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La situation financière U.S.

Dix indicateurs qui montrent que la situation financière actuelle des États-Unis est une vision d’horreur

Par Michael Snyder – Le 12 août 2018 – Source  TheEconomicCollapse

Les prévisions à long terme du bilan des États-Unis continuent à s’aggraver progressivement. Malheureusement, depuis que le marché boursier a flambé et que les chiffres du PIB semblent satisfaisants, la plupart des Étasuniens supposent que l’économie de leur pays se porte bien. Mais il faut dire que le marché boursier montait en flèche et les chiffres du PIB semblaient corrects juste avant la grande crise financière de 2008, et nous avons vu ce que cela a donné. La vérité est que le PIB n’est pas la meilleure mesure pour la santé de l’économie. Juger l’économie étasunienne par rapport au PIB revient essentiellement à mesurer la santé financière d’une personne relativement à ses dépenses. C’est ce que je vais essayer d’illustrer ici.

Si je sortais tout de suite, obtenais un certain nombre de nouvelles cartes de crédit et commençais à dépenser comme si demain n’existait pas, cela signifierait-il que ma situation financière se serait améliorée ?

Non, en fait, cela signifierait que ma situation financière à long terme a au contraire empiré.

Le PIB est une mesure de l’activité économique de notre société, et c’est essentiellement une indication du montant d’argent échangé.

Mais le fait que plus d’argent change de mains ne veut pas dire que les choses s’améliorent. Ce qui compte vraiment est ce qui arrive aux actifs et aux passifs. En d’autres termes, est-ce que de la richesse a été créée ou bien a-t’on simplement accumulé de la dette ?

Malheureusement, il n’y a qu’une poignée de points positifs dans notre économie. Quelques très grandes entreprises technologiques, comme Apple, amassent de la richesse, mais à peu près partout la dette augmente à un rythme sans précédent. La dette des ménages n’a jamais été aussi élevée. La dette des entreprises a doublé depuis la dernière crise financière. La dette publique des États et des collectivités locales a atteint un niveau record et la dette publique étasunienne est complètement hors de contrôle.

Si je sortais demain et dépensais $20 000 avec un lot de nouvelles cartes de crédit, je pourrais prétendre que mon « PIB personnel » monte en flèche parce que je dépense beaucoup plus qu’avant. Mais ma vantardise serait inutile car, en réalité, je mettrais simplement ma famille dans une situation financière extrêmement précaire.

La croissance économique qui résulte de l’accroissement continu de la dette n’est pas une chose positive. Je souhaite que plus de gens comprennent ce concept très basique. Voici dix indicateurs qui montrent que la situation financière actuelle des États-Unis est une vision d’horreur…

1. Le crédit à la consommation aux États-Unis vient d’atteindre un nouveau record. Au deuxième trimestre de 2008, le total des  crédits à la consommation avait atteint $2 630 milliards et, dix ans plus tard, ce chiffre a  grimpé à $3 870 milliards. Cela représente une augmentation de 48% en une seule décennie.

2. La dette étudiante a pour la première fois dépassé les $1 500 milliards. Au cours des huit dernières années, le montant total de l’endettement des étudiants aux États-Unis a  augmenté de 79%.

3. Selon la Réserve fédérale, le taux de défaillance des cartes de crédit aux États-Unis a  augmenté pendant sept trimestres consécutifs.

4. Une enquête récente a  révélé que 42% des consommateurs étasuniens ont payé en retard leur factures de carte de crédit « au moins une fois au cours de la dernière année » et 24% des consommateurs étasuniens les ont  payées en retard « plus d’une fois au cours de la dernière année ».

5. Les salaires réels aux États-Unis viennent d’atteindre leur  niveau le plus bas depuis six ans.

6. Selon une  étude récente« le taux de faillite personnelle des gens âgés de 65 ans et plus est trois fois supérieur à celui de 1991 ».

7. Nous sommes au cœur de la plus grande « apocalypse de la vente au détail » dans l’histoire étasunienne. À ce jour, en 2018, 57 grandes surfaces ont  annoncé des fermetures de magasins.

8. Le déficit budgétaire officiel des États-Unis est en hausse de 21% sous le président Trump.

9. On prévoit que le service de la dette publique cette année  dépassera pour la première fois les $500 milliards.

10. Goldman Sachs prévoit que le déficit budgétaire annuel  dépassera les $2 000 milliards d’ici 2028.

Et je n’ai même pas parlé des passifs non capitalisés. Ce sont essentiellement des engagements futurs pour lesquels nous n’avons pas d’argent.

Selon le professeur Larry Kotlikoff, en ce moment nos engagements non capitalisés  dépassent largement les $200 000 milliards.

Si les personnes, les entreprises, les États et gouvernements locaux et le gouvernement fédéral cessaient tous de s’endetter, nous nous enfoncerions immédiatement dans la plus grande dépression économique de l’histoire des États-Unis.

Le système est profondément brisé, et la seule façon de maintenir cette bulle de dette est de continuer à l’accroître encore plus.

Toute personne qui croit que l’économie étasunienne est « réparée » est complètement dans l’erreur. RIEN n’a été arrangé. Au lieu de cela, nos déséquilibres financiers à long terme s’aggravent à un rythme croissant.

Malheureusement, l’attitude du grand public est exactement similaire à ce qu’elle était juste avant la grande crise financière de 2008. La plupart des gens semblent assumer que n’ayant pas subi jusqu’à présent de conséquences néfastes résultant de nos très idiotes décisions, aucune conséquence dommageable ne se produira.

Beaucoup supposent également que depuis que le contrôle de la Maison Blanche a changé, les choses vont s’améliorer par magie.

Bien sûr, la vérité est que la seule façon de résoudre nos problèmes à long terme est de s’attaquer à leur origine, ce qui n’est tout simplement pas le cas.

Comme j’ai beaucoup voyagé au cours de l’année écoulée, j’ai découvert que la plupart des Étasuniens ne veulent pas apporter de changements fondamentaux au système actuel, car ils ont l’illusion qu’il fonctionne très bien. Donc, il faudra probablement une autre crise majeure avant que la plupart des gens soient prêts à envisager des changements fondamentaux, et quand cela arrivera, nous devrons être prêts à l’expliquer au public.

Le système que nous avons aujourd’hui, est fondamentalement malsain. Nous avons désespérément besoin de revenir aux valeurs et aux principes sur lesquels notre pays a été fondé, mais tant que les choses n’ont pas commencé à aller vraiment, vraiment mal, il est fort peu probable que le peuple étasunien soit prêt à accepter ces changements.

Michael Snyder est un écrivain syndiqué, une personnalité médiatique et un militant politique. Il est l’éditeur de  The Most Important News et l’auteur de quatre ouvrages, dont  The Beginning of the End et  Living A Life That Really Matters

Traduit par  Alexandre Moumbaris relu par Marie-José Moumbaris

 lesakerfrancophone.fr

Lettre ouverte aux martiens

Avant-propos:

(Image: secrète. Bout de stylo trafiqué. Vu que les imagiers  sont tristes à chier, et qu’ils ne veulent rien partager, on va se débrouiller pour faire semblant que c’est une fusée. )

LES NOUVEAUX UTOPISTES (1/4) – Les nouveaux utopistes, veulent rendre notre monde meilleur en s’appuyant sur l’évolution très rapide des technologies. Le PDG de SpaceX, lui, voit l’avenir de l’homme dans les étoiles. Il veut commencer par la colonisation de Mars.

Faire de l’humanité une espèce interplanétaire, en commençant par la colonisation de Mars. Tel est le rêve d’Elon Musk, figure emblématique du «serial entrepreneur» de la Silicon Valley. Après avoir fait fortune avec PayPal (paiement en ligne), il a créé la société spatiale SpaceX, le constructeur de voitures 100 % électriques Tesla et a lancé plusieurs projets futuristes à l’instar du système de transport interurbain Hyperloop.  Le Figaro  .

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Chers martiens,

Si vous existez, quand vous verrez arriver une bande de cowboys habillés pour respirer de l’air, percez leur camisole avec un stylo. Si vous n’avez pas de stylo, prenez un morceau de roche rouge et défoncez leur masque. Vous les verrez se tordre. Ils sortiront leurs armes et vous abattront, même si votre peau est jaune. Si vous êtes blondes et belles, usez de vos charmes pour leur couper le tuyau. Ils seront confondus.

Ils disent que la première chose qu’ils feront, c’est de chercher de l’eau. Ils ne peuvent vivre sans eaux. Ils en sont constitués à 90%. D’ailleurs, vous pourrez vérifier: percez-les. Vous verrez sortir de l’eau rouge. C’est bon signe. Mais, attention, c’est une tromperie. Ils se sont bourrés de liquide rouge pour vous faire croire qu’ils sont des vôtres, ceux de la planète rouge.

Si jamais ils trouvent de l’eau avant que vous puissiez les intercepter – car ils sont dangereux et armés- ils prendront de l’eau et feront un usage immodéré. Ils pourraient même aller jusqu’à se baigner dedans ou encore y faire leurs besoins. Chaque famille américaine bien nantie a, en moyenne, trois salles de bain. Ils sont propres comme des chats. Ce qui revient à dire qu’ils prendront votre planète pour une litière.

Si vous les laissez faire, ils découperont votre sphère en carrés, dits terrains. Pour eux, la quadrature du cercle est possible. Et dans ces carrés, ils creuseront jusqu’à ce qu’il en sorte un liquide noir. Ils en auront besoin pour repartir. Si  jamais ils veulent repartir,  dites que vous avez froid et que vous ne connaissez pas le feu. Ils vous donneront un briquet pour 1 million de barils. Ils sont d’une générosité à nous faire larmer.

En cas de besoin, utilisez les briquets qu’ils vous donneront pour allumer un grand feu près de leur appareil en l’approchant du  liquide noir. Boum! Vous serez soulagés de les voir filer vers le ciel-   peut-être un peu en morceaux-  mais bon, on ne fait pas d’homme laite   sans casser des eux.

Après quelques années martiennes passées, vous en verrez d’autres arriver. Habillez-vous avec une plume sur la tête et fabriquez un tipi. Je vous envoie les plans en format PDF. Ça les déconcertera un peu, mais ils seront ravis. Car ils y verront là un procédé d’assimilation simple à suivre: vous aurez droit à un petit carré dans la sphère. Alors, par un beau soir de Terre, sortez le briquet et refaites la même opération. Après quelques opérations, vous verrez que votre planète sera vraiment rouge et la nôtre un peu plus propre.

Votre tout dévoué,

Gaëtan Pelletier,

Spécialiste en US et coutumes.

Hollywood m’a menti sur l’Amérique

 

 Karim Akouche – Écrivain

«Il y a en effet plusieurs Amériques, souvent opposées, qui se côtoient et se querellent. Celle des bons, celle des bêtes et celle des truands», écrit l’auteur.

Hollywood m’a menti. L’Amérique qu’il m’a vendue ne correspond aucunement à celle que je découvre. Au poste frontalier avec le Québec, le douanier me prend d’emblée pour un ennemi. La raison : le « DZ » inscrit sur mon passeport canadien. Il tape sur son clavier et découvre mon pays de naissance : l’Algérie, un pays susceptible d’exporter le terrorisme. Il me pose des questions auxquelles je réponds dans un anglais approximatif, mais clair. Il me crie dessus, froisse mon invitation et la jette à la poubelle.

Je me dois alors de justifier mon innocence. Heureusement que je suis invité à New York comme écrivain et que j’ai une conférence programmée le surlendemain. Il tape sur Google, tombe sur des articles parlant de moi et de mes livres. Il se décrispe tout à coup : « Congratulations ! You have a Wikipedia page ! You are a celebrity ! » Je n’en reviens pas. En l’espace de quelques minutes, il passe de la violence à l’amabilité. C’est à cause de la supposée notoriété dont je dispose sur Internet. Autrement dit : le paraître et le clinquant ont gommé la « tare » des origines.

Cactus

Bienvenue au pays de toutes les énigmes. L’écart entre l’Amérique réelle et l’Amérique fantasmée, celle véhiculée par les médias, est si grand que je ne sais plus comment le formuler. La première image qui me vient à l’esprit est celle d’une plante épineuse, le cactus : il est beau à la vue, mais il pique au toucher.

Il y a en effet plusieurs Amériques, souvent opposées, qui se côtoient et se querellent. Celle des bons, celle des bêtes et celle des truands. D’un côté, le Nouveau Monde et, de l’autre, le monde archaïque. L’Amérique du rêve et celle du cauchemar. Celle des riches métropoles et celle des laissés-pour-compte. Celle des forts et celle des faibles. Celle des champions et celle des perdants.

L’Amérique des Caucasiens et l’Amérique des Noirs. Celle de Philip Roth et celle de Donald Trump. Celle de la Silicon Valley et celle de Brooklyn. Celle de la statue de la Liberté et celle de Guantánamo. Celle de Coca-Cola et celle de l’injection létale. Celle de la violence protéiforme et celle, burlesque, de Charlie Chaplin.

L’Amérique des Simpsons et l’Amérique de Fox News. Celle du puritanisme religieux et celle de l’industrie du porno. Celle du football et celle de l’obésité. Celle du gospel et celle des gangs de rue. Celle du patriotisme excessif et celle de l’individualisme de masse. Celle de la Révolution et celle de l’extermination des Indiens. Celle de la guerre de Sécession et celle de la traite négrière.

L’Amérique arrogante et l’Amérique qui accueille. L’Amérique terrorisée et l’Amérique qui terrorise. L’Amérique inculte et l’Amérique cultivée. La simplicité volontaire de Thoreau et l’axe du mal de Bush. La dictature de l’instant et le mépris de l’histoire. Le ici-et-maintenant et le passé-jamais. Wall Street et les ghost towns. Wounded Knee et Omaha Beach. L’Amérique qui massacre et l’Amérique qui libère. Le Ku Klux Klan et Jésus Christ. Geronimo et Ben Laden. Le Vieil homme et la mer et le Patriot Act. La NSA et Edward Snowden… Il y a de tout : le faste et le fade, la fureur et la foi, la fougue et la folie.

Pays des cow-boys

Un ami vivant au New Jersey me confie à juste titre : « Il est plus facile, pour les Américains pauvres, de se procurer une arme que de se faire soigner. » N’ayant pas réussi à trouver un assureur à cause de son diabète, il doit 200 000 dollars à des hôpitaux. Il est loin d’être le seul dans cette situation. La plupart de ses concitoyens sont surendettés : la santé et l’éducation les ruinent.

La veille de mon voyage, il m’a donné quelques consignes : « Si la police t’interpelle, sois calme, obéis, ne farfouille pas dans tes affaires, place tes papiers bien en vue, car tout geste de trop pourrait être mal interprété… Nous sommes au pays des cow-boys, les flics ont la gâchette facile. »

En effet, les relations entre la police et les citoyens, surtout les minorités, sont tendues. Le taux de criminalité annuelle à Détroit, Baltimore, Cleveland, Oakland, Saint-Louis et Memphis, entre autres, frôlent les 2000 cas par 100 000 habitants.

La violence sociale et économique, c’est le quotidien des Américains. On est loin des cartes postales et des confessions à l’eau de jasmin que les starlettes étalent sur les réseaux sociaux. Le marketing fausse tout. Il y a un fossé entre le discours officiel et la réalité.

Kennedy, par exemple, dont on a voulu faire une icône, n’a en réalité jamais été un modèle : il ne respectait pas les femmes et a fait la guerre à Cuba et au Vietnam. Au pays de l’oncle Sam, le vivre-ensemble et la liberté ne sont que des vocables creux : c’est le vivre-à-côté et le politiquement correct qui règnent. Chacun pour soi et Dieu pour personne.

Si tu es un winner, tu auras ta place entre les winners, donc dans la société. Alors tu as intérêt à sortir tes muscles, à accumuler plusieurs boulots, à suer, à dormir peu, à manger vite et gras. Tu seras alors fier d’étaler ta richesse, ta paie, ton ranch, ta bagnole… Si, dans le cas contraire, tu es pauvre, cache-toi, souffre en silence et prie. Tu peux toujours chanter la rengaine d’Obama, Yes we can, l’État ne viendra jamais à ton secours. Ici, la vie n’a de valeur que si elle est convertible en billets verts. Bosse ou crève. In Money we trust.

Le règne Obama

Obame caricature

 

Comment la mondialisation a tué les bisons

Bisons

 

Il est maintenant plus que possible que la race humaine soit exterminée par cette recherche frénétique du profit pour le profit. L’étourderie des commerçants mondiaux et leurs pouvoirs de destruction dans une surexploitation des ressources. Et parmi ces ressources se trouve désormais l’homme-outil, lui-même marchandise. La mondialisation n’a pas seulement tué les bisons, car en poursuivant les moyens actuels de  d’une économie qui buldoze tout, sans réflexion,  ce n’est ni plus ni moins qu’un suicide collectif.  

Gaëtan Pelletier 

***

Gilles Raveaud

Scott Taylor, professeur à l’université de Calgary (Canada), a fait une découverte : la quasi-extermination des bisons aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle n’est pas le résultat de la pression démographique des colons, ni de la chasse des Amérindiens ou de la construction du chemin de fer.

Elle résulte en fait d’une hausse massive du commerce entre les Etats-Unis et l’ancienne métropole colonisatrice, le Royaume-Uni, elle-même conséquence d’une innovation anglaise dans le tannage des peaux.

La population de bisons aux Etats-Unis a été pratiquement exterminée au cours du XIXème siècle : tandis que les bisons étaient 20 ou 30 millions au XVIème siècle, ils n’étaient plus qu’une centaine à la fin du XIXème siècle.

Selon Scott Taylor, il a fallu cent ans aux colons pour tuer tous les bisons vivant à l’est du Mississippi. Par contre, de manière tout à fait stupéfiante, les 10 à 15 millions de bisons restants dans les hautes prairies ont été massacrés en à peine 10 ans. Comment est-ce possible ?

Vers 1830, les bisons avaient été exterminés à l’est du Mississippi. A cette époque, les bisons étaient chassés par les indiens pour leur viande mais aussi pour leur peau, échangée dans les villes. Dans les années 1840, les colons ont poursuivi leur avance dans les grandes plaines jusqu’en Orégon et en Californie.

Les mouvements de population ont alors séparé la population de bisons en deux, au nord et au sud, matérialisée par la construction de la ligne de chemin de fer de la Union Pacific Railroad au cours des années 1860. A cette époque, en dépit des chemins de fer – détruisant l’habitat naturel des bisons et exerçant une demande croissante pour leurs viande de la part des travailleurs -, du marché local pour leur cuir, et de la conversion des hautes prairies en zones agricoles, la population des bisons n’a diminué que progressivement.

Mais cette situation a évolué brutalement peu après 1870, quand des tanneurs anglais mirent au point une nouvelle technique permettant de tanner les peaux des bisons.

Scott Taylor cite un article du Times de New York d’août 1872 :

Les peaux sont collectées à l’Ouest par les agents des maisons de commerce de l’Est, elles sont simplement séchées, puis transmises soit à New York, soit à Baltimore pour l’exportation…

Le bas prix que ces marchandises ont atteint sur le marché anglais, et la perspective d’une baisse accrue, pourrait à terme mettre fin à ce commerce, mais à l’heure actuelle, les peaux sont chassés pour leur vigueur, et, si le commerce continue, il ne faudra que quelques années pour exterminer les troupeaux.

Le marché des peaux de bison a en effet explosé suite aux nouvelles techniques mises au point en Angleterre, et à la possibilité pour les chasseurs des Etats-Unis de faire parvenir, par l’intermédiaire de maisons de commerce, les peaux en Angleterre. Jusque là, les peaux étaient quasiment dénuées de valeur. Le seul produit commercialisable à partir d’un bison était sa viande, mais ce marché était sévèrement limitée par les coûts de transport.

Taylor évoque les explications habituellement avancées du déclin du bison : la chasse par l’armée des États-Unis, la présence des chemins de fer, et les changements dans les pratiques de chasse des Amérindiens.

Bien que chacun de ces éléments puissent avoir contribué un peu à la baisse de la population de bisons, ses estimations suggèrent que la demande du marché mondial a joué un rôle central :

Les données sur les exportations nouvellement construites soutiennent l’hypothèse d’abattage axée sur les exportations, tandis que les explications alternatives que sont les chemins de fer, l’armée, ou les Amérindiens, semblent jouer un rôle beaucoup plus faible.

Les ordres de grandeur sont considérables. Mes résultats suggèrent qu’environ six millions de peaux de bison ont été exportées au cours de la période 1871-1883, ce qui correspond à la mort de près de neuf millions de bisons.

Pour Taylor, trois facteurs économiques cruciaux expliquent le massacre :
– une innovation dans le tannage des peaux
– le libre accès (sans coût et sans restrictions de quantités) des chasseurs aux troupeaux de bisons
– des prix mondiaux fixes.

Selon lui, le massacre des bisons est un bon exemple de surexploitation des ressources naturelles engendrée par deux phénomènes : une demande en plein essor, et une mauvaise régulation des ressources.

Taylor souligne “le rôle crucial joué par les marchés internationaux” dans cette évolution. Et explique pourquoi elle n’a pas pu être corrigée par les mécanismes marchands :

bien que le massacre des bisons ait été un événement majeur dans l’histoire des États-Unis, cet événement était mineur sur la scène mondiale.

De ce fait, certaines des propriétés typiques du système de prix du marché, comme l’isolement [le fait que chaque marché soit séparé des autres, ce qui permet d’établir le prix de chaque marchandise] et de signalisation [hausse du prix lorsque la ressource se raréfie] n’ont pas pu fonctionner.

Commentant ces résultats, Timothy Taylor (sans lien avec Scott), en conclut que lorsque de petits pays et des petites économies à travers le monde expriment leurs craintes que la combinaison de nouvelles technologies et d’une hausse de la demande mondiale anéantissent leur habitat naturel ou leurs ressources, les Américains devraient écouter.

Il note par ailleurs que la quasi-extermination des bisons fait partie des événements qui ont mené à la création d’un mouvement environnementaliste américain. Selon Scott Tayloe,

Pour de nombreux Américains de l’époque, le massacre semblait inutile et mauvais (…). L’abattage du bison a été déterminant dans la montée du  mouvement conservationniste à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

La quasi-totalité des acteurs importants dans le mouvement conservationniste, comme Teddy Roosevelt, John Muir, et William Hornaday, avaient été des témoins de ce massacre.

La création du système des parcs nationaux en général, et celle de Yellowstone, en particulier, reflètent la répulsion que beaucoup éprouvaient à l’égard de l’abattage des bisons sur les grandes plaines.

http://www.leconomiepolitique.fr/

Retour vers le futur avec Trump

Le partir du Yes We Can

Le cowboy beige de l’Amérique partira bientôt. On a frôlé l’espoir dans la fièvre d’un homme noir qui « dirigerait » désormais l’Amérique. J’avais écrit de nombreux articles à l’époque sur le règne à venir d’Obama. Un beau slogan, mais un avenir …blanc.

Obama devait prendre le rôle du Magicien d’Oz : régler la crise de 2008, et redonner à l’Amérique son souffle et des changements profonds.

Quelqu’un (sic)- plusieurs se sont servi de lui pour masquer l’hypocrisie américaine. Mais ce n’est pas là l’apanage d’un pays. D’autres ont déçu. La raison est simple, il n’est plus possible de combattre le réel pouvoir de la finance mondialiste.

L’avenir ne sera pas d’élire, mais de se regrouper pour stopper ce monstre en train de couler en nous privant de gilets de sauvetages.

gp