Archives mensuelles : septembre 2016

Je reveux ma caissière

 

Qualifications pour caissiers

Un caissier de banque devrait avoir la capacité de communiquer efficacement avec le public. Ce sont des qualités qui rendent les clients plus susceptibles de revenir. ( Carrière et travail

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Hier, assis j’étais devant la télé à siroter mon repas et à bouffer des nouvelles quand brusquement apparut un barbu demi-barbu, économiste de formation qui nous annonçait la disparition de l’emploi de caissière. C’est assez simple, on pourra faire toutes les transactions possibles à l’aide d’un téléphone confondûment intelligent, car il ne ressent rien de ce que je ressens.

Du temps où je fréquentais la banque, les caissières commençaient à être déjà stressées  de voir que le nombre de  personnels ( c’est ainsi que l’on nomme les travailleurs maintenant) rapetissait. Au début, ils étaient au moins dix. À la fin ils étaient dix de moins. En file, on parlait du temps, des enfants, de la nouvelle balançoire de l’école, du dernier film. C’était long… Et la file aussi.

L’action de grâce

L’action de grâce arrive bientôt.Ou la Thanksgiving chez nos voisins du sud. C’est nous les dindes. Même si on veut nous farcir de fils et de sans fils, d’informations à tue-tête, tout ça coûte les yeux de la caboche. Les pauvres devront payer pour se mettre au diapason du nouvel esclavage: c’est le divorce du je et des autres. Désormais, il en coûtera plus cher pour s’informer, transiger, se numériser  que manger. Il faudra à tout le moins couper sur le budget de la bouffe.

Le choix

On ne l’a pas vraiment. Les cowboys savent prendre les cerveaux au lasso et les placer dans l’enclos dudit progrès. 

Un autre Nostradamus à cravate est apparu il y a deux semaines pour annoncer que d’ici 2025 ou AU PLUS TARD 2030 50% des emplois auront disparu. Le reste suivra…  Il a précisé qu’il faudra  inventer une nouvelle société qui donnera de l’argent à ses citoyens qui ne font rien pour qu’ils puissent consommer. Ou payer leur téléphone.

J’étais assis dans mon divan Made in China devant ma télé japonaise, j’ai frotté mes jeans Made in Taïwan, j’ai lancé mon stylo fabriqué encore en Chine. J’ai pris une grande respiration.

C’est avec stupeur que j’ai constaté que tous mes vêtements étaient fabriqués ailleurs qu’au Canada. Même le propriétaire du dépanneur du coin de rue. Pour me sentir québécois, il a fallu que je me déshabille au complet. J’étais nu, mais québécois, enveloppé d’un drapeau québécois Made in India.

Une marcheuse est passée dans la rue avec une poussette. Il était 9h30. Sans doute une autre chômeuse… Je l’ai reconnue: c’était la gentille Carole, jadis caissière à  la banque. Je lui ai souri et lui ai fait signe avec mon drapeau. J’avais oublié que j’étais québécois en dessous…

Zut! Elle a garé sa poussette Made in U.S.A. Ses yeux sont devenus grands comme des 2$ métalliques pourpres quand ils sont neufs,  canadiens.

Elle a téléphoné à la police avec son Iphone alors que je croyais qu’elle faisait une transaction. Une salope!… Les banques ont raison de se débarrasser d’elles. Au poste de police, j’ai demandé de faire un appel. J’ai commandé de nouveaux vêtements sur Ebay. En Chine. Au moins, avec le temps que ça prend, je serai québécois pendant  au 4 à 6 semaines.

Gaëtan Pelletier

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Sieste

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Nice… un certain soir de juillet

plage la nuit

Ils ont tous pris la parole, tous ces chefs d’état, ces ambassadeurs, ces ministres, ces médias, ces inconnus, afin de faire part de leur indignation et de leur tristesse.

Plusieurs ont dénoncé les effets de la haine et se sont indignés de l’arrogance qu’elle manifeste… elle qui n’a que faire des visages angéliques et des larmes.  Salope.

Les enfants de la bombe, des catastrophes et des menaces qui grondent, jonchaient la rue comme d’autres enfants ailleurs dans le monde qui n’ont pu être protégés.  Ils ont tous payé de leur vie ce monde qu’on leur destinait en héritage.

Ce jour-là, je n’avais pas lu les infos, savourant avec une certaine insouciance un répit que je m’accorde occasionnellement entre deux vagues d’horreur.  J’avais presque cru qu’à nous tous, avec nos forces et nos faiblesses, notre espoir et notre courage, nous pourrions sortir d’un cauchemar qui dure depuis trop longtemps.  J’avais pu arroser les plantes, entendre un oiseau chanter et savourer les instants magiques qu’offrent un lieu où respire la paix.

Mais ce soir là  je suis allée dormir, brisée par l’image de deux dizaines d’enfants tués, plus de deux cents blessés et plusieurs douzaines de morts.  La promenade des anglais avec ses deux kilomètres de champs de mars en juillet avait été le théâtre d’une boucherie sans nom.  J’ai remis au lendemain la tâche de m’informer des autres détails de ce soir sanglant.  Ce soir-là j’ai fermé les yeux en pleurant sur un monde qui bascule dans la folie.

2 dizaines d’enfants tués
200 blessés dont 50 très gravement
84 morts
2 km de tuerie
La recette d’un massacre.  Tout ça en une minute… Pas besoin de kalashnikov, ni de bombe.  La folie est bon marché et si accessible.

Un fou ici, mais était-il si différent des autres fous qui commettent des attentats ou des crimes odieux ? Il n’avait pas pour excuse d’avoir agi de façon impulsive pour exprimer sa rage.  A cause de cette préméditation, on ne peut exclure une forme de radicalisation, une influence bien d’époque, celle dont trop de personnes subissent les horreurs.

Le terrorisme a remporté plusieurs manches, en tuant, massacrant, pillant, terrorisant, mais il a surtout survécu aux répressions, s’est exprimé avec haine et pire… l’a enseignée.

Nous tous qui savons du monde ses beautés, sa fragilité et qui avons pu rêver durant quelques trop courtes décennies d’une humanité meilleure, sommes forcés de constater que ce rêve a peu à peu disparu au fil des atrocités commises, dont certaines ont marqué un point de non retour.  Des limites ont été franchies et une fois qu’elles le sont, la vie marque deux temps:  celui d’avant et celui d’après.

Nous engendrons les post-humains, ceux qui arriveront à oublier la laideur des conditions générales de l’humanité par ignorance de la beauté.

Nous sommes et serons de plus en plus prisonniers d’un futur né de l’oubli, pour peu qu’il soit viable.

La vie passe devant nous, meurt sous nos yeux, secouée ou passive, assassinée lentement. Les enfants sont brisés, emportés par les laideurs dont on a accouché avant eux.

Tenons langage: ils sont tous victimes d’une humanité qui a failli à toutes ses promesses. Elle n’a pas eu le courage d’aimer. Pire encore, on lui a appris à calculer l’amour par soustraction et division, jusqu’à ce qu’il soit en déficit.

Que murmurent nos instincts ? Pourquoi sont-ils si déficients et destructeurs à la fois ? Qu’avons-nous omis de faire pour nous-mêmes afin qu’ils ne deviennent pas maîtres de notre destin, remplaçant la joie de vivre par l’exubérance névrotique, la confiance par le doute, l’autonomie par la peur, la bonté par les haines petites et grandes ?

Petits et grands chaos au menu sont maintenant réalité.

Et je tourne, tourne dans ma tête, ces souvenirs d’un monde qui rêvait d’amour, de paix et de bonheur.

Au lieu de cela, les automates du mal fauchent de belles jeunes fleurs au Bataclan et flétrissent tous les jardins de leurs amours.  Ils pulvérisent les moments de joie et de rassemblement à Nice.  Et il y a les autres, tant d’autres, qui ont péri, fauchés parmi les leurs alors qu’ils espéraient tout de la vie.

J’ai mis deux mois à trouver le courage d’en parler.  Je le fais par amour de la vie.   Je le fais parce que nous avons tous besoin d’espérer.

A coup sûr, le temps d’aimer c’est maintenant.

 

Elyan

Enorme câlin

http://www.centpapiers.com/nice-un-certain-soir-de-juillet/

La culture des oignons robots

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« La discipline est le pont entre les buts et l’accomplissement » Jim Rohn

Le monde n’est plus pareil. Avant, on avait le temps de s’asseoir et de parler. Maintenant, personne n’a de temps. Personne n’est disponible. Ils vivent longtemps, mais ne voient pas les journées passer, ni les êtres…  (Un paysan turc)

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Le fascisme libéral mondial, étatisé et bien installé a le don et les outils fournis par les peuples eux-mêmes, de faire de l’humain le robot tampon  entre l’homme et la machine. La discipline est l’art de tétaniser l’humain, avec une éducation de cordes invisibles qui transforme le malléable en une statue d’idées et de concepts arrêtés…

Figés, en rangs d’oignon… Le cerveau est construit en forme de poireaux: hauts, allongés, mais sans champs de vision circulaire.

À travers toutes ces implantations que l’on nomme éducation, il n’y a rien en terme de compréhension de l’amour humain qui n’a rien de romantique. Dans cette lutte montante des guerres nécessaires, on voit là le fruit de la haine, issu de l’isolationnisme volontaire qui anime les états. De fait, ils ne savent plus ce qu’est la liberté de penser, assis sur leurs idées reçus, leurs dogmes, leur prétendue idéologie. Ils sont eux aussi une machine dans une machine servant à répandre un art de vivre destructeur. Et voici et voilà la somme de toutes les guerres inutiles.  Il existe des agglomérateurs de vérité: ils sont payés ou convaincu d’être le meilleur cuisinier de la recette de ce qui est bien pour les autres…

Dans un monde autant déchiré, brisé, on continuera à offrir le même buffet froid et sans cœur. Si l’éducation n’a pas pour premier but de se questionner sur nos réussites et nos échecs, nous ne pouvons plus avancer d’un seul pas. Sauf dans les armées, et sous ordre hurlé.

En rendant les parents pareils à des robots pris dans leur travail et dans la complexité de la vie, c’est l’État qui prend en charge les enfants. Autrement dit c’est une structure, non un acte d’amour.

Au lieu de nous transformer pour être meilleurs, nous sommes transformés pour être les pires. Mais pis encore, nous l’ignorons… N’est-ce pas là le plus grand signe de méconnaître ce  qui nous mène à notre perte? Et l’aveuglement? Nous ne la voyons plus. Nous considérons les choses qui nous détruisent comme nécessaires et normales.

Il existe de plus en plus de ces robots qui ne sont pas fait de métaux et de boulons, mais de chair et de sang, et , si on creuse un peu, d’âme.

Gaëtan Pelletier

 

 

Alep: un Stalingrad « vert »

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« Nous prenons désormais un repas par jour. Mes enfants et moi n’avons pas mangé à satiété depuis deux semaines. » Hassan Yacine

La vie passe devant nous, meurt sous nos yeux, secouée ou passive, assassinée lentement. Les enfants sont brisés, emportés par les laideurs dont on a accouché avant eux. Elyan

 

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Les monstres de la fine technologie bâtissent des Guantánamo pour torturer et tuer des enfants. La terreur extrême des chevronnés des jeux d’échec dans lequel les humains sont des pions brisés, anéantis. Le summum de la barbarie à travers les « inventions » des explosifs au phosphore, napalm et bombes à fragmentation.

Les cœurs de pierre sont fait de sable cimentés, durs, sans pitié. C’est le signe d’un rachitisme de l’âme humaine, de la vie, au profit d’un technocratie d’un monde qui dérive en perdant son âme. La guerre « routine ». Une invention nouvelle: dans un monde où l’amour fait des enfants, ces enfants deviennent des tueurs d’enfants, des tueurs de vie. Un pays, un échiquier.

La nouvelle noblesse de nos dirigeants est sanguinaire. Le chaos est sans limite. La manière d’anéantir de plus en plus sophistiquée.  Que nous reste-t-il d’humanité?

Ce qui n’engendre pas la paix, la tranquillité, le respect des « peuples », est un échec total d’une civilisation suicidaire. Les apparats des pays dits civilisés ne sont pas convaincants. Nous participons tous à ce massacre de par l’énormité des hommes-machines empêtrés dans leurs luttes et fausses négociations.

Pour un humain, un vrai, celui qui se sait pareil aux autres et qui souffre quand les autres souffrent, nous savons que la complexité est nourrie par la complexité.

L’Occident a éduqué ses citoyens pour voir les diables et les méchants ailleurs qu’en son pays. Pourtant, ils y participent ou laissent certains y participer. Nous sommes divisés pour nous faire tuer par ceux qui nous divisent pour nous bouffer.

C’est le règne des monstres élus. Comme des compagnies à numéros, le monde de la finance mondiale, discrète, mais active, nourrit la confusion nécessaire à la tuerie complète d’une bataille nouvelle:

Citoyens VS États. Les dictateurs sont parmi nous, mais fragmentés, avides et ambitieux.

Laissez-les faire, ils combattent pour un monde meilleur… C’est ce qu’ils disaient il y a un siècle.

Achetez-vous un pays, et allez vous battre sur une île si vous avez besoin de tant de sang « nécessaire ». Pourquoi tout cet argent pour la paix alors qu’il ne sert qu’à la guerre? Redonnez-le aux peuples. Sans doute qu’ils seront faire mieux que ces enfants encore vivants qui pourparlent comme des pitbulls aux crocs empoisonnés.

Gaëtan Pelletier

Ballet fatal

Les bigoudis du savoir

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« Il s’est séparé de sa femme, et sa femme s’est séparée de lui »

— Ils ont divorcé?

— Ça en a l’air tout…

Ginette et Albert, discussion dans un café

El penseur

Ce que, peut-être, nous, de nos jours, découvrons aussi, et que nous éprouvons si douloureusement et anxieusement, c’est que la raison suppose pour sa Bildung des conditions rétentionnelles8 (que j’ai déjà décrites ailleurs9, mais je vais y revenir plus avant dans tout ce qui suit) formant et supportant la mémoire individuelle et collective, qui dépendent de techniques hypomnésiques (des hypomnémata) aujourd’hui industrialisées, et qui, avec la poursuite de la rationalisation, ont échappé à toute puissance publique et noétique : elles sont passées entre les mains de ce que Polanyi appelle le « marché autorégulateur10 ».  États de choc, Bernard Stiegler

Apprendre, ça frise. Les philosophe, quand ils écrivent, se parlent entre eux. Ils expliquent le monde au philosophe. Mécaniciens du savoir, démantelant à coups de mots grands et élastiques la marche du monde. C’est bien gentil. Les politiciens font la même chose. Mais eux, ils rétrécissent tellement les formules, que c’est des « publicités de bouches » .

— Nous sommes présentement à étudier ce dossier.

Et le pédagogue, lui, payé par le peuple tricotent des formules savantes pour « instruire les apprenants ».

Quand aux économistes, ce sont les plus lunés. C’est une religion, celle du développement continu. Plus rien à voir avec les humains et la vie.

Il ne reste que l’idiotie, ou l’ignorance totale qui se développe à une vitesse vertigineuse.

Bienvenue dans le Babel ( la tour où personne ne se comprend, sauf par cliques) des temps nouveaux.

Ils ont créé un monde en un mot : Charabia-ville.

Quand on se fait coiffer, on ne demande pas au coiffeur ou à la coiffeuse d’écrire un livre sur les bigoudis avec un vocabulaire savant cachotier.

ON VEUT ÊTRE FRISÉS!

Gaëtan Pelletier