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Le sein

Ce que l’on n’a pas compris de « NOUS » c’est que chacun est lié l’un  à l’autre, ( à tous les autres, en fait,)   que chacun est nourrit l’un par l’autre et l’autre par l’un. Physiquement et intellectuellement.  On ne peut pas séparer l’un de l’ensemble. Si l’un se sépare, c’est une question d’orgueil, de vanité et de totale incompréhension du phénomène de la vie.  Si l’un est méchant, il se peut qu’il soit ignorant de sa méchanceté. Si l’un est amour, il se peut qu’ils soit ignorant de son amour. Mais fondamentalement, personne n’existerait sans tous ces apports de l’un à l’autre.  Si l’un est savant, c’est un héritier de la Vie.

Personne n’existerait dans cette « culture » ou savoirs qu’il ou qu’elle chérit tant et dont plusieurs cherchent à s’approprier… comme SA création.

Pas même Einstein… Avant d’être l’unicité, il est la somme.

Alors, il ne reste que l’amour, ce bizarre phénomène « expliqué » par les biologistes.

Personne ne peut exister sans les autres… Sans la culture, sans le passé, sans la misère, sans les réussites de l’ensemble.

Les « dieux » terrestres se font eux-mêmes, mais nous sommes là pour les nourrir. Et ils sont là pour nous nourrir. Quand vous rencontrez quelque’un, ne serais-ce que de le croiser, vous rencontrez une partie de vous.

Hélas! Dans cet enfer de culture de l’individualisme, il s’accentue cette pauvre certitude d’être « d’une valeur supérieure ». C’est là la souche du mal. Le poison. Les petits Satan de papier, dans leur cheminement et au choix de l’argent au détriment de la Vie, de toute vie, détruisent l’éden et leur propre enfer du même coup. Ils y perdent leur petit royaume qu’ils croient avoir créé.

Gaëtan Pelletier

La société et l’individu

La société et l`individu

« Tous les problèmes auxquels l`humanité se trouve confrontée aujourd`hui- qu`ils soient moraux, sociaux, religieux ou politiques- sont issus de l`aveuglement psychologique de chaque individu. Du refus vaniteux de chaque individu à s`avouer la vérité à son propre égard émergent des sociétés fondées sur le même aveuglement, et caractérisées par conséquent, par la même impuissance à résoudre ses problèmes. ** La crise de civilisation que nous traversons a sa source dans la faiblesse psychique de chaque individu. La société n`existe pas. Seuls existent les individus dont l`ensemble constituent la société. La société reflète l`ensemble de vérités et d`erreurs que les individus passés et présents ont découvertes et transmises. Elle est ainsi le reflet de l`état d`esprit des individus qui la composent. ** Si l`esprit des individus est sain, c`est-à-dire clairvoyant et prévoyant, la société qu`ils fondent, est bien constituée. Si leur esprit est malsain, c`est-à-dire déformé et aveuglé par les imaginations sur le monde extérieur et le monde intérieur, la société est mal constituée. ** Or l`aveuglement de l`esprit des individus peut se manifester collectivement de deux manières, opposées l`une de l`autre, ou ambivalente. Il peut se manifester soit sous la forme d`un spiritualisme qui exalte l`esprit ou bien sous la forme d`un matérialisme qui exalte le monde matériel. ** De tout les temps, les sociétés ont ainsi vacillé entre le spiritualisme et le matérialisme, les deux pôles ambivalents d`une même erreur, de la même maladie de l`esprit: son aveuglement par la vanité. ** La conclusion qui s`impose est donc que l`on ne peut guérir les sociétés malades qu`en soignant l`esprit des individus. Sinon, toutes les améliorations extérieures, aussi bénéfiques qu`elles puissent être, seront tôt ou tard anéanties par l`esprit déformé des individus. ** Dr. Marianne Sedar À la découverte de soi-même

De François Marginean sur Les nouvelles internationales


Joyeux sapin!

Sapin animé

 

L’image de l’arbre comme symbole de renouveau de la vie est un thème traditionnel païen qui se retrouve dans le monde antique et médiéval (voir notamment le culte idolâtrique et les nombreuses mythologies liées à l’Arbre du Monde) avant que ce symbole soit assimilé par le christianisme.

Wikipedia

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La parlure des arbres

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Ce matin je suis allé marcher dans la forêt. La forêt a rapetissé parce que  de colossales machines d’acier à grandes gueules broutent   les arbres comme les vaches dévorent les herbes des pâturages, comme les rasoirs cisaillent des barbes des mentons, au point de se demander s’il restera des arbres un jour. Des arbres qui sifflent aux vents et qui répondent aux oiseaux.

Je me suis dit que si « dieu » existe, c’est un arbre, car on ne le voit pas. Il est caché derrière tous les arbres comme se cachent les arbres derrière tous les arbres. Ce  sont des dieux reliés entre eux par des racines invisibles, biscornues, de temps en temps boursouflées  à  en sortir de terre,  qui s’en vont fouiller les sols pour se nourrir avec leurs grandes mains noueuses  et tentaculaires.  Les arbres se respirent entre eux. Ils prennent l’air du vent, l’avalent et, curieusement, ils l’ont fabriqué eux-mêmes en quelque sorte.  Mais pas seuls… Avant, je n’avais pas pensé à ça, parce que pour bien penser il faut « se laisser penser ».  Il  est des arbres  qui , en vieillissant, s’écroulent pour nourrir les autres. Mais ce sont les gros arbres  qui sèchent, pourrissent, qui tombent et écrasent les petits. Victimes de ce qu’ils ont conçu ensemble avec le reste de la nature: le vent. Plus ils sont hauts, plus le vent les touche. Alors, ils tombent pendant que l’on dort.  Comme s’ils craignaient de nous faire peur avec leur propre mort.  Mais je n’en suis pas certain… Les hommes, on les enterre rapidement,   mais les arbres ne s’enterrent pas entre eux. Un arbre ça ne se penche pas, mais quand ça se penche, c’est au ralenti et c’est pour finir dans la terre où il a poussé. Ils vieillissent comme s’ils avaient des os, finissent par être rognés, mollir, plier, puis se transforment en poudre d’arbre. Ce qui en fait de la terre…

Mais il y a des arbres qui parlent:  Il se penche et dit: « Regardez ce qui va vous arriver ». Vous allez fléchir sans réfléchir, car si vous ne réfléchissez pas à votre fléchissement vous allez faire l’erreur de ne pas bouger et voir l’arbre tomber. C’est l’avantage des hommes que de prévoir. Mais quand les hommes ont les pieds tellement ancrés dans les certitudes, ils ne bougent plus.  On dit qu’ils prennent racine.

Quand t’es petit, t’es pas vraiment un arbre; t’es un « arbrion », fluet, mais tu ne t’inquiètes pas trop à savoir si tu vas vivre ou mourir. T’es frêle comme un drapeau d’un pays. Et quand il y a une grande peine, ils descendent le drapeau et vous disent qu’il est en berne. Le drapeau « deuille » pour vous…

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Ça fait des semaines et des semaines  que je vais chaque jour marcher dans la forêt. Au début, je me suis dit qu’il n’y avait rien à apprendre de la forêt parce que c’est comme une matière première à abattre.   Comme les pauvres… Les politiciens lèchent les caméras pour parler des pauvres. Ils ne disent pas qu’ils sont pauvres, ils disent que les pauvres ne veulent pas devenir riches. Mais ça c’est une autre histoire, en même temps que ça n’est pas une autre histoire puisqu’il n’y a pas d’histoire sans que la grenouille, le lombric, le croque-mort, Aristide Morin, Mohamad Saïd Salibi, la truite et les nuages ne soient liés.

Je vous le dis sincèrement, je n’ai jamais eu « d’intentions » en allant passer des heures en forêt à marcher. Je ne me suis pas dit: « Je vais méditer ». Je me suis dit que j’allais faire de l’exercice pour secouer un peu les vieux muscles accrochés aux vieux os. Mais plus j’y allais, plus je revenais en forme,  vers 11h30 et que j’étais vivant comme  à 20 ans , complètement électrisé  sans en comprendre la « raison » . J’ai compris un peu plus tard, à force de marcher et de marcher en regardant des arbres et même la foultitude de petits sapins de Noël qu’il y avait un cadeau en dessous des tout petits sapins qui échappe à la vue des humains. Le cadeau des arbres est de m’avoir fait comprendre que la pauvreté, au fond, c’est de ne se servir que de son cerveau. La pauvreté c’est de ne pas voir l’autre dans son miroir. Comme s’il n’y avait rien d’autre qui avait quelque chose d’intelligent à dire. Aujourd’hui, nous sommes pauvres à n’en plus finir. On est en train de mourir dans une pauvreté planétaire. Comme disait quelqu’un que je ne connais pas très bien: « On pisse dans l’eau que l’on boit ». Si les arbres prenaient notre eau, je pense qu’ils deviendraient malades. Mais il attendent que le ciel leur en envoie. Puis ils s’abreuvent avec leur bouche racine et leurs feuilles et échangent entre eux l’eau qui tombe du ciel. Les humains, eux, en trouvent, la mettent en bouteille et la vendent.

Mais le plus étonnant est que les humains n’ont jamais compris la forêt. Ils ne savent pas qu’un arbre seul ne peut donner une forêt.  Les arbres ne s’arment pas pour détruire les autres arbres. Et ici, au Canada, les arbres ne se demandent pas pourquoi l’érable côtoie le sapin, le bouleau, l’hêtre, le merisier. Les arbres de même « nature » ne se regroupent pas pour combattre les autres arbres.  Les arbres ne disent pas: « Je crois au ciel, même s’ils ont tous les feuilles rivées vers le ciel. Ils ne disent pas, « Je crois aux racines, même si ils ont des branches qui ont l’air de s’incliner pour zieuter le sol pour dire:  » Mes racines sont plus grosses que les tiennes ».

Non!

On a écrit tous les livres du monde avec des arbres, mais les arbres n’ont jamais écrit de livres. On en a fait des maisons, du carton, du papier, du carburant à homo-sapiens, des feux de camp pour chanteurs d’occasion, des sculptures, du sirop, du thé, des canots, des frégates, des cuillères, des arcs et des flèches, et des balançoires pour enfants…  On a fait de la Terre ce qu’on peut faire avec les arbres. Mais, on les a tués… Un arbre mort est utile, mais il ne parle pas.

Les arbres ne se sont jamais dit:  » J’ai tout ce qu’il faut pour fabriquer un arc et des flèches. Il me suffira de me secouer un peu pour faire tomber l’oiseau et lui voler quelques plumes ».

C’est comme ça qu’en marchant ce matin, j’ai croisé, comme presque tous les jours Marie-Perdrix. J’ai la manie de donner des noms aux animaux comme si un être suprême en avait fait quelque chose de singulier. Ils le méritent. Et un à un . Comme « baptisés » dans leur unicité. On donne bien des noms aux chats, alors viva Marie-Perdrix!  Et je me suis dit qu’on devrait vivre comme des arbres. Ainsi, on pourrait marcher fièrement à travers nous sans penser qu’un autre aura des plans bizarres pour nous dire comment  vivre. J’ai dit pour « vivre », mais au fond je devrais dire pour nous faire mourir à petit feu, ou dans une sorte de bûcher économique, pour flamber toutes les Jeanne-d’Arc du monde. Car non seulement ils veulent être un grand arbre, mais avoir toute  la forêt. C’est bête et stupide, car ils utilisent des arbres, leur font la leçon, les instruisent, et brûlent ceux qui semblent ne servir à rien. Puis ils prennent les livres écrits sur des arbres mis en feuillets et font une sorte de propagande pour contrôler les arbres.

Et ce sera comme ça à Noël: on chantera la paix, l’harmonie, on sortira les mouchoirs de papier ( fabriqués avec des arbres), on pleurnichera. Et ça se vendra comme des petits pains de sapins. On se dira qu’on est grands, fils de dieu, qu’on a des émotions et de bonnes banques. Et qu’elles ont remplacé les voleurs de coffre-fort.

Les humains cherchent des systèmes complexes sur l’art de bien vivre. Et les spécialistes-technocrates  sont nombreux  pour vous faire des plans de l’art d’être heureux. Mais au fond, c’est bien simple: il suffit de cultiver des terres, de prendre soin de son voisin comme la prunelle de nos yeux, tout en sachant qu’un jour on ira sous terre,  séchés comme des feuilles d’automne et  qu’on aura nourri quelqu’un.  Il n’existe pas de grands plans pour l’humain. Il y a 7 milliards de dieux, sans compter Marie-Perdrix, des poissons, de la lumière, de l’eau.

À Noël, ne pensez pas donner quelque chose, mais donner quelqu’un: vous. Emballons nous de la Vie!.. Le reste a peu d’importance.

Gaëtan Pelletier

 

Ces génies qui calculent

Jean-Paul Sartre

Est apparu un de ces génie-prêtres dans les médias qui a trouvé la formule pour éradiquer le tabagisme source de tous les maux de la Terre. Il en est comme ça, des soutanés de diplômes qui veulent le bien de tous et s’accrochent à une virgule…

Le type a dit qu’à chaque fois que l’on augmentait le prix du tabac de 10%, il y a 4% des fumeurs qui cessent de fumer. À voir son sourire, on voyait bien qu’il se disait qu’en les augmentant de 50 %, il n’y aurait plus de fumeurs pour « causer toutes les maladies ».

Ce type est un génie.  J’ai moi-même calculé, en tant que non génie, que lorsque l’on augmente le salaire de nos dirigeants de 10%, ils perdent 4% de leur Q.I. et de capacité de réflexion.

Oléoduc

Le Kanada, ce simiesque représentant porte-à-porte du détraquement étasunien, se prépare à installer un oléoduc de part en part du pays. Environ 5000 km.

En cas de fuite – puisque l’oléoduc doit obligatoirement passer les cours d’eau  -, une faille pourrait créer une catastrophe sur des centaines de kilomètres dans l’Est du pays, puisque que les villes et villages prennent leur eau potable dans ces rivières.

Alors, un autre génie, sorti d’une lampe en forme de Wall-Street,  a tout de suite rassuré les gens.

« C’est sans faille, puisque c’est contrôlé de Vancouver, et qu’au moindre bris, les circuits sont coupés ».

Ah! Tiens donc, petit embouteillé et étouffé de cravate à double nœud: Vancouver, c’est vraiment à 5000 km. Le temps que l’opérateur aille uriner, il sortira des milliers de litres d’or noir  de ce robinet.

Le Trans-Alaska

Ne comptez pas sur Wiki pour connaître la vérité sur l’oléoduc Trans-Alaska. On finit par lésiner sur la sécurité, et l’entretien  du « transporteur ».

Les « athées » ont changé de religions: les voilà déportés vers ce qui paie, rapporte, peu importe les dégâts. Mais le plus fascinant est que cette nouvelle religion de l’avoir peut tout régler et il y existe un ordre de gradés dans les gradins des gratins: les petits luttent pour les sacs de plastique, d’autres pour les fumeurs, d’autres informent les enfants des « petits gestes importants » pour l’environnement.

Il n’y a pas de candeur dans ces balbutiés tordus. Ils créent des adeptes fondus, coiffés à droite, propres comme un Sir à plancher. Mais ils n’ont rien à cirer… Sauf eux, leurs avoirs, leur superbe carrière, et le développement infini.

Je sais calculer moi aussi: depuis le début de l’humanité, les données sont fort mauvaises en ce qui concerne la survie du corps: 100% sont disparus . J’ai calculé: il y a 100% de chance (sic) que je meure…

Et si on calcule le nombre d’imbéciles « instruits » à la religion de l’argent, le nombre augmente. À chaque fois que l’on augmente de 100% le salaire des dirigeants, les paumés goebelliens  fabriquent des imitateurs de grimaces à faire geler un thermomètre. Brrrr!

C’est épeurant! Avec tout ce qui traîne comme saleté dans la nourriture, l’environnement, on risque de mourir plus vite que nos ancêtres du moyen-âge. Et au coût de 7000$.

Étant donné que nous sommes de plus en plus athées, bref, machines-charnelles, non-voyants ( elle est bonne) de la Vie, nous payons pour un voyage qui n’existe pas.  Les athées nous demandent de partir dans une urne.

Après avoir bu un peu trop d’eau Léo-Duc.

La royauté et ses titrés n’a fait que changer de nom. Et de mieux en mieux camouflée…

Les banques sont les nouvelles églises de ce siècle.

Amen! ton argent…

Gaëtan Pelletier

25 août 2013.

La faim des temps : L’ultime cercueil de l’Univers

Hui

Contraction de à le jour d’hui, où le a le sens d’un dém. L’a. fr. hui, hoi « le jour où l’on est », attesté dep. ca 1100 (Roland ds Gdf.), est empr. au lat. h?die « id. », lui-même contraction de h? die

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On devrait donc plutôt dire que c’est la réalité tout entière qui « passe », et non le temps lui-même, qui ne cesse jamais d’être là à faire justement passer la réalité. Ainsi discerne-t-on, à l’intérieur de l’écoulement temporel lui-même, la présence surprenante d’un principe actif qui demeure et ne change pas, par lequel le présent ne cesse de se succéder à lui-même (« Le temps lui-même en l’entier de son déploiement ne se meut pas et est immobile et en paix » , pour reprendre les mots de Heidegger). Ainsi donc, voulant dire que le temps est ontologiquement associé à la labilité et à la fuite, on se retrouve à devoir envisager son … immobilité ! Étienne Klein

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La créature « charnelle » a faim de  temps. Mais dans un seul jour, parfois, nous délaissons ce que nous croyons vraiment « inutile ». Or, cet « inutile » n’est qu’un trie  de l’intellect. La chair garde la chair… Mais en dessous, en creusant, en s’attardant, la plus belle et la plus grande chose de ce monde est de s’arrêter sur ce qu’on a vécu, pas à pas, cellule par cellule, grain à grain, délicats, possiblement glissant entre les doigts de l’esprit.

La beauté est une lueur… Mais pour la saisir, pour en croître, il faut les grandes mains de l’âme…

Oui, le corps a faim des « choses », l’égo a soif pour se satisfaire dans cette vie. Nous courons les demain pour nous satisfaire, les images fixes, alors que tout est en mouvement. L’humain, fripé, encagé dans ses sens,  trempé dans l’effervescence que trop dénaturée par la les gifles continuelles  de petits malheurs qu’il crée, en dieu déchu qu’il est, perdu, constamment flapi, exténué, perd de son essentiel dans une surexcitation sociale. Le monde a créé ses propres démons, et le feu est le feu que nous alimentons par le souffle géant qui nous bombarde chaque jour.

Mais chaque jour peut être une vie…

Hui

Il n’y a pas qu’un temps… Il y a des temps. Comme des mesures en musique.

Oui, hui…

Ce matin, en me levant, pendant que la bruine luisait tout sur le sol, comme si les larmes d’une certaine tristesse s’étaient imbibés dans les herbes, le bois, la voiture, et la vision de objets lointains. Le ciel était lourd. Trop lourd!…

Je suis sorti, j’ai regardé chaque goutte, chaque sculpture  d’eau, avec autant d’attention qu’il m’était possible. En séparant la tristesse de mélancolie dont nous sommes embués , la lumière manquante, l’interprétation parfois empoisonnante.

L’intellect  boit tout, mais l’âme se doit d’être un filtre…

On voit alors que la beauté existante est utile et non pas seulement une aigreur dont on se nourrit. Il faut ouvrir sa vision à la nécessité de la nature de planter ses gouttes en masse, de nous arroser en une douche qui atteint nos âmes. Mais elle ne le fait que pour la nature. Nous ne pouvons pas voir la joie des plantes de se nourrir… Nous ne percevons que notre manque d’éclairage, sans doute lié à nos vies plus profondes, d’un monde autre.

La douleur n’est qu’un ventre pour l’enfantement d’une joie, d’une reconnaissance et d’un pouvoir de transformation.

On ne peut pas séparer les gouttes de la mer et le plaisir de naviguer sur l’eau…

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De par ce petit voyage vers Québec, à la vue des arbres déjà défoliés, je ne songeais pas à rien, car il ne faut pas interpréter le sens de ce que nous voyons, mais simplement le regarder.

Nul besoin d’une formule ou d’un OM pour prier. Prier ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Prier s’adresse à soi. Et, en même temps, à tous. Mais la plus belle prière est de chanter ou chantonner.  Ce petit exercice qui allie la parole aux vibrations efface complètement la nature de l’esprit qui divague dans son torrent de pensées, tout bouillonnant.

Chanter, suivre le rythme est retrouver, sans cérémonie, délavant toutes les strates du temps qui finissent par nous bouchonner.

Le tunnel, c’est nous qui le créons. L’égo est un cheval sauvage…

On ne peut pas danser si on est en déséquilibre.

Le web est saturé d’analyses. Changent-elles quelque chose en vous? Sinon qu’une nouvelle couche de malheurs dans lequel vous vous laisser noyer?

Il y a l’eau et la boue.

La chair, l’intellect, s’en délectent. Mais en même temps, il fige tout cela dans un cursus à grand risque : la vitrification.

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Il y avait bien des années que je n’étais pas passé dans un centre d’achats. Je me suis assis sur un banc, regardant les gens passer, puis j’ai levé les yeux vers les décorations de Noël. Une petite lumière scintillait, pendant qu’en bas, il y avait un défilé d’humains. Regarder sans juger, comme les arbres, c’est voir un peu…

J’imaginais qu’ils cherchaient des cadeaux.

Je suis sorti. Les nuages étaient là. Mais encore faut-il voir au-delà, les déchirer, se dire qu’ils ne sont pas notre tristesse d’automne, mais encore une illusion de nos êtres mais une nécessité de la nature.

Choisir de voir c’est en même temps se débarrasser de la notion du choix de ce que l’esprit, l’intellect choisit.

L’âme, elle, quand elle reste ouverte et silencieuse, ne choisit pas, ni ne se laisse enfouir.

Au fond, il n’y a pas de recette. L’art est une manière d’éviter les recettes. Mais la meilleur manière de les éviter est de se mieux connaître, de s’attarder, de ralentir…

Peu importe les douleurs des ciseaux sur les sculptures, l’effroi des mots et des formules auxquelles nous tentons tous d’échapper, le seul art qui demeure, reste et perdure, est celui de se sculpter à partir des outils des autres mais en délaissant leurs œuvres.

Car, nous sommes l’œuvre.

Il n’y en a pas d’autres. Même les arts que nous utilisons – parfois par péché d’égo – parfois par soucis de lutte sociale d’entre les arts, nous avons, inconsciemment, intuitivement une route à tracer par nos trouvailles et le débarras des peurs et des jugements.

Il n’est pas aisé de s’approvisionner et de se nourrir à l’humilité des arbres.

Eux, ignorent qu’ils sont regardés avec autant de fascination. Qui sait? Peut-être l’Univers a-t-il créé une manière de la faire sans que nous la connaissions?

Possible… Probablement invisible…

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Mon père disait qu’on mourait chaque soir en s’endormant…

Peut-être avait-il raison, en un sens… Car l’erreur est d’attendre le lendemain pour être « heureux ».

Il restera toujours la lutte entre les humains, la méfiance, la raison d’avoir raison, la peur d’avoir tort, etc. Les conflits de travail, l’esclavage, la culture de l’intellect au service des amputés de l’âme de ce monde, demeureront toujours.

Il n’y  a pas de réelle évolution des structures. L’Humanité, tout au  long de son histoire n’a pas cultivé réellement cette graine de dieu en nous. De par ses énormes et fourbes structures, elle vous nivelle au ras des ambitions matérialistes toujours et plus encore subsistantes.

C’est bien ce qui contribue à la fixité des hordes, à leur agglutinement artificiel configurée par les « meneurs ».

Ils enterrent des dieux et des hui. Pour eux, c’est toujours demain, et la vie est toujours un « projet » à réaliser.

Le temps n’a jamais rien réellement réalisé.  Même s’il a eu des siècles pour le faire. Nous sommes à la case départ : l’esclave est bien nourri, soit.

La solidarité humaine peut bien passer par une structure… Mais si la poutre que nous sommes est faible, nous ne pouvons pas soutenir la structure sociale qui nous mènera à la paix.

Ce qu’ignore le « structuraliste », c’est qu’il y a nécessité de parfaire l’un pour parfaire les autres.

C’est la raison pour laquelle si peu d’hommes ont échappé à tous les systèmes empoissonnant.

Pourtant, ce sont eux la base de notre culture de notre  développement personnel.

Beau leurre! Les travailleurs sont payés en temps et non pas en valeur réelle.

Par qui?

Par ceux de la monoculture… Celle des masses.

Il faut donc échapper au temps, à l’outil, et au nivellement.

Le pixel de votre écran, c’est vous.

L’image de votre écran, c’est ce « nous ».

On nous a appris à vivre à l’envers : les grands projets ne sont pas les pyramides de Gizeh, les grands projets c’est de saisir que le temps n’est pas à vendre, ni l’esclavage, ni l’authenticité humaine.

Le grand projet est une œuvre personnel désinfectée d’un peu d’égo, participante, mais dans un système qui aura compris.

Ce ne sont pas Allah, ni Jésus, ni d’autres prophètes, ni les malicieux organisateurs mondialistes qui règleront le sort du monde.

Nous assistons, au 21e siècle à une étrange  « mixiture » de dieux issus de l’antiquité, de gourous « moderne », d’un grand désir de réussite sociale, sans réussir vraiment.

Nous sommes donc à un point de convergence entre les retrouvailles de l’âme et de la grande déchirure des produits vendus, des modèles sidérants d’athéisme – malgré toutes les façades de fausses religions en luttes, toujours en luttes, mais défibrées par la faim des temps.

L’Homme tiraillé… Il est acheté et vend en même « temps »…

C’est le point des retrouvailles ou de la déconfiture complète et planétaire.

Analysons tant que nous voulons, nous ne règlerons rien. Car la petite lueur risque non seulement d’aller au tombeau, mais de faire de la planète le premier cercueil de l’Univers.

Gaëtan Pelletier

4 novembre 2012

L’avenir de force

Das Boot

 » On n’a pas éteint pour si peu la TV. Quand il n’y a plus rien, elle joue encore : son vide crie. C’est un cri aigu qui ne monte ni ne baisse : il est droit. C’est un appel qui nous tire, un vecteur irrésistible, comme un train ininterrompu qui nous passerait sous le nez. On résiste puis on suit. Ça exaspère puis excite. Ça nous rend fous, mais si fous que gais, que soûls, qu’on n’a plus peur de rien, qu’à tue-tête on met au défi Dieu, Diable, Homme, Bête, Minéral, Végétal, de nous faire fermer jamais notre TV.  » L’hiver de force, Réjean Ducharme 

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L’humanité , son histoire, ressemble à une bonne cuite en train de se terminer dans un bain-océan de vomi. On a trop bouffé des ces saletés d’idées, camisolés dans des théories de banquiers, de politiciens en radeaux. On n’est pas mieux qu’un Khmer rouge le cou roulé dans son foulard et la bouche remplie de formules robotiques pour « changer le monde ».  Tous les dirigeants, à commencer par  les banquetiers visqueux et parasites, charmeurs et serpents à sornettes.

Quand, les dimanches matins, – comme s’il ne me restait qu’une religion silencieuse, je prends mon vélo et je m’en vais faire un tour  pour lécher la beauté des arbres,  i l y a comme des vrilles de chants d’oiseaux, de vieilles granges en train de s’éteindre de par leur toit gondolé et peureux de la pluie. J’aime la bordure des routes de campagnes avec ses roches, ses bas-côtés frivoles de marguerites et de petites fraises des champs. On ne peut pas aimer la vie et arracher ce que la Vie a enfouie dans le sol pour nous empoisonner ni empoisonner le sol pour lui donner une autre vie que celle qu’il a . On ne peut pas être Monsanto et Saint-François d’Assise en même temps.

La Terre est sous acharnement thérapeutique. Une chimio de force et une camisole nommée « démocratie ». La vente aux ans chers est en train de finir. Il n’y a plus de vie tranquille et limpide. On est en train de se menotter mollement et insensiblement par credo de robots cuisinés sous des couches et des couches de tracés sonores et  visuels. Nous sommes l’homme éponge asphyxié.

Trop d’idées et pas de cœur!

Celui qui a inventé la roue n’a sans doute jamais pensé à la vendre… Aujourd’hui on invente pour vendre et non par utilité.

Ne prenez pas la peine de vous empiffrer d’idées, de « systèmes », de « grands projets ». C’est la malbouffe initiatique à extraire en vous la petite graine de gens biens chimifiée sous la pétarade de mensonges et d’idéologies.

Qui donc a besoin d’idéologies? Si les idéologies étaient efficaces, il n’y aurait pas des milliards d’humains souffrant de la faim ou en mourant tout simplement ou  complexement.

Alors, nous sommes tous migrants. On l’est de force. On nous a promis de beaux avenirs. On a eu les avenirs d’hier aujourd’hui. Sont encore plus laids qu’un Frankenstein à cravate.

Ben alors! Où allons nous? On nous dira vers un monde meilleur. C’est la chanson d’hier. En fait, la Terre étant constitué d’eau et les créatures également, on s’en va tous en radeaux rêvant de quitter un pays, une idéologie, mais avant tout une pauvreté de vivre nûment, et non pas décorés d’artifices comme un cerveau en arbre de Noël. Ça pétille de couleurs comme des feux d’artifice…  Le problème est que nous ne pouvons pas voir les dégâts de « l’en dedans ». On ne peut pas sortir de son cerveau et l’analyser. Mais Facebook et Google le peuvent… Beau progrès!

Si l’avenir est de force, où se situe donc cette chère démocratie et les « valeurs »  à défendre vantées par les forces canadiennes? Enrôlez-vous!

On est des migrants noyés à sec.

Mon pays, mes valeurs, ma femme, ma maison, ma terre, mon chien, ma banque (sic), ma bouffe, ma bière, mon amour,  mon vin de petit bourgeois avec son palais dans le palais, mon arbre, mon mari, mes recettes, mes pensées, mes « créations », mon émission « The Voice », ( ils ne veulent plus planter des carottes, ils veulent chanter pour vivre – c’est ce que font les oiseaux), ma patrie, ma voiture, mon idée, mon invention, ma pelouse, mon job…

On nous a appris à posséder… Quelle belle philosophie! Posséder. Rien ne se possède, tout appartient à la Vie, même la poésie, les mots, les chats, les pissenlits. On nous a désintégré par filaments. Comme une corde de pendue défibrée…

Et là, on se plaint, on pancarte, on se fait dépouiller, mais on ne comprend pas. On combat le fer par le caoutchouc. Bien armés les migrants des états  « évolués »! Félicitations!

On a le choix entre prendre  leur avenir de force ou s’en fabriquer un comme on fabrique un moule qui sied au fondement des gens simples qui veulent simplement travailler pour vivre, manger, et profiter de toute la beauté de cette petite planète bleue qui tourne comme une bille dans l’Univers.

On est si grands que ça? J’ai plus de respect pour la feuille de laitue et le vers de terre qui travaillent ensemble…

Gaëtan Pelletier

Avril 2014 –

La moitié du monde est un œil

J’ai toujours vu des cieux dans des yeux… Parfois des enfers. C’est probablement la plus belle empreinte que nous  a laissé la Vie. Cette Vie dans laquelle on « cherche » dieu.

La plupart des enfants ont les plus beaux yeux du monde. C’est comme si la lumière, comme l’énergie, ils en avaient trop. C’est comme si en arrivant de quelque part ils ont un bagage lumineux que l’on perd en vieillissant.

C’est probablement le plus beau livre que l’on peut lire dans sa vie: l’histoire d’un moment… La petite planète-bille insérée dans son orbite. La palette irisée d’un peintre invisible parce qu’il en nous et que nous sommes des aveugles aux yeux de feu, éteints parfois par ladite culture des masses dans ces leitmotivs écrasants.

Des yeux Cendrillon

Quand ils s’endorment, ils se glissent une couverture de paupière toute légère. Ça les emmène dans des voyages fous, le cerveau part en voyage dans des rêves qui semblent désembrayés , délirants.  Au fond, ce doit être pour suppléer à ce cartésianisme quotidien, sorte de Sibérie de vie pour ceux-là qui ne sont pas fait pour l’engelure des quotidiens, mais bien simplement pour l’amour.

La poésie est une façon de rêver éveillé, de retracer, de sculpter la richesse et la créativité. C’est faire divaguer la beauté du monde pour remettre à l’endroit cette rectitude esclavagiste.

Le dortoir 

C’est bête à dire et à creuser: trop de ce régime soumis et cultivé au « bonheur » de l’avoir, à cette ère qui n’a qu’un seul mot pour vous rendre heureux – économie-, la vie devient un dortoir dans lequel la moitié du monde dort debout, ou ne sait plus rêver.

À voir la richesse de la Vie, des êtres, des océans, de l’immensitude de l’Univers, nous sommes maintenant amputés d’un côté, monovisionnaires, hachés du cerveau, et désâmés. 

C’est comme si nous étions dans un déluge quotidien de soucis cultivés quand tout va bien. L’occidental est soumis à toutes les pilules du »monde » pour se guérir de son anxiété de vivre ajoutée à celle de son destin fragile de naître sans vouloir mourir.

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Nous nous dirigeons vers un réchauffement de la planète mais dans une ère glaciaire d’humanisme. On est frigides… En racket (sic) sur une glace qui ne nous satisfait pas. En « neigés »… Flocons de chair apeurés de fondre un jour…

Je me dis que parfois on ressemble à ces animaux embarqués dans des barques de Noé: plus l’eau monte, plus on nous dit que le bateau est meilleur et plus grand. On dit que c’est le progrès.

La moitié du monde y croit. L’autre moitié croit y croître…

Il y a sans doute trop de yeux à l’intérieur de nous qui sont empoisonnés par notre cher mode de vie. Les riches et tout leur bataclan trompeur font de nous des cyclopes.  On peut bien donner la moitié de nos revenus à l’État. Mais l’État, pour l’avoir, est un sacré bon « crève-œil ». Il vous pirate la moitié de votre visage et la moitié du cerveau.

Gardez un œil, mais le bon…

Gaëtan Pellletier

2014