Archives mensuelles : janvier 2009

FLAHERTY ET LES MORUES À BICYCLETTE

Le travail lui-même est nuisible et funeste non seulement dans les conditions présentes, mais en général, dans la mesure où son but est le simple accroissement de la richesse.

Karl Marx

Selon Smith, les «lois» du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduisent à un résultat inattendu : l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et cette dernière amène les individus à produire ce dont la société a besoin.

Adam Smith

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία « administration d’un foyer ». ( Wiki)

Et une dernière question aux capitalistes qui ont bâti cette escroquerie qui garde les deux-tiers de l’humanité dans la misère et à leurs complices en gouvernance:   » Pourquoi ne mettrait-on pas vos têtes au bout d’une pique, si jamais cette crise rendait le peuple vraiment maussade et qu’il réussissait à prendre votre scélérate Bastille ? »

Pierre JC Allard

Étrange, comme il est d’actualité le «vieux» Marx. C’est juste que l’on a fait avec son œuvre la même chose que l’on a fait avec l’enseignement de Jésus : on a tout déformé.

Il s’agit ici  de  phrases qui définissent et  nous font comprendre la source   de la «crise économique» dont nous sommes frappés : comme l’enseignement de Jésus, celui des économistes a été utilisé a mal escient, ou mal compris…Pour être utilisé à mal escient.

Je peux me tromper.

Le bon sens, c’est comme la bicyclette : il faut rester en équilibre. Hélas! Le monde a changé. Avant les bandits dévalisaient les banques, maintenant les banques dévalisent les citoyens.

Le budget Flaherty

Je savais qu’on le conspuerait. On l’a conspué même avant la question du jour à TVA, section Québec.

72% n’approuvent pas le budget des Conservateurs. 72% de qui? De nous… Gens du pays.

On la conspué, et on va continuer de le conspuer.

Tout ce qui pue est conspué.

C’est pourri comme budget.

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Étant avachis sur le divan, ma douce et moi, regardions sans broncher le budget se faire peler et désosser comme un lièvre. Des millions, des milliards, et pour des années à venir. Amen. C’est comme ça que les économistes sauvent un pays… Mais nous?

Je n’y connais rien en économie. Je fais semblant de lire Pierre JC Allard sur le site des. 7 du Québec C’est comme la vie : des bouts j’en comprends, des bouts j’en comprends rien.

Oui, je suis un navet en économie. Pour moi le Pays B ça commence avec Le Pays A. Le Pays A c’est le foyer :

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία « administration d’un foyer ». ( Wiki)

Ce que j’aurais fait à la place de Monsieur Flaherty?

J’aurais laissé tomber l’idée d’une baisse d’impôt. 20G en 2008-2009.

J’aurais créé une taxe «temporaire», la SLP ( Sauvons le pays) en ajoutant 4% à la TPS.

Ce qui fait 28G.

Mais il y a mieux. L’idée des infrastructures, c’est bien. Mais c’est conservateur.

Ma femme, elle, s’y connaît en économie : Ça nous fait 66$.

-Pour deux ans?

Elle n’a rien dit.

Ce doit être oui.

Donc 33$ pour cette année.

Puis j’ai vu une bande annonce au bas de l’écran. On nous exhortait à aller consommer pour sauver notre pays. Dire qu’il a 6 mois ou un an, on nous a dit que nous étions trop endettés.

Il y aurait près de 90 millions de cartes de crédit au Canada. Ou 66 millions, j’ai oublié le chiffre. Ça veut dire que nos deux chats en ont une à eux deux.

On a d’ailleurs prévenu le gouvernement que les citoyens risquaient de prendre ce 33$ pour payer ses dettes. Ce qui ne stimule en rien l’économie. Car l’économie fonctionne au moment où la dette du citoyen est suffisamment basse pour qu’il puisse envisager de s’en créer une autre mais de pouvoir la rembourser par son salaire. Le simple citoyen contrôle son «économie».

Le simple citoyen… Sinon il n’a plus d’activités économiques. Même s’il se payait un prix Nobel d’économie, ça ne donnerait rien. Quand on gère un salaire minimum de simple citoyen, on doit connaître l’art de la bicyclette.

Le riche financier, lui, fonceur et optimiste, se dira qu’il trouvera bien des poissons pour le rendre riche. C’est ce qu’il a fait. Et le banditisme mondialiste est  devenu si grand qu’on a presque vidé la rivière.

On dirait que la morue vient de se mettre à penser.

7,5 milliards pour «sauver» l’industrie automobile

Au début des années 1950, le  PDG de General Motors déclarait « ce qui est bon pour General Motors est bon pour les Etats-Unis et réciproquement..».

Charles Erwin Wilson, PDG de General Motors

Il en est passé des voitures sur les ponts, depuis. Même des limousines.

C’était il y a longtemps. Avant que la crasse blanche des PDG  ne fasse une énorme tache d’huile dans cette industrie désuète, mais toujours soumise à un grand crédo passé date comme une pinte de lait.  

***

Il y a 28,000 personnes dans mon comté. Quand je me promène j’y vois des dizaines de vendeurs d’autos avec des parcs à n’en plus finir. On vend des économies… Qui veut donc rouler en économie quand on passe devant un parc saturé…En auto?

Une auto pour 5 personnes? Même si on en fabriquait 2 pour 5. Est-on assez bête pour en fabriquer 12 pour 10?

On dirait que oui.

Sans compter qu’à 50 kilomètres d’ici, il y a tous les concessionnaires américains, japonais, et autres  asiatiques. Sans compter que la Chine veut lancer une voiture verte ( de couleur) à l’automne 2009.

L’industrie automobile est dans une dérive de 10 ans minimum. Le temps que le consommateur en ait besoin… Et d’une verte.

On a trop nourri la morue.

On a toujours pensé que la morue était bête et stupide.

Cycles et cyclisme

  • 1929-1937: Grande dépression
  • 1973 et 1979: crise provoquée par les chocs pétroliers;
  • 1993: crise liée en partie à la crise du Système monétaire européen (SME);
  • 1997: crise économique asiatique (Asie du Sud-Est);
  • 1998: crise financière russe de 1998
  • 1998-2002: crise économique argentine
  • 2008 : crise financière mondiale

On notera que depuis les années 70, les crises économiques sont aux décennies.

La raison?

Assez simple…

Les «familles» vivent selon leurs moyens. Les États et les financiers sont toujours à fouetter ( du fouet de l’endettement) le consommateur de façon à ce qu’il dépense plus qu’il ne gagne en lui disant que plus tard il gagnera un peu plus et que ce qu’il a acheté est un «gain».

Sauf que les gains des produits offerts sont souvent trafiqués pour avoir une durée de vie d’environ 10 ans.

Il s’ensuit que le citoyen, au bout du rouleau, pour reprendre le contrôle de son économie «familiale» doit se serrer la ceinture.

La haute finance voudrait que le citoyen dépense plus pour nourrir son surplus de richesses.

Bref, engranger le capital pour une élite qui travaille pour engranger le capital…

Donc, le consommateur, face à ce nouveau «Jésus», s’endette jusqu’à la moelle. Mais au moment où la morue du financier pêcheur se rend compte qu’il «n’arrive plus», il restreint ses dépenses et paye ses dettes accumulées.

Il s’ensuit alors un mouvement cyclique où le citoyen est comme le cycliste qui ne sait plus que l’art de la bicyclette ne consiste pas à pédaler plus vite mais à garder un certain équilibre.

Si vous fouettez le bicycliste, il tombe.

Si vous le fouettez à l’aide de capitaux pour «améliorer» ses performances il roulera quelques années de plus en boitant d’une roue à l’autre.

C’est ce qui est arrivé avec la dernière crise. On a cru au miracle de la vitesse sans aucun équilibre.

Alors nous en avons encore pour dix ans…Avant l’autre dix ans…

Bref, notre citoyen vit pendant 5 ans selon ses moyens, s’endette pendant 5 ans selon les «consignes» des dignes dignitaires.

Mais étant donné que le «monde » a changé, et que les requins ses sont multipliés mais pas les morues, il advient que ceux-ci manquent de proies vue leur prolifération.

Une solution : des couches de plastique jusqu’à l’université

Au lieu de saupoudrer 20G en coupures d’impôts, il fallait donner au citoyen autre chose que 33$ par an.

Il fallait «inventer» un crédit à la création d’un consommateur.

10,000$ de récompense à un couple qui aurait un premier enfant en l’an 2009. Et 5,000$ pour un deuxième dans les douze premiers mois à venir.

C’est étonnant toutes les «infrastructures» familiales en besoins réels. Pas en écran plasma.

Quand on sait qu’il en coûte environ 200,000 par enfant pour «l’élever». Croyez-moi, ça vous brasse une société et ça donne au citoyen un sentiment d’appartenance à la grosseur des orgueils d’un homme d’affaires. (sic).

L’orgueil

L’orgueil a toujours été considéré comme le premier et le plus grave des péchés capitaux, réputé alimenter tous les autres. Selon la première codification des péchés, au IVe siècle, une huitième «passion» était une variante et un doublon de la passion de l’orgueil, celle de la «vaine gloire».

Mario Roy, La Presse

On ne sait pas si c’est le carburant noir de nos dirigeants, mais c’est certainement celui de la haute finance. L’orgueil.

Car pour présenter un tel budget, il fallait s’agenouiller devant un Ignatieff qui ne fera que prolonger le barbouillage.

La bicyclette est un art.

La peinture à numéros : l’économie.

Les 33$

Ayant décidé de faire le plus possible pour notre pays, nous sommes allés au resto.

Le plat était froid et fade.

J’ai demandé à la serveuse si le cuisinier aimait son métier.

J’ai cru comprendre que ce n’était qu’un restaurant et que la personne attablée, un client.

Si je recevais chez moi une personne et que je lui servirais un plat moche et froid… C’est ça l’art et tout art : la cuisine n’est pas pour les profits du resto, elle est pour la satisfaction du «client».

Le cuisinier faisait son travail à l’image de notre monde : l’assiette était belle.

Superbe présentation! Mais le plat, raté… Le restaurant est passé avant «l’invité».

La somme de toutes les erreurs.

Notre part est faite.

On a déjà donné notre 33$ avant de le recevoir.

BILLET DE CONCERT


Elle avait une peine au fond d’elle
Quand elle est partie
Elle a jeté son dernier souffle
Pour que vivent les autres
Comme un don d’air au monde trop vicié

Elle avait une peine au fond d’elle
Elle s’en est allée
Fondre sa peine au brasier de la lumière
Sachant la Terre trop aride
Pour ses amours en étangs coagulés

Pars ma belle! Pars! La chair est trop étroite
Pour les vues de ton âme trop droite!

J’avais prié à l’église de tes yeux
Quand on chevrotait de nos regards
J’ai dans tes rires tous tes airs de pianos
Noir au noir, blanches et quarres

Pars ma belle! Pars!
Tu as donné ton corps et ton âme
En tes amours, au jour et au jour
Tes nuits, tes rêves, tes matins lourds

Et nous les amis, qui avons nos billets
Donnés au départ, nous irons écouter encore
Le doigté doux de l’or de ton âme qui vibrait
Sur les jours noirs, les blancs matins
Au temps du partir, et de nos revenirs

Mars, 2006

BUSH LA DENTELLE

On ne sait pas trop ce que fera M. Bush après le 20 janvier. Peut-être s’adonnera-t-il au tricot : une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Il est spécialiste en la matière.

Il fait part, aujourd’hui de se projets dans la presse.

  1. Préparer son discours d’adieu.

Il va s’auto-éloger, et faire le bilan de son mandat : 3000 Milliards jetés par la fenêtre en Irak et en Afghanistan. C’est un peu moins, soyons honnête, sauf que les réparations du 634 Milliards   vont coûter cher au peuple américain.

Présentement : 138$ par mois pour chaque citoyen.

  1. Il rencontrera à titre privé mercredi les familles des soldats tués en Irak et en Afghanistan.

Une bonne poignée de main… Pour un peuple pogné demain…

  1. Faire du VTT

«Je pense qu’il fera probablement très froid là-haut ce week-end, a souligné Dana Perino, mais il adore y aller pour être au calme et faire du VTT.»

Je lui suggère d’aller en Palestine. On y carbonise les enfants au phosphore.   Made in U.S.A.

  1. Il  part mardi pour le Texas, où il s’occupera de la bibliothèque présidentielle et du centre pour la liberté de l’église méthodiste locale.

Comme disait Krishnamurti « On ne peut tenir Dieu d’une main et l’épée de l’autre». ( cité de mémoire…).

  1. «Écrire un livre. Je suis intéressé par le SIDA et l’aide à l’Afrique, l’initiative contre la malaria que nous avons lancé sur le continent»

Faire la guerre au SIDA et à la malaria. D’un humanisme touchant. Mais l’expérience aidant… Les voies de l’empathie sont insondables.

  1. «J’aime le vélo et les parcs nationaux, j’aurais beaucoup à faire»

What about les parcs de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Palestine? Protéger le chevreuil et la flore? C’est bien… Mais c’est pour les humains qu’on le fait, dans une visée d’ensemble.

Ce n’est pas M. Bush qui mérite une retraite, c’est le peuple américain…

Quand les gens de cette planète pourront faire du vélo en Irak, du VTT dans un lopin de Terre qui est déjà un parc. Quand les gens pourront aller à l’église sans se faire bombarder. Quand les enfants seront noirs sans phosphore. Quand on investira dans la paix et la santé…

Ce sera un nouveau départ…

A new start…

C’est tout de même étrange qu’un homme comme lui parte en paix…

P.S.: Pour la mise en forme. C’est du 1 partout. Qu’est-ce que ça change? Un projet est 1 projet…

LA POLLUTION PAR GOOGLE ET MADAME BOMBAR DIER

J’ai lu quelque part qu’en utilisant Gooooooooooooooooogle, on polluait. Parce que les serveurs dépensent de l’énergie et qu’il se dégage une chaleur, un gaz,  qui s’avère est néfaste pour l’environnement.

Plus je recherche, plus je pollue… Alors ne cherchez plus

Je fais tout ce que je peux pour ne pas que la planète meure. Comme vous… J’ai décidé de faire des efforts supplémentaires: plus de café chaud; je ne regarde plus Virginie; je pousse mon auto jusqu’à la rue.

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J’étais en train de jouer de la guitare. Bang! Il me vient comme ça une idée étrange. Je bouge, ça me réchauffe, je chante, je rejette des gaz dans l’atmosphère. Je jouais un de ces vieux Rock puissant, musclé, comme les écrits de Madame de Bombar Dier.

J’ai ralenti.

En jouant une balade, j’ai réduit les gaz à effet de serre de 8%. Ceux que j’émets, bien sûr.

Plus je joue lent, moins je pollue.

Alors quand j’ai descendu l’escalier pour aller au premier étage, j’ai fait attention, et j’y suis allé  mollo.

J’ai cessé mes recherches sur G00gle pour aller randonner en skis. J’ai abaissé ma cadence. Mon rythme cardiaque, d’habitude à 140, s’est abaissé à 120.

J’ai lu quelque part que ça rallongerait la vie de la planète de 34.5 secondes.

Et la douche?

Frottons pas trop vite. Pas de savons, sauf dans des parties ciblées… Car le savon s’immisce dans les égouts, et l’insidieux déversoir: le pestilenciel mènent au ciel, barbouillant, déchiquetant l’exosphère.

Le chat. Le maudit chat.

Et le chat qui se promène. Je l’ai attaché sur la chaise, au grand désespoir de ma femme qui ne comprend rien au problème de la pollution.

–    Je sauve le monde…

Elle s’est sauvée dans la chambre.

J’ai eu toute la misère du monde à la ramener… Et lentement… Elle hoquetait. Je l’ai embrassée pour qu’elle cesse de respirer trop vite – car ça use une couche d’ozone…

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– Qu’est ce qu’on mange pour souper?

– Des fèves au lard.

Mes yeux sont devenus grands comme

G00000000000000000000000000000000000000000000000gle. Ma bouche est devenue bée. Mais je n’ai pu m’empêcher de hurler.

–    N00000000000000000000n.

D’ailleurs, Madame Bombe Ardier avait écrit un texte sur le sujet, dont voici un extrait.

La fève qui tue

Les québécois devraient  avoir honte d’ingurgiter un mets tel que les fèves au lard. Cet ingurgivisme ( permettez-moi ce néologisme) lardé, qui s’immisce dans les intestins, telles des mini bombes à retardement, qui cloquent dans les entrailles, répandent dans l’atmosphère du C02, minant la couche d’ozone, aggravant le problème de la fonte des glaces arctiques, mettant en péril l’ours polaire, l’exosphère, et l’air.

Quand donc le québécois moyen, par rigorisme cessera-t-il de se brichetonner sans égard à la santé de notre belle planète? Cet agissement est une honte qui éclabousse et mouille notre réputation de civils bienséants au sein de la communauté internationale, particulièrement à Paris. J’ai entendu un jour, attablée à un convivial café, deux malotrus demander des beans à ce pauvre serveur agité d’un mal-être patent. Deux individus, personnages des films d’un  honteux cinéaste québécois qui profèrent ses vulgarités dans des écrits nombrilistes et tordus dont je tairai le nom, par respect, mais surtout pour ne pas participer à cette œuvre vulgaire.

Pis encore, certains sites , écrivant des articles tels Les bienfaisantes Pèteuses encensent cette mangeaille dans un jargon populacier:

«J’ai connu un Suisse qui me disait qu' »à chaque fois que tu pètes, c’est cinq francs d’économisés chez le médecin ».» Voyons! Nul littérature scientifique n’étaye cette thèse. Au contraire, cet aliment chamboule carrément le colon irritable.Je parle ici de l’instestion grêle qui – comme dirait Jules Verne- provoque un tour de Terre en 80 balonnements.

D’aussi benêtes affirmations conduisent à une incompréhension souveraine et quasi malhonnête.

Il est temps que le Québec passe par une gastronomie – peu importe sa provenance – moins caduque et plus respectueuse de l’air que nous respirons.

Cessons de dire à nos enfant que les fèves au lard est un mets. Disons simplement que c’est une expression intégrée, dépassée, faisant naguère partie des obligations des porteurs d’eau que nous fûmes.

Le palais ne désigne pas uniquement un bâtiment. Il désigne désormais une demeure bleue qui traverse le ciel et qui risque de sombrer dans un néant obscur, ce qui en fera le naufrage sidéral dont nous sommes tous responsables.

À toutes les mères du foyer, je les prie de ne pas consommer ni surtout d’encourager sa prolongation historique de  cet infect mets, pour la protection des générations futures : nos enfants, vos enfants, bref, l’avenir de l’humanité toute entière.

QUAND MADAME BOMBARDIER BULLDOZE

La logique est à l’origine la recherche de
règles générales et formelles permettant
de distinguer un raisonnement concluant de
celui qui ne l’est pas. (Wikipedia)

On argumente en groupant certaines phrases
de telle façon que leurs implications convergent
sur un jugement que l’on veut faire accepter;
ce jugement s’appelle conclusion de l’argument.
Réflexions sur les lois de l’intelligence

Marcel Patry

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Le but de cet article n’est pas de dénigrer une personne, ni de détruire quelqu’un : il vise simplement à rappeler à ceux qui ont des tribunes importantes dans nos quotidiens de bien se servir des outils extraordinaires dont ils sont dotés sans faire trop de dégâts. Si en dénonçant on crée, par une logique carencée, des dégâts plus profonds, il est nécessaire de corriger certaines lacunes sur ses  écrits.

Car cette analyse d’un Bye-Bye de Madame Bombardier est malheureusement, dans son ensemble une attaque,  envers les auteurs et Radio-Canada.

Justifiée?

Il faudrait encore nous le prouver.

Le train et les passagers

Supposons que l’acte d’écrire, sa capacité de frappe ou de véhicule soit un train avec pour passagers des idées. Il faut également que le train soit le véhicules d’idées bien enchaînées, voire logiques.

Quand la capacité d’écriture comme celle de Madame Bombardier est forte, il faut être donc  prudent dans ses propos.

On connaît le style de Madame Bombardier : quand on lit ses «opinions», on a l’impression qu’un train vous passe dessus.

Après avoir lu son dernier billet dans le Devoir de samedi ( 10 janvier 2009) intitulé  Fait d’hiver, nous sommes forcés d’admettre que sous ce style énergique et déterminé  voile  des illogismes flagrants. Tant et si bien qu’il a fallu  fouiller dans ces billets antérieurs pour comprendre le style de Madame Bombardier.

Le train passe plusieurs fois. Mais il n’y a pas beaucoup de passagers à l’intérieur.

Le Fait d’hiver

Je ne sais combien de fois j’ai lu ce texte pour essayer de retracer le parcours logique des propos de Madame Bombardier. On a vite compris qu’il s’agissait du désormais célèbre Bye-Bye 2008 qui va sans doute passer à l’histoire… pour le dernier.

En dix ou douze paragraphes Madame Bombardier bulldoze – ou varlope, si le terme ne vous plaît pas –  le couple Cloutier-Morissette, la société québécoise  et Radio-Canada.

On peut embrasser l’opinion de Madame Bombardier, comprendre qu’elle ait été outrée,  mais il est difficile de concevoir qu’avec une tribune aussi noble et élevée que le Devoir, la chroniqueuse ne porte pas plus d’attention au contenu de ses billets.

Les émotions – pour une intellectuelle – y prennent une place et une vitesse navrantes.

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours : se dit d’une histoire dont la source n’est pas de première main, et qui généralement n’est pas vérifiable.  ( Wikipedia).

Dans un premier paragraphe, pour justifier son propos- ou sa thèse, c’est selon-  Madame Bombardier établit d’entrée de jeu un lien productrice-victime.

«Il s’agit de la décision de la productrice de l’émission, fille d’un homme coupable d’agression sexuelle, de faire personnifier par une comédienne la victime de ce dernier; en clair Véronique Cloutier, fille de Guy Cloutier, mettant en scène Nathalie Simard, cette jeune femme au parcours tragique, dans le but de faire rire le Québec tout entier réuni à hauteur de quatre millions de personnes devant l’écran de toutes les infamies au passage de l’an 2009. Ce sketch est plus qu’un sketch, les psychanalystes nous le diraient, mais rien ne nous autorise à user de la psychologie des profondeurs pour tenter de comprendre les motivations inconscientes qui ont justifié la fille de Guy Cloutier et son époux, concepteur du show, de nous imposer ce spectacle obscène.»

À ce que je sache le lien sanguin reliant un criminel n’est pas une preuve en droit. Sinon, les trois-quarts des québécois seraient en prison parce qu’ils ont un cousin, une tante, un frère, un oncle qui a commis un acte criminel dans le passé.

Faire ici un lien entre la victime et la productrice est aberrant et erroné.

Tout le monde comprend que Madame Simard a eu un parcours tragique et que Madame Bombardier fait preuve d’empathie. Même si on remontait à Abraham où à l’entrée de la famille Cloutier en Amérique, cela ne constitue en rien une preuve d’intention malveillante de la part de la productrice.

Faut-il rappeler à Madame Bombardier que les Bye-Bye sont des revues de l’année? Or, il s’est produit un incident ou une bavure de la part de Madame Simard : elle a quitté le Québec et d’une manière que nous aborderons plus loin.

Le troisième homme… qui a vu l’ours

Après un passage au tordeur du «collectif» québécois, Madame Bombardier revient à son propos en battant le pavé, comme si elle avait oublié de placer son paragraphe à la suite du premier :

«Pour que la fille célébrissime d’un ex-producteur tristement célèbre s’autorise à parodier la victime qui a dû, elle, s’expatrier, ce qui en dit long sur le climat qui règne chez nous..» ( Denise Bombardier).

Sans doute pour nous amener à sa vision de la descente aux enfers de notre société. Nous nous retrouvons encore une fois non plus en face d’un troisième homme qui a vu l’ours, mais d’une dame qui n’a pas vue l’année 2008, ou qui ignore ce qui s’est véritablement passé.

Voici, en gros, les manchettes de 2008 concernant la chanteuse.

Pour la première fois depuis le début de la saga judiciaire, l’ex-conjointe de Lévis Guay se présente devant une caméra pour commenter sa poursuite de 2,3 millions de dollars contre Guay et Nathalie Simard. LCN

«Si Nathalie Simard souhaitait filer à l’étranger sans faire de vagues, c’est raté. Présentement poursuivie par son ex-conjoint, elle vient de quitter le Québec avec un homme qui a laissé derrière lui sa femme et ses enfants de 4 et 8 ans pour elle.

Le nouvel homme dans la vie de Nathalie Simard est Lévis Guay, un homme d’affaires de la région du Saguenay.» ( Source : Canoë)

Inutile d’en rajouter, Madame Simard est tombée en amour avec M. Guay et a décidé de faire ses bagages. C’était là le sketch.

Dans le blog de Michel Vastel, qui s’est penché sur le cas Simard ( biographe également), il souligne au passage l’exil de la chanteuse, inquiet et fait, à sa manière, une analyse du comportement de la chanteuse. Michel Vastel

Nous comprenons tous les affres subconscients possibles de la chanteuse, ses déboires, ses choix. Toutefois, il n’y aucune raison de dire que le couple Cloutier-Morissette, se moquant de la chanteuse dans un sketch était lié au passé de l’artiste, Madame Simard.

Il était lié à un événement léger des l’année 2008 : un potin.

Les raisons profondes

Nous ne pouvons voir ou supputer des raisons motivations inconscientes avec pour seul lien, un lien de parenté. Le sketch n’est pas plus qu’un sketch. Hélas ! C’est une revue d’actualité, pas un drame shakspearien. Il aurait fallu être stupide pour inclure une méchanceté telle que Madame Bombardier suppose.  Et c’est là un affront pour les auteurs et pour les dirigeants de Radio-Canada.

«Ce sketch est plus qu’un sketch, les psychanalystes nous le diraient, mais rien ne nous autorise à user de la psychologie des profondeurs pour tenter de comprendre les motivations inconscientes qui ont justifié la fille de Guy Cloutier et son époux, concepteur du show, de nous imposer ce spectacle obscène.»

La psychologie des profondeurs?

Je ne sais pas si Madame Bombardier à bien lu son paragraphe. Au lieu de prouver, elle erre encore en nous plongeant la tête dans un style touffu, en faisant des associations saugrenues et hors propos.

Il n’y a pas de raisons profondes, il n’y a que des raisons d’humour et de moquerie. On peut aimer ou ne pas aimer, mais c’est l’humour actuel, auquel nous sommes habitués depuis RBO.

Comment regarder un Bye-Bye?

L’auteure du texte y va en rafales en soulignant dans un paragraphe intitulé La preuve par l’absurde la dérogation du rôle de la télévision d’État.

«La Société Radio-Canada est un service public national dont le mandat implique la diffusion de la culture».

Il implique en effet la diffusion de la culture, mais pas uniquement celui de la culture. Il divertit également. Comme toutes les stations, il a un rôle de divertissement et d’information.

En démolissant à coups de butoir nos compatriotes canadiens-anglais, «des consanguins qui couchent pas avec les femmes ni avant ni après le mariage et qui élisent une lobotomie sur deux pattes», en véhiculant sur les «nègres» les pires stéréotypes, on suppose que les intentions de ces «talentueux» créateurs étaient pédagogiques.

Certes pas pédagogiques. Comiques. Du moins dans l’intention. Nous ne nions pas qu’il s’agit là d’une blague de mauvais goût, mais c’est une blague parmi tant d’autres. Et qui donc a noté les bons gags de cet événement ?

«Hélas, j’écris hélas, car que l’on ait été ou non devant la télévision, l’incident nous éclabousse tous en tant que Québécois. Nous sommes devant un fait social qui doit être analysé en tant que tel.»

Il fallait être devant le téléviseur pour se faire une idée de l’ensemble. Quant à dire qu’il nous éclabousse tous, il faudrait aussi considérer qu’à travers le réseau public, les anglophones n’ont pas toujours été «civils». Je concède que les auteurs québécois ne le sont pas non plus. Mais de là à en faire un cas de société, il y a loin.

Ce sketch dont parle Madame Bombardier était dans le but de ridiculiser un animateur. Il n’y avait pas d’autre manière de le faire sans caricature. Les propos étaient insignifiants, grossiers, mais c’était des propos justement pour ridiculiser le «personnage».

Faut-il montrer à quelqu’un comment regarder un Bye-Bye ?

De l’humour tape-cuisse à l’humour engagé

L’humour, d’une certaine façon, est un élément de la culture. Mais il n’est pas le seul, et pas toujours le meilleur. Il reste que si un certain Yvon Deschamps a marqué le Québec et nous a bavé intelligemment. L’humour actuel est une copie et une recherche de d’autres formules. Ce passage de l’humour raffiné mais acide, pas plus civilisé que les contemporains est un ajout : l’humour engagé.

Madame Bombardier s’ennuie-t-elle de Ti-Gus et Ti-Mousse, de Ti-Zoune, du Chaplin québécois ? Étaient-ils, ces «comiques», de bon goût ? C’était, hélas ! la vulgarité à l’époque… d’un catholicisme étouffant. Est-ce que la formule peut plaire à Madame Bombardier ?

«Depuis des décennies et particulièrement durant les dernières années, on assiste chez nous à une volonté provocatrice de repousser les limites des contraintes sociales sans lesquelles une société se désagrège insidieusement. Cela se vérifie par exemple dans le relâchement langagier, vestimentaire et comportemental. Le «sacrage», la «baveuserie» (on me permettra ce néologisme), l’incivilité ont non seulement leurs adeptes, mais sont devenus aux yeux des nouveaux clercs sociaux des signes d’affranchissement personnel et collectif. La frontière des interdits et des tabous est franchie au nom du rire et d’une curieuse conception de la liberté individuelle et de la créativité. Une conception reposant sur l’inculture et l’ignorance sert de critère pour départager les «réacs», donc les anciens, des «progressistes», donc des modernes.»

Nous voudrions souligner à Madame Bombardier que l’humour ne crée pas de décadence, il le dénonce. La plupart des stand-up comiques québécois sont très engagés. Et ils sont là pour dénoncer – justement – la décadence et la désagrégation de notre société. Les «baveuseries» sont justement là pour nous réveiller et nous corriger. Le sacrage et la baveuserie n’ont pas été «inventés» par les auteurs…

S’en tenir à l’essentiel

Radio-Canada est probablement la meilleure chaîne en ce qui concerne la diversité de sa programmation : culture, divertissement, information.

Radio-Canada a également fait preuve de beaucoup d’audace dans l’acceptation de projets  qui sont devenues des réussites. Comme quoi le risque valait le coup. Comme le disait Helen Keller : «Où la vie est une aventure, ou elle n’est rien». Il y a des risques à oser. Mais il faut admettre que Radio-Canada, dans son bilan, compile les réussites et dénonce bien des tabous de notre société avec un résultat  très positif. Et il en est de même pour les scripteurs québécois : ce sont eux, qui par leur audace nous ont permis d’évoluer.

Empathie et honnêteté

On ne peut être empathique d’un côté et méchant d’un autre. Si Madame Bombardier veut se livrer à la véritable empathie, elle doit livrer  ses excuses aux auteurs, aux producteurs et à la société. Rien de  moins. Sinon, Madame Bombardier se livre à se qu’elle dénonce elle-même dans cette phrase :

«Or un service public n’est pas un magazine porno ou de la littérature haineuse».

Il n’y a pas de pornographie dans ses propos,   sauf que pour littérature haineuse, on n’a jamais vu autant de haine dans un billet, haine contre l’absence du  correct, étroitesse d’esprit, etc. Le Devoir est aussi un service public. Il n’est peut-être pas subventionné de la même manière, mais il l’est.

LA POLLUTION PAR GOOGLE ET MADAME BOMBAR DIER

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Denise Bombardier

Elle rédige différents articles pour la presse écrite, certains créant des polémiques. Ils paraissent dans de nombreuses publications comme Le Monde, Le Devoir, L’Express, Châtelaine, Le Point et l’Actualité. Elle signe maintenant une chronique hebdomadaire au quotidien Le Devoir.

Fait d’hiver

GAZA: L’ENFER, MÊME AVANT CETTE GUERRE

Reportage de 2006 montrant la vie à Gaza en 2006.Violence non seulement contre les civils palestiniens, femmes et enfants mais les volontaires internationaux, même  les «reporters ».

Durée 50 minutes, mais il vaut la peine de prendre ce temps. Car dès les premières minutes nous pouvons ressentir le climat existant.

The Killing Zone

BYE! BYE! 2008: LA LIGNE DES MOIRS OUTRÉE

Tutti Fruti

Relatif à une glace ou une préparation intégrant différents fruits.

Racisme :

« Le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelle ou imaginaires, au profit de l’accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier une agression ou un privilège. »  (Albert Memmi, Le racisme, Gallimard, 1982)

Moirer

«Donner à une étoffe, à un métal la façon de la moire, c’est-à-dire la façon où la nuance, le dessin changent d’aspect avec la position du spectateur. Moirer un ruban. Il n’y a de différence entre tabiser et moirer que celle qui est occasionnée par la grosseur du grain de l’étoffe, c’est-à-dire que dans le tabis, le grain de l’étoffe n’étant pas considérable, les ondes se remarquent moins que dans le moiré, où le grain de l’étoffe est plus considérable, Dict. des arts et mét. Calandreur.» ( Dictionnaire Reverso)

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Nous recevrons aujourd’hui le président de la Ligne des Moirs, organisme fondé il y a quelques heures au Québec. L’entrevue a été réalisée par notre confrère Danny Lévesque. M. Frutti a consenti d’accorder une entrevue, suite à son intention de porter plainte pour racismes, suite au Bye-Bye 2008.

Le président de la ligue, M. Tutti Frutti,  est résident au Québec depuis déjà  27 mois.

–    Pour quelles raisons avez-vous émigré au Canada?

–    Parce que dans mon pays, il y a la guerre, la famine… On viole nos femmes, on tue nos enfants. Et nous n’avons pas de liberté de parole…

–    Ici oui? Non?

–    Oui, mais il ne faut pas dire n’importe quoi contre nous.

–    En quoi votre ligne est-elle différente de la Ligne des Noirs?

–    Justement, nous sommes Moirs, c’est avant les Noirs, et ça englobe bien des couleurs?

–    C’est un déni? C’est drôle. Non?

–    Oui, d’une certaine manière. Nous avons donc engagé les Déni Drolet pour nous représenter dans des pubs.

–    Vous ne craignez pas qu’ils vous ridiculisent? Ils se ridiculisent eux-mêmes…

–    Voyez-vous, ce n’est pas du blanc, ni du noir, c’est du…entre deux.

–    Du brun?

–    Genre…

–    Vous avez fait part de votre intention de porter plainte à Radio- Kanada pour …

–    Pour racisme, Monsieur…

–    En quoi avez vous été victime de racisme?

–    C’est plein de racistes partout, Monsieur. Dans un sketch, on a barbouillé en noir le visage d’un blanc interviewant M. Obama. Et on lui a posé des questions dont je ne parlerai pas ici…

–    Mais quelqu’un vous a-t-il expliqué le sketch?

–    Nous avons demandé à Madame Bombardier de le faire…

–    Êtes- vous certain de votre choix?

–    Nous lui avons donné carte blanche… Pardon, nous lui faisons entièrement confiance : elle écrit comme elle parle…

–    En un sens, oui. Elle parle comme elle écrit.

–    Que voulez-vous dire M. Lévesque?

–    Rien, un fait divers…

–    Et qu’est ce qu’elle aurait dit à propos des «nègres»…

–    Des moirs?

–    Oui, les toutes couleurs… On véhicule sur les «nègres» les pires stéréotypes… C’est ce qu’elle nous a dit.

–    Mais le sketch? Celui dans lequel M. Lévesque, barbouillé, pose des questions à Monsieur Obama. Et j’ajouterais que M. Morisette a expliqué en partant … «Après Paul McCartney, D Lévesques… » ce qui ridiculisait D Lévesque… De plus il insiste…« Après Paul McCartney, Denis Lévesque nous a donc fait honte avec Barak Obama..» C’est donc M. Lévesque qui dit n’importe quoi, dans le sketch. C’est un sketch… Ce n’est  pas pour être publié chez Gallimard. On voulait rire.

–    Il nous a insultés…

–    Il n’a même pas fait de racisme dans le sens du vrai mot. Ce n’est pas plus raciste que les deux comiques du Québec qui rient des coutumes des québécois?

–    Plan de nègre! Grosse bizoune! Vol de sacoche. Vol de télévision. Comme si tous les moirs étaient… pareils. Enfin! Je veux dire, des voleurs, des … On a été raciste, c’est tout.

–    On a fait exprès pour se moquer des stéréotypes véhiculés comme le spécifiait Madame … J’ai un blanc, là…

–    Madame Bombardier.

–    Oui. Elle… Celle qui pense comme elle écrit : noir sur blanc… Pardon! Je …

–    Oui, pourquoi toutes les pages des livres sont blanches?

–    Je ne sais pas… Je suppose qu’il n’y avait pas d’encre blanche à l’époque…

–    Et les poules? Pourquoi les œufs sont-ils presque tous blancs dans les épiceries. C’est du racisme…

–    Tant qu’à y être M. Frutti, il y a une question qui me chicote… L’œuf ou la poule?

–    L’œuf, voyons! La poule ne peut pas se défaire et former un œuf, tandis que l’œuf a tous les ingrédients génétiques pour produire une poule…

–    Vous êtes le Bruni Surin des neurones, M. Frutti… Félicitations!

–    Bon! Vous dites donc que tous les noirs courent vite, M. Lévesque, et qu’ils ne sont bons que pour boxer ou courir. Ou bien qu’ils sont dans vos jardins à pisser sur vos pelouses?

–    La poule ou l’œuf? M. Frutti… Ou un coq, prenez ce que vous voulez..

–    Oups! De quelle couleur, M. Lévesque.

–    Moir, tant qu’à y être. Moir comme le poêle… Bon! Laissons les poêles et allons vers le piano. Il y a deux couleurs de notes : des blanches, des noires. Piano à queue, ou piano droit…

–    Pardon!

–    Droits de l’Homme…

–    Ah! O.K.

–    Ça veut dire, comme disait M. MACCA, qu’on peut bien s’entendre..

Ebony and Ivory

Live  together

In perfect  harmony

Side by side on my piano, keyboard

Oh! Lord . Why dont’ we ?

–    …………

–    Vous allez parler encore de nos éléphants?

–    Non! Je parle des pianos, des claviers.

–    Bon!

–    Vous allez donc vous plaindre au CRTC pour racisme?

–    Oui.

–    Personne ne vous a présenté comme race inférieure?

–    Non, mais on nous a insultés.

–    Donc, ce n’est pas du racisme? Les québécois s’insultent entre eux…

–    Je pense, M. Lévesque que je vais consulter mon avocat avant de répondre. Ainsi que Madame Bombardier.

–    Combien y-a-t-il de membres dans votre ligne? ….

–    Pardon?

–    Des membres… Des personnes… Des  êtres humains, des moirs…

–    Et des blancs… Parce que vous êtes humains, vous aussi…

–     Auriez-vous un mouchoir de papier pour que je puisse m’éponger le front, je commence à trouver l’entrevue difficile… En passant, pendant que je m’essuie, ma voiture est noire.

–    Ah! Une bonne voiture!

–    Hier, elle m’a lâchée. Panne. J’ai dû la faire tirer… Pardon, remorquer par une remorqueuse.

–    Tenez! Voici le mouchoir…

–    Vous… Vous n’en n’auriez pas un noir?

–    C’est ce que je vous disais : tous les mouchoirs de papier sont blancs à l’épicerie. La neige est blanche,

–    Mais dans votre pays?

–    Il n’y en a pas… Pas de mouchoirs, pas de neige…

–    Le pays parfait,quoi?

–    Sauf la liberté d’expression…

–    Bon! Mais en Abitibi, il y a au moins des mouches moires… Si ça peut vous rassurer…

–    Je n’ai pas vu l’Abitibi…

–    Je peux comprendre : c’est un peuple invisible… Il y a aussi l’épinette noire…

–    Ah! Avez-vous goûté à notre merveilleux sirop d’érable? Il y en a même du noir… Il est moins bon, mais… Je veux dire, il est plus tardif… Bon! Je vais me reprendre : il arrive à certaines périodes qu’il soit noir…

–    Ça vient de l’épinette noire?

–    Non! Non! Je disais ça comme ça. Ça vient de l’érable…

–    Et quelle couleur c’est l’érable?

–    Je ne sais pas… Je ne sais plus… C’est gris… Je pense… Un mélange de noir et de blanc… Et si nous allions manger une bouchée avant de poursuivre.

–    Où?

–    À la cafétéria.

–    Il y a un bon dessert ce midi?

–    ……………Sanglots! Heuyyyyyyueueueuauuuuuuuuuuuuuuu!

–    Prenez ce mouchoir M. Lévesque.

–    Je ne peux pas. Il est blanc…

–    Qu’est ce que vous aimez de votre pays, Monsieur Lévesque.

–    La liberté d’expression, comme vous…

–    Et le dessert?

–    Du BLANC-MANGER…

–    Je pense que je vais en parler à Madame Bombardier…. Il est fabriqué avec du sucre blanc ou du sucre brun?

Nous nous excusons d’interrompre l’entrevue, Monsieur Lévesque vient de nous quitter en civière, victime d’un choc nerveux.