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Poutine: l’homme qui aura détruit la Russie ( reprise)

Putin

P.S.: Écrit le 28 avril 2022. En train de se réaliser…

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Poutine s’est fait piéger par sa colère, son ambition,  sa vieillesse et ses analyses ratées à la manière du Caporal Adolf. Et comme l’autre, celui qui a donné énormément de fil à retordre à l’U.R.S.S., Poutine va ensevelir la grandeur du peuple russe.

Dommage! En Russie, un pays qui devrait être riche,  perd son argent qui disparaît dans un groupe de voleurs. Le peuple est violé, violenté, volé, enguirlandé.

Ou bien monsieur Poutine avait un plan « élargi » … Ce qui est plus que probable. Intentions déclarées et intentions cachées…

Vive le roi! 

Il fait la gloire des nouveaux arrivants: les  complotistes 2. Comme tous ces gens qui ratent leurs analyses, ils mettent sur la balance, du côté qui les arrange, les arguments qu’ils étalent. Ça sent le « choisi »…  Mais c’est loin d’être aussi simple que de vouloir annihiler le groupe nazi Azov. Faut-il le faire en anéantissant tout un peuple et de plonger le pays dans un catastrophe humaine?

Sans la justifier, loin de là, il faut selon le professeur «nuancer» la présence, marginale, d’un groupe comme Azov en Ukraine. Des groupes d’extrême droite, il y en a «partout en Europe», incluant en Ukraine, rappelle-t-il. «Il y en a autant en Russie qu’en Ukraine. La différence, c’est qu’en Russie, ces groupes-là sont tolérés sinon appuyés par l’État officieusement.»

Pour le professeur, lorsque Vladimir Poutine affirme qu’il veut «démilitariser et dénazifier» l’Ukraine, «il ne parle pas de démanteler le bataillon Azov, il nous parle de détruire l’armée, de renverser le gouvernement au complet et de scinder l’Ukraine».

«On est bien au-delà du problème d’Azov, qui est par ailleurs bien réel. […] Pour Poutine, tout nationalistes sont des nazis», résume Dominique Arel, qui rappelle au passage que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est… juif. Dominique Arel, titulaire de la la chaire d’études ukrainiennes, Université d’Ottawa.

Le mariage et la couchette

L’opération Z a démontré que les dirigeants, qu’ils appartiennent à n’importe lequel pays, ont profité du système « capitaliste mondial ». Dans ce système, il y a des ennemis politiques ou idéologiques, mais pas dans l’ouverture monétaire dont chacun peut se plaire à profiter aux profits mêmes des peuples.

L’homme de 40$ milliards ( minimum), participait – ainsi que ses proches – au grand cirque des vols et des placements planétaires.

On se marie avec son pays, mais on couche avec l’ennemi d’en face en des circonstances singulières qui font l’affaire de tous.

En affaires il n’y a que des ennemis, mais les îles et les sociétés de placements du système des banques internationales laisse les oligarques, les princes, les rois, les reines, les dirigeants de tout acabit jouer dans le grand casino planétaire.

Et on le sait…

Il est donc tout aussi hypocrite de la part de ce vieil ennemi qu’est l’Ouest de se gaver des fonds volés aux peuples pour eux-mêmes s’en servir.

L’argent n’a pas d’odeur? Il pue quand on veut qu’il pue… En cela, tout cette comédie politique aura au moins servi à nous empuantir et à dégager les étrons qui se prennent pour du miel.

Choisir son clan

Le jeu du citoyen qui se croit fin finaud et de choisir son clan trouver le « coupable ». Après avoir lu des dizaines et des dizaines d’articles sur la guerre en Ukraine, le mot « complotiste » tel qu’il était perçu il y a une décennie a pris un autre sens. La sur-information et les échanges à la recherche du bon et du méchant tourne au complotisme +. Pis encore : il a gagné du galon. Il s’est au point répandu que les écrivailleurs analyste ont créé eux-mêmes le C02. Ils l’ont gonflé et gonflé jusqu’à la dérision de sorte que les dirigeants eux-mêmes sont sans doute contents de les voir tenter de jouer au jeu de la guerre sur les sites de journaux citoyens.

Ils sont tous soulagés de voir le citoyen jouer dans ce jeu virtuel pendant qu’eux s’occupent du réel.

La mondialisation en délire

La couverture est levée sous le coup de l’opération Z. Les « ennuis » économiques déchirent cette toile d’araignée complexe mais bien faible. Nous nous pensions à l’abri dans notre petit monde clos de « pays » pour constater qu’en affaires il n’y a pas de pays. C’est ce que je dis depuis longtemps.

Elle fait ressortir également le peu de moyens que nos avons attachés à une planète souffrante du capitalisme à outrance qui martyrise la Terre. Elle a beau donner tout ce qu’elle peut, il n’y en a pas assez. Et quand il y en a, les prix enflent. Et quand les prix enflent, tout est bouleversé.

Alors, ils sortiront leur formule en deux mots : reprise économique.

La guerre : barbarie et inutilité

Quand des civilisations dépensent plus pour tuer et détruire, il faut s’interroger sur le sens de cette vie puisque nous sommes les seuls à la mener sur un  vaisseau rond qui roule dans l’espace.

Il n’y a pas d’autres responsables que nous.

Mais nous sommes menés par des irresponsables autant sur le plan du grand raté de la « gestion » des écosystèmes que celui de la conduite humaine. Si tel est le mot…

Nous sommes devenus des animaux à claviers.

Et chacun en a un…

Sauf que certains ont des boutons rouges…

FINALE

Ce qui se passera est qu’il y aura deux perdants : les deux perdront leur pays.

Ce que Sieur Poutine voulait gagner il l’a gagné d’une certaine manière : une portion de territoire. Maintenant, il menace une planète avec ses armes secrètes.

Tiens! On dirait Adolf et son rêve de frapper New-York avec son V2.

La guerre durera longtemps. Très longtemps. Alimentée par les pays supporteurs et les masses de citoyens écœurés par le l’histoire répétée des massacre du vivant.

Il adviendra qu’en supposant une victoire des russes, elle ne sera jamais une victoire.

L’Ukraine ne deviendra qu’une « porte » de résistance et une occasion extraordinaire pour les dirigeants américains qui n’attendaient, au fond, en bons joueurs d’échecs une mince fente pour s’introduire et l’ouvrir afin de pénétrer enfin dans le ventre de l’ours.

Pauvre Poutine!

Il a oublié que la résistance qui s’ensuivra sera une nouvelle guerre qu’il ne pourra gagner de son vivant.

C’est dommage pour les citoyens de tous les pays. Ce sera une nouvelle souffrance et qui sait si la plus profonde ne touchera pas la Russie.

Encore.

Gaëtan Pelletier

La Vidure

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Le drapeau des doryphores

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Image : Le jardinier paresseux

 

Le matin du 4 juillet 2021, j’étais assis  à l’intérieur de mon garage, scrutant mon potager,  et je m’apprêtais à aller écrabouiller quelques bibittes à patates, ou doryphores pour les snobs. Bien ganté, pratiquement chirurgicalement ganté, je démarrai sur mes bottes de caoutchouc. Arrivé sur place, je constatai qu’il y avait deux célibataires et un couple en train de… J’ai parfois des crises de « verture », comme ceux qui en ont en ce qui concerne l’huile de palme, ce biocarburant de « l’avenir ». Déforester pour nourrir cette saloperie de voiture? En plus de priver de terres nourricières des humains? Non. Merci.  Mais en ce qui concerne le doryphore, ma vertu était en dormance. Je n’acceptais pas que l’on pille les plants de mes  patatiers ( pourquoi pas, patatiers) pour se nourrir.

Je m’apprêtais à saisir les deux amoureux quand, tout à coup, j’eus une crise de morale : couper le plaisir à ces pauvres bêtes en train d’avoir du plaisir sur cette planète sans payer d’impôt… Alors, je me suis dit que j’allais attendre que la femelle dise Oui! Oui! Oui! Et qu’elle se roule sur le dos en poussant un grand soupir. Et peut-être la laisserais-je fumer une cigarette… On n’est jamais trop bon en ce bas monde… Sauf que certains semblent en être exemptés. Mais ça, c’est une autre histoire…

Au bout de 12 minutes, j’étais exaspéré. Au point où j’ai failli aller voir sur Wiki vérifier la durée de leurs ébats.

Je m’abstins. J’ai perdu patience et j’ai saisi les deux amants avec mes gants. Je croyais qu’elles   allaient chuter tout de go  – mais non –, elles se sont agrippées avec une poigne ferme. L’une d’entre elles allait pénétrer dans mon gant, et là, j’ai juré. Puis je l’ai tapée de trois ou quatre coups. Son conjoint de fait, ou partenaire d’un jour, tenta la même manœuvre.

Ils périrent sur les roches du gravier qui sert d’allée à ma demeure.

Pour plagier une chanson de Richard Desjardins, je me suis dit : « Quand je tue, c’est pour toujours ».

Mais je reste ouvert à l’étude de tout ce qui bouge en cet univers. Me questionnant sur la vie étrange qui anime ces bêtes, d’apparence si insignifiante qui, tout de même, savent comment trouver des feuilles de papatiers  pour se nourrir – une tâche que ne peut même pas effectuer un micro-ordinateur – mérite un certain respect.

Je suis par la suite allé vers mon garage et je me suis caché dans l’entrée pour fumer une cigarette en cachette. C’est très mal vu de nos jours. Il y a de ces prêtres vêtus de complets et de cravates qui prêchent leur verte parole en limousine et en jet privé. Au Canada, c’est très cool et légal de fumer de la marijuana. Mais pour le tabac, quand on en demande à la tabagie, on vous regarde comme si vous vouliez vous procurer un AK47. Et ils vous chantent le grand chant de la liberté… Et la richesse des sables bitumineux. Ça fait 20 ans que j’attends que le Canada, riche de forêts immenses, construise une fusée propulsée à l’écorce de bouleau. Ou bien dans la visée de la vertitude, un biogaz par procédé de digestion anaérobie. Ce qui veut simplement dire que l’on veut utilise les restes de mon sandwich aux tomates pour faire rouler un camion et qui nécessite un gros camion à essence pour aller chercher de la laitue, des tomates, des patates, et des spaghettis en décomposition dans un dit bac vert.  Ensuite, ils entreposent le digestat.

C’est tellement joli qu’on en est rendus dans la poésie culinaire en détritus de pourriture. Tout ça pour du gaz! Mais bon! Personne ne veut s’opposer à la science quand on n’y comprend rien.

Revenons à nos moutons doryphores

J’étais donc assis dans mon garage, la porte ouverte, le regard pointé vers le ciel bleu, fier de ma chasse, tout en savourant en imagination le jour de l’indépendance de nos voisins étasuniens bizarroïdes, quand, dans un moment de folie , sans doute dû à mon penchant pour la nicotine, je vis devant moi, dans le ciel pur , l’image du doryphore. Je n’avais pourtant pas avalé de substances subreptices, mais je constatai de visu que le doryphore était strié comme le drapeau des États-Unis.

Et là – maudite nicotine –, je les soupçonnai de vouloir me voler mes patates. Pour en être certain, j’ai allumé une autre cigarette ( sans penser au coût, car c’est la seule drogue de ces  pauvres que l’on appauvrit davantage de par une surcharge de taxes, sans savoir qu’ils se passent de brocoli,  de choux de Bruxelles, de carottes nantaises, de pizza à la sauce aux tomates de Chine, etc., afin de satisfaire ce que les cravatés appellent leur « vice ») de manière automatique.

Je suis par la suite allé m’accroupir derrière la porte de mon garage, à l’ombre, honteux,  non pas de mon assassinat, mais de mon vice à l’abri des voisins purs qui entretenaient une pelouse verte à coup de substances douteuses, exécutants des milliers de pissenlits et autres fleurs aux couleurs des peintures de Van Gogh. Et là je vis apparaître un insecte noir, bien carapacé.

Je me suis dit, pendant une fraction de seconde : il faut l’écraser.

Il avait l’air tellement humble, d’une petitesse toute polie, presque honteux de vivre, que je me mis à réfléchir.

Je ne connaissais rien de cet insecte. Comme les « blancs » qui ne connaissaient rien des Amérindiens en arrivant ici. Alors, je le regardai claudiquer, s’avançant avec peine sur le plancher du garage. Il clopinait piteusement. Alors, j’ai songé au guépard qui peut atteindre 120 km. Bizarrement, si un guépard, dans sa course, frôle la bibitte  noire, il n’en connaît rien, ni même ne peut l’apercevoir. Il en est de même pour la bibitte noire qui ne connaît rien du guépard.

Deux étrangers qui nieront leurs existences.

Je laissai donc la bibitte noire faire son petit bonhomme de chemin.

Je regardais le drapeau des États-Unis, constatant  sa ressemblance avec le doryphore, avec ses lignes sur la carapace  et ses petits points en étoiles sur la face … Et le doryphore qui  attend tout l’hiver, caché sous terre, que l’on sème des patatiers, pour  sourdre au printemps et dévorer nos cultures.

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Image : freepik.com

Gaëtan Pelletier 

 

Amérique : Le pays de l’illusion – par Chris Hedges

Source : Truthdig, Chris Hedges

Si ce qui se passe dans les salles d’audience du pays pour les pauvres gens de couleur est la justice, ce qui se passe au Sénat est un procès. Si les débâcles sanglantes et les bourbiers sans fin du Moyen-Orient sont des victoires dans la guerre contre le terrorisme, notre armée est la plus grande du monde. Si la surveillance gouvernementale généralisée du public, la révocation des droits de la défense et le fait d’avoir la plus grande population carcérale du monde sont des libertés, nous sommes le pays des hommes libres. Si le président, un escroc inepte, vulgaire et corrompu, est le leader du monde libre, nous sommes un phare pour la démocratie et nos ennemis nous haïssent pour nos valeurs. Si Jésus est venu pour nous rendre riches, pour bénir l’anéantissement des musulmans par notre machine de guerre et pour condamner l’homosexualité et l’avortement, nous sommes une nation chrétienne. Si la formalisation d’un État d’apartheid en Israël est un plan de paix, nous sommes un médiateur international honnête. Si une méritocratie signifie que trois hommes américains ont plus de richesses que les 50 % de la population américaine les plus pauvres, nous sommes la terre des opportunités. Si la torture des victimes d’enlèvement dans les sites clandestins et l’arrachage d’enfants des bras de leurs parents et leur détention dans des entrepôts fétides et surpeuplés, ainsi que le meurtre de citoyens non armés par la police militarisée dans les rues de nos communautés urbaines, sont l’État de droit, nous sommes un exemple de droits de l’homme.

La rhétorique que nous utilisons pour nous décrire est tellement déconnectée de la réalité qu’elle a induit une schizophrénie collective. L’Amérique, telle qu’elle est discutée dans les forums publics par les politiciens, les universitaires et les médias, est un fantasme, un monde « disneyfié » de faux-semblants. Plus la situation s’aggrave, plus on se replie sur des illusions. Plus longtemps nous ne nommerons pas et n’affronterons pas notre déchéance physique et morale, plus les démagogues qui colportent les illusions et les fantasmes se renforceront. Ceux qui reconnaissent la vérité – à commencer par le fait que nous ne sommes plus une démocratie – errent comme des fantômes en marge de la société, vilipendés comme des ennemis de l’espoir. La folie de l’espoir fonctionne comme un anesthésique. L’espoir que Donald Trump modérerait son extrémisme une fois qu’il serait en fonction, l’espoir que les « adultes dans la salle » géreraient la Maison-Blanche, l’espoir que le rapport Mueller verrait Trump disgracié, destitué et démis de ses fonctions, l’espoir que la destitution de Trump en décembre 2019 conduirait à sa condamnation et à son éviction du Sénat, l’espoir qu’il soit battu aux élections de novembre sont des sorties psychologiques de la crise – l’effondrement des institutions démocratiques, y compris la presse, et la corruption des lois, des politiques électorales et des normes par les entreprises qui ont autrefois rendu possible notre démocratie imparfaite.

Le fait d’embrasser l’auto-illusion collective marque les spasmes de mort de toutes les civilisations. Nous sommes en phase terminale. Nous ne savons plus qui nous sommes, ce que nous sommes devenus ni comment les gens de l’extérieur nous voient. Il est plus facile, à court terme, de se replier sur soi-même, de célébrer des vertus et des forces inexistantes et de se complaire dans la sentimentalité et un faux optimisme. Mais en fin de compte, ce repli, colporté par l’industrie de l’espoir, garantit non seulement le despotisme mais, compte tenu de l’urgence climatique, l’extinction.

« Le résultat d’une substitution constante et totale du mensonge à la vérité factuelle n’est pas que le mensonge sera désormais accepté comme la vérité et la vérité diffamée comme un mensonge, mais que le sens par lequel nous prenons nos repères dans le monde réel – et le camp de la vérité contre le mensonge fait partie des moyens mentaux pour atteindre cette fin – est détruit », a écrit Hannah Arendt à propos du totalitarisme.

Cette destruction, qui transcende les divisions politiques, nous amène à placer notre foi dans des systèmes, y compris le processus électoral, qui sont burlesques. Elle détourne notre énergie vers des débats inutiles et une activité politique stérile. Elle nous invite à placer notre foi en la survie de l’espèce humaine dans des élites dirigeantes qui ne feront rien pour arrêter l’écocide. Elle nous fait accepter des explications faciles pour notre situation, qu’il s’agisse de blâmer les Russes pour l’élection de Trump ou de blâmer les travailleurs sans papiers pour notre déclin économique. Nous vivons dans une culture inondée de mensonges, les plus dangereux étant ceux que nous nous disons à nous-mêmes.

Les mensonges sont émotionnellement réconfortants en période de désarroi, même lorsque nous savons qu’il s’agit de mensonges. Plus les choses empirent, plus nous avons envie d’entendre ces mensonges. Mais les cultures qui ne peuvent plus faire face à la réalité, qui ne peuvent pas distinguer le mensonge de la vérité, se replient sur ce que Sigmund Freud appelait les « screen memories » [souvenirs-écrans, NdT], la fusion des faits et de la fiction. Cette fusion détruit les mécanismes qui permettent de percer les auto-illusions. Les intellectuels, les artistes et les dissidents qui tentent de faire face à la réalité et mettent en garde contre l’auto-illusion sont ridiculisés, réduits au silence et diabolisés. Il existe, comme l’a noté Freud dans « Le Malaise dans la civilisation », des sociétés en détresse dont les difficultés « ne céderont devant aucune tentative de réforme ». Mais c’est une vérité trop dure à accepter pour la plupart des gens, surtout les Américains.

L’Amérique, fondée sur les horreurs de l’esclavage, du génocide et de l’exploitation violente de la classe ouvrière, est un pays défini par l’amnésie historique. Le récit historique populaire est une célébration des vertus fictives de la suprématie blanche. L’optimisme sans faille et le plaisir de se délecter des prétendues vertus nationales obscurcissent la vérité. La nuance, la complexité et l’ambiguïté morale, ainsi que l’acceptation de la responsabilité des holocaustes et des génocides perpétrés par les esclavagistes, les colons blancs et les capitalistes, n’ont jamais été à la hauteur du triomphalisme américain. « Les illusions de la force et de la santé éternelles, et de la bonté essentielle des gens – ce sont les illusions d’une nation, les mensonges de générations de mères de pionniers », a écrit F. Scott Fitzgerald.

Mais dans la décadence, ces illusions sont fatales. Les nations puissantes ont le luxe de s’imprégner du mythe, même si les décisions et les politiques basées sur ce mythe infligent des dommages et des souffrances considérables. Mais les nations dont les fondations sont en train de pourrir n’ont que peu de latitude. Les erreurs de calcul qu’elles font, basées sur des fantasmes, accélèrent leur mort.

Joseph Roth est l’un des rares écrivains allemands des années 1930 à avoir compris les conséquences de la montée du fascisme. Dans son essai « L’Autodafé de l’esprit », qui traitait du premier autodafé de livres par les nazis, il conseillait à ses collègues écrivains juifs d’accepter qu’ils avaient été vaincus : « Nous, qui combattions sur la ligne de front, sous la bannière de l’esprit européen, accomplissons le plus noble devoir du guerrier vaincu : concédons notre défaite. »

Roth savait que colporter de faux espoirs à une époque de mal absolu était immoral. Il ne se faisait pas d’illusions sur son propre manque de considération croissant. Il était sur la liste noire de la presse allemande, incapable de publier ses livres en Allemagne et dans son pays natal, l’Autriche, et plongé dans la misère et souvent le désespoir. Il était parfaitement conscient du fait que la plupart des gens, même ses compatriotes juifs, trouvaient plus facile de s’aveugler sur le mal radical, ne serait-ce que pour survivre, plutôt que de nommer et de défier une autorité malveillante et de risquer l’anéantissement.

« À quoi servent mes mots », demandait Roth, « contre les fusils, les haut-parleurs, les assassins, les ministres dérangés, les intervieweurs et les journalistes stupides qui interprètent la voix de cette tour de Babel, de toute façon brouillée, par les tambours de Nuremberg ? »

« Il vous apparaîtra clairement maintenant que nous nous dirigeons vers une grande catastrophe », écrivait Roth, après s’être exilé en France en 1933, à l’auteur Stefan Zweig à propos de la montée en puissance des nazis. « Les barbares ont pris le dessus. Ne vous y trompez pas. L’enfer règne ».

Mais Roth savait aussi que la résistance était une obligation morale, sinon pratique, en temps de mal radical. La défaite était peut-être certaine, mais la dignité et la détermination à vivre dans la vérité exigeaient une réponse. Nous sommes tenus de témoigner, même si une population qui s’illusionne ne veut pas entendre, même si cette vérité rend certaine notre propre marginalisation et peut-être notre disparition.

« Il faut écrire, même si l’on se rend compte que les mots imprimés ne peuvent plus rien améliorer », a expliqué Roth.

Cette bataille contre l’auto-illusion collective est un combat que je crains que nous ne puissions pas gagner. La société américaine est mortellement blessée. Sa corruption morale et physique est irréparable.

L’espoir, le véritable espoir, nomme l’amère réalité qui est devant nous. Mais il refuse de succomber, malgré la morosité, au désespoir. Il interpelle un univers indifférent par chaque acte accompli pour nommer, paralyser et détruire le pouvoir des entreprises. Il se moque de la défaite certaine. Que nous puissions réussir ou non est sans importance. Nous ne pouvons pas toujours choisir comment nous allons vivre. Mais nous pouvons choisir comment nous allons mourir. La victoire, c’est s’accrocher à notre autonomie morale. La victoire, c’est exiger, à n’importe quel prix, la justice. La victoire, c’est dire les vérités que les élites dirigeantes cherchent à faire taire. Une telle vie vaut la peine d’être vécue. Et en temps de malheur radical, ces vies – points de lumière ironiques, comme l’a écrit W.H. Auden – ne donnent pas seulement de l’espoir, mais aussi la puissance du sacré.

Source : Truthdig, Chris Hedges

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

U.S.A.: Rules of Black and White Checkers

Image: L’Atelier Canson 

Les règles du jeu…
Couleur de main…

Image

George Floyd

Photo de No Gods No Masters - activist t-shirts.

Le paradis à la fin de leurs jours

Drapeau

In Gold We Trust

Quand un soldat étasunien  meurt au combat et qu’il va au paradis, il est récompensé, en arrivant, de 72 automobiles flambant neuves, bref, vierges.

Gaëtan Pelletier

 

 

La situation financière U.S.

Dix indicateurs qui montrent que la situation financière actuelle des États-Unis est une vision d’horreur

Par Michael Snyder – Le 12 août 2018 – Source  TheEconomicCollapse

Les prévisions à long terme du bilan des États-Unis continuent à s’aggraver progressivement. Malheureusement, depuis que le marché boursier a flambé et que les chiffres du PIB semblent satisfaisants, la plupart des Étasuniens supposent que l’économie de leur pays se porte bien. Mais il faut dire que le marché boursier montait en flèche et les chiffres du PIB semblaient corrects juste avant la grande crise financière de 2008, et nous avons vu ce que cela a donné. La vérité est que le PIB n’est pas la meilleure mesure pour la santé de l’économie. Juger l’économie étasunienne par rapport au PIB revient essentiellement à mesurer la santé financière d’une personne relativement à ses dépenses. C’est ce que je vais essayer d’illustrer ici.

Si je sortais tout de suite, obtenais un certain nombre de nouvelles cartes de crédit et commençais à dépenser comme si demain n’existait pas, cela signifierait-il que ma situation financière se serait améliorée ?

Non, en fait, cela signifierait que ma situation financière à long terme a au contraire empiré.

Le PIB est une mesure de l’activité économique de notre société, et c’est essentiellement une indication du montant d’argent échangé.

Mais le fait que plus d’argent change de mains ne veut pas dire que les choses s’améliorent. Ce qui compte vraiment est ce qui arrive aux actifs et aux passifs. En d’autres termes, est-ce que de la richesse a été créée ou bien a-t’on simplement accumulé de la dette ?

Malheureusement, il n’y a qu’une poignée de points positifs dans notre économie. Quelques très grandes entreprises technologiques, comme Apple, amassent de la richesse, mais à peu près partout la dette augmente à un rythme sans précédent. La dette des ménages n’a jamais été aussi élevée. La dette des entreprises a doublé depuis la dernière crise financière. La dette publique des États et des collectivités locales a atteint un niveau record et la dette publique étasunienne est complètement hors de contrôle.

Si je sortais demain et dépensais $20 000 avec un lot de nouvelles cartes de crédit, je pourrais prétendre que mon « PIB personnel » monte en flèche parce que je dépense beaucoup plus qu’avant. Mais ma vantardise serait inutile car, en réalité, je mettrais simplement ma famille dans une situation financière extrêmement précaire.

La croissance économique qui résulte de l’accroissement continu de la dette n’est pas une chose positive. Je souhaite que plus de gens comprennent ce concept très basique. Voici dix indicateurs qui montrent que la situation financière actuelle des États-Unis est une vision d’horreur…

1. Le crédit à la consommation aux États-Unis vient d’atteindre un nouveau record. Au deuxième trimestre de 2008, le total des  crédits à la consommation avait atteint $2 630 milliards et, dix ans plus tard, ce chiffre a  grimpé à $3 870 milliards. Cela représente une augmentation de 48% en une seule décennie.

2. La dette étudiante a pour la première fois dépassé les $1 500 milliards. Au cours des huit dernières années, le montant total de l’endettement des étudiants aux États-Unis a  augmenté de 79%.

3. Selon la Réserve fédérale, le taux de défaillance des cartes de crédit aux États-Unis a  augmenté pendant sept trimestres consécutifs.

4. Une enquête récente a  révélé que 42% des consommateurs étasuniens ont payé en retard leur factures de carte de crédit « au moins une fois au cours de la dernière année » et 24% des consommateurs étasuniens les ont  payées en retard « plus d’une fois au cours de la dernière année ».

5. Les salaires réels aux États-Unis viennent d’atteindre leur  niveau le plus bas depuis six ans.

6. Selon une  étude récente« le taux de faillite personnelle des gens âgés de 65 ans et plus est trois fois supérieur à celui de 1991 ».

7. Nous sommes au cœur de la plus grande « apocalypse de la vente au détail » dans l’histoire étasunienne. À ce jour, en 2018, 57 grandes surfaces ont  annoncé des fermetures de magasins.

8. Le déficit budgétaire officiel des États-Unis est en hausse de 21% sous le président Trump.

9. On prévoit que le service de la dette publique cette année  dépassera pour la première fois les $500 milliards.

10. Goldman Sachs prévoit que le déficit budgétaire annuel  dépassera les $2 000 milliards d’ici 2028.

Et je n’ai même pas parlé des passifs non capitalisés. Ce sont essentiellement des engagements futurs pour lesquels nous n’avons pas d’argent.

Selon le professeur Larry Kotlikoff, en ce moment nos engagements non capitalisés  dépassent largement les $200 000 milliards.

Si les personnes, les entreprises, les États et gouvernements locaux et le gouvernement fédéral cessaient tous de s’endetter, nous nous enfoncerions immédiatement dans la plus grande dépression économique de l’histoire des États-Unis.

Le système est profondément brisé, et la seule façon de maintenir cette bulle de dette est de continuer à l’accroître encore plus.

Toute personne qui croit que l’économie étasunienne est « réparée » est complètement dans l’erreur. RIEN n’a été arrangé. Au lieu de cela, nos déséquilibres financiers à long terme s’aggravent à un rythme croissant.

Malheureusement, l’attitude du grand public est exactement similaire à ce qu’elle était juste avant la grande crise financière de 2008. La plupart des gens semblent assumer que n’ayant pas subi jusqu’à présent de conséquences néfastes résultant de nos très idiotes décisions, aucune conséquence dommageable ne se produira.

Beaucoup supposent également que depuis que le contrôle de la Maison Blanche a changé, les choses vont s’améliorer par magie.

Bien sûr, la vérité est que la seule façon de résoudre nos problèmes à long terme est de s’attaquer à leur origine, ce qui n’est tout simplement pas le cas.

Comme j’ai beaucoup voyagé au cours de l’année écoulée, j’ai découvert que la plupart des Étasuniens ne veulent pas apporter de changements fondamentaux au système actuel, car ils ont l’illusion qu’il fonctionne très bien. Donc, il faudra probablement une autre crise majeure avant que la plupart des gens soient prêts à envisager des changements fondamentaux, et quand cela arrivera, nous devrons être prêts à l’expliquer au public.

Le système que nous avons aujourd’hui, est fondamentalement malsain. Nous avons désespérément besoin de revenir aux valeurs et aux principes sur lesquels notre pays a été fondé, mais tant que les choses n’ont pas commencé à aller vraiment, vraiment mal, il est fort peu probable que le peuple étasunien soit prêt à accepter ces changements.

Michael Snyder est un écrivain syndiqué, une personnalité médiatique et un militant politique. Il est l’éditeur de  The Most Important News et l’auteur de quatre ouvrages, dont  The Beginning of the End et  Living A Life That Really Matters

Traduit par  Alexandre Moumbaris relu par Marie-José Moumbaris

 lesakerfrancophone.fr

Quand la guerre réduit les enfants en poudre

Belle comme Beyrouth
Epuisée comme Damas
Timide comme le Caire
Détruite comme le Yémen
Blessée comme Bagdah et
Oubliée comme la Palestine »

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Cendrer la Syrie
Mobiliser des enfantssoldat
Vendre des armes pour s’enrichir
Charcuter la beauté du monde
Démaisonner
déconstruire
banaliser
persister

Shame on US, Shame on all the countries participating

Honte! Honte! Honte! Tout un siècle de massacres dans l’histoire du passé, d’un XXième siècle horrifiant, et voilà que cela se poursuit de plus belle  laide…

Ce que tous les peuples du monde donnent à leurs dirigeants, ils le transforment souvent en armes. Notre travail, nos bras, notre humanisme, notre FOI  en ces systèmes fondés sur l’argent, la démesure, la vanité, nous tue…

Cultiver des armes ne nourrira jamais personne…

Sommes-nous des cibles de carton?

135 enfants tués cette semaine seulement en Syrie…  Sans compter ceux de l’Afrique, de l’Amérique du Sud, et même des États-Unis qui eux s’entre-tirent assez bien (SIC)…

 

Gaëtan Pelletier

Trump: Autopsie légère d’un pois terrrestre

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La visite médicale Donald Trump prévue en fin de semaine ne comportera pas d’examen psychiatrique, a affirmé lundi la Maison-Blanche au moment où certains de ses détracteurs s’interrogent ouvertement sur la santé mentale du président américain. Cyberpresse

Il est assez étrange qu’en quelques décennies, les États-Unis ont « choisi » au moins deux petits déséquilibrés. Il y en avait pourtant d’autres en file… En fait, il est si intelligent qu’il est son propre psychiatre se proclamant « stable » d’esprit. Les fonds de tiroir pour des candidats à la présidence sont-ils vides à ce point? Après le « Yes we can », voilà le « Yes, we twitt ».

Les fonds de tiroir sont vraiment bas. Au Goden Globe  Awards tout était préparé pour une autre vedette: Oprah Winfrey. Certes, la dame a de la jugeote, mais on revient toute de même au tronc commun: la mégalomanie.  Le critère: « avoir eu du succès ». Et pas le moindre… L’Amérique se cherche une sorte d’enflure à sa mesure. Du moins ce qu’elle croit être « sa » mesure. Nombrilistes et désintéressés des autres, ils s’apitoient sur leur sort.

Au fond, le cerveau de Trump est sans doute celui de l’Amérique: les disjoncteurs surchauffent un peu trop sous les démesures et l’irréalisme  auxquels les citoyens  sont habitués. À force de se déclarer supérieure aux autres nations, à coups d’armes et de mesures monétaires frisant le banditisme,   cette nation a fini par élire des inférieurs riches.

Il n’y a rien dans le cerveau de Monsieur Trump pour démontrer qu’il est fou, mais il y a tout pour démontrer que les valeurs américaines elles, sont folles, légères, et qu’ils prient, les yeux fermés, un crucifix d’une main et un colt .45 de l’autre.

 

Gaëtan Pelletier

Hollywood m’a menti sur l’Amérique

 

 Karim Akouche – Écrivain

«Il y a en effet plusieurs Amériques, souvent opposées, qui se côtoient et se querellent. Celle des bons, celle des bêtes et celle des truands», écrit l’auteur.

Hollywood m’a menti. L’Amérique qu’il m’a vendue ne correspond aucunement à celle que je découvre. Au poste frontalier avec le Québec, le douanier me prend d’emblée pour un ennemi. La raison : le « DZ » inscrit sur mon passeport canadien. Il tape sur son clavier et découvre mon pays de naissance : l’Algérie, un pays susceptible d’exporter le terrorisme. Il me pose des questions auxquelles je réponds dans un anglais approximatif, mais clair. Il me crie dessus, froisse mon invitation et la jette à la poubelle.

Je me dois alors de justifier mon innocence. Heureusement que je suis invité à New York comme écrivain et que j’ai une conférence programmée le surlendemain. Il tape sur Google, tombe sur des articles parlant de moi et de mes livres. Il se décrispe tout à coup : « Congratulations ! You have a Wikipedia page ! You are a celebrity ! » Je n’en reviens pas. En l’espace de quelques minutes, il passe de la violence à l’amabilité. C’est à cause de la supposée notoriété dont je dispose sur Internet. Autrement dit : le paraître et le clinquant ont gommé la « tare » des origines.

Cactus

Bienvenue au pays de toutes les énigmes. L’écart entre l’Amérique réelle et l’Amérique fantasmée, celle véhiculée par les médias, est si grand que je ne sais plus comment le formuler. La première image qui me vient à l’esprit est celle d’une plante épineuse, le cactus : il est beau à la vue, mais il pique au toucher.

Il y a en effet plusieurs Amériques, souvent opposées, qui se côtoient et se querellent. Celle des bons, celle des bêtes et celle des truands. D’un côté, le Nouveau Monde et, de l’autre, le monde archaïque. L’Amérique du rêve et celle du cauchemar. Celle des riches métropoles et celle des laissés-pour-compte. Celle des forts et celle des faibles. Celle des champions et celle des perdants.

L’Amérique des Caucasiens et l’Amérique des Noirs. Celle de Philip Roth et celle de Donald Trump. Celle de la Silicon Valley et celle de Brooklyn. Celle de la statue de la Liberté et celle de Guantánamo. Celle de Coca-Cola et celle de l’injection létale. Celle de la violence protéiforme et celle, burlesque, de Charlie Chaplin.

L’Amérique des Simpsons et l’Amérique de Fox News. Celle du puritanisme religieux et celle de l’industrie du porno. Celle du football et celle de l’obésité. Celle du gospel et celle des gangs de rue. Celle du patriotisme excessif et celle de l’individualisme de masse. Celle de la Révolution et celle de l’extermination des Indiens. Celle de la guerre de Sécession et celle de la traite négrière.

L’Amérique arrogante et l’Amérique qui accueille. L’Amérique terrorisée et l’Amérique qui terrorise. L’Amérique inculte et l’Amérique cultivée. La simplicité volontaire de Thoreau et l’axe du mal de Bush. La dictature de l’instant et le mépris de l’histoire. Le ici-et-maintenant et le passé-jamais. Wall Street et les ghost towns. Wounded Knee et Omaha Beach. L’Amérique qui massacre et l’Amérique qui libère. Le Ku Klux Klan et Jésus Christ. Geronimo et Ben Laden. Le Vieil homme et la mer et le Patriot Act. La NSA et Edward Snowden… Il y a de tout : le faste et le fade, la fureur et la foi, la fougue et la folie.

Pays des cow-boys

Un ami vivant au New Jersey me confie à juste titre : « Il est plus facile, pour les Américains pauvres, de se procurer une arme que de se faire soigner. » N’ayant pas réussi à trouver un assureur à cause de son diabète, il doit 200 000 dollars à des hôpitaux. Il est loin d’être le seul dans cette situation. La plupart de ses concitoyens sont surendettés : la santé et l’éducation les ruinent.

La veille de mon voyage, il m’a donné quelques consignes : « Si la police t’interpelle, sois calme, obéis, ne farfouille pas dans tes affaires, place tes papiers bien en vue, car tout geste de trop pourrait être mal interprété… Nous sommes au pays des cow-boys, les flics ont la gâchette facile. »

En effet, les relations entre la police et les citoyens, surtout les minorités, sont tendues. Le taux de criminalité annuelle à Détroit, Baltimore, Cleveland, Oakland, Saint-Louis et Memphis, entre autres, frôlent les 2000 cas par 100 000 habitants.

La violence sociale et économique, c’est le quotidien des Américains. On est loin des cartes postales et des confessions à l’eau de jasmin que les starlettes étalent sur les réseaux sociaux. Le marketing fausse tout. Il y a un fossé entre le discours officiel et la réalité.

Kennedy, par exemple, dont on a voulu faire une icône, n’a en réalité jamais été un modèle : il ne respectait pas les femmes et a fait la guerre à Cuba et au Vietnam. Au pays de l’oncle Sam, le vivre-ensemble et la liberté ne sont que des vocables creux : c’est le vivre-à-côté et le politiquement correct qui règnent. Chacun pour soi et Dieu pour personne.

Si tu es un winner, tu auras ta place entre les winners, donc dans la société. Alors tu as intérêt à sortir tes muscles, à accumuler plusieurs boulots, à suer, à dormir peu, à manger vite et gras. Tu seras alors fier d’étaler ta richesse, ta paie, ton ranch, ta bagnole… Si, dans le cas contraire, tu es pauvre, cache-toi, souffre en silence et prie. Tu peux toujours chanter la rengaine d’Obama, Yes we can, l’État ne viendra jamais à ton secours. Ici, la vie n’a de valeur que si elle est convertible en billets verts. Bosse ou crève. In Money we trust.