Archives de Tag: POÉSIE

Souffles

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Il est des soirs, comme ça, ou je serais les mots de ta bouche. Avec des mains qui pousseraient dans la terre des désirs. Et rien d’autre… Comme on enfile un gant, comme s’enfilent les amours… Et pourquoi pas?

Que les âmes se soudent. Que les âmes prennent la chair pour en faire une reliure, une phrase dans l’immensité du temps.

Alors, de temps en temps, je te saisis comme les abeilles dévorent le nectar des fleurs.

Les deux frissons s’en vont en aventure de la chaleur. Et tout s’éteint alentour… Les yeux se ferment comme des toiles de fenêtres à la peur de la mort. Et tes soupirs sont remplis de fleurs, d’exhalaisons de premiers souffles. Et nous vivons… Nous n’en savons les minutes.

Aimer, c’est prier à deux que la vie ne soit pas un mystère qui s’éteigne…

Gaëtan Pelletier

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L’enfant luciole

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Le vent ciselait ses dunes, en vagues et en vagues
Au désert du midi avec ses ombres courtes
Le vent n’avait plus d’amis
Ni d’eau, ni de mer
Seul un sable rougi
Sous des pieds endoloris
Un enfant fuyait
Une ombre immense
Trop forte pour lui

Au désert de l’amour
Ne vivait que la guerre
Sur les vagues énormes
Nageait un enfant
Qui semait son sang
En gouttes prudentes
D’un long achèvement

Un soldat le suivait
D’un soulier délacé
L’ombre de son arme
Ramait le sable

Au désert de l’amour
Ne vivait que la mort
Chaque jour, chaque jour
S’en allait un enfant
Qui semait son sang
D’un proche achèvement

Un soldat le suivait
Sur un pointillé carminé
Vit les gouttes enfler
Et la tache sur le sable
La cible fière
Calma sa colère
Au désert de l’amour
L’arme parla, langue de plomb
Le cordon du souffle fut coupé
Et la cible au menu
Perdit son ombre toute menue

L’Univers tournait tel un grand boulier
Laissant aux Hommes le soin d’épouser
Les allées de l’amour
Les venues de la haine
À l’autre bout de la Terre, en été
Dans la nuit, sous la coupole ombrée
S’éteignit une luciole sous une cloche de verre

Au jardin de l’amour
Ne vivait que la Paix
Une luciole s’allumait
Sous les yeux émerveillés
Des enfants qui jouaient
Tard à la lune et de son clair
Laissait se mouvoir des points de lumière
Au sol agité par la vie qui coulait
Aux vagues rieuses des joues carminées
Pour un temps, pour l’heure
Selon les allées de l’amour
Les venues de la haine

Gaëtan Pelletier
14 décembre 2008

 

Le tricot des jardiniers

 Avez-vous quelque chose à manger?, demanda le soldat. 

***

C’était un jardinier tout malingre qui cultivait sa terre sèche, quelque part en ce monde, quelque part…

Il avait des rides comme des rangs de jardins, et des furoncles comme des pierres de  jardin.

Il sarclait pour vivre, allait chercher l’eau à 10 km, pour revenir, arroser ses plantes. Entre le ciel et la terre, il ne voyait aucune différence. L’un apportait la lumière, l’autre la nourriture.

Il était vêtu comme un papillon, tout colorié, chaussé de souliers séchés.

Il n’avait pas de montre.

Pas de temps.

Rien que du mouvement.

Et quand la nuit arrivait, il dormait dans la noirceur d’une tente, un roulis d’étoiles picotantes, et de sa bouche respirait l’air de l’amour qui buait de sa femme aux yeux fermés, couchée dans ses rêves, dorlotée.

Il aimait comme lorsque qu’on n’a pas besoin d’aimer. Rien. Car tout était amour. Fondu dans le décor de cette terre, souffrant parfois de la faim, de la soif, mais le cœur allumé, tout nourri des jours et des enfants qui riaient alentour.

Il n’était « rien » tout en étant le TOUT. Dans la chaleur des jours, les frissons des nuits et la rivière qui ne coulait pas aux bruits des montres.

Rien.

Il buvait du soleil et la tranquillité des jours.

Un matin, alors qu’il raclait un champ, la guerre vint le visiter.

Il n’y prit garde, se laissant aller à bien tailler ses rangs, le visage penché sur la géométrie que lui avaient apprise  ses ancêtres.

Pendant qu’il dormait, un homme masqué, armé, prit ses rangs de jardin et y sema des grenades.

Je jardinier racla…

Le sang gicla jusqu’au ciel dans des gerbes d’une semence jusque là inconnue.

Les femmes du village le pleurèrent tant que le jardin, cette année-là, donna plus de légumes qu’il n’en avait jamais donnés.

Un enfant cessa de jouer et se mit à sarcler…

***

Gaëtan Pelletier

19 mars 2012

Si jamais je mourrais…

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Eliora Bosquet : Eros et Thanatos ( L’amour et la mort) 

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Si jamais, si jamais je mourrais sans mourir, je demanderais à Dieu une rivière, un lac, une canne à pêche, et un grand ciel bleu, des mots,  des pinceaux, et des rires d’oiseaux.

Je trouverais une femme, au hasard d’un arbre sans pomme, et j’aurais des yeux grands comme toutes les questions du monde. Le temps n’existerait pas, et nous serions luisants,  quasi translucides comme cette eau de   rivière qui bruisserait à longueur de jour,longueur  de nuit. Nous passerions nos jours à nous amourer, à marcher, à cueillir des toiles-papillons aux vols fous. Il n’y aurait ni bitume, ni auto, ni gens de misères, ni calculateurs frigidaire, et menteurs d’affaires. Notre maison aurait des siècles, et la chaleur viendrait de nos respirs.

De temps en temps, sans temps, la pluie viendrait faire un tour pour éponger la soif des sols et la nôtre. Les eaux feraient de tricots d’eau en contournant les grosses pierres ayant émergées  des sables du sol. On y nagerait comme dans les ventres des mères.

Nous aurions des enfants pour peupler une terre, des enfants à l’âme de lumière, des enfants qui s’en iraient ailleurs-ici, dans ce non espace, pour n’apprendre que vivre en amour est déjà prier.

Gaëtan Pelletier,

Mai, 2017

 

 

La réponse de Dieu

À ceux qui se demandent où je suis
Je suis ici et là
Las qu’on me cherche ici
Sans me trouver partout

On me prie chaque jour
À travers tous les dieux
Épargner les êtres qui vont souffrir
Pendant qu’ils se battent entre eux

Je suis une image que l’on pend aux murs
Je suis le murmure qui sort de vos bouches
Je suis celui qu’on accouche
Quand on cherche l’enfant que vous êtes tous

Je suis la goutte et l’océan
Les étoiles, les yeux des enfants
Je suis la Terre, le Paradis
Je suis bel et bien ici

Je suis l’espoir des aveugles
Et toutes les graines de tous vos printemps
Apprenez vous même à voir
Un peu de moi en vous de temps en temps

Je suis Allah, Jésus, Jéhovah
Vous m’avez toujours divisé en trois

Ne cherchez plus, ne cherchez plus
Si vous ne savez me trouver
Je suis le diable que vous avez inventé

P.S.: Extrait d’un texte de chanson en collaboration avec
Michel Schwingrouber, chef de choeur, auteur, compositeur-interprète Français.

Gaëtan Pelletier
1998

J’aurais des mots…

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J’aurais des mots pour éteindre les peur des âmes
Des mots grêles, des mots doux, sans dieux
J’aurais des syllabes sifflées aux vents
Et des parfums de vols d’oiseaux  près des océans
 
Les paumes des mains des humains inhumains
Les paumes sont sèches, sableuses des guerres
Là où personne n’a de lendemain, ni de mains
À tuer comme on tue, à tuer plus qu’hier
 
Je n’ai que des mots, des franges de balbutiements
Comme un silence enfermé dans les bouches déchirées
Que veux-tu, petit homme? Que veux-tu vraiment?
Dans tes balles volantes, à broyer les enfants que tu sèmes?
 
 
Gaëtan Pelletier
25 août 2013

Les papillons MerKaBa

MerKaBa signifie l’esprit / corps entouré par contre-rotation des champs de lumière. Il fait partie de vous et peut être utilisé par vous, mais ce n’est pas vous. Il est en fait un véhicule léger ou votre vaisseau de lumière personnelle. Le champ Merkaba est utilisé pour la transition dimensionnelle, un véhicule pour le transport du corps / esprit d’un monde dans un tout autre monde. Il est le véhicule de l’Ascension activé par la respiration de l’esprit / corps. Il est conçu pour la transition à la lumière.
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Un  soir je serai tes yeux
Et toutes les couleurs du monde
J’aurai ces  doigts à faire des toiles
Sur ta chair et ton âme, aiguiller nos voiles  
 
 
Un  soir tu seras mon regard
Je coucherai avec tes mains
Dormirai au creux de tes arts
Un  soir tu seras mon âme
Et nous sauront de nos lieds
Êtres  deux parfums soudés
Un champ sans fin, révélé
Que je saurai te montrer
 
 
Un jour aura fin du cauchemar  
De la chair, des retards
Je taillerai  des arcs-en-ciel
Pour une maison nous blottir
Que certains croient irréelles
Dans la frayeur du mourir   
 
Gaëtan Pelletier
Mars 2006