Archives de Catégorie: SANTÉ

Je ne sais pas pondre l’ oeuf, mais je sais quand il est pourri

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Une personne sur deux sera touchée par le cancer, et la deuxième sera probablement un aidant naturel. Essai, récit, exercice de réflexion, ce travail journalistique minutieusement documenté aborde la question du cancer à travers l’expérience personnelle de Josée Blanchette et les témoignages qu’elle a reçus. Cette enquête sur un sujet majeur donne la parole à de nombreux spécialistes lucides et parfois critiques. L’auteure remet en question les accointances entre l’oncologie et les compagnies pharmaceutiques, effectue une incursion en médecine intégrative et propose des pistes de prévention et de postvention. Au coeur de sa démarche, elle place le discernement de chaque personne et son pouvoir d’agir. « Un plaidoyer solide. […] Je crois que personne ne restera indifférent. » Dr Jean Rochon, préfacier, ex-ministre de la Santé

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Extraits du livre

Refus de traitement

Si c’était à recommencer, combien de gens renonceraient à tout ce cirque? J’en connais plusieurs, mais ils ne sont plus là pour le dire.

Que vous refusiez un Tylenol à l’hôpital ou une chimiothérapie, même combat. On écrira« refus de traitement » au dossier. Ça surprend toujours un peu le personnel soignant.« Les médecins se sentent complètement incompétents lorsque le patient refuse un traitement. Mais c’est à eux de régler leurs bibittes, pas au patient à en faire les frais. » Celle qui me parle est médecin spécialiste et enseigne aux futurs docs à l’université. Elle fait du terrain (en clinique, en salle d’opération) et prend le pouls des futurs résidents.

Refuser un traitement ne signifie pas qu’on doive les refuser tous. On peut demeurer sélectif. Cela ne signifie pas non plus que votre médecin cessera de vous traiter correctement ou d’éprouver de la considération pour vous. Un bon médecin — et la plupart agissent avec professionnalisme — apprend à ne pas mettre son ego dans le chemin entre les décisions de son patient et ses convictions personnelles. La marge d’erreur est toujours grande entre ce qui est prescrit, de quelle façon le patient réagit et comment la nature se charge de nous guérir.

[…]

L’heure du leurre

Ils sont nombreux ceux que cela rassure que vous alliez au front, subir des traitements qui retardent le moment où vous les confronterez à la mort, la vôtre, mais surtout la leur. Eux-mêmes n’ont aucune idée si on vous envoie en Syrie ou à Valcartier. Certains s’imaginent peut-être que c’est le Club Med, étant donné que chaque La-Z-Boy du département de chimiothérapie est assorti d’un écran de télé sur bras télescopique et qu’on fournit l’eau en bouteille.

Sortez vos masques, l’heure est au grand théâtre funèbre. Vous aurez peut-être droit à la décapitation en direct si vos gènes sont incompatibles. Ça ajoute un peu de suspense : mort sur son fauteuil de chimio. Mais les médias ne parlent jamais de cela, sauf si c’est une personnalité du bottin de l’UDA qu’on décapite. La chimiothérapie est un leurre pratique pour cela. Vous mourez à petit feu ou non. Si vous en réchappez, on se prosternera devant l’autel des pharmaceutiques, du corps médical, même de Dieu, car la perspective de la mort rend parfois croyant.

Dans tous les cas, les aiguilles donnent bonne conscience à tout le monde. On « fait » quelque chose. On « agit », même si la période de prolongation n’est que de quelques mois de plus… ou de moins. On se « bat » comme un valeureux petit soldat devant la Grande Faucheuse. On plie l’échine, on tend le bras, on plonge tête baissée et on attend les applaudissements. Ça occupe. Vous vous battrez jusqu’au bout pour leur éviter de trop penser à leur fin. Merci pour eux. Et vous y êtes encouragé par des médecins qui trouvent parfois leur ego flatté de vous prolonger un tant soit peu.

Votre temps est précieux mais jamais autant que lorsqu’il ne vous en reste plus. Et apprendre à mourir n’est pas une répétition générale. Si c’était à recommencer, combien de gens renonceraient à tout ce cirque ? J’en connais plusieurs, mais ils ne sont plus là pour le dire.

Source, Le Devoir

 

Entrevue, TLMEP, 2 octobre 2016

 

http://ici.radio-canada.ca/tele/tout-le-monde-en-parle/2016-2017/segments/entrevue/9285/josee-blanchette?isAutoPlay=1

 

Les chasseurs-cueilleurs bénéficiaient de vies longues et saines (REWILD)

Traduction d’un article initialement publié (en anglais) sur le site REWILD, à l’adresse suivante.


L’avènement de l’agriculture apporta avec lui la crise de mortalité du Néolithique, une chute soudaine et catastrophique de la longévité dont les peuples agricoles ne se sont jamais vraiment remis. La médecine moderne a accompli de grandes choses, mais elle n’a pas encore complètement comblé ce fossé dont il résulte que seule une riche élite est en mesure de bénéficier de la longévité qui était auparavant accessible à tout un chacun.

Si l’on en croit les idées reçues, au fil du temps, les progrès de la médecine, ou du moins en matière d’hygiène,  auraient permis l’accès à une longévité accrue et à une vie plus saine. On pense que sans les bienfaits de ces progrès, les gens, dans le passé, pouvaient s’estimer heureux d’atteindre ce que l’on considère aujourd’hui comme l’âge moyen. Cependant, ainsi qu’il en est de bon nombre d’idées reçues,  il existe peu de preuves à l’appui de ces hypothèses. La vérité est tout autre et bien plus complexe.

A travers l’évolution humaine, nous pouvons observer une tendance à l’ augmentation de la longévité, dont un accroissement important au Paléolithique supérieur. (Caspari & Lee, 2003) En ce qui concerne l’hypothèse de la « Grand-mère » que George Williams suggéra en 1957, des personnes aussi âgées pouvaient consacrer leur temps et leur énergie à l’éducation de leur descendance, ce qui signifie qu’elles pouvaient transmettre des compétences, du savoir et des traditions. (Caspari, 2011) Les archéologues ont autrefois parlé « d’explosion créative » au Paléolithique supérieur, où nous trouvons quelques unes des peintures rupestres les plus anciennes, des outils et des techniques de chasse sophistiquées. Nous avons découvert depuis, des origines plus anciennes à chacun de ces éléments individuels, mais ils s’assemblent au Paléolithique supérieur pour former, pour la première fois, le genre de complexité et de profondeur que nous connaissons actuellement dans nos sociétés humaines. Les sociétés traditionnelles révèrent les personnes âgées en tant que source de sagesse et de savoir. Le travail de Caspari renforce cette idée à l’aide de preuves archéologiques, suggérant que l’émergence des personnes âgées fit éclore le premier bourgeonnement de la complexité sociale humaine.

Bien que l’espérance de vie ait amorcé une augmentation significative au Paléolithique supérieur, elle ne connut pas, par la suite, d’accroissement régulier. La révolution agricole eut un impact massif sur la santé et la vie de ceux qui y prirent part. Les chasseurs-cueilleurs mangeaient certainement des graines de céréales de temps en temps, mais cela ne constitua jamais une denrée pour eux comme ce fut le cas pour les agriculteurs. Ce changement de régime alimentaire eut des impacts sur la santé allant de la multiplication des caries aux retards de croissance. Les chasseurs-cueilleurs peuvent souffrir de la faim parfois, lors des saisons creuses, particulièrement au sein des environnements désolés dans lesquels ils survivent aujourd’hui. Mais comme ils ne dépendent pas du tout petit nombre d’espèces fortement apparentées dont dépendent les sociétés agraires, le problème de la famine ne se posa que chez les agriculteurs. (Berbesque et al, 2015) Dans l’ensemble, l’avènement de l’agriculture eut un impact catastrophique sur la santé humaine :

« Lors de la transition vers l’agriculture au Néolithique et à la fin du Néolithique, la longévité pour les hommes et les femmes a sensiblement reculé, passant à 33,1 ans pour les hommes et à 29,2 ans pour les femmes. Plus étonnant encore, les indicateurs de santé ont considérablement chuté. La taille des hommes est passée de 1.77 mètre au Paléolithique à environ 1.60 mètre à la fin du Néolithique, et l’indice pelvien a diminué de 22%. Non seulement les gens mouraient plus jeunes, mais ils mouraient en moins bonne santé. Des schémas similaires furent observés aux Amériques lors de la période de transition. Globalement, les données montrent que la transition vers un mode de vie agricole a altéré l’état de santé des gens ». (Wells, 2011)

Suite de l’article: Partage-le.com

 http://partage-le.com/2016/03/les-chasseurs-cueilleurs-beneficiaient-de-vies-longues-et-saines-rewild/

House of Numbers, les choquantes révélations sur le SIDA

Buvez-en tous, car ceci est mon sang…

Eau et médicaments

Tout est cycle, cercle vicieux, éternel retour. 

Morgan Sportès

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On peut s’interroger sans fin sur le cycle infernal des eaux usées… L’organisme humain se voit sans cesse aux prises avec une foultitude de médicaments qui se retrouvent dans tout le cycle de l’eau, de la nutrition, et plus que jamais… Alors qu’une ville telle Montréal s’apprête a rejeter dans le fleuve Saint-Laurent quelque 8 milliards « d’eaux usées », d’autre ( Toronto, Vancouver) en font de même avec des quantités encore plus élevées. On peut ajouter à cette « mixture » le traitement des animaux de fermes qui éliminent directement dans le sol leurs « traitements » et les produits des épandages chimiques de l’agriculture qui aurait battu des records en 2015.

L’alarme a été sonnée depuis longtemps.  Voici un article de 2009 concernant ce problème:

Médicaments: la pollution imprévue

Par la Dr Yvette Parès

Au cours du 20ème siècle, la médecine occidentable a connu, de toute évidence, une période faste qui succédait aux défaillances venues d’un lointain passé.

Après le déclin des célèbres écoles d’Italie, de France et d’Espagne dont le rayonnement fut intense au 12ème siècle, l’art médical avait périclité et les connaissances thérapeutiques n’avaient cessé de s’appauvrir.
L’aube du 20ème siècle en était encore affectée.

L’avènement des antibiotiques, des molécules issues de la chimie, les techniques de pointe, les avancées de la science apportaient le renouveau. On évoquait les « progrès foudroyants » de la médecine. Les maladies seraient enfin maîtrisées et les épidémies tenues au loin.
Qu’en est-il en ce début du 21ème siècle ? Le constat est beaucoup moins exaltant. Après d’innombrables succès, l’antibiothérapie a révélé sa face cachée, ses méfaits que les lacunes des données scientifiques sur la biologie des micro-organismes rendaient imprévisibles : sélection de germes résistants, maladies nosocomiales, tuberculoses mutirésistantes et hyperrésistantes. Ces problèmes sanitaires inattendus demeurent encore sans solution.

D’autre part, les molécules de synthèse ont provoqué effets indésirables et maladies iatrogènes graves et souvent mortelles. Quant aux épidémies essentiellement virales, elles ne rencontrent qu’impuissance. _ La survie, pour le Sida, s’accompagne d’un intense mal-être.
Mais à tous les défauts thérapeutiques observés vient s’ajouter un danger de détection récente. On a soudain pris conscience d’une réalité qui avait jusqu’alors échappé à l’observation. Il s’agit de la pollution de l’environnement et spécialement de l’eau par les médicaments issus de la chimie.

La première étape commence avec les processus de synthèse. Les réactifs volatils et souvent cancérigènes sont rejetés dans l’atmosphère. Les résidus des opérations parviennent dans les cours d’eau. On doit encore évoquer un fait aggravant : le grand nombre d’essais infructueux avant qu’une molécule n’apparaisse douée d’un avenir thérapeutique.
Une autre étape concerne la prescription des médicaments. Après la traversée de l’organisme humain, ils sont rejetés tels quels ou sous forme de leurs métabolites. Les eaux usées des hôpitaux en sont particulièrement chargées et vont se mêler aux eaux des rivières et des fleuves.

L’étape suivante s’avère des plus préoccupantes. Les eaux polluées s’infiltrent dans les sols et parviennent aux nappes phréatiques. On a constaté dernièrement qu’elles étaient corrompues par les produits médicamenteux. Ainsi les réserves naturelles dans les pays européens sont maintenant contaminées et constituent un danger pour les populations. Comment retrouver la pureté de ces eaux ? Le phénomène serait-il irréversible ou lentement réparable ?

La dernière étape concerne l’eau « potable » qui arrive dans nos maisons. Elle renferme, elle aussi, de nombreux résidus médicamenteux dont certains très nocifs. Les stations d’épuration se sont montrées jusqu’à présent incapables de les éliminer.
Un point déplorable apparaît dans toute son ampleur : l’eau, élément vital par excellence, respectée dans toutes les traditions, a subi une atteinte dans sa nature profonde. L’ère du « progrès » se solde par un désastre.

Mais la vision doit encore s’élargir au-delà des humains, à l’ensemble du monde vivant. Quel est l’impact de cette pollution de l’eau sur les animaux, les végétaux, les microfaunes, les microflores et les microorganismes bactériens ? Une loi règne sur la planète, celle de l’interdépendance de toutes les formes de vie, elles-mêmes dépendantes de tous les facteurs externes.

À titre d’exemples concrets, que deviendraient les légumes de nos potagers, les céréales, les fruits des arbres de nos vergers, si leurs racines devaient puiser dans le sol une eau devenue cocktail médicamenteux de plus en plus concentré ? L’homme sain, la femme, l’enfant en bonne santé seraient contraints d’absorber inconsidérément des produits d’action délétère. Que reste-t-il, de nos jours, des « bonnes nourritures » prônées dans le passé ?

Après l’exposé de cet ensemble de faits , une question vient à l’esprit. Peut-on continuer de poursuivre et d’accentuer au fil du temps cette pollution de l’eau due aux médicaments chimiques ? La réponse ne peut être que négative. Une évidence s’impose. Leur synthèse devra être abandonnée, à plus ou moins court ou moyen terme. Mais alors, dans ces conditions, que deviendrait la médecine occidentale privée de ses moyens d’action habituels ?

La sagesse ne serait-elle pas de se préparer dès maintenant à une telle éventualité, en explorant les savoirs ancestraux des pays d’Europe ? Ils apporteraient non pas un retour purement passéiste mais des éléments de base qui permettraient l’élaboration d’une thérapeutique nouvelle et non polluante pour la médecine de demain.

Dr Yvette Parès
Professeur à l’Université de Dakar de 1960 à 1992
Dr es-science
Dr en médecine
Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992
Directrice de l’Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

medecine-ecologique.info

Altermonde-sans-frontières 

En 2015, la consommation de médicaments a grandement augmenté. Nous sommes devenus sans trop le savoir des abonnés de « Big Pharma » et de Monsanto.

Chez l’homme, nous sommes en présence d’un phénomène systémique et pervers, dans lequel chaque élément renforce sa cause et son effet : les maladies d’abondance liées à notre mode de vie entraînent obésité, diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires, cancers, stress de la vie trépidante, insomnie, etc., qui eux-mêmes entraînent une surconsommation de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères, anticancéreux, anesthésiques, antibiotiques, produits de diagnostic et produits radioactifs), entraînant à leur tour une sur contamination de la nature. Qui a des impacts sur ce que l’on mange et notre santé en général, conséquences contre lesquelles il faut encore prendre plus de médicaments…Cercle infernal.

Évidemment, la situation est très inégale en fonction des modes de vie, du développement socio-économique, de l’accès des populations aux soins et des réglementations de chaque pays. Malheureusement la France est souvent en tête en termes de surconsommation de médicaments. L’Hexagone est le 4e consommateur mondial de médicaments et compte 3,8 millions de consommateurs réguliers de médicaments anxiolytiques et psychotropes, dont la moitié en surconsommation. Notre surconsommation d’antibiotiques dépasse de 40 % la moyenne européenne. Et près de 20 à 30 % de ces surconsommateurs seraient en situation de dépendance.

On ne compte plus les prescriptions abusives d’antibiotiques ou de benzodiazépines. Plusieurs auteurs pointent une inflation de prescriptions abusives : examens de diagnostic et de dépistage inutiles, interventions chirurgicales et traitements médicamenteux injustifiés. Avec autant de rejets inutiles. Selon les médecins eux-mêmes, 30 % des actes ou des examens médicaux seraient injustifiés (enquête de la Fédération hospitalière de France, juillet 2012). 50 % des médicaments ne seraient pas prescrits comme il faut. ( Source: natura sciences)

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Nous sommes contaminés, nous contaminons pour nous guérir et créons un cycle de « vie » selon logique de « rien ne se perd, rien ne se crée ».

Les maladies hydriques

Les maladies liées à l’eau de boisson résultent d’un contact direct avec de l’eau ou de la nourriture contaminée par des déchets d’origine humaine, animale ou chimique. La liste est longue : arsénicïsme, choléra, diarrhée, hépatite A et E, méningite, polio, etc. On dénombre environ 5 millions de décès liés à ces maladies chaque année. L’OMS, comptabilise 4 milliards d’infections gastro-intestinales dues à des bactéries, virus ou parasites par an. Elles mènent à la mort de 1,8 millions de personnes en 2002.

Ces maladies sont particulièrement liées à la pauvreté. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés. De simples mesures d’hygiène permettraient de combattre ces maladies. Ainsi, un accès à l’eau potable (1,1 milliards de personnes n’y ont pas accès) et un système d’élimination des eaux usées (2,4 milliards de personnes n’y ont pas accès) permettraient de combattre ce fléau. ( Source)

Nous sommes constitués de 70 % d’eau… Jusqu’à maintenant…  Dans un monde où nous avons accès à l’eau, en sommes-nous arriver au point de nous traiter de ce qui nous rend malade?

Gaëtan Pelletier

Les révélations d’une patte de table

pates de tables

 

Intuition :Le mot provient du latin intuitio, désignant un regard intérieur, de tueor, regarder.

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 Le cerveau est un ordinateur qui permet de rouler sur une bicyclette à deux roues. Normalement, ça ne tiendrait pas debout… Et, avec un peu d’attention, on n’y fait pas seulement le tour de France, mais le tour de tout. Même un tour de table… 

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Ce matin, en début d’octobre, le temps était doux. J’en profite,  avant l’hiver , pour faire de la bicyclette à chapeau. Pas de casque… Le sport extrême. Mais je ne vais vraiment nulle part. Je tourne en rond dans le village comme un enfant qui cherche des surprises. Les enfants sont curieux : ils regardent et attendent « l’inconnu ». Pour eux, tout est un mystère, pour eux tout est découverte.

Après 40 minutes, je me suis arrêté au marché aux puces. Il y avait dehors une belle table comme on en fait plus, avec une jambe comme il n’en existe plus. Je ne sais combien de temps passaient ces artisans à fabriquer une table. Probablement des semaines, voire un mois. Le temps n’avait pas d’importance. On se concentrait sur la beauté et la création. Car, en fait, je n’en avais jamais vu de semblables. C’était au temps où les tables avaient énormément d’importance dans la vie des gens : on y mangeait, on discutait et certains problèmes s’y réglaient. Ou bien on jouait tout simplement aux cartes.

Aujourd’hui, la table est fabriquée probablement en quelques heures, avec des outils, en chaîne, à l’aide d’ordinateurs, de robotique et de je ne sais quoi. Je sais qu’il faut produire des tables pour les vendeurs de tables. On mitraille les tables sur le marché des tables. Ce n’est plus la table qui sculpte le cerveau dans l’art de faire, c’est le marché qui façonne le cerveau et l’âme du travailleur. Il devient un exécutant d’une machine. Alors, le monde tournant à une vitesse inouïe, le travailleur dans sa petite prison d’horaire est une sorte d’esclave qui a perdu le contrôle de ce qu’il produit. Et, étant donné qu’il ne faut que quelques heures pour fabriquer une table à l’autre bout du monde.

Avant c’était Roger qui livrait sa table à la maison. Avec fierté. On ne le voyait pas arriver, on sentait l’odeur du bois qui entrait avant lui, poliment, pour vous avertir de l’arrivée de la table.

Les gens qui fabriquent les tables ne prennent jamais l’avion. C’est le bateau ou l’avion qui propulse les tables à l’autre bout du monde. Roger a été remplacé par Sam le vendeur. Ce n’est pas l’odeur du bois qui se présente, mais de l’argent. Ou de la dette…

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Même si on parle de « libre-échange », plus personne n’est vraiment libre.  Le meilleur temps de la vie est celui où l’on a le loisir de perdre son temps pour retrouver autre chose que  cette imbrication sournoise dans l’énorme machine constructrice d’une nouvelle créature : « l’apeuré ». Il a peur de tout perdre, il transpire, travaille, et vote pour se libérer.

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En reprenant le chemin en zigzag, j’ai eu la curiosité d’aller fouiner à l’éco-centre. Là où l’on apporte les appareils usés, les bicyclettes rouillées, les télés désuètes, pour être « recyclés ». On ne sait pas où ils s’en vont. Comme nous ne savons pas où nous allons. Les vieux frigos et cuisinières sont amochés, rouillées, éventrées. J’ai eu tout  à coup un flash : lors de la guerre du pacifique 39-45, les avions qui avaient servi dur les îles du Pacifique ne furent pas rapatriés : cela coûtait trop cher. On les a simplement jetées à la mer… Les hommes sont comme les enfants en bas âge : quand on ferme les yeux, les choses ont disparues. La magie de l’enfant.

Ça m’a mené jusqu’aux économistes qui font des prévisions jusqu’en 2050 à savoir si vous aurez assez d’argent pour votre retraite. Avant, les gens prenaient soin des leurs qui mouraient peut-être un peu trop vite, comme on prend soin de fabriquer une table. 2050 c’est dans 35 ans. Ils ne sont même pas assez clairvoyants pour vous faire un portrait du futur, le lendemain de votre petit sommeil. Les Nostradamus à formules savantes ne font pas de bicyclette. Encore faut-il avoir la curiosité  de laisser les pattes de table parler. Et l’humilité… Et une faculté en train de se perdre : l’intuition.

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Il devait être 16h00 quand je suis allé chez C., une amie, pour un livre qu’elle me prêtait. On a parlé de tout autour d’une table. On a parlé des vieux… Il prend soin de son oncle qui a 91 ans. Il est encagé dans une résidence pour personnes âgées. On ne veut pas qu’il meure : c’est immoral. Alors, on le « soigne » aux pilules. Sa qualité de « vie », c’est de ne pas faire pipi dans son pantalon. Un jour, C. est arrivée en plein milieu d’un repas. Certains convives avaient deux assiettes : une de nourriture et une autre de médicaments. En couleurs… Et en quantité. À se demander si le plat principal n’était pas l’entrée et celui des médicaments le plat principal.

Tout ce que ces vieux bouffent s’en iront dans les eaux usées. La table m’a révélé que tout est lié. Quand il fait pipi, tout ce qu’il rejette ne s’arrête pas dans sa culotte. Il remonte sur la table …

La première chose que l’on enseigne est le cycle de la vie. Vous savez?  L’eau s’évapore, se transforme en nuages, puis retombe dans le sol. Et quand c’est de l’asphalte, l’eau panique et se cherche un chemin. Elle sait qu’elle doit entrer dans la terre pour être filtrée. Cela fait partie du cycle de la vie.  Elle visite les maisons, hurle, détruit des autos, des demeures, des vies puis finit par disparaître. Mais elle a eu peur!

Si nos savants économistes prenaient le temps de regarder une patte de table, peut-être pourraient-il y voir quelque chose de plus grand, de plus important, de plus « vivant » à long terme.  Ils voudraient que l’on soit des tables, les petites tables à quatre pattes devant eux pour les servir.

Avant, la Terre était plate : ce devait être une table  sans pattes perdue dans l’espace. Une table qui a été construite en milliards d’années.

Il est étonnant que l’on enseigne à nos enfants à être « vert » dans un monde d’adultes dans lequel le nucléaire et la chimie sont en train de tout détruire. Sans parler du reste… Avant, c’étaient les enfants qui racontaient des mensonges aux parents…

Gaëtan Pelletier

Bipède

1912, Bayer: Des publicités en faveur de l’héroïne dans des journaux espagnols

Au printemps 1912 Bayer a lancé dans la presse espagnole une campagne publicitaire en faveur de l’héroïne. On a retrouvé plusieurs de ces publicités. En 1898 la firme avait mis sur le marché en même temps que l’aspirine un « antitussif bien toléré ».

Les publicités redécouvertes sont intéressantes à plusieurs titres. Peu de temps après la mise en vente du nouveau remède les médecins avaient mis en garde contre un danger d’addiction. Durant la campagne publicitaire (1912) les spécialistes en avaient abondamment débattu. Cela n’avait pas empêché Bayer d’utiliser des publicités montrant de préférence des enfants et recommandant la prise d’héroïne en présence de symptômes sans gravité, tels qu’irritation (irritación) ou toux (tos).
En 1900 Bayer avait lancé une campagne publicitaire sans précédent. Dans le monde entier des annonces publicitaires faisaient haut et fort les bienfaits du médicament. Il était bon pour à peu près tout : sclérose en plaques, asthme, cancer de l’estomac, épilepsie, schizophrénie. L’héroïne guérissait même la colique du nourrisson. Et l’on commença par envoyer des échantillons gratuits aux médecins.
Lorsque des voix critiques mirent en doute l’innocuité de cette panacée, Carl Duisberg, alors fondé de pouvoir de la firme, ordonna de « bâillonner » les contestataires.« Nous ne pouvons tolérer que l’on nous accuse dans le monde entier d’avoir mis sur le marché des produits qui n’auraient pas été soigneusement testés auparavant » poursuivait le futur PDG de Bayer. Le succès commercial de l’aspirine et de l’héroïne devait assurer l’ascension de Bayer, propulsé du rang de fabricant de peinture à celui de firme de rang mondial.
Jan Pehrke, du Bureau de la Coordination contre les méfaits de BAYER, commente : « La campagne en faveur de l’héroïne montre que l’habitude qu’ont les multinationales pharmaceutiques de mettre en vente sciemment et en dépit de toutes les mises en garde des produits dangereux dans le seul but de faire du profit ne date pas d’hier. »

Une société ritalinée

Image: YGRECK

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Certains se demandent si le gouvernement ne drogue  pas nos enfants.  Dans un reportage, il y a quelques jours, on signalait que la consommation de ritalin avait augmenté de 30% en 3 ans.

Cause : le temps d’évaluation des médecins qui prescrivent plus vite que leur ombre. De sorte que le ritalin est devenue une drogue courante dans un monde où on …défend la consommation de drogues.

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Les Québécois sont plus que jamais les champions du Ritalin, a appris le Journal. En 2010, ils ont consommé près de 32 millions de pilules de cette famille de médicaments, ce qui constitue un nouveau record.

«C’est alarmant de savoir qu’autant d’enfants consomment ce médicament. On ne devrait pas être contents, ni fiers de ça», lance la psychologue Suzanne Vallières, qui est aussi chroniqueuse au Journal.

Le phénomène inquiète aussi le docteur en neurosciences Joël Monzée, qui a publié cette année un livre dans lequel il dénonce cette situation, qu’il assimile à du «dopage scolaire.»

Au cours de la période de 12 mois qui a pris fin le 30 novembre dernier, les Québécois ont consommé 31 864 061 comprimés de méthylphénidate, la famille de médicaments regroupant le Ritalin et ses génériques, selon des données obtenues auprès d’IMS-Brogan. Cela représente une hausse d’environ 10 % par rapport au record atteint en 2009.

Le nombre de prescriptions pour obtenir ces comprimés, qui sont remises surtout aux enfants agités à l’école chez qui on diagnostique un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), est aussi en hausse.

Comme c’est le cas depuis plusieurs années, la consommation de ces médicaments est beaucoup plus importante au Québec qu’ailleurs au Canada. Alors qu’elle compte pour moins du quart de la population, la province accapare désormais 35,3 % de l’ensemble des pilules et 44 % des ordonnances distribuées au pays. Canoë

Prescriptions de Ritalin : une hausse de 3500 % en 20 ans!

Le nombre de prescriptions de Ritalin a considérablement augmenté en quelques années. Au Québec, on est passé de 30 000 prescriptions de méthylphénidate en 1990 à plus d’un million en 2010. Une hausse de plus de 3500 % en 20 ans! Aujourd’hui, on estime que 5 % des écoliers québécois prennent ces psychotropes tous les jours. Principalement des garçons. À noter aussi qu’on prescrit deux à trois fois plus de Ritalin aux garçons issus de milieux pauvres. Par contre, en Europe, cette quasi-amphétamine est très peu prescrite.

Cette abondance de prescriptions de méthylphénidate, observée seulement de ce côté-ci de l’Atlantique, explique sans doute pourquoi les Européens ne débattent pas de la chose alors que nous (médecins inclus) le faisons régulièrement par médias interposés. Au cours de ces débats, on ne questionne pas tant l’efficacité thérapeutique du méthyphénidate, mais plutôt son emploi pour calmer des enfants qui bougent trop, qui sont impulsifs et inattentifs. Cette controverse autour du Ritalin semble avoir cristallisé les positions de part et d’autre. D’un côté, il y a ceux qui favorisent cette approche parce qu’elle améliore effectivement le rendement scolaire de l’enfant hyperactif. De l’autre, il y a ceux qui s’inquiètent du recours de plus en plus répandu à la médication pour traiter des comportements chez les enfants. À lire à ce sujet l’excellent dossier paru au mois d’août 2010 dans le magazine Protégez-vous.

Le Ritalin augmente la dopamine. L’exercice aussi!

Par ailleurs, les enseignants en éducation physique ont maintes fois observé l’effet calmant de l’exercice. Par exemple, il est souvent arrivé qu’un élève verbomoteur et hyperkinésique au début du cours d’éducation physique devienne un élève calme et nettement moins hyperkinésique à la fin du cours. Des milliers de fois sans aucun doute. Empiriquement, l’activité physique semble donc atténuer certains des symptômes qu’on observe chez les enfants hyperactifs, notamment l’hyperkinésie, le manque d’attention et l’impulsivité. Ces dernières années, des études semblent confirmer ces observations, à savoir que l’exercice peut être bénéfique pour les enfants hyperactifs sous médication. Ces études rapportent que chez les jeunes athlètes hyperactifs (il y en a), il n’est pas rare de constater que plusieurs se passent de médication en période d’entraînement intensif1.  Une étude2 menée cette fois auprès d’enfants hyperactifs sous médication qui avaient suivi un programme d’exercice vigoureux pendant 6 semaines à raison de 50 minutes par jour a démontré une nette amélioration de leurs symptômes. Dans une autre étude3, on a démontré qu’un exercice vigoureux de quelques minutes diminuait substantiellement certains symptômes chez de jeunes garçons hyperactifs, notamment l’hypermotricité.  Kenesanté: exercice et les enfants hyperactifs

Du ritalin pour mieux réussir… à l’université

Des étudiants en médecine de l’Université de Sherbrooke n’hésitent pas à prendre des médicaments, dont du Ritalin, pour obtenir de meilleurs résultats scolaires.

Selon des étudiants rencontrés par Radio-Canada, la prise de Ritalin améliore la concentration, ce qui aide à mieux performer lors des examens.

Même si le Ritalin n’est vendu que sous ordonnance, Sylvie Godbout, qui est psychiatre à l’Université de Sherbrooke, croit qu’il est possible d’en trouver assez facilement à l’université. « Les gens, comme ils ont des mentors, des tuteurs, il y a toujours des professeurs qui sont près des étudiants, j’imagine que c’est comme ça que ça passe. Ou encore, c’est leur médecin de famille, mais ils ne vont sûrement pas chercher ça sur le marché noir », dit-elle.  Radio-Canada