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On va s’aimer la boulette de viande

boulette

« Je n’ai qu’une seule consolation: les idiots vont mourir un jour. Je n’ai qu’une seule crainte: il en viendra d’autres. 

Jocelyn Beauregard

***

Je n’ai jamais autant appris en ne faisant rien. C e « je » est un nous caché… En fait, depuis que je travaille trop à ne rien faire, juste à retrouver un peu d’enfance, en ces jours où le regard de l’enfant a les yeux ronds comme à tenter de saisir tout l’univers qui l’entoure : les sons, les mots, les odeurs, la nourriture, les ciels qui se déchirent de nuages, ou encore les bleus de l’été.

Un enfant éponge… C’est une éponge et quand il continue d’être une éponge, il gobe tout. Toute l’eau des têtes d’eau qui nous environnent. Parce qu’après l’enfance il faut être sérieux. Papa-Maman-État vous sèment des pubs pour vous protéger : mangez pas ci, mangez pas ça, fumez pas, bougez, mais, surtout, travailler. Parce que la vie, c’est sérieux.

La vie est un sport dangereux où à chaque quart de siècle poussent des lions affamés.

La planète est une grosse boulette de viande et nous, pauvres rameurs, d’autres boulettes de viande à faire trimer dur pour faire avancer à reculons les sociétés.

Le pays B…

En attendant, les enfants sexagénaires, assis dans leurs bureaux, dirigeants de pays, dirigeants de compagnies, avalent les richesses du monde. En fait, ils nous avalent tous en pissant leurs  industries sur le plancher rond qu’est la planète.

Ils sont légion, Cadillac, champagne, bourse, tricherie, menterie, lutte de religions, luttes fratricides, lutte dite des classes, etc. Systèmes douteux…

C’est la chasse ouverte pire que celle de la moyenâgeuse : ils ont des chevaux de fer, et leurs chiens sont de la CIA ou de toute autre « organisation » soldées. Soldées à l’orgueil et aux grandes causes.

Avec les printemps qui se succèdent, il y a certainement quelqu’un-plusieurs qui s’amusent, avec des dents fournies par les petits travailleurs à ronger tout ce qui peut exister. Et si ça ne va pas assez vite, on inventera des machines qui grugeront la forêt équatoriale plus vite que 100,000 besogneux.

Mais, pendant ce temps…

Il y a les arts divers : musique, littérature, théâtre, cinéma, et…sports. Ceux-là, ils ne s’ennuient pas… Ils regardent, analysent, scrutent, sautent, s’excitent. Ah! J’aurais aimé être un fan d’un club de pirouetteurs trijambistes pour m’émoustiller.

Je n’ai jamais autant appris en ne faisant rien.

Pourtant je n’ai jamais autant travaillé sans avoir d’emploi. ( Merci Pierre).

C’est vrai, le monde travaille, les gens se tuent au travail, les gens burnoutent à tous azimuts. Ouah! Prestation! Mais esclavagisme… Un rameur à titre ou à médaille ne vaut pas plus qu’un rameur.

Le simiesque rongeur 

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Le cumulatus Stradivarius maltraitus. Version blanche de l’Obamus. Cravatus en sus.  And précédus… Sous souche du Moinduplus agitarius. Fils de Kileuscrus.

Parole célèbre: « Un drone fait le printemps ».

Le mot « singe » est employé comme un titre honorifique signifiant « l’homme avisé » ou « l’homme industrieux ». Le même singe a également un caractère sexuel : symbole de tempérament ardent et même incontinent. Cependant, parfois le singe est également représenté comme un jumeau du dieu de la mort et de minuit ; le fond de la nuit a pour glyphe une tête de singe, accompagnée des images de Vénus et de la Lune. Il représente le ciel nocturne et symbolise tout ce qui est sacrifié, à l’aube, pour le retour du soleil.  source 

Supposons que, vraiment, nous venons du singe. Alors, le singe, inventif, se met à acheter tous les bananiers par le moyen simple de déclarer – en découpant ses territoires- que les chefs sont plus importants que les ramasseurs de bananes.

Bref, ce salaud simiesque à tout d’un coup devenu Archimède dans son bain de sueurs des tropiques.

Euréka!  ( C’est de la petite culture. Archimède…! Aujourd’hui, on a concocté un système d’éducation ou l’oubli a plus d’importance que la recherche des souvenirs des autres qui nous ont précédé )

Euréka!

Le singe décide de transformer en or tout ce que lui rapportent les bananes. Il pense alors avoir trouvé les moyens de payer les PDG des bananiers.  Bref, il les paye par l’orgueil, il les flatte, les couvre de médailles, et organise des cérémonies.

OUAH!

Mais encore…

Ils payent plus cher les DG pour que les ramasseurs de bananes aillent plus vite. Alors les DG pensent qu’ils pourront devenir TOUS des PDG et les ramasseurs des DG.

C’est devenu si important qu’on finit par oublier les bananes.

Ça alors!

C’est pas grave, on a de l’or.

Puis le PDG des bananes découvre un singe plus intelligent que lui. Le singe est convoqué, présente son idée :

Une machine qui remplacera les ramasseurs de bananes.

Le singe PDG, tout émoustillé, lui donne un titre : la… la..  La Légion Donneur.

Pour monter les machines, les singe dit alors au PDG : il faut inventer l’école pour leur montrer comment bâtir la machine et la faire fonctionner.

« Pas bête! »

Le PDG souri.

Un autre Euréka.

« Si nous voulons plus de bananes, dit-il aux affamés, il faudra des gens pour aller sous terre chercher des métaux pour bâtir les machines.

«  À quoi elles rouleront ces machines? Lui demanda un citoyen.

Essence.

Il faut de l’essence.

Et comme nous avons besoin de plus de bananes, il faut plus d’essence.

« As-tu une idée? Chef d’entreprise.

Oui, Seigneur PDG : une machine qui creusera, fragmentera la terre et on aura le produit avec chose aussi simple que l’eau…

Le PDG sourit.

***

Ce soir-là, le PDG, soucieux, avait toutefois un problème. Alors il alla consulter le prêtre des singes.

« Prêtre, dieu désire-t-il que nous soyons riches? »

«  Oui, mon fils, car toutes les bananes sont l’offre généreuse du Très-Haut » Il a semé, il ne reste qu’à cueillir ».

« Nous allons les cueillir le plus vite possible ! »

***

Au bout d’une décennie, les travailleurs virent alors qu’ils n’avaient plus les moyens de s’acheter des bananes.

« C’est la machine! Cria l’un d’entre eux ».

« C’’est le PDG hurla un autre ».

« Pourquoi faut-il de l’or pour s’acheter des bananes? » Demanda un autre.

Tous les yeux se tournèrent vers lui.

« Comment veux-tu qu’on achète des bananes si on n’a pas d’or? »

Le singe de Monkey-Street leur montra alors la manière de fonctionner pour être plus riche et vivre plus longtemps en plaçant leur or dans des compagnies qui offraient de plus en plus de rendement.

Il faut aimer votre pays, la jungle.

Ne vous demandez pas ce que la jungle peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour la jungle.

Un grand cri de ralliement s’élevant, faisant tressaillir les feuilles, les arbres, au point où tombèrent quelques régimes de bananes vertes.

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!

Clameurs!

Applaudissements!

***

C’est ici que se termine l’histoire de l’humanité.

À force de transformer en or ce qui existait, le singe fit de son frère une pièce à dévorer. Il inventa alors des ennemis et se fit un complice : le prêtre.

Le singe vécut longtemps, grâce à Big Pharma, et mourut convaincu d’avoir trouvé la recette de la vie.

Il avait tout transformé en or.

Les bananes étant maintenant sous terre, pas un singe ne put les manger. Et même si on transforma tous les métaux en machines, les machines demeurèrent seules, rouillèrent, pendant que les singes comprirent qu’ils n’étaient qu’une boulette de viande, et que la Terre n’était qu’une bouchée de viande à long terme.

Plus tard, quand disparurent les bananes, des compagnies vinrent raser les forêts pour les transformer en or.

De sorte qu’il finit par n’avoir plus rien sur Terre, mais une richesse inouïe sous leurs pieds.

La Terre chargée de petites boulettes de viande fut avalé par un système que personne ne comprit vraiment.

Mais, chacun y avait cru.

Alors, arriva un singe encore plus savant qui avait la solution au problème de la jungle : produire plus d’or pour avoir plus de bananes.

Gaëtan Pelletier

29 mars 2013

Né le 28 décembre 1951 dans le 20e arrondissement de Paris prématurément, après 6 mois de grossesse (il pesait 950 grammes), il est mis en couveuse. Un air trop riche en oxygène lui cause alors une rétinopathie. Il est considéré aveugle de naissance, Gilbert Montagné est le quatrième enfant d’une famille modeste. Très tôt, il découvre la musique dans un établissement spécialisé de Saint-Mandé où de cinq à dix ans, il reçoit un enseignement classique et rigoureux. Cependant, c’est en autodidacte et sur son piano qu’il développe un goût véritable pour les variétés, le jazz et le rock. Il séjourne les six années suivantes à l’Institut national des jeunes aveugles (boulevard des Invalides), période au cours de laquelle il acquiert un orgue.

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Je viens de loin , Shake

Petite nostalgie. Je n’avais pas remarqué son accent, à l’époque.

Lhasa de Sela … 1972-2010

Étrange,  Étrange

Comme s’en vont vite les anges

Les petits pans de lumière

Cachés sous des voix légères

Chanter comme ça, de l’intérieur, comme si une mer d’émotion jetait ses vagues un peu rauques sur le rivage un peu aride du temps… Le temps si dur de la vie. Le temps qui fait frémir à chaque chanterelle de syllabes.

Étrange

Comme s’en vont vite les anges

Tu as laissé en partant quelques vibrations. On ne peut pas les entendre sans te voir. Une vibrance toute chaude. Une fournaise de braises.

Parler. Communiquer. Tout doucement.

Laisser une toute petite trace de lumière dans notre Univers.

Étrange

Comme s’en vont vite les anges