Archives mensuelles : mai 2014

Ennui mortel

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Gaëtan Pelletier

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L’histoire des Irlandais au Québec

La fête des Irlandais remonte à la nuit des temps. Ce peuple durement malmené par l’Angleterre au cours de son histoire s’est bien intégré à la nation québécoise depuis les débuts, il y a 400 ans. Ces filles et ces filles du trèfle sont des gens vaillants, rieurs, colériques et fêtards. Leurs contes, leur musique et leur culture ont enveloppé la société québécoise.

Ils ont toujours entretenu des rapports privilégiés et très étroits avec les Écossais, ces descendants directs des Vikings. Ils ont vécu et partagé la même répression et la même persécution anglaise depuis la nuit des temps.

Les Irlandais et les Écossais ont entretenu pendant plus de 700 ans des relations privilégiées avec la France. Marie Stuart (1542-1567) fut reine de France et d’Écosse. La nationalité française était automatiquement accordée aux Écossais et aussi aux Irlandais. L’immigration et les mariages mixtes sont courants. Les Irlandais et les Écossais sont en majorité catholiques et ils parlent français. Ces « exilés » furent particulièrement victimes de sévères répressions des Anglais sous Olivier Cromwell et Guillaume d’Orange. La victoire de Guillaume d’Orange (1690) a entraîné la fuite de 30 000 officiers et soldats irlandais vers la France. Ils sont surnommés les Wild Greese (oies sauvages)!

Même chose pour les Écossais. Ils furent dépossédés de leurs terres, de leur culture (langue, kilt) et durent s’expatrier et faire alliance avec la France et les Irlandais. Une grande mixité s’ensuivit entre les Irlandais et les descendants directs des Vikings (Les Écossais). Seulement un préfixe différencie souvent le nom: MacDonald – McDonald.

Ils épousent des Canadiennes!

Dès les débuts de la colonie de la Nouvelle-France, la population irlandaise et écossaise a été  composée de réfugiés, de colons, de soldats et d’officiers. Majoritairement ces officiers et soldats sont catholiques et parlent français. Plusieurs ont épousé des Canadiennes. On les retrouve au Canada depuis les débuts. Abraham Martin était écossais, le Chevalier Johnstone est irlandais (Johnson),  Ramezay le gouverneur (Ramsay) est irlandais, Louis Riel (O’Reilley) est irlandais.

Sur les plaines en 1759 et en 1760, on les retrouve des deux cotés de la barricade. Plus tard des garnisons entières s’établiront à Québec et marieront des Canadiennes. Les deux premiers gouverneurs : Murray est écossais  et Carleton, irlandais.  Les huit premiers maires de la ville de Québec sont irlandais et plus tard, trois grands premiers ministres du Québec seront irlandais (Johnson).

En 1847, les Irlandais représentent 43% des citoyens la ville de Québec. Majoritairement catholiques, de nombreux Irlandais ont épousé des Québécoises et des Québécois avec la bénédiction du clergé.  Cette mixité a sans aucun doute favorisé la renommée de la ville de Québec qui regroupe « les plus belles filles de la province ».

Un apport considérable

L’apport de la société irlandaise à la culture française est considérable. En 1815-1817, un grand nombre d’Irlandais émigrent vers le Canada.  Plusieurs s’installent à Québec, dans les banlieues (Saint-Colomban, Sillery, Montcalm)  mais la majorité s’installent et fondent des villages : Stoneham, Tewkesbury, Valcartier, Shannon.

En 1832, la ville de Québec est peuplée par 32 000 habitants, 8000 sont irlandais!

En 1845, l’Irlande, alors peuplée de 8 millions d’habitants, «subit» la grande famine provoquée par une contamination volontaire de la pomme de terre. Un million de personnes meurent de faim. Un autre million est condamné à  l’immigration forcée par bateau. L’Irlande n’atteindra jamais plus les huit millions d’habitants. Sur une période de deux ans (1844-46), 100 000 immigrants irlandais arrivent au Canada. Québec est la porte d’entrée. Les Anglais qui sont les propriétaires terriens, voient dans cette immigration forcée une solution idéale pour se «débarrasser» de la question de l’Irlande du Nord et en même temps, régler le problème de la révolte et du déséquilibre ethnique dans sa colonie canadienne.

En 1847, 107 000 Irlandais partent d’Irlande pour le Canada sur 442 voiliers insalubres et impropres au transport des humains (c’est la destination la moins coûteuse). Le voyage dure huit semaines. Avant d’arriver à Québec, le typhus tue 4429 personnes en mer. On les balance par-dessus bord. En arrivant à Québec on enterre encore 1190 Irlandais morts sur les bateaux. 5424 mourront plus tard dans les baraques à Grosse Île.

De nombreux orphelins seront adoptés par les familles québécoises. Une croix celtique est offerte aux Québécois par l’Irlande en reconnaissance de leur solidarité. Il faut cependant savoir que dans cette purification ethnique, il mourra le huitième de la population de la ville de Québec en 1832 (4250).   Plus tard, 10 000 autres Québécois et 8000 Montréalais périront contaminés  par les trois autres épidémies successives de choléra et de typhus. Les plaines d’Abraham et le Mount Hermon servent  de lieu secret d’enfouissement. Le décompte des morts québécois demeura confidentiel et secret d’État jusqu’à nos jours.

Cependant ces événements coïncident avec la fondation en 1845 de la première compagnie de fabrication de cercueils à Québec. La Compagnie Germain Lépine Ltée en 1845. On donne un shilling comptant par corps que l’on empile dans un train de charrettes ouvertes. Les employés affectés au transport des corps semblent immunisés à cause d’une grande merveilleuse antidote: la bagosse!. On fait la navette entre les églises, les ruelles, le cimetière du «choléra» (Saint-Patrick) et les plaines d’Abraham. Les cloches retentissent en permanence et on craint que la population ne sombre dans la panique totale!

Les ravages causés par la maladie avivent les tensions ethniques à Québec. Tout comme les Hurons ont soupçonné 200 ans plus tôt les Français d’avoir introduit une maladie inconnue qui tuait les leurs, les francophones de Québec et le clergé pensent que l’arrivée de ces Anglophones «infectés» fait partie d’un stratagème imaginé par les autorités coloniales. Les événements coïncident aussi avec la répression de la  révolte des Patriotes (1837-39) et les grandes réformes qui suivent au Canada.

Bien des ancêtres irlandais

Aujourd’hui, on dénombre encore 40% de Québécois qui peuvent retracer un ancêtre irlandais. Plusieurs orphelins et adultes ont été accueillis par des familles québécoises, mais plusieurs ont aussi francisé leur nom pour éviter la discrimination anglaise.

Ainsi, les Carter sont devenus les Chartier, McGee-Mainguy, Sullivan-Sylvain, Leahy-Lahaie, O’Brien-Aubry, Moran-Morin, Cummings-Camane, Edmunds-Emond, Farnsworth-Phaneuf,  O’Gallager-Gallichan, O’Reilley-Riel, Clements-Clément, Morane-Morin, Martin-Martin. Plusieurs autres ont cependant conservé leurs noms, et ils ont laissé leur empreinte dans la ville. Les Fitzpatrick,  Maguire, Frasers, McMahon, Boswell, Price, Otis. Il y a aussi les Johnson, O’Neil, Hardy, Dunn, Moore, Hamilton, Macdonald, Bond, O’Connor, Rooney…

Le 17 mars, c’est donc la fête des fils et des filles du Trèfle et de la verdure. C’est aussi le défilé de la Saint-Patrick pour 40% de Québécois d’origine, mais aussi pour les autres 60% d’Irlandais d’adoption. Car le 17 mars, tous les Québécois sont irlandais dans leur coeur, à cause de la proximité des liens qui nous unissent depuis 400 ans. C’est l’heure de la bière verte, des rimes et des danses et des mélodies irlandaises. <I>When Irish Eyes are smiling<$>…

Pierre Lépine Sociologue, Ma, Ph.D

Québec

Oh What a World- Rufus Wainwright

What a World est un défi que c’était donné Rufus Wainwright en utilisant la trame du Boléro de Ravel.

Léonard Cohen lui avait déconseillé cette tentative. Toutefois, la chanson reste un « classique » et une envolée que certains trouveront lourde, mais d’une grande beauté.

 

Le Boléro n’est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prophétie. Il raconte l’histoire d’une colère, d’une faim. Quand il s’achève dans la violence, le silence qui s’ensuit est terrible pour les survivants étourdis. » (Le Clézio, Ritournelle de la faim, 2008)[41

Évolution

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Que faut-il faire avec les têtes dirigeantes?

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Décapiter la mondialisation…

🙂

 

L’invention de la roue

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L’Imposture de la Modernité par Pierre Rabhi

Sélectionné par Tchels0o, pour “Nos Libertés”, le 26 septembre 2011.

Je ne partage pas l’idée selon laquelle l’économie de marché a sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j’ai grandi, j’ai vu une petite société pastorale bouleversée par l’arrivée de l’industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l’enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s’abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n’avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J’avais 20 ans quand j’ai réalisé que la modernité n’était qu’une vaste imposture.

Je n’ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d’échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d’aliénation. C’est ainsi que je suis devenu “paysan agroécologiste sans frontières”. Depuis trente ans, j’enseigne en Afrique des techniques que j’ai d’abord expérimentées sur notre ferme ardéchoise. Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l’on a dit?: « Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d’arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides. » Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l’évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. « Tu n’as pas d’argent?? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte. »

Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines?; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Roumanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.

Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd’hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d’un modèle qui s’appellerait “un hectare, une famille, un habitat”. Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage. Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples.

Pierre Rabhi

Pour aller plus loin sur ce sujet on pourra consulter, notamment :
Le Blog de Pierre Rabhi
Colibris

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