Archives mensuelles : août 2012

La pharmacie planétaire des cannibales

Jamblique (mort en 330) reprend à la théorie pythagoricienne que les Nombres sont la clef de l’univers et sont habillés du nom des dieux.
***
Le progrès

« Concept central de la pensée des Lumières et des courants évolutionnistes, le progrès incarne la croyance dans le perfectionnement global et linéaire de l’humanité; La société, tout en se développant, évolue vers le « mieux » : augmentation des richesses, progrès scientifique et technique… mais aussi amélioration des moeurs et des institutions, voire progrès de l’esprit humain.»

« Le progrès économique se définit à la fois par l’idée de croissance (quantitative) et par une meilleure efficacité ( qualitative).» (…) « En ce sens la notion est proche de celle de développement, et selon une idée répandue, elle irait de pair avec le progrès social.

Wikipedia

Il y a eu l’arc et la flèche.

Puis, les drones.

Il y  a ceux qui vivent de la terre, des champs, de la culture, et ceux qui vivent « in vitro » dans leur grand labo.

La race humaine semble avoir été à un moment donné scindée en deux : le sauvage et le « techno ».

Dans certains écrits, des femmes E.T. auraient copulé avec des terriens. La descendance ressemble à ce que nous avons aujourd’hui :

Mitt Romney

Elvis Presley

Albert Emc2

La cantatrice chauve

Et le mendiant au coin de la rue…

Et le gars, qui un jour, a vidé mon ordinateur de ses composants, pensant que j’étais un idiot.

Il avait raison…

***

Le progrès a été lié – et l’est encore – à toutes les découvertes, inventions, et organigrammes,  les économistes et les philosophes sulfureux. Même les poètes faussement dépouillés qui écrivent pour faire nouveau. En trois lignes…

Du cerveau, comme les gros emballages  de frites et de  hamburgers.

L’occidental croit au progrès par toutes les formes savantissimes qui courent en dernière mode. C’est son crédo…

Pendant ce temps, les autres, moins « évolués », se battent pour « leur »  dieu. On dirait des torches vivantes prêtent à se consumer pour avoir raison.

Si le racisme du noir, blanc, jaune a fait semblant de disparaître, il restera toujours celui des religions.

Alors, nous voilà avec une bande de drogués dont la rue est la Terre, qui peu à peu détruit le « monde ».

Un pas énorme fut réalisé à l’origine du psychisme humain par rapport au psychisme animal, même si la discontinuité n’a pas nécessairement été aussi brutale. Dans le cas de la viande, du tintement de sonnette qui est investi de prégnance alimentaire, il s’agit d’un phénomène, en principe, purement subjectif, relatif au chien qui a été conditionné. Objectivement, en tant que forme sonore, ce tintement de sonnette n’a absolument rien à voir avec la faim du chien : c’est une association qui appartient au domaine du biologique, et du sujet interprétant des réponses. Mais il s’est fait qu’un très grand nombre d’agents physiques dans le monde jouent le même rôle que les prégnances animales. Je pense qu’il faut chercher le caractère olfactif des prégnances biologiques. Chez les animaux les plus primitifs, l’essentiel des prégnances est de caractère chimique, et ce sont par conséquent des molécules qui diffusent. Elles ne sont en général pas visibles, et elles ne peuvent être repérées que par l’odorat. Mais l’animal a tout de suite une conscience que ces formes ont tout de même une source. Et si elles sont prégnantes, c’est justement qu’il s’agit de remonter à la source : c’est une prégnance attractive source

Oui, le passage est lourd. Les intellectuels aiment bien fouetter la crème…

Et ce n’est sans doute pas intéressant.

Aujourd’hui, tout est science. Il doit y avoir un sceau qui marque une vérité qu’on aime figer au fer rouge dans l’esprit des humains.

Si on jumelle Pavlov et Orwell, on en arrive à une certaine « vérité ». Les humains fonctionnent à la clochette et les riches et puissants possèdent l’usine à clochettes.

***

On affilie le mot « foi » aux religions. Mais il l’est aujourd’hui lié aux grands développements des affaires et des organigrammes complexes.

Plus c’est gros, plus ça fonctionne…

Remarquez que les ennuis actuels proviennent des « grandes puissances ».  Les dirigeants, Plus nombreux, plus sophistiqués, plus malins que le diable.

On dirait que plusieurs confondent la clochette et la nourriture.

La réalité

Il est sans doute trop tard. Après des milliers d’années, la « science » a tenté d’enterrer les religions.

Mais les guerres des religions continuent.

On a tenté de remplacer – et l’on tente toujours par la laïcité- cette « raison » qui a ses preuves.

Mais les « raisons » se battent entre elles autant que les religions.

Alors, nous voilà pris entre deux combats, et des guerres perpétuelles pour alimenter l’économie. Le frigo ne suffisant plus. Les actionnaires sont mécontents…

L’économie est une science du diable. Autant on a flirté avec les concepts nébuleux, autant l’économie est devenue nébuleuse et inutile.

Encore des guerres…

Plus on avance, plus les croyances produisent des guerres : religieuses, conceptuelles, économiques, raciales, « progrès ».

Bien étonnant! La « science » – sous toutes ses formes n’est pas mieux que la religion.

Les hypocrites, après des milliers d’années, ont développé de nouveaux crédos.

L’opium du peuple se vend maintenant en une nouvelle pharmacie planétaire pour tenter de soulager la misère humaine.

Il n’y a pas plus beau moment pour constater ce fait indubitable.

Et c’est pourquoi, dans quelques décennies, sinon avant, l’Homme avec sa grande H, crèvera au bout d’une rue ronde.

Il aura perdu le paradis-boule.

Il aura été coupable de son contre-Big-Bang!

Plouf!

La laïcité ayant couché avec la religion aura accouché d’un monstre.

Peu importe que vous soyez Moron, mormon, libéral, néo-cons  , noir, gris, mafiosi, comptable, berbère, gay, hétéro, Madonna, invisible,…

Peu importe…

Car toutes les « religions » ont une forme. Si elle ne nous unit pas, elle nous détruit.

Comme disait un de mes élèves, amateur de cannabis :

« Mon père est un témoin de Jéhovah, c’est sa drogue ».

À force d’avoir faim d’être, ceux qui ont de l’avoir – ou pseudo connaissance – risquent de devenir les pro-vies tout en avortant la race humaine.

Au final, nous voilà à la case départ : on se mange entre nous, comme des cannibales. De la faim de ce que l’on croit au lieu de cueillir ce que l’on est….

Gaëtan Pelletier

31 août 2012

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Tchernobyl … la fin d’un monde

« Realm Pluton» est l’essai photo de la zone morte autour de Tchernobyl, où les plus dévastatrices accident nucléaire survenu soudainement le 26 avril, 1986. Cette déclaration graphiques propose un témoignage indéniable contre la vanité des ingénieurs et des bureaucrates, et servira de preuve d’avertissement contre ceux qui affirment avec désinvolture l’énergie nucléaire est totalement sûr. S’il vous plaît partagez votre copie de « royaume de Pluton » avec vos amis et aux vues similaires connaissances.

« Realm Pluton» est le magazine Style pleine largeur livre de photos couleurs, avec de nombreuses photos en couleur de Tchernobyl. Il est imprimé sur du papier blanc lourds. Taille des pages est de 8,5 « x 11 » (21,2 x 27,5 cm).

Les ventes de ce livre créer des ressources nécessaires à mon idée de soutenir ces personnes qui vivent dans des villages abandonnés et les villes de Tchernobyl. Je vais acheter de la farine, le sucre, d’autres choses de première importance et les traduire en ces lieux où j’ai vu un, deux personnes vivant dans le village tout entier. Je dirige tout moi-même et vous aider à faire parvenir à ceux qui en ont le plus besoin.

CLIQUEZ ICI pour voir des photos de mes voyages.

Être designer un livre, j’ai décidé de ne pas polir jusqu’à ce livre, je crois que certaines oeuvres sont plus impressionnants quand on les laisse imparfaite que lorsqu’il est trop grand fini.

Pour les dons de 35 dollars américains ou plus, je vous enverrai « Realm Pluton» sur le jour même ou le jour ouvrable suivant. Des livres seront livrés dans le monde. Frais de port sont payés par moi quand vous faites un don aux niveaux suggérés. S’il vous plaît n’oubliez pas d’inclure votre adresse de livraison dans le champ du message de PayPal.

Toute pépins de livraison peuvent être triés par emailing me: elena@elenafilatova.com

PLUTO’S REALM

Des images d’archives du camp de concentration de Buchenwald

Les photos ont été prises au cours de la Seconde Guerre mondiale, un natif américain,
et a été rendue publique que récemment, lorsque ses enfants ont été mis en ligne ces images terribles.
Les images capturées d’un camp de concentration allemand de Buchenwald, qui était située en Thuringe.


1Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

2Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

3Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

4Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

5Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

6Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

7Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

8Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

9Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

10Des images d'archives du camp de concentration de Buchenwald (10 photos)

 

 

Etre handicapé en Afghanistan: Un sujet tabou

Publié par Darcissac, Marion

enfantTorkham.jpgAu vu de la liste infinie des problèmes qui affectent l’Afghanistan, la prise en charge des enfants en situation de handicap ne semble être prioritaire pour personne. Les quelques structures existantes ne couvrent qu’une partie infime des besoins et sont largement concentrées dans quelques centres urbains. Ainsi, une écrasante majorité des enfants handicapés reste enfermée à la maison, à la charge d’une mère le plus souvent totalement démunie face à leurs besoins. Bien rares sont ceux qui ont la possibilité de recevoir une éducation, quels que soient la nature et le degré de leur handicap.

Le Consortium d’ONG pour les droits de l’enfant (CRC), dirigé par Terre des hommes en association avec deux organisations afghanes, Aschiana et LKRO, a fait de l’amélioration des prestations fournies à cette population marginalisée une priorité. L’intervention du CRC est articulée autour de deux axes; le premier est l’accès aux soins, à l’éducation et à la formation. Le second est le plaidoyer au niveau communautaire et gouvernemental pour la reconnaissance des droits des enfants en situation de handicap.
Traditionnellement, le handicap est un sujet largement tabou en Afghanistan. Avoir un enfant souffrant de handicap, qu’il soit physique ou mental, est généralement considéré comme une honte : “une forte pression sociale est exercée sur les familles pour qu’elles maintiennent leur enfant le plus éloigné possible de la sphère publique, explique Mme Leyluma, qui travaille comme enseignante spécialisée à Aschiana. Les voisins posent des questions et jugent les parents. Il arrive que les enfants en situation de handicap ne respectent pas les règles morales, ce qui n’est pas accepté en Afghanistan ».

La prise en charge de ces enfants est dans le meilleur des cas considérée comme une question de charité et laissée au bon cœur de généreux donateurs. L’idée que l’enfant handicapé est un être humain titulaire de droits est encore loin des consciences collectives. M. Zazai est le directeur d’AOAD, (Accessibility Organization for Afghan Disabled), une organisation qui offre, à la demande du CRC, des formations professionnelles à des enfants handicapés dans la région de Jalalabad, à l’est du pays. Selon lui, “la population afghane n’a aucune idée des droits des personnes handicapées, du fait qu’ils sont des membres égaux de la société. Quant au gouvernement, il élabore des lois et des plans d’action, mais rien n’est mis en œuvre concrètement pour leur venir en aide”.

Le travail à effectuer pour faire évoluer les mentalités est donc conséquent. “L’action à l’échelle communautaire est une étape essentielle, poursuit M. Zazai. Si l’on prend le temps d’expliquer les droits de l’enfant handicapé, la perception qu’en ont les gens change rapidement. » Il énumère ensuite les priorités d’intervention suivantes: “Tout d’abord, il y a un grand travail de collecte de données à effectuer au niveau national, afin d’évaluer la situation. Etant donné le silence qui règne sur la question, l’étendue des besoins reste à estimer. Il faut ensuite améliorer leur accès à l’éducation et aux formations professionnelles, pour que ces enfants puissent un jour devenir des adultes indépendants. Au niveau de l’accès au soin, si quelques structures existent à Kaboul, dans les provinces tout reste à faire”.

A Kaboul, le centre d’Aschiana regroupe une quarantaine d’enfants souffrant de handicaps mentaux. “Aschiana a été la première et reste une des seules organisations afghanes qui s’occupent de ces enfants, explique Mme Leyluma. Dans un premier temps, nous nous sommes adressés aux mollahs des environs, qui nous ont permis d’identifier des familles avec des enfants handicapés. A présent, les chauffeurs d’Aschiana vont chercher les enfants chez eux et les emmènent au centre, où ils suivent des cours et font différentes activités récréatives, reçoivent un déjeuner puis sont ramenés chez eux. Nous avons également à cœur d’apprendre aux enfants des règles d’hygiène de base, comment s’habiller, et tâchons de les autonomiser le plus possible dans leur vie quotidienne. Parallèlement, nous effectuons un grand travail auprès des familles afin de les familiariser avec les soins élémentaires à leur fournir ».

Grâce à un vaste réseau d’interlocuteurs dans les villages (Mollahs et Wakils) et de prestataires de services, l’action du CRC au niveau communautaire commence à porter ses fruits. A Torkham et ses environs, Terre des hommes, en collaboration avec AOAD, a effectué une enquête afin d’évaluer les besoins en matière de prise en charge des enfants en situation de handicap. L’organisation a dès lors mis en place un système efficace d’identification des enfants qui sont ensuite réorientés vers des services appropriés fournis par des organisations partenaires. Par ailleurs, 330 enfants suivent ou ont suivi une formation professionnelle grâce à AOAD à Jalalabad.

Si ces expériences à Kaboul et à Jalalabad ont des résultats très positifs, elles constituent cependant une goutte d’eau dans un océan de misère et jettent une lumière crue sur l’ampleur du travail qu’il reste à effectuer au niveau national. Jusqu’à présent, le gouvernement semble incapable de mettre en place un réseau de services sociaux efficace. Malgré de grands efforts de plaidoyer, aucune stratégie concrète n’est encore en place pour intégrer les enfants handicapés dans le système scolaire. Il est grand temps qu’un changement survienne. Les familles (les mères la plupart du temps) n’ont la plupart du temps pas les moyens ni le temps de s’occuper de leur enfant; dès lors, elles le laissent végéter dans un coin de la maison, sans soin ni attention. Un long chemin reste à parcourir jusqu’à ce que les petits afghans en situation de handicap soient considérés pour ce qu’ils sont : des petits enfants qui ont le droit d’apprendre, d’être valorisés, soignés, et avant tout d’être aimés.

Plus d’informations sur l’intervention de Terre des hommes en Afghanistan

Le bout du monde est un enfant

Il se leva à l’aube, franchit les champs, et se retrouva devant une grosse maison de pierres.

Il alla cueillir ce qu’il avait semé.

Il n’avait que 13 ans.

Boum!

Les éclats des pierres explosés lui fracassèrent le visage.

Il n’avait vu qu’un reflet dans le ciel.

Un drone.

***

Pendant ce temps, à la maison noire, un type charmant, caressant les cheveux de ses enfants, émit ses regrets sur les trois victimes collatérales du bombardement.

« We are sorry ! »

Quand on lui demanda les raisons d’un tel geste, il eut la réponse suivante :

« Pour protéger nos enfants ».

 

Gaëtan Pelletier

Volks Populi, Vox Dei

Oui, la voiture du peuple. C’est bien ce que voulut en faire Hitler…

***

Après un voyage qui dura un an, Dan descendit la côte Ouest américaine, fila vers le Mexique et l’Amérique du Sud. Puis en revenant, passant à Vancouver, il s’acheta une Volkswagen.

Il arriva avec son amour et ils se planquèrent tous les deux dans un petit village perdu au fond des bois. Là où il n’y a pas d’asphalte. Mais de la poussière qui retourne à la poussière.

Je l’avais connu à 16 ans. Sa mère l’avait vêtu comme les lys des champs, et il promenait son violon, lui, cravaté quand il entrait dans la salle de quilles. C’est là, qu’un jour, nous avons parlé musique. Et c’est là que tout a commencé… Une belle amitié. Je distingue deux sortes d’amitiés : celle des circonstances fragiles et éphémères, celle des amours qui n’ont rien à voir avec le sexe, mais celle des  âmes.

Têtu, il troqua son violon contre une guitare.

Et nous passâmes 3 années à jouer, à bourlinguer, à se chercher.

Il fit sa route, et moi la mienne…

Il est mort à 49 ans, des suites d’une vie à la  « Jack Kerouac »… Il ne comptait ni les bières, ni son amour de la bouffe, ni le collier de femmes qu’il avait rencontrées et séduites.

La vie était une fête…

Les angoissés se rongent les ongles. Lui, n’en avait jamais. Il étudia la philosophie pour comprendre le « monde », mais il préféra l’intensité à la durée.

***

Comme disait Le Clézio : « C’était pendant la canicule….(Le procès-verbal ) , et la poussière envahissait la Volks. 1974. Il sortit un sac de sac de pot derrière le banc, derrière lui. Pas un petit sac. Un sac vert à ordures. Du pot qu’il avait lui-même cultivé.

Nous étions quatre dans la Volks. L’un prit un bout de papier et roula un joint. Je n’avais jamais été amateur de drogue, et je pense que celui-là, bien faiblard, me découragea. Je préférais la lucidité…

C’était au temps où l’ambition était d’être pauvre et mal vêtu. Je passais sans doute troisième.

Quand il me fit faire le tour de ses « amis » du village, ce fut un choc. Tous ces gens venus de la ville avaient acheté des maisons et des terres abandonnées. Ils se promenaient à cheval dans le village, au grand désespoir de ceux qui avaient échappé à la misère des petites terres en Québec. Temps de Duplessis, tant de religion, temps du petit pain.

Ils élevaient des poules, semaient un jardin, et s’arrangeaient pour vivre libres, dans des maisons anciennes, de bardeau noirci, les murs un peu penchés, et les herbes folles mêlées au chiendent et aux marguerites ballant aux vents. Rien à couper. Pas de gazon, pas de produits chimiques, pas de tondeuse. Rien que la valse des odeurs dans les champs séchés. Les pousses rudérales alentours des vieux bâtiments…

Mais c’était le temps des rêves.

Ils étaient tous philosophes, artistes,  ou, encore mieux, artisans. Ils s’adonnaient au troc… Ils préféraient tous ne pas travailler. Instrument de torture : trepalium.

Les dessins avaient l’air d’œuvre d’araignées pompées au LSD.

Leurs cheveux ressemblaient à l’herbe derrière les maisons : sèche, sans coupure, imparfaite, longue.

***

La maison louée était située aux abords d’un lac. Le lendemain, ce fut la baignade à nu. Telle était la coutume. J’étais décontenancé. J’arrivais d’Ottawa et il n’y avait rien de semblable : des soldats, des fonctionnaires, des rues vides. Mais ici et maintenant, on entendait le chant des grillons le soir qui répétaient avec nous, pendant que nous jouions de la guitare.

Ce n’était pas qu’un monde, mais une pièce de théâtre. Je fis connaissance de J., une jeune femme édentée, traînant ses deux marmots, vivant ici et là de la charité des autres. Elle filait dans les champs, nue, avec ses deux marmots de 4 et 5 ans, pour se jeter à l’eau chaque matin. Mince, le corps cuivré par le soleil, elle passait comme sous un stroboscope à travers les arbres qui crachait ses pans de lumière selon la danse des feuilles. Mais le plus étonnant, en cette fin de journée, fut celui où elle choisit de vivre pour quelques semaines : un vieux poulailler abandonné.

Les poules avaient depuis longtemps quitté le poulailler. Pas d’odeur, sauf celui de la paille sèche en dormance sur le plancher accidenté.

Elle y passa deux semaines.

***

C’était le temps des fleurs

On ignorait la peur…

Les lendemains avaient un goût de miel…

« Le système va exploser ».

Dan avait toujours cette phrase en tête et en bouche. Comme si la société était en train de prendre une route dont il ne voulait pas.

Après avoir étudié en philosophie, il décida de simplifier sa vie. Alors, il s’acheta une vieille maison dans les Cantons de l’Est et travailla dans un atelier de fabrication de guitares.

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, il amassait les pièces défectueuses pour chauffer sa maison… et fabriquer la guitare de ses rêves en prenant ce qu’il y avait de meilleur.

Miller avait dit : « Le jour où je rencontrerai Dieu, je lui cracherai au visage ».

Ce n’est pas tant au visage de « dieu » que nous en voulions, mais à la tendance qui se découpait à l’époque.

Personne n’en voulait.

Il resta ceux qui se convertirent au « système » et ceux qui décédèrent jeunes. Pas tant par le désir de mourir que la clairvoyance de l’abandon d’un être suprême. Ils aspiraient tous à une société respectueuse de la Vie.

Les dieux, c’étaient eux.

Et peut-être avaient-ils raison.

Dans le cirque nébuleux et incompréhensible de la vie – malgré ceux qui se targuent d’avoir compris – il demeurait cette certitude de la faillibilité de cette existence. En même temps, on reconnaissait une sorte d’éternité à travers les âges, les modes, les résistances et le triste constat :

Quand nous roulions, et que chacun voulait fumer un peu d’herbe, boire, regarder la « direction » de ce monde qui venait de passer au travers de la guerre « froide », l’art était devenu – et l’artisanat encore plus – le moyen d’être, par observation, la même chose que l’arrière cour tout en friche.

On avait compris une chose :

Il n’y avait pas de différence entre la mouche qui s’écrasait sur le pare-brise de la voiture et nos vies.

Alors, par un matin de juillet, alors qu’après une longue absence, nous avions décidé de nous rencontrer, quelques heures avant le départ je reçus un coup de téléphone : Dan était décédé, tôt le matin, devant  l’évier de la salle de bain, victime d’une embolie cérébrale.

Un fait divers, en plein été…

***

Depuis son départ, je constate qu’il avait raison : « Le système va exploser ».

Je pense avoir compris pourquoi… Il va exploser parce que les éleveurs de pelouse vous vendent de la pelouse en lanière, et des produits chimiques pour la garder verte et bien distante de ce qui existe dans la nature.

Oui, ce n’était en rien conformiste.

Mais la véritable révolution est sans doute de cesser de l’être…

Gaëtan Pelletier

29 août 2012

Tout ce qui reste…

 

Tout ce qu’il   reste après la vie, après s’être vêtus des plus beaux habits, tout ce qu’il  reste, reste ici.

Toutes les idées ne feront pas de frissons, tous le rencontrés de belles façon…

Tout ce qu’il reste après son passage sont les amours des fleurs, des champs, des émotions, des paysages. Et tous les amours sages et non sages…

Les enfants n’apportent pas de sable quand ils jouent dans les carrés. Ils apportent et gardent la sensation du sable.

Ainsi, de par nos rires et nos calvaires, nos émotion apprises … Probablement!  Oui, est tout ce qu’il nous restera.

Des chaleurs de l’été, des frayeurs de la mort, de la peur ridée comme une sécheresse avant le port…

Rien ne restera.

Sinon que les fers des brûlures, autant si belles, autant si douloureuses, autant fragiles, en autant qu’on se garde en garde…

Les émotions seront le tricot de ce qui restera.

Comme le goût des bleuets, du premier baiser, de la chaleur, de la froidure, des regards de haine, des regards d’amour…

C’est ce qu’il restera…

Le bagage paraît frêle, le bagage est si triste et si beau, si vif et si persistant…

Qu’il restera…

Vous vous souviendrez de la pluie sur vos visages, des gens aimés, des lueurs sauvages, quand l’éclair aura rayé le ciel en furie, la bataille de la chaleur et du froid…

Rien ne restera, que cela.

Vous emporterez la main frileuse sur la peau des désirs, et les désirs frileux que vous tenterez d’oublier…

Mais ils seront toujours là.

Vous apprendrez alors que les émotions seront vos habits, vos esprits, et les couleurs ajoutées à vos âmes.

Rien ne restera…

Vos yeux boivent, vos mains mangent, vos cheveux se dressent…

On vous aura encore toujours appris à ramasser.

On ne ramasse rien, ni n’emportons rien…

Du moins de ce rien dont nous vivons ici bas…

 

J’ai parfois souvenir des premiers amours

Le fiel des violences

La couleur de la framboise sur ma langue…

 

Nous sommes venus chercher ce qui ne semble rester…

Mais c’est ce qui restera.

 

Gaëtan Pelletier

27 août 2012