Archives mensuelles : décembre 2018

Souvenirs d’un Vieillard – Stéphanie Boulay et Alex Nevsky

 

Petits enfants, jouez dans la prairie
Chantez, sentez le doux parfum des fleurs
Profitez bien du printemps de la vie
Trop tôt, hélas, vous verserez des pleurs

Quoique bien vieux, j’ai le cœur plein de charmes
Permettez-moi d’assister à vos jeux
Pour un vieillard, outragé, plein de larmes
Auprès de vous, je me sens plus heureux

Dernier amour de ma vieillesse
Venez à moi, petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier
Pour oublier mes cheveux blancs

Petits enfants, vous avez une mère
Et tous les soirs près de votre berceau
Pour elle au ciel, offrez votre prière
Aimez-là bien jusqu’au jour du tombeau

En vieillissant, soyez bon charitable
Aux malheureux, prêtez votre secours
Il est s’y beau d’assister ses semblables
Un peu de bien embelli nos vieux jours

[Refrain]
Dernier amour de ma vieillesse
Venez à moi, petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier
Pour oublier mes cheveux blancs

Petits enfants, quand j’étais à votre âge
Je possédais la douce paix du cœur
Que de beaux jours ont passé sans nuages
Je ne voyais que des jours de bonheur

En vieillissant, j’ai connu la tristesse
Ceux que j’aimais, je les ai vus partir
Oh, laissez-moi vous prouver ma tendresse
C’est en aimant que je voudrais mourir

[Refrain]
Dernier amour de ma vieillesse
Venez à moi, petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier
Mes cheveux blancs
Pour oublier mes cheveux blancs

Triste réalité

Ce que l’on peut faire avec une salle de bain

Quand on explique la prononciation française

Le Dépotoirium, Chapitre 27

27

On est devenus fleurs de lumière
Dans ce jardin rond de la Terre
Deux miroirs se mirant
Polis des ans et des ans

Ton œil est une lettre d’amour
Que je lis et relis, à fleur d’iris
Tu écris en bleu, moi en vers
Les tendres bouquets de nos délices

Jason

***

Quelqu’un a dit un jour que la beauté allait sauver le monde. On attend la beauté comme on attend Jésus ou Jéhovah. La beauté s’est tapie dans  les petites gens qui l’ont en eux.  Il y a des sourires et des rires qui sauvent le monde. C’est tout beau à voir. On voudrait s’acheter une autre paire d’yeux sur Ebay.  On en voudrait encore,  comme  si nous souffrions d’une faim immense de couper l’artère du mal en chacun de nous.  On cultive la laideur exponentielle, la destruction exponentielle, de par ces  portails organiques au pouvoir qui se prennent pour les nouveaux rois de ce monde. Des statuettes d’idoles concepteurs de jouets électroniques, ou de rejetons de Greenspan Le Fourbe.  On dirait que plus les dirigeants s’exercent à la stupidité, meilleurs ils deviennent.  Et voilà le  monde se  tord et grimace sous la douleur semée des  affairistes  barbouilleurs. Des nains de la Vie. Ils savent tout. Alors, ce sont des ignorants.  Il y a de grands jardins de laideur que plantent et engraissent, sèment et récoltent ces  gens d’un pays qui n’existent plus.  Le pays est devenu une fiction. La notion de pays est une hallucination participative.  La crapulerie des barbares à cravate décime  cette toile multidimensionnelle qu’est la création  pour la transformer en monnaie plate et insensée, puisqu’elle n’a rien de la vie. Elle n’a rien de nous. Rien du lièvre, de la tortue, mais seulement de la torture. Cette crapulerie nous écorche, nous moule à grandes douleurs pour nous formater, nous créer ou, plutôt, nous recréer.   Alors, on s’accrochait à son petit radeau Terre, en attendant que le fiel passe, que la lie prenne le train pour nulle part, les nerfs en boule, tendus  par le travail et la pagaye. Le gagne-pain étant  un salariat détroussant le minus habens machiné par la globalisation et les râpes incessantes qui nous brûlaient  la chair jusqu’à l’âme. Heureux, ceux qui communient à l’hôtel des pilules, des gélules, des nouvelles molécules!

Tous les mots lancés atterrissaient à nos pieds. Des articles boomerang. Zip! Ça vole dans le ciel du Net et ça revient. Du moins, nous en avions l’impression. Il a suffit de faire pousser des Dépotoirium ici et là pour récolter un peu de vérité. Alors,  un jour,  les gens se mirent tout de même à écrire sur des pancartes, à se vêtir de jaune, à râler, à vociférer, à marcher en rond. La démocratie avait des coliques. La démocratie engagea alors des milliers de types sortis tout droit de la Guerre des étoiles, et le prince – avec l’argent du peuple- mit fin à toute révolte. Car ce que l’on nommait mouvement, était une révolte. Ah! Les révoltes n’existeraient plus?  Ces milliers de soldats, carapacés ,   avec une physionomie de sauterelles géantes, caoutchoutées et testéronées,  lançant leurs balles de caoutchouc, accomplissaient leur devoir,  étaient devenus des néo-kapos.   On allait donner une leçon aux citoyens.  Celui qui casse une vitre, casse un pays. La violence des riches n’a rien à cirer du minet trimeur  qui rame et qui rame pour maintenir la vitesse de croisière de la monnaie virtuelle des riches qui ont  le pouvoir de la changer en avoirs réels. Les États créent des morales, les engraissent pour écraser le petit garnement qui ne comprend rien à la grandeur des pays. Petit homme, écrase-toi! Marmonne dans les rues. Fais tes petits feu-feux au coin des ruelles au nom de poètes. Be proud! Be Elvis et son désert de Vegas. Demande justice, exige ton pain blanc que tu achèteras bientôt sur le Net,   mais n’embête pas le système. On te livrera ta baguette. Elle sera codée. Nous créons de la richesse… Un mouton sans laine est encore vivant. Davaï! Davaï! Travaille.

Ce jour-là, Ariane perdit un œil, et Frédéric, une main.  La Terre n’était plus qu’un radeau sur lequel les gens s’agrippaient. Gelés, fourbus, tremblotant de l’âme. Une belle et longue bactérie couraient dans les entrailles des terriens. Une bactérie bien installée : celle de la somme de toutes les frayeurs .Peur de mourir de faim  dans une ville sans potagers, l’asphalte ayant tout bouffé. Peur de tout, même de la peur. Pas de bouffe? L’usine à cure-dents allait disparaître.

Un jour, les autos intelligentes, se promèneront dans les villes réclamant un pont, une route, un traversier. Les autos se fabriqueront elles-mêmes. Elles coucheront dans tous les lits de tous les pays. Les pauvres  auront la tâche de coudre les cuirettes des sièges, et le volant sera là où siège la compagnie. Les doubles freins seront enfreints.

***

De la fonte des neiges jusqu’à la grande orgie des vendeurs du Temple qui s’en donnaient à cœur joie en barbouillant toute la surface du globe, on ne savait où donner du cerveau. L’Alapi à dos roux, l’Engoulevent coré, le Ninoxe hirsute n’intéressent pas les investisseurs. Les oiseaux ne sèment ni ne moissonnent. Donc nous ne sommes pas intéressés par les investisseurs. À leurs yeux nous ne valons pas plus que ces oiseaux. Nous sommes des plumeaux en devenir. Les « Ils » et les « Elles ».  Car, creusant cet univers,  tout nous liant, nous sommes l’Alapi, le singe, le furet, la marmotte et le rosier sauvage ainsi que  le perce-oreille.   La liberté n’intéresse pas les thésaurisateurs.  Les arbres se laissent faire, parce qu’ils sont à cueillir, mais ne sont pas armés pour se faire faucher  irrespectueusement.  C’est la négritude de la matière, de l’eau, des sous-sols, de tout ce qui vit à l’air libre ou sous l’eau.  Cette eau  servait maintenant à fabriquer de l’essence  dans les immondes  carrières de  sables bitumineux.  Tout pour le petit poney d’acier qu’est la voiture.  Tout.  Dans les rivières naissent des poissons difformes. Comment  pouvons-nous échapper à ces difformités?  Nous sommes poissons. Nous sommes arbres. Nous sommes eaux.  Même les banquiers respirent de par les  arbres. Mais ils l’ignorent. Ce sont des ignorandères. Un animal en voix d’extinction. En voies de parler en menteries.    C’est la naissance des néo-Jourdain, ce monsieur,  qui, en parlant, faisait de la prose. On ne fait pas de poésie, ni nourrissons la vie avec un homme-slogan.   Dans les grandes cités du monde, les ciels avaient pratiquement disparus   sous le smog et les lumières nerveuses des soirées trop longues. Les avions parcouraient le ciel en volées d’oiseaux enchevêtrés, toujours plus nombreux, toujours plus chargés de juilletistes à longueur d’année, d’affairistes, d’acheteurs de paysages avalés par les téléphones. On dirait que la planète, tranquille, attendait le départ de ce voyageur venu il y a seulement quelques milliers d’années, pour se refaire.   Tout se mourait, tout s’éteignait. Le ravissement de la vie avait fait place à l’extase des miroirs qui parlent.

***

Maggie avait  un nouvel ami. Mais le nouvel ami de Maggie semblait cloqué de souffrances,  tout barbouillé de la vie, avec ses grands yeux noirs dessinés au fusain de l’enfer. Quand il nous a fait visiter sa demeure, un trou de solitude, une tanière qui refusait la lumière, une  baraque  plantée au milieu d’un bois avec toute la tristesse de l’automne, ça nous a remués.  Il pleuvait. Mais Monsieur  Bruno portait toute la sécheresse du monde sur son visage gélifié. Un visage de terre cuite.   On aurait voulu éteindre sa peine, le prendre dans nos bras, le serrer, le chatouiller comme un bébé pour le faire  rire. Le langer. Il ne riait jamais ni se boyautait. Du moins jusqu’à notre petite visite.  Bruno était un chat  noir ramassé par Maggie. Un chat noir qui habitait une maisonnette  sans plancher, avec une seule pièce et deux fenêtres.   Une grotte. Une grotesque.

Il a allumé le poêle  au centre de ce petit rectangle glauque. Le rhum était bon et ça l’a déridé.

Quand il s’est mis à rire, il parut délivré des carcans qui l’oppressaient.   Maggie m’a regardé du coin de l’œil.  On s’est compris comme des jumeaux en foire. Seigneur ! Il riait faux. Il riait comme les grincements de violon du film Psychose,  de Hitchcock.  On voyait et revoyait la scène sous la douche. L’alcool semblait déchirer le placenta dans lequel il était menotté. Ainsi libre, il se mit à parler, lui, d’habitude si muet.

***

En revenant à la maison, Maggie et moi  restions silencieux.  Le désarroi nous arrachait  les mots de la bouche. Bruno le chat n’était pas tout à fait équilibré. Un brin sublunaire. Alors, on ne savait que se dire. On pensait tout bas.  Il y a des bons et des mauvais silences. Et celui-là n’était pas du bon côté de la lune… On n’arrivait pas à dégivrer de la langue. Alors, on s’est endormis entre les pages d’un livre.

On n’a  jamais revu Bruno. Bruno a vécu le temps d’un logis provisoire : maison et corps.  Bruno s’est pendu.   Personne n’a su qu’il s’était suicidé. Personne. Personne sauf la police et  l’entrepreneur des pompes funèbres. Comme dans tous les villages, tout le monde le savait, mais personne ne l’a su. C’était un petit étranger bizarre. Qui s’occupe vraiment des étrangers bizarres?

On a oublié, ou presque. On a oublié parce que le lendemain  Carl a téléphoné pour dire qu’il venait nous visiter. On était enchanté. De vraies flûtes de Mozart. De la musique à nos yeux.

***

Peu avant, pendant que nous étions avachis sur notre couche, à lire, Maggie m’a regardé. La chambre était chaude. Le silence ne disait rien. On pensait à Bruno et à sa courte vie. On pensait qu’on allait  tresser une belle amitié et, surtout, le déstresser. La guerre fauche les jambes des enfants qui dansent.  La guerre économique fauche la joie des gens qui s’arrêtent de danser.  Avec le blé on fabrique du pain. Avec les gens, on fabrique de la richesse.  Au travail, il y a des vieillards qui ont des étoiles dans les yeux. Ils ont appris à vivre. C’était au temps des artisans de la vie. Aujourd’hui, c’est la machine de la vie. Ce n’est pas un marteau ou un tournevis, c’est une bête supposément intelligente qui remplace la douceur de construire, de bâtir, d’être le petit artisan de sa courte vie. Il n’y a pas d’école pour apprendre le « bonheur ». Hélas ! Il y en est pour apprendre à tromper  son voisin. Pour la Vie, il n’y a plus rien. Pour la machine, il y a tout.

J’ai éteint la lumière. Il y a comme une grande paupière qui s’est refermée sur la maison.

***

Le lendemain, Carl est arrivé avec un autre amour : une belle brunette avec un galbe de jambe  bellement musclé. C’était une athlète au teint cuivré. Une panthère.    Elle  s’amusait à tenter  de  guérir notre Carl  à coups de brocoli, de céleri, et de bouillons de légumes. On était aussi dubitatif que perdus, se grattouillant les tempes.

— Je vais le refaire de A à X.  Je ne me fais pas d’illusions sur le Z…  As-tu pris tes vitamines?

On  voyait Carl rigoler dans le coin-coin avec son air de canard et ses plumes. Il devait l’aimer pour se laisser dorloter vert comme dans converti.  Ça semblait l’amuser. Il se bidonne et s’abandonne, tout ébloui et ravi.

Le temps était doux. On est allés s’asseoir derrière la maison. Un bel octobre. Un lambeau de nuage léchait la lune ballonnant le ciel. Et puis, lentement, montèrent les cri-cri des grillons. Carl parut subjugué.

— Des grillons en octobre?

— Eh! Oui. C’est la campagne et le réchauffement climatique.

— Le réchauffement climatique! Il n’y a plus de feuilles dans les arbres, ou du moins elles sont déjà tournées à l’orange et au rouge vif. Il y a quelque chose qui cloche.

Maggie arrivait mal à cacher son sourire. Et la belle Annie, avec sa moue inquisitrice, avait l’air de se demander si elle ne rêvait pas.

— Beau soir pour essayer la cuvée de marijuana Made In Canada, dit Carl.

La belle Anne a soupiré.

— Mon amour! Tu devrais peut-être attendre un peu… T’entends les grillons?

— Ah! Je croyais à être le seul à les entendre.

Maggie se dirigea vers la lampe jaunâtre et activa un petit bouton. Le chant monta d’un cran. Il sembla en avoir des milliers qui stridulaient en frottant leurs élytres.

— Je vois. Produit de Chine. Il n’y a que les chinois pour créer une telle invention. Je me suis acheté un briquet électronique qui se recharge par une prise USB. On n’arrête pas le progrès, ni l’absence de moralité…. Pour changer de sujet…   Anne est une athlète. Elle fait des poids et haltères, coure, danse. Ça lui fait de belles épaules.

Jason regarda Carl avec son sourire le plus galopin  et se pencha vers lui. Il lui murmura  à l’oreille : « De belles épaules? Tu as une belle phrase pour éluder… ton penchant pour l’ensemble de son anatomie. Tu as trouvé une houri avant le paradis ».

Carl pouffa de rire. Puis il reprit :

— C’est bien d’avoir quelqu’un pour prendre soin de toi, Carl.    Vous vous connaissez depuis longtemps?

— Huit jours et deux heures…

— Tu as cessé de prendre… Des amphétamines, et le reste? On n’abordera pas le sujet…

— Huit jours et deux heures…

— Ça a dû être long…

— Pas besoin de te moquer…

— On se connaît depuis longtemps… Je pense qu’on avait seize ans. Tu m’avais prêté un DVD… Kurt Cobain. Tu voulais avoir des trous aux genoux…

— Tu vois. Anne en a…  Moi, c’est dans la tête.

— C’est la mode… rétorqua Maggie

— C’est la preuve que l’on peut vendre n’importe quoi au nom de la mode.

Les deux filles se sont dirigées vers la cuisine pour préparer le goûter. On les entendait rigoler. Maggie l’a aimée tout de suite.  Pendant qu’elle n’était pas là… Entre gars…

— Où l’as-tu dénichée?

— C’est elle qui m’a trouvé. Elle fait une maîtrise en sociologie sur les youtubeurs. Elle a pensé que j’étais le sujet idéal.

— Et tu as couché avec elle?

— À condition de me mettre au céleri et cacahuètes. Et marcher pendant une heure chaque jour…

— Ça alors! Et tu le fais…

— D’une certaine manière. J’apporte mon ukulélé… Et je triche en m’arrêtant près d’un gros érable.

— C’est …passager.

— Je n’ai jamais autant aimé quelqu’un. C’est difficile à croire… Même si elle a l’air compliquée, elle est simple. Elle est franche, surtout.  Je suis certain qu’elle sait que je triche mais elle trouve ça drôle. Alors, elle me fait faire des pompes en se bidonnant. Quand je rechigne, elle me dit que c’est bon pour mon… Enfin! Pour faire l’amour…

— Elle a dû accrocher à tes chansons.

— C’est ce que j’ai pensé. Sauf qu’elle ne me connaissait pas. Ça ne l’intéressait pas. Elle enseigne le yoga et c’est un de ses élèves qui lui a parlé de moi.

— En bien…

— justement, non… Ça a dû la rendre curieuse.

Les filles sont revenues. On a passé une belle soirée. On ne s’est pas compliqué la vie. On n’a pas cherché le bout du monde. Je ne sais pas si Anne est aussi géniale qu’elle semble l’être,  mais il y a des femmes qui mettent au monde des hommes.

Deux jours plus tard, j’ai trouvé un texte de Carl sur le Dépotoirium.

Je me suis dit que les pompes, c’est sûrement efficace pour l’ensemble de l’anatomie.

L’Antiprophète

 

Carlil Jibran 

Puis un maître dit, Parle-nous  du travail.

Et il répondit :

Que les écoles soient une usine à diplômes. Fabriquez et ne demandez vous pas ce que vous fabriquez. Le marteau et le clou s’interrogent-ils sur leur fonction?

     Et vous êtes les fourmis de l’État. Vous devez être construit pour le bien de L’État. Fourmi rouge ou fourmi noire, fourmi blanche,  peut importe. La sueur est acolore. Il faut qu’elle ruisselle et se propage jusqu’à l’intérieur de vos êtres. L’humain s’aiguise par le faire.

On fera de Jean  un cuisinier ou de Paul  un technicien  capable de  créer un grille-pain  qui terminera sa vie à la millième journée.   Et vous jetterez le grille-pain.  Et quand tout le monde jettera son grille-pain il y aura quelqu’un pour l’enfouir. Ne vous demandez pas où est passé le grille-pain, demandez-vous ce que le grille-pain a fait pour vous.

Ainsi, ils créeront des emplois. Bénissez le lave-vaisselle, le frigo et la cuisinière. Ils vous permettront de travailler jusqu’à 70 ans, mourant si vite ils aimeraient tant  avoir de votre vie, votre temps.

Ne vous acharnez pas à penser.  Et quand on ornera vos bureaux d’un titre, vous vous direz : j’ai raison, je suis bien, je vis  dans un château, je conduis une voiture construite là où j’aimerais aller, mais c’est si loin que je dois prendre l’avion. Ils tisseront le jour vos rêves des lendemains. Il n’y a pas d’accomplissement sans douleur. Tout travail accouche d’une grande patrie.

Et comme disait Santa Tatcher : « Il n’y a pas d’alternative ».

Apprenez que   dans le sommeil des  cerveaux endormis personne ne peut  distinguer savoir et sagesse. Le travail est votre liberté. Il vous épargnera la prison de la faim, de la soif. L’eau d’une bouteille sait-elle qu’elle est emprisonnée?

Qui a besoin de sagesse? Ne cherchez vous pas le pain, les sushis, les burgers et les bons riz?

La vache sait-elle qu’elle appartient à un troupeau?  Du lait qu’on lui prend, la vache s’en plaint-elle?

Garder une vache pour se nourrir est bien, mais engager quelqu’un pour traire mille vaches est mieux. Soyez quelqu’un. Soyez l’un qui pense pour tous et que les « tous » oublient les « uns ».

 Vous dormez mal? Vos draps sont-ils inadéquats? L’État a tout du diazépam,  et du sommeil les pannes.

En vérité, celui qui  sait combien de vaches, de dindes et d’avocats, de cuisiniers, de vendeurs d’assurance et de comptables sont nécessaires à L’État, est celui que vous avez élu.

C’est l’élu. Et, le matin, en lisant le journal, rassurés, vous direz : « Je sais, je l’ai lu ».

On vous fera suer comme les fleurs aux matins de rosée. Et c’est bien ainsi. La lavette tordue est celle qui lave le mieux pour faire à croire à la beauté et au lustre de ce monde.

Et quand vous serez vide de vos nerfs, vous apprendrez à haïr ou à être indifférents aux autres. La gélule qui gèle vous redonnera un peu de zèle.

Vous irez aux guerres nécessaires. On fournira logis et repas, armes et tombeaux et on vous reléguera. Ne vous demandez pas qui vous tuez, mais « quoi ». Et si la réponse ne vient pas, la médaille suivra. Et vos enfants, et vos petits enfants de l’admirer, diront : « Papa était un héros ».

Vous serez plongés dans la misère pour manger. Il faudra apprendre par vous-même à apprendre d’où vient votre Ketchup, vis fromages, et les feuilles saladières de Californie, afin de les copier et les réusiner en un nom parent à ceux de vos pays.

Peuple d’Or-falaise, il vous faudra vous vêtir des tissus du bout du monde, remerciez les travailleurs de moins de 12 ans pour les belles coutures de vos vêtements, car ils servent à larder vos bouches et vos rires en paonnant.

L’auto électrique sauvera le monde. Ce sera le Jésus mécanique électrico-électronique de l’ère nouvelle. Vous irez, en toute quiétude, aller chasser les l’élan et la gazelle, sans masques, le toupet au vent, avaler de vos caméras   les paysages les bucoliques paysages.

La misère est le repos du travailleur.

Le labeur en est  le beurre.

Carl

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© Gaëtan Pelletier

Le Dépotoirium, Chapitre 26

Le Dépotoirium, Chapitre 25

Le Dépotoirium, Chapitre 24  

Le Dépotoirium, Chapitre 23

Le Dépotoirium, Chapitre 22

Le Dépotoirium, Chapitre 21

Le Dépotoirium, Chapitre 20

Le Dépotoirium, Chapitre 19

Le Dépotoirium, Chapitre 18

Le Dépotoirium, Chapitre 17

Le Dépotoirium, Chapitre 16

Le Dépotoirium, Chapitre 15

Le Dépotoirium, Chapitre 14

Le Dépotoirium, Chapitre 13

Le Dépotoirium, Chapitre 12

Le Dépotoirium, Chapitre 11 

Le Dépotoirium, Chapitre 10

Le Dépotoirium, Chapitre 9

Le Dépotoirium, Chapitre 8

Le Dépotoirium, Chapitre 7

Le Dépotoirium, Chapitre 6

Le Dépotoirium, Chapitre 5

Le Dépotoirium, Chapitre 4

Le Dépotoirium, Chapitre 3

Le Dépotoirium, Chapitre 2

Le Dépotoirium, Chapitre 1

ONE HEART, Greta Thunberg

La mutilation des Gilets jaunes

La vidéo risque d’être censurée, comme la précédente. 😦

 

Le mensonge dans lequel nous vivons

Le Dépotoirium, Chapitre 26

26

 

Les hordes  sauvages
Vêtus d’émeraude

D’or et de capitaux
Sculptent le lent  chaos
Avec leur mine qui rôde

Les élus kapos sans repos
Écrabouillant toute vie

Et vaquent à leur fou rodéo

Maggie

  Quand une société a la profondeur d’une flaque d’eau, et que l’on vous la présente comme un océan, ne soyons pas surpris. Il y a voleurs en la demeure : voleurs de temps, voleurs de paysages, voleurs de silences.   À voir les grands des G7 et G20,  trop petits pour ce monde, il faudrait avoir quatre narines pour bien respirer. Ils nous coupent l’air sous le pied et sous le nez. Le sol n’est plus un sol, mais une mine ou du carburant à venir.  Et nous voilà trop pauvres pour fulminer tels des taureaux  cette corrida-spectacle?  Les institutions sont devenues des pièges à souris. Des pièges létaux . Des pièges avaleurs d’âmes, de gens simples, de Robert, de Janis, de Jasmin, d’Ariane ou d’Alain.  Nous sommes la nourriture de tous les rongeurs élus et de leur filière nocturne, vêtu de grands draps  d’ombre.  Il vaut mieux être aveugle. Il vaut mieux faire semblant de croire.  La fabrique des citoyens ouvre dès l’âge de quatre ans. Après, c’est le monde affolé, les réseaux sociaux.  Ainsi que l’argent et la petite gloire éphémère.  L’école, cher Ministre de… est sur l’internet. Le local est rond et vasé de toute la boue du monde occidental et de son épandage. Il faut raser la différence humaine jusqu’à la monoculture.  

    En arrivant sur cette Terre, par la route  d’une mère, nous empruntons tout. Et tout nous sculpte. Les autres, ( la nature, c’était il y a longtemps), les pubs, les idéologies en franges. Mais tout nous est enlevé en arrivant : l’eau, la lumière, la terre. Tout, normalement, appartient à tous.  Mais certains veulent le Tout. Et même quand on arrive, ils auront déjà pris ce dont vous aurez besoin.

Vous devez de l’argent en sortant du ventre de maman… Une naissance est une dette et un consommateur déjà muni d’une carte de crédit dans le rouge.  

   L’état de la planète ressemble à un immense gâteau, garni de crème, truffé de poisons, chosifiée, sans vie. Et ce que nous mangeons? Nous  avons le sang qui finit par se vicier et puer, se gangrener,   ’l’esprit se torturer de par une énorme et exponentielle  machine colorée de rose par les gentes violeurs de pays.  Ils se multiplient de manière exponentielle. Ils se collent aux banques, aux rivages des îles,  telles des sangsues groupies. Ils répandent  et s’échangent poignées de main et pots- de- vin. Leur drogue, c’est le pouvoir. Ils ne changent pas l’eau en vain, mais en dollars et en bouteilles. Après ils nous accusent de répandre le plastique.

   L’État, c’est lui. L’État c’est « eux ». C’Est le pavané aux ongles propres et à l’âme d’un ramoneur de cheminée.  Ils montent des bateaux et fournissent les rames. Ils investissent au point de faire travailler des enfants de l’autre côté  bout du monde. Vous êtes parfois chaussés d’une petite main d’enfants. « Vivre et laisser voler ». Petit politicien a des mains pour donner des médailles aux pilleurs. Prenez-en tous, car ceci est ma médaille.  La face cachée de la une… Les journaux-omerta n’en disent rien, ou si peu. On aimerait les tuer, mais on n’a pas le droit. Ils ont « le Droit », bodyguards-avocats avec, en sus,  accords de l’État.  Ils jouent au golf avec des têtes de pauvres. La balle pensante roulante   à coups de fer.  La Terre sera brune et brumée que les terrains de golfs resteront verts.

Carl

***

Au travail on marche ou bien on court  à travers les yeux perdus de quelques vieillards entre deux pays : celui de la chair et de l’âme. Ils arpentent les couloirs avec leurs vieilles chaussettes troués. Certains, bien en forme, s’amusent à des jeux vidéo ou aux jeux de cartes. Puis il y a la paperasse, ce poux d’aujourd’hui : on se gratte la tête jusqu’au sang pour tenter de remplir les conditions du ministère. Les vieux ont peur de l’enfer et les fonctionnaires ont peur du feu. Alors, ils veulent des gicleurs dans toutes les chambres. Et les gicleurs, ça coûte les yeux de la fête.

On marche fouettés de bouts de papiers, de futurs magiques, de promesses à venir.  Nous sommes dans une révolution immobile, sorte de pas Moonwalk, assis  et rassis, trouillards de perdre tout.  Peureux et pas heureux. Ravinés en dedans.  Rivés à des drogues  électroniques et techniques . Nous sommes robotisés et fabricants de ces  robots qui vont remplacer les travailleurs. La réalité surpasse la friction. Pauvres petits nous devant les méga machines, les méga-monsieur que nous louons, servons! Et pourtant nous voilà des statues de sel, dépouillés de nos pays, nos biens, condamnés au salariat. Nous allons passer un mauvais quart d’heure de siècle.  On est cuits et embrochés tels des poulets à la peau carbonisée sur les tisons semés à chaque pas de nos vies.  Et le soir, dans notre petite révolution, nous allons sur Facebook – cette pancarte de millions de kilomètres –  nous défouler. Marcelle est de ceux-là. Marcelle soigne les vieux avec des histoires comiques  trouvées sur la toile.  C’Est une grande fille dodue, toute  bouffie d’émotions, bonne comme un gâteau au fromage.  Elle est révoltée. Révolté contre toute la crasse qui se glisse en ce bas-monde, ses conditions de travail, le gouvernement et son chef de carton. Elle pense que le chef peut tout changer. Elle ne sait pas que le chef du pays est un représentant de commerce mondialiste. On nous ment à tour de bouche! Il y a quelque chose qui cloche au pays des « faits »! Des baguettes magiques se perdent.  On raconte des contes de fées aux enfants pour les endormir pendant que les  adultes se font truffer de séries Netflix. On y apprend que pour échapper à la potence, on doit congeler un cadavre et le dépecer. Ensuite, on place chaque « pièce » dans un endroit perdu et on les arrose d’acide.  Il faut des histoires complexes qui n’ont rien à voir avec la réalité des jours du petit villageois. Superman est un héros qui vole. Personne ne vole en ce monde sauf celui qui  prend l’avion ou la tête d’une grande compagnie à numéros.

***

Quand Wouf  est arrivé avec son maître, c’était  le chien le plus   astiqué du pays,  portant un foulard rouge au cou. Il était propre comme un soulier de sénateur.  Le maître, sorte de clochard au bedon « baril-de-bière », les yeux éteints, baignant dans une huile lacrymale,  avait l’air perdu. Il ne s’était pas lavé depuis au moins une lune.    On s’est mis à deux décrasseurs pour lui donner un peu de lustre. Et il s’est laissé faire à condition qu’on lui laisse prendre sa bière à 8,5% d’alcool. Wouf s’est couché sur le tapis en attendant son maître. Gino – le sauveteur des chiens et chats errants – l’avait savonné dans la rivière jusqu’à  désenfouir la crasse logée dans son poil. On savait le nom du chien mais pas  le nom du maître. On l’a nommé  Bozo. Et ça lui est resté. Bozo est locataire. Bozo est locataire entre le zist et le zest. Il ne sait pas où il vit. Il vit à l’étranger de son petit appartement et ses brimborions désordonnés. Avant, c’était son appartement. On a rasé la vieille maison.

Quelques jours plus tard, quand Bozo n’arrivait pas à s’habituer à la propreté de son logis, il passait son temps dehors et revenait se coucher par terre. Son chien le suivait comme on suit Jésus, Allah, ou Donald Trump.  Bozo avait perdu ses repères. Bozo était démaisonné. On l’avait délocalisé de sa maison comme on délocalise les usines.  Alors je me suis mis en tête de lui construire une petite demeure  près de la rivière qui longeait la maison de retraite. Les jours s’écourtaient. Le matin, en me levant tôt, j’ai trouvé de vieilles palettes de bois et simplement mis une tente sur celles-ci. Je me disais que plus tard je bâtirais un petit coin plus solide.  En fait, j’espérais qu’il rentrerait dans sa chambre avec la venue des neiges.

Quelques jours plus tard, Bozo et le chien avaient trois ou quatre amoureux de la nature pêchant  le long de la rivière, taquinant la truite et le directeur de la maison.

J’ai mené Bozo à son petit chalet branlant. Ce fut la première fois que je vis sourire Bozo.  Et quand Bozo souriait, le chien branlait de la queue. La « création » avait bizarrement fait un lien entre le bonheur de Bozo et la queue du chien. Le chien aimait Bozo, même si Bozo ne faisait pas partie de l’élite de la planète et n’avait pas étudié à Harvard.

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Au fond, Maggie et moi  on est heureux dans notre casemate à l’orée de nulle part. Hier, samedi,  on a décidé d’aller passer une journée en forêt. Il y a une rivière qui chante et qui bruite  avec des courants fous qui se tortillent,  entraînant des arbres déracinés. Ici, il y a encore de l’air neuf. Ici tous les livres sont encore debout. Les lièvres aussi. Bientôt, ils passeront à la forêt blanche pour se fondre à la neige. Bientôt nos passerons à Windows 11.  C’est frisquet, mais on marche jusqu’à ce que les pas deviennent des grains de chapelets. On prie de par les petits rais lumineux qui flashent à travers les arbres.  La beauté n’est pas  seulement dans ce qu’il y a, ce dont on est aveugles,  mais dans ce que nous sommes. Et ce que nous sommes dépend de toutes les sources de la nature. Et c’est là le grand voile et l’immense mystère de la création. L’invisible nous taille davantage que le visible.  L’esprit tranquille, sans être à genoux sur un matelas dans un gymnase de ville en train d’essayer de lessiver sa journée folle avec ses millions de pubs et de d’enseignes au néon, existe ici. L’esprit qui cesse de radoter. L’esprit qui s’émerveille.  Peut-être que la joie est une perle qui se cultive?  Pourquoi endurer ces heures d’automobiles pour aller se rendre au travail, se faire coincer dans des bouchons de circulation? La forêt, la terre humide avec ses  champignons bizarroïdes,   ses arbrisseaux enserrés, parfois étouffés, tentent de se tailler une place. Le petit plant a des plans pour son futur. Personne ne connaît les grands plans du petit plant.   Il faut continuer de marcher pour se retremper dans  le baume, briser la cassure de nos êtres. Ce n’est pas seulement la matière  qui est polluée :  c’est  notre être, jusqu’au chakras, sans doute. Jusqu’à déstabiliser un corps subtil.   Un psychanalyste y trouverait du cambouis,  Et on se douche, loin des étourderies, loin des petits pièges tendus par les prédateurs voraces qui, un jour, viendront jusqu’ici « développer ».

Il s’est mis à pleuvoir en fin de journée. Il pleut des flics et des flacs. Ça tambourine sur les feuilles.  L’inconfort nous fait oublier les grands projets d’aller coloniser Mars, la planète rouge. On veut retrouver notre maison.  L’inconfort, c’est le retour vers soi. C’est cesser de voyager à travers les débris du monde qui nous encerclent et nous enclavent. C’est  d’entendre à journée longue le cerveau qui voyage entre le passé et le futur. Tous les présents dont des cadeaux.  Nous vivons  maintenant dans un vaste marché aux puces planétaires, prisonnier d’un bric-à-brac informe ou difforme, arachnéen, bavard, échevelé,  un bazar d’idées usagées pour un monde qui se prétend nouveau. L’homme ne cherche qu’à expliquer ses déboires en délaissant la Vie. C’est la parade des représentants certifiés et estampillés, fournisseurs de marchandises intellectuelles filtrées par les besogneux qui pellettent du capital pour  alimenter du capital.  Ce qui est simple doit être rendu complexe pour pouvoir contrôler les gens simples et délicats. Nous cherchons des solutions à la vie, alors que la solution EST  la VIE. Nous nous entêtons à chercher « autre chose« , têtus,  de par une religieuse technocratie, une difformité de ce qui existe. Nous sommes les moulus encagés et rebelles iconoclastes. On se bat comme des moulins à vent en lutte contre les Don Quichotte.

« Avec leurs dépouilles nous commencerons à nous enrichir ; car c’est prise de bonne guerre, et c’est grandement servir Dieu que de faire disparaître si mauvaise engeance de la face de la terre. »

Nous allons jouer vice-versa. Ce sera la guerre contre ceux qui s’emparent de nos travaux, de nos bras, de notre monde, qui emplissent leurs tirelires de nos sueurs.

On refuse d’acheter de l’air, d’acheter de l’eau. On a beau refuser, l’air et l’eau sont à vendre. Ils l’empoisonnent pour qu’on l’achète. On voudrait bien ne  pas acheter de qui nous appartient déjà, mais on  ne peut pas acheter ce qui nous a été volé. Pourtant, on achète. On respire de l’ère néo-industrielle pas trop fiable. Qui donc a pissé  sur l’Amérique pour dire que toute cette terre nous appartient ? Ce n’est pas le Wouf de Bozo. Ce sont des humains. Ils se sont donné le droit d’uriner  partout pour posséder.   Ils ont quadrillé la Terre comme un cahier de mathématique : « C’est mon carré à moi. Ce rectangle est mien. Ma femme m’appartient. La feuille du huit-cent-quatrième arbre, branche du Nord, positon, quatrième branche est à moi. Les papillons sont miens. Les lombrics de mon jardin sont mes lombrics. Personne ne touche à mes lombrics. Même pas les pêcheurs. Hier, je me suis acheté un nuage. Demain, j’achèterai un perroquet. Je l’enfermerai dans sa cage. Un perroquet est une peinture versicolore qui parle. Je veux un perroquet pour qu’il me parle. Un perroquet qui ne parle pas est un perroquet mort : Il ne remplit la fonction que je veux qu’il remplisse ».  Les banquiers et leurs descendants voraces et cupides, leurs représentants  de commerce et de libre-échange gentillets ont lancée une énorme bactérie sur le globe. Plus rien ne va! Faites de gros yeux!   Ils ont la même méthode que les vendeurs de drogue : une première dose gratuite. L’endettement fera le reste…

Nous ne sommes pas une révolution, nous fuyons une révolution qui ne se fait pas. Nous fuyons les sourds. Nous fuyons la bactérie mangeuse de nos chers humains,  et très chers produits qui voyagent. Brocoli de Californie : 6392 Km. Leur fantasia, leur petit miroirs girouettant, ne nos atteint plus. Ils ont de grandes oreilles, mais c’est pour mieux ne pas entendre, mon enfant!

Que Dieu ait leurs ânes!

***

Hier, on a jeté un œil au Dépotoirium. Les lecteurs ne nous suivent plus vraiment. La Terre est tellement éclopée que ça saigne de partout. On coure les plaies pour tenter d’éviter que la patiente meure. Il y a maintenant trop de chirurgiens avec leur beau scalpel habile. Alors, on a décidé de transformer le site en quelque chose d’autre. On ne parlera plus de politique ou d’économie. On ne sait pas de quoi on parlera. On fera des « Pensées du jour ».

Pour avoir des clients, il faudrait insérer les vidéos de Maude.

Maggie est entrée avec un nouvel ami. J’ai un bizarre de pressentiment en le regardant.

© Gaëtan Pelletier

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