Archives mensuelles : février 2011

Des révolutions arabes aux révolutions américaines?

 

Dedefensa.org – 21/02/11

Le tourbillon de Madison


Les événements du Wisconsin se développent d’une façon organisée et particulièrement impressionnante dans leurs effets.Après une semaine de protestations, de manifestations et d’actions diverses, la capitale du Wisconsin, Madison, est devenue le centre bouillonnant d’une crise nationale US. (Pour Noam Chomsky, il s’agit d’une insurrection démocratique, la révolte qu’on attendait aux USA.) Vendredi 17 février, les membres démocrates du Sénat de l’Etat avaient quitté le Wisconsin pour l’Ohio contigu, hors de la juridiction de leur Etat, créant par leur absence une impossibilité d’atteindre le quorum pour un vote (prévu ce 17 février) de la loi du gouverneur Walker restreignant très fortement les dépenses publiques et mettant en cause l’existence des syndicats des services publics ; ces parlementaires ont annoncé qu’ils resteraient “en exil” dans l’Ohio, toujours pour la même raison du blocage du vote, tant que le gouverneur Walker ne céderait pas, – alors que Walker réaffirmait dimanche qu’il ne céderait pas. Samedi, la manifestation, quotidienne depuis 5 jours à Madison, rassemblait une foule impressionnante de plus de 70.000 personnes. L’intention des protestataires de Madison est d’occuper et de “tenir” le Capitole, à la façon que les Cairotes ont “tenu” la place Al Tihrir, dans le but d’empêcher le fonctionnement du “gouvernement” du gouverneur Walker et de paralyser l’Etat du Wisconsin.

Différents aspects de la crise ont été passés ici en revue, pour en détailler quelques-uns des caractères.

• Un long texte de Rose Aguilar, de AlterNet.org, du 17 février 2011, fait un récit complet des événements de Madison, Wisconsin. Le titre de l’article situe le climat : «Is Wisconsin Our Egypt ?», rejoignant l’analogie que nous mettons par ailleurs en évidence…

• Christopher Fons, pour CounterPunch, met en évidence, le 19 février 2011, le caractère d’organisation spontanée et de solidarité des manifestants et activistes de Madison. Il est par exemple remarquable que la police municipale, qui n’est pas touchée par les restrictions, ait pris faits et cause pour les protestataires.

• Le site Crooks and Liars met en ligne, le 18 février 2011, une bande vidéo avec l’interview de Chris Hayes, de The Nation, et de Naomi Klein, également de The Nation et auteur de l’excellent Stratégie du choc, sur le fonctionnement de l’hyper-capitalisme postmoderne.

• La crise de Madison prenant une extension “nationale” ? D’ores et déjà, il y a des signes dans ce sens. Les habitants de l’Etat de l’Ohio commencent à montrer les premiers signesd’une colère similaire à celle des habitants du Wisconsin. D’autre part, Madison devient un point de ralliement national, comme dans ce cas de la parlementaire Diane Russell, du Maine, qui se rend dans le Wisconsin pour proclamer sa solidarité avec les protestataires.

• Il y a un long article de Politico.com (le 18 février 2011) concernant l’attitude d’Obama dans cette crise. Obama soutient les syndicats contre le gouverneur Walker, mais seulement pour certains aspects de la loi concernée. Le tout est l’objet de calculs savants de son équipe pour savoir la place que tiendra le Wisconsin dans la campagne électorale de 2012… Aucun élan, aucune espèce de signe qui pourrait faire croire qu’il y a chez Obama autre chose qu’un politicien en train de faire ses comptes d’épicier, – en homme parfait du Système. Le commentaire que fait Paul Woodward (ce 18 février 2011) concernant l’attitude d’Obama vis-à-vis des événements de Bahrain pourrait après tout parfaitement convenir pour le Wisconsin ; la situation y est moins tragique mais l’homme est toujours le même…

• Il faut aussi lire l’analyse avec de nombreuses références que fait ThinkProgress.com dans son Progress Report du 17 février 2011sur “la droite radicale”. En rapport direct avec la situation dans le Wisconsin, le rapport examine les politiques en train d’être mises en œuvre par des gouverneurs républicains radicaux dans un certain nombre d’Etat de l’Union. S’il fait la part un peu trop belle à l’attitude d’Obama (ThinkProgreess.com, de tendance progressiste, reste favorable à Obama malgré les déceptions imposées par sa politique à la gauche progressiste US), le rapport donne un excellent aperçu du potentiel explosif de cette situation, avec la première explosion déjà réalisée à Madison.

• Maintenant, un autre point de vue, un point de vue opposé, celui d’un républicain, d’un ancien de l’administration Bush, Joshua Trevino (dans le Guardian du 18 février 2011). Le titre est résolument dramatique : «Who governs Wisconsin? Our democracy is at stake as these featherbedded public sector unions try to bully Madison’s elected officials into submission…» On notera évidemment que Trevino ne parle pas du gouvernement des Etats-Unis mais du “gouvernement” du Wisconsin, et de la démocratie dans le Wisconsin, comme si l’on parlait d’une entité indépendante. (C’est un peu ironique de la part d’un homme de l’ancienne administration GW Bush, laquelle n’a jamais montré une sollicitude particulière pour les droits des Etats ; qui utilisa en Irak les Gardes Nationales des Etats sans demander leur avis à ces Etats ; qui traita l’Etat de Louisiane, pendant et après la catastrophe de l’ouragan Katrina, comme une métropole sans scrupules traite une colonie taillable et corvéable à merci.)

Notre commentaire

Enfin, après deux années d’exubérance de la droite conservatrice, dans la vague de Tea Party, c’est la gauche progressiste US qui exulte. Elle est du côté de la révolte, du soulèvement contre un pouvoir jugé oppressif et arbitraire. Tea Party, lui, se trouve exposé dans son côté le plus ambigu, – lequel n’a jamais été dissimulé à nos yeux, tant ce mouvement est insaisissable dans son identification, – notamment par le biais indirect des liens entre le gouverneur Walker, qui se réclame de l’esprit de Tea Party, et les frères milliardaires Koch qui le subventionnent, – tout comme ils subventionnent Tea Party d’ailleurs, au nom de leur hostilité à tout ce qui est service public (et de tout ce qui est, ajouteront les critiques, faveur et puissance pour le corporate power). (Au reste, ces liens ne sont pas plus incestueux et révélateurs que ceux de l’administration Obama et des démocrates avec Wall Street, ce qui n’enlève rienau mouvement de Madison, soutenu par les démocrates et Obama.)

Mais qu’importent ces contradictions, que nous n’avons jamais dissimulées, et même au contraire parce qu’elles constituent justement l’aspect révélateur fondamental de la situation générale. Le jeu, et la compréhension du jeu, sont faussés si l’on s’en tient aux étiquettes et connexions idéologiques de tous ordres, avec la corruption de tous bords qui accompagne ce rangement ; la seule référence qui vaille est l’attaque objectivement(et inconsciemment, ce qui va de pair) portée contre le Système, selon les situations contradictoires, les occurrences différentes, etc., dans le chef de tous les mouvements impliqués. Aujourd’hui, à Madison, Wisconsin, c’est la gauche progressiste qui s’affirme, et les foules animées par cet esprit qui attaquent, – eh bien, va pour la gauche progressiste ! Ce qui importe est que, dans ce cas, comme dans d’autres qui sembleraient inverses si l’on s’en tient au point de vue idéologique (Tea Party, certes), il s’agit des mêmes coups de déstructuration portés contre le Système.

Pour l’instant, à Madison, Wisconsin, tous les ingrédients de la crise sont là, et les grands esprits progressistes, même les plus prudents comme Noam Chomsky, y voient les prémisses de la grande révolte attendue aux USA.Une détermination et une organisation exceptionnelles des foules, avec des actes entravant effectivement le fonctionnement des institutions de l’Etat du Wisconsin ; un soutien affirmé des officiels démocrates de l’Etat, avec des actes à mesure (“exil” dans l’Ohio, pour échapper à l’obligation de présence au vote de la loi Walker, qui permettrait d’atteindre le quorum) ; une détermination affichée comme sans faille du gouverneur Walker pour imposer sa loi ; après un temps d’hésitation, la crise de Madison élevée au rang de grande crise intérieure US, et traitée comme telle par les réseaux de communication, et aussi par les commentateurs et intellectuels comme on l’a vu plus haut avec Chomsky. (Pour l’instant, on s’abstiendra de dire un mot sur Obama, dont le soutien au mouvement est trop calculé pour avoir un impact décisif.) Gardons-nous bien de nous attacher aux causes directes mais apparentes seulement de la crise ; ces causes sont toujours les mêmes dans le cadre du Système en crise, entre les maximalistes de l’hyper-capitalisme et les réformistes de l’hyper-capitalisme ; c’est un débat jamais tranché car on ne tranche pas un débat sur la substance d’une chose par une attitude radicale ou une attitude réformiste qui ne met pas en cause cette substance, parce que le cœur de la crise se trouve dans la substance informe elle-même du capitalisme comme créature du système du technologisme, de l’“idéal de puissance” et de la dynamique du “déchaînement de la matière”. Ce qui nous intéresse est l’effet indirect, justement sur ces situations connectées à la substance de la chose (système du technologisme, “idéal de puissance”, dynamique du “déchaînement de la matière”).

Dans cette logique, le point essentiel de la crise du Wisconsin concerne la structure de cette puissance centrale du Système, et, par conséquent, du système du technologisme, que sont les USA. Ce point pourrait se résumer, après tout, dans le titre de l’article de Trevino («Who governs Wisconsin?») ; même si la réponse implicite puis explicite qu’il donne est partisane, qu’elle soit juste ou non, il reste que la question est effectivement fondamentale. Le conflit de Madison est gros des enchevêtrements et des interférences des conflits de compétences et de pouvoir entre les citoyens, les législatures des Etats de l’Union et le pouvoir fédéral. Peu importe de quel côté se trouve telle ou telle cause, et ce que vaut cette cause, reste que Madison et la révolte du Wisconsin nous montrent la complication extraordinaire de la situation structurelle des USA, de l’ambiguïté volontaire des compétences respectives des différents pouvoirs, des blocages potentiels et antagonistes entre ces pouvoirs, par conséquent des tensions centrifuges qui seront exacerbées à mesure que se développent la crise et les mésententes fondamentales entre les divers groupes de citoyens et leurs conceptions. Comme nous l’avons déjà souvent écrit, nous pensons que la cohésion des USA en une énorme puissance générant des politiques agressives, déstructurantes et paralysantes à la fois, constituent l’un des verrous fondamentaux du Système ; tout ce qui menace cette cohésion menace le Système en son cœur ; que cela soit dit ou pas importe peu, il reste que la crise du Wisconsin est grosse d’une menace contre cette cohésion, passant par une phase de désordre grandissant. Certains pourraient juger que nous ne sommes pas loin d’y être. ..

Posté par Alaindependant

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Source:  http://sos-crise.over-blog.com/article-des-revolutions-arabes-aux-revolutions-americaines-68100705.html

DÉMOCRATIE EN PÉRIL !

Si la démocratie des riches est en péril, la démocratie du peuple, elle, est en devenir. Il n’y a pas qu’en Égypte, en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Bahreïn et au Yémen que la démocratie populaire soit réprimée par les balles : dans tous les pays occidentaux, la démocratie du peuple est galvaudée sous les balles en sucre du despotisme et du népotisme.

Un journaliste dubitatif s’interroge : « Le système de « représentation démocratique » par l’élection à intervalles réguliers est-il devenu une astuce commode permettant à une oligarchie politico-économique, tout en augmentant son pouvoir et sa richesse, de mener le bon peuple par le bout du nez ? » (1).

Il lui faudra deux milles mots, au « bobo »,  pour nous embrouiller et pour effacer cette évidence de notre pensée. Pour ma part, je l’aurais formulée ainsi : une classe de riches oligarques qui stipendie une coterie politique complice ne serait-elle pas en train de nous mener par le bout du nez ? Mais si ; évidemment ! (Ma plume est un peu assassine pour ces gens que je n’aime pas trop…, par certains côtés, j’imagine que je fais moi aussi partie du lot… des bobos. » (2).

Ce reporter traîne dans les médias depuis quelques décades déjà et il vient tout juste de comprendre (non, excusez-moi, de s’interroger sur) le sens et le pouvoir réel de ce fameux bulletin de vote que les clercs à la solde des milliardaires proposent comme objectif ultime de toute « révolution », que celle-ci soit arabe, birmane, ivoirienne, iranienne, libanaise, afghane ou haïtienne, j’ai nommé la « démocratie  parlementaire avec alternance » : vous savez, bonnet blanc ou blanc bonnet… ?

Lui et ses semblables veulent nous faire croire que tous les peuples du monde sont à la recherche de ce « Graal », ce fameux bulletin de vote, à intervalles irréguliers ou réguliers (les Américains votent tous les six mois, et ce sont les plus dégoûtés de cette démocratie des riches : 50 % de votants, seulement, voire parfois moins) afin d’accomplir leur devoir citoyen, l’âme en paix et le ventre creux, debout devant l’usine délocalisée ou face aux champs dévastés, quand il n’ont pas été minés après les bombardements du défenseur de tous les bulletins de vote de l’humanité, le grand Obama Premier et ses armées de l’Otan meurtrier.
Cette réaction de révolte passive de larges couches de la population qui ne participent plus au processus électoral bidon inquiète le nouveau clergé séculier des éditorialistes, journalistes et autres analystes, qui y détectent une première phase de résistance susceptible, s’ils n’y prennent garde, de se métamorphoser en quelque chose de plus actif et de plus dangereux pour le système, à l’exemple de ces pays arabes qui ne décolèrent pas, mais pas pour le droit de voter, quant à eux. Non : pour celui de décider et pour celui de travailler et de manger.
Qui a donc osé commettre ce « détournement » de démocratie, demande le chroniqueur à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession ? Les lobbies, répond la chercheuse écologiste : « tous les exemples récents, au Québec — dossiers de la construction, nomination des juges, gaz de schiste, amiante ou pétrole à Anticosti — témoignent de la puissance des lobbies sur la sphère publique ».

Comme si cet agiotage des riches n’était pas inscrit dans les gènes (les urnes) de l’enfant « démocratique », mais constituait plutôt un « glissement » de son historicité avilie : «  Le glissement est général, ajoute-t-elle en en donnant pour exemple la réduction de l’impôt sur les sociétés, qui coïncide avec l’augmentation des inégalités financières et sociales, ainsi qu’avec l’augmentation des risques pour la santé publique et l’environnement » (3).

Étrange ? Comment se fait-il donc que nous soyons si nombreux à avoir subodoré ce « glissement » et que plus de quarante pourcent (40 %) des détenteurs du privilège de déposer leur arme-bulletin dans l’urne contrôlée par les faiseurs de « démocratie » patentés se désintéressent totalement de ce soi-disant « privilège » ? Comment se fait-il que nous soyons si nombreux à répudier ce pseudo- droit magique ?  Pourquoi cette désaffection populaire pour un instrument aussi puissant que le bulletin de vote (à ce point, l’on peut rire…) (4) ?

Lors d’une assemblée de protestation contre les dégrèvements fiscaux accordés aux milliardaires, aux banquiers et aux industriels, un péquenot à l’air débonnaire soulignait qu’une élection était le plus mauvais moment de la saison des joutes électorales pour soulever une question sérieuse concernant l’iniquité des charges fiscales imposées à la « classe moyenne » et aux travailleurs !

En période de mascarade électorale, l’objectif des vendeurs d’illusions est de se demander jusqu’où ils peuvent mentir sans s’aliéner l’électorat : « Certains politologues en sont venus à écrire qu’un bon politicien, c’est quelqu’un qui se demande jusqu’où il peut aller entre les élections au profit de ses bailleurs de fonds sans risquer d’être défait au prochain test électoral » (5).

Machiavélique, le pamphlétaire a parfois de ces éclairs de lucidité dont il se défend cependant en les répudiant aussitôt (vous ne souhaiteriez tout de même pas qu’il perde son emploi !) Observez comment ce prestidigitateur retombe sur ses pieds : « Pour Marcel Gauchet, dans son oeuvre colossale La Démocratie d’une crise à l’autre (éditions Cécile Defaut, 2007), la « démocratie représentative » est historiquement victime de son succès contre les régimes totalitaires » (6).

Selon ce mécène, si la démocratie bourgeoise échoue, c’est tout simplement parce qu’elle a trop bien réussi !  Vous y comprenez quelque chose, vous ? Il n’y a que les intellectuels pour ainsi divaguer. C’est de votre faute, si les politiciens vous méprisent, nous susurre-t-il. C’est l’individualisme et la « méritocratie » qui sont coupables des exactions et des fourberies, jamais la classe des « méritants », nous dit-il,  non plus que la structure même du pouvoir pseudo-démocratique érigée par le « clan des lucides ».

Que de contorsions, pour approximer la vérité afin d’éviter de la dénoncer. S’il n’y prend pas garde, il finira par tout dévoiler, le reporter… Il lui faut donc effectuer une nouvelle pirouette et, pour cela, quoi de mieux qu’une sommité politicologue universitaire ? Vous avez peut-être pensé à Jean-François Lisée, à BHL  ou à Alain  Finkielkraut ? Que nenni : vous vous trompez ; le voici dans toute sa démagogie, l’Éric Montpetit, directeur du Département des sciences politiques à l’Université de Montréal. Ecoutons-le (ou, plutôt, lisons-le) : « Les choses ne se passent pas si mal. On déléguerait trop aux experts, qui ne sont pas plus neutres que n’importe qui ». « La solution », dit-il, « passe par des débats publics ouverts, lesquels sont malheureusement perçus dans la société comme des facteurs de chicane et de division. » (7).

Voilà, ne renversez surtout pas le système social, comme ces utopistes égyptiens, ces Tunisiens et tous ces Arabes qui s’emportent pour rien ! Débattez-en ! Vous en discutez déjà, me direz-vous ? Alors : manifestez ! Vous refusez de voter ? Alors : marchez ! Vous hurlez et aucun politicien ne vient, aucun milliardaire ne prend le soin de vous écouter ? Alors, débattez entre vous, toujours en pure perte, mais encore plus ardemment…Il en restera bien quelque chose, de vos rugissements lancés au vent glacé de février, car, voyez-vous, ils ne souhaitent pas vous entendre, ceux qui ont forgé ce système « démocratique » qui garantit leurs profits.

La démocratie parlementaire, avec son alternance, est le premier choix de la bourgeoisie, si le peuple sait bien voter. Sinon, il lui reste la dictature totalitaire, si vous ne savez pas bien faire.  La démocratie des riches est ben ouvert à vos commentaires, pourvu que vous payiez vos taxes…taxes…taxes (8)…et que vous restiez tranquilles.

(1)    (3) (5) (6) (7) Notre démocratie détournée ? Louis-Gilles Francoeur. Le Devoir. 19.02.2011. http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/317216/notre-democratie-detournee?utm_source=infolettre-2011-02-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(2)    Renaud. Les bobos. http://www.youtube.com/watch?v=Omx94meg8cg

(4)   Comprendre la crise économique et financière. Première partie : la grogne populaire. Robert Bibeau 10.01.2011.    http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito10.1.2011.html

(8)   Si vous payez le cognac. Plume Latraverse. http://www.justsomelyrics.com/1652449/Plume-Latraverse-Plume-Latraverse—Si-vous-pay%C3%A9-le-cognac-Lyrics

Source:  http://www.centpapiers.com/democratie-en-peril/62208

L’endormir

Je ne peux pas dormir, sans emporter au lit un petit « Je t’aime ». Les rêves sont mes mains qui te trouvent en nos paupières fermées.

C’est la nuit que je vois la grandeur de l’invisible.

Je ronfle de toi. Je parle de toi. Je t’écoute de toi.

C’est fou. C’est là. C’est une lumière qui brûle la toute petite pâleur des jours.

Alors, je rêve. Qui sait si ce n’est pas la réalité?

Je ne dors jamais de toi, au fond. Je dors de NOUS…

L’amour est un matelas tout doux, et tous mes souffles alentis s’en vont vers toi.

À côté. Tout prêt.

Prêt à te nourrir du vent, de l’air, et des vents envoyés quand je soupire en tes lèvres.

Si seulement tu pouvais palper mes frémissements.

Si seulement tu pouvais faire l’amour à mes frissons…

Tout chauds…

Si seulement je pouvais faire jaillir une fleur de toutes les couleurs que tu dessines en mon âme! Je serais la terre qui fabrique la tige pour que tu vives!

Je serais pour que tu sois.

Aujourd’hui j’ai vu la neige.

Aujourd’hui j’ai vu le vent.

Entrer en moi, comme les frissons quand je songe  à toi,  souvent.

Aujourd’hui de tous les hier sans temps.

L’éternité ne vit jamais en même temps.

Des yeux de mon corps, je frôle ceux des lumières.

Traversant ma chair jusqu’au creux d’une étoile oubliée.

Ma rose est un souvenir, mes vers pâles envoyés.

Petit poète d’été, qui n’a que des mots pour te  parler.

Les lettres en lueurs, essayant de tracer

L’alphabet de ta beauté.

Avant de te connaître, je ne savais ce que signifiait dormir.

Dormir, sert à aimer. Maintenant, je sais.

C’est comme le chat silencieux au pied du lit qui nous lit et nous relie.

C’est comme le lien entre le frisson d’une fleur qui boit, au matin, la rosée.

C’es chercher à savoir, aux ombres du ressentir.

Tout frémir.

Doux frémir.

Je ne peux pas dormir, sans emporter au lit, en fermant les yeux, le mystère de la Vie.

Personne ne comprend les fleurs.

Personne ne comprend les frissons.

Alors, ce soir, j’irais dormir, pour ne pas comprendre

C’est là que se retrouvent la couleur et les tiges…

Et toi, en attente…

© Gaëtan Pelletier

The Rose – Bette Midler

۪۫۰ ♫j♥j♫۰۪۪۫۫●۪۫۰ ۰۪۪۫۫♫♥♫●۪۫۰♫♥♫ ۰۪۪۫۫●۪


Some say love it is a river
that drowns the tender reed
Some say love it is a razer
that leaves your soul to blead

Some say love it is a hunger
an endless aching need
I say love it is a flower
and you it’s only seed

It’s the heart afraid of breaking
that never learns to dance
It’s the dream afraid of wakingthat never takes the chance
It’s the one who won’t be taken
who cannot seem to give
and the soul afraid of dyingthat never learns to live

When the night has been too lonely
and the road has been too long
and you think that love is only
for the lucky and the strong
Just remember in the winterfar beneath the bitter snows
lies the seed
that with the sun’s love
in the spring
becomes the rose

Happy Together- The Turtles

France:500 milllions « pour l’emploi », des milliards pour les banques

On mesure aisément ce que pèse l’emploi, donc l’économie réelle, dans la balance présidentielle en comparaison de l’importance accordée à l’activité financière, éminemment parasite.

Les chiffres du chômage en 2010 ont été mauvais. D’ici 2012, il faudra les embellir afin que le bilan de Nicolas Sarkozy soit, en apparence, acceptable. Ainsi, pour faire illusion, une petite injection d’un demi-milliard fera l’affaire. Publics cible : les jeunes et les chômeurs de longue durée. Au menu : apprentissage pour les premiers, contrats aidés ou formations qualifiantes pour les seconds.

Effet d’annonce

L’impact pourrait être réel mais absolument pas pérenne, explique L’Expansion. Les mesures proposées, qualifiées de «plan sans précédent pour l’emploi» par notre président, vont faire baisser rapidement les chiffres du chômage (par un jeu de transfert des catégories ABC vers les D ou E), mais le recul ne sera pas durable.

En ce qui concerne les jeunes (objectif : 450.000) qui seront orientés vers une formation en alternance, rien ne garantit que les employeurs les embaucheront à l’issue de leur contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Car ces formules, bénéficiant d’importants allègements de cotisations, permettent avant tout de combler des postes à peu de frais. On peut, d’ailleurs, y voir un parallèle avec les stagiaires que les entreprises, après les avoir exploités jusqu’au trognon, jettent et remplacent à l’infini…

En ce qui concerne les chômeurs de longue durée, qui sont plus d’un million et demi (mais il n’est question que des 680.000 inscrits en catégorie A), Nicolas Sarkozy promet d’abord des «formations qualifiantes»… alors que les crédits manquent ! Puis il nous ressort les bons vieux contrats aidés — il y en aura 440.000, soit 50.000 de plus par rapport aux 390.000 initialement budgétés — dont l’intérêt est purement statistique. Par contre, en matière de réinsertion professionnelle, on repassera… Ces contrats, eux aussi, permettent aux employeurs de combler des postes à moindres frais : l’effet d’aubaine est maximum.

Quant aux conseillers Pôle Emploi qui devront les recevoir malgré les suppressions de postes, on leur souhaite bon courage. Ceux qu’on ne réussira pas à caser d’ici 2012, il serait souhaitable de s’en débarrasser. On suppose qu’à cette occasion le nombre de radiations risque de monter en flêche, car quand Xavier Bertrand déclare qu’«à la fin de cette année 2011, il faut que le chômage ait baissé», on a toutes les raisons de trembler.

Infantilisation

Nicolas Sarkozy affuble les chômeurs des habits de la pénibilité : «… C’qu’est pénible, c’est d’être au chômage. […] Cet argent va nous permettre de faire recevoir dans les trois mois tous les chômeurs de longue durée et de proposer à tous les chômeurs de longue durée soit une formation qualifiante, soit un emploi pour ne pas les laisser chez eux», a-t-il déclaré dans son style délié.

Vous remarquerez que Nicolas Sarkozy ne parle pas d’une formation qualifiante « de leur choix » (car, chômeur, tu ne l’as pas) et qu’en matière d’emploi, il élude toute notion qualitative (salaire, pérennité…), le but étant que ces gens ne restent pas à la maison sans rien faire jusqu’aux élections présidentielles, point. Or, si les chômeurs sortent de chez eux, c’est pour chercher un emploi et gagner de l’argent, pas pour rester pauvres et végéter dans les activités occupationnelles sans réelles perspectives qu’on leur aura imposées pour des motifs statistiques.

Farce électoraliste

Quant à son radotage sur les « 500.000 offres non pourvues » — qui sous-entend qu’il y a encore du boulot en France mais que ce sont les chômeurs qui ne veulent pas travailler —, il ne repose sur rien. Idem lorsqu’il tape sur les 35 heures, cause de tous nos maux. Mais quand Sarkozy ment, il n’y a jamais personne pour le contredire…

Alors que c’est l’intérim qui tire tout et que les créations d’emploi demeurent poussives, que la défiscalisation des heures supplémentaires — sur laquelle il ne veut pas revenir — aggrave le chômage et que les subventions publiques favorisent les délocalisations, ces 500 millions «pour l’emploi», dégagés par des économies qui seront faites sur d’autres ministères, relèvent de la farce. Nicolas Sarkozy est en campagne, il commence à nous régurgiter les mêmes arguments qu’en 2006 et, surtout, ne voit qu’à court terme.

Lutter contre le chômage n’a jamais été le but. A grands coups de milliards, le système bancaire et la finance s’en sont sortis haut la main : nous, citoyens, n’avons pas fini de le payer. Mais pour maquiller un redressement de l’emploi totalement fictif d’ici 2012, ce petit demi-milliard jeté en pâture suffira bien.

SH

SOURCE: ACTU-CHÔMAGE

http://www.actuchomage.org/2011021214252/Social-economie-et-politique/500-millions-lpour-lemploir-des-milliards-pour-les-banques.html

Éducation : Jean Charest et ses Apple sur nos têtes

Robin des Bois est un héros archétypal du Moyen Âge anglais. Selon la légende, telle qu’elle est répandue aujourd’hui, Robin des Bois était un brigand au grand cœur qui vivait caché dans la forêt de Sherwood et de Barnsdale. Habile braconnier, mais aussi défenseur des pauvres et des opprimés, il détroussait les riches. Avec ses nombreux compagnons, il redistribuait ensuite le butin aux pauvres. ( Wiki)


Note de l’auteur : Un Robin des bois néolibéral c’est comme la matière et l’antimatière.

La tendance actuelle des sociétés et de leurs « dirigeants » est de voler les pauvres pour  que les riches puissent engranger leurs profits dans des paradis fiscaux.

En 2008, on évaluait les sommes placées dans des paradis fiscaux à environ 12,000 milliards de dollars.

Si on avait été respectueux des êtres humains, de leur milieu, la faim dans le monde aurait baissée, quasiment éradiquée.

Quand un néolibéral investi, un estomac rapetisse. Simplement parce qu’à force de ne pas manger, l’estomac s’adapte à son « nouveau régime ».

Ou alors, il meurt.

Ça ne fait pas pleurer un néolibéral…

***

«Si les enfants ont faim, apprendront-ils vraiment mieux si on les place devant des machines?»

Pierre St-Germain, président de la Fédération autonome de l’enseignement, qui représente 27 000 enseignants, était très sceptique, mercredi après-midi, après avoir entendu le discours inaugural de Jean Charest.

Que le gouvernement s’apprête à doter chaque enseignant d’un portable et à installer un tableau interactif – «des tableaux blancs intelligents» – dans chaque classe lui semble hautement ironique, dit-il, au lendemain du cri d’alarme de la Commission scolaire de Montréal, qui voudrait que les élèves défavorisés soient nourris gratuitement le midi.

«À des problèmes très humains, on répond par de la quincaillerie», déplore M. St-Germain. Cyberpresse

Si Jean Charest était Robin des bois, ce n’est pas moi qui me placerais une pomme sur la tête pour attendre sa flèche. Je ne sais si les ordinateurs seront des APPLE, mais pour le moment, c’est une recette sans doute fromentée par des conseillers qui ont des idées, mais les deux pieds dans l’eau. À force de jouer aux branchés ils vont électrocuter toute une  société.

C’est louable… Mais c’est comme abonner les gens du Kenya au canal cuisine.

Le grand écart entre la réalité de terrain et la fiction dans laquelle se perdent tous les spécialistes de l’éducation est un Grand Canyon à visiter. Mais ce n’est pas une école.

Enseigner, c’est simplifier.

On a faim. On demande une pomme. On reçoit un Apple.

Ce n’est pas le peuple qui est devenu cynique par rapport aux politiciens, ce sont les politiciens qui n’ont plus de boussole. Les voilà devenus techno, où tout se règle par une bébelle.

Le ministère de l’éducation, nommé MELS, en est au stade de l’émission Virginie.

À ne rien comprendre aux problèmes des écoles on ne peut pas trouver de solutions adéquates, ni régler le TOUT par des ajouts parcellaires de ce qui ne fonctionne pas.

Mais la farce la plus drôle va à l’embauche de directeurs en sus pour régler le problème avec la formule «monitorage continu des données de réussite». On appelle cela : « une gestion axée sur les résultats ». CentPapiers

Gestion. Gestion. Gestion. Idées (sic)

La gestion n’a rien à voir avec l’école. Il y a déjà trop de gestion. Il faudrait en enlever, pas en ajouter. Et cesser de tyranniser les enseignants qui tentent d’appliquer les recettes de boulettes suédoises, de pâté chinois, et de mets rancis saupoudrés d’épices pour en camoufler la « malodorance. »

Une sixième année en anglais

Tout comme M. St-Germain, M. Parent se demande bien comment s’articulerait sur le terrain l’idée que les élèves passent la moitié de leur sixième année en anglais. «?En ce moment, on n’a certainement pas les enseignants pour cela. Ce n’est pas mieux si on se retrouve avec des classes où l’enseignant n’est pas plus à l’aise en anglais que les élèves qu’il a devant lui.» . Cyberpresse

L’idée est assez …impropre. Depuis des décennies que les étudiants ont des difficultés en français. Because les gourous du ministère qui parlent un langage d’initiés livresques, une sorte de jargon crémeux, comme des chefs cuisiniers qui se passent leurs recettes entre eux, s’entartrent mutuellement en se donnant des 5 étoiles pour les formules abracadabrantes qu’ils peuvent cracher de leurs neurones disjonctés.

Je suis pas mal, moi aussi…

Je défie n’importe qui au ministère de se lancer dans un tel projet dans le Bas-du-Fleuve, au Saguenay, ou encore dans le centre du Québec.

Ce serait plus réaliste d’envoyer tous les élèves du Québec à Vancouver pendant un an.

Là, Monsieur Farine Robin Hood, il y aurait plus de farine que d’eau dans la recette dite éducative.

Au moins, on a une définition du néolibéralisme lié à la farine.

On se fait rouler dans la farine…

Au début du XIXe siècle, le verbe « rouler » signifiait « duper, tromper ». La « farine » quant à elle symbolisait des arguments factices, de « belles paroles ». « Se faire rouler dans la farine » signifie que l’on a été dupé par des arguments trompeurs. L’internaute