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Pour « sauver la planète », l’industrie tue les campagnes

Photo: Gaëtan Pelletier

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Blandine Vue

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Au nom de la transition énergétique, les campagnes s’industrialisent à grande vitesse. L’autrice de cette tribune raconte la métamorphose de la Haute-Marne, autrefois vivante et dorénavant colonisée par les éoliennes, les méthaniseurs, les plantations de biomasse…

Blandine Vue est docteur ès lettres, diplômée en sciences du langage, lauréate de la Fondation Nicolas Hulot pour ses activités pédagogiques de terrain. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Histoire des paysages (éd. Errance) et un roman, La Colonie (éditions L’Harmattan).


Il est minuit, ma maison vrombit, mon cœur est écrasé, mon crâne résonne. Les fenêtres fermées, les boules Quies ne font qu’empirer les choses. Où aller ? Au fond des bois ? Les infrasons des éoliennes industrielles ne connaissent pas les frontières. Elles sont partout. Mon corps est à bout.

Seules deux vallées ne sont pas encore attaquées à proximité de chez moi. Les mâts des éoliennes et les méthaniseurs poussent aussi vite que tombent les forêts ! Il n’y a plus de refuge. La campagne s’industrialise.

J’ai passé le week-end chez moi, face aux collines, dans mon village de 70 habitants, la maison dans laquelle mes enfants ont grandi, qu’on a restaurée ensemble. J’avais beaucoup à faire, je n’ai rien fait ou presque, je n’ai pas eu besoin de regarder la météo pour savoir d’où venait le vent. Mon corps n’avait qu’une tension, fuir ce lieu inondé par un poison vibratoire. Du sud au nord, en passant par l’ouest, plus de 70 éoliennes industrielles de 150 mètres. À l’Est, six, 183 m de haut, diamètre 150 m, bientôt 29. Partout, des centaines en projet ou prêtes à sortir de terre. Du haut de la colline, j’ai dit adieu aux couchers de soleil il y a neuf ans, et récemment aux levers. Adieu à la nuit pure. Les promenades sur le plateau rendent fou.

Les bois qui n’ont pas encore été rasés sont dépouillés depuis qu’on ne parle plus de forêts, mais de biomasse

À 200 m de la maison, deux fermes, « normales » il y a peu, incarcèrent désormais douze mois sur douze quelques centaines de vaches sous les tôles. Ventilateurs, tanks à lait, robots de traite, engins qui désilent, mélangent, transportent, paillent, distribuent, curent, et retransportent. Les bruits de moteur sont incessants. Vaches à méthane ou vaches à lait, toutes ont le même sort, les riverains aussi !

Marie, une riveraine, est à bout, sur sa petite route de campagne. Sept jours sur sept, les tracteurs passent pour alimenter le méthaniseur voisin en fumier collecté dans un rayon de 60 km, les prés ont été retournés pour planter le maïs qui servira à nourrir le méthaniseur et les vaches prisonnières qui fournissent la manne. La paille aussi voyage. Sous la canicule, les vaches enfermées hurlent, tapent nuit et jour dans la ferraille qui les enferme, l’ensilage pue.

Où aller ? Au fond des bois ? Quels bois ? Ceux qui n’ont pas encore été rasés sont dépouillés depuis qu’on ne parle plus de forêts, mais de biomasse. De mes fenêtres, je vois clair au travers des collines. Plus de sous-bois, des champs de troncs. Le long des chemins, les arbres trop jeunes, condamnés à ne pas devenir des chênes centenaires, s’alignent, en attendant d’être déchiquetés avec beaucoup d’énergie, recollés en pellets, voire transformés en carburant ! Il y a quelque temps, un bûcheron s’inquiétait : « Dans dix ans, il n’y aura plus rien ! » Sur les photos aériennes, une bande boisée au bord des routes, pour tromper le peuple, mais c’est une coquille vide. Dix ans, c’était optimiste. Qui ose encore signer les pétitions contre la déforestation de la forêt amazonienne ? Le poumon vert de la France, ça ne compte pas ?

Officiellement, on n’a plus le droit de retourner les prairies [pas pour leur flore et leur faune, on s’en moque, mais comme pièges à carbone, fixateurs de sol…] Jamais on n’en a retourné autant que depuis les débuts de la « transition énergétique » ! Pour le maïs des méthaniseurs, le colza des carburants… Qui ose encore signer les pétitions contre l’huile de palme ?

« C’est une violence inouïe ! » m’a dit ce citadin reconverti à l’agriculture bio. Pour moi, c’est un viol. Un viol de ce pays qui m’a vue grandir, que mes ancêtres paysans ont soigné, que j’ai parcouru jusque dans ses moindres recoins… Un viol de mon droit au silence, ce bien le plus précieux. Depuis bientôt dix ans, hormis quelques nuits glaciales sans vent, pas une heure sans bourdonnement de moteur ou d’éolienne, dans ma maison dont les murs tremblent de cette maladie galopante.

Je bondis en lisant une phrase de l’association NégaWatt : « Nous avons également de vastes zones peu peuplées qui permettent l’installation [d’éoliennes]. » Ben voyons ! Nos élus comptent aussi remplir ainsi la « diagonale du vide ». Mais le vide n’est pas vide, nous y vivons, la nature y vit. Nous ne sommes pas un territoire à coloniser ! Pour eux, nous sommes une poignée de sauvages qui empêchent l’expansion de projets, qu’ils n’osent plus appeler « progrès », mais ont rebaptisé « transition énergétique », et font passer pour une « reconversion écologique ». Nous préférions être abandonnés : au moins, on nous laissait tranquilles !

On n’a pas le droit d’avouer que quelque chose cloche dans ce qui est présenté comme la seule issue

L’écologie, c’est ce que nous avions, avant. Du silence, de vraies nuits, des forêts gérées avec sagesse en mode cueillette, avec respect pour leurs bêtes, grandes et petites. Celles qui ne peuvent pas fuir crèvent désormais au soleil de vastes étendues rasées, les autres ne savent plus où aller. L’écologie, ce n’est pas ce monde industriel qui se cache derrière des noms aguicheurs.

Ce monde, on nous l’impose sans démocratie, avec le plus profond déni de notre citoyenneté, des enquêtes publiques, qui sont des mascarades, les rares refus préfectoraux étant cassés par les tribunaux administratifs. Les enquêtes surviennent sans annonce claire, il faut surveiller les sites préfectoraux, qui ont changé de page sans l’annoncer clairement, supprimé les dates, lieux, natures d’activité ; certains se retrouvent avec des éoliennes derrière chez eux sans jamais en avoir entendu parler. Lors des plaintes, les promoteurs sont juge et partie, seules leurs conclusions sont retenues. La notion de conflit d’intérêts disparaît, les directives régionales sont piétinées, les lois faites sur mesure pour faciliter l’invasion…

Nous sommes dépossédés de notre territoire, sans droit à la parole, sans droit de nous défendre, la proie de lobbies qui manipulent le pouvoir. On nous accuse de « retarder la transition énergétique » avec nos vaines rébellions ; retarder, c’est tout, on se défend, mais on se fait quand même dévorer ! La démocratie est bafouée.

Ceux qui pleurent à cause du bruit, des acouphènes, du cœur qui s’emballe au rythme des pales osent rarement témoigner. Ils ont honte, ce ne serait pas politiquement correct, il faut accepter de souffrir pour « le bien de la planète ». On n’a pas le droit d’avouer que quelque chose cloche dans ce qui est présenté comme la seule issue. Ils ont peur, aussi. Alors que l’électrosensibilité peine à se faire reconnaître, on se gausse de la sensibilité aux infrasons, trop méconnue, qu’on fait passer pour une maladie psychique.

On assiste à un parfait écocide, discret, se cachant sous de pseudo « bonnes intentions »

« Les opposants retardent la transition énergétique. » Mais qui se penche sur nos vies brisées, nos investissements et nos projets tués ? Les vergers que nous ne plantons plus, la maison devenue invivable et invendable, nos promenades quotidiennes, les circuits de randonnée, le panorama d’une ville touristique… L’âme de nos campagnes, notre silence, notre sommeil, notre santé, notre capacité de concentration et celle des enfants des écoles, notre efficacité au travail, les étoiles, le noir de la nuit, nos forêts, nos prairies, la liberté des vaches, le relief, écrasé, ce qu’on n’a plus la force de faire. Tout est tué brutalement ou à petit feu.

Et les ressources ! Que de pétrole pour nourrir avec l’ensilage et l’enrubanné de l’an dernier des vaches qui il y a peu broutaient dehors, là où on cultive le maïs qu’elles ingurgiteront l’an prochain ; pour ériger ces monstres blancs trois fois plus hauts que nos collines, qui, ici, ne fonctionnent qu’à 18 % de leur capacité, de façon intermittente et aléatoire ; pour couper, transporter, déchiqueter nos trop jeunes arbres, cultiver le maïs et le colza. Pour fuir ! Que de sols détruits ! Nous sommes assez près de notre terre pour constater au quotidien cette tromperie que les citadins ne voient pas !

Si au moins tout cela servait à autre chose qu’engraisser sur nos deniers des lobbies et ceux qui leur ouvrent grand les portes.Nous sommes sacrifiés sur l’autel d’une idéologie capitaliste qui veut vendre les engins nécessaires à son accomplissement. Jamais nous n’avons vu autant de machines, entendu autant de moteurs dans nos campagnes, nos forêts, planer sur nos têtes… La « croissance verte » tue l’idée de décroissance, autant que nos territoires, pour justifier ses objectifs.

On assiste à un parfait écocide, discret, se cachant sous de pseudo « bonnes intentions », ou pire, sous une injonction de « sauver la planète ». Mais on s’est trompé de ministère, la production d’énergie pour le confort humain, ce n’est jamais de l’écologie, c’est de l’industrie !

Comme chaque fois que le vent vient du nord-ouest, ma maison vrombit plus que les autres jours. Mon corps ne sait où aller, je pleure. Dans quelques mois, le vent d’est sera lui aussi un poison. Arrêtez la torture ! Laissez-nous vivre VIVRE !

Reporterre

Madame Yellow Jaune

Pratique

Dans une grande bâtisse, les RCS rigolant, se pratiquaient à écraser des gilets jaunes rien que pour s’injecter un peu d’adrénaline.
– Allez! Les gars, ils sont dangereux…
Par terre, on pouvait voir un matelas de gilet jaunes qui recouvrait tout le plancher.
– C’est une pratique les gars. Mais vous verrez pire dans la rue. Grouillez-vous, tas d’andouilles. La France a besoin de vous.
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Mise en pratique

Geneviève, 73 ans, scandait son droit de « Liberté de manifester ». Dans le chahut qui s’ensuivit, elle fut écrasée tel un simple  gilet jaune aux cheveux blancs sans que la remarque. Fracture du crâne et autres blessures…
Quand les pieds prennent le relais de la tête, sous les casques des orteils s’animent, affolées.
Nous sommes tous intelligents…
Il suffit d’un costume et d’un salaire pour nous stupidifier….
Car, en fait, c’est ce qu’on réclame: un revenu décent.

Gaëtan Pelletier

Enseignants gazés à la chaîne devant le rectorat de Toulouse

Pas le droit de filmer la violence policière en France

La mutilation des Gilets jaunes

La vidéo risque d’être censurée, comme la précédente. 😦

 

La Macronerie

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Ils ont dit qu’ils allaient « changer le monde ». Le collier des « Yes We Can » est tressé  de fausses perles. À quoi donc rêvent les moutons électriques? Nous sommes des évasifs trafiqués, mourant de faim. D’une faim qu’ils ne comprennent pas. La faim de ne plus avoir peur que NOTRE Terre nous échappe. Ce qui appartient à tous les vivants.

Ils ont tous dit qu’ils amélioreraient le monde. Ce n’est pas de leur faute: ils passent comme le charbon dans une chaudière de Titanic.  Il font avancer un bateau-Terre flambant dans l’espace.  On entend les mêmes mots, les mêmes formules depuis des décennies. Des pubs sonores et aseptisées. Raides, frappantes, et à la captation naïve.

Qui a dit que le monde, les gens devrais-je dire, devaient vivre selon l’ordre des banquiers, de la globalisation, et de la destruction continue? Nous voulons seulement être humains et vivre de ce petit paradis. Sans même demander l’éternité…

On leur demande une bougie, ils vous offrent des feux d’artifice. On leur demande la paix, ils nous demandent d’acheter des armes… pour la paix. Ils se disent serviteurs des peuples. Ils sont les servants de messe des banques. Une église qui a pris la place d’une autre…

On a tout volé aux vivants, on a tout pris aux vivants, on a découpé la Terre en pointes de tarte, en carrés, en cercles. Les riches, les pouvoirés, les en « chanteurs » de fin de mandats resteront de ces corbeaux qui veulent notre fromage.

Gaëtan Pelletier

Nice… un certain soir de juillet

plage la nuit

Ils ont tous pris la parole, tous ces chefs d’état, ces ambassadeurs, ces ministres, ces médias, ces inconnus, afin de faire part de leur indignation et de leur tristesse.

Plusieurs ont dénoncé les effets de la haine et se sont indignés de l’arrogance qu’elle manifeste… elle qui n’a que faire des visages angéliques et des larmes.  Salope.

Les enfants de la bombe, des catastrophes et des menaces qui grondent, jonchaient la rue comme d’autres enfants ailleurs dans le monde qui n’ont pu être protégés.  Ils ont tous payé de leur vie ce monde qu’on leur destinait en héritage.

Ce jour-là, je n’avais pas lu les infos, savourant avec une certaine insouciance un répit que je m’accorde occasionnellement entre deux vagues d’horreur.  J’avais presque cru qu’à nous tous, avec nos forces et nos faiblesses, notre espoir et notre courage, nous pourrions sortir d’un cauchemar qui dure depuis trop longtemps.  J’avais pu arroser les plantes, entendre un oiseau chanter et savourer les instants magiques qu’offrent un lieu où respire la paix.

Mais ce soir là  je suis allée dormir, brisée par l’image de deux dizaines d’enfants tués, plus de deux cents blessés et plusieurs douzaines de morts.  La promenade des anglais avec ses deux kilomètres de champs de mars en juillet avait été le théâtre d’une boucherie sans nom.  J’ai remis au lendemain la tâche de m’informer des autres détails de ce soir sanglant.  Ce soir-là j’ai fermé les yeux en pleurant sur un monde qui bascule dans la folie.

2 dizaines d’enfants tués
200 blessés dont 50 très gravement
84 morts
2 km de tuerie
La recette d’un massacre.  Tout ça en une minute… Pas besoin de kalashnikov, ni de bombe.  La folie est bon marché et si accessible.

Un fou ici, mais était-il si différent des autres fous qui commettent des attentats ou des crimes odieux ? Il n’avait pas pour excuse d’avoir agi de façon impulsive pour exprimer sa rage.  A cause de cette préméditation, on ne peut exclure une forme de radicalisation, une influence bien d’époque, celle dont trop de personnes subissent les horreurs.

Le terrorisme a remporté plusieurs manches, en tuant, massacrant, pillant, terrorisant, mais il a surtout survécu aux répressions, s’est exprimé avec haine et pire… l’a enseignée.

Nous tous qui savons du monde ses beautés, sa fragilité et qui avons pu rêver durant quelques trop courtes décennies d’une humanité meilleure, sommes forcés de constater que ce rêve a peu à peu disparu au fil des atrocités commises, dont certaines ont marqué un point de non retour.  Des limites ont été franchies et une fois qu’elles le sont, la vie marque deux temps:  celui d’avant et celui d’après.

Nous engendrons les post-humains, ceux qui arriveront à oublier la laideur des conditions générales de l’humanité par ignorance de la beauté.

Nous sommes et serons de plus en plus prisonniers d’un futur né de l’oubli, pour peu qu’il soit viable.

La vie passe devant nous, meurt sous nos yeux, secouée ou passive, assassinée lentement. Les enfants sont brisés, emportés par les laideurs dont on a accouché avant eux.

Tenons langage: ils sont tous victimes d’une humanité qui a failli à toutes ses promesses. Elle n’a pas eu le courage d’aimer. Pire encore, on lui a appris à calculer l’amour par soustraction et division, jusqu’à ce qu’il soit en déficit.

Que murmurent nos instincts ? Pourquoi sont-ils si déficients et destructeurs à la fois ? Qu’avons-nous omis de faire pour nous-mêmes afin qu’ils ne deviennent pas maîtres de notre destin, remplaçant la joie de vivre par l’exubérance névrotique, la confiance par le doute, l’autonomie par la peur, la bonté par les haines petites et grandes ?

Petits et grands chaos au menu sont maintenant réalité.

Et je tourne, tourne dans ma tête, ces souvenirs d’un monde qui rêvait d’amour, de paix et de bonheur.

Au lieu de cela, les automates du mal fauchent de belles jeunes fleurs au Bataclan et flétrissent tous les jardins de leurs amours.  Ils pulvérisent les moments de joie et de rassemblement à Nice.  Et il y a les autres, tant d’autres, qui ont péri, fauchés parmi les leurs alors qu’ils espéraient tout de la vie.

J’ai mis deux mois à trouver le courage d’en parler.  Je le fais par amour de la vie.   Je le fais parce que nous avons tous besoin d’espérer.

A coup sûr, le temps d’aimer c’est maintenant.

 

Elyan

Enorme câlin

http://www.centpapiers.com/nice-un-certain-soir-de-juillet/

Nice: l’homme cultivé dans un ventre des mères patrie

Nice

 

La nuit, tous les terroristes sont gris…

Babillages télévisuels et annonces d’un nouvel attentat partout dans le monde.  En toutes les langues. On en met plus que la demande du client, ce consommateur de nouvelles « fraîches ». Et tous les grands chefs de ce monde: Poutine, Obama, Hollande, Valls  ( qui, soit dit en pensant n’a pas la jugeote nécessaire pour être plongeur dans un restaurant,  Trudeau, et bien d’autres… Tous au premier plan des « bêtiseurs » destructeurs de sociétés, d’empires, tous hypocrites et falsificateurs. De grands joueurs d’échec malhabiles, mais accros à leur jeu aux discours au faciès cireux . La parade des empaillés ne s’arrêtera jamais.

Ce monstre est la construction de sociétés en voie de perdition. Une société qui dévore des romans et des films aux cadavres tellement déchiquetés que l’on retrouve une jambe en Norvège et une autre au Danemark. C’est l’art moderne du roman policier avec  sang, couteaux, aux tueurs plus intelligents que « la police ».  Des séries policières aux héros encore plus aliénés que les assassins qu’ils poursuivent. Séries de tueurs en série… La profondeur de nos sociétés a maintenant celle d’une flaque d’eau que l’on prend pour des océans.

Nous vivons dans un monde officiel aux valeurs qui dessinent des êtres comme dans les peintures de l’ère du pointillisme. Le tableau des cerveaux est tracé de par tout ce qui nous entoure et de par la vitesse ébouriffante et foisonnante. Nous vivons dans un état de surexcitation en  une sorte de Parkinson psychique. De quoi alors voulez-vous que ce plasma politique et économique engrosse les citoyens? Notre cerveau n’est malheureusement qu’un papier buvard assoiffé…

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es…

On parlera de pollution des lacs, des rivières, des océans, mais curieusement on parle peu de cette pollution psychique qui nous dérobe chaque jour ce monde meilleur promis depuis des siècles. Un esprit retord et ambitieux, – et souvent bien conformiste et naïf- fera autant de dommages qu’une âme grise et brisée: enlever des vies parce que les brésillés de l’âme sont à bout de souffle. On a râpé leurs nerfs. Dans un monde d’ambition obligatoire pour les bienfaits de la patrie et de tous,  nous avons construit une immense toile schizophrénique. . On se croirait dans un roman de Simenon où tous les ratés sont un peu fêlés. Aujourd’hui, ces petites gens  ont le loisir de se venger par de grandes causes par tous les moyens.

LIBERTÉ, FRATERNITÉ, ÉGALITÉ

On peut rigoler un peu en voyant ces trois mots: c’est le triumvirat de valeurs que nos dirigeants détruisent chaque jour. Il y a belle lurette que le ventre social des sociétés dites développées est pourri, en état de décomposition avancé, mais qui continue sournoisement d’infiltrer les esprits par une forme de propagande  formulée en mots mais pas en action.  Alors, ce n’est plus qu’une formule orwellienne.

Nous cultivons et entretenons le contraire. Cela se nomme illusion, mensonge, et 100 nuances de gris. Et si on vendait des choux et des carottes au lieu des armes?

On récolte ce qu’on s’aime…

Gaëtan Pelletier

Les sous-marins et les marins saouls

sous marin français

La France  est « fière de l’excellence technologique » dont ses entreprises ont fait preuve pendant cette sélection, précise l’Elysée. « Ce nouveau succès sera créateur d’emplois et de développement en France comme en Australie. » ( Le monde)  

34, 3 milliards d’euro. Et le sous-marin sera effectif en 2030.  Au Canada également nous avons notre industrie de l’armement qui vend des véhicules blindés armés à l’Arabie Saoudite: 3000 emplois en Ontario. ET ON NE TOUCHE PAS À CETTE RÉUSSITE DE CRÉATION D’EMPLOIS!  Même les libéraux n’y touchent pas.

On est menés par des « capitaines » qui dérapent du cerveau: trop d’eau. Des capitaines Haddock en série et l’éponge cervicale bouffie au whisky. Il se passe que pour « réussir » en économie, ou survivre, il ne reste qu’à produire des armes sophistiquées. On ne produit plus pour vivre, mais pour tuer. Et l’Australie, c’est le pays des boomerang.

Comme disait la vieille dans le film Je vous trouve très beau, la vieille répète toujours : « C’est qui qui est mort ».

Nous tous…

On a mis nos yeux dans le même panier…  Mais les dirigeants ont du champagne dans le regard: ça pétille. Pendant que le citoyen se demande: « C’est qui qui va mourir de faim avant 2030? ».

On ne fait pas mieux dans les formules cuites des annonces de « ventes historiques ». Tout est historique! Si c’était vrai, on serait déjà à nager dans le champagne au lieu du chômage. Au moins dans l’eau… Car de plus en plus, elle est pollutionnée . La bouteille est rassurante. On a vendu la bouteille et non l’eau…

Quand ma tant Yvonne fabriquait du pain et des gâteaux dans la petite boulangerie de mon village d’enfance, on vivait. Quand mon oncle, son mari, fabriquait des escaliers, du fer forgé, des armoires, on vivait. Mon père, qui était cuisiner en faisait vivre plusieurs. Et le dimanche, comme dirait Ferrat, on s’asseyait au bout de la table pour jouer aux cartes. Ces gens-là, les pauvres, se parlaient sans wi-fi.

Pour vivre aujourd’hui, il ne faut pas fabriquer des gâteaux et du pain, mais des armes. Il faut aller « en ville », dans de grandes usines qui ont une espérance de vie de 5 ans. On meure vieux, mais démembrés, tenus debout par une panoplie de médicaments.  Mais il reste encore beaucoup de ce genre de progrès à « faire ».

En 2030, les mannequins n’existerons plus. On les achètera en format robotique, Made in Japan.

Le bras sera construit au États-Unis.

La tête en Chine

Les muscles synthétiques en Russie.

Et le modèle sera en formats divers dessiné par un fabricant de meubles célèbre.

Ils vendront de la bière, des produits cosmétiques, des autos, et peut-être des tomates.

Mais il y aura au moins 2, 344 avocats qui s’occuperont des répartir les soumissions selon un ordre international en accord avec les accords. Si Goebbels  était encore de ce monde, il aurait vite saisi que la phrase la plus creuse est la plus efficace. Comme les sous-marins…

Gaëtan Pelletier

Kadhafi, mort ou vif