Archives mensuelles : février 2019

Le Dépotoirium, Chapitre 30

30

Cacaphonie

Lavons nos cure-dent. Nous allons sauver le monde. Lavons-les après chaque repas. Lavons-les pour épargner un arbre. Il faut des milliards de repas, de dents aux prises avec des effilochures de viande de porcs coincées. Du savon et de l’eau… Nos dirigeants, dictateurs-serviteurs élus  sont si brillants et sensibles à la beauté de cette planète qu’ils enverraient un camion ramasser les cure-dents à travers tout le Canada. À Montréal, pour être vert (sic), certains couples utilisent des couches lavables qu’ils envoient à des lavoirs, trop occupés à carriérer (ic) pour les laver. C’est un type à bicyclette qui transporte le chargement de « cadeaux » jusqu’au point de lavage. Puis, quand débordent les eaux usées de Montréal, on en envoie un peu dans le fleuve Saint-Laurent. Des millions de litres nommés  « eaux usées ». Si l’OSM ( Orchestre Symphonique de Montréal) joue faux, on par le cacophonie. Si des eaux usées sont jetées dans un fleuve par besoin de soulager une métropole, on dit que c’est du bon sens et de l’administration responsable. En fait, c’est de la cacaphonie.

Jason

L’insoumission est douloureuse pour le corps et pour l’âme. L’insoumission, c’est le crève-cœur, le  feu qui se prolonge.  J’ai pensé pouvoir l’éteindre comme on éteint une bougie.  Elle est faite de petits putschs qui nous grenouillent de l’intérieur. On aimerait s’en débarrasser comme d’une armée de poux qui vivent toute leur existence  en nous. Ils ont fait de nos corps un loyer.  On passe une grande partie de nos vies à gratter des bobos, des déchirures encavées dans nos êtres. Il n’y a pas de crème ni de pilule pour les apaiser. Faut-il passer sa vie en forme de statue avec prières pour l’enfouir ? Faut-il les éteindre, ces petits poisons ardents? Je m’étais dit que ma révolte allait expirer avec le temps, qu’il suffisait d’attendre et, comme les bébés langés, je finirais par cesser de souffrir,  l’esprit calmé, tentant de « rentrer dans les rangs. » … Non, rien ne me quitte. Mon cerveau est pris dans un filet comme les poissons dans celui  d’un pêcheur.   Le petit éperlan se fait prendre parce qu’il n’a rien compris de la structure et de l’ampleur du filet. Ainsi sont les être humains dits « ordinaires ». C’est normal : ceux qui fabriquent le filet gardent secret les plans du filet.

J’ai des crises d’angoisse, le goût de repartir en guerre. De ces  guerres qui me semblent inutiles. Abandonner le navire et laisser les rats prendre toute la place.  Les guerres les plus oiseuses de ce monde, toujours plus hypocrites. On ne peut pas vendre des armes pour « vivre ». Parfois j’étouffe. Parfois c’est la détresse respiratoire, l’affliction et la désolation. J’irais me terrer au fond des bois, dans un palais de bois rond, vivre avec la chaleur accablante, les froids sibériens, les orages, me farcir  des pommes de terre et des chenilles crues ou grillées. Parfois je hurle en dedans. Parfois j’aimerais être comme ce cher « dieu » : partout. Un Robin des Bois d’asphalte, chasseur-abatteur de tracasseries bureaucratiques, de faux rois : je sortirais l’argent invisible des ordinateurs et le redonnerait aux pauvres pour qu’ils puissent s’acheter une barre de chocolat ou un paquet de gommes à mâcher.  N’importe quoi! J’abattrais des tueurs de dignités avec un silencieux au bout d’un poème corsé. Je rêve toujours du jour où l’on fera fondre les fusils pour en faire des chaudrons. Je suis l’onguent des autres. Je parle onguent, je traite onguent, je distribue des comprimés colorés, et je trimbale la petite élégance de faire du bien. Quelqu’un dirait que je me flagelle, que nous nous flagellons pour ce bien. Tout cela fait partie du doute. Je ne veux pas planter un Éden pour le donner au diable. Sa culture millénaire est empoisonnée. Il faut que le « je » jette un peu de lui-même dans ce « nous ». Ce n’est pas une notion philosophique, c’est une nécessité pratique.

— À quoi tu penses…

— À rien…  ( à rien signifie que je ne veux pas révéler les pensées dont j’ai honte).

— Tu te fais encore du mouron?

— Je suis né pour la bile…  De temps en temps, ça me traverse le corps. Parce qu’au bout d’une vie, je ne veux pas ne laisser qu’un trésor qui servira à enrichir les riches davantage.

***

On a fêté Maggie le 15 mars. Carl et Anne sont arrivés. C’est Anne qui conduisait. On s’est demandé si Carl  était saoul ou givré. Que non! Il était pur comme une statue de Bouddha , le teint clair et le sourire coquin. Éblouissant! C’était au printemps d’un faux printemps aux routes boueuses  et aux  flaques d’eau  éparpillées sur les routes gravelées. On rêvait tous de voir se poindre du vert, de l’herbe

Anne et Maggie avaient passé l’hiver à se réchauffer de mails. Ils s’aimaient d’amour tendre et d’impénétrables dérobades. Elles se tricotaient des cachotteries par emails. Un couple dans un double couple. Elles  se sont collées de leur ventre gonflé. Deux ballons. Les enfants doivent naître dans des ballons. C’est ce qu’on voyait, car nous aussi  étions passés par le ballon de maman. Plouf! Nés. On ne s’en souvient pas.  Et puis les pleurs qui déchirent les oreilles de maman. Avant d’apprécier Mozart, les mamans ont droit au grand concert du bébé qui souffre de sa sortie de la grotte la plus confortable en ce monde.  Plus tard, les marmots abandonneront le ballon pour les carrières, les grandes causes, les titres. Ils deviennent souvent  sont bouffis et solennels.  Mais avant, ils seront ébahis par les bulles qui s’envoleront, bleuâtres ou rosées,  le savon soudant les fines particules d’eau de  leur souffle.  Plus tard, ils seront sans doute étonnés  par tout le venin que peuvent produire les quelques décérébrés dirigeants qui sculptent notre petit univers.  On reste petit prince pour peu de temps. « Pas de travail? Dessines-toi un emploi ».

Les hommes se sont battus pendant des millénaires pour survivre à cette nature, ce barbouillis de « dieu », pour finir dans une guerre déchirante entre eux. Une guerre pour tout avoir du ballon bleu. Avoir, c’est posséder les autres ou le pouvoir de les posséder. Ainsi, voguons-nous dans un énorme négrier qui surchauffe. Peu  importe ceux qui crèvent de faim, les enfants qui n’ont pas d’eau et de savon, et  tout ceux qui sont assassinés par l’indifférence.

C’était ça. J’étais incapable d’être indifférent. Contrition ou compassion? Je ne sais… Mais je n’étais pas seul. Et peut-être que même seul j’aurais continué.

Au fond, on était restés des enfants ou bien on ne savait plus l’être. Mais les « ils » nous ont appris à nous voir visqueux, peu intelligents parce qu’on n’a pas dessiné de voiture électrique qui renverrait le gasoil sous terre, lui qui s’échine à exploser pour pousser un piston. On n’a rien fait de grand. On rêve d’être  aussi ordinaire que Robert Charlebois ou Elon Musk.

Ils sont arrivés en « minoune ». Minoune est le nom d’une guimbarde effilochée de rouilles qui, souvent, pend au dessous des portes.

      — Tu achètes des vieilleries…

— C’est pour amoindrir mon empreinte écologique

***

On était assis, tranquille, parlant de ce qui se passait dehors, car « dehors » était une expression qui faisait que nous étions séparés de cet univers bouillonnant. Nous étions des non participatifs. En un sens… On ne votait plus. (Avait-ton déjà voté?), on ne parlait plus réellement de politique et, surtout, de la frime nommée économie que l’on nommait escronomie.

— Tu travailles toujours à l’usine?

Anne et lui se regardèrent.

— Oui et non… De temps en temps.

— Ah!

— J’enseigne la philosophie à temps partiel dans un Cégep.

— Seigneur! Tu as pris du grade.

Il passa un drôle de silence dans la pièce. On aurait pu entendre voler un drone-mouche.

— C’est Anne qui m’a convaincu…

(Petites langues et pensées de vipères : on a cru que c’était pour l’argent. )

— Elle m’a dit que si je voulais changer le monde, je devais m’infiltrer.

— C’est loin d’être bête, fit remarquer Maggie.

— Avec ce que tu fumes – ou fumais ( de la mari, bien sûr) – tu es un espion en herbe… Une sorte de sniper…

(La blague n’a pas été comprise, on dirait. Ou elle était bien plate et banale.

Il y eut un moment de silence. Comme si la musique de nos petits êtres chicaniers n’arrivait pas à entreprendre sa petite mélodie de rebelles d’antan. On n’avait peut-être plus de partition… Je savais que tous les deux  nous haïssions la tiédeur. Je me demandais si Carl avait fini par oublier qui il était vraiment. Un brasier ardent.  Avait-il conservé sa belle âme de rebelle et belle blessure qu’il n’arrivait pas à recoudre seul?

— Comment tu trouve la situation « dehors »? demanda Carl.

C’est ainsi que nous nommions ce monde  qui n’était plus le nôtre : « Dehors ». Comme si nous étions des animaux de Compagnies terrés en campagne en attendant que ce monde s’effondre.

Après, je ne suis pas certain qu’il restait quelque chose à dire. Nous allions mettre des enfants en ce monde dont nous passions du temps à dire du mal et tenter de le parfaire. On savait bien qu’il allait bientôt crouler. Alors, pourquoi continuer? Avant, on pensait des plaies. Maintenant, on était devenus des gens tout à fait normaux. On n’avait même plus le temps – ni le goût, d’ailleurs – de modifier quoi que ce soit. La vie, la grandeur et la beauté de ce petit joyaux  était un miracle. On en avait fait un moteur de F-35. Une bricole de plombier.  Et nous allions devenir deux papas dans un monde bouillonnant d’affairistes qui se ruaient pour tout prendre avant le déluge de chaleur et du vertige abyssal qui allait sourdre de leur hyperactivité.

Puis on s’est regardé dans le trou des yeux. Alors, on a su que l’on allait mourir un jour avec la même passion et la même douleur qui étaient les nôtres.

Pendant que les filles s’échangeaient de la manière d’élever des enfants, nous nous sommes  servis  de  la Bitt à Tibi. La bière bulle nos âmes. Et au bout de deux Bitt à Tibi, Carl m’a dit :

— Tu te rends comptes du nombre de révoltés qui ont tenté de changer ce monde pendant des milliers d’années? On vit sur un cimetière de soumis et de  cadenassés. Si on les voyait, tous empilés, prêts à être jetés dans une fosse, en ce moment-ci, nous assisterions à une scène de shoah planétaire atemporelle. On en ferait une montagne et on les brûlerait comme on les a grillés. Celui qui vend des balles de caoutchouc ignore ce qu’il fait vraiment. Et même s’il le savait… Il vit de balles en  caoutchouc…  Un jour il sera remplacé par un robot.

— Ouais! La bière te fait du bien…

— Jusqu’au moment ou je verse de l’autre côté de la vision : celui dans lequel je souffre de ne pouvoir rien y faire. Et tous les barbouilleurs de ce monde croient à leur mission. Et nous l’avons cru pendant un certain temps. Il faudra trouver une autre formule… « C’était au temps d’Albert Londres ». Et toi?

Carl n’avait pas perdu l’habitude de se ronger les ongles, comme si en ces ongles se trouvait tout ce dont il voulait détruire et qu’il l’avalait. Anne lui avait dit qu’il manquait de calcium.  Il aurait sans doute fallu qu’il se mette à la méditation en répétant  « Je suis celui qui est ». Ou bien : « Vivez votre moment présent, car c’est tout ce dont vous avez ». C’était trop naïf. Le cerveau humain est un balayeur portatif : il sort de son corps, vogue dans le temps, s’éparpille, fouine. Et quand il a appris à le faire, il ne peut plus s’arrêter. Il ne peut plus ne faire que des bulles. Il est horrifié de tant de douleurs cultivées. Il est alors investi de toutes les douleurs.

— Je  suis un rebelle qui regarde, scrute. Je cultive l’attention, comme disait Krishnamurti.  Je suis un jardin d’attention, une terre meule et vivace. Mais, étant donné que ça me fait mal, je regarde de moins en moins. Peut-être que cette planète n’est qu’une fleur… Une saisonnière. Elle passe nous faire signe de sa beauté et s’en va. J’adore les pissenlits. Je les adore parce qu’ils n’ont pas de promesses. Ils sont. Nombreux, vivaces, et quand la terre est sèche, ils font grossir leurs racines, ils les enfoncent dans le sol pour survivre. Tous les gilets jaunes sont des pissenlits qui tentent maintenant de survivre à la sécheresse de la chaîne de Ponzi des élites. Un humain ça  ne dure pas  longtemps… Ça tient dans un petit livre de Simenon, en  un personnage écrasé par la vie, les habitudes, les répétitions et les petits échecs. La langue de l’amour est morte.  Et dans la fébrilité inconsciente de la chair aux enchères, la pauvreté de plastique, de gadgets, d’immolation continuelle,  la vie est une sorte de terre cuite derrière une vitrine astiquée où tous les pantins sont à vendre pour un job. Un humain ne dure pas longtemps… Pourtant, il réussit à faire tellement mal à la nature et à l’humain qu’ils détruit tout l’art et les philosophies passées dans l’histoire de ce monde.

— On parle comme des intellectuels…

— Non. Pas tout à fait…

— À voir les gilets jaunes, on dirait que seule la violence peut changer ce monde… Il a changé par les guerres. Les peuples ne marchent plus… Ils attendent la voiture électrique. C’est le bluff technologique dont  Jacques Ellul. Même les dirigeants ont la malepeur.  Mais pas des mots… Ça les égratigne, sans plus.

Il devait être deux heures du matin quand on a cessé  de parler. On ne manquait pas de sujets, mais d’énergie. Les filles étaient déjà couchées ou parlaient tout doucement.

Je pense qu’on s’est endormis sur le divan

Naître plissé et mourir plissé

Si  nous pouvions voir la Terre comme une ruche de lumière, ces « gens » qui entrent et qui sortent « d’ici », nous pourrions voir vraiment la nature de ce mystère que certains pensent avoir résolu. Mais il ne l’est pas et ne le sera jamais. Ce qui m’étonne, c’est toute la vie d’après, le « formatage » des nouveau-nés qui ont un second ventre: l’éducation ou la déséducation. Qui donc est bon ou devient bon? Qui donc est méchant? Car dans cette période bien étrange et « austère » des vols permissifs et accordés des grands de ce monde, y compris les institutions de plus en plus déshumanisées, sans parler des guerres, vivre est un défi.  Rester intact au mystère et à sa beauté… Un défi. Il l’a toujours été devant la matière brute de la nature, mais la sauvagerie « moderne » a créée une jungle encore plus horrible que celle dans laquelle vivaient nos ancêtres … poilus. Car cette jungle a été sciemment et méchamment tressée par des humains transformés en robots-penseurs, cervicaux, délirants, totalement ignorants de la Vie. C’est ainsi qu’a surgie une idée étrange et pas à la fois: si les méchants mènent le monde, peuvent tuer ceux-là même que la Vie leur a donné, le monde se divisera toujours en deux… Dieu et Diable.  Mais avec le progrès, ce monde falsifié, malbâti, est la somme des  connaissances trafiquées, enseignées, martelées, finit parfois par diviser les gens davantage. La petite soudure de lumière à la naissance risque de s’éteindre et de se transformer en noirceur.

     Nous avons peine à trouver un dénominateur commun: les chiffres finissent par tuer. C’est la malbouffe de l’intellect… Les chiffres, les analyses, la division temporelle. Si la vie que nous vivons, après des milliers d’années de progrès est si difficile et si peu égale,  que nous avons les moyens de faire encore crever ses habitants de faim, c’est que les bons ont compris qu’on  ne tue pas. Même pas par « mission »…  On ne tue pas par  privation. On ne tue pas par ignorance de ce qu’est la compassion. On tue par calculs… On inculque la haine alors que personne n’est né de par la haine. Nous sommes tous nés de l’amour… Étonnamment, ce sont les enfants qui souffrent le plus des adultes « transformés » en savants. En savant qui créent trop  souvent des Frank-Einstein…  Faut-il savoir des savoirs pour vivre en paix?  Il faut seulement s’étonner et regarder le grand mystère. Il faut également comprendre que l’on divise les Humains en catégories sans saisir l’entièreté et à la fois la simplicité de la Vie. Elle est Vie, c’est tout… Elle n’est pas religion et foi… Elle est si simplement qu’elle est: point. En la divisant nous nous divisons. En nous taisant, nous laissons notre belle capacité d’émotion se terrer, s’éteindre, se  camoufler. Alors que nous devrions la cultiver… Mais nous laissons à une « organisation » le jugement de  bien la cultiver.

     Nous naissons plissés et nous mourrons  plissés.

    Nous naissons dans la douleur de nous intégrer à ce monde, dans sa froidure, son eau, incapables de réagir, de bouger, de n’avoir que deux yeux et aucun réel langage. Et nous mourrons dans la peur et la faiblesse. Comme s’il y avait une différence…  S’il en est une, nous avons grande difficulté à l’accepter. Parce qu’on juge inutile de nous l’enseigner. Alors, la plus grande servitude est d’être des ignorants  de la vie et de la mort. C’est ainsi, que de notre ignorance, le second ventre des sociétés,  fait de chacun d’entre nous, ou veut faire, le monstre calculateur que les bons n’oseront tuer et que les ignorants y trouveront une religion de quelques années dans l’éternité… Nous naissons tous deux fois… C’est la seconde fois qui est de trop si on choisit un ventre plus gros que celui d’une mère : la vie.  

Jason

© Gaëtan Pelletier

Le Dépotoirium, Chapitre 29

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Le Dépotoirium, Chapitre 19

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Le Dépotoirium, Chapitre 10

Le Dépotoirium, Chapitre 9

Le Dépotoirium, Chapitre 8

Le Dépotoirium, Chapitre 7

Le Dépotoirium, Chapitre 6

Le Dépotoirium, Chapitre 5

Le Dépotoirium, Chapitre 4

Le Dépotoirium, Chapitre 3

Le Dépotoirium, Chapitre 2

Le Dépotoirium, Chapitre 1

La célibataire

Pas le droit de filmer la violence policière en France

Image

Démocratie 2.0

Photo de Philippe Auvray.

Les Micmacs et les Français

Photo de Musée de la Neufve-France.

LES MICMACS AIMAIENT BIEN LES FRANÇAIS
«Ce peuple (les Micmacs) ne monstre point d’estre meschant (ne montre pas d’agressivité), quoy qu’il aye deffaict les Anglois qui vouloyent habiter parmy eux l’an 1608 et 1609. Ils s’excusoient à nous de ce faict, et nous racontoient les outrages qu’ils auoyent receus desdits Anglois, et nous flattoyent, disans qu’ils nous aymoient bien, parce qu’ils sçauoient que nous ne fermions point nos portes aux Sauvages comme les Anglois, et que nous ne les chassions pas de nostre table à coups de baston, ny ne les fassions point mordre à nos chiens. Ils ne sont point larrons (voleurs) comme les Armouchiquois (Abénaquis) et sont les plus grand harangueurs du monde ; ils ne font rien sans cela.» Pierre BIARD, Relations des Jésuites, 1616.

Musée de la Neufve France

Les pauvres chassés à la courre

Image: Wikipedia

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      En 2007, le gouvernement travailliste a adopté une loi prévoyant des sanctions contre les personnes handicapées et en longue maladie, considérant que beaucoup n’étaient pas vraiment en incapacité de travailler », rappelle Anita Bellows. Bastamag

Qui ne se souvient pas des élégantes scènes de la chasse à la courre de la noblesse anglaise ou française? Ah! À cors et à jappements de chiens emballés d’aller fouiner les bois pour un lapin, un porc ou autre animal afin de dissiper l’ennui de la gente fortunée. Les états modernes ont toute une panoplie de chasseurs pour ressource pour « éteindre » cette race d’avortons.  On se croirait au moyen-âge avec une  nouvelle aristocratie munie de chiens-kapos pour exterminer les pauvres.  On entendra dire que le gouvernement lutte contre la pauvreté en même temps qu’il veut se débarrasser des « non productifs » qui, de fait, sont incapables de participer à l’engrangement des capitaux énormes des transnationales qui râpent les biens de États.

     Et les riches?

Ce n’est là qu’une partie de cette sinistre et dégoûtante déshumanisation dévoilée dans La violence des riches. Les riches ont leur paradis fiscaux mais les pauvres ont leur enfer quotidien de la misère.

 « La fraude à la Sécurité sociale, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la faute qui ruine les fondements mêmes de la République sociale. » Nicolas Sarkozy, 2011

Avec les sommes énormes des riches et de la multitude des paradis fiscaux, la trahison est du côté d’un ensemble d’individus sans morale et sans cœur… et sans pays. Même certains dirigeants n’en ont pas… Au Canada, d’anciens dirigeants se sont enrichis en investissant dans le marché de la marijuana devenue légale.  Le Cannabis – ou Canadabis (sic) a désormais  des investisseurs  de renom issues de la classe politique. L’actualité.

Le parfum du totalitarisme

C’est un acte de harcèlement, avec une légère odeur de totalitarisme qui rappelle la cruauté de la chasse aux juifs par les nazis. Comme si le pauvre était d’une race inférieure à « abattre », alors qu’il n’est que victime d’un système patenté,  dépouilleurs  de  richesses collectives. Il faut maintenant chapeler le pauvre jusqu’à l’os sous prétexte ( ou accusation infondée) qu’il est coupable de sa pauvreté. Il faut l’accuser, le harceler, le ramener au travail pour réduire les chiffres, les manipuler  concernant le chômage.

Pour ce faire, la classe dirigeante est équipée d’une armée de fonctionnaires-kapos au service de l’État. « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres ». Beau leitmotiv pour une société inconsciente et, surtout, malhonnête dans sa mission de « servir » ses citoyens.

Gaëtan Pelletier