur. Je vois déjà se pointer les avocasseries et les batailles juridiques:  » Votre client c’est délibérément livré à de l’obsolescence programmée pour prendre sa retraite à 58 ans. Il a travaillé la nuit à transporter de la litière pour chats de 22 kg. Monsieur le juge, pendant 15 ans, au rythme de 150 caisses par jour de livraison, ce qui fait 3, 780, 000 kg de charge. « 

– C’était pour nourrir mes enfants…

– De la litière pour chats?

– Oui, pour ça…

Le procès du tuer à gages 

– Monsieur le juge, mon client à pris pour métier celui de boucher. En plus d’avoir assassiné 22  crapules du crime organisé, il travaillait 45 heures par semaine dans une boucherie. À force d’aller dans les frigos, tailler, dépecer, emballer de la viande froide, soulever des carcasses de bœufs et de porcs, mon client à souffert. De plus, j’ajouterais qu’il n’a fait que débarrasser la société de crapules. Mais bon! Arthrite, rhumatisme, psychiatres, il a souffert également de constipation. Pendant 22 ans 22 jours il  a dû forcer pour … ses besoins. Ce qui équivaut à une charge de 75 kg par jour.

– Son métier était stressant, presque autant que celui de politicien… Il a donc amassé 1,234, 000 points. Je demanderais au jury d’alléger sa peine pour cause de pénibilité.

– La balle est dans votre camp…

… pardon!

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Après 240 jours de délibérations, le jury se prononça et remit au juge leurs points de pénibilité. 100,000 par membres.

– 100, 000 par membres? s’exclama le juge.

– Oui, monsieur. Nous avons évalué l’effort soutenu pour creuser les tombes des victimes des tueurs, – 1000 points-, et 90,000 pour l’avocat du tueur  dont le discours a duré 3 jours.  Pénibilité psychologique, cela s’entend.

– Monsieur le juge! Je réclame 3 millions de points en sus.

– Pour quelle raison?

– Mon client  a dû subir les analyses de 4 psychiatres dont deux d’entre eux lui ont conseillé de pratiquer un sport pour se détendre. Il a choisi l’haltérophilie.  Il a donc soulevé 75 kg par 5 secondes pendant les années passées derrière les barreaux… Ce qui fait 3, 780, 000 de kg de charge…. En plus, il est incapable d’avaler un steak: IL EST DEVENU VÉGÉTARIEN.

– Mon client demande en plus d’être libéré, une somme de 20$ millions de dollars, car si nous calculons les points et les disparus qui auraient coûté une fortune à la société, mon client a été victime d’un système dont la responsabilité dépend de la relâche actuelle des policiers sérieusement affectés par la réforme de l’austérité.

– Vous avez des preuves de ce que vous avancez? demanda le juge.

– Nous avons toutes les vidéos au sujet de la gymnastique de mon client. 3 230 heures en HD.

Le juge sourit:

– Et la constipation?

– Six camions sont en route, transportant les … déchets corporels de mon client pendant ses années…

– Avez-vous une comptabilité de toutes les preuves?

– Oui, c’est la firme Cabot and Cat qui l’a produite.

– Donnez-la-moi…

– La voici

L’avocat lui tendit le document.

– Mais c’est en Chinois!

– Oui, Monsieur le Juge. La compagnie a été dernièrement acquise par des investisseurs chinois. Et c’est si récent que nous n’avons pas encore la version française..

– Vous me faites chier!

– C’est un point…

Gaëtan Pelletier

19 décembre 2014