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La globalisatite

 

Je me suis rendu compte d’une maladie insidieuse et presque nouvelle : la globisalite. J’étais en train de me faire des soucis sur l’efficacité des trappes à souris. Ça fait deux fois que je me pince avec cette invention saugrenue. Avant, j’y mettais du fromage, mais les souris s’étant snobinardé, j’ai choisi cette année le Rivière Rouge. Depuis 25 ans, j’ai constaté que les souris deviennent de plus en plus intelligentes. Ça m’a pris 25 ans pour découvrir les trous et fissures énormes dans la cave de ma maison. Même avec Google, on n’y parvient pas.

 Alors, j’ai mis quelques gouttes de Bordeaux. Quand le fils vient à la maison, et qu’il laisse le fond de la bouteille, je suce le vin et le crache dans un gobelet à pilules. Je les vole quand je vais à l’hôpital, ainsi que les masques pour se prémunir contre tous les virus qui pourraient y circuler.

C’est avec ça que je ramone ma cheminée : aux frais de l’État. Quand je pense que tous les citoyens du Québec paient pour mon masque piqué à l’hôpital, je passe au confessionnal de l’église. Il n’y a personne. J’apporte caméra munie d’une enregistreuse vocale. Comme ça, rendu là-haut, j’aurai la preuve que je me suis lavé de mes péchés dans une coulée de mots mêlés de larmes.

J’envoie le fichier mp3   adieu.

Le Rivière Rouge

En 1869, quelques années seulement après la Confédération canadienne de 1867, le Canada achète la Terre de Rupert de la Compagnie de la Baie d’Hudson, y nomme un gouverneur et entreprend des opérations d’arpentage afin de diviser le territoire en cantons. Les Métis, qui n’ont pas de titre de propriété pour les terres qu’ils occupent depuis plusieurs générations, voient d’un mauvais œil cette intrusion : Louis Riel et ses troupes s’emparent alors de Fort Garry (Winnipeg) et décrètent un gouvernement provisoire. C’est la Rébellion de la Rivière Rouge, un événement historique qui a inspiré les artisans fromagers d’Agropur pour créer ce nouveau fromage demi-ferme. Lien

Mein Kampf

Je voudrais irradier de mon entourage, toutes les souris qui me creusent de soucis. J’avais bien compris, sauf une chose : quand je vois Sarkozy, j’ai envie de poser une hyper trappe. Il a une mine de rat.

Revenons à nos ronge-heures…

Ça fait partie des travaux d’automne.

Cueillir la récolte du potager

Fermer la piscine

Couper les framboisiers

Tailler la haie

Rentrer les chaises et tables de parterre

Rentrer le bois pour l’hiver

Changer l’huile du souffleur à neige

Ramasser les feuilles,

Etc,

Les premiers symptômes apparurent quand je me suis mis à réécouter les 4 Saisons de Vivaldi. J’ai gerbé sur le lecteur. Les saisons, au Québec, sont, dirais-je, mal définies. Tu mets des bas d’hiver parfois en juin et des bas d’été, parfois en novembre.

Chez le doc

« Je vais vous prescrire des (n)anti dépresseurs »

Il ne l’a pas dit, il a appuyé sur un enregistrement.

Je me suis dit que j’allais trouver la cause de mon malaise « by myself ».

C’est là que j’ai pris conscience que je m’inquiétais de la « guerre » en Libye, du patinage artistique de B.Obama,  des sables bitumineux de l’Alberta, de la disparition de la forêt Amazonienne, de l’industrie de la corruption, de la calamité des Somaliens, de Fukushima, de la bourse, de l’Euro, et de la Grèce dont les états financiers ont l’aspect des ruines que la planète chérit tant,  etc.

J’en passe.

Avant mon entrée dans le monde de la globalisation, j’avais des souris comme ennemis. Voilà que dans une certaine paix villageoise, j’avais été infecté par tous les poisons qui viennent m’investir l’esprit. Je sais que bientôt, je vais tartiner mon pain avec du sirop d’érable chinois.

***

Je suis retourné chez le doc.

Il a appuyé sur le bouton :

« Je vais vous prescrire des calmants »

Bof!

C’est en faisant de la médication transcendantale, par un vieux livre jauni directo du   »Maharishi Malesh » que je ne m’en suis pas sorti. Je vous laisse une phot0 du bonhomme.  Ce fromage des gens perdus…

C’est là que j’ai compris qu’il me fallait fuir, comme disait Laboritt, dans son éloge. En somme, c’est assez simple : plus il y a de gens en cellules qui entrent dans ton cerveau, plus tu t’inquiètes, plus tu flétris, t’assèche, plus t’es prisonnier.

Oui, tous les déserts du monde viennent investir la simplicité qui t’es due. Du sable à perte de vue.

Ne me reste plus, pour retrouver ma santé mentale, de trouver des avocats pour une action collective à l’ONU, au FMI, au BUSH.

Je me suis demandé longtemps pourquoi ils étaient si intelligemment fous.

Ces sont des drogués de la globalisation, des hyper-systèmes, mafieux à fleur de peau. Des brocanteurs d’armes. Des fabricants de vaccins et de maladies. Des génies de la machinerie. Ils machinent tout. On devient machinalement vôtre…

Pour prouver mes dires, je suis allé à la pharmacie. J’ai pris au hasard un médicament en vente libre contre les douleurs musculaires avec option « relaxant musculaire ». C’est la potion secrète des doctorisés : à forte doses le cœur s’arrête. Il est vraiment « relaxé »…

J’ai trouvé trois souris mortes l’an dernier.

Il ne me reste plus qu’à régler le sort du monde ou le mien.

La recette est la même : se déglobaliser.

Désolé de briser vos rêves de conquérants enfermés dans vos jobs débilitantes,  le grand plan d’être chacun de vous les empereurs du monde.

The globalisation dream!

L’avenir appartient aux petites communautés. Après l’horreur de la globalisation et du venin duquel nous sommes infectés, il nous faudra revenir à la santé de la cellule. Se débrouiller en petites communautés.

Reste le petit Chaperon Rouge

C’est un peu ça l’Histoire du « monde » :

 

 L’héroïne en est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui court à sa perte en donnant au loup qu’elle rencontre dans la forêt les indications nécessaires pour trouver la maison de sa grand-mère. Le loup mange la vieille dame en se cachant des bûcherons qui travaillent dans la forêt voisine. Il tend ensuite un piège au Petit Chaperon rouge et finit par la manger. L’histoire en finit là, sur la victoire du loup. Pas de fin heureuse pour l’héroïne, la morale de Perrault est sans appel. Wiki

Vous êtes de bonnes gens, vous voulez aider grand-maman. Vous lui donnez tout, mais c’est un loup qui ne veut pas le panier, mais vous bouffer tout rond.

L’impôt, les taxes, les TPS, etc, c’est les petits paniers que vos apportez à vos dirigeants. Et les dirigeants invisibles des dirigeants…

La meute est énorme et vous êtes bien petits. Et le panier n’est jamais assez rempli  pour les nourrir…

Gaëtan Pelletier

2011

La souriante euthanasie

Araignée

Le siècle dernier était celui du « consumer capitalism », produit dérivé du taylorisme : Produire à la chaîne et consommer comme le marketing le dicte. On a parlé du keynésianisme et du welfare state de Roosevelt. Mais aujourd’hui, ce modèle semble s’écrouler sous la pression de ses propres contradictions, cependant que se planétarisait la réticulation numérique. Celle-ci va provoquer dans les années qui viennent un processus d’automatisation généralisée où l’emploi salarié deviendra exceptionnel : les robots se substitueront massivement aux employés humains ! Bernard Stiegler

On a tous des araignées dans le plafond. Je sais que le « monde » se désagrège comme le plancher de ciment de la cave de ma maison. Grenailles par grenailles. Canailles par canailles. Car ce matin, c’était fin de session parlementaire… Si je ne m’abuse ou si je ne m’amuse, ça se résume en un mot: austérité.  Car ils parlementent tellement que la politique est un fond sonore. On dirait de la musique de film automatisée. Un bar la nuit, quand tout le monde est ivre.

Mais bon! Il y a tout de même du beau… Mais ce n’est pas dans les murs des parlements, là où la grande marée de saugrenus personnages de l’Histoire passe comme le bouillon sur la mer agitée de la Terre.  Le beau, c’est quand tu te lèves le matin et que tu vois des abeilles et des thons dans le potager. C’est le pote âgé qui regarde… Comme s’il avait enfin découvert la vraie vie. Car la vraie vie ne fait pas de différence entre le plant de pommes de terre, les abeilles, les fleurs, les films de Chaplin, et la bande de peintres gazouillant du pinceau le long du Saint-Laurent pour enfermer les paysages. La plupart sont pourris, mais ils sont habillés en artistes. L’habit ne fait pas le moine… ne fait pas le moi, ne…

Alors, faut-il se plaindre des coureurs de fortunes, de plats à la mode, de cuisine nouvelle, de toute la charpenterie qui a sculptée la petite bourgeoisie qui, au fond, alimente cette belle saga d’une euthanasie aux regards délirants et assurés ? La certitude fait plus de victime que les guerres… Et la foi, on n’en parle plus… Si le ridicule tuait, 80 % des politiciens seraient morts. Mais plus encore: si le ridicule avait gangrené une partie de la population attelée au grand chariot de la foi en l’athéisme?

À croire aux délire des politiciens, à croire aux délires des hommes d’affaires qui « nourrissent » les population de leur « développements créateurs de richesses », on serait peut-être mieux de se tourner vers la nature et admirer les saisons qui passent, les arbres morts qui sont le compost des autres. J’ai un grand sourire en coin devant l’outrecuidance des gens formatés aux grandes réussites… ratées.

***

Ce midi, en ouvrant la télé, je vois un type en train de monter un hamburger deux fois plus gros que celui-ci: Poutine Burger On dirait l’arme de destruction massive des étasuniens.  Intellectuellement, c’est de ça qu’on se nourrit. Abondance! Mais laquelle? Quelques heure plus tard, je fais un tour sur le net: intellectuellement, c’est le hamburger intello, tout en mots, essayant d’analyser le « monde ». C’est d’une abondance à se sabrer le souffle. On ne peut pas tout lire sans être endommagé intellectuellement et spirituellement. Car l’intellect a pris toute la place comme une sauce chimique.

Il y a quelques années, on parlait de moutons… Comme si on se laissait faire. C’est être ignorant de la capacité à mouler les esprits. On n’apprend plus à être critique, mais à être croyant. Le cuisinier a la meilleure recette parce qu’il est diplômé en cuisine.

Tuer l’authenticité et le pouvoir d’être ce qu’on est, c’est une euthanasie sournoise. Et comme la plupart des gens, je refuse d’être euthanasié « vivant ».   J’ai toujours refusé d’être euthanasié et finir comme Frankenstein de Mary Shelley. Avec deux tube dans le cerveau…  Je suis prêt à mourir, mais libre. Libre de penser, libre d’écrire une chronique à la fois amusante, fofolle, mais bien sérieuse.

Les caricaturistes ne dorment jamais.

J’ai un projet pour demain qui changera le monde: semer un rang de laitue et de fèves. Les grands projets détruisent et les petits construisent.  C’est pas un rang social, mais c’est un rang réel.

La vie, comme l’argent, devrait demeurer « réelle ».

Gaëtan Pelletier

Juin 2015

Yoga et G7: la position de la salutation aux soleils

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La pollution visuelle concerne toutes les nuisances qui peuvent gâcher un espace, un paysage. Dans un sens plus large tout ce qui contribue à dénaturer un environnement. Ouikipedia 

Vous voyez cet homme, sans gêne, qui pratique son yoga? On ne voit plus rien du paysage…derrière.   Le G7 devrait interdire le yoga et maintenir le train de vie occidental. Ça vous barbouille un paysage. Le monsieur doit être citoyen grec : il a été dépouillé de ses vêtements.

Mais il y a de l’espoir.

Pendant ce temps, en Allemagne, le G7 a pris la ferme résolution de réduire les  GES :  « 

Pour y parvenir, précise le texte, il faudra, d’ici à 2050, une réduction « des émissions mondiales de gaz à effet de serre » se situant « entre 40 et 70 % par rapport à 2010 ». ( Journal  Le Monde ).  « 

Comme le chantait Dalida : « Promesse, Promesse » et pro-messe. Des pros de la messe. C’est cérémonialement (sic) beau et touchant comme un roman Harlequin,  mais d’une microscopique efficacité. Comme disait McClane dans Piège de cristal  2, : « On nous prend pour des Stevie Wonder.

G7? On devrait dire Les 7 cavaliers de l’Apocalypse  . Bon, je sais, il n’y en a que quatre, mais je soupçonne qu’il y en ait trois qui soient des « imitateurs ».  Comme disait San-Antonio dans son romans Meurtres en chéries… ( de mémoire).

***

« Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

Ces « grands » croient en la croissance infinie… On dirait des jumeaux de « travail ». Mais ils sont pour la plupart à CDD: contrats à durée déterminée. Ou à terminer la durée… Pour l’heure, les peuples sont des cadavres blanchis à la chaux. Ils n’ont pas parlé de la Chine en train d’étouffer sous la pollution. Mais la Chine ne semble pas faire partie du G7. On devrait déclarer le pays « jaune sinistrée ». Mais non, on s’en prend au pauvre Vladi Mir.

Mais là où mon cerveau se gratouille  le doigt c’est  … comment faire périr autant d’humains par les guerres et parler de pollution? On dirait qu’ils se tiennent comme les 7 doigts de la main. Je sais, c’est cinq. Mais à moi aussi on m’a appris à mentir.

Quand Monsieur de Hollande, ou le farfadet Sarko, prétend et prétendra que c’est « réaliste », il faut se gratouiller la tempe avec un doigt et le bon…  D’ici 2050 ils seront tous morts mais nos enfants et petits enfants tous vivants.

C’est bien de parler pollution. On en parlera encore en 2050. Tous les Stevie Wonder le savent. Il n’y a que les visionnaires du G7  pour nous jouer du clavier en choisissant les blancs et les noirs. C’est pas de la politique, c’est du piano. On sait bien qu’ils ne feront pas de miracles puisqu’ils n’en ont pas fait dans le passé.

Le paysage enchanté 

J’ai dû trop visionné de ces documentaires sur Hitler… Agela et Barack

On dirait le nid d’aigle de l’ancien dictateur. C’est beau à couper le souffle! … Et si on ne fait rien on aura le souffle coupé.  Je ne sais si elle raconte ( Mam Merkel ) une histoire de pêche: « J’en ai pris une longue comme ça ». Mais bon! À moins qu’ils se plaignent tous les deux du gars qui fait du yoga. À la prochaine réunion on parlera de pollution visuelle… On en aura jusqu’à l’an 3015. En attendant, le cowboy beige prend tout le banc. Mais le paysage est si beau! Une pub publique… Ça a l’air improvisé… Mais ça doit être le travail d’une équipe …que nous payons tous, pour le paysage, les acteurs, et la prise d’écran.

***

Moi aussi je pratique le yoga. Et je comprends le type sur la montagne… On ne sait pas s’il salue  » les soleils », ou s’il fait un doigt d’honneur aux fabulateurs.   Les propos de Mam Angela, ce n’est peut-être pas une histoire de pêche…

Gaëtan Pelletier

Juin 2015

 

Les détrangers

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En France, en droit du travail, un contrat à durée déterminée (CDD) de droit privé (pour la fonction publique les CDD sont de droit public) est un contrat de travail pour lequel un employeur (société, entreprise) peut recruter directement un salarié pour une durée déterminée, car la cause de cette détermination, de la date ou l’échéance, de fin de contrat est prévue explicitement par le Code du travail.  Wikipedia

Les mexicains viennent travailler au Québec avec un CDD dépendamment des choux, des navets, de la laitue romaine… Désormais, en France, au Canada, et dans un pays pas loin de chez-vous, nous travaillerons tous en CDD, selon les navets élus. Nous serons tous « à la pige »… L’économie a aussi sa valse météorologique: d’une élégance s’apparentant la danse transcendante d’une abeille cherchant une fleur pour le nourrir. Il ne restera que le chiendent…

On s’est fait plumés comme des dindes… Et avec les plumes qui nous restent, on s’ouvre un blog, ou on s’amuse à détresser la grande folie mondiale des singes à mallettes. Pendant qu’on trouve trois vérités, on nous bâtit 1000 mensonges. Alors, ce sont des bâtisseurs… On se le fait dire. Goebbels avait ses slogans et il était cru. Cru c’es Sushi sous ça!. Cuit, ce serait mieux. Mais qui donc est prêt à faire flamber un « géant » à la joue luisante de banquier? Ou un de ces grand jours de paris de pétrole?

Non, ce n’est pas l’heure. On n’est pas encore assez à bout. On l’est, mais on a tendance à croire en la bonté et à la bonne foi des dirigeants dirigés.  À force de faire le saint pour son pays, on est crucifié. On est tous des Jésus! Mais on nous habille bien, et on nous vend des maisons 5 fois le prix de leur valeur réelle. Le marché ne nous fait pas marcher, il nous fait courir.

Marathon donc! C’est si beau d’être en forme, le matin, suintant dans son auto-mobile pour aller jouer dans une cage dorée, la poupoule qui donne ses œufs sans faire de bruit ni de poule à travers les nids de poules de la rue Cancrelats.

On aura tous le nom d’un mot de passe: CDD: matricule 236-1BZ*.

Slowly but surely! Lentement mais sûrement.  Poussé à pas de loup par les loups de tous les loups.

On est maintenant des itinérants en  puissance impuissance.   Tu t’achètes une nouvelle maison? … Tu ne pends pas la crémaillère mais un banquier gélatiné du cerveau et de l’âme. Un de ces âpres religiosé à la saveur du 21 e siècle. Un nègre à chemise blanche comme la robe de Marie. La mère de j’ai su…

C’est l’avenir! Mais c’est le présent. Le présent  « cadeau ».

Nos maisons seront sans doute toutes mobiles. On rencontrera des gens. On se fera des amis de 15 minutes. Andy Warhol l’aurait dit…  Facebook ou Walmart…

Demain, c’est vraiment beau! Dommage que je sois né hier. J’ai tout raté. J’ai raté mon audition à  » The  Voice », ou La Voix au Québec. À voir tout ce monde chanter et rêver, il semble que personne ne veut plus semer de carottes. Ni planter de choux. On veut être adulés… Et sans efforts… Comme les oiselets qui chantent le matin près de ma maison en hurlant qu’ils ont faim. Ils volent les vers de mon jardin, mais pas ceux des poèmes…

« Meursault, pour moi, n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde parce que tenace, l’anime : la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais possible. »

Il est vrai que lorsque les robots auront pris notre place, on aura tout le loisir de chanter sous la douche froide d’un monde étrange. La « voix » éteinte par cette nouvelle ère de ce monde qui parle et s’exprime, se reconnaissent sans vraiment se connaître.  Un monde ou on sera des détrangers : on accepte de se laisser mourir pour le mensonge. Camus a sculpté un Meursault qui acceptait de « mourir pour la vérité ». Nous voilà dans un monde où l’on force tout le monde à vivre…

Gaëtan Pelletier

4 mai 2015

En Alberta: « L’ avènement d’une humanité… inhumaine « 

A Fort McMurray, en Alberta, Canada, se déroule un des désastres écologiques de la planète : de monstrueux chantiers à ciel ouvert exploitent les immenses réserves de sables bitumineux. La romancière Nancy Huston, originaire de la région, s’y est rendue et témoigne. « C’est comme si je voyais l’avènement d’une humanité… inhumaine. »

Nancy Huston, célèbre romancière et essayiste, est originaire de l’Alberta. Dans le nord de cette province canadienne, d’immenses chantiers à ciel ouvert entourent une « ville champignon » : Fort McMurray. Les compagnies pétrolières, en exploitant les immenses réserves de sables bitumineux, rasent les forêts, polluent les sols, détruisent la faune et la flore. C’est un territoire gouverné par le pétrole et l’argent au mépris de la nature, des peuples. Au mépris de l’humanité.

C’est ce que dénonce le recueil Brut, la ruée vers l’or noir, chez Lux Éditeur. Les textes de Melina Laboucan-Massimo, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein et Rudy Wiebe se croisent et se complètent. Ils nous montrent l’ampleur de la catastrophe écologique du point de vue de chaque auteur. Reporterre s’est entretenu avec Nancy Huston. Une Interview à lire… ou à écouter.

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Nancy Huston, lors de la soirée de présentation du livre « Brut, la ruée vers l’or noir », le 27 avril 2015.

Reporterre – Vous êtes revenue en Alberta. Qu’avez-vous découvert ?

Nancy Huston –

 

Dire « revenir en Alberta », c’est très vague parce que l’Alberta est immense, plus grand que la France. Moi, je suis née au sud de l’Alberta et les installations pétrolifères sont dans le nord. Je n’étais jamais allée dans cette région. Mes grands-parents maternels habitaient la rivière de la Paix qui n’est pas très loin. C’est dans la région de l’Athabasca. Mais je ne connaissais pas la région même de Fort McMurray.

Et donc, je loue une voiture avec des amis. On roule pendant cinq heures et l’on découvre cette ville champignon qui a décuplé de population depuis le début des années 2000 en raison de l’extraction du pétrole. Fort McMurray est une ville terrifiante parce qu’elle est là pour l’argent. C’est véritablement la ruée vers l’or noir. C’est comme la ruée vers l’or à la fin du 19e ou au début du 20esiècle. C’est des hommes… uniquement des hommes, qui viennent du monde entier pour gagner beaucoup d’argent rapidement et repartir. Et ce que ça implique à chaque fois, c’est que les gens ont du mal à s’investir dans le lieu lui-même. Ils ont du mal à parler les uns aux autres. Ils ne parlent pas la même langue, ils ne viennent pas d’une même religion. Ils ne forment pas une communauté.

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Vue aérienne d’un chantier pétrolier au nord de Fort McMurray. Source : Google Earth

Fort McMurray est constituée essentiellement de centres commerciaux entourés de banlieues résidentielles extrêmement chères. Tout est cher : les restaurants sont chers, les centres commerciaux alignent des magasins de toutes sortes, mais tout est étrangement déprimant, étrangement désinvesti. Il n’y a de centre que pour le shopping. Il n’y a aucun centre d’aucune ville. La mairie elle-même est une sorte de bâtisse disgracieuse en brique marron. On peut aller de pubs en bars, parce que moi j’aime bien aller voir où les gens boivent. Et là où les gens boivent et en principe se rencontrent pour discuter, il est impossible de discuter parce qu’il y a des écrans partout qui diffusent des émissions très bruyantes de musique et de sport.

Donc, les gens jouent au billard ou ils boivent. Mais il est extrêmement difficile de se parler. De tous les lieux que j’ai visités sur Terre – et j’ai été dans tous les continents -, c’est l’endroit du monde où je me suis sentie le plus mal à l’aise. C’est comme si je voyais l’avènement d’une humanité… inhumaine. Une humanité qui n’est là que par rapport à une sorte de survie physiologique.

Que manque-t-il à Fort McMurray ?

La dimension spirituelle. Il y a des églises partout. Mais des églises qui ont le même type de publicité que les magasins, des affiches clignotantes proclament qu’il vaut mieux sauver son âme que réparer son toit. Des choses comme ça. Tout est pensé en termes de rentabilité.

Ensuite, il y a cette immense population : 100 000 personnes à Fort McMurray même et 30 000 autres qui habitent les camps de travail alentour, travaillant pour les quelque 55 compagnies pétrolières qui exploitent les sites d’extraction du pétrole. Au centre touristique de Fort McMurray, on peut, moyennant paiement, faire le tour d’un de ces sites en car. Nous l’avons fait.

Rouler trois-quarts d’heure et visiter le site modèle qui est celui de la compagnie Syncrude, ce qui veut dire « synthetic crude » : le brut synthétique. C’est ça qui est extrait de ces terres. C’est aussi apparemment lié à la Chine. Quand je dis que c’est un site modèle, ça veut dire qu’ils vont nous montrer une image merveilleuse et souriante de l’extraction du pétrole selon « syncrude ». Pendant quatre heures, on a fait le tour de ce site. On voit les forêts qu’ils essaient de replanter.

Moi, ça m’a fait froid dans le dos parce que je suis Canadienne et j’ai senti que j’étais en face d’une propagande exactement du même type que la propagande des pays de l’Est. Dans ma jeunesse, j’ai visité beaucoup de pays derrière le rideau de fer : depuis la Russie jusqu’à la Pologne en passant par la Bulgarie. Donc, je reconnais cette sorte de discours optimiste cynique qui dit que tout va bien dans le meilleur des mondes. Ils nous montrent les soi-disant « étangs », « tailings ponds », c’est-à-dire « étangs de rétention », remplis d’eaux complètement empoisonnées, résultant de l’exploitation des sables bitumineux. On nous montre que c’est vraiment bien contenu, ce n’est pas si grave que ça et qu’il y a toutes sortes de sons qu’on émet régulièrement pour effrayer les oiseaux, pour qu’ils ne se posent pas sur ces lacs et qu’ils ne meurent pas.

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Lac de stockage de produits toxiques dans le nord de l’Alberta, le 06 avril 2014. © Guy Oberson

Ce qui m’a le plus choqué dans cette visite était le discours sur les forêts. C’est comme si l’on disait en achetant un aquarium et en mettant trois poissons rouges, qu’on a reconstitué la mer détruite ! Une forêt est un écosystème extrêmement complexe. Ils ont arraché tous les niveaux de la terre, ils ont arraché les arbres, ils ont empoisonné les cours d’eau. Ils font comme si tout allait bien, que les oiseaux allaient revenir, que les animaux allaient revenir et vivre à nouveau là dedans. J’ai été effarée… j’étais glacée par le cynisme et la violence de mon propre pays.

Au travers de votre récit, vous rendez compte d’un changement de vocabulaire. Y a-t-il l’émergence d’une nouvelle langue ?

Il y a l’émergence d’une nouvelle langue. On dit « sables pétroliers » parce qu’on est censé être très fier d’avoir beaucoup de pétrole. Ce bitume sera raffiné et transformé en pétrole à terme. Mais pas chez nous, au Texas ou en Chine ou ailleurs. Le Canada exporte traditionnellement les matières premières non traitées, non retravaillées et c’est encore le cas ici. C’est le brut… vraiment très brut.

Mais cela rapporte énormément d’argent. On est très fier de ça. Mais le produit que nous extrayons de ces terres est incroyablement sale. Le mélange entre le bitume et le sable est une substance indiciblement complexe et qu’il faut traiter avec la vapeur sous pression pour séparer sable et pétrole. Cela relâche dans les eaux et dans nappes phréatiques des poisons qui vont avoir des effets meurtriers sur la faune et les humains, en aval de la rivière.

Quand des gens viennent de différents pays et différentes langues, il faut bien sûr inventer une novlangue. Donc, il y a une sorte de simplification à outrance de la langue anglaise. Et ce qui m’a aussi le plus sidéré là-bas, c’est des affiches, littéralement des panneaux d’affichage, qui disent« BE » : soyez. C’est le premier verbe, le verbe être, le dénominateur commun. Tout le monde peut connaitre ce mot-là en apprenant l’anglais. Et les gens, on les incite, on les encourage à juste« être ». Ça dit aussi « BE YOURSELF » : soyez vous-même… « BE, BE, BE, BE YOURSELF, BEUNIQUE » : soyez unique.

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Nancy Huston, romancière et essayiste, lisant le texte de Rudy Wiebe le 27 avril 2015.

Et bien sûr, le problème des hommes qui vont travailler là-bas, c’est exactement une difficulté d’être, parce que l’être humain devient soi-même par contact et interaction avec autrui. Notre cerveau à la naissance est incomplet et ne se développe que grâce à l’interaction linguistique et sensorielle avec d’autres êtres humains. Donc, si vous plongez des êtres humains à l’âge adulte dans un endroit complètement inconnu et très hostile… c’est un milieu où il fait froid, la température moyenne doit être de deux degrés. Il fait très froid en hiver et les hivers sont longs. Que devient un être humain dans ces conditions ?

On travaille souvent 12 à 15 heures par jour, 7 jours par semaine pendant 2 ou 3 semaines d’affilée et ensuite on a une semaine de repos. Si l’on n’habite pas trop loin, si l’on habite seulement au Texas ou à l’est du Canada, on peut rentrer pendant une semaine. Si l’on habite à l’autre bout de la terre, on reste sur place et on regarde la télévision. Les hommes sont drogués. Pendant qu’ils travaillent, ils ont des casques pour se protéger du bruit épouvantable des machines qu’ils sont en train de manipuler. Ils écoutent de la musique, j’imagine, tonitruante dans leurs casques du matin au soir. Ensuite, ils vont boire un verre et reçoivent encore des bruits des écrans. Dans leur chambre, ils ont une télévision et ont accès à internet. Ça devient une vie virtuelle de A à Z.

C’est comme si la réalité pouvait être mise entre parenthèses pendant des années. Ils restent deux ans, trois ans. Ils gagnent beaucoup d’argent, mais ça coûte très cher aussi de vivre à Fort McMurray donc ils ont tendance à prolonger leurs séjours. Ils se déconnectent complètement de leur vie là-bas. Leur corps de jeune homme avec ses besoins de jeune homme, que devient-il ? Et bien, il y a des boites de strip-tease,des prostituées. J’ai entendu dire qu’on faisait venir, pour des occasions spéciales, des prostituées depuis Edmonton en avion pour assouvir les besoins des… peut-être pour les boss et non pas pour les travailleurs, je ne sais pas.

« Be » est inscrit partout. Mais finalement, « être » renvoie à « posséder » ?

Ça se confond, être et avoir. C’est comme si l’on ne pouvait pas imaginer qu’il y ait une autre fonction dans la vie que d’avoir de plus en plus d’argent, d’être sûr de gagner assez d’argent pour envoyer ses enfants à l’école, à l’université. La vie devient entièrement un calcul de fric et rien d’autre. Les galeries d’art… bon, je veux bien que ce soit impossible dans une ville aussi récente et dans une région aussi ingrate de donner naissance à de grands artistes. Je ne suis pas naïve. Mais ce qu’on appelle des galeries d’art, c’est très comique. Ils ont des crochets, des ouvrages de crochets et de broderies qui montrent des camions. Ces camions gigantesques qui sont grands comme des immeubles de deux étages et dont ils sont très fiers.

C’est une sorte d’appauvrissement, d’abêtissement, je n’ai pas envie de dire bestialité parce que j’ai trop de respect pour les animaux. C’est une mécanisation de l’être humain. C’est comme si l’homme était en train de se transformer volontairement en machine, de faire partie de ces camions et de ces excavateurs qui arrachent la surface de la Terre. Quand on les regarde, c’est comme si l’on voyait des dinosaures. Et l’on voit les hommes qui se mélangent à ces corps mécaniques de dinosaures et qui détruisent leur propre maison, leur propre terre.

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Site minier du nord de l’Alberta, le 06 avril 2015. © Guy Oberson

Les gens ont-ils conscience de cette destruction, de la catastrophe écologique ?

 

Je ne peux pas généraliser sur les Albertains parce que j’en connais peu. Les gens avec qui j’ai discuté là-bas n’avaient pas l’air plus inquiets que ça. Je sais qu’il y a de plus en plus de mouvements écologistes, notamment les communautés autochtones, mais pas seulement, qui protestent.

Mais autour de moi, c’est vrai, à Calgary, à Edmonton, les gens avec qui j’ai discuté prenaient ça à la légère. Ils avaient l’impression… on aurait dit… que les écolos, c’étaient : ou des doux dingues ou des manipulés par les gauchistes, voire par les pays arabes. Le but de l’opération est de remplacer l’Arabie Saoudite comme premier fournisseur de pétrole des États-Unis. Donc, on est très fier de cette mission, nous les Albertains, et l’on ne voit pas plus loin que le bout de notre nez.

– Propos recueillis par Lucas Mascarello


- Brut. La ruée vers l’or noir, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo, Rudy Wiebe, Lux Editeur, 112 pages, 12,00 €

http://www.reporterre.net/En-Alberta-l-avenement-d-une

Chittagong: vivre de bateaux morts

South-east of Bangladesh, in the Bay of Bengal near Chittagong. Young workers reaching their ship in the morning. Shipbreaking is a controversial industry. The positive economic and recycling impacts are counterbalanced by the Human and Labor rights violations and Environmental pollution. It is considered that 100.000 workers worldwide are employed in shipbreaking. Greenpeace and FIDH have among others been pointing this industry as being the deadliest one in the world.

J‘avais écrit ce petit article en 2012, je crois. Ce soir, à TV5 on retrouve un reportage sur ce « scandale ». Salaire 5 euros par jour. Très bien payé. Et selon le reportage environ 20% des travailleurs sont des enfants. Ce que nient les propriétaires.  

Reste que dans tout ça, l’Occident et autres pays « riches » se débarrassent de leurs carcasses de flottes maritimes pour « rien ».  

***

À Chittagong au Bangladesh, nous pouvons retrouver le plus grand cimetière de bâteaux. teau au monde. D’immenses pétroliers et autres bateaux gigantesques, sont échoués partout sur les plages. Plus de 20 milles ouvriers y travaillent à dépecer ces énormes machines pièce par pièce .On les appels les Briseurs d’épaves. Malgré le fait que l’histoire de ses ouvriers reste très caché par les autorités il y a beaucoup de controverses autours de ses ouvriers maltraités.

Ses ouvriers travaillent sous une température d’une chaleur épuisante et ne portent pratiquement pas de protections. Ils n’ont que des sandales en caoutchoucs dans les pieds, s’ils ne sont pas pieds nus. Ils n’ont que des vulgaires bouts de tissus sur le corps et ne portent ni gants, ni casques, ni lunettes protectrices. Pourtant les matériaux avec lesquels ils travaillent  sont hautement dangereux .

Selon plusieurs rapports publiés par des ONG, il y a en moyenne 1 blessé grave par jours et un mort chaque semaine. Ils meurent suffoqués, écrasés, ou brûlés par des explosions trop fréquentes. Beaucoup de travailleurs sont des jeunes adolescents qui habitent sur les chantiers. Ils doivent ramasser de l’argent pour leurs familles dont ils sont éloignés depuis un très jeune âge. Les travailleurs sont payés un peu moins d’un dollar par jours ce qui est considéré comme un bon salaire au Bangladesh.

Les dirigeants gardent ses faits cachés et les journalistes sont leurs pire ennemies .Pour pouvoir entrer sur les sites certains journalistes doivent soudoyer les agents de sécurités en leurs donnant quelques dollars qu’ils acceptent rapidement. Le marché de l’acier des bateaux compte comme 80% des besoins du pays et est utilisé pour construire des ponts et des bâtiments. Le Bangladesh à un urgent besoin d’acier c’est pourquoi les autorités du pays laissent entrer des bateaux pollués bourrés d’amiantes qui tuent des ouvriers sur le coup ou à petit feu.

Heureusement, l’organisation du travail a lancé un projet pour instaurer de meilleures conditions de travail d’ici 2015,mais pour les aidés il serait important de faire des moyen de pression ou simplement contacter des leurs des gants ou des botte de travail ce qui pourrais leurs sauver la vie car en attendant 2015 il sera déjà trop tard pour plusieurs de ces travailleurs.

http://multimedia.cyberpresse.ca/bangladesh/index.html

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Il s’agit d’une cité de recycleurs de bateaux (shipbreakers). Lorsque des bateaux vont mourir ( des gros bateaux de plusieurs milliers de tonnes) ils viennent s’échouer ici. Le cimetière est visible dans Google Maps.

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Excellent reportage et précisions à l’adresse qui suit

http://www.zeppelin-geo.com/galeries/bangladesh/shipbreaking/shipbreaking_texte.htm

Reconstruire la souveraineté des Etats face aux multinationales

Depuis le 22 avril, plusieurs pays d’Amérique latine (Bolivie, Cuba, Equateur, Nicaragua, République Dominicaine, Saint-Vincent et les Grenadines, Venezuela) se sont associés pour créer une « Conférence permanente des Etats latino-américains affectés par les intérêts transnationaux ».

Ces dernières années, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela se sont engagés dans des conflits de forte intensité contre plusieurs entreprises multinationales (Exxon Mobil, Murphy Oil Corporation, Perenco, Conoco-Philips, etc.). En jeu, la renégociation des concessions d’exploitation de leurs ressources pétrolières et naturelles par celles-ci.

C’est notamment au sein du Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), organisme rattaché à la Banque mondiale en charge de l’arbitrage des conflits entre Etats et entreprises en matière de droits des investissements, que les disputes se sont déroulées. Mais las de cet organisme trop favorable, selon eux, aux investisseurs privés [1], ces pays l’ont quitté (respectivement en 2009, 2007 et 2012) pour impulser la création d’instruments régionaux de consultation et de gestion des conflits avec les entreprises multinationales des pays du Nord.

C’est dans ce contexte qu’ils ont organisé à Guayaquil (Equateur), en présence de représentants officiels invités d’Argentine, du Guatemala, du Honduras, du Salvador et du Mexique, cette première Conférence.

Celle-ci a permis de définir, dans le cadre de sa Déclaration finale, le périmètre d’action et les perspectives de l’initiative. Le document fondateur indique que, dans le contexte de la mondialisation, « les pays en développement (disposent) de ressources précieuses qui doivent être utilisées de manière soutenable pour le développement de (leurs) populations ». Il signale également que la période récente « a montré la persistance de cas flagrants de violation du droit international et de la souveraineté des Etats » (par des firmes transnationales). Enfin, les pays signataires considèrent que « plusieurs processus de négociations bilatérales avec des firmes transnationales sont actuellement en cours qui demandent une assistance solidaire entre les Etats de la région afin que ces négociations aboutissent à des résultats bénéfiques pour les peuples du Sud ».

Sur la base de cette analyse, ils s’engagent à soutenir la création, au sein de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), d’un « mécanisme régional de résolution des différends en matière d’investissement qui garantisse des règles justes et équilibrées lorsque surgissent des conflits entre firmes et Etats ».

Par ailleurs, ils proposent la création d’un Observatoire international sur les contentieux en matière d’investissements dont les objectifs seront multiples : activité de veille au niveau international, production d’analyses et de recommandations pour les Etats faisant face à un différend avec une multinationale, réflexion sur la réforme des organismes existants, mutualisation des expériences et des avancées juridiques en matière d’arbitrage dans les conflits commerciaux, création de mécanismes de coordination et de consultation sur les systèmes juridiques entre Etats latino-américains, élaboration de stratégies communes pour les Etats face aux multinationales, mise en place de mécanismes de sollicitation des mouvements sociaux, etc.

Enfin, il s’agira de proposer la mise en place « d’espaces de coordination générale des pays du Sud » sur l’ensemble de ces questions au niveau du G 77 + Chine. Et ce, de sorte à consolider un rapport de forces entre ces pays et les multinationales dans tous les espaces institutionnels multilatéraux : Nations unies, Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, etc.

Faisant écho à cette initiative qui vise, dans le cadre d’une coopération collective, à redonner des marges de manœuvre aux Etats et à la souveraineté nationale face aux multinationales, les mouvements sociaux latino-américains ont adopté, le 9 mai, une « Déclaration des mouvements et organisations sociales sur les propositions de la première Conférence permanente des Etats latino-américains affectés par les intérêts internationaux ».

Celle-ci affirme : « Nous pensons que les Etats nationaux doivent non seulement avoir l’obligation, mais également la pleine liberté d’établir et d’appliquer des législations et des politiques publiques favorables aux populations et à l’environnement, et ce en complément de leurs obligations en matière de droits humains, sans devoir subir la menace d’actions ou de revendications du capital transnational  ».

Et d’exprimer une solidarité avec les objectifs affichés par les gouvernements et leurs propositions (notamment la création de l’Observatoire international). Le document précise toutefois : « nous ferons preuve de vigilance pour que l’ensemble se concrétise, et de manière à ce que cette initiative ne se limite pas à la question des multinationales privées, mais concerne également les entreprises multinationales d’Etat  ». Cette position indique la préoccupation de ces mouvements sociaux quant à la stratégie des entreprises publiques de ces pays – ou celles d’autres pays du Sud (Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud, Inde) – dans le domaine pétrolier et minier notamment.

Quoi qu’il en soit, voici qui devrait inspirer tous ceux qui, en Europe et ailleurs, souhaitent reconquérir du pouvoir face aux forces du capital.
Source

http://au-bout-de-la-route.blogspot.be/2013/05/reconstruire-la-souverainete-des-etats.html