Archives mensuelles : octobre 2013

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Eugénisme: Faut-il se débarrasser des « non productifs »?

royal ascot

1844

L’Ingénieur en Chef à propos du travail des enfants dans les mines de Liège

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Renseignements additionnels communiqués par M. l’Ingénieur en chef de la troisième division des mines, au Ministre des travaux publics.

« Liége, le 3 juillet 1844,

MONSIEUR LE MINISTRE,
Par dépêche du 3 février 1844, vous me faites l’honneur de me demander le nombre des enfants des deux sexes, au-dessous de l’âge de douze ans, employés dans les mines de ma division, et mon avis sur le mérite d’une disposition législative qui interdirait l’admission des enfants dans les mines avant l’âge de douze ans révolus.

Vingt-deux enfants : seize garçons et six filles, sont employés à la surface dans les magasins à nettoyer les minerais; et quinze garçons seulement n’ayant pas atteint leur treizième année, sont occupés dans l’intérieur des mines.

L’article 29 du décret du 3 janvier 1813 défend de laisser descendre ou travailler dans les mines et minières les enfants au-dessous de dix ans; cette disposition, si sage à tous égards, était devenue une nécessité alors que l’on employait tant d’enfants de l’âge de sept à dix ans au transport du minerai à l’intérieur des exploitations; mais, aujourd’hui que les petits traîneaux ont été remplacés par de grands galliots roulant sur des chemins de fer, ce sont, en général, des chevaux ou les ouvriers les plus robustes, de l’âge de seize à trente ans, qui font la besogne dont on chargeait autrefois les enfants.

Enfant MineAnciennement les galeries de roulage n’avaient que 0m 45 à 0m 65 de hauteur et atteignaient rarement un développement de 300 mètres; il y avait donc nécessité absolue d’employer les ouvriers les plus petits au transport des minerais, des déblais et des matériaux. Maintenant que les progrès de l’art permettent de donner à ces voies des dimensions beaucoup plus grandes, etc., le déhouillement s’opère sur une plus grande échelle, s’éloigne parfois jusqu’à 1.5OO mètres de la bure d’extraction et ne réclame plus le concours de jeunes enfants.

Je ne vois donc aucun inconvénient à interdire l’accès des mines et minières aux enfants qui n’ont pas atteint douze ans révolus, tandis qu’une telle mesure peut produire des effets salutaires sur le physique et sur le moral de ces faibles créatures.
J’ajouterai encore, M. le Ministre, que tous les directeurs et chefs mineurs que j’ai interrogés m’ont déclaré, sans hésiter, qu’il y a longtemps que l’article 29 du décret précité aurait dû subir la modification projetée. C’est aussi l’opinion de la plupart des officiers des mines de la troisième division.

L’Ingénieur en chef des mines,
C. WELLEKENS. »

réponse d’un Ingénieur en Chef, à l’ Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, Belgique, 1846

 

Source

2013

Monsieur le Premier Ministre du Canada, Présidents, Chef des armées, et autres élus de notre belle planète. 
911, Rue Mondiale 
Terre 
 
 
Concernant votre projet de loi repoussant l’âge de la retraite à 67-70 ans, j’inclus une  photos qui prouve que l’on peut travailler au-delà de 67 sans peine. À condition, bien sûr, que le sujet ne soit pas décédé. 
Même chez la population souffrant de diabète, d’hypertension, il est possible grâce à l’industrie pharmaceutique de contraindre  remettre  ces gens-là au travail:  On a qu’à augmenter la dose et, au mieux, œuvrer à la fabrication  d’autres médicaments encore plus performants.   Nous sommes à mettre au point une produit à base de remède de cheval synthétiquement naturel – si votre gouvernement nous accorde les subventions – qui charmera  les  masses de travailleurs. Nous avons bien réussi dans l’industrie du sexe, nous pouvons donc confirmer qu’il resteront debout au moins 4 heures d’affilée. Nous pouvons alors parler d’un demi travailleur. En comptant bien, il en faudra 2 pour en faire un. C’est un moindre mâle… (sic). 
C’est ainsi que ce sont faites les familles canadiennes. Soyez assuré que vous avez tout notre appui. Pour les aveugles, nous fournirons les chiens. Pour les arthritiques, nous fournirons les cannes, et pour les imbéciles, nous fournirons les fonctionnaires. 
Un nouveau concept
Notre compagnie est actuellement à l’ébauche d’un nouveau concept afin d’allier vieillesse et travail. Ce nouveau concept   fera faire à votre gouvernement des économies substantielles en éliminant 40% des maisons de retraites. Ce concept est ainsi nommé: Le Retravailleur.
Nous aurez sans doute deviné qu’il s’agit d’un collage entre Retra (aite), et travailleur, et vailleur ( tra). Re-tra-vail. Vail-re-tra, ou va-tra-vail. 
L’usine et la maison de retraite ne feront qu’un.Oui, un. Un bâtiment-retraite-usine. Le Retraitaria. Aria, signifiant « chant ». 
Voici un aperçu du brouillon de la façade. Nous sommes à garnir de fleurs le terrain, provisoirement,  et pour l’environnement, nous allons laisser les pissenlits pousser par la racine. 
Vue brève du concept: 

File:Dachau-kommandatur.JPG

Source de l’Image 

Nous tenons à spécifier que nous travaillons pour les gouvernements qui eux travaillent pour le peuple aux fins d’ améliorer  le « sors du monde ». 
Notre devise: 

Pour un monde meilleur. 

For a Better World. 

Für eine bessere Welt! 

Votre tout dévoué,

François Barack  Merkel  Harper 

Ingénieur en couvre-chefs

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Gaëtan Pelletier

30 octobre 2013

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Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM… Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment redonner du pouvoir aux citoyens face aux multinationales ? Comment construire de réelles alternatives globales ? Entretien.

Basta ! : Les combats que vous menez sont liés à la souveraineté – alimentaire, sur les terres, l’eau, les semences. Qu’est-ce que la souveraineté ? En quoi est-ce un enjeu majeur du 21e siècle ?

Vandana Shiva : La redéfinition de la notion de « souveraineté » sera le grand défi de l’ère post-globalisation. La mondialisation était fondée sur l’ancienne notion de souveraineté, celle des États-nations héritée de la souveraineté des monarques et des rois. La nouvelle notion de souveraineté est le fondement de la résistance à la mondialisation. Cette résistance se traduit par le slogan : « Le monde n’est pas une marchandise.  » Actuellement, les Grecs disent : « Notre terre n’est pas à vendre, nos biens ne sont pas à vendre, nos vies ne sont pas à vendre. » Qui parle ? Les peuples. Revendiquer la souveraineté des peuples est la première étape de la souveraineté alimentaire, de l’eau ou des semences. Mais il y a une seconde partie : les peuples revendiquent le droit de protéger la Terre, et non celui d’abuser d’elle comme d’autres la maltraitent. Ainsi la souveraineté des terres, des semences, des rivières rejoint la souveraineté des peuples. Avec la responsabilité de protéger ce cadeau de la Terre et de le partager équitablement.

Pour garantir cette souveraineté, faut-il fermer davantage les frontières ?

Aucune frontière n’est jamais totalement fermée. C’est comme la frontière de notre peau, qui nous protège de l’invasion de toute infection : des ouvertures permettent à la transpiration de sortir, pour maintenir notre équilibre, préserver notre santé. Toutes les frontières sont poreuses. Un corps souverain sait comment réguler ces entrées et sorties. Il sait quand trop de chaleur entre dans le corps. Il sait comment s’opposer aux virus. Quand un corps perd cette autonomie, cette souveraineté, il devient malade. C’est la même chose pour un pays, gouverné par un peuple souverain et autonome. Ce peuple peut dire : « Notre lait est vendu 14 roupies/litre, votre lait européen qui débarque à 8 roupies/litre va détruire l’économie laitière en Inde, donc j’ai le droit de réguler ce qui entre. » La régulation est vitale pour tout système vivant. La dérégulation, c’est l’appel de la mort. Un corps dérégulé meurt. De même, une nation, une économie dérégulée meurt.

Nous ne disons pas « non au commerce », mais « non au commerce dérégulé ». Non à un marché dérégulé où les conditions des échanges sont déterminées par l’avidité des entreprises, qui s’approprient nos impôts, créent des prix artificiels, entraînant dumping social et destruction de la souveraineté alimentaire. Ce système nuit aux paysans d’Inde. Et il nuit aux paysans d’Europe qui ne peuvent pas gagner leur vie, car les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente du lait. L’agrobusiness et ses profits sont au centre de cette équation. Elle a pour conséquence le dumping, l’accaparement, le meurtre de nos paysans, le massacre de nos terres, et tous ces gens qu’on tue avec une alimentation empoisonnée.

Le protectionnisme peut-il être une solution face à cette exploitation du vivant, en empêchant les multinationales d’avoir accès à ces ressources qu’elles exploitent ?

Tout comme nous devons redéfinir la notion de souveraineté, nous devons repenser la notion de protectionnisme. Un protectionnisme lié à la protection des écosystèmes, à l’écologie, est un impératif. Nous devons dire stop à la dévastation de nos rivières, stop aux déchets toxiques, stop au dumping des OGM par la manipulation des politiques mondiales par une multinationale. Cette protection est un devoir. Le cycle de Doha [1] n’a entraîné aucun progrès depuis une décennie à cause d’un seul facteur : le problème de la subsistance des paysans. En 1993, nous avons organisé un rassemblement d’un demi-million de personnes pour faire pression sur le gouvernement indien : « Si vous signez les accords du GATT, nos paysans vont mourir. » Résultat : les accords du GATT ont été signés, et 250.000 paysans indiens se sont suicidés, notamment à cause de leurs dettes !

Cet endettement des paysans est lié à une décision politique particulière : la dérégulation du marché des semences, qui a permis à Monsanto de devenir par exemple l’unique vendeur de semences sur le marché du coton. La multinationale contrôle 95% de ce marché et dicte les prix. Une équipe de scientifiques indiens vient de montrer que les OGM ne ne fonctionnent pas. Dans les champs, c’est manifeste : les paysans doivent utiliser 13 fois plus de pesticides avec les OGM. Ce qui est formidable pour Monsanto qui les commercialise. Mais une cause d’endettement pour les paysans, et donc une cause de suicides.

La protection de nos paysans est un « protectionnisme vital ». Le protectionnisme est vu comme un « péché », car la dérégulation a été érigée en norme. Interférer dans la corruption, les manipulations et l’avidité des multinationales, c’est du protectionnisme. Et donc, pour certains, c’est mauvais. Non ! C’est un devoir social, c’est un devoir écologique. Et la cupidité des multinationales n’est pas un droit ! Elles écrivent à l’OMC, rédigent des accords et disent : « Maintenant nous avons des droits et personne ne peut les changer. » Nous les changerons.

Vous écrivez que « le libre-échange est un protectionnisme pour les puissants ». Doit-on construire un protectionnisme pour les plus « faibles » ?

Le libre-échange, dans la manière dont il a été façonné, n’est pas du tout libre. Il n’est pas démocratique. Cinq entreprises se rencontrent, écrivent un accord sur les droits de la propriété intellectuelle et cela donne à Monsanto le droit de considérer des semences comme sa « propriété intellectuelle » ! Cela permet à des entreprises comme Novartis de voler les médicaments aux plus pauvres et de les faire payer 10 fois plus cher. Un mois de traitement contre le cancer, avec les médicaments génériques disponibles en Inde, coûte 10.000 roupies. Et Novartis veut faire payer 175.000 roupies par mois. Quand le tribunal juge qu’il n’est pas possible de déposer un brevet, car ces médicaments existent déjà et que ce n’est pas une « invention », Novartis défie les lois indiennes. La plupart des Indiens ne pourront pas payer le prix demandé par la multinationale. Novartis répond : « Seuls 15% de Indiens nous importent. » Cinq entreprises ont écrit une loi sur la propriété intellectuelle, et affirment ensuite que 85% des gens peuvent mourir du manque de médicaments ! C’est un système criminel.

Quand cinq géants commerciaux, comme Cargill (multinationale états-unienne de l’agroalimentaire), rédigent l’accord sur l’agriculture, ils définissent l’alimentation non comme le droit de chaque humain à se nourrir, mais comme une marchandise qu’ils veulent contrôler. Ce n’est pas la liberté, ce n’est pas le libre-échange. C’est du commerce monopolistique, c’est du commerce coercitif. Cela revient à tuer des gens, car un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde, à cause de ce système. Le libre-échange actuel, c’est la dictature des entreprises. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une réelle liberté, pour chaque personne, chaque enfant, chaque femme, chaque espèce sur Terre. Une réelle liberté, liée à la vie.

Vous étiez récemment aux États-Unis dans le Wisconsin pour soutenir les manifestants qui se battent pour défendre leurs droits et les services publics. Les services publics sont-ils aussi un bien commun à protéger ?

Il y a deux types de biens communs. Les ressources vitales – eau, terre, semences, air, océans – données par la nature et modifiées par les humains. Et les services liés aux besoins essentiels : l’éducation, la santé, la façon de gérer nos villes, comme les services de lutte contre les incendies… Ce sont des services publics vitaux. Ce qui compte, c’est « l’esprit de service » : quand un pompier lutte contre le feu, quand il aide les gens, il ne regarde pas le danger. Et quand ces services sont privatisés, les coûts augmentent. Un tiers des emprunts en Inde sont liés à l’achat de médicaments. La principale raison pour laquelle les gens vendent leurs maisons aujourd’hui, c’est pour se soigner. La privatisation des services publics prive la société de ses droits. Nous devons les défendre comme des biens communs.

Pensez-vous que le mouvement altermondialiste puisse apporter des solutions aux crises globales : environnementale, économique, financière ?

Le mouvement altermondialiste a extrêmement bien réussi : nous avons rendu l’Organisation mondiale du commerce caduque. L’OMC ne s’est jamais relevé après les mobilisations lors du Sommet de Seattle, en 1999. On avait imaginé que 5.000 personnes viendraient à Seattle, et nous étions 30.000 ! On ne s’attendait pas à voir les syndicats. Ni les étudiants, qui étaient pourtant majoritaires. Le sommet de Doha en 2001 a ensuite été marqué par les événements du 11 septembre, avec une grande pression militaire. J’y étais. Certains ont dit aux gouvernements que s’ils ne signaient pas les accords de Doha, ils seraient traités comme des membres d’Al-Qaïda : « Vous êtes avec nous ou contre nous. » Résultat : rien n’a bougé à Doha, à cause de cette pression sur les gouvernements !

Des mouvements plus ciblés ont aussi été très fructueux. Nous avons par exemple mis la question de la « souveraineté » sur l’agenda politique. Personne ne peut plus aujourd’hui ignorer cette question. Nous avons mis en avant la défense de l’eau comme un bien public. Et regardez le référendum en Italie ! 95% des Italiens ont dit non à la privatisation de l’eau. Idem dans le domaine des semences : je vais bientôt publier un rapport sur Monsanto, sur ses mensonges, sur la situation de monopole qu’ils ont créée et l’échec des technologies OGM à accroître les rendements. Le mouvement pour une alimentation sans OGM est très bien organisé.

Le mouvement altermondialiste a besoin de franchir une nouvelle étape. Quand on parle de la Banque mondiale, du FMI et des plans d’ajustement structurels, la plupart des gens se focalisent sur les pays du Sud, sur le « monde en développement ». Mais aujourd’hui le FMI est en Europe ! En Grèce, en Irlande… Des pays en crise, non du fait d’une mauvaise gestion, mais à cause des banques de Wall Street, à cause d’un système financier corrompu qui a provoqué cette crise totale. Nous devons maintenant faire trois connections vitales. La première est la question Nord-Sud. Aujourd’hui tout le monde est « au Sud ». Le Nord ? Ce sont les multinationales et les gouvernements. Nous devons tous nous considérer comme le « monde du Sud » et nous organiser en fonction de cela. La seconde connexion nécessaire, c’est de dépasser le fossé entre économie et écologie. Dans nos esprits, mais aussi dans nos organisations. 45% des jeunes sont au chômage en Espagne, nous devons nous tourner vers l’écologie pour créer de nouvelles opportunités d’emploi, car ce ne sont pas les banques ou Wall Street qui les fourniront. La troisième connexion, c’est entre démocratie économique et démocratie politique. La démocratie a été réduite au droit de vote. Les responsables de la crise ont mis l’Espagne dans un tel état que José Zapatero est obligé d’agir contre ceux qui ont voté pour lui, et il perdra peut-être les prochaines élections. Si les politiques sont bons, ils ont les mains liées, et s’ils sont mauvais, ils sont une part du problème. Nous devons aller vers une démocratie profonde où les gens ont vraiment la possibilité de prendre des décisions.

Vous voulez un mouvement qui permette de sortir de la culture dominante de violence et de destruction. Mais face à la violence du système économique, des acteurs économiques, comment rester non-violents ?

Personne n’a mieux parlé du pouvoir de la non-violence que Gandhi. « Nous ne pouvons pas démanteler la maison du maître avec les outils du maître », a dit la poétesse américaine Audre Lorde [2]. Nous avons besoin d’outils différents. Ils doivent être non-violents, parce que la non-violence est plus soutenable, et qu’elle efface vos peurs. Ceux qui luttent de manière violente doivent se cacher tout le temps. Je préfère me tenir droite face aux multinationales pour leur dire ce que je pense d’elles. Agir « sans peur » est notre plus puissante arme. Et la non-violence crée également un soutien plus large. Et nous vivons à une époque où une poignée de personnes ne peut pas mener les batailles pour toute la société. C’est toute la société qui doit être engagée. Les actions non-violentes sont une invitation à toute la société à participer au combat.

Vous dites que dans la civilisation industrielle prédomine en permanence le vocabulaire de la guerre. Notre civilisation est-elle en état de guerre ?

Le paradigme dominant de la civilisation industrielle est définitivement un paradigme de guerre. Des scientifiques comme Newton ou Descartes ont créé ce cadre : tous enseignent la guerre de l’humanité contre la nature. Tout est défini à partir de cela. Les outils eux-mêmes sont liés à la conquête sur la nature. Regardez les noms des pesticides : Round Up, Scepto, Machete. Il est toujours question de « tuer ». Mais on ne peut pas gérer la vie à travers le meurtre. Un élément crucial du mouvement émergent est de faire la paix avec la Terre et la paix dans nos esprits. Et ce qui est beau, c’est qu’alors tout devient possible. Quand vous réalisez que tout est en relation, de nouvelles communautés peuvent être créées. Quand vous réalisez que nous sommes partie prenante de la Terre, de nouvelles opportunités de travail peuvent être créées. Si vous pensez que vous êtes en guerre, vous passez tout votre temps à la conquête violente. Cela demande beaucoup d’énergie, et détruit beaucoup. Et ça ne laisse pas de place pour l’humanité, et pour les autres espèces.

L’énergie nucléaire est-elle une dimension de cette guerre de l’homme contre la Terre et contre lui-même ?

Aux débuts de l’utilisation de l’atome, il y a la Seconde Guerre mondiale. Même quand il n’est pas question d’armes nucléaires, la technologie nucléaire est toujours guerrière. La fission de l’atome, c’est déjà une guerre. Utiliser la fission de l’atome pour faire bouillir de l’eau est d’ailleurs une stupidité. Et que dire de cette énorme quantité de déchets qui vont perdurer pendant 250.000 années ! Nous avons besoin de plus en plus d’énergie, pour maintenir la sécurité énergétique. C’est une guerre permanente. Le nucléaire est une guerre injustifiée et infondée contre la Terre et l’humanité. Fukushima a été un réveil. Cette catastrophe nous montre que nous ne sommes pas plus puissants que la nature.

La plus grande centrale nucléaire du monde est construite en ce moment en Inde, à Jaitapur, par Areva. Tout ce projet repose sur des subventions, y compris l’accaparement de terres fertiles. Et quand les habitants osent dire non, par des manifestations contre cette centrale, ils se font tuer. Personne ne peut protester. Les gens ne sont pas autorisés à se réunir. Tous les élus locaux ont démissionné, affirmant qu’ils n’ont plus aucune raison d’être s’ils ne peuvent pas se réunir pour prendre des décisions. Si vous allez à Jaitapur, vous verrez une zone de guerre. J’espère que les Français rejoindront les habitants de Jaitapur pour demander à Areva de se retirer de ce projet. Et nous pourrons alors vivre en paix.

Peut-on « réformer » notre civilisation ?

Tout d’abord, y aura-t-il une civilisation ? Nous avons deux options : soit continuer dans la voie actuelle et nous enfoncer dans une impasse. Une impasse économique, comme avec la Grèce ; politique, comme ce qui a mené au printemps arabe ; écologique, comme nous le voyons partout, quand les ressources naturelles sont volées aux peuples pour alimenter l’économie mondiale. La seconde voie que l’on peut suivre, c’est celle de la paix. Une paix qui n’est pas un signe de faiblesse, mais un signe de force. Ceux qui sont exclus aujourd’hui, ceux qui ne sont pas partie prenante de la guerre de conquête, joueront alors un rôle de leadership : les communautés indigènes, les jeunes, les femmes…

La construction de cette paix façonnera la nouvelle prospérité. Nous avons été fous de penser que plus il y aurait d’argent dans le monde, et dans les poches des banques, des grosses entreprises et des nouveaux oligarques, meilleure serait la société. La crise grecque est causée par des banques. Et les gens disent : « Basta ! Plus jamais ça ! Nous ne donnerons pas plus. » La réelle prospérité, c’est la santé de la nature et des humains. C’est une communauté forte où chacun peut prendre soin des uns des autres. La civilisation que nous devons construire est une civilisation de larges réseaux de communautés souveraines, organisées de manière autonome, et non dominées par un pouvoir centralisé, politique ou économique.

Voyez-vous des signes d’espoir aujourd’hui ?

Je vois des signes d’espoir partout où il y a une résistance. Chaque communauté en Inde qui se bat contre l’accaparement des terres, qui participe à notre mouvementNavdanya pour que les semences restent un bien public, tous ceux qui tournent le dos à l’économie suicidaire de Monsanto ou pratiquent l’agriculture biologique. Toute communauté qui se bat contre la privatisation de l’eau. Tout ce qui se passe dans les rues de Madrid, en Irlande, en Islande, en Grèce. Les résultats du référendum en Italie sur le nucléaire ou la privatisation de l’eau. Ce sont d’incroyables signes d’espoir. Ce qu’il faut maintenant, c’est une nouvelle convergence mondiale, de tous les combats. Et un déchaînement de notre imagination : il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons construire.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Vidéo : Nadia Djabali

 

Notes

[1] placé en 2001 sous l’égide de l’OMC était constitué d’une série de négociations portant principalement sur l’agriculture et l’accès des pays en développement au marché des prix agricoles. Aucun accord n’est survenu.

[2] « The master’s tools will never dismantle the master’s house »

http://www.bastamag.net/article1622.html

« LES GRANDS MÉDIAS OCCULTENT QUE MONSANTO A POUSSÉ 284.000 PAYSANS INDIENS AU SUICIDE » EXPLIQUE LA SCIENTIFIQUE VANDANA SHIVA À BOTUCATU (BRÉSIL)

C’est pour près de 3000 personnes que la célèbre scientifique indienne Vandana Shiva a réalisé un exposé d’une heure et a répondu aux questions, ouvrant la IIIème journée internationale d’agro-écologie à Botucatu, Brésil, l’après-midi du 31 juillet 2013.

Vandana Shiva a commencé par raconter sa vie d’étudiante en biologie et en physique quantique à l’université, aliénée par rapport aux réalités du monde, jusqu’au choc que signifia pour elle le tragique accident survenu dans l’usine états-unienne de pesticides Union Carbide, installée à Bhopal qui causa la mort de 35 000 indiens, il y a trente ans. A partir de là, elle s’est convertie à la cause du peuple et n’a cessé d’enquêter sur les activités des entreprises transnationales dans l’agriculture.

Elle est aujourd’hui considérée comme une des principales scientifiques et chercheuses en matière des atteintes à la santé et de la destruction de la biodiversité que les OGM et les produits agro-toxiques des entreprises transnationales causent dans le monde entier.

Elle est repartie des conséquences de la “révolution verte” des années 60, que le gouvernement des États-Unis imposa à son aire d’influence comme moyen de vendre plus de produits agro-chimiques et plus de marchandises agricoles, subjuguant la paysannerie de tous ces pays. Résultat : 65% de toute la biodiversité et des ressources en eau douce mondiale ont été polluées par les agro-toxiques. Des études montrent que 40% de l’effet de serre qui affecte le climat planétaire est causé par l’usage excessif et non nécessaire de fertilisants agricoles chimiques. Dans de nombreuses régions d’Europe, à la suite de la mortalité et de la disparition des abeilles, la productivité agricole a déjà chuté de 30%. Vandana Shiva a rappelé que si nous nous calculions les préjudices et les coûts nécessaires pour rétablir la biodiversité, rééquilibrer l’environnement et remédier aux dégâts climatiques, le montant en dollars dépasserait le chiffre d’affaires de la vente de biens par les entreprises.

En ce qui concerne l’action des entreprises transnationales qui opèrent dans l’agriculture – Monsanto, Bungue, Syngenta, Cargill – Vandana explique qu’elles contrôlent la production et le commerce mondial de la soja, du maïs, du colza et du blé, martelant via la publicité que l’humanité dépend des aliments produits par l’agro-business. En réalité l’humanité se nourrit de centaines d’autres végétaux et sources de protéines qu’elles écartent et n’ont pas encore pu contrôler.

Pour la chercheuse “ces entreprises qui promeuvent les OGM n’ont rien inventé et n’ont rien développé. La seule chose qu’elles ont faite fut d’opérer des mutations génétiques qui existent dans la nature pour rentabiliser la vente de leurs produits agro-toxiques.”

Elle a expliqué que Monsanto a réussi à prendre le contrôle de la production du coton en Inde avec l’appui de gouvernements soumis, néo-libéraux et qu’aujourd’hui 90% de la production dépend des semences et des poisons. Ce qui a entraîné une destruction du mode paysan de production du coton et l’endettement généralisé des producteurs. La conjonction de l’usage de produits toxiques qui ont mené à la dépression et à la honte de la dette, ont poussé depuis 1995 284.000 paysans indiens au suicide. Un véritable génocide occulté par les grands médias du monde entier et dont le coupable principal est l’entreprise privée Monsanto.

Malgré tout ce sacrifice en vies humaines, Monsanto reçoit dans son pays 200 millions de dollars annuels, perçoit des royalties pour l’usage de semences génétiquement modifiées de coton.

La critique du modèle de l’agro-business en général

Le modèle de l’agro-business n’est qu’une manière de s’approprier les bénéfices des biens agricoles mais il ne résout pas les problèmes du peuple. La preuve : en augmentant beaucoup la production, nous pourrions alimenter 12 milliards de personnes alors qu’aujourd’hui nous avons un milliard de personnes qui souffrent de la faim quotidiennement, 500 millions d’entre elles étant des paysans qui ont vu leur système de production d’aliments détruit par l’agro-business.

Les produits agricoles sont de simples marchandises, plus des aliments. 70 % des aliments dans le monde restent produits par les paysans. Nous devons comprendre que les aliments sont la synthèse de l’énergie nécessaire aux êtres humains pour survivre à partir du milieu où ils vivent, recueillant cette énergie de la fertilité et de l’environnement. Plus grande la biodiversité naturelle, plus grand le nombre de sources nutritives et plus saine pour les humains l’alimentation produite dans cette région. L’agro-business a détruit la biodiversité et les sources d’énergie véritables.

Les entreprises utilisent le fétiche de la publicité des techniques modernes de la bio-technologie utilisées pour augmenter la productivité des plantes. Mais ce n’est qu’un hameçon : quand on fait des recherches sur ces bio-technologies on se heurte au secret. Dans le fond elles ne sont que des mécanismes pour augmenter la rentabilité des grandes plantations ; l’agriculture industrielle est la standardisation de la connaissance, la négation de la connaissance de l’art de cultiver la terre. La vraie connaissance est développée par les agriculteurs eux-mêmes et par les chercheurs dans chaque région, dans chaque biome, pour chaque plante.

Le modèle de l’agro-business veut transformer les personnes en « consommateurs » de leurs produits. Nous devons combattre l’usage et le réductionnisme du terme “consommateurs”, pour utiliser l’expression « êtres humains » ou personnes qui ont besoin de vie saine. Le consommateur est une réduction subalterne de l’être humain.

Les entreprises de l’agro-business disent qu’elles incarnent le développement et le progrès, qu’elles contrôlent 58% de toute la production agricole mondiale, mais en fait elles ne donnent du travail qu’à 3% des personnes vivant dans le monde rural. C’est donc un système anti-social.

La scientifique indienne a révélé qu’elle fait partie d’um groupe de 300 autres chercheurs internationaux qui se sont consacrés à étudier l’agriculture pendant trois années intensives et ont démontré que ni la révolution verte des États-Unis ni l’usage intensif des semences transgéniques et des produits agro-chimiques ne peuvent résoudre les problèmes de l’agriculture et de l’alimentation mondiales. Seule peut le faire la récupération des pratiques agro-écologiques em harmonie avec la biodiversité, partout sur la planète.

Elle a conclu sa critique du modèle de l’agro-business en montrant comment son projet génère la destruction, la peur, parce qu’ il est basé sur la concentration et l’exclusion. C’est pour cela que les entreprises procèdent à l’intimidation ou à la cooptation des scientifiques qui s’opposent à elles.

La solution : l’agro-écologie

Le modèle agro-écologique est le seul qui permette de développer des techniques accroissant la productivité et la production sans destruction de la biodiversité. L’agro-écologie est la seule forme de créer de l’emploi et des formes de vie saines pour que la population puisse vivre en milieu rural sans être contrainte de se marginaliser dans les villes.

Surtout, les méthodes agro-écologiques sont les seules qui permettent la production d’aliments sains, sans poisons.

6 recommandations aux jeunes étudiants en agro-écologie et aux producteurs agricoles.

1. La base de l’agro-écologie est la préservation et la mise en valeur des sources nutritives existantes dans le sol – en cela elle s’est référée à une autre scientique présente à cette rencontre et qu’elle a écoutée attentivement – la professeure Ana Maria Primavesi. Nous devons appliquer des techniques qui garantissent la santé du sol et de cette santé recueillir les fruits en termes d’énergie saine.

2. Stimuler et promouvoir le contrôle des semences par les agriculteurs. Les semences sont la garantie de la vie. Nous ne pouvons permettre que des entreprises privées, transnationales, les transforment en marchandises. Les semences sont un patrimoine de l’humanité.

3. Nous devons lier l’agro-écologie à la production d’aliments sains qui garantissent la santé et peuvent ainsi conquérir les coeurs et les esprits des habitants des villes comme des zones rurales, de plus en plus empoisonnés par les marchandises traitées par les agro-toxiques (multiplication de cancers depuis quarante ans). Si nous lions les aliments à la santé des personnes, nous gagnerons des millions des habitants des villes à notre cause.

4. Nous devons transformer les territoires sous contrôle des paysans en véritables sanctuaires de semences, d’arbres sains, de cultures de la biodiversité, d’élevage d’abeilles, de diversité agricole.

5. Nous devons défendre l’idée, qui fait partie de la démocratie, de la liberté des personnes de choisir les aliments. Les produits de référence ne peuvent pas se réduire à ceux que les entreprises décident de mettre dans les rayons.

6. Nous devons lutter pour que les gouvernements cessent d’utiliser des fonds publics qui appartiennent à l’ensemble des citoyens, pour les transférer en subventions aux grands propriétaires et entrepreneurs de l’agro-industrie. C’est ce qui se passe dans le monde entier et aussi en Inde. Le modèle de l’agro-business ne survivrait pas sans ces subventions et sans les avantages fiscaux offerts par les gouvernements qui les garantissent.

Sur les difficultés de la transition à l’agro-écologie…

En Inde, rappelle Vandana Shiva, on a vécu des problèmes majeurs à l’époque du colonialisme anglais. Gandhi a enseigné que la force est de toujours “lutter pour la vérité”. Le capital trompe, ment, pour pouvoir accumuler des richesses. Et la vérité est avec la nature, avec les personnes. S’il existe une volonté politique de réaliser des changements, s’il y a une volonté de produire des aliments sains, il deviendra possible de les cultiver.

Vandana Shiva a conclu en appelant tous les citoyens présents à s’engager dans la journée mondiale de lutte pour les aliments sains et contre les entreprises transnationales que la Via Campesina, des mouvements de femmes et des centaines d’organisations réaliseront dans la semaine du 16 octobre 2013 : ce sera l’occasion d’unifier nos voix sur le plan mondial.

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Voir en ligne : http://mouvementsansterre.wordpress…

http://www.pressegauche.org/spip.php?article14782

Articles en relation:

Le libre-échange c’est la dictature des entreprises:

https://gaetanpelletier.wordpress.com/2013/10/30/vandana-shiva-le-libre-echange-cest-la-dictature-des-entreprises/

Les salauds célèbres: Prescott Bush

Beau bonhomme!

Beau bonhomme!

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Dans la série La filière des salauds célèbres, nous allons jeter un œil sur le grand père du toujours célèbre dit W Bush.

Je me suis demandé un jour comment l’Allemagne Nazie s’était relevée aussi «adroitement» de la grande période du crash des années 30.

De 1944 à 1956, Bush fut un des administrateurs de Yale.

De 1947 à 1950, il présida le comité des finances du Parti républicain du Connecticut.

En 1950, il tente de se faire élire au Sénat des États-Unis mais est battu de seulement mille voix par le sénateur sortant William Benton.

En 1952, à sa seconde tentative, il est élu sénateur du Connecticut au Sénat des États-Unis en battant Abraham A. Ribicoff. Il reprend alors le siège du sénateur défunt James O’Brien McMahon.

Il siègera au Sénat jusqu’en janvier 1963 et sera un fervent soutien et un ami personnel du président Dwight Eisenhower.

En 1956, dans un discours, il définit ce que doit être la conduite des États-Unis dans le contexte de la guerre froide et appelle au maintien d’une défense armée militaire et spirituelle basée sur le patriotisme et la croyance en l’American way of life, qui permettront de remporter la bataille finale.

Après son départ du Sénat, il se retire dans ses résidences familiales à Long Island, État de New York, à Greenwich dans le Connecticut, à Kennebunkport dans le Maine, dans sa plantation de Caroline du Sud

ou encore dans sa retraite privée d’une île de Floride.

Richard Nixon définira Prescott Bush comme son mentor politique. Jimmy Audet

AIDE À L’ALLEMAGNE

Lorsque la famille Thyssen, des financiers d’Adolf Hitler, jusqu’en 1938, créèrent l’entreprise Union Banking Corporation en 1924 afin de gérer leurs investissements en Amérique, Prescott Bush fut l’un des sept directeurs de cette banque dont il ne posseda qu’une seule action à partir de 1934.

Le rapport du Congrès suivant décrivit l’Union Bank comme un « interlocking trust » (trust intégré) avec le German Steel Trust (Trust allemand de l’acier) responsable des fournitures de l’armement allemand.

L’Union Bank fut aussi impliquée dans la collecte de fonds d’Américains pro-allemands sous l’Allemagne nazie ainsi que du transfert illégal de la technologie de carburant aérien rendant possible la reconstruction de la Luftwaffe, ceci en violation des dispositions du traité de Versailles.

La coordination entre l’Union Bank et le German Steel trust était si étroite que Prescott passa quelque temps en Europe à la fin des années 1930 pour superviser les opérations minières en Pologne.

Les documents déclassifiés des National Archives and Records Administration, relatifs à la saisie des actions de la Union Banking Corp., montrent que Prescott Bush n’a eu aucun rapport avec le soutien financier apporté par Thyssen au parti nazi, et que son rôle au sein de la Union Banking Corp. était uniquement financier et non politique.

Un article de juillet 1942 en une du New York Tribune sur la banque de Prescott Bush, dont le titre était : « Hitler’s Angel has 3 million in US bank » (Le bienfaiteur de Hitler – Fritz Thyssenpossède 3 millions dans une banque US), entraîna l’enquête du Congrès des États-Unis qui fit fermer la Union Banking Corp., mais ne causa qu’une brève interruption dans les succès personnels et politiques de Prescott Bush.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les participations de Prescott Bush furent confisquées (octobre 1942) en raison du Trading with the Enemy Act (Loi sur le commerce avec l’ennemi). Elles comprenaient :

  • Union Banking Corp. (pour Thyssen et Brown Brothers-Harriman)
  • Holland-American Trading Corporation (avec Harriman)
  • the Seamless Steel Equipment Corporation (avec Harriman)
  • Silesian-American Corporation (avec Walker)

PrescottBush BANKER

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BBC: Le grand-père de W.Bush  avait planifié un coup Coup d’État en Amérique
Nouvelle enquête met en lumière clique d’éminences grises, dont Prescott Bush, qui cherchait à renverser le gouvernement américain et appliquer des politiques hitlérien

Paul Joseph Watson
Prison Planet
Mardi, Juillet 24, 2007

Un groupe d’enquête de la BBC e jette une lumière nouvelle sur un sujet majeur qui a reçu peu d’attention des historiens, la conspiration pour le compte d’un groupe d’éminences grises influents, dirigée par Prescott Bush pour renverser FDR et mettre en œuvre une dictature fasciste aux Etats-Unis basé sur l’idéologie de Mussolini et Hitler.

En 1933, Marine Corps Maj.-Gen. Smedley Butler fut approché par un groupe de riches et secret d’industriels et de banquiers, y compris le grand-père Prescott Bush de l’actuel président, qui lui demanda de commander une armée forte de 500.000 voyous anciens combattants qui aiderait un coup d’État visant à renverser alors président Franklin Delano Roosevelt.

Selon la BBC, les comploteurs visant à imposer une prise de contrôle fasciste et «d’adopter les politiques d’Hitler et de Mussolini à battre la grande dépression. »

Les  conspirateurs opéraient  sous l’égide d’un groupe appelé l’American Liberty League, qui comprenait de nombreuses familles qui sont encore aujourd’hui des noms familiers, dont Heinz, Colgate, Birds Eye et General Motors.

Butler a rejoint le groupe,  mais plus tard, sonné l’alarme et a identifié les meneurs dans un témoignage devant le Comité de la Chambre sur les activités américaines.

Toutefois, le comité a refusé de cause, même l’une des personnes citées par Butler et son témoignage a été omis dans le dossier, ce qui entraîne des accusations selon lesquelles ils étaient impliqués dans la couverture de la chose, et la majorité des médias a  blackboulé ( proscrit)  l’histoire.

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butler

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General Smedley Butler, auteur de la célèbre phrase « la guerre est un racket», a dénoncé les comploteurs facistes,  mais a ensuite été diabolisés et rejetés par le gouvernement et les médias.

 

En 1936, William Dodd, ambassadeur américain en Allemagne, a écrit une lettre au président Roosevelt dans laquelle il a déclaré,

« Une clique d’industriels des États-Unis tient mordicus à amener un État fasciste afin de supplanter notre gouvernement démocratique et travaille en étroite collaboration avec le régime fasciste en Allemagne et en Italie. J’ai eu beaucoup d’occasion, dans mes fonctions à Berlin d’assister à la proximité de quelques-uns des nos familles dirigeantes américaines sont au régime nazi …. Un dirigeant de premier plan de l’une des plus grandes sociétés, m’a dit de but en blanc qu’il serait prêt à prendre des mesures concrètes pour assurer le fascisme en Amérique, si le président Roosevelt poursuivait  ses politiques progressistes. Certains  industriels américains ont beaucoup à voir avec les régimes fascistes qui ont vu  le jour en Allemagne et en Italie. Ils ont étendu l’aide pour aider le fascisme occuper le siège du pouvoir, et ils contribuent à l’y maintenir. Propagandistes de groupes fascistes tentent de rejeter le danger fascite . Nous devons être conscients des symptômes. Lorsque les industriels ignorent  les lois conçues pour le progrès social et économique qu’ils vont tenter de recourir à un état fasciste et  les contraindre à respecter les dispositions. « 

Le fait ses preuves de l’implication de Prescott Bush dans le financement de la machine de guerre nazie va de pair avec le fait qu’il faisait partie d’une bande de criminels qui ont activement cherché à imposer un coup d’État fasciste en Amérique.

Prescott n’a pas réussi mais beaucoup affirment que deux générations,  la mission a pratiquement été accomplie. Paul Joseph Watson

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Prescott eet W Bush

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Cliquer sur le lien suivant pour écouter le programme de la BBC :

http://www.prisonplanet.com/audio/240707_bbc_prescott_coup.mp3

 

Gaëtan Pelletier

 

Ton visage…. » Terez Montcalm

Paroles d’enfants pour le Grand Changement !

À 12 ans elle Humilie les Dirigeants du Monde !

http://changera.blogspot.fr/2013/10/la-verite-sort-de-la-bouche-des-enfants.html

Pour une éducation des sentiments

Nous proposons une liste d’oeuvres pour une époque où il ne semble plus y avoir de pont entre l’intelligence rationnelle et le sensible, entre la cognition exclusive (mathématique ou langagière) et la subjectivité primaire. 

Nous vivons dans un monde de plus en plus tiraillé entre deux pôles : d’une part, celui, cognitiviste, de la connaissance, de la pure intelligence, ce à quoi les institutions d’enseignement et l’industrie se consacrent en laissant tomber les restes inutiles, et d’autre part, celui de l’émotion, de la sensation brute, chatoyante ou hurlante, dont les médias, les arts scéniques, de même que la cybersphère apparaissent comme le déversoir de tout instant. Bref, entre la cognition exclusive, qu’elle soit mathématique ou langagière, et la subjectivité primaire, consommatrice et impulsive, il ne semble plus s’interposer ce que l’on appelait autrefois l’univers des sentiments, comme si entre l’intelligence rationnelle et le sensible il n’y avait plus de pont.

Civilisation des moeurs

Pourtant, il fut un temps où les sentiments et le caractère faisaient l’objet d’une véritable éducation, qui passait par la littérature, la philosophie, les arts, et même les disciplines sportives. L’Occident doit une partie de sa richesse à cette civilisation des moeurs, qui investit le coeur, humanise les pulsions humaines et nourrit une palette de sentiments qu’il appartenait à l’homme et à la femme sensibles et raisonnables de reconnaître, de cultiver ou d’éloigner de soi. Le Québec catholique d’antan assignait à l’Église une grande responsabilité dans cette formation du caractère et l’inculcation d’une certaine sensibilité. Aujourd’hui, l’école ne semble guère prodiguer une telle éducation, les sentiments et le caractère ayant disparu même du vocabulaire de la pédagogie contemporaine. Et l’Église n’étreint plus, ou à peine, de ses rites et de ses paraboles les imaginations ; c’est là un constat que nous tirons sans nostalgie aucune, mais avec la conscience que l’État et ses institutions d’enseignement n’ont pas pris le relais.

Les jeunes se découvrent certes des sentiments, apprennent à tâtons à les discerner et à les éprouver, mais sont laissés à eux-mêmes, alors qu’ils sont bombardés par les injonctions à l’émotion immédiate que martèle la propagande des médias traditionnels et sociaux. La disparition des sentiments se signale jusque dans le domaine des sciences sociales : la psychologie contemporaine s’intéresse davantage à l’intelligence émotionnelle qu’aux sentiments, et dans certains cercles philosophiques, on croit pouvoir définir la justice sans égard à la texture des sentiments humains.

Distinction essentielle

Ce constat pénible nous a inspiré l’idée de poser la question de l’éducation des sentiments aujourd’hui, soit lesquels enseigner, et par quels moyens ? Ainsi a pris forme le projet de composer une ébauche de manuel dans lequel la littérature pour une bonne part et même la musique seraient mises à contribution en vue d’une éducation assumée des sentiments. L’entreprise est ambitieuse et pourra même paraître suspecte à une époque où l’on voue un culte à l’authenticité. La véracité d’un sentiment ne se mesure-t-elle pas à sa spontanéité, demandera-t-on ? Éduquer un sentiment, n’est-ce pas prendre une distance par rapport à soi qui risque de corrompre les mouvements premiers et intimes de l’élève ? La vérité est bien plutôt que l’absence d’éducation sentimentale conduit à une ignorance grave quant à la nature même du sentiment, que l’on confond alors avec l’émotion. De plus, bien loin de conduire à la transparence à l’égard de soi, l’absence de toute éducation des sentiments risque de rendre chacun opaque à lui-même et à l’égard d’autrui. Au vrai, éduquer les sentiments, cela n’a de sens que si le sentiment est plus, c’est-à-dire plus profond et plus complexe, que la simple émotion.

C’est d’ailleurs cette distinction essentielle que rappelle le philosophe Alain dans ses définitions : « SENTIMENT : C’est le plus haut degré de l’affection. Le plus bas est l’émotion, qui nous envahit à l’improviste et malgré nous, d’après une excitation extérieure et la réaction d’instinct qu’elle provoque (trembler, pleurer, rougir). Le degré intermédiaire est la passion, qui est une réflexion sur l’émotion, une peur de l’émotion, un désir de l’émotion, une prédiction, une malédiction. […] Tout sentiment se forme par une reprise de volonté (ainsi l’amour jure d’aimer). »

Mais pour inculquer cette « reprise de volonté », il convient bien sûr de trouver des professeurs à la hauteur de cette tâche, qui sachent seconder l’élève dans la découverte et la compréhension des sentiments humains qui donnent à l’existence son épaisseur, ce qui n’est pas une mince affaire.

Tout cet exercice présuppose enfin la possibilité et les bienfaits d’une éducation des sentiments qui passe par la littérature et la musique, et qui soit intégrée dans le cursus scolaire. Nous espérons que cette galerie de rencontres avec des oeuvres qui surent, selon nos essayistes, rendre toutes les couleurs d’un sentiment, convaincra le public du bien-fondé d’une éducation qui ne se borne pas à la cognition et à l’activité physique, car entre les deux existe, bien que l’école d’aujourd’hui l’ignore au point de le condamner à la sécheresse, ce qu’on appelait jadis le coeur.

Raphaël Arteau-McNeil – Professeur au Cégep Garneau et au Certificat sur les oeuvres marquantes de la culture occidentale, Université Laval.

Carl Bergeron – Auteur, notamment, de Un cynique chez les lyriques. Denys Arcand et le Québec (Boréal, 2012)

Marc Chevrier – République québécoise. Hommages à une idée suspecte (Boréal, 2012)