Archives mensuelles : juillet 2017

Les « quelqu’un d’important »

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Décevant! Les gens simples, les artisans, les emballeurs d’épicerie, les couturières, les soudeurs, n’ont pas droit aux médailles des États.

Les soldats, si. Et la filière des liche-culs qui sabotent votre pays en vendant les terres, en vous faisant « embanquer » votre argent pour en faire plus avec vos petits bas de laines, eux, sont choyés pour avoir participé au développement de votre pays. Les parasites administrateurs, les grands (sic), de haut sur leurs échelle sociale, le purin politique, toute cette ferraille à paillettes, a droit à sa petite récompense en fin de carrière ou pendant carrière.

Quelqu’un d’important? 

C’est assez étonnant comme formule. Comme s’il y avait quelqu’un d’important. Important pour qui? Important pour quoi?

Par un beau vendredi du mois de juillet, alors que nous nous promenions le long du Fleuve Saint-Laurent ( là où les baleines noires sont en train de s’éteindre,  car il paraît que le temps Presse,  )  nous avons rencontré une dame qui vendait sa tente-roulotte. Son conjoint était cultivateur. Alors, en été, oublions les vacances et les dimanches. La dame nous reçut avec une belle gentillesse, pendant que le mari se promenait en tracteur pour nourrir le rat des villes. Elle voulait prendre des vacances, mais s’occuper des bêtes pour nourrir les gens ne permet pas de prendre des vacances.  S’il y avait eu une distributrice à médailles pour ces gens, j’aurais payé pour leur en  donner une.

Quelqu’un d’important, c’est quelqu’un qui s’occupe de poursuivre cette Vie, ce grand mystère, dans une belle simplicité. Dans les yeux de la dame, il y avait comme un tunnel au bout de la lumière.

Les médailles, c’est comme les biscuits qu’on donne aux chiens pour les récompenser  d’être des créatures de Pavlov: bien automatisés… Sans trop d’âme. Aimables, gentils, et soumis. Répétitifs et robotisés jusqu’à l’os après lequel  ils courent.

Gaëtan Pelletier

 

L’enfant luciole

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Le vent ciselait ses dunes, en vagues et en vagues
Au désert du midi avec ses ombres courtes
Le vent n’avait plus d’amis
Ni d’eau, ni de mer
Seul un sable rougi
Sous des pieds endoloris
Un enfant fuyait
Une ombre immense
Trop forte pour lui

Au désert de l’amour
Ne vivait que la guerre
Sur les vagues énormes
Nageait un enfant
Qui semait son sang
En gouttes prudentes
D’un long achèvement

Un soldat le suivait
D’un soulier délacé
L’ombre de son arme
Ramait le sable

Au désert de l’amour
Ne vivait que la mort
Chaque jour, chaque jour
S’en allait un enfant
Qui semait son sang
D’un proche achèvement

Un soldat le suivait
Sur un pointillé carminé
Vit les gouttes enfler
Et la tache sur le sable
La cible fière
Calma sa colère
Au désert de l’amour
L’arme parla, langue de plomb
Le cordon du souffle fut coupé
Et la cible au menu
Perdit son ombre toute menue

L’Univers tournait tel un grand boulier
Laissant aux Hommes le soin d’épouser
Les allées de l’amour
Les venues de la haine
À l’autre bout de la Terre, en été
Dans la nuit, sous la coupole ombrée
S’éteignit une luciole sous une cloche de verre

Au jardin de l’amour
Ne vivait que la Paix
Une luciole s’allumait
Sous les yeux émerveillés
Des enfants qui jouaient
Tard à la lune et de son clair
Laissait se mouvoir des points de lumière
Au sol agité par la vie qui coulait
Aux vagues rieuses des joues carminées
Pour un temps, pour l’heure
Selon les allées de l’amour
Les venues de la haine

Gaëtan Pelletier
14 décembre 2008

 

Les détêtés

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Demain, quand vous vous éveillerez, votre vie sera changée – ou restée la même- par une armée de corniauds bureaux-blattes. Ils accomplissent leurs tâches. Ils rentrent lessivés en ayant – sans le savoir – lavé tout le monde.

Le corniaud à bureau est une espèce translucide, pouvant se camoufler parmi les bonnes gens. Il ne pense ni ne raisonne: c’est une dent de roue de bicyclette, ou plutôt une chaîne.  Il remplira des formulaires, il s’accrochera aux règlements. C’est son boulot. Son boulot qui ne consiste pas à humaniser mais à sculpter, par l’infime pixel qu’il est dans la toile de la vie, les moutures idéales pour les pouvoirés.

Personne ne vote pour les nouveaux maîtres du monde. Ils sont fantômatisés dans l’immense toile des travailleurs. Tout ce qu’ils font, et qu’ils le sachent ou non, c’est d’entretenir un brouillard constant. C’est un otage de l’avoir central et du pouvoir délocalisé.

Le plus grand dessin du monde, le plus réel, le plus fatidique, le plus mortel, est de voir apparaître un monde de clochards et de mendiants dans le monde du travail. Si avoir le choix est synonyme de liberté, n’avoir pas le choix est celui d’être esclave tout en l’ignorant.  C’est là tout le secret et l’astuce de la propagande actuelle: elle est fabriquée comme une image de télévision 1080 p.

Qui donc a quelque chose d’autre que les mots pour se révolter? Le réel est acheté et une mécanique mise en place pour faire perdurer un système auto destructif et éclaté.  Il est même automatisé. Il est même automatisé. Il est même automatisé.

Gaëtan Pelletier

Une misère répertoriée

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Après avoir fait part de mon inquiétude hier, sur les intentions libérales de porter un coup bas aux petites pensions et, mieux encore, de raboter les taux des pensions de l’Etat qui touchent aux échelons inférieurs (les autres, celles des grands commis et des régimes parlementaires et mandataires divers ne seront pas touchés), il serait mal venu de ma part d’oublier ceux qui du chômage ou du régime maladie, chassés par d’autres mesures libérales, finissent dans les couloirs et bureaux du CPAS, à quémander une assistance.
Je ne voudrais pas jeter l’opprobre sur le personnel qu’on y côtoie, en général celui-ci fait ce qu’il peut, tout en respectant les consignes et les règlements, mais pour la plupart, vu le système de recrutement et le manque de formation, n’importe quel enquêteur digne de ce nom ne pourrait faire qu’un seul constat : l’accueil et le suivi des demandeurs sont une catastrophe dans la plupart des CPAS, surtout des grandes villes.
Vous remarquerez que les grands journaux prompts à enquêter un peu partout dans le croustillant qui fait vendre ne s’aventurent pour ainsi dire jamais dans ce secteur.
Comment on y recrute le personnel ?
Une de mes relations – je peux en parler attendu qu’elle a quitté ce bas monde – titulaire d’un master de l’ULg – s’était retrouvée sans emploi et dans l’attente d’un poste correspondant à sa qualification, elle avait accepté une mission de contact avec les demandeurs d’aide. Son rapport, après avoir servi de soucoupe de verre à champagne quelque part dans une administration, doit avoir été détruit depuis longtemps dans une déchiqueteuse à papier de la Ville de Liège.
Son jugement est sans appel. On y recrute n’importe qui, pour faire du n’importe quoi, à condition d’être très rigoureux sur les sommes accordées.
Les CPAS projettent deux images contradictoires. La première est celle de la bouée de sauvetage qu’on jette à quelqu’un qui se noie et à l’aide de laquelle il peut rejoindre la rive et se fondre dans la foule qui travaille. La seconde est le charnier que la société entretient pour y jeter ses déchets humains et qui est commode pour que les actifs n’entendent pas les cris des gens qui y crèvent !

L’employé a deux fonctions dont il s’acquitte à l’aide de schémas circonstanciés et des formules répétitives qui, à la longue, ne le touchent absolument plus pour la conservation minimale d’une empathie professionnelle.
Il doit être d’abord l’inquisiteur qui pose des questions indiscrètes pour monter un dossier complet. Il est redevable à sa hiérarchie de justifier les sommes qu’il concède. D’emblée, il est considéré par le demandeur, comme un employé hostile et sans pitié.
Ma défunte amie m’avait laissé entendre qu’il était impossible à un employé du CPAS de passer pour autre chose qu’un parfait salaud, après l’entretien et les formulaires à remplir. À la longue, cette fonction inquisitoriale décourage l’employé à montrer toute espèce de bienveillance pour le demandeur.
Comment avec un pareil préambule aborder la seconde phase du métier, c’est-à-dire donner de l’espoir à qui touche le fond et suggérer des pistes pour une reconstruction et une remontée sociale ?
Le moyen de ne pas se sentir rabaissé, humilié, découragé en sortant de ces officines des Villes ? C’est tout le problème dont tout le monde se fout, sauf ceux qui ont conservé la fibre sociale dans une société endurcie et corrompue par l’appât du gain.
Il existe même des types du genre Bacquelaine qui vous ferait croire que la société est victime de ces parasites et que s’il y en avait moins, vous pourriez plus facilement changer votre matériel Hifi ! Comme s’il n’était pas, lui, un super parasite, bien plus nuisible que tout ce qui existe en matière de parasitisme social.
Les victimes de cette démocratie n’ont guère de gens secourables autour d’elles, y compris parmi celles et ceux qui ont pour métier et pour devoir de leur venir en aide.
Il y a bien les organisations syndicales dont les délégués font office de thérapeutes. Mais là aussi, il y a des bureaux, des files d’attente et des réponses lénifiantes aux urgences de situation. En fin de compte, la plupart des chômeurs exclus et sans ressources quémandant une aide au CPAS de leur commune, ont le sentiment qu’ils ne sont que des numéros de dossiers, des êtres encombrants dont cette société n’a que faire.

 

La fabrique des Nestor

Nestor: valet du capitaine Haddock

« En privatisant des éléments de la vie publique, l’organisation privée en prive la collectivité. La société privée opère donc un détournement de richesses au titre de la propriété; elle ne se dégage pas de la vie publique, mais au contraire s’y engage dans le but d’y assurer une occupation. La société s’en trouve dominée par des sociétés. Le programme managérial qui se substitue au fait politique dans la société moderne contribue alors à jeter les bases d’un ordre gestionnaire que l’expression «gouvernance» baptisera plus tard, et radicalisera. »

Alain Deneault:   Gouvernance

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La décollectivité 

Il y a belle heurette ( eh! oui, c’est ainsi que ça s’écrit, et c’est beau, du moins avant la glissade… belle lurette ) que le mot collectivité est un concept fantomatique trimbalé dans les sphères de la politique et de la totale financiarisation pour nous rassurer. La pratique du concept de collectivité a été matérialisée dans les premiers groupements humains obligés de s’unir pour survivre. Il faut plusieurs mains nues pour abattre un mammouth… Le mammouth actuel est ce gouvernement de pays lié à cet empoisonnant « secteur privé » qui, comme le souligne Deneault rend le public…privé.

La collectivité c’était autrefois les petits villages. On y retrouve plus que des « anciens » vieillissant, la jeunesse étant partie aux Klondike des villes pour aller gagner sa croûte. Voilà donc que l’on fait face à une délocalisation de masse: ce ne sont pas seulement les jeunes qui déménagent , mais des villages qui fondent, des mentalités soudées assassinées. .. C’est la Montagne de Ferrat qui se nivelle au mode de vie américain. La vie ne semble plus rien avoir avec la Vie: c’est celle des écrans et des miroirs aux alouettes, pièges désormais servant à une nouvelle servilité et au meurtre d’une réalité lentement dissoute sous les encombrements du pseudo progrès.

La notion de délocalisation n’est ni plus ni moins qu’une formule cachée pour vendre des pays par échantillons. On râpe les pays comme on râpe du mozzarella. Et les souris grignoteuses se cachent aux encoignures des organigrammes complexes de noms d’entreprises ou de compagnies sniper déguisées en entreprises privées, louables, selon une éthique du management supposément propre et qualifié pour le grand partenariat avec les pays. Bref, une caca cacophonie trompeuse et hypocrite.

L’immolation obligée 

S i le travail n’a jamais tué personne, il en a rendu plusieurs handicapés. Si aller à la guerre pour son pays et ses valeurs avait un sens, on se demande aujourd’hui à quoi nous jouons sous le joug de cette mondialisation turbulente et nocive. Si le progrès promis n’est pas là, si nous sommes que victimes de ce sabotage volontaire qui nourrit un crépuscule qui n’en finit plus, alors à quoi sert cette immolation involontaire à laquelle nous nous livrons? Nous allons tous à cette guerre économique qui elles également ont dépecé des peuples entiers. Demandez-leur s’ils voulaient quitter leur pays?

Un train de vie 

Pour le citoyen lessivé, il y a une foultitude de kapos croyants en cette religion qui frôle le nazisme. Adolf n’a-t-il pas anéanti l’Allemagne jusqu’au dernier jeunot pour son « projet d’un Reich millénaire? Où en sommes-nous dans cette « entreprise » des pays « développés », de ces accrocs à entrepreneuriat, sorte de panacée aux maux du capitalisme… créés par le capitalisme? L’arme fatale, c’est le management, technique vendue aux dirigeants politiques.

Le management est la mise en œuvre des moyens humains et matériels d’une entreprise pour atteindre ses objectifs. Il correspond à l‘idée de gestion et de pilotage appliquée à une entreprise ou une unité de celle-ci. Lorsqu’il concerne l’entreprise tout entière, on peut généralement l’assimiler à la fonction de direction (la « fonction administrative » de H. Fayol). Management, Wikipedia

Les pays se sont virtualisés. Il n’existe qu’un montage -vernis, dans une sorte de fable du pouvoir inactif, inopérant. La pauvreté des « pays », notre pauvreté a été creusée par une globalisation des marchés. Ainsi, 24 voitures de l’AMT ( Agence Montréalaise des Transports) seront assemblées en Chine. Le soumissionnaire le plus bas… Si vous lisez l’article,  vous verrez une compagnie chinoise qui devait construire les voitures aux États-Unis (Boston) mais qui décide de délocaliser leur production en …Chine. Ce n’est là qu’un exemple de la panoplie de tromperies et d’opérations de dernière minute dans une de ces industries.

Tout ça légitimé par le pouvoir politique avec des raisons nébuleuses. Allons-y pour la novlangue:

À l’Assemblée nationale, jeudi, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a interrogé le premier ministre Philippe Couillard à propos de l’abaissement de l’exigence de contenu canadien, qui a permis à CRRC de l’emporter sur le seul autre soumissionnaire, Bombardier Transport. Ce dernier, qui exploite une usine dans le Bas-Saint-Laurent, demandait un prix plus élevé que CRRC. La Presse 

L’usine du Bas-Saint-Laurent, une petite ville de 3000 habitants a perdu le contrat. C’est à 20 km de mon village. Mais ce n’est pas important, ce qui l’est que ce type de manœuvres est devenu …monnaie courante dans tous les pays. Le « public » est devenu le privé. Les Super Nestor… Élus.

Privare 

La concentration de richesse par le privé ( du latin privare, privilège), conduit notre monde vers une « race » de valets au service de capitaines un peu trop portés sur « la bouteille » du pouvoir. En prolongeant la pensée de Deneault, nous sommes des exclus, bref, des privés de ce qui nous appartient. Nous sommes privés de par le …privé.

Et ainsi se construit et continue de se construire – avant l’ère du valet robot- une série provisoire de Nestor, valet, qui valait, mais ne vaut plus. L’âme des peuples est foudroyée par la grande noirceur de la déshumanisation.

Il ne reste plus que la construction d’un robot-prêtre, robot-curé, ou de quelque autre « appareil »  pour prier…  On le fera, si besoin est. Car tout se construit maintenant est pour la déconstruction de l’humain. Il suffit de lustrer et de polir notre « homme » de manière à qu’il puisse penser vivre dans un monde meilleur. Nous faisons face à un nouveau progrès: la magie et l’illusion que nous possédons ce qui nous appartient. Nous, y compris.

Gaëtan Pelletier

Allô! ALLÔ! How low!

Image

Ray Charles