Archives de Catégorie: ENTRETIENS

Philip K. Dick A Day in the Afterlife

En réponse à Harvey, et pour ceux qui sont intéressés par Philip K.Dick.

Malheureusement en anglais. Je n’ai pas trouvé de version française. Un , ou le seul des documentaires sur la vie étrange de Philip K. Dick, son environnement et des témoignages.

Gaëtan

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Film « promised Land » : « Le gaz de schiste est vendu comme on vendrait un ordinateur »

Promised Land (2012) Poster

À travers ses films, Gus Van Sant a souvent tenu un discours militant. Le réalisateur de My Own Private Idaho, Harvey Milk ou Paranoïd Park traite dansPromised Land de l’exploitation financière de certaines communautés rurales par les grands groupes énergétiques.

Le film qui sort mercredi 17 avril en France, dénonce les méthodes exploitation du gaz de schiste – enfermé sous d’épaisses couches de roche, son extraction par fracturation hydraulique nécessite un forage et la pulvérisation d’un mélange suspecté d’être hautement polluant pour les nappes phréatiques.

Accusé d’avoir fait un film de propagande par certains, le cinéaste américain confie au HuffPost avoir été appelé à la rescousse par Matt Damon (scénariste et acteur) et explique son point de vue:

Qu’est-ce qui vous attirait dans le projet?

L’aspect du film que j’ai trouvé intéressant c’est le personnage de vendeur incarné par Matt Damon. Sa façon de démarcher les fermiers m’a rappelé certaines attitudes dans ma famille – mon père et mes deux oncles étaient vendeurs eux aussi. C’est un métier qui demande, selon les besoins, de pouvoir vendre aussi bien des assurances que des voitures. Ceux qui l’exercent sont pratiquement interchangeables. Cette culture de la vente aux États-Unis s’est propagée en politique où les représentants parviennent à vendre des problèmes, des lois ou des programmes. Dans Promised Land, on vend du gaz de schiste comme on vendrait un ordinateur.

Pourquoi montrer des écologistes qui utilisent ces mêmes techniques de vente?

Je voulais que les deux camps partagent leurs recettes parce que, malgré les enjeux, tout est devenu une question de relations publiques. Promised Land est pessimiste dans le sens où vous ne pouvez avoir confiance en personne, mais je reste persuadé que les environnementalistes représentent en réalité un espoir. C’est un mouvement qui possède plusieurs factions, parfois de gauche, parfois de droite. Il y a probablement aussi des individus qui ont infiltré des groupes écologistes dans le seul but de les faire échouer, utilisant la même forme de désinformation qu’on trouve lors des campagnes politiques.

En Europe, l’exploitation du gaz de schiste continue de faire débat…

Comme aux États-Unis. Le gaz de schiste risque d’être discuté encore longtemps et le film est une manière de rendre le sujet plus visible pour les spectateurs. La communauté agricole subit de fortes pressions économiques. Beaucoup doivent lutter pour conserver leur ferme alors que les taxes et les dettes les mènent vers la faillite. La corporatisation du secteur est un fléau qui a tué beaucoup d’exploitations. Il est aujourd’hui impossible de concurrencer certains produits issus des grands conglomérats industriels. Mes parents habitaient une petite ville du Kentucky, à la Frank Capra, et je m’en suis beaucoup inspiré.

Êtes-vous d’accord pour dire que votre film parle d’identité américaine?

Je pense comme Matt Damon et John Krasinski (ndlr: les deux scénaristes dePromised Land) que la fracturation hydraulique est un problème. Pour l’identité américaine, je devrais leur demander s’ils parlaient de cette grande tradition de vendeurs et de créateurs d’entreprises qu’on trouve dans le pays. Je crois qu’il existe des américains qui sont prêts à se séparer de leur terre pour de l’argent, d’autres non. Je vis aujourd’hui près de Portland dans l’Oregon, dans une communauté de fermiers. Le film a donc un écho particulier pour moi aussi.

 

Source: Huffpost

wikistrike.com

L’humour dans « sa » couleur

À mon avis, l’humoriste/conteur Boucar Diouf est en réalité originaire d’une race galactique beaucoup plus intelligente et évoluée que la race humaine. C’est une blague…
En fait, ce que j’apprécie le plus de son humour, c’est l’absence de mépris.
Quelle sagesse!
Je lui rends hommage.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

«Mon grand-père disait : S’intégrer à une nouvelle culture, c’est comme lire un livre plusieurs fois. La première lecture, généralement, c’est pour se familiariser avec les personnages. À la deuxième lecture, on s’intéresse davantage à l’histoire. Mais à la troisième lecture, si on est capable de raconter l’histoire avec passion, c’est qu’elle est devenue aussi la nôtre, et les personnages, des membres de notre propre famille.» ~ Boucar Diouf, Fête Nationale 2009  

Et j’ajouterais que s’intégrer à la race humaine exige le même effort…

Site officiel récent : http://www.boucar-diouf.com/

Notes biographiques provenant de son premier site; sa démarche artistique nous invite à créer … dans notre propre couleur!  
http://www.boucardiouf.com/presentation.html#demarche

D’Hiver Cité

Par sa structure, ce spectacle reflète mon identité actuelle. En effet, treize ans passés dans le Bas- du-Fleuve au Québec ont fait de moi un baobab recomposé. Entre mes racines africaines et mon feuillage québécois, se dresse mon tronc sénégalais. Je suis un hybride identitaire et D’Hiver cité est une fusion complète entrel’Afrique et le Québec.

Quand j’ai commencé à écrire ce spectacle, je me suis fixé trois objectifs.
1. Il fallait que ce soit très drôle.
2. Il fallait que mon humour fasse réfléchir.
3. Il fallait que le spectateur voyage d’une émotion à l’autre.

Je vous recommande de lire ma démarche artistique pour plus de détails. Par son savoureux mélange d’humour, de contes humoristiques, de proverbes et de chansons africaines, ce spectacle est donc un voyage entre la banquise et la savane. Si vous voulez rire aux larmes et écouter toute la poésie et les enseignements de la sagesse africaine, D’Hiver Cité est à découvrir.

Ma démarche artistique

J’habite l’Est-du-Québec depuis 1991*. Je suis né et j’ai grandi dans un petit village au centre du Sénégal. Dans ma région natale, les rôles sociaux sont prédéfinis pour chaque composante ethnique de la population. N’est pas artiste de la scène qui se sent habité par le besoin de créer. L’univers des arts est presque exclusivement réservé aux individus issus des castes : les griots, les forgerons et les sculpteurs. Tout petit, je sentais déjà en moi le besoin de jouer de la musique, de raconter des histoires et de faire rire les autres. Cette sensation était tellement forte que, parfois, je ne pouvais m’empêcher de faire des escapades dans le monde des castes, ce que mon père n’appréciait pas vraiment. Je me suis alors consacré corps et âme aux études qui faisaient davantage la fierté de ma famille. Il a fallu que je termine un doctorat en océanographie pour découvrir que le métier de chercheur n’était pas vraiment ma véritable vocation, que je voulais m’exprimer plus que par la science. Aujourd’hui, plongé dans l’humour, le conte et la musique, je me suis retrouvé, même s’il a fallu pour cela choisir la précarité du métier d’artiste à la carrière de chercheur. De toute façon, même si je voulais continuer dans la recherche, il est parfois difficile pour un Africain de prétendre, au Québec, être un spécialiste du « frette ». Pourtant, comme je le souligne dans mon spectacle, j’ai fait ma thèse de doctorat sur les adaptations au froid chez l’éperlan.

Je ne me suis jamais demandé pourquoi j’avais besoin de créer. Je crée pour nourrir cette flamme intérieure qui m’a toujours habité et qui déstabilise parfois mon homéostasie. Je crée aussi pour semer et l’humour m’apparaît comme un champ fertile, c’est un moyen de communication adéquat pour mettre en évidence les interactions et les conflits entre les groupes ethniques, pour faire tomber les masques et bousculer les représentations. L’humour doit terrasser des réalités, proposer de nouvelles façons de voir les choses et servir de centre de cristallisation et de point d’ancrage à l’émergence d’une nouvelle identité. En tant que Québécois d’origine ethnique, la nouvelle identité à laquelle je ne cesse de rêver est celle qui outrepasse les seules limites de la race, de la religion et du territoire. Je rêve d’un monde de tolérance et de confiance inébranlable en la diversité créatrice. L’humour est également une des manifestions et un des lieux d’élaboration de la culture d’un peuple. Or, à l’heure où les flux migratoires tendent à homogénéiser la population mondiale, on ne peut pas parler de culture sans parler de différences et de rencontres culturelles. L’hybridation de genres humoristiques venus de différentes contrées me semble être un bon outil de rapprochement interculturel. Cette hybridation est très populaire dans le monde musical. Ma collection de disques compte des albums où se mélangent tam-tam et cornemuse, cithare et violon, musique classique et percussions latines. Dans l’univers humoristique québécois, ces productions hybrides sont encore marginales.

Ma démarche artistique s’apparente à celle d’un griot africain. En effet, pour ces artistes de père en fils, il n’y a pas de frontières entre l’humour, le conte et la musique quand vient le moment « d’appeler les émotions » et de les voir s’incarner. Tel un héritage génétique, cette habitude de mélanger les genres est restée profondément enfouie dans mes cellules. Le métissage engendre des hybrides qui sont reconnus en biologie comme étant souvent plus vigoureux que leurs parents de race pure. Voilà pourquoi je raconte des histoires africaines avec des expressions québécoises et pourquoi je mélange le monologue, le conte, le proverbe et la chanson. Mon spectacle qui s’intitule D’Hiver Cité aurait bien pu s’appeler L’Africassée.

Rimouski se trouve sur les rives de l’estuaire maritime du Saint-Laurent où les eaux saumâtres provenant de l’estuaire moyen se mélangent avec les eaux salées qui arrivent du golfe. Or, tout scientifique de la mer sait que la richesse et la grande productivité des milieux estuariens sont principalement causées par ce métissage. Comme océanographe et artiste, c’est cet écosystème particulier que j’essaie de promouvoir avec mon spectacle. Il faut rire de nos différences pour les apprivoiser et les dépasser.

* Boucar Diouf habite présentement à Longueuil, en Montérégie.  

Un exemple de sa plume:  

Boucar Diouf, océanographe, conteur et humoriste
Source : Cyberpresse, 6 novembre 2008 

Au Québec, les hommes naissent bleus et les femmes roses. Toutefois, si on met ensemble plein de bleus et de roses, on dit que c’est noir de monde. Et s’ils sont bleus en venant au monde, les hommes peuvent virer au rose à l’âge adulte, avant de retrouver vitement leur couleur de naissance grâce au Viagra. Plus ça change, donc, et plus c’est pareil. Vous vous demandez sans doute où je m’en vais avec cet aparté sur les couleurs. En vérité, la campagne électorale américaine m’a amené à me demander sérieusement si les humains n’ont pas parfois une vision biaisée des couleurs. Depuis que la campagne a commencé, la planète au complet s’accorde pour dire que la course pour la Maison-Blanche est un duel entre McCain le Blanc et Obama le Noir. Or, comme biologiste et papa d’un garçon métis, je ne me sens pas l’aise avec cette façon d’affirmer, sans aucune nuance, qu’Obama est un Noir.

Le métissage engendre ce que les généticiens appellent des hybrides. Des individus qui s’enrichissent d’un mélange des caractères distinctifs de leurs deux parents. De ce fait, qualifier un Métis comme lui de négro, c’est admettre scientifiquement que les caractères noirs sont dominants sur leurs équivalents blancs. Ce qui n’est pas du tout le cas.

Une couleur intermédiaire

Le métis a une couleur intermédiaire justement parce les allèles régissant la couleur de peau sont codominants. Ce qui signifie grosso modo «de force égale». Comment peut-on donc décider qu’un individu qui contient 50% de blanc et 50 % de noir est un black sans tomber dans une certaine forme de discrimination? Il ne faut pas oublier que cette répartition est guidée par de vieilles pratiques ségrégationnistes qui autrefois mettaient tous les Américains ayant 25% et plus de caractères négroïdes chez les blacks. Il me semble qu’il serait plus juste de voir Obama comme ce pont entre Noirs et Blancs dont les Américains ont tant besoin.

Mon propre fils est métis et je ne veux pas qu’on lui mette dans la tête qu’il est juste un Noir. Cela reviendrait à lui légitimer qu’il ne devrait pas se sentir concerné s’il entend un jour quelqu’un insulter la race de sa mère. Celle qui l’a porté dans son ventre et qui lui a donné beaucoup plus que son père. Je veux qu’il soit heureux et fier d’être à la fois Blanc et Noir. Qu’il refuse, comme le fait si bien Obama, d’écouter tous les gens qui voudront absolument le mettre dans un extrême.

Pourquoi craint-on le métissage?

Récemment, le fils d’un de mes cousins qui a eu un enfant avec une Blanche me disait ceci : «Quand je suis en Europe, on me considère comme un Noir. Au Sénégal, on me traite de Blanc. Pas de place pour la neutralité!» Ses propos ont donné lieu à quelques observations. En Afrique, des femmes appliquent sur leur peau un produit chimique qui la blanchit presque complètement. Elles risquent ainsi leur vie, le khésal étant cancérigène. À l’inverse, les Occidentales fréquentent les salons de bronzage pour assombrir la leur. Serait-ce, ici comme là-bas, que la gent féminine recherche le teint d’une mulâtresse?

Pourtant le mot mulâtre – qui désigne les êtres issus de l’union d’un Blanc et d’une Noire, ou inversement – dérive de mulata («mule», en français), terme peu élogieux employé à l’origine par les esclavagistes portugais et espagnols du XVIIe siècle. Ce qui m’amène à poser la question suivante: pourquoi craint-on à ce point la diversité génétique et, donc, le métissage? Pourquoi cette obsession de la pureté de la race, qui nous a valu tant d’atrocités et qui gangrène encore la société américaine? Pourquoi ne dit-on pas tout simplement que Barack Obama est un mélange? Et qu’en tant que tel, il est mieux placé pour comprendre ce cosmopolitisme qui fait la richesse et en même tant le calvaire de société américaine.

La différence de couleur entre Obama et Boucar est aussi importante que celle entre Obama et un Blanc. Alors, si quelqu’un décide qu’Obama est Noir, il faudra qu’il trouve une autre race où loger tous les négros comme moi dont seul le sourire est visible à la tombée de la nuit. 

~ Boucar Diouf

Source: Mestengo, Situation planétaire


Ernesto Guévara et Alberto Granado, une amitié plantée sur deux-roues

Entretien (2007) avec le compagnon du Che, décédé le 5 mars 2011

Cathy Ceïbe

Après la mort d’Alberto Granado, nous republions un entretien réalisé pour le hors-série de « l’Humanité » : « Viva Guevara » (40 ans après sa mort). Entretien réalisé en septembre 2007. Alberto Granado a connu le Che lorsqu’il avait quatorze ans. Ensemble, ils ont sillonné l’Amérique latine.

Alberto Granado

«L’Amérique latine qu’il a traversée et connue, a bien changé depuis. »

Alberto Granado est l’un des fidèles compagnons d’adolescence d’Ernesto Guevara. De leur rencontre en 1943 à Cordoba naîtra une puissante amitié. Ils partagent les mêmes passions pour le rugby, la médecine et les voyages. En 1951 sur une Norton 500, la Poderosa, ils entreprennent un périple à travers l’Amérique du Sud qui durera près d’un an. «Mial» et «Fuser», leurs surnoms de rugbymen, se perdent de vue sans s’oublier. Quarante ans plus tard, Alberto Granado confie que, dès il en a l’occasion, il aime parler du Che surtout aux jeunes générations.

Compagnon d’adolescence d’Ernesto, vous êtes un témoin privilégié de cette période de sa vie. Comment était le jeune « Fuser », comme on le surnommait à l’époque ?

Lorsque je l’ai connu, c’était encore un enfant. Il avait quatorze ans et j’en avais vingt. À cet âge-là, la différence d’âge paraît plus importante. Je dis toujours que le jeune Ernesto Guevara était comme n’importe quel autre un jeune, avant de me reprendre. Il y avait certains côtés qui le rendaient attractif au point qu’une personne majeure, comme moi, s’intéresse à lui. Il avait une capacité de raisonnement, et surtout une profondeur, qui sortait de la normale pour un jeune de son âge. Sa force de discussion me fait dire qu’il n’était pas un parmi d’autres. À cette époque, les autres jeunes l’appelaient le « Guevara le fou ». Et à l’époque, jamais je n’aurais imaginé qui il serait devenu. Mais il était brillant, il lisait et débattait beaucoup, et il était drastique contre les menteurs.

Ernesto Guevara et Alberto Granado
autour de la Poderosa II

En décembre 1951, vous décidez de partir à moto à travers l’Amérique latine. Comment est né ce projet ?

Nous aimions tous les deux voyager. Cette idée de voyage sud-américain était mon idée. Lorsque nous nous sommes connus, je me dédiais depuis plusieurs années à lire, des ouvrages, tels que le Trésor de la jeunesse, qui évoquaient tous les topiques : l’histoire, la géographie, les contes, les nouvelles, bref, je les avalais tous. C’est ainsi que j’ai décidé de voyager. Ernesto aussi aimait les voyages. Chaque fois qu’il le pouvait, il venait d’Alta Gracia, où il vivait, jusqu’à Cordoba où se trouvait ma famille. Ces deux villes se trouvaient à une distance de cinquante kilomètres. Plus tard, il a réalisé un voyage à bicyclette où il avait installé un vélomoteur. Il a traversé l’Argentine, quelque 4 000 kilomètres. Il avait donc ce goût du voyage. J’avais aussi ce désir mais je voyageais théoriquement. Nous avions aussi en commun le sport, la lecture. Depuis le jour où nous nous sommes connus, nous nous sommes trouvé beaucoup de points communs y compris sur ce que nous n’aimions pas. Sur la forme, nous étions incapables de reculer. Concernant le voyage, notre ambition était que nous de nous déplacer le moins possible de façon touristique. Nous avons élaboré l’idée du voyage à moto en octobre 1951 et nous partons en décembre. La Poderosa II fait partie en tant que telle de l’expédition car la moto offre une autre perspective du voyage. Et puis cela te rend plus facile de fuir la tendresse de la famille, la fiancée… Car les sentiments qui t’unissent t’enracinent. Si l’on veut voyager et connaître, il faut savoir rompre.

Ce voyage va-t-il être à l’origine d’une prise de conscience quant aux conditions de vie des peuples d’Amérique latine ?

Oui. Il m’en coûtait et il me coûte toujours d’avouer que ce voyage fut si important. Les années passant, les livres écrits, le film réalisé, on se rend compte que des étapes du voyage constituent de nouveaux points de départ, et mises au point de la vie. En Argentine, un berger nous a raconté l’exploitation. Ernesto a fait la connaissance d’une vieille dame qui avait été l’esclave d’une famille qui voulait la congédier parce qu’elle ne pouvait plus travailler. Il considérait que les gouvernants devaient plus se préoccuper des gens que de leur monde.

Après ce périple, vous vous perdez de vue. Le Che rentre à Buenos Aires tandis que vous restez au Venezuela…

Alberto Granado et Ernesto Guevara
alors qu’ils parcouraient l’Amérique latine

Nous ne savions pas si nous allions nous consacrer à la recherche ou à la poursuite de voyages mais le plan était de nous retrouver une fois qu’il aurait obtenu son diplôme de médecine. Il voulait accomplir la promesse faite à sa mère de devenir médecin. Durant cette période il m’écrivait, jusqu’à ce qu’il m’annonce qu’enfin diplômé il venait me voir. Il réalise alors son second voyage avec Calica Ferrer. En arrivant en Équateur, il change de route et décide d’aller au Guatemala. Il pensait que la révolution d’Arbenz était plus importante que le Venezuela où l’on se consacrait à faire de l’argent. Il m’a dit, « je t’écrirai ». Le temps passait. Après le débarquement de Granma, j’ai découvert dans le journal Nacional, un article qui annonçait que le médecin argentin est mort lors du débarquement à Cuba. Il ne donnait pas le nom d’Ernesto Guevara. J’ai appelé la famille et sa mère m’a dit qu’il était vivant. Il disait : « J’ai cinq vies, il m’en reste trois »… C’était le signe de reconnaissance pour que l’on sache que c’était lui, ainsi que le surnom « Tété », que lui donnaient ses parents lorsqu’il était enfant. En Amérique latine, nous suivions la révolution cubaine, à travers Radio Rebelde et en aidant économiquement les associations qui existaient au Venezuela. Après le triomphe de la révolution cubaine, Ernesto tomba malade et m’écrivit une lettre où il m’expliquait pourquoi il ne pouvait venir. Le temps passa. Et je décidais d’aller à Cuba. Cela faisait presque huit ans que l’on ne s’était pas vu. Il était déjà commandant, moi j’étais un homme marié avec deux enfants. Le temps avait passé depuis cette période du voyage à motocyclette.

Qu’avez-vous ressenti en voyant Fuser devenu l’un des commandants les plus importants de la Révolution cubaine ?

Immédiatement, j’ai su qu’il était toujours le même, et dans le même temps, il ne l’était plus. Il était toujours l’ami fidèle, sympathique, chaleureux, de bon augure mais il avait gagné en profondeur. Il n’était plus seulement Fuser, Ernesto. Ils avaient triomphé à peu près un an auparavant, et il avait acquis des connaissances et une maîtrise de la parole plus amples. Le voyage que nous avions entrepris nous avait ouvert les yeux d’un point de vue social. Nous voulions lutter contre les latifundistes et les ennemis des ouvriers, nous opposer à la stupidité de la guerre. Nous souhaitions un monde meilleur. Mais il nous manquait une perspective politique. Le Che avait beaucoup lu « Saint Karl » (Marx), comme il l’appelait, et Lénine mais c’est son expérience au Guatemala et la présence de Hilda Gadea, puis le Mexique qui l’ont beaucoup influencé. En juillet 1960, alors que j’écoutais le discours de Fidel, j’ai réalisé qu’il parlait de ce que nous débattions et rêvions en Argentine. J’ai compris qu’il fallait tout laisser pour venir ici. Une révolution commençait.

Qu’est-ce que cela a signifié être l’ami du Che ?

La vie a démontré qu’il attachait beaucoup d’importance à la place de l’individu. Il a été pour moi une sorte de défi de vie pour être meilleur. Il était sans indulgence pour les menteurs et ceux qui aimaient l’argent facile. Le plus grand défaut du Che est qu’il avait trop de vertus : il était bel homme, intelligent, cultivé, médecin, courageux… Car on peut être courageux et voleur, médecin et mercantile. Pour moi, les plus grandes vertus du Che étaient son incapacité à mentir et à accepter les mensonges ; son refus de faire quelque chose qui ne lui correspondait pas et à ne pas être le premier à réaliser quelque chose qui doit l’être. Nous étions donc incapables de le suivre.

SOURCE: http://w41k.info/50489


Courtesy of l’Humanité.fr
Source: humanite.fr

Entretien avec Jésus

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30 mars, 2008

Je l’ai rencontré sur la rue Cartier à Québec. Il faisait sombre à s’enfarger dans les chats noirs. C’était l’hiver, il était pieds nus, et il marchait sur la neige. Il portait toujours la barbe et une grande robe grise. Il avait l’air triste comme s’il avait perdu son poisson rouge. Pourtant, il en avait multiplié avant.
En fait, je suis menteur. Je m’étais penché pour voir une crotte de chien sur le trottoir et avant de piler dessus je me suis écrié :
– Doux Jésus!
– Comment as-tu fait pour me reconnaître?
– Tu joues dans une pièce de théâtre?
– Non, je suis le vrai…
– On a changé de costume, tu sais… Maintenant on porte la cravate.
– Oui, mais je voulais passer inaperçu.
– Ah! Brillant. Tu aurais pu devenir un avocat.
– Je suis le fruit de tous les fruits..
– Commence pas, j’ai pas toute la soirée… Que dirais-tu d’aller prendre une bière dans un café-bar?
– Tu es gai?
– Monsieur Jésus est au courant des mœurs et coutumes… Non.
– Alors , allons-y.
Pendant que nous marchions, des gens lui glissaient de l’argent dans une fente à sa robe. Quand il en rentrait une, il en sortait trois. Un vrai dirigeant de Cie…
***
Ça a pris une éternité à nous rendre au café.

– Vous jouez dans une pièce de théâtre, demanda le serveur?
– Non, c’est vous qui jouez. Je suis le vrai, le Christ déjà venu sauver l’humanité.
Le serveur sourit.
– Ah! Bon. Vous savez donc tout… Que fait ma femme ce soir.
– Elle est en train de se masturber parce que vous n’êtes pas à la maison depuis des lunes.
Rires.
– Pour un Christ, vous avez un langage plutôt étrange.
– Voulez-vous que je vous plaise en mensonges?
– On vous sert quoi?
– Une éponge avec un vin de la SAQ…
– Vous avez bien appris votre rôle.
– La cravate est l’épée des conquérants d’aujourd’hui…
– Bravo! Et vous monsieur?
– Une bière! La maudite…
Il revint quelques minutes plus tard.
– Combien?
– $12.50…
Il jeta sur la table de vieilles pièces d’or.
– Vous n’avez pas de cartes de crédit?
– J’ai la poker.
Il jeta 52 cartes sur la table.
– Thank you!
Il avala sa première gorgée, et je vis le liquide rouge glisser dans son corps. Un liquide solide à travers un corps translucide. Mais j’en avais vu d’autres…
– Comment va votre père?
– Eh! Bien! Il s’est fait crucifier par un caricaturiste en essayant d’écrire l’âme et la lumière sous un autre nom.
– Et vous?
– J’ai encore des clous dans les mains. Les attentes à l’hôpital sont tellement longues…
Une blonde passa et s’écria :
– Alors, mon velu, ça te tenterais de faire l’amour?
– J’ai deux testicules qui sont deux soleils empruntés et le reste est un vieux poteau d’Hydro Québec… Si ça vous chante, vous brûlerez d’un coup mais vous aurez le courant pour l’éternité. Je suis quelqu’un de branché…
– Et moi, je suis la vierge Marie, crétin…
– Allez en paix, dame, je vois qu’il y a déjà une cravate dans votre ventre. Ceux-là me désespèrent…
Trois membres d’un gang de rue passa près de la table.
– Ça alors! Jésus? Fuck off!
Il se mit soudain à avoir mal au ventre et se mit à courir vers les toilettes. Quand il en ressortit, il laissa une traînée brune, un long tracé gluant sur le plancher. Pis encore, au moment où il traversa la rue, il s’effondra sur le sol et se mit à gerber de l’anus. La rue Cartier commençait à être inondée d’odeurs fétides.
– Qu’est ce que t’as fait à mon copain? Demanda l’autre…
Il sortit son pénis et se mit à pisser sur Jésus.
– Vade Retro, dit Jésus.
Le machin disparut lentement, il fut rétrécit et apparut en un une fève germée.
Tout le monde s’esclaffa.
Le gars sortit un couteau et menaça Jésus.
La lame se distendit, le métal se liquidifia et se répandit sur le plancher. Puis il prit de l’expansion et se transforma en une statue de George W Bush. La statue grandit et Jésus fit pousser un cor à son pied. Le cor prit de l’expansion, pencha, et s’effondra sur le truand. Quand le sang jaillit des entrailles du truand, Jésus s’écria.
– Prenez en tous, car ceci est mon corps et mon sang.
Le sang se mit à boudiner en emplissant toute la pièce. Des milliers de saucisses emplirent la pièce.
– Pourquoi offrez-vous à vos convives du boudin?
– Votre sang est enfermé dans les guerres. Ils ne servent qu’à nourrir les ambitions…
Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Le troisième gars du gang apparut. Il était cravaté.
Jésus se mit à trembler de tous ses membres. Il devint blême et glissa lentement sur sa chaise.
– Alors, tu as un peu flagellé mes amis… Je vais te faire un traitement de faveur.
Il sortit un pistolet à clous et le cloua sur le plancher.
– Fais quelque chose, Jésus, fais quelque chose…
– C’est ça le problème : la cravate. Je n’y peux rien…C’est… C’est Satan au cou… Et il m’étrangle…
Alors réapparut la blonde qui, subjuguée par la force de l’homme lui dit en dénouant sa cravate :
– T’es vraiment quelqu’un, toi. Vraiment..
Et plus la cravate se dénouait, plus Jésus reprenait des forces. Et quand il fut debout, il s’empara de la cravate et la glissa dans le pantalon de l’homme. Son pénis disparut et la cravate, molle, pendait avec ses dessins de Satan moustachu.
L’homme était éberlué.
– Merci, maman…
– Qui t’as dit que j’étais ta mère?
– Personne.

La blonde perdit ses souliers, vira au laid. Avant, elle ressemblait à Charlize Theron. Mais une fois sur le plancher, elle se transforma en un monstre hideux : une auto qui répétait sans cesse une pub à la télé : «Conduisez un tout terrain…».

– Mais, Jésus, comment peut-on sauver le monde?
– N’as-tu pas compris que la cravate va finir par tuer plus de gens que toutes les guerres précédentes?
– Mais plus encore..
– Je ne peux pas… Je suis programmé pour venir à tous les 20 ans. Mais personne ne me remarque. C’est à vous de le faire. Le monde ne se sauve que par le monde dans lequel vous habitez. Je peux multiplier les poissons, mais si les pêcheurs sont engagés par des PdG de pêcheries, je n’y peut rien. Désolé, mon temps s’achève. Je reviendrai dans 20 ans…
– Mais…
Jésus se dirigea vers les toilettes, prit un tabouret et fit un plongeon.
Un homme qui y pénétra, voyant des pieds dans l’eau de la cuvette, activa la chasse-d’eau.
« Ouf! Je pense que je n’aurais pas dû en prendre autant ce soir»
Quand je suis rentré, et que j’ai aperçu sa cravate, j’ai compris le message. Je pense que c’était un bel homme. Il avait tous ses cheveux, un air tranquille, et un pouvoir certain.

Quand je suis retourné au travail, le lendemain, mon patron me reçut en grandes pompes…
– Vous ne saurez jamais ce qui m’est arrivé hier soir…

Du navet au NAVET

Un paysan et sa femme décident, à l’approche du printemps, de semer pois, carottes, pommes de terre, haricots et navets. La pluie, accueillie avec joie, permet une bonne germination.

Mais au moment de la récolte, après un bel été ensoleillé, un navet géant résiste à l’arrachage. Le paysan et sa femme vont alors faire appel, un à un, à tous les animaux de leur ferme ; ainsi la vache, les deux cochons, les trois chats, les quatre poules, les cinq oies, les six canaris secouent le navet, tantôt à petits coups, tantôt violemment… mais le navet ne bouge toujours pas.

La vieille femme a alors l’idée d’appeler à l’aide une petite souris affamée et tous ensemble se remettent à tirer et à s’arc-bouter de toutes leurs forces : le navet géant jaillit alors du sol, faisant tomber à la renverse toute la compagnie qui éclate de rire et se régale le soir même d’une bonne soupe… au navet.

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Du navet au NAVET

Camus a peut-être préservé le monde, mais la génération de mes parents l’a refait en oubliant l’histoire. Mon père me dirait t’as eu de la chance, « t’as pas eu des patates pour ta fête et des oranges pour Noël comme dans mon temps. » Pas très réconfortant. La génération de mes parents, qui apparemment se battait contre la censure de l’église. J’ai lu « Le libraire », c’est vrai ce qu’on y lit ? J’ai de la misère à le croire. Est-ce que les gens, après s’être débarrassé de la censure de l’église se sont dit « nous sommes libres, laissons aller les choses ? » Minuit moins cinq, sur l’horloge du facisme mondial

Sylvain Racine

Le plus énorme cul-de-sac…

Je suis né en 1947. J’ai eu quelques bébelles pour ma fête, mais j’ai connu ma grand-mère qui elle a eu des oranges pour Noël.

C’est une bénédiction pour l’évolution intérieure. La misère et sa réaction positive nous emmènent bien plus loin que les problèmes sociaux. Bien plus loin…

C’était le temps où la planète avait la grandeur de l’Univers… Et le village, la grandeur d’un pays.  Comme ces paysans de l’Amérique latine, du Bengladesh… en mode survie.

On n’a pas toujours eu le luxe de penser, de réfléchir. Et encore, j’en connais qui l’ont eu et qui l’on « gaspillé »… De fait, les gens qui savent voir – avec un esprit grand ouvert – sont rares.

C’est un énorme cul-de-sac, d’une immensitude à faire frémir.

Le 9/11

L’ordre mondial

Les complotistes… les vrais, pas ceux qui dénoncent.

Le contrôle de l’argent

Le contrôle des foules

Le grand pouvoir qui détruit…

Le grand cul-de-sac arrive : au moment où les terres ne seront plus des terres pour se nourrir, mais des terres possédées par des gens de pouvoir.

La vie simple

Ce n’est pas dans l’ordre des choses ni, pour ainsi dire, de se lever chaque matin pour combattre le mal. Celui qui a maillé tout ce monde complexe, falsifié l’être humain, déshumanisé, robotisé… Il l’a construit comme on construit des esclaves dans une arnaque devenue mondiale.

Au temps de l’esclavage des noirs, on sait aujourd’hui que des noirs ont vendu ou ont aidé les blancs à prendre ces êtres sans âmes  pour en faire des bêtes.

Mais à quoi donc aspire notre humain?

À rien d’autre qu’à vivre… À travailler, à fonder une famille. Il ne veut pas nécessairement être « grand », il veut seulement vivre. Vivre avant que la mort vienne le chercher.

Et c’est là qu’il n’a plus le temps de se mettre à être un soldat qui lutte à démantibuler tout ce montage terrifiant que l’on voit. Mais pour le voir, il faut avoir le ventre plein. Et l’esprit libre. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.

En ce sens, vivre de patates et de tous les légumes-racine est quasiment un moindre mal. Le mal et la faim actuelle sont issus de poisons insérés dans le psychisme et le charnel.

L’âme a mal…

Avant c’était la chair et la peur de l’enfer.

Mais elle a mal… Ce qui ajoute à la douleur du corps qui vient en vieillissant.

Car la misère humaine n’est pas qu’une misère sociale : c’est également une misère intérieure. Chaque être est unique, mais personne n’est égal à l’autre dans la force, la vision. Ce n’est pas une question d’intelligence non plus. Nous sommes à l’heure de cette intelligence de « cerveaux ».

Mais il y a celle des émotions qui sont une force prodigieuse quant à la compréhension de ce monde, de son « moi », de son rôle, de ses capacités…

Saisir.

Les gens simples sont victimes de cette pauvreté de l’intellect boursoufflé comme un crapaud qui veut devenir bœuf.

Qui sait si ce ne sont pas eux les vrais « intelligents »?

Les moutons au banc des accusés

Si le monde va mal, c’est la faute des moutons.

C’est là le grand raisonnement des intellectuels qui se rendent compte tout à coup que la Terre tourne autour du soleil.

Pourquoi le mouton se défendrait-il contre les loups?

La responsabilité de la détérioration du monde va à ceux qui sont au pouvoir autant dans le domaine politique, de la santé, ou des organisations géantes qui se veulent planétaire. Mais ce sont des fauves au discours savonneux qui n’ont jamais rien à se reprocher. De fait, ce sont des moutons OGM greffés au pouvoir.

Quand le mal fait l’amour à ceux qui ont un certain contrôle sur les gens, de là pousse une flopée de Satans.

Si l’on faisait un grand tour de l’Histoire pour savoir qui a inventé les « conspirations », je doute que nous en trouvions les racines. Pourtant, un certain Shakespeare avait trouvé la clef des conspirations et le mal de vivre des simples et des « élus » aux grands projets.

Porter jugement sur l’ignorance c’est déjà une forme de haine et une incompréhension profonde de la nature humaine. Ainsi que de l’Histoire… La vraie. Celle qui inclut l’élément humain, le chaînon faible…

S’il y a des « troupeaux » d’ignorants, il y a également des troupeaux de savants, gorgés de leurs savoirs qu’ils croient HUMANISTES.

Or, il n’en n’est rien. Parce qu’ils ignorent souvent ce qu’ils sont.

Du navet au chou-fleur nappé

Il est écrit dans la Bible : « Respecte père et mère ». Ce n’est pas qu’une phrase naïve et dogmatique, c’est une compréhension profonde des choses.

Une fois le ventre plein, une certaine génération s’est mise au travail pour remplir autre chose… Le cerveau.

Ce fut-là l’erreur. Elle a cultivé des cerveaux sans cultiver des âmes. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec des monocéphales, unijambistes, qui boitent… Leur savoir est issu d’une race de calculateurs avides. Et ils ont cru que l’on pourrait être encore plus heureux en possédant le savoir. Car le savoir menait au rang. Et tout cela était lié à la richesse.

D’où la naissance de rejetons encore pire… Le snobinard.

Et lorsqu’il est nombriliste : il apprend sans rien donner. Plus encore, il aime voler le savoir de l’autre, s’en accaparer.

Pour le pouvoir.

Et pour la grosse queue de paon.

Le rejeton des mangeurs de navets et de fèves au lard a donc donné naissance à une race d’insipides.

C’est bien ce que voulait finalement notre « créateur » social : une créature hybride, guère dangereuse, seulement à cultiver son nombril.

Ce n’est pas parce que l’on sait des choses que l’on sait les aligner, en soustraire les subtilités, et comprendre vraiment ce qui se passe en ce monde.

Non.

On a créé une race d’abeilles qui mangent le miel des gens simples mais qui se permettent de les juger.

C’est entre deux pages d’Histoire… Entre ceux qui s’échangent du savoir inutile.

Comme dirait Pierre JC Allard… On peut alors se livrer au luxe de la poésie.

Ce que je faisais avant.

Ou de la musique…

C’est à se demander si la commande ne vient pas de « haut » : ceux qui gouvernent et qui se font des esclaves des artistes. Et les artistes qui souvent perdent leur fromage comme le corbeau perché sur un arbre.

L’Histoire est un mélange de faits et de vécus. Mais, avant tout, il y a la vie… Organiser, créer des systèmes n’est pas un exercice intellectuel.

C’est un exercice et une action pour la vie…

C’est elle qui devrait être la poésie…