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Hollywood m’a menti sur l’Amérique

 

 Karim Akouche – Écrivain

«Il y a en effet plusieurs Amériques, souvent opposées, qui se côtoient et se querellent. Celle des bons, celle des bêtes et celle des truands», écrit l’auteur.

Hollywood m’a menti. L’Amérique qu’il m’a vendue ne correspond aucunement à celle que je découvre. Au poste frontalier avec le Québec, le douanier me prend d’emblée pour un ennemi. La raison : le « DZ » inscrit sur mon passeport canadien. Il tape sur son clavier et découvre mon pays de naissance : l’Algérie, un pays susceptible d’exporter le terrorisme. Il me pose des questions auxquelles je réponds dans un anglais approximatif, mais clair. Il me crie dessus, froisse mon invitation et la jette à la poubelle.

Je me dois alors de justifier mon innocence. Heureusement que je suis invité à New York comme écrivain et que j’ai une conférence programmée le surlendemain. Il tape sur Google, tombe sur des articles parlant de moi et de mes livres. Il se décrispe tout à coup : « Congratulations ! You have a Wikipedia page ! You are a celebrity ! » Je n’en reviens pas. En l’espace de quelques minutes, il passe de la violence à l’amabilité. C’est à cause de la supposée notoriété dont je dispose sur Internet. Autrement dit : le paraître et le clinquant ont gommé la « tare » des origines.

Cactus

Bienvenue au pays de toutes les énigmes. L’écart entre l’Amérique réelle et l’Amérique fantasmée, celle véhiculée par les médias, est si grand que je ne sais plus comment le formuler. La première image qui me vient à l’esprit est celle d’une plante épineuse, le cactus : il est beau à la vue, mais il pique au toucher.

Il y a en effet plusieurs Amériques, souvent opposées, qui se côtoient et se querellent. Celle des bons, celle des bêtes et celle des truands. D’un côté, le Nouveau Monde et, de l’autre, le monde archaïque. L’Amérique du rêve et celle du cauchemar. Celle des riches métropoles et celle des laissés-pour-compte. Celle des forts et celle des faibles. Celle des champions et celle des perdants.

L’Amérique des Caucasiens et l’Amérique des Noirs. Celle de Philip Roth et celle de Donald Trump. Celle de la Silicon Valley et celle de Brooklyn. Celle de la statue de la Liberté et celle de Guantánamo. Celle de Coca-Cola et celle de l’injection létale. Celle de la violence protéiforme et celle, burlesque, de Charlie Chaplin.

L’Amérique des Simpsons et l’Amérique de Fox News. Celle du puritanisme religieux et celle de l’industrie du porno. Celle du football et celle de l’obésité. Celle du gospel et celle des gangs de rue. Celle du patriotisme excessif et celle de l’individualisme de masse. Celle de la Révolution et celle de l’extermination des Indiens. Celle de la guerre de Sécession et celle de la traite négrière.

L’Amérique arrogante et l’Amérique qui accueille. L’Amérique terrorisée et l’Amérique qui terrorise. L’Amérique inculte et l’Amérique cultivée. La simplicité volontaire de Thoreau et l’axe du mal de Bush. La dictature de l’instant et le mépris de l’histoire. Le ici-et-maintenant et le passé-jamais. Wall Street et les ghost towns. Wounded Knee et Omaha Beach. L’Amérique qui massacre et l’Amérique qui libère. Le Ku Klux Klan et Jésus Christ. Geronimo et Ben Laden. Le Vieil homme et la mer et le Patriot Act. La NSA et Edward Snowden… Il y a de tout : le faste et le fade, la fureur et la foi, la fougue et la folie.

Pays des cow-boys

Un ami vivant au New Jersey me confie à juste titre : « Il est plus facile, pour les Américains pauvres, de se procurer une arme que de se faire soigner. » N’ayant pas réussi à trouver un assureur à cause de son diabète, il doit 200 000 dollars à des hôpitaux. Il est loin d’être le seul dans cette situation. La plupart de ses concitoyens sont surendettés : la santé et l’éducation les ruinent.

La veille de mon voyage, il m’a donné quelques consignes : « Si la police t’interpelle, sois calme, obéis, ne farfouille pas dans tes affaires, place tes papiers bien en vue, car tout geste de trop pourrait être mal interprété… Nous sommes au pays des cow-boys, les flics ont la gâchette facile. »

En effet, les relations entre la police et les citoyens, surtout les minorités, sont tendues. Le taux de criminalité annuelle à Détroit, Baltimore, Cleveland, Oakland, Saint-Louis et Memphis, entre autres, frôlent les 2000 cas par 100 000 habitants.

La violence sociale et économique, c’est le quotidien des Américains. On est loin des cartes postales et des confessions à l’eau de jasmin que les starlettes étalent sur les réseaux sociaux. Le marketing fausse tout. Il y a un fossé entre le discours officiel et la réalité.

Kennedy, par exemple, dont on a voulu faire une icône, n’a en réalité jamais été un modèle : il ne respectait pas les femmes et a fait la guerre à Cuba et au Vietnam. Au pays de l’oncle Sam, le vivre-ensemble et la liberté ne sont que des vocables creux : c’est le vivre-à-côté et le politiquement correct qui règnent. Chacun pour soi et Dieu pour personne.

Si tu es un winner, tu auras ta place entre les winners, donc dans la société. Alors tu as intérêt à sortir tes muscles, à accumuler plusieurs boulots, à suer, à dormir peu, à manger vite et gras. Tu seras alors fier d’étaler ta richesse, ta paie, ton ranch, ta bagnole… Si, dans le cas contraire, tu es pauvre, cache-toi, souffre en silence et prie. Tu peux toujours chanter la rengaine d’Obama, Yes we can, l’État ne viendra jamais à ton secours. Ici, la vie n’a de valeur que si elle est convertible en billets verts. Bosse ou crève. In Money we trust.

Obamania: « Yes We Cash »

«C’est décourageant de voir un homme dont la candidature historique fut fondée sur un regard moral sur la politique tirer profit de sa présidence comme tous les autres. Cela démontre une étonnante perte de contact que l’on attend des milliardaires avec lesquels les Obamas ont pris leurs vacances plutôt que d’un président sensible et conscient des inquiétudes et des récriminations de 99% des gens», a écrit le New York Times. La Presse, Nathalie Pétrowski , Obama à tout prix  

Obama est passé à Montréal comme sont passés les Beatles en 1964, avec un engouement de vedette,   pour un discours  de 30 minutes. Obama n’est plus président, mais il est devenu une vedette et, comme le sont les vedettes, adulé.  Le discours aurait coûté près d’un demi million de dollars US. Ce qui a fait dire à un chroniqueur humoristique que la venue d’Obama se résumait en un « Yes We Cash » ( Oui, nous encaissons).

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Dès son entrée au pouvoir à la maison blanche, on attendait d’Obama qu’il soit en quelque sorte le messie  attendu qui allait révolutionner  l’Amérique ?  Le règne fut particulièrement drabe, sans caractère.

 Quant au discours, ( ici sur You Tube) qualifié par certains commentateurs ( ou d’adulateurs)  de speech puissant, articulé, provocateur ( en terme de pensée), ce  ne fut, au final, qu’un  chapelet de clichés  d’une philosophie politique de surface, étriquée, vantant les mérites du monde occidental depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Un discours touffu de « bonnes intentions », et sirupeux à souhait. Il a su  trouver les formules et les concepts pour que les chats ronronnent.  Entre autres, l’annonce d’un  un bel avenir… Le même  qu’on nous annonçait il y a 20 ou 30 ans. Le discoureur  s’est transformé en une sorte de Confucius politique pour enfants de chœur.

Obama s’est montré un homme de principe, idéaliste à la limite des promesses d’un père Noël. Il parlera d’ un monde meilleur avec le même système qui a créé un monde d’horreurs. Toujours sans grande conviction, touchant, mais malhabile- taxé de  sexy-    il fera l’éloge de l’Amérique,  Canada et É.-U.

« Des gens sont prêt à traverser des déserts et embarquer sur des radeaux, à tout risquer, pour venir vivre au Canada ou aux États-Unis pour avoir la même qualité de vie que nous avons et que nous prenons parfois pour acquis. » – Barack Obama

C’est sans doute là le prix de  la paupérisation flagrante du reste du monde, même celle de des pays en question.  Une amabilité flatteuse qui était, somme toute, la ligne directrice du discours.  L’ homme entreprend une analyse (sic) de l’histoire de la mondialisation, de la robotisation, bref, des grands changements,  davantage provoqués par le libre marché , avec un aperçu de la belle lumière au bout du tunnel. L’avenir est lumineux, sauf le petit passage quasi poétique: « Nous ne vaincrons pas le terrorisme en une nuit ».

L’invention des nuages  

 Obama crée un futur nébuleux en écrivain d’anticipation balourd  et dénué de talent pour l’inventivité: demain sera meilleur qu’aujourd’hui  » en luttant ensemble ». Qui veut donc, aux U.S.A, « lutter ensemble »? Un philosophe parlerait davantage d’hégémonie persistante, de  protectionniste de l’actuel Président. On peut toujours rêver, et c’est sans doute là la seule « force  » de ses propos de surface: faire rêver.

Obama, le magicien d’Oz 

En 2009, j’avais écrit un petit article, dubitatif devant  ce nouvel arrivant qui secouait les foules avec son « Yes, We Can ». Au sortir d’une crise économique qui secouait la planète et provoquée par les joueurs de Wall Street, ce fut le peuple américain qui renfloua les banques, et les autres « investisseurs »  qui avalèrent leurs pertes avec amertume. C’était tout un défi pour un noir ( quel belle représentativité de l’hypocrisie du pays! ) élu à la présidence d’affronter une telle crise.  Un défi qui se résolut dans les coulisses, en mode feutré, afin de sauver les apparences d’un système de fourberies étatisées.

Si vous ne connaissez pas  Le magicien d’Oz.et sa célèbre chanson , Somewhere Over the Rainbow, il vaut la peine de revoir l’histoire de cette crise économique et et de l’espoir ( toujours pécuniaire )  de ce roman pour enfants  truffé d’allégories:

Entre 1883 et 1897, à la fin du Gilded Age, il y eut aux États-Unis une dépression. Les agriculteurs de l’Ouest s’endettèrent lourdement. L’étalon-or avait alors cours et certains économistes préconisaient d’utiliser également l’argent. Cela aurait permis d’augmenter la quantité de monnaie, aurait entraîné l’inflation et réduit le poids réel de l’endettement des agriculteurs. Cette question fut cruciale lors de l’élection présidentielle de 1896. William Jennings Bryan attaqua alors l’étalon-or. Mais ce fut William McKinley, républicain et défenseur de l’étalon-or qui devint Président. L. Frank Baum, originaire de l’Ouest, prit cause pour les agriculteurs. Les personnages du livre symbolisent diverses figures ou événements de l’époque.

  • Dorothée : l’américain moyen
  • Toto : le parti prohibitionniste (son surnom était Teetotaler)
  • Le Bûcheron en Fer Blanc : les ouvriers
  • L’Épouvantail : les agriculteurs
  • Le Lion Peureux : William Jennings Bryan
  • Munchkins : les habitants de la côte Est
  • Le Magicien : Marcus Hanna, leader du Parti Républicain
  • La méchante sorcière de l’Ouest : William McKinley
  • La sorcière de l’Est : Grover Cleveland, Président démocrate jusqu’en 1896, qui fut battu aux primaires par Bryan
  • Le cyclone : la dépression
  • Oz : l’once (unité de poids des métaux précieux « troy ounce »).
  • Les pantoufles d’argent : L’argent qui permettra, en touchant le chemin doré, de revenir au double étalon or – argent

Source: Wikipedia

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Le cyclope chantant 

Si le monde se porte mal,  il ne suffit pas de théoriciens ou de vedettes-veaux-d’or aux discours attendrissants et émouvants pour simplement le modifier. Obama, vu comme un magicien du changement s’est transformé ( ou est demeuré)  le prince charmant qui écrira avec la première dame un livre qui leur rapportera   60$ millions. À ce prix-là, et après un tel discours,  les sujets  du Président risquent d’être autant caviardés que les enquêtes sur les OVNIS. Sans jeu de mots et sans acrimonie , le règne d’Obama semble s’être transformé en une fable de Jean de La Fontaine, le Corbeau et le Renard.  

L’idéalisme  séducteur de l’ex-président  sera désormais transmis en mots et restera des mots. Mais on continuera de l’aimer comme on aime un totem. On peut voir dans ledit  totémisme cette appartenance à un clan dont parlait Lévy-Strauss. Ici, on parlera d’un clan G.  Et le clan occidental, l’œil  en monocle, « se regarde regarder » le reste du monde, les cultures différentes, les idéologies diverses  comme des erreurs de parcours pour la réussite d’une finalité heureuse et réussie des habitants d’une planète.   La même erreur que firent les colonisateurs de l’Amérique – y compris les autorités canadiennes qui déracinèrent les enfants amérindiens, pour les désauvager, –   voulant à tout prix aplanir les cultures riches et diverses en une seule: la leur. Cette  chère liberté étasunienne n’est pas octroyée à tous. Et qui sait si les racines d’un nouvel esclavage, cette fois systémique et mondialisé,   n’est pas né de cette grande nation?  

Et c’est peut-être la raison pour laquelle les citoyens de ce monde rament autant pour apporter toujours plus d’argent, de sueurs, de misères pour le maintenir à flot pendant que les obsédés du 1% remettent de l’eau dans le navire ( la dette) pour nous soumettre à un ordre-désordre du monde dans lequel l’homme est marchandisé et les richesses violées à une vitesse fulgurante.

On meurt à petits vœux…   Mais il y aura toujours des  fidèles pour  applaudir et payer 1000$  pour se refaire une beauté d’un   discours- botox.

Gaëtan Pelletier

MOAB: mon père est plus fort que ta mère

Résultats de recherche d'images pour « mOAB BOMB »

La plus puissante bombe américaine non nucléaire a détruit jeudi un fief montagneux du groupe État islamique dans l’est de l’Afghanistan, tuant au moins 36 de ses combattants, a indiqué vendredi le gouvernement afghan, écartant toute victime civile. La Presse 

Bertha

Avant la MOAB ( Mother Of All Bombs), il y a eu la Grosse Bertha   , canon de de la première Grande Guerre mondiale propulsant un obus de 115o kg et  une charge  de 144 kg d’explosifs. Le canon coûtait 1 million de marks et 3000 Marks par coups tirés.

42-cm M-Gerät Dicke Bertha en batterie.

Une somme astronomique pour l’époque. Puis il y eut le K5, encore plus puissant… Mais c’est une autre histoire… Ou la même…

La mère MOAB

Dans le domaine de l’armement, il faut aller à ce qu’il y a de plus terrible, d’horrible, donc, de plus gros. Une bombe « non nucléaire »  ( voilà qui est rassurant).  Une bombe de 10,000 kilos, avec une charge explosive équivalente à 11 tonnes de TNT .   Mais à quel prix? Le coût de la MOAB est de 16 millions de dollars l’unité.  Si on ajoute les cuisiniers, les généraux, la manipulation, l’avion transporteur, l’eau en bouteille et le poste de commandement, pour tuer 36 djihadistes, ça devrait faire environ 550,000 par djihadiste. La Grosse Bertha de 1912 était sans doute plus efficace. À ce prix-là, au lieu de faire un spectacle, on aurait pu engager des tueurs à gages.

Ce qu’il y a de pitoyable, c’est le coût payé par les quidams pour ces jeux de guerre. Pour 16 millions de dollars U.S., on aurait pu acheter des millions de poules, des milliards de livres de carottes ou de pommes de terre, et de la crème glacée, des tonnes de riz, etc .  Mais, il y a toujours des  Kim Jong-un, oranges ou noirs, pour faire croire aux peuples que la guerre est nécessaire. On ne connaît pas le coiffeur de Kim Jong-un ni celui de la citrouille élue. Il faudrait peut-être un « fouille-crâne » astucieux et honnête pour saisir et nous expliquer  le jeu des neurones camouflé sous ces tignasses  bizarres.  Mais bon, on ne va tout de même pas s’attaquer à leur « apparence »… Ce serait cruel…

Le père 

On croyait avoir tout vu. Que non! Poutine sort de son chapeau « le père » de toutes les bombes »: 44 tonnes de TNT. C’est une merveille!

La bombe russe libérée tout d’abord un nuage de combustible de 300 mètres de rayon qui se mélange à l’oxygène ambiant. Puis une seconde explosion enflamme le nuage, faisant le vide dans toute la zone d’explosion et brûlant tout ce qui s’y trouve. (Source)

Et c’est « légal »… L’ingéniosité de la race humaine est remarquable. Pour tuer… Pour faire vivre, c’est une autre manche de pairs… On prétend avoir de la difficulté à y arriver.  Pourtant, dans le domaine de la tuerie, les progrès sont mirifiques.

Unsere Mütter, unsere Väter ( Nos pères, nos mères) 

Image associée

« Nos mères, nos pères » ,  est une série en trois volets qui montre que faire la guerre ailleurs est « intéressant », mais la recevoir « chez-soi »  l’est moins. Les victoires allemandes des premières années de la guerre 39-45 ont vite tourné à la vinaigrette: de l’allégresse des vainqueurs jusqu’à la tristesse des vaincus. Les États-Unis n’ont jamais vraiment connu de bombardements, de destructions massives intérieures. Ils ont porté les guerres ailleurs. Ils savent l’exporter et sont champions dans l’art de ne pas l’importer.

Fils: Jeux de gamins 

La situation  internationales ressemble étrangement à ces gaminerie des cours d’école et à la phrase récurrente: « Mon père est plus gros que le tien ». On ne sait trop  quel bizarre  puérilisme  afflige   la race des « saigneurs » de guerre. Il semble que cet état s’accentue à mesure de ses avancées technologiques. Accroc à la virtualité, et « déchambré » de la réalité de la vie quotidienne. Alors, que veut-on faire de nos vies? Sommes-nous devenus des avalés de l’intangible tout en le magnifiant? Nos mythes virtuels sont-ils en train de nous faire oublier le but de nos existences?

J’imagine qu’en lançant 59 missiles, on a ouvert 59 bouteilles de champagnes pour faire Pop!Pop! Pop! C’est le genre de réjouissance que peuvent s’offrir les équipes des lancements. Ce ne sont sûrement pas des philosophes ou des poètes qui ont actionné les boutons ! Le cerveau humain est la matière la plus malléable existante en ce monde. À chaque génération, elle souffre d’Alzheimer. Quand les vieux s’en retournent en terre, les enfants pensent qu’en regardant en avant, ils peuvent tout voir.

Surveillons nos arrières!

***

« Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela. »Le Bourgeois gentilhomme, Molière 

S’il y a un génie dans la salle pour calculer le prix de tout l’armement du monde sur la planète, sortez vos calculettes! Le perdant, dans tout ça,  c’est le petit homme qui en bave un coup pour survivre dans un monde hyper néo-libéralisé, de libres marchés, de cachottiers dans  des paradis fiscaux;   le petit homme qui paie toutes ces armes de gré ou de force. Tout goinfré d’idéologies trafiquées. Les déités comprises…

 Le capitalisme est devenu une tyrannie rose et nous n’avons plus de guillotine pour couper la tête des coupables « invisibilisés ». Nous sommes encore des vassaux borgnes, tétanisés, hypnotisés par les miroirs technologiques que nous considérons comme des progrès. Il ne peut y avoir de progrès s’il n’y a pas amélioration réelle des conditions de vie – autant psychologique que physique – s’il n’a pas pas pour cible une humanité meilleure. On ne construit pas un monde meilleur avec de meilleures armes.

Continuons d’avancer à reculons… Nous nous adonnons au Moonwalk  sans le savoir…

 

Gaëtan Pelletier

Radiographie des U.S.A

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États-Unis: pays qui permet à un citoyen d’être n’importe qui en disant n’importe quoi. 

Rabelais: « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme« .

9/11 ou 11/9 en américain

Les États-Unis fêtent aujourd’hui les attentats de septembre 2001. C’est à peu près le seul pays au monde à n’avoir pas subi de guerres …réelles, sauf celles dans laquelle ils se sont entre tués… Un pays bien coloré: ils ont importé des noirs, invités des blancs, et pratiquement rayé de la carte les visages rouges…  C’est le seul pays du monde où la plus célèbres de ses idoles n’est jamais sortie de son pays: Elvis Presley. Il a fait son service militaire en Allemagne. Son gérant était un colonel qui lui a pris 50% de profits. Les américains ne sortent pas de chez-eux. Ils sortent avec un drapeau accroché à leur auto. Un pays ou tuer n’est pas péché, mais absence de patriotisme, si.

Amoralité

C’est le pays du dilemme de la moralité et de l’immoralité. Ils ont inventé la Ford-T et l’hypocrisie. La Ford-T ne roule plus, mais l’hypocrisie est la formule 1  du monde moderne. Grand pays d’un nombrilisme à l’hélium: ils volent plus haut que tous et volent, dévalisent le monde dans un western planétaire. Complaisant à travers eux et les yeux plein de boue vis-à-vis le reste du monde. Les États-Unis n’ont aucune empathie pour le reste du monde, ni de compréhension et respect de la différence, de la richesse des cultures. On ne veut pas « aimer le monde », on veut le remodeler, l’aplanir.

Conquérants furtifs et vicieux

Le conquérant est désormais planétaire, destructif, faux moralisateur, religieux tout en étant dieu et diable à la fois. Si l’homme descend du singe, le singe devait être américain. Sinon, c’est dieu tout court et en 7 jours. On ne lésine pas… Ils ont également créé la techno-économie d’une fabulatrice construction pour éteindre par une barrière de langage toute résistance. Le reste se règle par les armes et la vente des armes.

On comprendra que ce grand falsificateur vicieux, de par sa réussite d’un monde étourdi de progrès, a été l’idole planétaire du xxe siècle. De la brillantine des capots de voitures, à la mode, et au vitrail du bien-être festif.

Ils sont pieux, immaculés. C’est là leur certitude. Eux, proclament encore leur mission de « dieu ». La « civilisatrice » et la cicatrice d’une planète profondément  lacérée par la vitesse du ramassis de richesses, même intérieures.

Les États-Unis, c’est le nazisme là où le nazisme n’a pas réussi. Le clan directeur, autant du côté de la richesse maligne et de réussite personnelle, que du pouvoir débile auront réussi à non seulement créer  le plus grand empire, mais le « just in time » aura fait en sorte qu’il n’y en aura plus d’autres à conquérir. C’est d’ailleurs cette affection du un riche pour le pouvoir de créer des uns riches, qui ont esclavagé autant les blancs que les noirs.

En bref, les États-Unis d’Amérique et d’amnésiques seront sans doute à la source – et la cause – d’une finale lancinante de l’humanité.

Là où il n’y a pas de respect, il ne peut y avoir de vie. Les États-Unis, ce temple laïque de 50 États , aura été l’incarnation d’un Lucifer ( pourtant noir) prônant la suprématie de la race blanche en format KKK. 

Gaëtan Pelletier

Comment la mondialisation a tué les bisons

Bisons

 

Il est maintenant plus que possible que la race humaine soit exterminée par cette recherche frénétique du profit pour le profit. L’étourderie des commerçants mondiaux et leurs pouvoirs de destruction dans une surexploitation des ressources. Et parmi ces ressources se trouve désormais l’homme-outil, lui-même marchandise. La mondialisation n’a pas seulement tué les bisons, car en poursuivant les moyens actuels de  d’une économie qui buldoze tout, sans réflexion,  ce n’est ni plus ni moins qu’un suicide collectif.  

Gaëtan Pelletier 

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Gilles Raveaud

Scott Taylor, professeur à l’université de Calgary (Canada), a fait une découverte : la quasi-extermination des bisons aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle n’est pas le résultat de la pression démographique des colons, ni de la chasse des Amérindiens ou de la construction du chemin de fer.

Elle résulte en fait d’une hausse massive du commerce entre les Etats-Unis et l’ancienne métropole colonisatrice, le Royaume-Uni, elle-même conséquence d’une innovation anglaise dans le tannage des peaux.

La population de bisons aux Etats-Unis a été pratiquement exterminée au cours du XIXème siècle : tandis que les bisons étaient 20 ou 30 millions au XVIème siècle, ils n’étaient plus qu’une centaine à la fin du XIXème siècle.

Selon Scott Taylor, il a fallu cent ans aux colons pour tuer tous les bisons vivant à l’est du Mississippi. Par contre, de manière tout à fait stupéfiante, les 10 à 15 millions de bisons restants dans les hautes prairies ont été massacrés en à peine 10 ans. Comment est-ce possible ?

Vers 1830, les bisons avaient été exterminés à l’est du Mississippi. A cette époque, les bisons étaient chassés par les indiens pour leur viande mais aussi pour leur peau, échangée dans les villes. Dans les années 1840, les colons ont poursuivi leur avance dans les grandes plaines jusqu’en Orégon et en Californie.

Les mouvements de population ont alors séparé la population de bisons en deux, au nord et au sud, matérialisée par la construction de la ligne de chemin de fer de la Union Pacific Railroad au cours des années 1860. A cette époque, en dépit des chemins de fer – détruisant l’habitat naturel des bisons et exerçant une demande croissante pour leurs viande de la part des travailleurs -, du marché local pour leur cuir, et de la conversion des hautes prairies en zones agricoles, la population des bisons n’a diminué que progressivement.

Mais cette situation a évolué brutalement peu après 1870, quand des tanneurs anglais mirent au point une nouvelle technique permettant de tanner les peaux des bisons.

Scott Taylor cite un article du Times de New York d’août 1872 :

Les peaux sont collectées à l’Ouest par les agents des maisons de commerce de l’Est, elles sont simplement séchées, puis transmises soit à New York, soit à Baltimore pour l’exportation…

Le bas prix que ces marchandises ont atteint sur le marché anglais, et la perspective d’une baisse accrue, pourrait à terme mettre fin à ce commerce, mais à l’heure actuelle, les peaux sont chassés pour leur vigueur, et, si le commerce continue, il ne faudra que quelques années pour exterminer les troupeaux.

Le marché des peaux de bison a en effet explosé suite aux nouvelles techniques mises au point en Angleterre, et à la possibilité pour les chasseurs des Etats-Unis de faire parvenir, par l’intermédiaire de maisons de commerce, les peaux en Angleterre. Jusque là, les peaux étaient quasiment dénuées de valeur. Le seul produit commercialisable à partir d’un bison était sa viande, mais ce marché était sévèrement limitée par les coûts de transport.

Taylor évoque les explications habituellement avancées du déclin du bison : la chasse par l’armée des États-Unis, la présence des chemins de fer, et les changements dans les pratiques de chasse des Amérindiens.

Bien que chacun de ces éléments puissent avoir contribué un peu à la baisse de la population de bisons, ses estimations suggèrent que la demande du marché mondial a joué un rôle central :

Les données sur les exportations nouvellement construites soutiennent l’hypothèse d’abattage axée sur les exportations, tandis que les explications alternatives que sont les chemins de fer, l’armée, ou les Amérindiens, semblent jouer un rôle beaucoup plus faible.

Les ordres de grandeur sont considérables. Mes résultats suggèrent qu’environ six millions de peaux de bison ont été exportées au cours de la période 1871-1883, ce qui correspond à la mort de près de neuf millions de bisons.

Pour Taylor, trois facteurs économiques cruciaux expliquent le massacre :
– une innovation dans le tannage des peaux
– le libre accès (sans coût et sans restrictions de quantités) des chasseurs aux troupeaux de bisons
– des prix mondiaux fixes.

Selon lui, le massacre des bisons est un bon exemple de surexploitation des ressources naturelles engendrée par deux phénomènes : une demande en plein essor, et une mauvaise régulation des ressources.

Taylor souligne “le rôle crucial joué par les marchés internationaux” dans cette évolution. Et explique pourquoi elle n’a pas pu être corrigée par les mécanismes marchands :

bien que le massacre des bisons ait été un événement majeur dans l’histoire des États-Unis, cet événement était mineur sur la scène mondiale.

De ce fait, certaines des propriétés typiques du système de prix du marché, comme l’isolement [le fait que chaque marché soit séparé des autres, ce qui permet d’établir le prix de chaque marchandise] et de signalisation [hausse du prix lorsque la ressource se raréfie] n’ont pas pu fonctionner.

Commentant ces résultats, Timothy Taylor (sans lien avec Scott), en conclut que lorsque de petits pays et des petites économies à travers le monde expriment leurs craintes que la combinaison de nouvelles technologies et d’une hausse de la demande mondiale anéantissent leur habitat naturel ou leurs ressources, les Américains devraient écouter.

Il note par ailleurs que la quasi-extermination des bisons fait partie des événements qui ont mené à la création d’un mouvement environnementaliste américain. Selon Scott Tayloe,

Pour de nombreux Américains de l’époque, le massacre semblait inutile et mauvais (…). L’abattage du bison a été déterminant dans la montée du  mouvement conservationniste à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

La quasi-totalité des acteurs importants dans le mouvement conservationniste, comme Teddy Roosevelt, John Muir, et William Hornaday, avaient été des témoins de ce massacre.

La création du système des parcs nationaux en général, et celle de Yellowstone, en particulier, reflètent la répulsion que beaucoup éprouvaient à l’égard de l’abattage des bisons sur les grandes plaines.

http://www.leconomiepolitique.fr/

Un n’art de vivre…

 

Trump – Clinton : Le Superman et la Joconde

Donald Trump

«Je joue avec les fantasmes des gens. J’appelle ça l’hyperbole véridique. C’est une forme innocente d’exagération – et une technique de promotion très efficace.» Donald Trump 

On dit que le grand-père paternel de Donald Trump fit fortune dans les lupanars des villes champignons pendant la ruée vers l’or du Klondyke. Ce clown de Donald Duck Trump, grossier, est « malheureusement » un homme intelligent. Les républicains se félicitaient  sans doute de sa réussite jusqu’à ce qu’il dise tout haut ce que les républicains pensaient tout bas. Ce saltimbanque, amuseur de foules s’est lancé dans la grande foire de la course avec une philosophie (sic) toute simple de bonimenteur: « Si je suis riche, tout le monde peut-l’être ». Oui, il joue du fantasme comme Liberace jouait du piano. Il sait faire des arpèges éblouissantes de cet univers étasunien dont il connaît les faiblesses et les forces.

On se demande alors de quoi se plaignent les républicains représentants de cette race droitiste mercantile,de  parvenus et d’ hypocrites?

Au fond, Donald Trump, c’est l’Amérique! Riche, idiot, mais manipulateur intelligent, cultivé comme un navet, nombriliste. Un psychiatre dirait de lui que son « franc parler » n’est qu’un  moyen de manœuvrer.

Ce pays au crucifix d’une main et une arme de l’autre est incarné dans la « subtilité » du langage de Trump. L’âme américaine souffre d’une schizophrénie et d’un consternant narcissisme : On se regarde mais aveugles des autres.

Le rêve américain c’est d’être le cauchemar des autres nations.  Le rêve américain c’est d’être l’illusion de sa propre nation trompée, violée de par ces béotiens satinés de la cravate et du complet.

À l’image des super héros, Mr Trump est le résumé de la légèreté des U.S.A qui ,depuis quelques décennies,  trouve son cinéma dans les bandes dessinées de super héros volants, hyper puissants.  Étourdis dans leurs réussites techniques, le cinéma n’a plus rien d’humain: Il encense les effets spéciaux et les films ne tournent plus que dans un flux hollywoodien asséché d’une … Amérique dans l’espace, une riche.

Au fond, MR Trump, bien occupé à se tailler une place, représente le le « bon-vilain », rebelle de campagne et du désordre intérieur d’un pays à bout de souffle.

Il était le candidat  idéal pour le parti Républicain, mais il perdra à la présidence à quelques centimètres près…La longueur de son pénis. Le mot pénis ne fait pas partie du vocabulaire des étasuniens, encore moins des républicains.

Et Hillary?

Les étasuniens ont eu des blancs, un noir, il ne reste plus pour l’apparat du changement qu’une femme:  Hillary Clinton… Le « jeune » G W.Bush vantait les mérites du sourire franc de Poutine. À  regarder Madame Clinton discourir avec son sourire factice, quand elle referme les lèvres, on dirait la Joconde qui se moque de nous. Si elle se moque de nous, elle se moque de son peuple…

Mais en quoi les peuples peuvent, pour l’heure, intéresser les politiciens? Un règne de 8 ans de l’un ou de l’autre des candidats ne mènera qu’à une continuité de « l’esprit américain ». Jusqu’en 2025… Le quart de siècle le plus dévastateur de l’histoire de l’humanité. Un pays qui cherche à prolonger sa mainmise sur le globe. Hitler avait rêvé d’un règne de mille ans.  Combien de peuples dans ce monde souhaitent l’hégémonie lancinante de ces cow-boys  et la fin de leur règne de terreur hypocrite?

Gaëtan Pelletier