Archives de Tag: POÉSIE

Le livre

 

235-Bougie temps qui passe_maxi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis à lire un livre
Les premières pages sont déjà fripées
Chaque jour j’en tourne une
Chaque jour elle me retourne
Je suis surpris, inquiet
Que va-t-il se passer ?
Parfois je suis déçu
Parfois emballé
Certains passages sont si bons
Mais d’autres si moches que je laisserais tomber…
 
Lentement le portrait se trace
Qui est le héros, qui est le lâche ?
Dieu ou diable, savant ou minable
Je tourne et tourne sans cesse les pages
Las, emporté, triste, gai ou sage
 
Tout est si compliqué
Ai-je sauté des passages ?
Je retourne en arrière
Pour reprendre les images…
Le héros, le héros, sans cesse voyage
Sur un calendrier en tournant les pages
 
C’est ma vie, une autre tranche lirai demain
Dans l’espoir de ne pas voir le mot « Fin »…
 

Gaëtan Pelletier , Novembre 2008

Le voyage du cercueil

 

Le monde a semé des luminures 
Des joyaux piégés, des devantures 
Les Seigneurs à dollars, laminés d’or 
Poursuivent la crasse camouflée de dorures, dort 
 
Mon frère, dort, dans la peur de la Vie plus que de la mort 
Et pendant qu’ils frivolent, volent et volent
 Sous tes pieds les sols  
Ils sèment des déserts de poison, et dans l’aride territoire 
Le corps acéré, maigre  en lame de rasoir 
 
 
On entend d’ici, le rouge des printemps 
Les giclures pourpres des sangs 
Les enfants labourés ont leurs pieds attachés 
À nos écrans pourprés 
 
Les machines délirantes crachaillent leurs feux, carburent 
Aux discours insidieux des faux dieux 
Et la chamaille te larme! 
Et tes cris son ceux des enfants! 
Tu hurles, tu râles, en attendant 
De nouvelles armes…
 
La Terre est ta maison, et la maison t’enterre 
Tel un rond, fourbe, et lent cimetière 
Les esclaves acolores quittent leur village 
Pour engrosser l’avoir de ces fallacieux sages 
 
On te dit « main-d’oeuvre », déplacé, dépaysé 
Le doigt et l’âme dans l’engrenage 
Le cachot est virtuel, et les négriers cuivrés 
On t’a monté un beau bateau, petit nègre de mirages! 
 
La vanité aura creusé dans l’Univers 
Un cercueil: La terre 
Sous les combustions allongées 
Des cendres virevoussantes dans une urne givrée
 
 
 
 
 

Gaëtan Pelletier 

18 août 2013 

 

La quête

Quête

Quête 2

La vie est un loyer

On passe dans la vie comme un frisson
Entre les quatre murs de la raison
On s’y fait un doux nid pour son âme
D’une architecture qui pâme

C’est une demeure qui s’en va
Et la vie est comme l’oiseau de l’oiseau
Et le vent une aiguille du temps
Qui défibre les nids
Arrache mes plumes
Mes écrits de lune

Et ce soir encore je vole jusqu’au repos
Dans la maison comme après un long vol
Tout s’écaille, arbres et plumes, s’envolent
La maison s’en va et j’irai où elle sera

La vie est un loyer
Mourir n’est que déménager

Gaëtan Pelletier
20 janvier 2009

Les voyages arrêtés

Que reste-t-il de ces voyages
Que l’on  fait au pays des yeux
Entre le ventre de la mère
Et celui de la terre?

J’aurai vu des âmes  sable/enfant
Et des bétons figés, dur amour, dur amant
Qui ont  bu tout l’eau des pleurs
Laissant à sec, les beaux amours océans

Au générique de la vie, défilent des géants
Qui dorment au cimetière, enterrés
Sous leur cœur de pierre, figés
Laissant sur Terre des cadavres boitillant

Laissez-vous aimer jusqu’à écouter
Le parlé du parfum  des fleurs,  frémir
Aux touchers, saisir d’une main les couleurs
La Terre est un jardin où l’on sort comme des fleurs!

Après une croisière de l’ombre  à la lumière
Que reste-t-il de ces voyages
Que l’on fait au pays des yeux?

Gaëtan Pelletier

20 juin 2010

Absences

Aux soirs de tes absences, je dors d’un œil ouvert
Sur ton âme et ton corps, dans mon vieux lit d’hiver
Je t’enverrais des fleurs, de vert et de lilas
Pour faire fleurir en toi, les printemps de nos voies
 
Aux soirs de tes absences, si tu savais, ma belle
Le tué de mes respirs, ma lumière affamée
Je ferais voyage aux lèvres, pour en boire la buée
Je t’enverrais tout l’or, de ma mine irréelle
 
Aux soirs de tes présences, je vais au lit l’œil vert
Comme une veillée tendre, une chandelle allumée
Faire l’amour aux paupières, qui tremblent nos hier
 
Aux soirs, aux tout doux soirs, juste avant la nuit
Je prépare la fête, les rideaux de mes yeux
Je descends les toiles, de chair pour l’infini
 
Puis je fais le voyage, de l’absence à présence
La chambre est déchirée, des ciels et des ciels
 
Culbutent nos amours, aux bougeoirs éternels
 
 
© Gaëtan Pelletier
09, avril , 1998

Clarté d’hiver

noel

Merci à Claude pour l’envoi