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Hélas…

Toute l’intelligence du monde est impuissante contre une idiotie à la mode.

Anonyme

Le chat d’Auschwitz

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« Tu sais, Martha, un jour nous  irons pisser sur Mars. Et il aura de l’eau que nous aurons apportée  de la Terre. Nous aurons tout un téléchargement d’armes pour nous protéger, nous défendre. Nous vendrons des armes pour vivre. On fera venir des acheteurs de partout… Martha! Martha! Martha!  

Un énorme vaisseau spatial, en forme de banque, emporta Martha sur une planète lointaine. 

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Le problème avec l’humanité est qu’elle n’a pas d’avenir. Elle en a dans la tête des boursouflés du cerveau, grisés, réglant le sort du monde avec des machines à laver la vaisselle et des gadgets inutiles. Tellement inutiles qu’on meure de faim en regardant des hamburgers volants à la télé. Même dans les pays les plus pauvres.

On fait partie du chiendent et de la tomate, du chat et de la souris. On fait partie des autres qui sont la terre dans laquelle nous poussons. Il y a le ventre de la mère et le ventre social complexe devenu le ventre mondialiste, etc. Nous poussons dans les autres et dans la cendre de l’Histoire. Plus tard, de grands savants vous construirons un « MOI » utile pour eux. Utile pour leurs projets. La souris n’y fera pas partie, comme le sel de la mer, ni le tamia rayé qui rôde en ce moment autour de la maison où j’habite. Ni les étoiles… On a dévié nos regards. Quand on maltraite le moindre insecte, on maltraite toute la vie. Et certains se font des étages de « valeurs » de par leur conception du monde. Mais ces valeurs n’existent pas dans l’Univers. Elles existent dans les visions implantée.

Ce que je possède ou possédera sera mon bonheur. Le futur n’a jamais eu d’avenir puisqu’il y a des siècles on a amélioré la vie de l’Homme  par l’esclavage. Et cet esclavage continue sous une autre forme.  Ce cher esclavage a pour nom travail. Le progrès (sic) consiste à travailler pour quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre sans travailler pour NOUS.

On ne peut pas être soi-disant intelligent et insensible. On ne peut pas inventer et créer davantage de technologie et s’émerveiller si nous ne pouvons nous émerveiller de la Vie.

Il se pourrait alors, qu’à force d’insister, l’Homme finira par créer l’ultime machine qui sera son dieu. Le Dieu de tous les petits dieux de la robotisation et de la fascination de ce qui n’existe pas dans la nature. Nous avons présentement enclenché cette démarche par une fascination dépassant tout entendement. Tel un enfant ébloui par son jeu devant un miroir.

Personne n’est une île. Mais la Terre dans l’Univers – pour le moment- oui. Et nous sommes tous de petits Robinson tentant de survivre à la menace la plus dangereuse: le un en combat contre le nous.  Le communisme n’est pas un système, c’est un état inconscient mal interprété et passé au tamis des société pour tenter d’expliquer cette relation de la vie à la Vie. Du un au nous. Sans différence réelle sauf dans les apparences de parcours.

Nous confondons l’amour qui est un acte réel envers la Vie et le sentimentalisme égotique.  Et c’est la raison pour laquelle les commandants des camps de prisonniers aiment leurs chiens et ne voudraient pour rien au monde les brûler. Oui, dans le courant de l’histoire de l’humanité,  certains en ont mangé. Ils n’avaient pas le choix. Nous avons maintenant le choix de nourrir un chat et la possibilité de nourrir les humains tant du point de vue matériel que spirituel.

Dans notre monde actuel on peut aimer à un point tel la richesse, son bateau, son auto, son chat – que l’on croit posséder-, son pouvoir, au point de brûler au feu de la technologie et d’une économie affolée et ignorante des sources même de sa nécessité.

Il y a des gens bien qui ne brûleraient jamais leur bateau de croisière ou leur chien. Mais il n’est pas certain que si l’esclave est lointain, dans un pays loin de chez-vous, il n’aura aucun remord à choisir.

On ne peut être en vie et choisir de ne pas cultiver la Vie. Mais aujourd’hui on le peut. Comme on prend soin d’un moteur de tondeuse… Voire de la couleur de la tondeuse.

On est un bon gars quand on ne brûle pas les chats…

Gaëtan Pelletier

L’adultarium

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Je ne vais plus à la messe des idées… Je regarde, simplement, les gens aller…

La vie enfermée dans le temps, qui conflue du matériel au spirituel. Les parfums, le bruit des trains, le froissement du vent sur une joue. Un petit éclair à travers les arbres. Le fétu séché…

Belle! Trop belle la Terre. La ruche bleue dans l’espace… La pauvre ruche livrée parfois aux lions mondialistes. Là où le diable danse dans la même lumière que celle des dieux.

Il n’existe pas de mystère à élucider, mais une vie à vivre. La Vie, à travers tous les livres du monde, a pris un sens qu’on a bien voulu lui donner. La vie par effraction! La claudiquante misère humaine. La fragilité de la peur entretenue. Les pays-prison.

La déité étriquée…

Avec son arsenal de connaissances livresques, mathématiques, ce « sauvage » nouvelle ère s’est pris pour le roi de la création. Le savoir estampillé des diplômes. Le charme empesé des nouveaux rois. Les veaux d’or des temps lacérés.

Tout ça peut vous faire mourir avant la mort.

On a tout transformé en un grand charnier d’acier et d’idées mortes.

Un drone vaut-il une fleur? Nous ne savons plus vivre, et plus nous avançons dans l’Histoire, mieux nous savons nous entre-détruire.

L’horloger ne comprend même plus la montre qu’il a crée. Dans laquelle il est enfermé. C’est une ère mécanique, hallucinante, débridée, dénuée du  simple bon sens.

La politique est l’acier, le pétrole et ce luxe misérable vont régler tous les problèmes du monde. Le cerveau s’est encagé. Comme un oiseau « désailé ».

Quand on cesse de cultiver les dieux, nous ne sommes que l’UN du TOUT. En quoi l’Homme est-il supérieur au simple pissenlit, au chêne qui grandit, aux oiseaux qui y nichent? Au  frimas des matins d’automne…

À partir du moment où l’on croit connaître quelque chose de la vie, on l’étreint, comme pour le garder en trésor. On l’étouffe pour s’en nourrir. Car ce qui ne vit pas, ne nourrit personne. Les idées n’ont rien de différent de l’argent, de l’avoir. Les couards saisissent au vol un oiseau, une idée, pour l’enfermer. Ça les rassure.

Peur de ce qui bouge, peur de ce qui s’use. L’industrie de la peur.

Ma quand on a compris que la simple tige d’un pissenlit a autant de valeur que soi, que la feuille s’en va et nourrit la terre, que la beauté du monde est là, sans attente, sans rien, sans désir d’éternité, juste là dans les amours, juste là dans l’invisible, on trouve bien risible toutes les analyses du monde qui polluent en idées le simple résultat d’une vie.

Parler de soi n’est pas nombriliste. Ce qui l’est c’est de parler des autres, hypocritement. Ou parler de dieu un couteau  à la main…

Il y aura toujours, chaque jour, quelqu’un pour vous livrer un petit secret, une découverte. Vous attendez patiemment… Vous attendez comme un enfant… Vous attendez que quelqu’un vous explique  le monde, et que tout soit fini.Figé.  Vous attendez que les politiciens règlent votre sort. Que les armes mènent à une victoire.

En ce siècle, les armes ne mènent qu’aux banques.

Dans ce faux théâtre, les humains hypnotisés cherchent un rôle à jouer, une idée à défendre, un pays à sauver. Un système à inventer. La perfection du petit cahier. La ligne la plus droite que droite à  travers les hypocrisies impérissables du temps.

Il n’y a pas plus système qui puisse mener au bonheur. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a eu, dans l’Histoire, qu’une série de mégalomanes, d’esclaves volontaires, et il y en aura toujours. Les diables dansent sur la poussière de tous les esclaves ensevelis de l’Histoire. Ils ne connaissent qu’un seul jardin; celui de la fragilité humaine. Ils les font dansotter en ricanant.

Le mouton à tondre est le désir des loups… Il produit. Et on lui accroche une médaille pour sa production : une montre. En attendant l’heure fatale du « vrai » mourir. Il sait léchouiller la bête.

***

Chacun danse sur tous les cadavres des gens passés dans cette vie. Et ça continuera…

On ne changera rien. On ne changera rien parce que chacun veut être « grand ». Alors que tout se fait par les tout petits.

Pour vivre, il faut rester enfant, ou retrouver l’enfant. L’enfant n’a pas de système, ni de dieu, ni d’idées : Il regarde, assimile, et apprend tout. C’est après qu’on le fige lentement, qu’on le statufie, qu’on modèle ses « idées », ses « visions », comme s’il n’y en avait qu’une.

Il y a mourir sous terre et mourir sur Terre.

On ne devient  UN que par l’amour des autres dans leur différence. Ceux qui se battent pour des idées se privent d’un grand bonheur et d’une grande connaissance : la pierre aiguisée de la différence, la rugueuse différence de la pierre.

On ne devient UN que par la manière de l’oiseau qui se jette en bas de l’arbre, qui tombe, se relève, pendant des heures.

Puis un jour, il vole…

Chose surprenante : une idée n’a jamais fait vivre personne. Elle a parfois amélioré son sort. Mais une idée n’est là que pour « améliorer ». Maintenant, une idée peut être bêtement inutile, mais Ô combien attirante dans son lustre!

Nous voilà au siècle des idées vendues et achetées par tout le monde.

C’est pourquoi nous sommes si pauvres. On rejette le paysan. On exaltera les grands édifices, les œuvres d’art, le clinquant mondain. La surface. Le laque. Les diplômes. Tous des accessoires à se moirer…

Une idée ne sera jamais un jardin. Une formule mathématique ne sera jamais la Vie.

Alors, de quoi nous nourrissons-nous?

C’est là le cœur du problème…

Nous nous nourrissons à de « l’inconcret ». Nous tétons de l’abstraction… Biberons d’États.

Tout le système est organisé pour que nous restions enfants, enfermés, cloués, sans jamais passer à l’âge adulte.

Comme si on disait à l’oiseau : « Ne sautez pas en bas de l’arbre, vous pourriez vous blesser et ne jamais voler ».

Les oiseaux n’écoutent pas…

Et c’est ainsi que doit être la vie…

Gaëtan Pelletier

Le paradis à la fin de leurs jours

Drapeau

In Gold We Trust

Quand un soldat étasunien  meurt au combat et qu’il va au paradis, il est récompensé, en arrivant, de 72 automobiles flambant neuves, bref, vierges.

Gaëtan Pelletier

 

 

Un jour ce sera notre tour…

Photo de Bisoutendresse.

Nous sommes aussi des animaux. Et nous en élisons également. À la vitesse à laquelle nous détruisons la Terre, nous aurons dans peu de temps besoin d’aide. Sauf qu’il n’y aura personne pour nous donner un peu de cette eau qui est maintenant à la bourse.

GP

ONE HEART, Greta Thunberg

Discours du chef Seattle, 1854

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« Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L’indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle – la bête, l’arbre, l’homme, ils partagent tous le même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit ou même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous parait étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisant, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme – tous appartiennent à la même famille.

Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. II sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérerons donc, votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l’homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour, c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur. Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent. Où est le hallier ? Disparu. Où est l’aigle ? Disparu.

La fin de la vie et le début de la survivance. »

Parlez-moi d’un bon train qui parle comme un paon!

Les Don Quichotte du clavier et de la babine 

À lire les journaux, à écouter les longues analyses des postes de radio ou de télévision par des flopées de « spécialistes », on se demande à quoi sert tout ce grand débit de lettres, de mots, de sons, quand, au fond rien ne change. Alors, oui, on n’a jamais autant écrit, autant parlé, autant pensé que l’on peut changer ce monde par les idées. Même si elles passent en boucle.

Le monde est en apparence rempli de libertés: liberté de dire ce que l’on pense, et de crucifier deux ou trois politiciens le matin, ils ressuscitent trois jours plus tard ou sont remplacé par un robot du même acabit.

Il nous reste cette illusion d’avoir un certain effet sur le cours  de l’histoire. Les analyses ou prises de conscience ont beau être musclées, elles finissent par s’enterrer elles-mêmes. La rivière tumultueuse ne nous donne pas le temps de nous arrêter. C’est une descente de rapides, pas une balade sur une rivière tranquille.

Le temps…

Jadis, il n’y avait qu’un cadran solaire dans les villages, puis, plus tard, une horloge accrochée au mur. Maintenant, on a l’heure à la seconde au poignet, sur les appareils ménagers, à la télévision, bref, chaque pièce a ce rappel insidieux de courir après le bonheur, car le temps presse. Personne n’a envie de se tailler une cuillère en bois pendant des heures comme passe-temps. On l’achète de Chine. La cuillère à trois cents, se vendra cinquante cents une fois qu’elle aura traversé l’océan et aura enrichi de quelques cents les actionnaires d’une multinationale.

Les chevaliers 

Ils sont légion. Il y a autant de chevaliers de la parole ( question-réponse-entrevue) que le nombre d’habitants que le New-York des États-Unis. On avale de menues idées – voilà qui fait de nous, au moins, des intellectuels – autant qu’un oiseau qui picore les graines d’un jardin. Alors qu’en faisons-nous? Nous les écoutons. Et en sommes- nous éclairés?

Le train et la réponse du cerveau 

Un jour, nous avons acheté une maison près d’une voie ferrée. Les premiers matins, vers 5 heures, le train passait. On se réveillait épouvantés, surtout l’été, quand les fenêtres étaient ouvertes. Au bout de quelques mois, le train passa, mais nous sommes devenus sourds. Pourtant, à cette époque, il en passait peu. Aujourd’hui, le trafic s’est multiplié par dix ou par vingt. Mais nous ne les entendons plus. En fait, nous avons oublié complètement qu’il y a une voie ferrée qui passe à 30 ou 40 mètres de la maison.

La culture 

Dans quelques décennies, ou avant, ou aujourd’hui, on ne saura plus ce qu’est la « culture ». Puisque chacun a le droit de s’exprimer, de faire du bruit un jour sur une chaîne de télé, de citer Nietzsche ou Sartre, de beurrer son pain quotidien d’un savantisme  bien énoncé, il n’est plus réellement entendu. Le cerveau a cette capacité de devenir incapable de faire un synopsis d’une cacophonie pénible. Il fuit, comme dirait Laboritt. Et en avant…

En fait, nous sommes piégés par le syndrome de la queue du paon: le plumage est bien plus attirant que la cervelle de l’oiseau. Et malgré tous les changements de nos sociétés, nous tenons fermement à croire que le politicien pourra changer quoi que ce soit. Après tout, nous, instruits, savants, cultivés, nous sommes là pour le guider!  Cela pourrait se résumer en une formule: « Je suis un train ».

Gaëtan Pelletier

Particules de bois, particules de « moi »

Le cerveau est comme l’eau, il s’accroche à tout. Donc, il ramasse tout, sans vraiment connaître sa limpidité ou sa « qualité » .

L’être est l’interminable tempête de l’esprit qui construit ou est construit par les événements, les choses, les mouvements sociaux, les modes, les pubs, les infos, etc. Un être particulaire…

Alors, comment être libre si l’esprit ne l’est pas?

Nous sommes les plus grands rameurs de l’Histoire. Les plus orgueilleux, les plus fiers, les plus peureux, les plus affligés, les plus « intelligents ».   Nous sommes des êtres à qui on a vendu le triste moyen de nous faire ramer: la « performance ».

De par tout ce qui passe, de par la force de nos pauvres « foi » qui nous aveuglent , trop de vies se passent dans la peur. Et quand elle n’est pas là à la naissance, on nous la crée… On l’engraisse, on la friture, dans la gras de l’orgueil.

Peur du jugement des autres.

Peur de ne pas être « à la hauteur »…

Peur de ne pas assez en faire

Peut de ne pas être un bon disciple pour ces causes folles des votes , des guerres, des industries.

Et la première et plus grande ignorance est de croire que nous nous bâtissons. En fait, nous sommes davantage bâtis, construits, infiltrés et collés comme ces matériaux modernes: moins de bois, ou pas… Des particules, des fibres…

La totale liberté ne peut pas exister si l’esprit est emprisonné.

Mais la cage est en nous, donc invisible.  Nous nous habitons sans avoir créé – que trop souvent – notre propre demeure.

Il advient donc que la première révolte, la première réelle révolution se fasse par cette prise de conscience.

Plus la société est toxique, plus l’être est bâti virtuellement et endommagé, bien que les collages soient en apparence la formation d’une « unité » bien utile.  De là cette monstruosité de société endommagée, fibrée, tout en apparence.

On dit juger l’arbre à ses fruits…

La mondialisation n’a pas détruit et ne continue pas de détruire que l’environnement: elle défibre les sociétés, les êtres, dans une industrie d’un holocauste quasi charmant, tant il est étoilé de récompenses, de diplômes, de tous ces distributions auxquelles nous consentons, ravis.

Gaëtan Pelletier

Les détêtés

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Demain, quand vous vous éveillerez, votre vie sera changée – ou restée la même- par une armée de corniauds bureaux-blattes. Ils accomplissent leurs tâches. Ils rentrent lessivés en ayant – sans le savoir – lavé tout le monde.

Le corniaud à bureau est une espèce translucide, pouvant se camoufler parmi les bonnes gens. Il ne pense ni ne raisonne: c’est une dent de roue de bicyclette, ou plutôt une chaîne.  Il remplira des formulaires, il s’accrochera aux règlements. C’est son boulot. Son boulot qui ne consiste pas à humaniser mais à sculpter, par l’infime pixel qu’il est dans la toile de la vie, les moutures idéales pour les pouvoirés.

Personne ne vote pour les nouveaux maîtres du monde. Ils sont fantômatisés dans l’immense toile des travailleurs. Tout ce qu’ils font, et qu’ils le sachent ou non, c’est d’entretenir un brouillard constant. C’est un otage de l’avoir central et du pouvoir délocalisé.

Le plus grand dessin du monde, le plus réel, le plus fatidique, le plus mortel, est de voir apparaître un monde de clochards et de mendiants dans le monde du travail. Si avoir le choix est synonyme de liberté, n’avoir pas le choix est celui d’être esclave tout en l’ignorant.  C’est là tout le secret et l’astuce de la propagande actuelle: elle est fabriquée comme une image de télévision 1080 p.

Qui donc a quelque chose d’autre que les mots pour se révolter? Le réel est acheté et une mécanique mise en place pour faire perdurer un système auto destructif et éclaté.  Il est même automatisé. Il est même automatisé. Il est même automatisé.

Gaëtan Pelletier