Archives mensuelles : décembre 2011

Little Miss Higgins – Me And My Gin

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Merry Christmas, les pauvres!

… ou plutôt : « Happy Holiday Season» !
Car, aux Etats-Unis, parler de « Noël » uniquement, c’est omettre tous les autres jours de fêtes religieuses qui ont lieu entre novembre et décembre : Noël, certes, mais également le lendemain de Noël (appelé « Boxing day », qui n’est pas le jour où on se livre à la boxe, quoique, mais le jour où on s’offrait traditionnellement les cadeaux), le 1° janvier, Hanoukka, l’Epiphanie, et Thanksgiving. Mais toutes ces fêtes religieuses, qui dégoulinent de bons sentiments et de guimauve, sont, évidemment, autant de prétextes à pousser à la consommation.
On ne se souvient peut-être pas, mais Bush avait annoncé joyeusement, trois mois après 9/11 , que les citoyens américains, pour narguer les « terroristes » qui avaient encastré des avions dans des bâtiments hautement symboliques, devaient tous … se précipiter dans les magasins pour faire des achats.
Quel cynisme et quelle misère intellectuelle.

onachevebienleschevaux.jpg
Photo tirée du film de Sydney Pollack « On achève bien les chevaux » (1969)
Voir des extraits ici

Cela n’empêche pas de s’intéresser aux miracles de Noël et à la charité bien ordonnée en cette période spéciale, surtout s’ils émanent de généreux donateurs comme les grands groupes privés.
La famille Klein, classe moyenne, blanche, habitait dans une maison dans les “suburbs” – villes à la périphérie des villes où s’est installée la « middle-class », bourgeoisie et petite bourgeoisie blanches, pour échapper à la mixité, qu’elle soit raciale ou économique, ou les deux.
Ca, c’était jusqu’à relativement récemment, où le capital n’avait pas encore décidé de s’attaquer directement à la middle-class blanche, du moins, où il avait commencé par les plus vulnérables, la classe ouvrière, noire, en particulier.
Une classe ouvrière qui avait pu accéder à la propriété et au paradis capitaliste, grâce à des emplois manuels bien rémunérés, accompagnés de protection sociale, comme l’assurance-maladie, payée, alors, par les patrons, mais qui avait perdu tout cela quand ces derniers avaient mis la clef sous la porte pour exporter la production et les emplois à l’étranger.
Et c’est ainsi que ces travailleurs s’étaient retrouvés au chômage ou avaient été obligés d’accepter des emplois deux fois moins payés et sans couverture médicale, dans le secteur des services, cumulant, si possible, plusieurs emplois pour joindre les deux bouts.
Pour revenir aux Klein, le sort s’est brusquement acharné contre eux ; le père, qui travaillait chez Ford, s’est retrouvé brutalement au chômage et leur fille souffre d’un cancer au visage.
N’ayant pas d’assurance-maladie, les Klein ont dû débourser jusqu’à présent plus de 100 000 dollars pour les dépenses médicales. Complètement ruinés, ayant, de surcroît, perdu leur maison, ils vivent désormais chez des voisins.
Une bien triste histoire, certes, mais une histoire banale à pleurer aux Etats-Unis aujourd’hui.
Mais la famille Klein a, dans son malheur, eu la « chance » d’attirer l’attention de l’émission Today, de la NBC.
Greg Palast raconte le reportage qu’il a vu dans : “ My Declaration of War on Christmas”, paru le 24 décembre 2011 .
« Today nous parle du ‘nouveau visage de la pauvreté en Amérique’.
En introduction, Today explique :

‘Plus de 49 millions d’Américains vivent actuellement sous le seuil de pauvreté et un certain nombre d’entre eux, comme la famille que vous allez voir se sont retrouvés ruinés à la suite de deux coups durs simultanés : la perte d’emploi et un très grave problème de santé’.

Oui, mais, voilà, les Klein, cette fois-ci ne sont pas passés à côté de la chance.
Et c’est ainsi que le “merveilleux personnel de Walmart leur a ouvert ses magasins, ses rayons et son cœur”, exulte celui (ou celle ?) qui annonce le reportage.
Un(e) responsable des relations publiques de chez Walmart explique aux Klein que la solution à leurs problèmes, c’est « faire du shopping » (cf. Bush, cité plus haut, même remède-miracle).
Parmi les articles offerts gracieusement par la maison Walmart aux Klein, il y avait des ordinateurs portables, un livre électronique Kindle, un téléviseur écran géant et toutes les merveilles que vend la multinationale qui casse les prix en exploitant les producteurs, les sous-traitants, et les employés qu’elle appelle cyniquement « associates », et qui, sous payés, n’ont souvent pas les moyens de souscrire à l’assurance-maladie que Walmart propose.
Voilà, donc, les Klein qui ressortent du magasin chargés de cadeaux encombrants et qui n’ont même pas de maison à eux pour les y installer, et pas d’argent pour payer l’électricité pour les faire fonctionner. Mais qu’importe ! A cheval donné, on ne regarde pas les dents.
Mais, ce n’est pas tout. Le commentateur annonce que Walmart leur offre le voyage en avion pour New-York où ils pourront aller dans l’émission Today rencontrer les deux animateurs. C’est pas une chance, ça ? Le chômage longue durée, la maladie de leur fille, ne sont que des aléas de la vie qui seront vite oubliés grâce à tout ce bonheur qui leur tombe dessus.
Et comme si tout cela ne suffisait pas : Walmart annonce qu’elle va payer les frais médicaux des Klein pendant toute une année !
Merci qui ?
Merci Walmart !
Et merci à tous ceux qui ont souscrit l’assurance-maladie de Walmart dont les remboursements seront encore plus limités pour faire de la place aux Klein.
Mais c’est ça, la solidarité, non ? On ne peut tout de même pas laisser une famille dans le désespoir le jour de Noël. Ce serait trop cruel.
Cette séquence de l’émission était, je vous le donne en mille, sponsorisée par … Walmart.
Alors, bon, pas besoin de faire un dessin, le cynisme de ces gens-là est incommensurable.

Dans le même ordre d’idée, il y a eu aussi le coup de marketing de Nike qui a tourné, de façon prévisible, à l’émeute – le nombre de paires de chaussures commercialisées étant bien inférieur à la demande.
 »La faute à qui? », disent les mêmes cyniques. La faute aux gens, qui ne sont vraiment pas raisonnables, et que la police est obligée de bousculer, au risque de se faire mal.
Pendant ce temps-là, au Congrès US, il était question de voter pour ou contre la prolongation des indemnités pour les chômeurs longue durée.
En temps ordinaire, cette indemnité n’est plus versée au bout de six mois de chômage. Cependant, depuis le début de la récession en 2007, le Congrès avait prolongé cette période d’indemnisation jusqu’à 99 semaines.
Or, selon le ministère du Travail, plus de 2 millions de chômeurs longue durée étaient susceptibles de perdre leurs aides (en moyenne 300 dollars par semaine) d’ici Noël.
Les démocrates proposaient de prolonger à nouveau la période d’indemnisation, mais les républicains et certains démocrates conservateurs s’y opposaient farouchement, disant que cela coûterait trop cher à l’Etat, et augmenterait encore la dette qui s’élève à près de 14 mille milliards de dollars.
Une paille. La faute à ces fainéants de chômeurs, probablement.
Cette prolongation a, finalement, été votée au Congrès le … 23 décembre dernier. Ric-rac, quoi.
Ce qui ne veut pas dire que les démocrates sont des bons samaritains, mais qu’ils flattent leur électorat (ou plutôt, essaient de le récupérer) à peu de frais.
D’autre part, tout étant privatisé, cet argent public va directement dans la poche du privé. Gaz, électricité, assurances et tout ça. Un transfert tacite du budget de l’Etat vers les multinationales – qui ne peuvent pas perdre, hein ? Ses deux Pitbulls veillent, chacun à sa manière.
Car, élus républicains et démocrates sont bien chacun dans leur rôle, et s’entendent comme larrons en foire pour faire des frayeurs aux sans grade dans la mouise et les culpabiliser en leur donnant l’aumône. Question qu’ils ne se révoltent pas pour exiger des emplois de ces groupes privés qui leur rient au nez et qui sont les vrais et les seuls bénéficiaires de la manne publique.

Quant à l’assurance-maladie, eh bien, il y a toujours plus de 40 millions de personnes aux Etats-Unis qui n’ont pas d’assurance. L’ « Obama Care » est censé être mis définitivement en application sur le plan national d’ici … 2016 ! Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, donc. Une « réforme » « urgente » qui prend autant de temps à se mettre en place? c’est du jamais vu.
Mais, de toute façon, cela n’arrangera rien du tout. Simplement, grosso modo, tous les citoyens USaméricains auront l’obligation de prendre une assurance-maladie (quelles que soient les prestations qu’elle offre et à quels tarifs) sous peine d’amende fiscale.
Et, donc, ceux qui prendront une assurance minimum pour payer un minimum, auront des remboursements ultra-minimum.
Et je doute que les Klein auraient bénéficié de remboursements de soins pour leur fille avec une assurance-plancher.
Mais tout cela, c’est terriblement terre-à-terre et pessimiste en cette période de « Happy Holiday Season ».
En plus, on ne peut pas vraiment se plaindre : à part les bombardements de routine, ça fait près de deux mois qu’ils n’ont pas jeté de bombes au phosphore sur de nouvelles populations innocentes. Alors, HEIN?

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2011/12/28/Merry-Christmas%2C-les-pauvres!

Prescrire ou guérir ? Le tabou qui tue

Si Big Pharma contrôlait l’industrie  automobile…

1.            Une intermédiaire coûterait plus de 2 millions $CA, avec une marge de profit de 15 000%

2.            La même voiture se vendrait au Mexique pour moins de 5 mille dollars.

3.            Les démarcheurs des grands manufacturiers inciteraient le Canada à intensifier le contrôle et la surveillance, sinon la répression, des vélos, des trains, des avions, des autobus, des gymnases, des souliers de marche, des métros. ( Source )

Croyez-vous ? J’ai cru… Mais cette histoire de H1 N1 l’an dernier m’a fait douter… Un milliard c’est beaucoup de fric et n’a-t-on pas été un peu beaucoup complaisant avec médecins, pharmaciens, tous ces hommes en blanc bien plus présents que les hommes en noir de sinistre légende ? Alors, mes cousins chéris, j’ai une petite nouvelle pour vous : il y a au moins un dossier qu’on traite au Québec avec plus d’insolence que chez-vous… Celui de la santé.

Comme je viens souvent m’abreuver aux mamelles de la mère-patrie dont Avox est l’appétissant mamelon, je crois juste et bon de vous faire partager quelques indices qui nous arrivent de toute part et nous inquiètent. Le plus grave des non-dits, le pire tabou dans notre société, celui qui tue, n’est-il pas celui qui nous laisse croire que toutes ces pilules et ces vaccins qui ont fait de la Sécu la plus menacée des baleines ne nous font toujours que du bien ?

Il y a quelques mois, une petite fissure dans la digue. Pas un vandale qui vient détruire, un vrai médecin qui s’nterroge : est-ce que le client en a vraiment pour son argent ? Puis c’est une autre question qui se pose : ce client qui devrait d’abord être un patient, est- ce qu’on le suit vraiment d’assez près quand on a accompli le rituel de le médicamenter ? Encore une fois, c’est un médecin qui parle…

En septembre, c’est un petit coup d’épingle sur ce que font les pharmaceutiques. On s’en doutait, mais un peu navrant, tout de même… En octobre, c’est l’acharnement préventif, le futur ’humain » de la médecine moderne qui est sur la table, opéré à coeur ouvert.

Tout ça sans méchanceté, sans vitriol, quelques remarques constructives entre professionnels animés d’un même idéal… Là où j’ai vraiment débarqué du char triomphal de la médecine salvatrice, c’est il y a deux semaines, quand j’ai appris qu’au Canada on mettait à mal les organismes chargés de contrôler ce que le système fait et vend aux consommateurs-patients.

Je n’ai pas été rassuré ni consolé d’apprendre qu’on lui faisait la même chose en Angleterre. En France aussi, avec cette odeur de soufre qui se dégage d’une possible connivence entre le fabricant SERVIER du produit Mediator contre l’obésité et l’AFSSAPS. Une bavure qui s’est prolongée 33 ans et dont on soupçonne que sont décédé des centaines de patients, par lésions parfois fatales aux valvules cardiaques…

Je n’ai rien vu ici sur le sujet. J’ai jugé qu’il valait la peine d’en parler… Voyez-moi comme le cousin prodigue qui revient….

Pour chapeauter tout ça, si la vie vous intéresse et que les tabous vous ennuient un peu, il y a le livre-phare de Hadler, récemment traduit en Français par Fernand Turcotte M.D, qui parle des maladies de l’Inquiétudes … ou comment gagner sa vie et vous faire perdre la vôtre en vous faisant très peur… Hadler n’est pas un rigolo. Turcotte n’est pas un inconnu en France (Prix du livre 2007 attribué par le périodique français Prescrire)  !

Il faudrait peut-être qu’on méfie un peu plus de ceux qui pensent qu’il vaut mieux prescrire que guérir…

Pierre JC Allard

Dick Cheney admet avoir fait abattre le Vol 93

 

L’industrie cinématographique a fait des passagers du Vol 93 des héros luttant contre les terroristes. Il semble de plus en plus évident que les avions de chasse américains aient abattu l’appareil en vol.

IMDB

RÉSUMÉ:

11 septembre 2001. 4 avions sont détournés par des terroristes dans le but d’être crashés à New York et à Washington. 3 atteindrons leur cible, pas le vol 93.
En temps réel, les 90 minutes qui se sont écoulées entre le moment où l’appareil a été détourné et celui où il s’est écrasé après que ses passagers, mis au courant par téléphone portable des attaques contre le World Trade Center à New York, eurent décidé de se sacrifier pour éviter que l’appareil atteigne Washington.  AlloCiné

 

Lors de son audition du 13 septembre, le général Myers, chef de l’état-major interarmes, expliqua que les avions de chasse mobilisés avec mission d’intercepter et autorisation d’abattre les avions piratés étaient arrivés tardivement à proximité du vol 93 — quelques instants avant qu’il ne s’écrase (10 h 03) — et qu’ils ne l’avaient pas abattu. En annexe du film inspiré des événements, une note précise que le président a fini par autoriser les avions de chasse à abattre les avions détournés, mais que des officiers n’ont pas transmis l’ordre.

Les réponses tardives ont alimenté les spéculations selon lesquelles l’armée aurait abattu le vol 93, y compris de la part de médias ne remettant pas en cause la responsabilité d’Al-Qaïda8.

Les partisans des théories du complot à propos des attentats du 11 septembre 2001 citent souvent les propos du secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld, qui, dans un entretien avec le général de brigade James Marks le 24 décembre 2004 réalisé par CNN, stigmatisait « les gens qui ont attaqué les États-Unis à New York, ont abattu l’avion au-dessus de la Pennsylvanie et attaqué le Pentagone »9.

Wiki

Dispersion des vestiges

Profil du vol de l’avion

Selon les récits de témoins, l’avion a piqué brusquement du nez, est tombé comme une pierre et s’est pulvérisé au sol, le kérosène explosant en une boule de feu. Le profond cratère dessinant l’empreinte de l’avion dans le sol meuble de cette ancienne mine à ciel ouvert manifeste la verticalité de l’impact. Par ailleurs, deux ensembles de débris retrouvés au sud de l’Indian Lake et à New Baltimore, à 3 et 12 km de l’impact, se trouvent alignés avec un moteur (unique pièce de taille notable retrouvée, à 600 mètres de l’impact). L’impact principal est à faible distance de cet alignement, signalant peut-être une dérive des débris après leur séparation d’avec l’avion (…)

Bill Wright pilotait un petit monomoteur Piper lorsqu’il se trouva en vue du vol 93, à une distance de 5 km environ. Il reçut alors l’ordre de s’éloigner le plus rapidement possible et d’atterrir au plus proche aéroport12. Il déclara ensuite sur une chaîne TV de Pittsburgh : « Une des premières choses à m’avoir traversé l’esprit quand ils nous ont dit de nous éloigner au maximum et le plus vite possible [de l’avion], c’est qu’ils s’attendaient à ce qu’il explose, ou qu’ils allaient l’abattre depuis le sol. Mais c’est de la pure spéculation13. »

 

 

Le cadeau

 

L’aviation civile américaine (FAA) a souligné que ses inspecteurs déployés au Pôle Nord avaient donné leur aval pour le passage du traîneau du Père Noël dans le ciel américain et étaient revenus impressionnés par la technologie utilisée sur l’engin.

« La technologie de liaison avec des satellites que les elfes ont installé sur (le traîneau) +Santa One+ permettra au Père Noël de voyager en sécurité et d’être à l’heure sur tous les toits », déclare la ministre des Transports Ray LaHood dans un communiqué.

Selon la FAA, le Père Noël et ses rennes voleront à une altitude de 50.000 pieds (15 km) –plus haut que tous les vols commerciaux. Voilà.fr

***********************************

L’horloge du père Noël indiquait 09h11. Il venait tout juste de terminer sa livraison de cadeaux au Canada, et s’apprêtait  à traverser la frontière des États-Unis.

Assis dans son grand traîneau qui commençait à avoir de l’âge, il arborait un grand sourire à la vue des étoiles pétillantes.  Peu de gens avaient eu la chance, dans leur vie, de voir ainsi la Terre. Au-delà de tous ces picotements lumineux, de soleils lointains, de galaxies, les terriens, avec leurs décorations de Noël paraissaient vouloir copier la voie lactée.

***

Quand John Jones vit sur son radar cet OVNI, il demeura perplexe. L’objet disparut un moment, mais revint quelques secondes plus tard.

Louche.

Il mit en branle l’alerte en appuyant sur un bouton rouge.

–          C’est le père Noël?

–          Il n’était pas censé prendre ce couloir aérien… Trop bas. C’est sans doute un drone…

–          Pas de chance  à prendre.

 Juste à côté de celui-ci, s’y trouvait une carte de souhaits d’un de ses enfants.

Papa,

Je te souhaite le plus beau des cadeaux. Celui que tu désires.

Ton fils, John Junior, Jones.

Les deux appareils décolèrent de la base et rejoignirent en quelques minutes le traîneau du père Noël.

Le pilote écarquilla les yeux :

–          Tu vois ce que je vois?

–          Le père Noël…

–          Ouais! C’est sûrement une mauvaise blague.

–          On devrait le descendre…

–          Ah! Ah! Ah!

Les deux chasseurs passèrent si vite, qu’ils n’eurent pas le temps de voir vraiment ce dont il s’agissait. On décida alors d’envoyer un hélicoptère pour intercepter le père Noël.

Pendant ce temps, à la base, les radars furent criblés de point lumineux sillonnant le ciel. Comme s’il y avait des milliers de pères Noël en provenance du Grand-Nord.

***

L’hélicoptère se plaça à la droite du traîneau et fit signe au conducteur de se ranger…vers le bas.

Un bras s’agita pour les saluer.

Et lorsque le moment vint d’atterrir, le traîneau prit la forme d’un serpent multicolore, dans une descente en volutes mouvantes.

Les gens de la base restèrent figés sur place.

L’escouade d’intervention tactique était déjà là pour accueillir l’intrus. On se lança en direction du « vaisseau louche ».

–          Les bras en l’air. Ne bougez plus…

–          Vous avez le droit d’avoir un avocat…

Son compagnon lui donna un coup de coude et lui fit signe que non.

–          C’est vrai! J’avais oublié.

–          Et le 5e amendement? Je ne me souviens plus lequel…

Une file de blindés entoura l’attelage. On courut vers le père Noël et on le fit s’étendre sur le sol; coups de pieds, menottes, puis on le passa à l’interrogatoire selon les normes établies pour la lutte  contre le terrorisme.

–          Nous avons notre terroriste! , clama le chef du bataillon.

Le père Noël continuait de rigoler, un peu pompette, entouré de silhouettes noires. Pendant qu’à l’extérieur, on se demandait que faire avec les rennes. Mais ce qu’il y avait de plus singulier dans le traîneau c’était cette boîte unique qui mesurait 8 pieds de long par 5 pieds de large.

–          Un missile?

–          Je ne sais pas. Détachez les rennes du traîneau. Ce sont sûrement des montages électroniques.

Il agrippa  son Walkie-talkie pour contacter  son supérieur.

–          Je ne sais trop que faire de ces bêtes… On dirait qu’elles sont …véritables. Et beaux… Ça me rappelle mon enfance.

–          Vous êtes bien naïfs!  Faites-moi exploser tout ce troupeau. Pas de tirs d’armes légères : des roquettes.

Vingt-cinq roquettes furent lancées d’un coup. Le troupeau de rennes se transforma en une gigantesque explosion de morceaux de chair et de  giclures de sang  qui picotèrent d’un rouge vif les bâtiments.

***

Pendant ce temps, le père Noël avait été dénudé, fouillé jusqu’aux entrailles, rasé. Plus de barbe blanche, mais un facies affaissé. On le pria de ne pas sourire pendant la photo.

–          Propre comme un américain! Se moqua un soldat.

On rigola un moment puis on se mit au travail.

Quatre types  pénétrèrent dans la pièce. Chemises blanches, cravate, armes à la ceinture.

L’interrogatoire débuta.

–          De quoi suis-je accusé?

–          La liste est longue, mais elle n’est que sommaire. Intrusion dans le territoire des États-Unis d’Amérique, terrorisme, port d’armes, complot, espionnage, transport de produits périssables, conduite en état d’ébriété. Etc. Mais, avant tout, il nous faut connaître les sources de vos agissements. Cela pourrait écourter votre séjour dans un camp FEMA.

–          Eh! Oui, Jimmy…

–          Comment connaissez-vous mon nom? Allez  z fouiller le réseau pour trouver le profil de cet homme : sa religion, son passé, tout, tout, tout.

–          Je te connais, mon cher Jimmy, parce que l’enfant que tu étais m’avait demandé un jeu  : Spy Game.

–          Je ne l’ai jamais eu. Erreur, monsieur…

–          Je sais.

Puis il se tourna vers les trois autres.

–          Toi, Robert, tu m’avais déjà demandé un livre sur l’assassinat de Lincoln. Toi, Kevin, des outils en plastique; tu voulais devenir menuisier ou constructeur de maisons.

–          Et Steve?

–          Un camion de pompier…

–          Comment savez-vous tout ça.

Silence.

Il haussa les épaules en riant.

–          Je suis le père Noël…

Le colonel soupira :

–          C’est à prouver… Il y en a des centaines dans le ciel des États-Unis d’Amérique en ce moment.

***

–           Où en êtes-vous?

–          Il reste la boîte, mon Général… Qu’est-ce qu’on en fait? Une boîte oblongue, assez lourde, mais impossible de détecter du métal à l’intérieur…

–          Pas de trace de radiation? C’est un piège. Faites- la sauter… Mais dans un hangar blindé pour que l’on puisse la remonter de toutes pièces, morceau par morceau.

La déflagration eut lieu quelques minutes plus tard. Le père Noël, l’entendant, demanda aux quatre hommes ce qui se passait.

–          On a fait exploser votre bombe.

–          Une bombe? Ah! Ah! Ah! C’est la cote que je vous donne pour votre découverte.

–          Alors! Qu’est-ce que c’est?

–          Un vieux cadeau… Bien vieux!… Il a été là depuis les débuts de l’humanité…

Les deux hommes se regardèrent, intrigués.

***

Pendant des heures, on tenta de reconstituer le cadeau que l’on avait fait exploser. Mais les morceaux étaient si  infimes et grêles, presque en poussière,  qu’on ne put vraiment savoir ce dont il s’agissait.

–          Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir, dit l’homme en se gratouillant la tempe : lui demander.

On se dirigea alors vers la cellule du prisonnier pour tenter de savoir ce que contenait cette boîte. On fit ouvrir la cellule. En y entrant, on ne trouva que le costume du père Noël. Rien d’autre. Pas de trace du « personnage ». En quelques heures toutes les chaînes de télévision accoururent sur les lieux de « la prise » et pénétrèrent dans une grande enceinte, dans une excavation souterraine pour la première fois ouverte aux journalistes.

On pouvait voir du ciel les camions et les hélicoptères qui se dirigeaient vers la cellule du prisonnier le plus célèbre de l’année. De sorte que le ciel fut obstrué par une multitude de points qui engorgèrent les radars.

Et au moment où le colonel fouilla le costume, on y découvrit une photo.

Le gardien responsable des lieux contacta son supérieur, affairé, qui lui répondit :

–          Une photo? C’est ridicule! Brûlez-la.

Il tourna la photo à l’envers. La dame sur la photo, tenant une torche, parut s’enflamma lentement.

La tête de l’image avait la  tête sous l’eau, mais elle se consumait tout de même. Elle disparut sans savoir si elle avait été  noyée ou brûlée.

De la tête aux pieds…

Le gardien, nerveux, eut le temps de voir à l’envers un simple mot.

« Cadeau ».

La route vers soi: 3. La douceur

La douceur est comme une grâce  de l’âme,   capable d’exprimer son amour, capable de regarder sans broncher toutes les douleurs  et tous les ratés de l’humanité. Y compris les siens…

 Elle cherche la stabilité, comme la  rivière cherche la mer…

Après de longs parcours… Après des luttes de tumultes, s’aiguisant  aux berges de pierres. Elle sait rester et grandir dans sa constance.

 On peut aimer et s’attendrir sur une chose, mais ce n’est pas la chose qui nous parle d’amour, c’est la relation entre la chose et soi.

L’infini est caché sous toutes les empreintes de l’expression de la Vie. À nous de la découvrir.

Chaque moment est un pas. Et pas un pas ne mène nulle part…

Il faut simplement avoir la volonté de marcher. Parfois sans comprendre…

Demain est toujours un autre savoir.

Toute beauté retrouvée ne parle que d’amour, dont l’embryon est la douceur.

La douceur  abandon. Elle ouvre les yeux  sans   cligner. Il y a ceux qui savent  regarder. Il y a les autres qui voient l’échange entre les êtres et les beautés de l’univers, parfois cachée dans la détresse et la méchanceté.

Ceux qui ont peur.

Peur de soi, au fond…

Chercher la beauté, c’est chercher un peu de soi. Peu importe le chemin. La seule route qui mène à soi est celle que l’on trace. Mais toute notre histoire est contenue dans celle des autres. Et celle des autres est un atome de ce que nous sommes.  

Nous ne découvrons pas la beauté, nous la créons à tout moment : elle est là, et de par notre ouverture à l’ensemble, et cessant d’être un pour le seul « un »,  on se découvre à la magie de la création. Seule raison d’être en ce monde. L’humain est un aventurier de l’existence. La partie émergente de son être est sculptée pour ce monde matériel. En même temps qu’elle y est enterrée.

Nous sommes tous aveugles à la grandeur de nos êtres. 

On  voit bien que les yeux fermés.

Même si c’est peu…

On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur.

Mais dans tout cœur se trouve le brouillard de l’enveloppe.  

La douceur qui se prononce  est le nid de l’amour.  Celle qui se tait, peut être le chardon qu’on nourrit  à la tige de nos êtres. Et tous le font… La fibre d’existence est fragile. Et certains se veulent  si forts qu’ils en brisent leur propre substance.

Qui se détruit un peu, même dans l’erreur, détruit un peu du tout des autres…

Personne n’est responsable de sa faiblesse. Mais celui qui possède de pouvoir a le pouvoir de briser davantage.

La  douceur est un  soupir qui s’arête et  se recueille. La douceur est comme une prière, silencieuse, à lèvres lentes, intérieure. Un murmure de la Vie.

Et le rire en est la fête. Un rire sans bruit, comme une visite du bonheur. Dans cet espace-temps, ce bonheur n’est que passager,  insaisissable. Tout notre être est une rechercher à le fixer. Comment fixer ce qui danse?

Comme un désir vorace qu’on nourrit de tout. En manque de clarté, on se contente d’ombres….

Certains meurent de faim, d’autres, inassouvis, de nourriture intérieure.

C’est par grains de sable qu’on peut percevoir l’étendu de la plage.

Les cœurs fermés sont les tombeaux de tous les autres.

Et c’est là le grand drame de la Vie : le séparable est la brisure nécessaire.

Pour un temps…

La Vie, ici, est de recoudre la manteau déchiré de l’éternité et du temps.

La douceur n’attend rien. On  meurt à attendre, on vit à ne rien attendre.  On vit par ce qui nous arrive, non par ce que nous désirons ce qui nous arrive.  

Aimer n’est pas un choix. C’est la conjugaison de verbes que nous sommes. Chacun est un mot, une syllabe. Un chant. Une phrase.

Dans la différence qui nous marque, dans la haine qui parfois nous démarque. Dans la réunion qui souvent nous touche.

La douceur est le  moule de tous les moules.

Un creuset.  

Sans elle, il n’y a pas de marche véritable vers soi.

Marcher vers soi, c’est avancer vers les autres…

Les autres, soi… Tout est inséparable.

Celui qui finit par connaître la plage, découvre enfin l’air humide de l’océan.

La chair n’est que le dépôt d’une vie, faite de sable, de rugosités, et de bruits des vagues provenant de l’intuition.

Être attentif… C’est tout. Méditatif.

La douceur est la souplesse toujours à se modeler pour se recevoir et faire des autres des hôtes.

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Joyeux Noël!

Toute vie est de naître et de ressusciter à tous les jours. Ne serais-ce qu’une virgule de changement.

Gaëtan Pelletier, 22 décembre 2011

Monsanto: paysans et suicides

Andrew Malone a rencontré les proches de Shankara Mandaukar, un cultivateur indien qui a choisi de mettre fin à ses jours, incapable de rembourser les dettes qu’il avait souscrites pour acheter des semences OGM. Certains estiment à 125 000 le nombre de paysans indiens qui auraient choisis eux aussi de mettre fin à leurs jours. Récolte après récolte, en raison des aléas climatiques mais également du rendement inférieur à ce que promettaient les vendeurs de semences, le fardeau de la dette accumulée a acculé ces hommes au désespoir.

 

Lorsque le Prince Charles a affirmé que des milliers de paysans indiens se suicidaient après avoir utilisé des OGM, il lui fut reproché de jouer sur la peur. En fait, comme le montre cette enquête, c’est encore pire que ce que l’on craignait.

Par Andrew Malone, Daily Mail, 3 novembre 2008

Les enfants étaient inconsolables. Prostrés dans le silence, sous le choc, et luttant pour retenir leurs larmes, ils se blottissaient contre leur mère, tandis que les amis et voisins préparaient le corps de leur père pour la crémation sur le bûcher embrasé, situé sur le sol craquelé et nu des champ derrière leur maison.

Tandis que les flammes consumaient le cadavre, l’avenir qui attend Gajanan, 12 ans et Kalpana, 14 ans est très sombre. Alors que Shankara Mandaukar avait espéré que son fils et sa fille auraient une vie meilleure grâce au boom économique que connaît l’Inde, ce qui les attend, c’est un travail d’esclave pour quelques centimes par jours. Désormais sans terre et sans toit, ils feront partie des plus pauvres, parmi les pauvres.

Shankara était un paysan respecté, un bon mari et un bon père, mais il s’est suicidé. Moins de 48 heures auparavant, et confronté à la perte de ses terres pour cause de dettes, il a bu un pesticide chimique.

Dans l’incapacité de payer l’équivalent de deux années de revenus, il était désespéré et ne voyait plus aucune issue

Sur le sol, on pouvait encore voir les traces qu’il avait laissées lorsqu’il se tordait, agonisant. D’autres paysans avaient regardé – sachant par expérience que toute intervention serait vaine – plié en deux sur le sol, hurlant de douleurs et vomissant.

Gémissant, il avait rampé jusque sur un banc devant sa petite maison située à 180 km de Nagpur en Inde Centrale. Une heure plus tard, tout son cessa et sa respiration s’est arrêtée. A 5 heures, ce dimanche la vie de Shandakar Mandaukar avait cessé.

Alors que les voisins se rassemblaient pour prier devant la maison familiale, Nirmanan Mandaukar, 50 ans, leur raconta comment elle était revenue précipitamment des champs pour trouver son mari mort. « C’était un mari aimant et attentionné » dit elle en pleurant. « Mais il n’en pouvait plus. L’angoisse psychologique était trop forte. Nous avons tout perdu. »

La récole de Shankara a été mauvaise deux fois. Bien sûr la famine et les épidémies font partie de la vieille histoire de l’Inde. Mais la mort de ce paysan respecté est due à quelque chose de bien plus moderne et sinistre : les plantes modifiées génétiquement.

On a promis à Shandakar comme à des millions d’autres paysans comme lui, des récoltes et des rentrées d’argent incroyables, s’il passait de la culture de semences traditionnelles à la culture de semences GM. Séduit par ces promesses de richesses futures, il a emprunté l’argent afin d’acheter des semences transgéniques. Mais les récoltes ne furent pas au rendez-vous et il se retrouva dans la spirale de l’endettement et sans revenu.

Shankara n’est qu’un de ces fermiers – on estime leur nombre à 125 000 – à se suicider à cause de cette offensive brutale qui utilise l’Inde comme champ d’essais pour OGM.

Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

S’adressant par vidéo à une conférence qui se tenait dans la capitale indienne New Delhi, il provoqua la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause… l’échec de nombreuses variétés d’OGM ».

En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l’agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir « l’avenir » et suivre cet exemple.

Alors qui dit la vérité ? Pour le savoir, je suis allé dans la « ceinture des suicides », dans l’état de Maharashtra.

Ce que j’ai découvert est extrêmement dérangeant et a de profondes implications pour les pays – y compris la Grande-Bretagne – où l’on débat pour savoir si on autorise ou pas la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature

Car même les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

Des petites gens de zones rurales, qui meurent dans une lente agonie. La plupart ingurgite de l’insecticide – une substance bon marché dont on leur avait pourtant promis lorsqu’ils furent obligés de cultiver des plantes GM coûteuses, qu’ils n’en auraient plus besoin.

Il apparaît qu’ils sont très nombreux à être endettés massivement auprès des prêteurs de fonds locaux, après avoir sur-empruntés pour acheter les semences OGM.

Pour les pro-OGM, les vraies raisons de ce chiffre épouvantable sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le « désespoir agraire ».

Mais comme j’ai pu le découvrir lors de mon voyage de 4 jours dans l’épicentre de la catastrophe, ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Dans un petit village que je visitais, 18 paysans s’étaient suicidés après avoir été engloutis dans les dettes dues aux OGM. Dans certains cas, les femmes ont repris le ferme de leur mari défunt, mais pour finalement se suicider elles-mêmes.

Latta Ramesh, 38 ans but de l’insecticide, après une mauvaise récolte – deux ans après que son mari ne disparaisse lorsque les dettes OGM étaient devenues trop importantes. Elle a laissé un fils de 10 ans, Rashan, confié à des parents. La tante de la défunte, assise sans énergie à l’ombre près des champs, raconte « qu’il pleure lorsqu’il pense à sa mère ».

Village après village, des familles me racontent comment elles se sont endettées après qu’on les ait convaincues d’acheter des semences GM au lieu des semences de coton traditionnelles. La différence de prix est vertigineuse : 15 euros pour 100 grammes de semences OGM, par rapport à moins de 15 euros pour 100 kilos fois de semences traditionnelles

Mais les vendeurs ainsi que les représentants du gouvernement avaient promis aux paysans qu’il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleurs plantes, sans parasites ni insectes.

En fait, dans une tentative pour promouvoir l’adoption des semences OGM, les variétés traditionnelles ont été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales.

Les autorités avaient un intérêt matériel dans la promotion de cette nouvelle biotechnologie. En essayant désespérément d’échapper à l’extrême pauvreté des années qui succédèrent à l’indépendance, le gouvernement avait accepté d’autoriser les nouveaux géants des biotechnologies comme le numéro un du marché, l’états-unien Monsanto à vendre leur nouvelles créations semencières

Déjà dans les années 80 et 90, l’Inde qui avait autorisé l’accès au marché du second pays le plus peuplé de la planète avec plus d’un milliard d’habitants, s’était vu garantir en contre-partie des crédits du fond Monétaire International, ce qui l’a aidé à lancé une révolution économique

Mais si des villes comme Mumbay et Delhi ont vécu un boum économique, la vie des paysans est retombée dans une période sombre.

Bien que la surface indienne plantée en OGM ait doublé en 2 ans – passant à 17 millions d’ha – pour de nombreux paysans, le prix à payer est terrible.

Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites, se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace.

On n’avait pas prévenu les paysans non plus que ces variétés nécessitaient deux plus d’eau. C’est ce qui a fait la différence entre la vie et la mort. Avec l’absence de pluie, ces deux dernières années, les plantes GM ont tout simplement séché et sont mortes, laissant les paysans paralysés par les dettes et sans moyen pour les rembourser.

Comme l’argent a été emprunté à des prêteurs locaux à des taux d’usuriers, des centaines de milliers de petits paysans se sont vus perdre leurs terres lorsque les semences coûteuses ont été un échec.

Dans le passé, lorsqu’une récolte était mauvaise, les paysans pouvaient toujours conserver des graines et les replanter l’année suivante.

Par contre cela n’est pas possible avec les semences GM qui contiennent la technologie « Terminator », ce qui signifie qu’elles ont été modifiées génétiquement afin que la plante ne puisse plus produire de semences viables.

De ce fait, les paysans doivent chaque année acheter de nouvelles semences au même prix exorbitant. Pour certains il s’agit là aussi de la différence entre la vie et la mort.

Prenez le cas de Suresh Bhalasa, un autre paysan qui était incinéré cette semaine, laissant derrière lui une femme et deux enfants.

Lorsque la nuit fut tombée après la cérémonie et que les voisins se regroupèrent dehors, tandis que les vaches sacrées étaient ramenées des champs, il ne faisait aucun doute pour sa famille que tous les ennuis avaient commencé au moment où on les avait encouragés à acheter du coton Bt, une plante modifiée génétiquement par Monsanto.

« Nous sommes ruinés maintenant » dit la femme du défunt, âgée de 38 ans. « Nous avons acheté 100 grammes de coton Bt. Notre récolte a été mauvaise deux fois. Mon mari est devenu dépressif. Il est parti dans les champs, s’est allongé et a bu de l’insecticide. »

Les villageois le mirent sur un rickshaw et se dirigèrent sur des chemins ruraux cahoteux, vers l’hôpital. Alors que sa famille et les voisins s’amassaient dans la maison pour lui rendre un dernier hommage, elle racontait : « Il a crié qu’il avait pris de l’insecticide et qu’il était désolé ».

Interrogée pour savoir si le défunt était un ivrogne ou souffrait de « problèmes sociaux » comme l’affirment les responsables pro-OGM, cette assemblée calme et digne explosa de colère. Un des frères du défunt nous expliqua « Non ! Non ! Suresh était un brave homme. Il envoyait ses enfants à l’école et payait ses impôts ».

« Ce sont ces semences magiques qui l’ont étranglé. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ca nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Monsanto a reconnu que la croissance de la dette était « un facteur de cette tragédie ». Mais, en pointant sur le fait que la production de coton avait doublé ces 7 dernières années, un porte-parole ajoutait qu’il y a d’autres raisons pour la crise récente, comme « des pluies au mauvais moment » ou des sécheresses, soulignant que les suicides avaient toujours fait partie de la vie de l’Inde rurale.

Les responsables soulignaient aussi le fait que de nombreuses études d’opinions montraient que les paysans indiens voulaient des semences GM – sans aucun doute encouragés qu’ils sont par des stratégies de marketing agressive

Durant le cours de mes enquêtes au Maharashtra, je rencontrai trois observateurs « indépendants » parcourant les villages pour se renseigner sur les suicides. Ils insistèrent sur le fait que les semences GM n’étaient que 50% plus chères – mais admettaient plus tard que la différence était de 1000%.

(Un porte-parole de Monsanto insistait ensuite, affirmant que leurs semences ne coûtaient que le double du prix « officiel » des semences traditionnelles, mais admettait que la différence pouvait être beaucoup plus grande, si les semences traditionnelles étaient vendues par des marchands « sans scrupules » qui vendent souvent aussi de « fausses » semences GM qui sont sujettes aux maladies.)

Alors qu’il y des rumeurs comme quoi le gouvernement proposerait de façon imminente des compensations pour stoper la vague de suicides, de nombreux paysans disaient qu’ils ont un besoin désespéré de toute forme d’assistance. « Nous voulons juste nous sortir de nos problèmes. Nous voulons de l’aide pour que plus aucun d’entre nous ne doive mourir ».

Le Prince Charles était si frappé par la détresse des paysans qui se sont suicidés qu’il a lancé une association caritative, la Fondation Bhumi Vaardan, pour aider ceux qui sont touchés et afin de promouvoir des plantes biologiques indiennes au lieu des OGM.

Les paysans indiens commencent aussi à se battre. Alors qu’ils ont pris en hôtage des distributeurs de semences et organisé des protestations de masse, un gouvernement attaque Monsanto en justice à cause du prix exorbitant de ses semenes.

Tout cela arrive trop tard pour Shandakar Mandaukar qui devait 80 000 roupies (1 500 euros) lorsqu’il s’est suicidé. « Je lui ai dit que nous pouvons survivre » nous dit sa veuve, ses deux enfants toujours à ses côtés, alors que la nuit tombe. « Je lui ai dit qu’on trouverait un moyen de s’en sortir. Il a juste répondu qu’il valait mieux qu’il meure ».

Mais la dette ne meurt pas avec lui : à moins qu’elle ne trouve un moyen de la rembourser, elle ne pourra plus payer l’éducation des enfants. Ils vont perdre leur terre et rejoindre les hordes que l’ont voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays immense et chaotique.

Il est cruel de voir que ce sont les jeunes qui souffrent le plus de ce « génocide OGM », cette même génération censée pouvoir sortir de cette vie dure et miséreuse, grâce aux « semences magiques ».

Ici, dans la ceinture indienne des suicides, le coût de l’avenir modifié génétiquement est meurtrièrement élevé.

Publication originale Daily Mail, traduction Les Amis de la Terre

Source: http://www.m.leray.over-blog.com/article-24494119.html