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Informatés

On voudrait que les poètes écrivent des odes à la beauté de ce monde. On voudrait qu’ils en déterrent les  joyaux, qu’ils soulèvent  la laideur comme on lève un tapis. Hélas! Hélas! La saleté est exponentielle, donc irréversible. Il faudrait changer de tapis…

C’est un beau grand tapis bleu qui tourne au gris, peu à peu…

 Tout est en train de se fondre dans le grand canyon de l’avoir,  enfoui et enterré avec une valeur égale au petit marchandiseur terrien d’un orgueil gaufré.   Ce cueilleur-chasseur,  de par ces nouvelles armes sophistiquées et invisibles,  et son œil tout feu, tout flamme,  guette ses proie qui parfois se fanent. Mais il en viendra d’autres…

Il est là, atterré, nargueur comme un gamin devant l’incompréhension  de son propre être, des animaux, du Cosmos,  de ses dieux, et d’une planète il habite et  brûle en même temps.

     L’Homme craint maintenant la mort, par peur  de voir  fondre son ego putride  qu’il chérit tant. Il est en extase devant la pile d’objets  flamboyants qu’il a crée, pis encore, dédaignant ses semblables qu’il ramène au rang de leviers à richesses : l’autre n’est un objet au même titre que ses  « créations ». Créations d’une foultitude de futilités infécondes pour la race humaine. Mais il invente et  mitraille à coups d’usines aux machines sophistiqués, inondant les marchés.

   Souvenons-nous que chaque objet que nous achetons est un objet à jeter… un peu plus tard. Et, il y 40 ans, c’était aujourd’hui et « un peu plus tard ».

Pendant que la Terre vide ses glaciers servant à tempérer  le garder au chaud et à 70% d’eau, il reporte  à  grands vœux,   avec l’aide et  les manigances des chefs d’État alliés, eux-mêmes  souventes fois et   prisonniers   du charabia des affairistes qui nourrissent un immense  coffre-fort invisible.

Les Robinson Crusoé affairistes ont conçu le grand projet d’acheter toutes les îles, même  celles qui tournent dans l’espace.

L’informaté

Goebbels est maintenant une lignée insignifiante de chaînes de télévisions et de réseaux bavards, trafiqués : l’internet.   Notre esclave a toutes les chaînes. Salflix et autres abuseurs publics qui,  dans leur grand cirque impudique,  amusent notre esclave enchaîné. Assis devant sa télé HD, il dévore tout : séries de meurtres en série, nouvelles et re-nouvelles 20, 30 fois par jour.  L’info, c’est  le AK 47 . Et les enfants ont maintenant plus d’écrans que de mamans.

Il est informé formaté. Gélatiné et ronronnant d’hypnotisme dans les  vapeurs tassées  de la décadence de ce monde. Il communique Wifi de par  les médias sociaux. À distance de ses semblables.  Il n’a pas sa langue dans sa poche : il a les doigts sur son clavier et il  a perdu toute humilité. Il hurle, se plaignant  de la violence de son monde. Il gigote et se tortille tel un enfant gâté.

Le dénaturé

Il a perdu la langue  des arbres, des pigeons et des étoiles : la vision des racines profondes de ceux-ci. Bref, de tout le vivant auquel il appartient.  La nature, maintenant, lui est extérieure.  Il a décimé  des forêts  entières,  empoisonné des rivières  les rivières, plastifié les océans, et, sans le savoir, il fait maintenant partie de tout les poisons qu’il a injectés à cette nature.

 Mais ce n’est pas lui… Il se plaint de l’air empoisonné. Mais ce n’est pas lui… C’est l’autre. L’autre, cet autre lui.  

Il sait toutes les nouvelles de la planète, mais ne connaît pas le génie du chant des oiseaux et la beauté de ces  peintures volantes. Il a perdu la poésie de la vie en échange des formes mécaniques et électroniques.

Il a construit ses propres dieux.

On lui a donné une voix, mais c’est celle d’un Freud barbouillé et d’un punching bag électronique.

La fin des montres

Un jour, les montres seront inutiles. Dans un siècle, ou quelques décennies, ce bel   univers s’effondrera devant la légèreté d’un être devenu l’esclave chevillé de métaux et de pirate de banques. Il ne saura jamais où il a été transporté. Les sables seront si chauds, et sa chaumière de 850,000$ $ si brûlante, qu’il achètera de  la glace au Pôle-Nord. L’enfant qu’il est ne demandera que de l’eau et de la glace au père Noël.  On aura alors transformé   les feuilles d’orangers, la truite arc-en-ciel, les carrés de jardins et le fruit de la passion en or.

Et cet or inutile éveillera notre petite créature. 

Mais Icare aura mis le feu à ses ailes.

Il n’ira jamais plus loin qu’ici.

C’est lui qui aura le soleil qui fera fondre ses ailes gluées de sa prétention et d’orgueil.

Peut-être que la poésie lui aurait fait comprendre ce qu’est l’amour-propre…

Gaëtan Pelletier

Saint-Pascal, Kamouraska

Le 21 décembre 2020

 Pelletier, Gaëtan

La fable du divorce de l’œil et de l’oreille

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Il était une fois deux hommes qui regardaient l’oiseau chanter.
– Il chante tellement bien. L’entends-tu?
– Non, je le vois.
– Moi aussi. Mais c’est voix qui m’émerveille.
– Si tu pouvais voir toutes les couleur, toute la beauté de cette toile volante…
– Si tu pouvais entendre toute la grandeur de ce chant.
Derrière eux se tenait un sage qui leur dit:
– C’est bien là le problème des humains… L’un sait entendre, l’autre sait voir. Et ils se chamailleur pour un œil ou pour une oreille. À tenter de comprendre, on oublie d’accepter la différence. Et c’est là la petite goutte des guerres qui noient tous les humains dans une différence aussi minime.
Les deux hommes se retournèrent ver le sage, ironiques.
– Et vous, qu’entendez-vous ou voyez vous?
– Je vois deux oiseaux. J’entends deux oiseaux. Et un jour ils se feront la guerre. Et quand ils mourront, il ne restera ni œil, ni oreille.

Image Wiki: guerre

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© Gaëtan Pelletier

10 mai 2020

Dr Trump et la planète Mars

COVID-19: News from the world's trade unions [LabourStart]

 

DONNER ET PRENDRE

Il était une fois un homme qui possédait une vallée pleine d’aiguilles. Un jour, la mère de Jésus vint le voir, lui disant : « Ami, le vêtement de mon fils est déchiré, il faut absolument que je le lui raccommode avant qu’il n’aille au temple. Ne voudrais-tu pas me donner une aiguille ? »
Il ne lui donna point d’aiguille, mais il lui tint un érudit discours sur Donner et Prendre pour le rapporter à son fils, avant qu’il n’aille au temple.

Khalil Gibran, Enfants du prophète

***

On ne parle plus d’aller sur Mars. Et pourtant le prix du carburant n’a jamais été aussi bas. Et le ciel aussi clair… Peut-être auront nous un air neuf à respirer pendant l’été. Selon le Dr Trump, la chaleur va tuer le virus. Il faut entre 60 et 70 degrés pour « nettoyer » un masque de  style N-95. Pourtant, on allait y parvenir, à force de brûler tout ce qui se brûle…Même les humains. La surchauffe planétaire et sa destruction par délire de consumérisme nous laissait indifférents. Pourvu que ça rapporte… Au fond, on se foutait bien du vivant: tout se marchandise. Aujourd’hui, c’est l’eau et l’air. Il y a une nouvelle négritude qui s’est fondée sur l’endettement et les croisiéristes en format Titanic et sur lesquels s’est embarqué une créature Alien- Le 8 ème passager. Nul n’est à l’abris du grand bal des étourdis.

Je pense avoir compris que le Dr No (1)., grand fabulateur, génie autoproclamé négocie avec tout ce qui peut se négocier. En autant qu’il demeure avec sont titre de roi du « monde ».

Il fallait une infime  créature aussi tenace qu’un virus pour se rendre compte de la fragilité de nos richesses fabriquées de dettes et de dettes pour nous distancer encore plus et  faire de nous des Robinson Crusoë. On disait que personne n’est une île. On est en train d’en devenir une avec notre petit arbre planté sur le gazon en guise de décoration et notre peuple de distancés sociaux qui se promènent l’air égaré, courant les parcs pour respirer un peu.    Notre petit Noël d’été?  Il viendra, pour sûr. Ou presque.  Être sûr ne semble plus certain.  Il y a maintenant plus de doutes que d’étoiles dans le ciel, comme disait l’amérindien  qui lui, voyait arriver pour fonder  13 colonies, des marées de prédateurs qui posaient des barrières incompréhensible pour celui-ci. Tout était géant. À quoi bon poser des barrières.

Le tsunami 

Mais attendez la seconde et troisième vague. Nous devrons nous vêtir de costumes de scaphandriers pour affronter le voisin. Là, on se croira sur Mars.

La pandémie de grippe espagnole a tué de 20 à 50 millions de personnes dans le monde, dont 50 000 au Canada. Elle a pris son temps. Elle a tué en trois vagues avant de disparaître pour de bon, en 1920.

La première vague, au printemps 1918, a été relativement faible. La deuxième, l’automne suivant, a été dévastatrice. Le virus avait muté ; il était plus virulent. Il tuait des vieillards, des enfants, mais aussi de jeunes adultes en 24 heures. Isabelle Hachey, La Presse

Ici, au Québec,  le slogan est celui-ci: Ça va bien aller. Et voici l’image que l’on retrouve sur les vitres des fenêtres des maisons. C’est une sorte d’arc-en-ciel qui n’est pas sans rappeler la crise économique américaine ( étasunienne) qui a frappé l’Oncle Sam dans les années 1883-1897.  Ce petit dessin d’enfant ressemble étrangement à l’idée du  roman Le magicien d’Oz  et la chanson Over the Rainbow  ( l’arc-en-ciel L’espoir d’un monde plus clément après un orage ( snif).

Pourquoi Ça va bien aller !!! - Cité Boomers

Vu que nous sommes habitués à la vitesse d’exécution on se rendra malheureusement compte que la nature n’est pas à la même vitesse que les industries chinoises et la matière grisée  du Dr No.  On a tellement investi dans l’armement et dans… l’investissement que les pauvres travailleurs partiront en premier. On pourrait bien passer aux robots, mais un robot ne consomme pas.  Il est déjà habillé de métal et bien circuité pour être qualifié d’intelligent.

On a souvent parlé de « guerre mondiale » les guerres du 20ième  siècle. Celui dans lequel nous vivons pourrait être une guerre de la nature contre l’Homme. À force de la dédaigner ,de la massacrer, les virus sont des armes encore plus invisibles que le F-35.

Et Mars? On aura au moins tous les costumes… Car une infirmière a dû désinfecter ses souliers après avoir trouvé des traces de la Covid-19 sur ceux-ci. Le saut en parachute et la F-1 sont sans doutes des sports dangereux… Mais attendez quelques mois et vous verrez que le shopping fera de nous des sportifs quand viendra le moment  de se vêtir et de se nourrir.

Il y a trop de  martiens  parmi nous… Et ils ont été élus.

La prochaine fois, élisons des humains…

C’est bien d’aller sur Mars, mais il faudrait avant tout apprendre à vivre ICI et devenir un plus humbles devant la beauté de cette création. On avait tout. À force de vouloir jouer à « dieu », on a raté un monde qui sur l’échelle de temps de la création d’une planète, l’histoire de la créature humaine est représentée en quelques minutes….. 4,5 milliards d’années et un siècle à peine pour tout détruire. Comme dirait le Général  Trump:  » On est vraiment efficaces ».

On devra désormais tenter un nouveau jeu: jouer à l’humain. Ce n’est pas le travail qui manque… Mais le temps.

1- « M », y envoie l’agent spécial 007 James Bond pour enquêter. Celui-ci va devoir affronter le SPECTRE, une organisation qui vise à dominer le monde, personnifiée par le « Dr. No ». James Bond 007 contre Dr No

Gaëtan Pelletier

 

 

 

Donner et prendre

 

Gibran Khalil Gibran — Wikipédia

DONNER ET PRENDRE

Il était une fois un homme qui possédait une vallée pleine d’aiguilles. Un jour, la mère de Jésus vint le voir, lui disant : « Ami, le vêtement de mon fils est déchiré, il faut absolument que je le lui raccommode avant qu’il n’aille au temple. Ne voudrais-tu pas me donner une aiguille ? »
Il ne lui donna point d’aiguille, mais il lui tint un érudit discours sur Donner et Prendre pour le rapporter à son fils, avant qu’il n’aille au temple.

Khalil Gibran

La merveillure du chat du VUS

Résultat de recherche d'images pour "Maude Lewis peintre"

The White Cat, Maud Lewis 

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J’ai fait le trajet de quelques kilomètres avec un homme propriétaire ou locataire d’un VUS. Il y a des êtres d’éternité d’ici qui trouvent passionnant cette vie de « citoyen modèle » dont la réussite, l’ultime, est dans la merveillure (sic) de ce monde.

All Things Must Pass, disait George Harrisson. Et, en plus, il le chantait… Le conducteur, lui, était ivre de toutes ses réussites sociales, y compris les diplômes de ses enfants, leurs professions  ainsi que de l’intelligence des gadgets dont il était entouré. Autant dans son véhicule semi-spatial (déjà reflet de ses vues) que celles de ce « monde ».

C’est à 14 ans que j’ai cessé d’avoir des ambitions. C’est déjà bien tôt pour être mal vu. Les ambitieux d’une ambition différente sont des parias. Oui, on est mal vu quand tout ambition peut se résumer à apprendre la complexité des êtres, de nos âmes ( Hun, selon le taoïsme). Rejeté au rang des lâches et des loosers.

Mais puisque toute société et, par conséquent, l’avenir de cette planète passe par le chapelet des « HUN », il faut être conscient non seulement de ses actes et de sa multiplicité, mais chercher un peu plus loin que le rein et autres pièces « détachées » du module chair.

La nourriture sociale actuelle étant d’un clinquant de pubs, même celles projetées par l’État dans lequel nous vivons ( que trop de liens sales avec la gente des affaires), il faut e méfier de cette vision pauvre qui nous est le plus souvent imposée.  Le corps n’est qu’une machine. L’Univers est une machine. Une machine étriquée au rang de la compréhension humaine…Elle même – si amoureuse des raccourcis pas trop fatigants – émincée. On ne recherche pas la subtilité, on la croit. Du moins on croit celle qui nos est vendue. Et les acheteurs sont nombreux. On s’arrange pour que vous n’ayez plus le droit de penser par « vous-même » en vous occupant. On fait de vous le lapin qui coure le plus vite.

Voilà notre monde mené par des enfants qui ont perdu toute leur magie. On vous dépouille de celle-ci comme on a dépouillé les peaux des bêtes pour en faire des chapeaux à l’échelle du marché et des modes.

La culture de la certitude…

Or, nous sommes tous des tableaux jamais vraiment terminés. Pareil à celui de la peintre Maude Lewis qui avait refusé de vendre un tableau représentant un chat blanc. Il n’était pas terminé puisqu’elle n’avait pas encore peint ses yeux.

C’est malheureusement ce dont à quoi nous sommes livrés en ce monde: vendre vite et cher des toiles non terminées. Des créatures sans vision mais aptes à l’esclavagisme.

Gaëtan Pelletier

Effondrement : COUSTEAU résuma en 2 minutes ce qui nous arrive(1977)

 

Un jour ce sera notre tour…

Photo de Bisoutendresse.

Nous sommes aussi des animaux. Et nous en élisons également. À la vitesse à laquelle nous détruisons la Terre, nous aurons dans peu de temps besoin d’aide. Sauf qu’il n’y aura personne pour nous donner un peu de cette eau qui est maintenant à la bourse.

GP

Le chant du cygne

La nature nous le rendra

 

Merci à Jacqueline pour la suggestion

La ruée vers la glace

Pour se venger de l’homme et de ses abus, la nature nous a envoyé un tueur : la chaleur. Quand je suis allé me baigner, les poissons suaient dans l’eau. L’eau était si basse dans la rivière que les poissons se tenaient au fond de peur de manquer d’eau. Comme les humains.

Comme dans le film d’Aki Kaurismäki, J’ai engagé un tueur, la chaleur nous a poursuivis pendant tout l’été. Les pelouses ont rendu l’âme. Elles étaient jaune chinois. La pelouse du voisin a rendu l’âme. Elle est morte devant nos yeux. Elle ne pouvait pas mourir devant nos oreilles. On n’entend pas les pelouses mourir. Ni les arbres.

-Il fait tellement chaud que je m’habillerais Adam.

-Encore.

Pour le vélo, on a pédalé à l’intérieur de la maison,  quasiment au frais. J’ai attendu l’automne comme on attend une princesse au coin d’une rue. Elle est venue avec ses vêtements tout trempés.

« Tu reviendras l’été prochain. Je te jure que tu vas sécher. »

Et la princesse fit demi-tour, se transforma en neige un peu plus tard.

Le soleil s’était mué  en une arme infernale.  Dès que l’on mettait le nez, la bouche, la joue, la jambe dehors,  le calorifère cosmique nous ramenait à l’intérieur en courant. On faisait nos courses dans l’air conditionné des super marchés. Ils fabriquent du « petit air du nord » à la machine.  Dans 30 ans, peut-être qu’un descendant des Chaplin fera un film : La ruée vers la glace

On ne s’en fait pas trop. On s’est dit que si nous pouvons aller sur la lune, nous pouvons aller quelque part ou la l’homme peut leurrer la truite. Avant, on était poisson. Maintenant on coure les rivières. Elles arrivent avec des programmes sociaux, des promesses, … pour leurre… rien d’autre.

Un temps fera son temps.

Et les fourmis, bien au sec,  s’empressèrent d’investir les armoire, courant sur le plancher pour s’évader. On grimpait sur les chaises. Nonnnnnnnnnnnnnn!

— Nous avons peur des fourmis, mais pas des centrales nucléaires, ni des bombes. C’est curieux?

– C’est l’été, mon amour! Et l’été c’est beau.

– Mais il fait tellement chaud qu’on ne peut plus aller dehors.

– On ira l’hiver prochain.

Et il neigea à travers la fenêtre.

« Dire qu’on a sucé des glaçons pendant tout l’été ».

Gaëtan Pelletier