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Nucléaire: une vie de sans abri

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« Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre,   ça finit par la bombe atomique. » 
Marcel Pagnol

***

 

Dans les années 60, en pleine guerre froide, les journaux affichaient des plans d’abri nucléaire pour… la famille. Poches de sable, nourriture, eau, piles, etc.Sans oublier la femme… Il fallait s’asseoir et attendre peut-être des centaines d’années que l’effet des radiations   s’estompe.

J’avais alors une sorte de cahier dans lequel je collais les articles et les plans. Le plus simple était constitué de sacs de sable superposés. Abri pour pauvres… Suffisant pour filtrer les radiations, du moins pour un temps. C’est ce qu’on prétendait.  Je croyais à l’abri comme on certain croient en « dieu »… Quant à l’emmagasinage de nourriture, je me heurtais à un mur: nous mangions à notre faim, mais avec un menu à une variante de trois ou quatre « thèmes » : pommes de terre, pâtes, et fèves au lard. Le triptyque parfait toutefois  pénible après des mois… Néanmoins, je croyais en la science qui, elle, était fascinante. À commencer par gagner suffisamment d’argent  pour mieux nous nourrir. J’avais eu la foi catholique – élevé par des sœurs   et des frères – ( des soutanés précédant l’ère des cravatés)  et celle  laïque :  l’HOMME, cette créature divine. Je vivais une période extraordinaire, j’avais 16 ans. J’avais un cerveau buvard… Comme plusieurs en ont aujourd’hui, mais tardivement. J’aurais pu vendre de l’espoir sur Ebay… Mais Ebay n’existait pas. Je passais mes soirées avec un récepteur radio à galène, écoutant les postes américains, me gavant de  sirupeuses chansons des années 50. Et je l’avais fabriqué de mes mains et du savoir légué par des humains. Je me disais que l’HOMME était un peu éméché, mais qu’il savait tout de même  se tenir de bout. 

Eh! ben non!… En prenant un peu d’âge – voire à peine trois ou quatre ans – j’ai commencé à déchanter. Notre créature divine avait tendance à se prendre pour « dieu », parfois en version satanique.  Même si elle  ignorait qui ou ce  qu’était « dieu ». Elle  était maintenant intoxiquée à la science, aux diverses formes de sciences, entre autres celle qui permettait d’anéantir ses semblables. Après tout, il y avait eu Mozart, Shakespeare et Monsieur Einstein. Le génie humain était indéniable… Ce qui toutefois semblait trouer cette montée vers le « progrès » apparut en une forme bizarre et bigame: l’argent et les armes.

Le lait en poudre 

Nous n’étions par riches… Ma mère achetait du lait en poudre. C’était sans goût,   nourrissant, mais nous rêvions de celui  du pis des vaches. Un jour nous aurions du vrai lait. Un jour… Le progrès amènerait le lait, le vrai. Sous le pis de milliers de vaches heureuses et broutant dans l’herbe caressée de soleil. Snif!

Bébé… Boum! Bébé boumeur… 

Le progrès arriva. Le monde était rempli de méchants qu’il fallait anéantir pour le bien de tous.

Mais aujourd’hui, c’est bien mieux qu’en début des années 60: les journaux n’en parlent plus. Pourtant, on a engraissé le pouvoir nucléaire au point de rendre une planète en cendres.

 

L'arsenal nucléaire mondial en 2016

À regarder le tableau, en 2016, alors que ma foi en a pris un coup, j’ai pu constater avec stupeur que Saint-François- d’Assise était probablement supérieur à ces génies qui nous gouvernent. Il devait boire du vrai lait de vache, et savourer  le délestage de ses avoirs, en épousant DAME PAUVRETÉ.  Ce qui ne me tentait pas,  puisque je l’avais épousé au moins trois ou quatre fois.

J’avais lu de grands livres, au point de devenir philosophe sans diplôme, tentant de comprendre comment une créature ayant survécu aux grands traumatismes de l’ère du paléolithique  , incapable de produire sa propre nourriture, en était arrivée à vendre des boîtes de conserve en tous formats , toutes couleurs dans des allées si longues qu’on se perdait  en lisant la recette sur la boîte. ( recettes falsifiées, il va de soi).  La  même qui avait trouvé le « moyen » de se prémunir contre une bombe atomique par des sacs de sable.  La débilité humaine est enrubannée de diplômes…

 Malgré mes « longues vies », je n’ai pu comprendre comment on a pu procéder  à la création du politicien -cette paillasse parlante –  et à quoi il pouvait servir s’il ne pouvait pas nous nourrir alors qu’il dépensait nos avoirs pour tuer. Un génie  incroyable  dans le domaine des outils de tueries. À voir toutes ses armes, en plus des autres qui tuent à petits vœux, je me suis dit qu’il faudrait au moins avertir les enfants de par les écoles que les politiciens sont aussi inutiles que les sacs de sable.  Personne n’a déjà vu un politicien saigner à coups de X… On vote en dévots.

 La peau du revenu 

J’ai tout de même fini par comprendre comment un politicien trouve des fonds pour fabriquer des armes et des bombes d’une puissance égale à sa mégalomanie: les fonds de poches des citoyens. De gré ou de force. Ou par le sempiternel moyen de la propagande. Les serpents n’ont jamais la langue suffisamment longue… Gloup!

Chacun, dans sa vie, se doit de mourir une fois… Ne serait-ce que pour échapper à Windows 10, mais après s’être gavé de la beauté du monde et de son mystère.  Vers la fin. Et la plus lointaine possible, et avec une certaine lucidité.  Hélas! Il n’en est pas toujours  ainsi, et cela  depuis le commencement des temps. Comment en vient-ton à accepter de se faire réduire en poudre par un champignon qui peut grimper à des milliers de kilomètres dans le ciel?  À qui avons-nous donc donné nos salaires pour soi-disant nous protéger? Quand on ne peut mourir qu’une fois ( et sans avoir droit à une pratique), comment penser que l’on peut tuer plusieurs fois?

Le coq et la hache 

 Mon père, pour vivre, avait décidé d’acheter 25 petits poussins. Ils arrivèrent un bon soir, beaux parleurs, tout mignons. C’étaient des coqs. Les premiers jours furent une torture:  Ils se levaient tôt, plus tôt que les gens de Wall Street,  pour quémander leur nourriture.

Comme les citoyens, on les engraissa. Ils bouffirent et furent prêts à être mangés.  Ma mère, le dimanche matin, me disait: « Va tuer un coq pour le dîner » (1) . J’avais une hache mal aiguisée – ce qui nécessitait plusieurs coups- ,  et le summum  du sport consistait à attraper la bête qui courait dans le poulailler, affolée, sentant sans doute sa fin venir.

Bang!  huit bons coups de hache! C’était fini. Comme tout bon politicien, même sans tête, le coq continuait de sautiller dans un grand déni de sa fin, en peignant une toile sur l’herbe verte un peu comme Bush se peignant dans son bain.

La dynastie  des aspirateurs à sueurs 

Après des milliers d’années sous toutes formes d’esclavage, nous en sommes à l’étape finale.  Nos esprits enlisés dans une sorte d’Alzheimer  de l’Histoire finiront-ils un jour par comprendre que nous n’avons nullement besoin de ces aspirateurs à sueurs pour dicter nos conduites?   Nos esprits sont comme la hache de mon enfance  : bien mal aiguisée. Et les coqs ne meurent pas d’un seul coup. En fait, nous sommes au stade des machines à coudre des fortunes pour quelques milliardaires qui, pour la plupart, non pas de nom.

Gaëtan Pelletier

1- Au Québec, on dîne le midi. Nous avons été élevés dans la tradition anglaise. Celle des vainqueurs. Comme les films français, mêmes norvégiens,  truffés de chansons de langue anglaise. Un demi siècle d’américanisation globalisée. Maybe more…

Et le vaste monde de se consumer

Alors que j’effleure Ponto, mes pensées se font vagabondes. Les images, les mots s’imposent d’eux-mêmes. Excavation, exploitation, déprédation, consommation, déforestation, innovation, prostitution, conflagration, déshumanisation, corruption, production.

C’est étrange cette énumération alors que Ponto reste silencieux.

J’ai en main ce concentré d’innovations, d’intelligence, accessible à tous et qui semble être une évidence. Comme il est proche de moi, fait partie de mon quotidien, de mes jours comme de mes nuits sans sommeil, je lui ai donné un nom. En toute occasion, il m’est fidèle. Ponto, c’est mon portable, mon « téléphone intelligent ».

Il est immaculé malgré les années, car j’en prends le plus grand soin.

Coltan (1), minerais, misère, éboulements, étouffements, asservissement, trafic, armes, guerre. Il n’y a pas que du sang de la Terre dans cet objet magique.

Et l’inventaire de reprendre : vitesse, débit, transfert, battements par minute, fréquence, cadence des processeurs, yoctoseconde.

Et la Vie de n’être plus qu’une urgence.

Croissance, expansion, accélération, compétition, performance, record, puissance, possession, productivité, rentabilité.

Les distances se contractent, et le temps s’accélère, il en vient parfois à manquer.

La doctrine sportive « Plus loin, plus haut, plus fort » est sortie du stade, elle a envahi la société.

Le corps social a-t-il encore un sens, tellement la société est morcelée et enserrée par des fils invisibles ?

J’existe dans ce corps car, avec Ponto, je clique plus vite que mon ombre, je « gazouille » de façon frénétique, pour mieux fuir une vacuité, un morne horizon. Il me faut manier « l’autoportrait », en tout lieu, en toute circonstance, de peur de disparaître, expulsé du flux permanent. Et pourtant, je suis libre, d’un simple clic tout est à ma portée.

Rien ne me trouble, aucune clameur ne me parvient, je suis dans ma bulle protectrice.

Certes, je suis parfois saisi d’effroi. On fait toute une histoire pour une chemise quand le surmenage tue plus qu’à son tour. Ailleurs, on épargne symboliquement une dinde quand on sacrifie continûment des chômeurs sur l’autel de la Croissance. Des gens que je ne connais pas, la dinde non plus d’ailleurs.

C’est vrai que l’élevage industriel est semblable à l’emprisonnement intensif, seule change la taille des cages. Bien sûr, construire des prisons plutôt que des écoles, des garnisons plutôt que des hôpitaux, des murs plutôt que des ponts devrait poser question. N’empêche, seule la nouveauté trouve grâce à mes yeux. C’est ainsi, je n’y peux mais.

C’est vrai que Ponto, avec son accès illimité, pourrait me permettre de saisir l’essentiel. Mais il est loisible de se laisser porter par le flot continuel. Tout est devenu technologique, la guerre est technologique : les morts ne sont plus que des cibles atteintes et aussi, parfois il faut bien le reconnaître, plus que des dégâts collatéraux. De toute façon, s’il faut en passer par-là, cela en vaut forcément la peine. Et en plus, la dernière innovation est en vente à partir de minuit, « trop top » le casque de réalité virtuelle ; la météo du week-end est favorable ; la neige sera au rendez-vous à Noël. Flamboyant le nouveau défilé de haute-couture, cela nous change du travestissement de la réalité.

Je sais bien qu’il faudrait arrêter le culte de l’instantané, mais il reste jouissif ce sentiment de puissance, de pouvoir posséder tous les savoirs.

Quand j’ai faim, je mange. Comme si je ne connaissais plus la satiété. Si besoin, je ferais appel au « coaching », ferais du « running », pour faire passer le « pudding ».

D’aucuns prétendent que la Terre s’appauvrit et que l’obésité progresse.

Foutaises, les étals sont pleins de victuailles et la longévité progresse. La fin de l’orgie n’est pas pour demain, alors je mange encore. Pour le reste, Rubens a peint ses grâces à son goût. Il n’y a donc rien de choquant.

D’aucuns prévoient que l’Humanité va disparaître à cause de ses excès.

Foutaises encore, la sélection fera de nous des êtres supérieurs. Et si la Nature n’y parvient pas alors la science y pourvoira.

La Science de demain rectifiera nos erreurs d’aujourd’hui, c’est dans le sens de l’Histoire du Monde que les connaissances progressent continuellement. Et, par la même occasion, la Médecine soignera les nouvelles maladies.

D’aucuns s’insurgent que, dans la mer océane, il est un nouveau continent, fruit de notre intempérance. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. Le plastique redeviendra pétrole, comme nous redeviendrons cendre et poudre.

Je me moque des saisons, néglige les cycles naturels. Je ne dors plus, le sommeil est une perte de temps, c’est un temps perdu pour ma liberté.

D’aucuns croient à la vertu des rêves. Foutaises encore, ils sont inintelligibles donc inutiles.

De surcroît, je suis habitué à l’absence d’étoiles dans le ciel, je préfère le scintillement des néons, je sens ainsi la vibration de la ville, ses pulsations. J’ai besoin de ce déferlement et de ce bruit incessants pour me sentir vivant.

Comme les guerres apparemment lointaines ont des répercussions dans mon quotidien, il me faut trouver un dérivatif. Sinon je finis par ressembler à un rat dans une « cage à écureuil ». Alors, j’ai besoin de neuroleptiques, psychotropes, tranquillisants, anesthésiants : la consommation est ma came. Qu’importe le poison pourvu qu’on ait l’ivresse.

Et le produit toxique de se diffuser.

Et tous les produits toxiques de se répandre dans la lymphe de la Terre, dans ses poumons. Les immondices de s’accumuler dans ses reins, en son sein. Et pourtant, elle tourne ! Elle reste généreuse et nourricière !

Cette ronde infernale me donne le tournis, le dernier repas a du mal à passer, à croire que trop d’excès tue l’excès. L’orchestre joue de plus en plus fort ce boléro entêtant. Cela vire au cauchemar. Rotation, nutation, précession. L’orchestre se fait bruyant, les immondices forment une vague. La musique devient dissonance, la vague tsunami.

Tout devient fracas.

Et le vaste Monde de se consumer.

Clac !

Je me frotte les yeux machinalement, bâille généreusement, ouvre un œil puis l’autre, vois la télécommande déboîtée sur le sol : elle a dû m’échapper de la main.

Encore un rêve à la con qui est parti en tout sens.

Encore un songe qui s’est perdu dans des circonvolutions ignorées.

Comme d’habitude, je ne me souviens que de la dernière image :

« Ce n’est pas parce que vous êtes invité au festin, que vous ne faites pas partie du menu. »

Et je me souviens, aussi, d’un certain Ponto. À part le poème de Victor Hugo, cela ne m’évoque rien d’autre.

« Ô triste humanité, je fuis dans la nature !
Et, pendant que je dis : ’’Tout est leurre, imposture,
Mensonge, iniquité, mal de splendeur vêtu !’’
Mon chien Ponto me suit. Le chien, c’est la vertu
Qui, ne pouvant se faire homme, s’est faite bête.
Et Ponto me regarde avec son œil honnête. » (2)

Personne

(1) « le travail numérique n’est qu’un maillon d’une chaîne passée aux pieds des mineurs du Kivu contraints d’extraire le coltan requis pour la fabrication des smartphones, aux poignets des ouvrières de Foxconn à Shenzhen qui les assemblent, aux roues des chauffeurs sans statut d’Uber et des cyclistes de Deliveroo, au cou des manutentionnaires d’Amazon pilotés par des algorithmes. » Monde Diplomatique, septembre 2016, P. Rimbert.

(2) http://gallica.bnf.fr/

Le sein

Ce que l’on n’a pas compris de « NOUS » c’est que chacun est lié l’un  à l’autre, ( à tous les autres, en fait,)   que chacun est nourrit l’un par l’autre et l’autre par l’un. Physiquement et intellectuellement.  On ne peut pas séparer l’un de l’ensemble. Si l’un se sépare, c’est une question d’orgueil, de vanité et de totale incompréhension du phénomène de la vie.  Si l’un est méchant, il se peut qu’il soit ignorant de sa méchanceté. Si l’un est amour, il se peut qu’ils soit ignorant de son amour. Mais fondamentalement, personne n’existerait sans tous ces apports de l’un à l’autre.  Si l’un est savant, c’est un héritier de la Vie.

Personne n’existerait dans cette « culture » ou savoirs qu’il ou qu’elle chérit tant et dont plusieurs cherchent à s’approprier… comme SA création.

Pas même Einstein… Avant d’être l’unicité, il est la somme.

Alors, il ne reste que l’amour, ce bizarre phénomène « expliqué » par les biologistes.

Personne ne peut exister sans les autres… Sans la culture, sans le passé, sans la misère, sans les réussites de l’ensemble.

Les « dieux » terrestres se font eux-mêmes, mais nous sommes là pour les nourrir. Et ils sont là pour nous nourrir. Quand vous rencontrez quelque’un, ne serais-ce que de le croiser, vous rencontrez une partie de vous.

Hélas! Dans cet enfer de culture de l’individualisme, il s’accentue cette pauvre certitude d’être « d’une valeur supérieure ». C’est là la souche du mal. Le poison. Les petits Satan de papier, dans leur cheminement et au choix de l’argent au détriment de la Vie, de toute vie, détruisent l’éden et leur propre enfer du même coup. Ils y perdent leur petit royaume qu’ils croient avoir créé.

Gaëtan Pelletier

Faites-moi rire ou couler en La mineur

Hi!Hi! HI!
Ha!Ha! Ha!
Ho! Ho! Ho!

John Lennon ( I Am the Walrus) 

La roulade actuelle du monde de la politique est une sorte de représentation du monde en train de se « déconstruire ». À chaque élection, on pense que le monde « changera ». Les témoins de Jéhovah pensent la même chose des lions qui deviendront des moutons. Trump aux États-Unis, Valls en France, et le petit Trudeau qui signe de sa plume  l’entente avec les amérindiens en achetant l’idée de  deux pipelines.

On voudrait parfois leur peau  devant une cheminée…

Le monde ressemble à une glissade de banane.

Avec la finale de la chanson A Day in the Life, John Lennon a dû inconsciemment tracer le futur dans la grande dégringolade de « la note la plus faible jusqu’à la plus haute » sur des instruments. La cacophonie totale. Les musiciens de formation classique n’y comprenaient  rien. C’étaient des chevaux de violons avec des ornières. One Track Mind. 

L’insistance des politiciens à appuyer sur le fait d’améliorer et d’être au service de leur pays ne signifie plus rien. Ils sont engouffrés dans une finale et un obscurantisme à faire peur. Ils ne savent plus que faire. Ils croient faire… En fait, ils participent au « défaire ». Le faire, c’est le monde de la finance, des Inc. qui profitent des lois anciennes.

Les gens qui croient se déchargent d’une montagne d’anxiété. Ils ont de l’espoir. C’est ainsi qu’une étudiante de 24 ans vient d’être élue au Québec: pour changer le monde. Elle vit d’espoir dans un siècle qui a montré qu’il n’y en n’a plus. Les matraques de fausses idéologies les ont marqués au fer noir. Ils sont brûlés du doute, cette petite marche qui permet d’évoluer et de se dessiller. VOIR. La politique est devenue aussi toxique que la mort aux rats. Tous les prêtres ou les accoquinés à la finance laissent les arbres se faire raser comme des têtes chez le coiffeur. La machinerie lourde, c’est le rendement.

Le « monde » peut-il être changé?

Tout ça est devenu risible. Au point de sourire devant la télé et les journaux qui ont pour mission de vendre des « informations » à des gens qui pensent qu’elles sont nourrissantes. C’est le fast-food mitraillé qui sert à former  les citoyens. Une nouvelle qui passe dix ou vingt fois par jour n’est plus une nouvelle: c’est un disque avec une aiguille qui sautille. Et c’est désormais de cela dont nous nous nourrissons.

Bonne santé!

Gaëtan Pelletier

 

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16 symptômes de l’esclave

esclave

Les pompes à souffler les crânes

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Après une cure de 2000 ans, il a maigri: il ne lui reste plus que le cerveau. Albert 29316b.Made in China. 

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Il faudrait se révolter contre la minceur des téléphones actuels qui se glissent dans les cerveau. Une culture de l’instantanéité de la matière grise. Une réduction de la personne humaine à un mince agglomérat gris.

Nous avons créé une nouvelle race de seigneurs qui contrôlent des faux révoltés?  Des participatifs à bouts de doigts?

En quoi donc et comment donc faut-il se révolter? À biffer des « J’aime » sur Facebook? Dans l’ensemble le constructivisme nous fait oublier notre richesse d’âme, celle oubliée au fond de soi. On n’aime plus et on ne sait aimer l’autre: on forme un comité d’étude afin de faire des simagrées  d’amour. Cet amour qui implique une compréhension profonde d’échapper à l’illusion que nous sommes en surface « différents ». Oui, nous le sommes. Mais pas tant que ça… Creusez et vous verrez que nous sommes tous pareils et parfois bien plus machine qu’humain. On est comme des arbres qui ont oublié que nous vivons également de nos racines.

L’instantanéité est un tueur silencieux. Un folichon barricadé dans son monde emmêlé aux circuits des ordinateurs, du numérique  est passé à la télévision pour expliquer comment améliorer les cerveaux. Comme dirait Sieur de Monpétin, ce n’était pas clair. Puisque le sien était aussi brouillé qu’un Windows Vista. C’Est là le signe de la sauvage compétition qui se livre pour une partie de l’être humain: la cervelle.  On veut améliorer la cervelle… Ah! Et pour quelle « raison »? Pour améliorer l’outil numérique qui a déjà étouffé l’âme humaine. Serviteurs de la machine, pompeux et fier de travailler pour des circuits électroniques.

Le monde actuel est fait de ceux qui les crée et qui se font payer pour les soi-disant régler. En se faisant payer au prix de l’évaluation mondialiste des sa grise matière grisée. Une peluche de savoir…

La connaissance – et non pas la somme de savoirs utiles à grimper comme un pompier ayant le feu au cul l’échelle sociale, mais la réelle connaissance qui nous mène à la compréhension de l’humain, de nos rapports, a un besoin impérieux de l’histoire. Ne serais-ce que celle intérieure à chacun. L’éducation actuelle semble plutôt produire des mollusques flasques de blablablés heureux comme les Morlocks de H.G. Wells, marchant vers la grande porte sur le coup d’une sirène qui les appelle pour être bouffés.

Et nous vivons dans un monde de plus en plus chaotique avec un futur bien troublant. Si la réussite est la recherche d’un certain équilibre, nous avons raté le bus. Nous sommes crétinisés à longueur de jour par les pubs d’auto, cette merveille – une Ford-T  botoxée – avec son armada de vendeurs qui entrent dans nos maisons par la poste, le téléphone, la télévision. Liberté, disent-ils! Sept ans à 450$ par mois.

Aujourd’hui, tout va vers l’identification à une chose: un métier, un titre, une réussite sociale. À mesure que grandissent les étoffes tissées de l’électrolisme (Sic) plus le téléphone est mince, plus nous devenons des choses au lieu des êtres en évolution à cultiver une manière d’améliorer nos rapports humains. Et moins nous sommes aptes à en prendre conscience. Plus l’appareil est petit, plus l’être devient le nain devant la splendeur de la machine.

Gaëtan Pelletier

 

Les ogres de barbarie

L’orgue de Barbarie est un instrument de musique mécanique à vent classé dans les orgues. Il fait partie des « automatophones », terme qui englobe tous les instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques.

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L’autre jour est apparu à la télé un grand type remplie de connaissances comme un stylo à billes l’est d’encre. Et pas une bavure. Il nous a annoncé le futur, dite 4e révolution industrielle. Une nouvelle génération nourrie aux microprocesseurs. Ils ne parlent pas comme nous, les humains. En fait, ils sont comme robotisés déjà. Amputés du cou aux pieds. Le cerveau écrasé et fondu dans le numérisme (sic). Je pense avoir vu la nouvelle génération, la Z…. Après ça plus rien.  On ne sait pas à quoi servira le petit simplet des mortels après  ÇA.

Une véritable orgue de barbarie. Il nous en chante avec du vent des les doigts. On le dirait si fier de son cerveau que ses cellules se tapent dans les mains. Ce doit être le Thomas Edison du 21ième  siècle. Mais il y a des hic dans cette supposée révolution:

« Le poids de la perte d’emplois, comme conséquence de l’automatisation et la désintermédiation de la quatrième révolution industrielle aura un impact relativement équitable entre les hommes et les femmes, 52% des 5,1 millions d’emplois perdus d’ici 5 ans concernant les hommes et 48%  les femmes », met en avant ce rapport alarmiste. La 4ième révolution numérique synonyme de chômage. 

On est déjà en train de se faire chômager et à se faire carrément chier. En Suède, le système est déjà« parfait», – manière de parler -, car dans ce monde de plein emploi il faut devenir l’esclave de la grande machine à faire vibrer les banques. J’en conclus qu’une banque ça doit jouir. Même si le mot n’est pas approprié. Les soldats, du marcheur jusqu’au démarcheur, de l’adjuvant au général semblent tous des adhérents à ce système suicidaire. « Vous ne manquerez de rien,  (sauf votre liberté». 

Les ogres affairistes sont en train de nous bouffer l’âme par la transhumance  de la créature magique humaine vers un champ gris, numérisé. Oubliez vos chakras. Oubliez même vos bras, vos doigts et vos mains. Vous allez virer numérique. Et vous allez crissez des souliers. Comme dans les films de Jason Bourne.

Le placement dans un seul portefeuille: le cerveau. Une manière de voir la nature humaine dans une ignorance de couloir. C’est la charcuterie annoncée. Même s’il pleut des artistes comme des chats de gouttière ou des sitologues aguerris, on n’y peut rien. Hurlez, criez, chantez , pancartez, et jouez les savants en barattant des écrits distingués, c’est useless. Bref, inutile. Vous écrivez sur un piège de bois avec une mine sculptée par le faux pouvoir du combat.

On dirait bien que le monde du travail est un charnier rose. Le défilé des vendeurs de systèmes à massacrer les humains ne fait que commencer. On vous dira que le reste est avenir… La berceuse planétaire est en marche. Les ogres ne savent pas qu’ils se bouffent eux-mêmes. Ils ignorent ce qu’est « un autre »….

Gaëtan Pelletier ,
sushi chantant…

Qui l’eût cru…

P.S. : Je m’en vais jouer du roman dont voici un court extrait:

Le soldat fonde une famille, puis le lendemain retourne au « travail » tuer… des enfants