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La Terre, comme une fleur…

Terre

Il suffit de mettre le nez dehors par un beau soir d’été ou d’hiver pour voir toutes ces boules pétillantes qui flottent dans l’espace. Des étoiles. Ou des jardins de lumière…  C’est tellement immense qu’on arrive même pas à imaginer ce qu’il peut y exister, ni pourquoi cela existe, ni d’où cela provient. Mais c’est beau à ne pas dormir des yeux.  Et la créature  soit-disant la plus évoluée du monde n’a même pas la stature d’une blatte. C’est à vomir de rire! Car il n’y a pas de victoires dans les guerres. On devrait procéder à l’envers: les citoyens devraient enfermer les gens armés et gazer les vendeurs d’armes. Mais c’est plus payant de construire des fusil, des drones, des F-35 que de planter des choux et des carottes et cultiver des truites.

Mais peut-être que la Terre n’est qu’une fleur bleue dans l’Univers. Son destin est de flétrir-  comme c’est le cas maintenant- ,  de sécher et, finalement, de mourir. On n’a pas su entretenir la fleur… Pour qu’elle reste vivante, il faut entretenir tout ce qui est vivant à commencer par son voisin. Peu importe s’il a la peau bleue, que son dieu a un nom, et qu’il ne mange pas de cuisses de grenouilles.

Nous vivons dans un monde dans lequel personne ne semble savoir ce qu’est l’amour. On l’a séché ce cher amour! Il est tout rétréci à des émotions. En fait, c’est une acceptation de l’infini des différences. Comme si on regardait le ciel par les soirs d’été ou d’hiver. On ne comprend vraiment que lorsqu’on est fasciné par la grandeur de la différence et non l’étroitesse de la haine.

Nous tricotons des morts, nous buvons du sang, nous tuons des enfants, et l’on dit que c’est une victoire! Tant qu’on ne pourra au moins ralentir le cyclone débile de l’autodestruction on ne pourra jamais parler de victoire. S’il y avait un marathon de la défaite « circulaire », nous serions gagnants!

Gaëtan Pelletier

Un jour sur terre

Minuit moins deux à l’horloge cosmique de l’univers, l’humanité vit ses dernières minutes. Gaïa va bientôt s’épouiller des derniers parasites humains qui la démangent. Ce soir Râ, après s’être ouvert les veines, titube à l’horizon écrasé de chaleur et baignant dans son sang. Demain dés l’aube, avec Simon, nous irons taquiner l’arc en ciel sous le vieux pont du chemin de fer qui fait son grand écart sur la Coise. Nous ferons voltiger nos lignes dans les reflets de lumière matinaux, nos mouches fictives iront danser sur la surface agitée du torrent espérant qu’elles finissent leurs courses dans la gueule vorace d’une saumonée ou d’une fario. Attente, patience, geste cent fois recommencé et, à la cent-et-unième, un corps d’argent qui se débat au bout du fil en frappant rageusement de sa queue le miroir liquide.

         Pendant ta pause, pour te distraire un peu, je te referais voir comment ce farceur a marché sur l’eau et une fois encore, tes yeux grands ouverts et ton rire franc accompagneront la prouesse. Bon c’est vrai il y a un truc, mais patience, tu l’apprendras au bout du voyage.

         Sans se presser, avant la tombée du soir nous rentrerons par l’ancestrale voie ferrée désaffectée. Plus de train de banlieue sur celle-ci car financièrement pas viable qu’ils avaient dit les hauts fonctionnaires du département, idiots et rigides qu’ils sont dans leur principe de rentabilité. Défaut qui devient vite une sale habitude quand le portefeuille vous a bouffé le cœur. Nous marcherons en équilibre sur les travées goudronnées coincées entre les caillasses et les rails d’acier dévorés par la rouille et l’inactivité. Sur les rochers baignés de soleil un trio de squamate se dorera l’échine en nous regardant passer, curieux et méfiants, l’œil aux aguets. 

          Pendant ce temps, quelque part dans les montagnes du Tibet, un soldat chinois abattra d’une balle dans la nuque trois moines récalcitrants. A Chicago, un SDF sera roué de coup par une bande de jeunes sous extasy se prenant tour à tour en photo sur un téléphone portable. Dans une ruelle de Bangkok un père de famille cinquantenaire originaire de Düsseldorf payera un maquereau pour violenter une adolescente de treize ans. Quelque part en Arabie Saoudites on décapitera les derniers condamnés à mort sur la place publique de Jeddha. A Wall Street un banquier fera fortune en spéculant sur les matières premières et en contrepartie, 25 000 africains iront grossir les statistiques des futures victimes de la faim. Ainsi se remplieront les poubelles du monde. 

        

         Arrivé au mas, pendant que tu écailleras et videras les prises avec ta compagne Marie sur la table de cuisine et sous le regard bienveillant des photos jaunies de tes ancêtres, que tes deux enfants chahuteront les gallinacés dans la cour sous les aboiements du bâtard, j’irai prier debout sur la colline, faire mon rapport au ciel sur les hommes et leurs folies. Demander un délai en lui prétendant qu’il y a encore de l’espoir mais, fatigué et chancelant dans mes convictions, je doute d’être suffisamment convaincant.

         Avocat désigné d’office, je ferai tout de même remarquer qu’il y a des milliers de bénévoles qui chaque jour œuvrent dans le monde au service des plus démunis. Comme cet homme qui apporte un repas aux sans abris, cette femme qui passe ses nuits au chevet des mourants, cet instituteur qui continu la classe après ses heures etc. Sodome et Gomorrhe n’ont pas été détruites tant qu’un seul juste y vivait. Alors, ainsi soit-il… 

         Ce soir il y a une légère brise, l’odeur de la terre mouillée et des feuilles pourrissantes parfument les environs. Au pied du pommier finissent d’agoniser les derniers fruits, sur une de ces branches une arachnide vautrée dans sa toile digère les restes d’une mouche imprudente. Quelques hirondelles volent encore à raz terre regagnant leurs nids sous le faîtage de la grange avant de laisser la place aux chauves souris qui iront se repaître de moustiques. J’ai hâte de rentrer chez moi et pourtant, il y a encore tant à faire. Encore un jour sur terre, demain, peut-être demain…

Gabriel 

L’équation humaine

 Les nations ont soldé leur identité et ne sont plus que des unités administratives au service d’un commerce mondial initié et géré par une poignée de grands argentiers propriétaires de la majorité des grandes firmes, bancaires, industrielles et médiatiques. Une telle concentration des biens et des pouvoirs, sans cesse en expansion, engendre de fait des déséquilibres sociétaux et initie naturellement une dictature de la pauvreté et de l’esclavage. Le vieux schéma du productivisme basé sur une croissance continue et gravé dans le marbre par nos dirigeants, se nourrit d’un pillage systématique des matières premières, d’un saccage de l’environnement et conduit irrémédiablement l’humanité à sa perte. Une population terrestre en perpétuelle croissance ne peut, par ses demandes basées sur un tel modèle consumérisme, qu’amplifier les phénomènes négatifs sur son écosystème. Il faut modifier en profondeur et en urgence le mode de gestion des sociétés et ne plus avoir comme critère, unique et prioritaire, l’économie et comme feuille de route les rapports financiers. Demain, devant de tels niveaux de dégradation, un manuel de jardinage sera bien plus utile qu’un manuel d’économie. Petit conseil au passage, gardez toujours des graines de ce que vous avez semé.

          Mettre en compétition les êtres entres eux plutôt que de leur montrer les aspects positifs et constructifs de la solidarité ne fait qu’attiser les envies, nourrir les jalousies et naitre les haines. Analysez les compétitions sportives actuelles, les expansions des sociétés commerciales et industrielles, les combats pour les postes à pouvoir etc… et que constatez vous sinon que pour être devant l’autre, il faut le vaincre, l’absorber ou le détruire. Imaginez une communauté sans esprit de compétition mais avec la volonté du bien être de tous, où les efforts ne seraient plus portés sur l’enrichissement matériel personnel mais sur le développement et l’accroissement spirituel collectif. Rêverie de Bisounours lui direz vous, il vous répondra : « Survie », car vous n’avez plus le choix à moins de laisser les trois quarts de la population et des espèces, si ce n’est l’humanité dans sa globalité,  disparaitre avant la fin de ce siècle. A garder et amplifier les méthodes actuelles et leurs postures, comment feront les individus lorsqu’ils seront plus de 10 milliards en 2050 alors qu’aujourd’hui déjà, ils prennent à la terre en une année plus que ce qu’elle peut produire dans ce même laps de temps.  

          Ceci n’est pas une analyse morale pour définir le bien ou le mal mais, une  analyse factuelle avec comme postulat de base la recherche d’une utopique solution viable à moyen et court terme. Je dis bien utopique car, il me semble que la solution, de par la complexité des problèmes, la différence des modes de vie, des niveaux de connaissances et des centres d’intérêts des multiples couches qui composent la population terrestre, n’est plus au niveau des compétences humaines. Il y a les optimistes qui voient le verre à moitié plein et les pessimistes qui voient le verre à moitié vide. Ces deux là se shootent au blanc ou au noir et ne manquent pas d’imagination pour s’abriter derrière d’hypothétiques illusions ou se noyer dans de sombres désespoirs. Devant la situation actuelle et les orientations prises par les meneurs, c’est un visiteur de passage qui assiste à une tragédie et voit le monde tel qu’il est et, aux vues des résultats et conflits présents, il a cette étrange sensation que celui-ci est très majoritairement peuplé de fous furieux, de sadiques professionnels, de consommateurs décérébrés, de malades du pouvoir et d’hommes cupides jusqu’au délire ou fanatiques jusqu’à la mort. Baignant dans leur folie et leur ignorance, ils vous préparent l’apocalypse. De la confusion nait le chaos et si cela continu ainsi, la société bâtie sur un pacte tacite de morale humaniste volera en éclat et s’écroulera comme un vaste jeu de dominos. Visiblement, les prédateurs dépècent un monde qui court à sa perte.

          Nul besoin d’être Cassandre pour faire le constat suivant : Depuis le siècle dernier, l’homme dégrade systématiquement son environnement. Si vous êtes au fait des mécanismes du réchauffement climatique, vous savez que les taux de CO2 et de méthane dans l’atmosphère sont au plus haut et continuent d’augmenter et même si vous réussissez à les stabiliser cela aura un impact certain sur le climat de manière exponentielle avant la fin du siècle. Les mers et les océans sont remplis de déchets à base de matière plastique si bien qu’on parle de septième continent. Sur terre en se mêlant au sol, ce matériau artificiel va caractériser la couche sédimentaire de notre époque. Ce ne sont pas les seuls déchets humains qui se retrouvent dans les sols. L’aluminium, le béton, les résidus d’hydrocarbures, et de nombreux produits chimiques, entre autres, vont très vite devenir des « technofossiles ». Passons aux radiations. Les essais d’armes nucléaires et les accidents (Tchernobyl, Fukushima…) ont provoqué des retombées radioactives à des degrés divers sur l’ensemble de la planète. Elles aussi seront détectables par les géologues du futur comme une caractéristique de l’empreinte humaine. Il y a de fortes chances, vu les nombreuses centrales nucléaires en fin de vie encore en activité et avec les systèmes de sécurité obsolètes qui ne sont plus au niveau pour l’époque, que des incidents du même styles surviennent dans les décennies à venir. Une agriculture moderne et outrancière à la recherche de gain quantitatif a délaissé le qualitatif et modifié l’environnement en profondeur. Nombre de forêts ont disparu, et continuent à disparaître pour laisser la place à des terres exploitables pour une agriculture intensive et chimiquement agressive ou à de l’élevage de masse gavé aux antibiotiques. Les destructions d’espèces animales et végétales viennent aussi grandir la liste des modifications de la nature dues à la rapacité productive de l’homme. A cela il faut ajouter l’ensemble OGM, pesticides et autres nitrates, sous-produits de l’agriculture qui depuis des décennies empoisonnent les rivières et les fleuves et rend l’eau dangereuse à la consommation. La déforestation, en outre, provoque une plus grande érosion des sols.

          Il est désolant de constater que depuis ces deux derniers siècles les niveaux de cupidité et d’agressivité n’ont pas, malgré les progrès réalisés et les conforts de vie grandement améliorés, cessés de progresser. L’homme est un prédateur, tous le savent, aussi il est surprenant que malgré toutes les découvertes, l’évolution des technologies, les accès à la culture et les connaissances accumulées, l’humanité ne tire pas les conséquences et les enseignements de son histoire afin d’éviter les mêmes erreurs meurtrières de son passé. La survie d’une espèce ne peut se faire que par l’évolution individuelle de ses composants. Vous êtes confrontés à l’usage que vous faites de vous même, qui regarde à l’extérieur rêve, qui regarde à l’intérieur s’éveille. Chaque individu par une conduite positive envers autrui engendre une attitude saine sur le groupe et c’est par la loi du nombre que s’accroit et se propage une énergie positive ou négative. Regardez aujourd’hui, les guerres, les conflits religieux, la rapacité financière, l’avidité du pouvoir, l’agressivité latente au travail, le stress et le mal être dans les foules etc… Tous ces éléments mis bout à bout amplifient de manière exponentielle la noirceur et la négativité des sociétés. Coupable collectivement car responsable individuellement parce qu’ensemble, vous êtes la somme des possibles. L’avenir n’est jamais que du présent à remettre en ordre.

          L’homme a pendant des siècles réussi dans la paix et l’harmonie à être artiste et bâtisseur avant de se  transformer en pillard et en massacreur parce que les rapports de production qu’il a lui même créé l’exigent. A bien y regarder, son organisation de sociétés et ses techniques de pointe cachent la pire des violences. Il  transforme la nature en alliée pour mieux la piller, l’épuiser. Qu’a t’il fait de la beauté du monde, de la beauté des corps? Il serait prétentieux de sa part de se croire seul dans l’univers. Peut-être sont-ils là, à l’observer  et ils vont bientôt donner un contenu réel à sa nostalgie. Il est temps qu’il comprenne ce qu’il va réellement perdre.

          Comme ce juif errant qui jadis refusa un verre d’eau au plus célèbre des crucifiés, il se déplace dans le temps, marche à travers l’espace et témoin de votre peine, observe ce monde qui agonise…. Souvenez-vous, le problème avec la fin du monde c’est qu’on ne peut pas la raconter à ses petits enfants.

Gabriel 

Une maison qui chante…

guitare

Vous avez une vieille guitare? Faites-en un nid d’oiseaux. La guitare aura des chants de musique de chambre.

Cachez l’arbre… L’Homme est traître.

Il est en train de bâtir le chant des autos.

D’asphalte, de briques, de plastique.

Un jour, les oiseaux n’auront plus de maison.

Les Hommes aussi…

Dans de nombreuses traditions, Gaïa est perçue comme la mère de toutes les créatures vivantes qui se nourrissent, se reproduisent et prospèrent en son sein.
Il me semble que les innombrables créatures qu’elle héberge ne pourraient être vivantes si elle ne l’était pas elle-même. Son cœur de feu m’évoque notre propre organe cardiaque, animé d’ondes et de vibrations telluriques. Sa croûte est comme une peau protectrice et féconde. Ses fleuves, océans et nappes phréatiques s’apparentent aux flux sanguins qui irriguent l’organisme. Sa végétation est semblable à une pilosité folle et variée habitée d’innombrables êtres vivants. Et ne dit-on pas de ses grandes forêts qu’elles agissent comme un poumon qui inspire et expire ?
Mes promenades intérieures sur les sentiers de mes songes m’incitent à considérer Gaïa comme une sphère pensante. Peut-être est-ce l’absence douloureuse de ma propre mère, décédée lorsque mon frère et moi étions si jeunes, qui me prédispose à entendre les murmures de cette Terre-Mère, impérissable quant à elle, dont l’expression universelle, réconfortante, semble résonner en chacune de mes cellules.

Pierre Rabhi,  La tristesse de Gaïa 

Le vélo

Image: Danielle Léger

L’été était bleu, de temps en temps, sur un ciel barbouillé.

J’avais 14 ans, j’allais à vélo, le long du fleuve Saint-Laurent sur un vélo bleu. C’était en été, mais  le vent frisquet du nord me grelottait.

Je  passé devant le jardin communautaire. Des vieillards plantaient    des fleurs et des légumes, aux coloris frisés comme pour défaire la raideur de leur corps… Je ne sais…

Tout était si coloré et tranchant de leur teint blanc…

J’allais à vélo, mais ce n’était pas assez…

Le désir m’envahissait. Je voulais une moto.

J’ai eu la moto plus tard, l’auto, et tout le bric-à-brac de ce civilisé occidental qui s’enterre d’objets de peur de mourir.

Ces leurres brûlent entre vos doigts, puis font de vous une sorte d’urne dans laquelle vous êtes enfermés.

On brûle en dedans. On tente de se rallumer en se disant qu’il nous faut QUELQUE CHOSE pour être heureux. Souvent, ce sont les choses qu’ont les autres. Ils ont l’air heureux. C’est un « ils ont l’air »…

On peut transpirer pendant 30 ou 40 ans. Pour se rendre compte qu’on est vidé comme un lac après une longue sécheresse de l’âme. Le corps a ses demandes, ses vides Grand Canyon, sa soif incompréhensible.

Le singe sommeille toujours en nous.

La plus grande pub subliminale est de faire comme les autres.

Puis un jour, après avoir tout eu, du moins dans les limites de mon vide, entre ses murs dans lesquels j’étais enfermé, je me suis racheté un vélo.

Je suis  passé devant un jardin. Des vieillards plantaient des fleurs et des légumes, comme si le vert du chakra du cœur s’alimentait des cultures. Et tous les autres…

Le grand mystère de la nourriture du corps… Comme si vers la fin de sa vie, on apprend enfin à regarder… C’est durant cette vie que nous avons été décolorés. Alors, voilà que les cheveux blancs puisent des yeux, de par les plantes, lentement, l’œil à la paupière un peu avachie, fripés de par tout le corps, une nourriture pour l’âme.

Ils arrosaient leur jardin.

Ils enlevaient les bibittes à patates une à une, patiemment, comme on soustrait le long de nos vies tout ce qui nous ronge sans qu’on le sache trop.

***

J’aurais voulu passer au  marchand d’heures pour rédimer quelques jours, quelques ans, rien qu’un peu…Un tant soit peu… Mais toutes les boutiques étaient fermées par le mot «passé»…

***

Alors, j’ai repris mon vélo. Mon corps est devenu, lentement, le vélo… Je regardais les pierres sur la route et je voyais des cendres d’étoiles venues faire les routes. J’ai vu le gros poêle rond dans le ciel qui nous chauffait.

À vélo, on voit les papillons passer. Eux qui, avant, étaient des chenilles, et qui maintenant passent comme des toiles volantes que personne n’aurait pu peindre. Les fleurs abondaient le long de la route. Et je ne sais qui avait planté des miroirs de flaques d’eau qui emmêlaient le ciel et les arbres. Je ne sais « qui », et je ne me pose plus de questions sur ce « qui ».

Je regarde les marguerites et les fleurs des fraisiers. Je m’arrête et prends quelques fraises des champs. Des nuages blancs m’écrivent dans le ciel. C’est tout mouvant et ça passe en déchirures. Drôle d’écriture que tu as…

Avant, que les croyais stables. Mais il n’y a rien de stable. C’était moi, le stable. Celui qui ne bougeait plus.

Quand un jour, je suis passé devant une bande d’enfants qui rigolaient de bonheur, je me suis dit qu’on a trafiqué un monde dans lequel on ne nous apprend pas à rire, mais à être sérieux. On ne nous apprend pas à regarder, mais à nous aveugler et à assassiner nos vues d’enfants.

Une fillette m’a dit bonjour dans une sorte de chant que n’ont plus les adultes. Je lui ai répondu avec un grand sourire. Si j’avais pu saisir la puissance lumineuse de ses yeux, j’aurais pu m’éclairer bien des soirs…

J’ai continué de rouler. J’entendais des voix de par les gens qui demandaient plus et plus et plus pour être heureux et pour comprendre la Vie.

Je ne sais qui parle à travers moi. Mais une question est arrivée :

« Que veux-tu pour être heureux ? ».

La Question ne m’a pas répondu.

J’ai freiné et j’ai dit à la Question :

« Bon ! Je ne comprends rien, je sais. Il y a des peintres partout, des Mozart qui volent dans le ciel, et des chakras qui passent en forme de papillons. Je ne tiens plus à « comprendre ». Il y a des moustiques, de la chaleur, du froid, des vents du Nord, des femmes étincelles, et je commence à saisir un peu ce qui se passe.

J’aurais une dernière prière. Pour moi, ça va. J’ai un vélo.

Tu sais, Question, j’ai toujours cru qu’il était plus difficile de construire une Harley Davidson qu’un vélo.

Je viens enfin de comprendre au moins une chose :

Le vélo c’est difficile à construire.

Et plus ça va, moins les gens en construisent. La HD c’est usiné, mais le vélo c’est en nous.

Je ne sais pas ce que tu es, ou qui tu es. Je sais qu’on te supplie sous des noms différents.

Mais Seigneur ! Pourrais-tu trouver le moyen de nous glisser à l’oreille qu’il faut un vélo à tout le monde ?

On peut bien rêver,  cher(e) Question… Imagine un moment que toutes les bombes du monde étaient remplacées par des rires d’enfants !

Eux, qui sont heureux d’avoir un simple vélo…

Je sais, je rêve…

Gaëtan Pelletier

3 Juillet 2012

L’adultarium

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Je ne vais plus à la messe des idées… Je regarde, simplement, les gens aller…

La vie enfermée dans le temps, qui conflue du matériel au spirituel. Les parfums, le bruit des trains, le froissement du vent sur une joue. Un petit éclair à travers les arbres. Le fétu séché…

Belle! Trop belle la Terre. La ruche bleue dans l’espace… La pauvre ruche livrée parfois aux lions mondialistes. Là où le diable danse dans la même lumière que celle des dieux.

Il n’existe pas de mystère à élucider, mais une vie à vivre. La Vie, à travers tous les livres du monde, a pris un sens qu’on a bien voulu lui donner. La vie par effraction! La claudiquante misère humaine. La fragilité de la peur entretenue. Les pays-prison.

La déité étriquée…

Avec son arsenal de connaissances livresques, mathématiques, ce « sauvage » nouvelle ère s’est pris pour le roi de la création. Le savoir estampillé des diplômes. Le charme empesé des nouveaux rois. Les veaux d’or des temps lacérés.

Tout ça peut vous faire mourir avant la mort.

On a tout transformé en un grand charnier d’acier et d’idées mortes.

Un drone vaut-il une fleur? Nous ne savons plus vivre, et plus nous avançons dans l’Histoire, mieux nous savons nous entre-détruire.

L’horloger ne comprend même plus la montre qu’il a crée. Dans laquelle il est enfermé. C’est une ère mécanique, hallucinante, débridée, dénuée du  simple bon sens.

La politique est l’acier, le pétrole et ce luxe misérable vont régler tous les problèmes du monde. Le cerveau s’est encagé. Comme un oiseau « désailé ».

Quand on cesse de cultiver les dieux, nous ne sommes que l’UN du TOUT. En quoi l’Homme est-il supérieur au simple pissenlit, au chêne qui grandit, aux oiseaux qui y nichent? Au  frimas des matins d’automne…

À partir du moment où l’on croit connaître quelque chose de la vie, on l’étreint, comme pour le garder en trésor. On l’étouffe pour s’en nourrir. Car ce qui ne vit pas, ne nourrit personne. Les idées n’ont rien de différent de l’argent, de l’avoir. Les couards saisissent au vol un oiseau, une idée, pour l’enfermer. Ça les rassure.

Peur de ce qui bouge, peur de ce qui s’use. L’industrie de la peur.

Ma quand on a compris que la simple tige d’un pissenlit a autant de valeur que soi, que la feuille s’en va et nourrit la terre, que la beauté du monde est là, sans attente, sans rien, sans désir d’éternité, juste là dans les amours, juste là dans l’invisible, on trouve bien risible toutes les analyses du monde qui polluent en idées le simple résultat d’une vie.

Parler de soi n’est pas nombriliste. Ce qui l’est c’est de parler des autres, hypocritement. Ou parler de dieu un couteau  à la main…

Il y aura toujours, chaque jour, quelqu’un pour vous livrer un petit secret, une découverte. Vous attendez patiemment… Vous attendez comme un enfant… Vous attendez que quelqu’un vous explique  le monde, et que tout soit fini.Figé.  Vous attendez que les politiciens règlent votre sort. Que les armes mènent à une victoire.

En ce siècle, les armes ne mènent qu’aux banques.

Dans ce faux théâtre, les humains hypnotisés cherchent un rôle à jouer, une idée à défendre, un pays à sauver. Un système à inventer. La perfection du petit cahier. La ligne la plus droite que droite à  travers les hypocrisies impérissables du temps.

Il n’y a pas plus système qui puisse mener au bonheur. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a eu, dans l’Histoire, qu’une série de mégalomanes, d’esclaves volontaires, et il y en aura toujours. Les diables dansent sur la poussière de tous les esclaves ensevelis de l’Histoire. Ils ne connaissent qu’un seul jardin; celui de la fragilité humaine. Ils les font dansotter en ricanant.

Le mouton à tondre est le désir des loups… Il produit. Et on lui accroche une médaille pour sa production : une montre. En attendant l’heure fatale du « vrai » mourir. Il sait léchouiller la bête.

***

Chacun danse sur tous les cadavres des gens passés dans cette vie. Et ça continuera…

On ne changera rien. On ne changera rien parce que chacun veut être « grand ». Alors que tout se fait par les tout petits.

Pour vivre, il faut rester enfant, ou retrouver l’enfant. L’enfant n’a pas de système, ni de dieu, ni d’idées : Il regarde, assimile, et apprend tout. C’est après qu’on le fige lentement, qu’on le statufie, qu’on modèle ses « idées », ses « visions », comme s’il n’y en avait qu’une.

Il y a mourir sous terre et mourir sur Terre.

On ne devient  UN que par l’amour des autres dans leur différence. Ceux qui se battent pour des idées se privent d’un grand bonheur et d’une grande connaissance : la pierre aiguisée de la différence, la rugueuse différence de la pierre.

On ne devient UN que par la manière de l’oiseau qui se jette en bas de l’arbre, qui tombe, se relève, pendant des heures.

Puis un jour, il vole…

Chose surprenante : une idée n’a jamais fait vivre personne. Elle a parfois amélioré son sort. Mais une idée n’est là que pour « améliorer ». Maintenant, une idée peut être bêtement inutile, mais Ô combien attirante dans son lustre!

Nous voilà au siècle des idées vendues et achetées par tout le monde.

C’est pourquoi nous sommes si pauvres. On rejette le paysan. On exaltera les grands édifices, les œuvres d’art, le clinquant mondain. La surface. Le laque. Les diplômes. Tous des accessoires à se moirer…

Une idée ne sera jamais un jardin. Une formule mathématique ne sera jamais la Vie.

Alors, de quoi nous nourrissons-nous?

C’est là le cœur du problème…

Nous nous nourrissons à de « l’inconcret ». Nous tétons de l’abstraction… Biberons d’États.

Tout le système est organisé pour que nous restions enfants, enfermés, cloués, sans jamais passer à l’âge adulte.

Comme si on disait à l’oiseau : « Ne sautez pas en bas de l’arbre, vous pourriez vous blesser et ne jamais voler ».

Les oiseaux n’écoutent pas…

Et c’est ainsi que doit être la vie…

Gaëtan Pelletier

Au bord du gouffre: marche forcée vers le vide

Écrit en 2017, ce texte est de plus en plus d’actualité.

C’est Nabum

Réflexions désespérées.

Une récente promenade dans les entrailles de la terre m’a conduit à quelques circonlocutions sur l’état de notre société. Nous sommes bien au pied du gouffre, incapables de modifier notre course folle vers l’abîme. Hélas quand l’heure de la chute viendra ; il ne peut en être autrement, lourdes et irréversibles seront les conséquences de cet aveuglement qui nous conduits, inexorablement à toujours faire les pas de trop.

Tout semble contribuer pour que notre humanité achève joyeusement de creuser sa tombe. Rien ne peut arrêter cette marche à pas forcés vers le vide, poussée par ce mal profond et sournois justement nommé avidité. On ne devrait pas s’étonner du but ultime de ce fléau du capitalisme, ce cette névrose délirante d’une société en perte de solidarité.

Le toujours plus ne conduira pas vers les hauteurs du progrès éternel comme le pensent encore naïvement les tenants de cette hérésie politique. Nous sommes au tout début du grand chaos, les soubresauts actuels ne sont qu’une première manifestation de la grande rupture qui ne manquera pas d’ advenir. Les inégalités, les injustices, les déséquilibres de toutes natures, les fractures entre le Nord et le Sud, entre l’Islam et le reste du monde, entre les possédants et leurs futurs esclaves, entre les privilégiés et les gueux sont telles que les séismes humains vont se multiplier à plaisir.

L’avènement de fous furieux ou bien de marionnettes illusoires aux commandes de quelques nations clefs atteste de la mise en branle du grand processus de décomposition du libéralisme. Les portes de l’enfer vont s’ouvrir et engloutir l’Atlantide et son système délirant qui place le dieu argent bien au-dessus de ces pauvres vermisseaux que sont les humains.

Nous avons un pied dans le vide et personne ne semble vouloir crier au loup à moins que ce ne soit au fou. Les cinglés dirigent la planète, qu’ils soient adorateurs d’un dieu de haine, d’une économie mortifère, d’un progrès suicidaire, d’un pouvoir liberticide, ils nous poussent toujours plus fort vers ce vide qui est celui de leur pensée d’abord avant d’être le gouffre de notre destinée collective.

Le marché, la bourse, la religion, le progrès sont les grands agents du néant à venir. La chute n’est que certaine et dans les profondeurs des entrailles de la terre, l’humanité ne saura cette fois renaître. Seule une prise de conscience collective, loin des décideurs tous à la solde des marchands de mort, sera susceptible d’éviter le déluge.

Il n’est plus temps d’infléchir le système ni même de penser que les voies démocratiques sont de nature à sauver du désastre. Nous avons vu combien les forces de la manipulation peuvent placer au sommet des responsabilités les exécutants des basses-œuvres de la dissolution finale. Le gentil banquier lisse est la parfaite illustration de ces employés de commerce d’une bête immonde qui entend dévorer les humains. Il n’agit que dans le seul intérêt d’une clique de salopards incapables de la plus petite compassion.

Si dans tout au fond du gouffre, il y a une rivière souterraine et que des êtres vivants sont parvenus à s’y développer, il n’en sera pas de même pour notre humanité. Le temps est venu de faire machine arrière, de briser nos chaînes et de détruire ce libéralisme absurde, inhumain, dévastateur qui vit ses derniers instants. Il faudra en passer par des actions radicales et violentes car, à n’en point douter, les loups sont en place sans intention aucune de se retirer. Comme ils disposent désormais de tous les instruments de contrôle, de manipulation, de répression, de coercition, la bataille risque d’être parfaitement inégale.

Nous n’avons plus le choix si nous voulons offrir un avenir aux générations futures. Le temps est désormais venu de choisir son camp sans plus faiblir dans sa détermination. Notre Monde s’écroule et nous entraîne dans le précipice.

Cataclistiquement vôtre.C’est NabumChroniques au Val

Informatés

On voudrait que les poètes écrivent des odes à la beauté de ce monde. On voudrait qu’ils en déterrent les  joyaux, qu’ils soulèvent  la laideur comme on lève un tapis. Hélas! Hélas! La saleté est exponentielle, donc irréversible. Il faudrait changer de tapis…

C’est un beau grand tapis bleu qui tourne au gris, peu à peu…

 Tout est en train de se fondre dans le grand canyon de l’avoir,  enfoui et enterré avec une valeur égale au petit marchandiseur terrien d’un orgueil gaufré.   Ce cueilleur-chasseur,  de par ces nouvelles armes sophistiquées et invisibles,  et son œil tout feu, tout flamme,  guette ses proie qui parfois se fanent. Mais il en viendra d’autres…

Il est là, atterré, nargueur comme un gamin devant l’incompréhension  de son propre être, des animaux, du Cosmos,  de ses dieux, et d’une planète il habite et  brûle en même temps.

     L’Homme craint maintenant la mort, par peur  de voir  fondre son ego putride  qu’il chérit tant. Il est en extase devant la pile d’objets  flamboyants qu’il a crée, pis encore, dédaignant ses semblables qu’il ramène au rang de leviers à richesses : l’autre n’est un objet au même titre que ses  « créations ». Créations d’une foultitude de futilités infécondes pour la race humaine. Mais il invente et  mitraille à coups d’usines aux machines sophistiqués, inondant les marchés.

   Souvenons-nous que chaque objet que nous achetons est un objet à jeter… un peu plus tard. Et, il y 40 ans, c’était aujourd’hui et « un peu plus tard ».

Pendant que la Terre vide ses glaciers servant à tempérer  le garder au chaud et à 70% d’eau, il reporte  à  grands vœux,   avec l’aide et  les manigances des chefs d’État alliés, eux-mêmes  souventes fois et   prisonniers   du charabia des affairistes qui nourrissent un immense  coffre-fort invisible.

Les Robinson Crusoé affairistes ont conçu le grand projet d’acheter toutes les îles, même  celles qui tournent dans l’espace.

L’informaté

Goebbels est maintenant une lignée insignifiante de chaînes de télévisions et de réseaux bavards, trafiqués : l’internet.   Notre esclave a toutes les chaînes. Salflix et autres abuseurs publics qui,  dans leur grand cirque impudique,  amusent notre esclave enchaîné. Assis devant sa télé HD, il dévore tout : séries de meurtres en série, nouvelles et re-nouvelles 20, 30 fois par jour.  L’info, c’est  le AK 47 . Et les enfants ont maintenant plus d’écrans que de mamans.

Il est informé formaté. Gélatiné et ronronnant d’hypnotisme dans les  vapeurs tassées  de la décadence de ce monde. Il communique Wifi de par  les médias sociaux. À distance de ses semblables.  Il n’a pas sa langue dans sa poche : il a les doigts sur son clavier et il  a perdu toute humilité. Il hurle, se plaignant  de la violence de son monde. Il gigote et se tortille tel un enfant gâté.

Le dénaturé

Il a perdu la langue  des arbres, des pigeons et des étoiles : la vision des racines profondes de ceux-ci. Bref, de tout le vivant auquel il appartient.  La nature, maintenant, lui est extérieure.  Il a décimé  des forêts  entières,  empoisonné des rivières  les rivières, plastifié les océans, et, sans le savoir, il fait maintenant partie de tout les poisons qu’il a injectés à cette nature.

 Mais ce n’est pas lui… Il se plaint de l’air empoisonné. Mais ce n’est pas lui… C’est l’autre. L’autre, cet autre lui.  

Il sait toutes les nouvelles de la planète, mais ne connaît pas le génie du chant des oiseaux et la beauté de ces  peintures volantes. Il a perdu la poésie de la vie en échange des formes mécaniques et électroniques.

Il a construit ses propres dieux.

On lui a donné une voix, mais c’est celle d’un Freud barbouillé et d’un punching bag électronique.

La fin des montres

Un jour, les montres seront inutiles. Dans un siècle, ou quelques décennies, ce bel   univers s’effondrera devant la légèreté d’un être devenu l’esclave chevillé de métaux et de pirate de banques. Il ne saura jamais où il a été transporté. Les sables seront si chauds, et sa chaumière de 850,000$ $ si brûlante, qu’il achètera de  la glace au Pôle-Nord. L’enfant qu’il est ne demandera que de l’eau et de la glace au père Noël.  On aura alors transformé   les feuilles d’orangers, la truite arc-en-ciel, les carrés de jardins et le fruit de la passion en or.

Et cet or inutile éveillera notre petite créature. 

Mais Icare aura mis le feu à ses ailes.

Il n’ira jamais plus loin qu’ici.

C’est lui qui aura le soleil qui fera fondre ses ailes gluées de sa prétention et d’orgueil.

Peut-être que la poésie lui aurait fait comprendre ce qu’est l’amour-propre…

Gaëtan Pelletier

Saint-Pascal, Kamouraska

Le 21 décembre 2020

 Pelletier, Gaëtan

La fable du divorce de l’œil et de l’oreille

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Il était une fois deux hommes qui regardaient l’oiseau chanter.
– Il chante tellement bien. L’entends-tu?
– Non, je le vois.
– Moi aussi. Mais c’est voix qui m’émerveille.
– Si tu pouvais voir toutes les couleur, toute la beauté de cette toile volante…
– Si tu pouvais entendre toute la grandeur de ce chant.
Derrière eux se tenait un sage qui leur dit:
– C’est bien là le problème des humains… L’un sait entendre, l’autre sait voir. Et ils se chamailleur pour un œil ou pour une oreille. À tenter de comprendre, on oublie d’accepter la différence. Et c’est là la petite goutte des guerres qui noient tous les humains dans une différence aussi minime.
Les deux hommes se retournèrent ver le sage, ironiques.
– Et vous, qu’entendez-vous ou voyez vous?
– Je vois deux oiseaux. J’entends deux oiseaux. Et un jour ils se feront la guerre. Et quand ils mourront, il ne restera ni œil, ni oreille.

Image Wiki: guerre

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© Gaëtan Pelletier

10 mai 2020

Dr Trump et la planète Mars

COVID-19: News from the world's trade unions [LabourStart]

 

DONNER ET PRENDRE

Il était une fois un homme qui possédait une vallée pleine d’aiguilles. Un jour, la mère de Jésus vint le voir, lui disant : « Ami, le vêtement de mon fils est déchiré, il faut absolument que je le lui raccommode avant qu’il n’aille au temple. Ne voudrais-tu pas me donner une aiguille ? »
Il ne lui donna point d’aiguille, mais il lui tint un érudit discours sur Donner et Prendre pour le rapporter à son fils, avant qu’il n’aille au temple.

Khalil Gibran, Enfants du prophète

***

On ne parle plus d’aller sur Mars. Et pourtant le prix du carburant n’a jamais été aussi bas. Et le ciel aussi clair… Peut-être auront nous un air neuf à respirer pendant l’été. Selon le Dr Trump, la chaleur va tuer le virus. Il faut entre 60 et 70 degrés pour « nettoyer » un masque de  style N-95. Pourtant, on allait y parvenir, à force de brûler tout ce qui se brûle…Même les humains. La surchauffe planétaire et sa destruction par délire de consumérisme nous laissait indifférents. Pourvu que ça rapporte… Au fond, on se foutait bien du vivant: tout se marchandise. Aujourd’hui, c’est l’eau et l’air. Il y a une nouvelle négritude qui s’est fondée sur l’endettement et les croisiéristes en format Titanic et sur lesquels s’est embarqué une créature Alien- Le 8 ème passager. Nul n’est à l’abris du grand bal des étourdis.

Je pense avoir compris que le Dr No (1)., grand fabulateur, génie autoproclamé négocie avec tout ce qui peut se négocier. En autant qu’il demeure avec sont titre de roi du « monde ».

Il fallait une infime  créature aussi tenace qu’un virus pour se rendre compte de la fragilité de nos richesses fabriquées de dettes et de dettes pour nous distancer encore plus et  faire de nous des Robinson Crusoë. On disait que personne n’est une île. On est en train d’en devenir une avec notre petit arbre planté sur le gazon en guise de décoration et notre peuple de distancés sociaux qui se promènent l’air égaré, courant les parcs pour respirer un peu.    Notre petit Noël d’été?  Il viendra, pour sûr. Ou presque.  Être sûr ne semble plus certain.  Il y a maintenant plus de doutes que d’étoiles dans le ciel, comme disait l’amérindien  qui lui, voyait arriver pour fonder  13 colonies, des marées de prédateurs qui posaient des barrières incompréhensible pour celui-ci. Tout était géant. À quoi bon poser des barrières.

Le tsunami 

Mais attendez la seconde et troisième vague. Nous devrons nous vêtir de costumes de scaphandriers pour affronter le voisin. Là, on se croira sur Mars.

La pandémie de grippe espagnole a tué de 20 à 50 millions de personnes dans le monde, dont 50 000 au Canada. Elle a pris son temps. Elle a tué en trois vagues avant de disparaître pour de bon, en 1920.

La première vague, au printemps 1918, a été relativement faible. La deuxième, l’automne suivant, a été dévastatrice. Le virus avait muté ; il était plus virulent. Il tuait des vieillards, des enfants, mais aussi de jeunes adultes en 24 heures. Isabelle Hachey, La Presse

Ici, au Québec,  le slogan est celui-ci: Ça va bien aller. Et voici l’image que l’on retrouve sur les vitres des fenêtres des maisons. C’est une sorte d’arc-en-ciel qui n’est pas sans rappeler la crise économique américaine ( étasunienne) qui a frappé l’Oncle Sam dans les années 1883-1897.  Ce petit dessin d’enfant ressemble étrangement à l’idée du  roman Le magicien d’Oz  et la chanson Over the Rainbow  ( l’arc-en-ciel L’espoir d’un monde plus clément après un orage ( snif).

Pourquoi Ça va bien aller !!! - Cité Boomers

Vu que nous sommes habitués à la vitesse d’exécution on se rendra malheureusement compte que la nature n’est pas à la même vitesse que les industries chinoises et la matière grisée  du Dr No.  On a tellement investi dans l’armement et dans… l’investissement que les pauvres travailleurs partiront en premier. On pourrait bien passer aux robots, mais un robot ne consomme pas.  Il est déjà habillé de métal et bien circuité pour être qualifié d’intelligent.

On a souvent parlé de « guerre mondiale » les guerres du 20ième  siècle. Celui dans lequel nous vivons pourrait être une guerre de la nature contre l’Homme. À force de la dédaigner ,de la massacrer, les virus sont des armes encore plus invisibles que le F-35.

Et Mars? On aura au moins tous les costumes… Car une infirmière a dû désinfecter ses souliers après avoir trouvé des traces de la Covid-19 sur ceux-ci. Le saut en parachute et la F-1 sont sans doutes des sports dangereux… Mais attendez quelques mois et vous verrez que le shopping fera de nous des sportifs quand viendra le moment  de se vêtir et de se nourrir.

Il y a trop de  martiens  parmi nous… Et ils ont été élus.

La prochaine fois, élisons des humains…

C’est bien d’aller sur Mars, mais il faudrait avant tout apprendre à vivre ICI et devenir un plus humbles devant la beauté de cette création. On avait tout. À force de vouloir jouer à « dieu », on a raté un monde qui sur l’échelle de temps de la création d’une planète, l’histoire de la créature humaine est représentée en quelques minutes….. 4,5 milliards d’années et un siècle à peine pour tout détruire. Comme dirait le Général  Trump:  » On est vraiment efficaces ».

On devra désormais tenter un nouveau jeu: jouer à l’humain. Ce n’est pas le travail qui manque… Mais le temps.

1- « M », y envoie l’agent spécial 007 James Bond pour enquêter. Celui-ci va devoir affronter le SPECTRE, une organisation qui vise à dominer le monde, personnifiée par le « Dr. No ». James Bond 007 contre Dr No

Gaëtan Pelletier