Archives mensuelles : septembre 2008

CHIEN

Animal qui  branle de la queue en vous voyant, sans se demander s’il devrait branler de la queue en vous voyant.

LITIÈRE

Planète, où  où 6 milliards d’humain entrent dans le château de sable pour faire leurs besoins… De plus, ils y vont en auto.

Comme le disent les écolos: il faut sauver le château.

Sinon, il n’y aura plus un chat sur terre.

LE SANS ABRIS

Un sans abris, c’est quelqu’un qui a un pays, mais pas de toit.

Même si le pays est riche, son château est un banc. C’est comme un ventre de maman…

Alors il se love en foetus…

Comme pour retourner à l’oeuf qu’il était.

LES MOUTONS NOIRS À CANNE BLANCHE

Quand le vent emportera

Le silence de nos veines

J’irai revoir la vie

Mes sentiers, mes peines

Le nous deux, le nous tous.

J’entrepose  mes douleurs

Aux ventres des poèmes

Aux soirs où les givres

Défont les miroirs et les cœurs.

Je dormirais tous les soirs dans le ventre d’une femme. Là où je suis né, là où je

nais toujours. Je ferais danser des airs de chansons pour décapiter  les bruits blancs  des jours.

Avec tous les coureurs de baumes, avec tous les blessés, courant les civières

pour se guérir : les amours,   les desseins d’avoir, la gloire, l’aigreur des noués.

Écrire.

Tracer les brûlures des jours.

Taper à coups de marteau la pierre que l’on est.

Pour esquiver le sable acide des sabliers.

La déraison des vautours d’âmes

Les avaleurs et tueurs de lumière.

Les comptables.

Les politiciens.

Avec leurs yeux de chasseurs.

Pour la peau des moutons.

Ces aveugles

Qui se veulent la canne blanche de nos vies.

Qui nous tuent aux minuits et aux midis.

À coups de mots.

septembre 08

Alain Bésil, écrivain. Le mystère du lac Pohénégamook. (extrait, chapitre 6).

Extrait d’un roman en construction

CHAPITRE 6

LA PENSION DE VIEILLESSE

Quelques minutes après que le Titanic fut déchiré

en son flanc par une pointe d’Iceberg, quelqu’un hurla :

Il faut sauver le Titanic!

Bonne idée! Si chaque passager a une tasse pour

vider l’eau, je pense que nous y parviendrons.

– Mais les passagers? S’enquit un officier de gauche au Capitaine.

– Ah! Oui!… Bof! Ils se tueront à la tasse… Après tout ce ne sont

que de passage…Ce navire est éternel…

Éva Vitanski.

Chroniques d’une mort allongée.

Nous vîmes la pancarte,  au virage d’une route, camouflée  de quelques bosquets.

LA PENSION DE VIEILLESSE.

Résidence pour personnes âgées.

C’était à cet endroit que la personne de l’âge troisième nous avait guidés.

La construction datait de la fébrilité de l’après deuxième guerre mondiale. Une relique du mouvement religieux et de sa mainmise sur le peuple québécois : la statue d’un saint était flanquée en plein milieu du parking. Les bras évasés. Le regard vitreux.

Éva avait noté le nom sur un bout de papier.

Carl Sberg. De descendance allemande, arrivé au pays au début du vingtième siècle, il s’était installé dans une petite ville près du St-Laurent, puis  avait épousé une acadienne.

La porte était

Il fallut attendre qu’une dame vienne répondre.

– Vous avez des parents ici?

– Non, un ami.

– Ah! Monsieur Tremblay?

– Non, Carl Sberg.

Son visage s’albugina. On aurait pu lui allumer la chevelure tellement elle avait l’air d’un cierge. On aurait dit Céline Dion au musée de cire. Mais sans voix…

– Vous ne vous sentez pas bien? Demanda Éva. Je suis médecine…

Elle reprit son souffle.

– Ouf! Je suis émue. Monsieur Carl est… mort.

***

Nous étions dans la  chambre de Carl.  Dans le corridor régnait un climat de panique : cris, larmoiements, propos décousus, lamentations. On se serait crut dans une peinture de Jérôme Bosch, avec ces corps difformes, aux visages boursoufflés, quasi élastiques dans leurs mouvements de panique.

– Puis-je voir vos papiers? Demanda l’infirmière.

– Nos papiers?

– Pour vous identifier.

– Ah!

Nous lui tendîmes.

– C’est bien vous.

– Comment a-t-il su que nous venions le visiter?

– Je l’ignore… Mais il a dit de prendre soin de vous, parce que vous étiez très proches…Il vous a laissé ce paquet…

– Merci!

– Il m’a dit de vous laisser fouiller sa chambre autant que vous le vouliez, à condition de vous occuper de ses derniers préparatifs… Tout est prêt, il ne vous reste qu’à signer…

Ce que je fis.

Quand la dame repartit, j’ouvris le colis : une brique rouge et une plume d’oiseau.

J’étais stupéfait.

La missive ne contenait que deux messages.

Veuilles inscrire ceci sur ma pierre tombale le poème suivant :

Do you suppose

A caterpillar knows

Its future lies

In Butterflies ?

Le mot de passe de mon coffret à la banque est le suivant : LESUIVANT.

P.S : Il y a un disque dur dans l’armoire avec une prise USB. Avalez le contenu du disque de mon ordinateur et formatez- le.

Le tout terminé, nous avons inspecté la  pièce. On pouvait apercevoir un projecteur derrière son lit, accroché au plafond. Le mur d’en face avait été peint en gris, servant d’écran géant.

. J’ai jeté un œil à sa collection de DVD. La plupart étaient en format xvid, téléchargés sur le net. Une collection hermétique allant de la vie de Nicolas Tesla à des centaines de documentaires sur les Ovnis. Une bibliothèque ésotérique, en même temps qu’anarchique, contenant les œuvres de Colin Wilson, d’Ervin Laszlo, et de Simenon.

– De quoi est-il décédé? Avons-nous demandé à la dame en cire.

– Il n’ira pas au ciel…

– Que voulez-vous dire.

– Il s’est suicidé…

– Avec quoi?

– Nous le soignions à la morphine. En examinant la tubulure qui le nourrissait pour le maintenir en vie, nous nous sommes aperçus qu’il avait conçus un conduit adjacent qui pouvait récupérer près de 5% dans des contenants cachés…

– Cachés où?

– Dans des…stylos. Il adorait les stylos… Il les avait vidés de leur encres  pour les embourrer de morphine. Nous supposons qu’il s’est injecté tous les contenants d’un coup.

– C’était un grand écrivain fit remarquer Éva.

– Mais comment savez-vous cela?

– Il avait bâti  un blog sur le net, sur lequel il écrivait chaque jour.. La page de son fureteur  était ouverte sur ce blog… Avec la recette…Fatidique…  N’en parlez à personne, je vous en prie…

Elle se mit à hoqueter, pleurant à larmes chaudes, les épaules vibrantes.

– Je l’aimais! Vous comprenez! Je l’aimais… Nous passions des heures à regarder des films. Je ne l’ai jamais compris… Mais faut-il comprendre pour aimer? C’est pour ça qu’on ne sait plus aimer : on veut tous comprendre. Mais il n’y a rien à comprendre. C’est ce qu’il m’a dit. Rien. Juste vivre. Et quand il m’a fait jouir pour la première fois, je n’ai rien compris de ses explications concernant la sexualité et l’âme. Mais ce que j’ai ressentis n’avait rien d’humain. Au sens charnel…C’était comme aller dans une autre vie un bref instant… Du moins un moment… Mais ce moment, il savait l’allonger… C’était une éternité en soi. C’était un dieu, en un sens…

– Pourquoi nous révéler tout cela?

– Parce qu’il m’a appris la chose la plus importante au monde : me servir de mon intuition. La chair c’est le cadenas, l’intuition c’est, l’ouverture,  l’éternité…  Je n’aurais pas pu dire une phrase pareille. Elle est de lui… Tous ces mots sont de lui. Et tous les frissons aussi…

Elle pleurait comme un volcan gicle de sa lave : brûlante, abondante, s’écoulant dans nos âmes acidulées, brûlées de douleur devant une telle capilotade.

***

Nous sommes sortis de la pension quelques minutes  plus tard,  après avoir fouillé, vidé les armoires,  emporté des hétéroclites objets,  pris des photos de la chambre au cas où un détail quelconque nous échapperait.

L’air était doux et mignard.

Des octogénaires, dans leur balançoire, sous des ormes centenaires se berçaient. Une dame ridée comme une momie, la chevelure rêche, la bouche  édentée, hurlait du haut d’un balcon :

– Je t’attends ce soir, Euclide. Ce soir, au coin noir…

Une dame nous accompagnait.

–    Elle est comme ça. Elle n’arrive pas à renoncer à  sa jeunesse… Elle était belle, si belle!  …Mais vache. Excusez-moi! … Elle était jalouse de notre…union…Méchante avec ça…

Puis elle reprit :

–     Elle croit avoir gardé tout son charme. Il n’y a que des photos d’elle dans sa chambre.  Elle passe des nuits à lire des livres à son perroquet qui lui répète.

– Quels livres?

– Ceux qu’elle a écrits.

– Vous les avez lus?

–    Oui! Une série de dialogues avec son perroquet.

–    Ça se répète?

–    Voyons, Alain, ce n’est pas le temps de gouailler.

***

Assis dans l’auto nous nous sommes regardés. Tels deux miroirs en une conscience unifiée. Du stéréo au mono. Unis. Un. 0-0. C’était comme ça dans les moment dificiles ou nous étions abandonnés à nous-mêmes. Seuls comme deux jaunes d’œufs dans une coque.

– J’ai peur de vieillir Éva, très peur.. Je tremble à l’idée de finir sur une balançoire comme un enfant… Mais un enfant éteint… Attendre que le hasard vienne me chercher… Je n’ai pas envie de vivre cette déliquescence.

–    Et moi? Un accordéon de chair sur un balcon, avec les touches usées, te beugler comme une Juliette usagée mon Je t’aime en boucles… Jamais, au plus grand des jamais… Je préfère mourir…

–    C’est une figure de style?

–    Je veux dire, mourir d’un coup. On achève bien les chevals…

Les habitacles des autos, en été deviennent brûlants très vite. Ça nous a figés un moment, cette chaleur soudaine, chloroformante. On a le cerveau qui surchauffe et – dirait-ont – les glandes qui s’attisent. On redécouvre alors feu… Comme cet éclair qui a déchiré le ciel il y a des milliers d’années, affolant cette créature qui a donné naissance au businessman…

J’ai reculé son siège et je me suis accroupis devant elle. Je lui ai écarté les jambes comme un ouvre un pays pour l’aventure du plaisir,  en remontant le long de sa cuisse. Ses muscles papillotaient. Je serpentais de  ma langue comme d’un python en état d’urgence, léchouillant les moindres parcelles de cette aurore de mes doigts de rose. Mon souffle était devenu celui d’un être en état hypnotique : givré, lent, aspirant la vie. Pourtant, mon cœur semblait battre en chamade comme celui d’un marathonien  éthiopien à la vue du ruban.

J’allais, langue  vague en forme de nageoire, se dirigeant vers les sables des plages du sud  salines, tortillées, avec les extrémités bouillonnantes, de ma langue pour la faire s’égayer  dans frissons de tous les frissons. La convulsion extrême. Ma vie était devenue une ambulance, phares allumés, filant à toute allure vers cette caverne de Platon. J’en étais à la barrière de coton, comme un muret cachant le fruit, la baie défendue.

Éva écarta les bras.

– Que fais-tu? Demandai-je.

– Je ne peux me détacher de cette image devant moi : cette statue de saint qui me regarde les bras ouverts.

– Et tu fais la même chose?

– La béatitude c’est ça : c’est d’avoir les bras ouverts en même temps que les jambes.

Crucifiées sur la banquette, à moitié nue, l’œil vitreux, je la scrutai. Puis je me suis glissé à nouveau sous cette tente. J’étais le scout parti à l’aventure, le pantalon coupé. Au moment où j’atteignis le cercle secret de la vie, j’ai pouffé de rire. Elle m’avait chatouillé les côtes. Tout ça si près, si près, tellement près de son clitoris, qu’elle s’est mise à gémir et à chanter son air de Carmina Burana. Elle riotait du vagin. Je pipais de la bouche. Nous étions tous les deux à jouir en même temps de la vie.

Je me suis reposé un moment sur son ventre, et cet  acul  provisoire.

La vieille, là-haut, hurlait toujours.

– Je te rejoindrai à la buanderie. On fera des saletés…

***

Plus tard, quelques instants plus tard, le temps qu’une araignée tresse une toile.

– Ah! Ce que je donnerais pour fumer une cigarette…

– C’est défendu par l’État, Alain. Défendu, du, du…

– Dire qu’on peut sucer un suçon sucré à 4 ans…

Éva gîtait obstinément dans sa position crucifère, comme pour immortaliser cette bouchée d’éternité.

– Ça sera bientôt aboli : les enfants devront sucer des carottes. Et apprendre à jouer à Wall-Street avant de jouer dans la neige, et à voir toutes les merveilles du givre sur une fenêtre agressée par le froid…

– On va finir par être des momies avant de vivre…

– On dirait. J’en parierais ma blouse…

La tétine sortie de son soutien-gorge pointait le ciel. Je jetai un regard à travers le pare brise mouché : un avion passait dans le ciel, laissant une traînée blanche dans son sillage. Comme 392 fumeurs en cavale.

J’ai soupiré, soupesé, soupiré, pour  cracher mon boulet, alourdis par l’oratorio cruel  de la vie :

– Non, cette planète n’est pas pour le vieil homme…

BRIÈRE, ROUSSEAU, RIVARD : LA CULTURE ET LES ŒUFS DE POISSON.

La jalousie  est une émotion  empreinte d’agressivité envers une personne dont on se figure, à tort ou à raison, qu’elle possède quelque chose que l’on n’a pas et que l’on désire.

Wikipedia

Gloire, richesse, notoriété ?

Les artistes ont la vie dure ces temps-ci…

Dans un article intitulé Les barbares qui applaudissent, on sue à essayer de comprendre pour pourquoi la collectivité  a-t-elle une vue si étroite de la nécessité de l’art pour un peuple et, surtout, pourquoi le subventionner ?

Il y a – pour faire court – deux cultures.

La culture individuelle : une construction personnelle donnant la culture générale. Dont l’art fait partie…

La culture collective qu’on qualifie de repères de valeurs d’un peuple. Il évolue très lentement parce qu’elle cherche la stabilité.

C’est d’une certaine manière la culture personnelle qui contribue à la culture générale, et ce dans tous les domaines, artistiques, techniques, scientifiques. Tous les champs..

Bref, c’est l’individu qui enrichit la collectivité.

Ce n’est pas parce qu’Einstein a été subventionné qu’il a trouvé son MC2.

Mais, hélas, dans la vie, tout fonctionne comme les œufs de poissons… La femelle en crache des milliers, mais peu survivent.

Taux de réussite : 1 à 2 % dans la nature. Because les prédateurs et le milieu ambiant non favorable.. Ou toute la gamme de facteurs autres,   destructif dus aux hasards de la nature.

Même chose pour les artistes, les chercheurs, les savants. Si la collectivité est pauvre ( milieu pauvre) elle ne produira que peu d’individus de valeurs pouvant enrichir la collectivité.

Tous. Nous sommes tous issus d’un mélange de recherches individuelles, collectives, et du milieu.

La recette : améliorer le milieu pour favoriser les éclosions et augmenter le taux de réussite.

Quand on élève des truites dans une truitière ( ça c’est mon goût des inventions de mots)  on réussit à faire grimper le taux de réussite à 20% ou 25%. Plus de poissons avec moins d’œufs.

Un fonctionnaire, on pense que ça ne sert pas à grand chose… Mais ça sert à réfléchir et  à trouver des moyens pour enrichir la collectivité. Il a trouvé un truc. La subvention.

La subvention, c’est le coup de pouce pour améliorer les tits œufs que nous sommes.

En produire plus. Et de meilleure qualité… Pour en produire plus…

But : un œuf, un poisson. En jargon de gestionnaire on nomme cela La qualité totale. On veut donc réduire au maximum  les gaspillages et en améliorant en permanence les éléments de sorties (outputs). Le gestionnaire, lui, a emprunté cette notion  aux japonais, qui date de 1949. Chaque élément doit participer à la réalisation du tout…

Revenons à nos poissons.

C’est sûr qu’en art, on ne voit pas très bien le produit. À part, bien sûr, les produits qui agrandissent les yeux au lieu des oreilles pendant que l’artiste chante. On n’a rien à chialer, on dirait. On se rince l’œil de l’oreille. Ou l’inverse…

Un œuf, c’est comme un spermatozoïde :on voudrait en faire un Bruni Surin. Mieux, on voudrait être un Bruni Surin. Mais il en est des clopin-clopant, comme les artistes les moins connus, les en devenir,  qui n’arrivent pas à produire, dans cette course effrénée du j’aurais voulu être un artiste, un produit qui enrichira la collectivité.

Les chercheurs dans le domaine du sida aussi.

Pourquoi les artistes ? Pourquoi s’acharner sur eux ?

Ils ne produisent pas de grille-pain. Mais l’Homme ne se nourrit pas que de toasts. Et qui a déjà vu des compagnies de grille-pain subventionnées?

Dans le domaine des œufs de poisson, ( humains)  il en est qui sont ouverts, et d’autres fermés. Je parle de l’esprit. Je dis ça parce qu’on est tous des poissons issus d’œufs réussis qui produisons des œufs.

Un artiste ce n’est pas un BS d’une société civilisée. Même pour la chanson country, ou le  ballet. On pige dans le tas… C’est souvent un passionné – en d’autres cas un gros égo – qui préfère gagner 13,000$ par année que d’être le chaînon d’une chaîne de montage.

Gloire, richesse, notoriété.

La sainte trinité d’un monde sans âme.

Comme les œufs : 1% à 2% dans la grande jungle des civilisations. L’image de la réussite.

C’est déjà beau que 50% finissent par comprendre que l’art est un pixel dans un tout enrichissant.

Pour les milliers d’œufs frustrés, il reste Star Académie.

Essayez !

Pour comprendre la sueur d’un artiste, je vous conseille le livre de Stéphane Venne Le frisson des chansons. Tout y est : le crucifiement de l’art et les redevances ridicules du monde de la chanson.

Et pour les comédiens ? Souvenez-vous qu’ils sont pour la plupart des produits de consommation passagers. Par les producteurs, les chaînes de télé, et vous… Une fois écoeurés, vous les envoyez à la poubelle. Pas trop recyclables… Regardez les vieilles émissions et demandez vous où sont passées ces vedettes. 90% des gens que vous avez adulés vivotent, survivent.

Ils passent dans votre esprit aussi aisément qu’un filet de turbo bouilli dans votre estomac.

Parvenir à la réussite et survivre au consumérisme. C’est un peu ça être artiste.

Ne pas être capable de distinguer Juliette Huot de Madonna…C’est ça être un œuf qui n’a pas compris. Cataracté à, 30, 40, ou 50 ans.

Je termine en une phrase tirée de la bible à la manière de Pérusse.

Aimez-vous les œufs les autres…

HARPER, LAYTON, DION, DUCEPPE : LE SYNDRÔME DE LA PRINCESSE AUX PETITS POIS.

Il était une fois une princesse toujours insatisfaite.

Au moment du coucher, elle se plaignait continûment des petits pois sous son matelas qui la géhennaient, lui causant des douleurs et des insomnies.

À chaque jour on ajoutait un matelas. De sorte qu’elle se retrouva sous une dizaine de matelas, ressentant toujours les petits pois sur le plancher.

C’est l’histoire que je lisais à ma fille quand elle avait sept ans.

Le peuple est une princesse sans château, sans reine – sinon qu’une relique de la monarchie. Comme une vieille paire de chaussettes dans le fond d’une garde-robe.

Bon !

Ben voilà que nos fournisseurs de matelas se présentent pour nous soulager, nous, le peuple. Ils ne vantent que la douceur de leurs matelas sous des épaisseurs et subtilités d’économie, de vert, de solidarité sociale, d’égalité des sexes et une foule d’etcétéra.

On se croirait dans un garage.

Ben la Terre est un garage où on veut vous vendre un voyage confortable dans la vie que vous menez. Un teuf-teuf tout neuf.

Moi itou !

Sauf que…

Manque de duperie, ou l’œil trop apert, je me suis penché sur la question.

Comme dans LA PRINCESS AUX PETITS POIS, pas un seul d’entre les vendeurs de matelas n’a offert d’enlever les petits pois.

Ils cooptaient pour la vente des matelas. C’est pas de la mauvaise volonté, c’est juste qu’on est habitué à tout régler en termes d’ajout de matelas.

En Andragogie on appelle ça «plus de la même chose».

La morale de l’histoire ?

Dans un monde de marchands d’illusions, la fabrication et la vente de matelas est plus importante que réflexion clairvoyante.

On ne distingue plus la vente et l’intérêt premier …pratique en solution finale en regard de la réalité.

De sorte qu’on se retrouve avec quatre petits pois sous notre matelas.