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La merveillure du chat du VUS

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The White Cat, Maud Lewis 

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J’ai fait le trajet de quelques kilomètres avec un homme propriétaire ou locataire d’un VUS. Il y a des êtres d’éternité d’ici qui trouvent passionnant cette vie de « citoyen modèle » dont la réussite, l’ultime, est dans la merveillure (sic) de ce monde.

All Things Must Pass, disait George Harrisson. Et, en plus, il le chantait… Le conducteur, lui, était ivre de toutes ses réussites sociales, y compris les diplômes de ses enfants, leurs professions  ainsi que de l’intelligence des gadgets dont il était entouré. Autant dans son véhicule semi-spatial (déjà reflet de ses vues) que celles de ce « monde ».

C’est à 14 ans que j’ai cessé d’avoir des ambitions. C’est déjà bien tôt pour être mal vu. Les ambitieux d’une ambition différente sont des parias. Oui, on est mal vu quand tout ambition peut se résumer à apprendre la complexité des êtres, de nos âmes ( Hun, selon le taoïsme). Rejeté au rang des lâches et des loosers.

Mais puisque toute société et, par conséquent, l’avenir de cette planète passe par le chapelet des « HUN », il faut être conscient non seulement de ses actes et de sa multiplicité, mais chercher un peu plus loin que le rein et autres pièces « détachées » du module chair.

La nourriture sociale actuelle étant d’un clinquant de pubs, même celles projetées par l’État dans lequel nous vivons ( que trop de liens sales avec la gente des affaires), il faut e méfier de cette vision pauvre qui nous est le plus souvent imposée.  Le corps n’est qu’une machine. L’Univers est une machine. Une machine étriquée au rang de la compréhension humaine…Elle même – si amoureuse des raccourcis pas trop fatigants – émincée. On ne recherche pas la subtilité, on la croit. Du moins on croit celle qui nos est vendue. Et les acheteurs sont nombreux. On s’arrange pour que vous n’ayez plus le droit de penser par « vous-même » en vous occupant. On fait de vous le lapin qui coure le plus vite.

Voilà notre monde mené par des enfants qui ont perdu toute leur magie. On vous dépouille de celle-ci comme on a dépouillé les peaux des bêtes pour en faire des chapeaux à l’échelle du marché et des modes.

La culture de la certitude…

Or, nous sommes tous des tableaux jamais vraiment terminés. Pareil à celui de la peintre Maude Lewis qui avait refusé de vendre un tableau représentant un chat blanc. Il n’était pas terminé puisqu’elle n’avait pas encore peint ses yeux.

C’est malheureusement ce dont à quoi nous sommes livrés en ce monde: vendre vite et cher des toiles non terminées. Des créatures sans vision mais aptes à l’esclavagisme.

Gaëtan Pelletier

Effondrement : COUSTEAU résuma en 2 minutes ce qui nous arrive(1977)

 

Le chant du cygne

La nature nous le rendra

 

Merci à Jacqueline pour la suggestion

La ruée vers la glace

Pour se venger de l’homme et de ses abus, la nature nous a envoyé un tueur : la chaleur. Quand je suis allé me baigner, les poissons suaient dans l’eau. L’eau était si basse dans la rivière que les poissons se tenaient au fond de peur de manquer d’eau. Comme les humains.

Comme dans le film d’Aki Kaurismäki, J’ai engagé un tueur, la chaleur nous a poursuivis pendant tout l’été. Les pelouses ont rendu l’âme. Elles étaient jaune chinois. La pelouse du voisin a rendu l’âme. Elle est morte devant nos yeux. Elle ne pouvait pas mourir devant nos oreilles. On n’entend pas les pelouses mourir. Ni les arbres.

-Il fait tellement chaud que je m’habillerais Adam.

-Encore.

Pour le vélo, on a pédalé à l’intérieur de la maison,  quasiment au frais. J’ai attendu l’automne comme on attend une princesse au coin d’une rue. Elle est venue avec ses vêtements tout trempés.

« Tu reviendras l’été prochain. Je te jure que tu vas sécher. »

Et la princesse fit demi-tour, se transforma en neige un peu plus tard.

Le soleil s’était mué  en une arme infernale.  Dès que l’on mettait le nez, la bouche, la joue, la jambe dehors,  le calorifère cosmique nous ramenait à l’intérieur en courant. On faisait nos courses dans l’air conditionné des super marchés. Ils fabriquent du « petit air du nord » à la machine.  Dans 30 ans, peut-être qu’un descendant des Chaplin fera un film : La ruée vers la glace

On ne s’en fait pas trop. On s’est dit que si nous pouvons aller sur la lune, nous pouvons aller quelque part ou la l’homme peut leurrer la truite. Avant, on était poisson. Maintenant on coure les rivières. Elles arrivent avec des programmes sociaux, des promesses, … pour leurre… rien d’autre.

Un temps fera son temps.

Et les fourmis, bien au sec,  s’empressèrent d’investir les armoire, courant sur le plancher pour s’évader. On grimpait sur les chaises. Nonnnnnnnnnnnnnn!

— Nous avons peur des fourmis, mais pas des centrales nucléaires, ni des bombes. C’est curieux?

– C’est l’été, mon amour! Et l’été c’est beau.

– Mais il fait tellement chaud qu’on ne peut plus aller dehors.

– On ira l’hiver prochain.

Et il neigea à travers la fenêtre.

« Dire qu’on a sucé des glaçons pendant tout l’été ».

Gaëtan Pelletier

Prohibé

picasso

La femme qui pleure – Picasso

Il y a cette dame qui lutte contre chacune de ses rides en étalant le rayon des cosmétiques sur chaque cellule de sa peau, confiante que ses chaussures tendances et ses vêtements dernier cri (le même qu’a eu son conjoint en la voyant) lui épargnent l’outrage d’être elle-même.

ENFANT ORDINATEUR

Il y a ces enfants qui avant de grimper aux arbres savent formater un ordinateur, installer Windows et contourner le contrôle parental.

Il y a ces polliticailleux tous mus par une soif d’atteindre une rente viagère confortable, confiant l’honneur et le mérite à un distributeur de médailles qui une fois l’an pique la curiosité des médias et la poitrine des récipiendaires en les marquant du sceau: Government approveed!.

 

pancartes1

La rue, la butte de terre, le poteau électrique sont autant de vitrines de propagande pour les rois de la pub munis de cloueuses électriques et de contrats juteux: on va te la vendre l’idée! Squatage de biens publics pour la gloire des «un-jour-je-régnerai». Foi de poteau!

bourse tokyo

La finance n’en finit plus de tenir les statistiques de ses statistiques et d’émettre quelques communiqués sur sa progression aux effets rouleau compresseur sur l’économie: des trimestres tous plus chiffrés que les précédents, statistiquement à la hausse, inversement proportionnels à la réalité commune.

Les publicités sont toujours plus efficaces: 89% des gens utilisent un produit et sont satisfaits. On ne dit pas que 100% croient qu’ils sont dans le 11% qui l’ignoraient. Le syndrome du bonnet d’âne effraie. On peut miser sur ses effets.

Il y a le courant social qu’un vent de folie rythmée au « bling bling tchiqua ching » scande. Appuyez sur F1 pour dérégler l’harmonie et s’entame le karaoké des esclaves qui chantent pour oublier leurs chaînes.

Que penser de la tendance mots-clefs:  rôle social. Mieux que la conscience qui demeure un choix de libre-arbitre, le rôle social peut pour sa part s’armer contre lui-même, faire le travail ingrat des décideurs à court d’idées et de volonté. Si on lui laisse l’illusion qu’il est puissant, ces derniers s’embêteront moins à devoir sauver les apparences, l’important étant d’avoir l’air de collaborer jusqu’à ce qu’un autre puissant rôle social aille butiner ailleurs et que les choses reprennent la même place inchangée. On aura greffé deux ou trois nouveaux intervenants et autant en emporte le vent.  On dirait presque du home staging et le camion qui ramasse le décor attend prêt à partir en tournée ailleurs. Sale p’tin d’banques et clowns riches au QI ravagé par des pirouettes mentales devront suivre la foule qui les réclame vers d’autres lieux, d’autres vents.

Il y a cette lubie de citoyens soucieux que les travailleurs qui se promènent sur le trottoir (ils précisent le rôle des gens lésés car on ne peut pas être simple promeneur dans l’histoire) devraient pouvoir respirer autre chose que la fumée de cigarette provenant des terrasses. Peut-être sont-ils en manque d’émanation d’essence, le prix de cette dernière ne permettant plus que les effluves soient aussi perceptibles et enivrantes qu’aux jours d’antan.  Quoi qu’il en soit, si le rôle social parvient à brimer ses propres droits, on ne saurait ne pas l’y encourager.  Il y aura moins de boulot à  faire pour empiéter sur les droits et libertés.

La charte des droits et liberté, qui sera bientôt imprimée sur les rouleaux de «PQ» aura toujours son utilité. Il suffira de savoir par quel bout la consulter. D’ailleurs je m’étonne que ces fameux outils promotionnels incontournables n’aient pas été plus exploités. Je lance l’idée. Je sais j’aurais pu devenir riche en la faisant moi-même. Riche à rien, comme il y en a beaucoup: un brassage d’inutile et un rinçage d’inutilisable. On alterne.

 

les labours

La Leçon de labourage (1793-98) – François-André Vincent

Quand tout est prohibitif peut-on dire qu’il y a prohibition? Il y aurait donc des effets sans cause: Il faudra une médecine pointue pour soigner tout ça. La médecine de profil client a de l’avenir.

Lorsque l’habitant tirait la charrue et le boeuf et que le tout basculait dans une ornière, il n’y avait pas de puissante machine pour les en extirper. Elle n’était pas inventée et à l’époque où elle le fut l’habitant n’a plus eu besoin d’elle. A croire qu’il faille toujours courir après le progrès au cas où un jour nous serions en parfaite synchronicité, pas derrière ni devant mais dedans. Et roule l’inutile dans un désordre alarmant où se côtoient folie et développement durable dans une cacophonie bling bling digne de Picasso IV. Personne n’a les moyens d’y échapper.  Esprit censuré, volonté prohibée.

Un chausson aux pommes avec ça?

ELYAN

http://centpapiers.com/prohibe/

L’art de la délogique

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Le 21 ième siècle est l’art de la délogique et du mensonge: On vous dira que c’est l’Océan ( les banques et les énormes entreprises) qui nourrissent les rivières ( les travailleurs, les citoyens, les « petits »).  Comme si les rivières et les fleuves avalaient l’eau des lacs. Que les océans remontaient vers les fleuves. Et que l’argent, finalement, façonne les humains…

Gaëtan Pelletier, Entrepreneur en reconstruction de la réalité