Archives mensuelles : octobre 2016

The End

Un dernier train pour Auschwitz

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Il y a ceux qui parlent tout le temps et ceux qui écoutent tout le temps. GP

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On part pour un petit voyage planétaire. En train. Ils disent qu’on va prendre un bon repas de richesses et se doucher.

La vie est un long voyage qui a commencé il y a des milliers d’années. Le train roule toujours, et pour la première fois de l’Histoire, après les chapelets de mensonges, on commence à douter de la destination. Chacun d’entre nous n’était qu’un infime amas de cellules: ça a donné Mozart et  Donald Trump. Puis une pléiade de « penseurs allumés », qui hurlent des livres, des articles dans une sorte de prière parallèle: cessez de croire qu’on a trois planètes à consommer, etc. Il y a ceux qui parlent vraiment, avec de la beauté dans les dires et personne n’écoute. Il faut un certificat de « communication ». Estampillé par l’État.

C’est l’abrutissement continu. Le carnage planétaire est sans limite. Carnage du psychisme autant que celui des corps brisés et des esprits enveloppées dans des pilules pour palier au stress d’un modernisme clinquant.

Le petit frisquet automnal 

Au petit matin, je m’enfonce dans les bois, passe près des quatre ou cinq pommiers sauvages, et je marche avec un sac à dos lourd. Je marche une heure, enlève des têtes d’arbres cassées par le vent pour me tracer un sentier pour le ski de fond. Les corbeaux croassent et les quelques perdrix qui restent s’enfuient comme des poules à travers les bois. À part ça, c’est le silence total. Le progrès devait nous rendre heureux. Curieusement, c’est la marche dans cette petite jungle qui me rend heureux. C’est une potion magique de tranquillité, de curiosité enfantine, d’un voyage vers soi et vers les autres. Le quotidien des gens libres et qui savent l’être a quelque chose d’excitant. Comme dans les amours, ce sont les petits gestes qui gardent vivant cet amour. Le progrès à l’hélium est en train de nous vendre des merveilles qui n’existent pas, qui n’existeront pas puisqu’il n’a pas pour but de faire vivre la beauté dans les humains au lieu de les esclavager pour le profit.

Puis, de temps en temps je m’assois pour écouter un livre. J’ai le goût de comprendre, le goût d’apprendre. Mais de plus en plus, j’aime les livres simples, comme ceux de Rick Bass: Winter 

27 octobre

Je commence à me dissocier de la race humaine. Je ne voudrais pas passer pour un malotru – mais ça me plaît. Ça me plaît même tellement que ça me fait un petit peu peur. C’est un peu comme si en baissant les yeux vers ma main, j’y voyais pousser un début de fourrure. Je ne suis pas aussi atteint qu’on pourrait le croire. Winter, Rick Bass, 

Et d’autres, plus compliqués, mais Ô combien ouverts dans une vue d’ensemble de ce monde en une image:

« C’est à propos de ce monde que je veux chercher à cerner ce qu’il convient d’entendre par la responsabilité des intellectuels. Pour bien faire comprendre ce que cette question engage à mes yeux, je reprendrai une image à Michael Albert. Imaginons qu’un dieu, lassé de la folie des hommes, fasse en sorte que dans tout cas de mort qui ne soit pas naturelle, tout cas de mort qui résulte de décisions humaines contingentes, le cadavre de ce mort ne soit pas enterré et qu’il ne se décompose jamais mais qu’il soit mis à bord d’un train qui circulera indéfiniment autour de la planète. Un par un, les corps s’empileraient dans les wagons, à raison de mille par wagon; un nouveau wagon serait rempli à toutes les cinq minutes. Corps de gens tués dans des guerres; corps d’enfants non soignées et morts faute de médicaments qu’il coûterait quelques sous de leur fournir; corps de gens battus, de femmes violées, d’hommes morts de peur, d’épuisement, de faim, de soif, morts d’avoir du travail, mort de n’en pas avoir, morts d’en avoir herché, morts sous des balles de flic, de soldats, de mercenaires, morts au travail, morts d’injustice. L’expérience, commencée le 1er janvier 2000, nous donnerait un train de 3 200 kilomètres de long dix ans plus tard. Sa locomotive serait à New York pendant que son wagon de queue serait à San Francisco. Quelle est la responsabilité des intellectuels devant ce train-là ? »  Normand Baillargeon, TRAHIR , 2000.

Il apparaît alors que nous vivons dans un nazisme planétaire dirigeant notre monde vers l’éradication simple de notre nature humaine. En cela, le mot progrès – malheureusement confondu à celui des sciences ou se proclamant sciences – est devenu tellement incompris et brouillé  que les soudards continuent de construire le plus long  rail du monde. On ne sait où on va, mais on voyage . Il suffit de lire les journaux, d’écouter les politiciens, les économistes, les journalistes mous pour comprendre que la destination est trafiquée. On vend des billets sans noms.

Gaëtan Pelletier

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Les deux camions

Paul Magnette refuse le CETA

Ce n’est pas nos politiciens acultivés  qui pourraient prononcer un discours aussi intelligent, fort, et d’une grande clarté.

gp

Merci à Michèle, la Wallonne qui m’a envoyé cette vidéo.  🙂

S’ouvrager

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Vous ne pouvez pas être sensible si vous n’êtes pas passionné. Krishnamurti 

Les sociétés, dans leurs « grandeurs », machinent les humains par une sorte de robotisation. Certains d’entre nous ont mal aux autres… D’autres pas. Ce sont ceux qui ne peuvent ressentir la souffrance des autres comme la sienne qui nous conduisent à un perte irrémédiable. Alors, ils faut s’ouvrager. Se faire. Se remettre au monde à partir d’un certain moment et vivre dans la douleur du doute. Il n’y a pas que les guerres qui font pisser le sang, il y a celles qui éteignent les âmes. La médecine moderne calfeutre de pilules les passionnés qui sont – et à raison – à la fois l’un et à la fois les autres.

C’est un monde qui refroidit. Survivre à cette sécheresse est demeurer intact en gardant l’écriture dans l’âme de sa douleur. Les épaves sont nombreuses… Les fondus dans le système également.  Le doute est une lame puissante. Il faut se faire, à partir d’un certain moment de nos vies. Nous taillader des dogmes. De ce qu’on nous vend à nous, les machinés.

Nous en sommes à la lutte finale de ne plus être capable de changer le monde, mais à la lutte de demeurer intacts et de décider de ce que nous sommes et non pas de ce que nous avons.

Gaëtan Pelletier

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Appel

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Are You Lost In The World Like Me (Official Video)

Les euphorisés mondialistes

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La tentative même de distinguer le génocide de la guerre ordinaire se heurte à cette difficulté que la guerre n’est plus ordinaire, depuis qu’elle a repris à son compte certaines caractéristiques du génocide. Chistopher Lasch, L’homme assiégé

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Dans les années 50, en Angleterre, on commença à adoucir la grande douleur de l’accouchement  par le gaz hilarant. Le protoxyde d’azote.  Aujourd’hui, le voilà devenu une drogue pour les jeunes qui l’utilisent dans les partouzes :

Ainsi, Luc, rencontré par BFMTV, ne peut plus s’en passer le week-end en soirée. « C’est euphorisant, ça entraîne un rire totalement incontrôlé et une distorsion des sons, comme s’il y avait de la réverbération. En deux-trois minutes, on est de retour à l’état normal. Ca permet vraiment juste de rigoler un coup entre amis », explique le jeune homme. (source)

C’est vrai que pour vivre aujourd’hui,  il faut traîner sa bonbonne. Ne serais-ce que la télévision, ce gaz hilarant, avec ses nouvelles aussi fraîches que la tomate de serre qui se promène du Mexique au Canada en hiver.  Nos gouvernements ont de grands projets : éradiquer les gras trans. Il me semble que la guerre serait à éradiquer avant le gras?  Pourquoi ne pas éradiquer quelques banques?

Notre manière de vivre, de notre capacité à détruite la maison-Terre en si peu de temps commence à ressembler à un suicido-génocide. Mais on se marre et on croit au progrès. On veut la finalité parfaite du citoyen avec des dirigeants robotisés et constipés. Dans leurs grands discours, en cachette, ils ont la recette du redressement total et du rééquilibrage des grandes vagues  déstabilisatrices de nos conditions sociales et de cette chère guerre. On a trouvé longue celle de cent ans. . Les  guerres actuelles n’ont plus de chiffre. Les allumés nous éteignent… On est tous des mini-chandelles sur le gâteau Terre, mais la fête est pour eux, et le gâteau…

Nous élisons des bouchés.  Et les bouchés engagent des bouchers.

Le bonheur est ici-bas. On a assassiné dieu dans un roman policier de 20,000 ans. Il a été remplacé par une trilogie semblable : les pairs, le fisc, et les saints esprits. L’affiliation des monarques tatoués de X par la simili démocratie qui finit par ressembler à « une viande qui parle ». On n’a plus de mots pour définir les « grands » de ce monde, tous emmêlés dans leurs toiles d’araignées qu’ils nous ont tressée. Un règne d’empêtrés riches, risibles, qu’on sniffe aux quatre ou cinq ans. Avec ce qu’on leur donne en taxes, en impôts, ils se mettent au monde eux-mêmes, et sans douleurs.

C’est le siècle dans le quel, pour guérir l’humanité de tous les maux, on a trouvé un médicament miracle pour déconstiper ce monde.  C’est ainsi que la formule leur est venue à l’esprit : « La balle est dans votre camp ».

balles

Gaëtan Pelletier

 

Sarah Toussaint-Léveillé-Une Laideronne sous la Pluie

 

LAIDERONNE

J’aime bien attendre l’autobus quand il se met à pleuvoir

Et que les oreillers d’eau se transforment en abreuvoir

L’herbe sert de dortoir aux gouttes du ciel qui s’y reposent

Je cueille les plus jolies m’en fais un collier grandiose

 

Le soleil est trop violent avec ses rayons amers

On dirait un pamplemousse gros comme les fesses de ma mère

Ça me rend triste de voir le jour percer les chagrins d’amour

C’est bien mieux sous la pluie les larmes s’y mêlent et on oublie

 

Quand la température défile vêtue de sa chaude allure

Les restes de pluie qui forment des lacs et cachent le bord des routes

Me harcèlent comme des maringouins qui me soumettent aux piqûres

En exposant le reflet de ma carrure de mammouth

Au moins les petites balles mouillées viennent mitrailler les flaques de rue

Oui y a seulement la pluie qui accepte de m’aimer comme je suis

 

Elle ose toucher mes joues gonflées et mon front étoilé

J’ai un beau grain de beauté mais semblerait que c’est pas assez

On verra bien la tache qu’il y a sur l’œuvre de Michel Ange

Pourtant sur un laideron la poésie perd ses louanges

 

Et ces commentaires délétères que les humains me lancent

Se mêlent à mes vêtements et font que ma démarche perd ses hanches

Afin de répliquer je voudrais réviser mes arguments

Mais franchement j’y arrive pas même que je les appuis trop souvent

Les gens

 

Au moins les petites balles mouillées viennent mitrailler les flaques de rue

Oui y a seulement la pluie qui accepte de m’aimer comme je suis

 

La pluie m’aime

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