Archives mensuelles : mars 2012

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C’est le débris total
Dans le formol
La danse fatale
La culture des bémols
 
Les riches fabriquent des pauvres
Les noient dans la sueur
Les font pourrir au grand soir
La léchure des plaies
C’est l’ère des grands flanqués mous
À bordure dorée
Les douleurs sont enterrées
Sous les morts des vers aspirés
 
Qu’on tue ces coiffés et cravatés
Ces petites Bastilles de coin de banques
Ces blancs nègres des idées
Qu’on les pende avec les lacets de leurs souliers
Il n’y a plus de pays
Ni de terre
Rien que du sang imbibé d’argent
J’arracherai vos dents de pouvoir
Comme un dentiste précautionneux
Vous laissant les gencives pourpres
Saignantes
Pour tous les mourirs lents qu’on a semés lentement
Toile de Bush, toile de Bosch, toile de toi
Qu’on les cloue comme des Antéchrist
Qu’on les asperge d’essence et de bouillon acides
Qu’on les laisse se tortiller aux flammes de la colère
 
Gaëtan Pelletier
Mars 2012
 
 

Plotaire Racaille

  • RAPAILLER: Verbe tr. et adj.Définitions :
  1. Ramasser, rassembler :
    1. Des objets ici et là.Exemples d’emploi :
      1. « Il n’en reste pas moins que [ … ] seuls les écumeurs et les aventuriers de calibre suspect tiennent encore au mouvement expirant afin de rapailler des écus. ). » ( Le Goglu, p.8, 3 avril 1931. )
      2. « [ … ] Nous espérons entrer chez nous [ au couvent ] le 1er août. Nous irons travailler avant cela, laver des vitres, laver de la vaisselle, rapailler toutes les affaires hivernées dans les garages [ suite à un incendie ], un peu partout. Enfin il y aura tant de choses à faire, pour meubler les différents départements, réparer les meubles qui ont été sauvés, – et compléter – renouveler en entier les dortoirs – cellules, rideaux, lits au complet, ce n’est pas peu de choses. Chiffonnier, chaises, etc. [ … ] » ( Lettre de Sœur Marie Irène BONENFANT, 12 avril 1934, Valleyfield, dans « Le festin de deux petites sœurs » [ collectif ], p.50, Saint-Narcisse, Éditions de la Catalogne, Coll. Le Galendor, n°10, 250p., 1994, Archives familiales Bonenfant [ AFB ]. )
      3. « Je me rappelle qu’un printemps l’eau avait monté assez haut qu’on a dû rapailler notre butin partout, passé les îles et jusque dans l’anse de Nicolet. Après, pour venir à bout de se gréyer en neuf, moi puis Mathilde, on s’est nourri longtemps rien que du poisson à la sel-et-eau. » ( Germaine GUÈVREMONT. « Le Survenant » p.161, Montréal, Bibliothèque québécoise éd., 1990, [ La première édition date de 1945 ], 227p., CELM. )
      4. « Mon vieux, c’était une vraie bénédiction tout ce qu’y avait su la dompe de matériaux : des montants de lits, des morceaux de tôle, pis du gros carton pas trop sale. Tu rapaillais là-dedans [ le dépotoir ], à ton choix, une feuille de tuyau, quatre plaques de tôle pour la couverture, et tu te choisissais un lot à une place pas trop puante [ pour construire une cabane ], drette au bord de l’eau. » ( Gabrielle ROY. « Bonheur d’occasion », p.324, Montréal, Boréal éd., 1993, [ La première édition date de 1945 ], 405p., CELM. )

AJOUT :

      1. « Je vais aller à Québec et rapailler tout leur butin. Je leur ai fait croire que j’avais dessiné la Ford-T dans une vie antérieure et que mes plans avaient été volés. J’étais pilote dans l’armée de l’air en 1918. Le Baron Von Richthofen, c’est moi qui l’ai abattu. Je suis venu à Québec pour une dette de vie antérieure :  Napoléon.  Labeaume sur la plaie…
      2. La bataille de Waterloo, c’est moi qui ai transmis les plans au petit Napoléon qui souffrait d’une mythomanie, ayant le passage étroit… Pour la chambre au château Frontenac, ce n’est pas si mal. On a une belle vue sur la cenne… Quand  même… J’ai déjà eu 150,000$ en leur disant qu’ils étaient cons. Ça va rapailler mon compte en banque…

Gaëtan Pelletier, 28 mars 2010

Les Secrets du fumier par Pierre Joigneaux

Par Julien, pour “Nos Libertés”, le 19 mars 2012.

Le site “Nos Libertés” a choisi de proposer des solutions alternatives à l’impasse des géants industriels, ayant pour objectif de permettre à chacun d’entre nous d’accéder à l’autonomie. Car l’autonomie est la seule révolution par le bas qui permettra d’enlever aux pouvoirs économiques en place leur puissance.

Partant du fait qu’un certain nombre de connaissances et de savoirs ont été parfois détruits, nous avons choisi de rééditer des livres anciens sur le sujet de l’autonomie. Dans ce cadre, nous ressortons l’excellent ouvrage de Pierre Joigneaux : “Les Champs et les Prés” (1888).

« Si notre or est fumier, en revanche, notre fumier est or », Victor Hugo in “Les Misérables” (1862). Nous avons de l’or sous les pieds, le fumier, et nous le jetons par la fenêtre… Dans ce livre Pierre Joigneaux (1815-1892) explique, en détail, le rôle capital du fumier pour le cultivateur. La terre a, en effet, besoin d’être richement nourrie si l’on veut qu’elle soit productive. Pierre Joigneaux est l’homme qui réussit à faire voter, le 16 décembre 1873, une loi à l’Assemblée Nationale afin de transformer le Potager de Versailles en École nationale d’horticulture.

Pierre Joigneaux est très bien placé pour parler de ce sujet essentiel puisqu’il fût l’un des plus grands agronomes français du XIXe siècle, ayant à son actif plus d’une dizaine d’ouvrages pratiques et des centaines d’articles dans la presse sur la question de l’agriculture.

Pierre Joigneaux était un homme épris de liberté qui dût fuir la France, du fait de son opposition au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Persuadé que le savoir était la question centrale pour la promotion de la démocratie, il passa sa vie entière à transmettre le savoir des anciens aux paysans de son époque.

Extraits :

Comme quoi il faut rendre a la terre ce qu’elle nous prête

– À la bonne heure, commença M. Mathieu, voici une saison qui s’annonce bien. Dix-huit pouces de couverture blanche sur nos emblaves, douze degrés de froid là-dessus ; s’il ne vient point de contretemps mal à propos, les insectes auront fort à souffrir cet hiver. Les musaraignes boiront plus qu’à leur soif au moment du dégel, les taupes et les mulots aussi, sans compter des centaines d’autres bêtes qui logent sous terre, vivent dessus et font plus de mal que de bien où elles passent.

– Et notez encore, monsieur Mathieu, fit observer Jean-Pierre, que la gelée divise le sol et défait les mottes, et que les mottes ainsi défaites rechaussent les racines des plantes déchaussées. Et notez, d’autre part, que neige qui dure empêche le sol de se refroidir et vaut une toute petite fumure. Quand ça tombe de là-haut, au dire des gens qui s’y entendent, ça fait dans l’air l’effet des blancs d’œufs dans le vin. Les flocons, qui descendent serrés, ramassent toutes sortes de choses malpropres, et vous savez que l’on peut, en fait de culture, dire, touchant les choses malpropres, ce que l’on dit en médecine touchant les amers : — Mauvais à la bouche, mais bon au corps.

– C’est vrai, Jean-Pierre, répondit M. Mathieu ; mais tâchons de ne pas aller plus vite que le violon et de mettre un peu d’ordre dans notre enseignement. Avant-hier et hier, nous avons vu que, pour être ensemençables, les terrains avaient besoin de tels ou tels ingrédients, et aussi d’un bon labourage et d’un bon assainissement dans certains cas. Maintenant, supposons que les terrains en question n’aient jamais été ensemencés de main d’homme et qu’il n’ait poussé là-dessus, de toute éternité, que de mauvaises herbes, verdoyant en mai, portant graines en juillet, mourant en automne et pourrissant en hiver, nous n’aurons pas la peine d’aller chercher midi à quatorze heures pour les mettre en culture. Nous les défoncerons, les défricherons, les labourerons, les ensemencerons. Et puis, avec un coup de herse pour recouvrir la graine et un tour de rouleau pour tasser un peu la terre, s’il en est besoin, la besogne sera finie. L’air et le soleil aidant, la graine germera, l’herbe poindra, la fleur passera en sa saison, et, le moment venu, nous y mettrons la faucille ou la faux.

Jusqu’ici, tout va bien, continua M. Mathieu ; mais, les années d’après, en serons-nous quittes à si bon marché avec les mêmes terrains ? Assurément non. Pour nourrir la paille et le grain, que nous aurons fauché, moissonné, mis en meules ou mis en grange, le sol aura fait des frais ; il aura donné de ses richesses, diminué ses provisions ; il se sera appauvri tant soit peu. Autrefois, ce que le sol prêtait aux mauvaises herbes poussant sans culture, les mauvaises herbes le lui rendaient en pourrissant sur lui ; ou bien, si les troupeaux y paissaient, ils ne s’en retournaient pas à l’étable sans rendre à la terre, sous forme d’urine et d’excréments, ce qu’ils lui avaient enlevé sous forme d’herbe. Le cultivateur ne récoltait rien, n’emportait rien ; mais une fois que la charrue a défriché, c’est une autre affaire. Le cultivateur qui emporte les gerbes, emporte nécessairement une partie des vivres qui se trouvaient dans le sol ; et s’il continue ainsi plusieurs années de suite, le garde-manger s’épuise, le sol se ruine petit à petit, et un jour vient où il n’a plus de quoi nourrir la semence qu’on lui confie. La terre ne donne pas, elle prête. Si vous ne lui rendez pas les vivres qu’elle avance pour la nourriture des plantes, tant pis pour elle et tant pis pour vous : vous devenez misérables tous deux et vous ruinez du même coup.

Voyez plutôt comme le bon Dieu s’y prend. Un gland, une amande, un pépin tombent sur le sol, y germent et y prennent racine. Pendant huit ou neuf mois de l’année, la terre prête aux petits arbres, qui poussent, son eau, ses sels, ses vivres, sa substance. C’est bien. L’automne arrive avec les gelées blanches et les coups de vent. Que font nos petits arbres en question ? Ils se dépouillent de leurs feuilles jaunies, les laissent tomber à leurs pieds, et là, ces feuilles pourrissent et retournent à la terre en qualité d’engrais. La terre a prêté au printemps, on lui rend la chose en automne. Les bons comptes font les bons amis. Est-ce que les arbres des forêts pousseraient comme ils poussent, s’ils empruntaient toujours et ne rendaient jamais ?

– Je crois même, fit remarquer Jean-Pierre, que les arbres des bois et les herbes des friches rendent au sol plus qu’ils ne lui empruntent, car où les arbres et les mauvaises herbes ont poussé des centaines d’années, ceux qui défrichent font venir de riches avoines plusieurs fois de suite sans y mettre de fumier. – Tu as raison, Jean-Pierre, les végétaux remboursent souvent avec intérêt. Ils rendent au sol ce qu’ils en ont reçu, plus un peu de ce qu’ils ont reçu de l’air, car note bien qu’ils vivent aussi comme nous autres de l’air qui court. Qui respire vit.

Ainsi donc, continua M. Mathieu, il est bien entendu que toute terre qui ne rentre pas dans ses déboursés est une terre qui s’appauvrit, et que tout cultivateur qui n’entend pas raison sur ce point est un mauvais cultivateur. Je cultive un arbre, je dois à cet arbre qui me donne ses fruits, une bonne partie de ses feuilles au moins. Je cultive du froment qui me donne son grain, je dois au sol qui en portera de nouveau, une bonne partie de sa paille pourrie et l’engrais de ceux qui ont mangé le pain. Je cultive de la vigne pour presser et boire le jus de sa grappe, je dois au vignoble les feuilles du cep et le marc du raisin et les cendres des souches. Je cultive l’olivier pour son fruit, je lui dois de même ses feuilles et son marc. Je cultive le chanvre, je dois de même à la terre qui le produit, ses feuilles battues, ses débris, le marc de la pressée d’huile et les boues du routoir. Et ainsi pour tous les végétaux. Je suis persuadé qu’il n’y a pas de meilleure nourriture pour une plante que ses propres débris : feuilles mortes, pailles pourries, résidus quelconques.

– Vous pourriez bien avoir raison, monsieur Mathieu, s’écria Nicolas ; mais que voulez-vous, quand on ne sait, on ne sait, et, la plupart du temps, nous faisons les choses comme les corneilles abattent les noix, à tort et à travers.

– Nous tournons comme qui dirait dans un cercle, reprit M. Mathieu. La terre produit les végétaux, et les reprend morts et pourris sur une friche pour en reproduire d’autres. Si, au lieu d’avoir affaire à une friche, nous avons affaire à une terre cultivée à bras d’homme, les bêtes et les gens profitent de la récolte, la mangent, ou l’emploient en litière ; puis ils vous rendent en urine, excréments, fumier, ce qui doit retourner au sol qui leur a fourni leur nourriture. Tout animal, homme ou bête, fume autant de terrain qu’il lui en faut pour produire les végétaux nécessaires à sa subsistance. La terre donne les végétaux, les végétaux nourrissent les animaux, et les animaux, après avoir rendu en fumier, au sol, une portion de ce que celui-ci leur a avancé, finissent par lui rendre le tout, chair, os, poils, cornes, sang et le reste. Il pousse là-dessus de nouvelles plantes qui donnent de nouvelles bêtes, et quand le tour du cercle est parcouru, nous recommençons la même promenade, et toujours et sans discontinuer.

Toute la théorie des engrais est là-dedans. La terre prête, le cultivateur est tenu de rendre ; comment doit-il s’y prendre pour faire la restitution ? C’est ce que nous allons voir.

Sur le terrain qui a fourni sa substance aux plantes, on peut rapporter du terrain de même nature, n’ayant encore rien fourni. Si les plantes, venues sur le terrain n’ont pas été récoltées, on les retourne avec la charrue. C’est la fumure en vert. On peut ne pas retourner les plantes avec la charrue, les laisser mourir et pourrir sur place, et donner ainsi à la terre le temps de se reposer, de se rembourser de ses dépenses et de refaire ses forces. C’est la friche.

On peut, au fur et à mesure que les herbes paraissent, les mettre en terre par le moyen de labours fréquents. C’est la jachère. Si les plantes ont été mangées par l’homme ou par les animaux, on rend au terrain les excréments et les urines de l’homme ou des animaux. Si les plantes sèches ont servi à faire de la litière, on les rend à l’état de fumier. Si les plantes ont été brûlées, on rend au terrain les cendres qu’elles ont fournies. Si les plantes ont servi à des opérations industrielles, on rend au terrain les résidus de ces opérations, tels que tourteaux, marc de raisin, pulpe, eaux de féculeries, résidus de brasseries, etc. En somme, la restitution se fait ordinairement sous forme de terres rapportées, sous forme de végétaux enfouis en vert, sous forme de friches, de jachère, sous forme d’urines et d’excréments, sous forme de fumier, sous forme de cendres, et enfin sous forme de résidus quelconques.

– Sans doute, continua M. Mathieu, il y a encore d’autres manières de restituer au sol ce qu’il prête aux végétaux, mais c’est l’exception. Je sais bien qu’on peut lui rendre la laine des moutons, quand les chiffons ne servent plus à rien, le sang, la chair, les os, les poils, les ongles des animaux morts de maladie ; mais, encore une fois, c’est l’exception ; ce n’est pas avec cela qu’on se tire d’affaire dans une ferme. Et, d’ailleurs, quand le moment sera venu d’en parler, nous en parlerons.

– Ce que vous nous expliquez, monsieur Mathieu, dit Jean-Pierre, me paraît clair et simple comme bonjour. J’emprunte, je profite du prêt ; je rends ensuite, car, autrement, je ne trouverais plus mon prêteur dans de bonnes dispositions à mon égard. Tout ceci est convenu, arrêté. Voilà ce que je sais bien ; mais ce que je ne sais pas au juste, c’est le moment qu’il me faudra choisir pour acquitter ma dette envers la terre. Tenez, monsieur Mathieu, pour être plus clair et sans vous commander, je vous demanderai si toutes les saisons sont bonnes pour fumer la terre, ou, si, pour cela, le printemps vaut mieux que l’automne ou l’automne mieux que le printemps ?

– Bravo ! Jean-Pierre, voici une question bien posée. J’y réponds sans tourner autour.

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Prix de vente : 13 euros TTC
Nombre de pages : 154
Couleur : noir et blanc
ISBN : 979-10-91342-00-1
Éditeur : Nos Libertés

Liberté – Richard Desjardins

Au ciel, au ciel, au ciel

J’irai la voir un jour….

Message d’Hiroshima à l’attention des Japonais et de tous les peuples du monde

Hiroshima et Fukushima. Comment ne pas relier les deux évènements ? La fission de l’atome, la pluie noire, le césium, la contamination interne, la maladie, l’exclusion, la souffrance. Voici le témoignage d’une survivante d’Hiroshima, Bun Hashizume, traduit par Pierre Régnier. Dans les moments les plus critiques, elle a toujours gardé la foi en l’humanité et en la bonté de chacun, trouvant les ressources qui lui ont permis de surmonter l’insurmontable. Une leçon de vie et d’espoir pour tous les Japonais touchés par la catastrophe de Fukushima.

Témoignage de Hashizume Bun, survivante d’Hiroshima, le 29 mars 2011.

« Je suis une « atomisée » rescapée du bombardement d’Hiroshima. J’habite à Tôkyô. J’ai 80 ans.

Le 11 mars 2011, lorsqu’a eu lieu le Grand Tremblement de Terre du Nord-Est du Japon suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, j’étais en train d’écrire un livre sur le bombardement atomique survenu soixante-six ans auparavant et sur la vie de la population civile d’Hiroshima avant et après le bombardement. J’avais déjà rédigé la majeure partie de cet ouvrage, mais accablée par la douleur que provoqua en moi l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima, j’ai voulu finir la rédaction du dernier chapitre sur le lieu même du bombardement atomique, à Hiroshima, ma ville natale.

Tard le soir, en foulant le sol d’Hiroshima, je sentais un lourd fardeau peser sur mes épaules et, pendant un temps, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre. A chaque fois que je revenais à Hiroshima, j’avais pour habitude de commencer par me rendre à pied au mémorial pour les morts situé dans le Parc de la Paix et de discuter avec les membres de ma famille qui se trouvent là, ainsi qu’avec mes amis, ou de simples connaissances, et avec tous ceux qui sont morts ce jour-là dans une horreur qui dépasse l’entendement. Mais cette fois-ci, plutôt que de prier, je leur ai demandé :

Donnez-moi encore pour un temps la santé,

Donnez-moi de la force,

Dites-moi ce que je peux faire, guidez-moi s’il vous plaît.

Ce jour-là, j’ai été atomisée à 1,5 kilomètre de l’hypocentre de la bombe. J’ai été très gravement blessée et j’ai frôlé la mort mais j’ai pu survivre grâce à l’aide de trois personnes qui m’ont sauvé la vie.

Lorsque nous vivions dans les baraques, je souffrais de maladies fulgurantes dues à la radioactivité telles que, par exemple, de fortes fièvres, des saignements de nez et des gencives, de terribles diarrhées et vomissements, des taches pourpres sur tout le corps ou la perte des cheveux. Pourtant, là encore miraculeusement j’ai pu survivre. Cependant par la suite et jusqu’à aujourd’hui, j’ai souffert de nombreuses maladies et il n’est pas un seul jour où j’ai été en bonne santé.

Parmi toutes les maladies, un des maux les plus pénibles est le « chancellement des atomisés ». Cette maladie se manifeste par un état d’épuisement difficilement supportable.

Plusieurs fois j’ai imploré le médecin « Docteur, ne serait-ce qu’une journée ou même une heure, faites-moi me sentir fraîche et légère. » Mais cela ne s’est jamais réalisé. En allant me coucher le soir, je priais Dieu, « Faites que je ne me réveille pas demain matin. »

Toutes ces maladies étaient dues à l’irradiation interne. Toutes les substances contaminées par la radioactivité que nous avions ingérées, notamment l’eau que nous avions bue, la nourriture ou l’air, ces substances continuent sans cesse leur réaction à l’intérieur même de l’organisme et bouleversent les gènes. Cela se poursuit jusqu’à la mort.

Finalement, récemment on en parle dans les médias : le césium qui détruit les fibres musculaires serait à l’origine du « chancellement des atomisés », et c’est ici, à Hiroshima, que je l’ai appris tout dernièrement.

Ceux qui ce jour-là étaient sous la pluie noire, ceux qui sont entrés dans la ville pour venir secourir les victimes ou chercher des proches, mais pas seulement les victimes de la bombe, tous les atomisés victimes des essais nucléaires, des accidents des centrales, tous ceux-là sont victimes d’irradiations internes.

L’irradiation interne a toujours été sciemment dissimulée. Maintenant, du fait de l’accident de la centrale de Fukushima, enfin, on voit apparaître le terme «irradiation interne », mais on ne voit quasiment aucune explication précise de ce dont il s’agit.

Sans doute parce qu’alors il ne serait plus possible de continuer à développer l’exploitation des centrales nucléaires.

« L’énergie nucléaire est une énergie propre », « l’énergie rêvée » entendait-on à une époque mais, après les accidents des centrales de Tchernobyl et de Three Mile Island, on l’entendait un peu moins.

Cependant, ces dernières années, beaucoup de pays dans le monde se sont remis à la course à la construction de centrales nucléaires. On a appelé cela « la Renaissance des centrales nucléaires ». Voyant cette évolution, j’ai alerté sur le fait qu’inévitablement, dans un futur pas bien lointain, il y aurait quelque part sur terre un accident dans une centrale nucléaire.

Cela se produit actuellement dans mon pays et qui plus est, chaque seconde, il y a des fuites ininterrompues de substances radioactives très concentrées. Il n’y a pas de moyen pour stopper cela de façon sûre et l’on ne peut prévoir quand cette situation critique prendra fin.

Au Japon, pays de petite superficie et situé en zone sismique, il y a plus de 50 réacteurs nucléaires. De plus, ils sont regroupés et établis sur des plaques produisant de nombreux tremblements de terre, régions à faible population.

Par ailleurs, à Fukushima, dans la centrale numéro 1 de Fukushima, il y a six réacteurs qui forment une chaîne s’enfonçant dans la spirale du danger. En outre, à la centrale numéro 2 de Fukushima, il y a aussi quatre réacteurs qui ont subi des dommages. Après le grand tremblement de terre du Nord-Est, le 15 mars, il y a eu un grand tremblement de terre à Shizuoka. On dit que, dans première moitié de ce siècle, se produira inévitablement Le Grand Tremblement de Terre du Tôkai et de la Baie de Suruga. C’est là que se trouve l’une des centrales majeures qu’est celle de Hamaoka.

Sur la zone très sismique de la côte de la Mer du Japon, les centrales nucléaires sont nombreuses, en particulier dans la préfecture du Fukui que l’on appelle « le Ginza des centrales nucléaires » (en référence au quartier très animé et dense de Ginza à Tôkyô).

À la population du Japon, est-ce une bonne chose que le Japon, victime des bombes atomiques soit devenu le pays coupable d’une telle émission de radioactivité ? Il n’y a plus de temps à perdre. Agissons pour que soient arrêtées les centrales actuellement en activité.

Aux populations du monde entier, je vous en prie, apportez-nous votre soutien. Demandons haut et fort que sur la Terre, naturellement, il n’y ait plus de construction de centrales nucléaires, mais aussi que l’on stoppe toutes les centrales en activité et que soient reclassés les réacteurs nucléaires.

En tant qu’atomisée de la bombe, j’ai lutté contre le nucléaire au Japon et à l’étranger. Cela parce qu’il y a la menace que la vie sur Terre soit détruite, non seulement par les bombes atomiques ou les bombes à hydrogène, mais aussi par les centrales nucléaires.

Même lors de leur fonctionnement ordinaire, les centrales nucléaires rejettent de petites quantités de particules radioactives qui contaminent la mer, l’air et le sol. La dangerosité de ces rejets de particules radioactives en faibles quantités est occultée.

Il n’y a pas que l’être humain qui ait reçu la vie sur Terre. N’est-il pas indécent que l’être humain, pour son propre bénéfice, sacrifie les autres espèces vivantes ? Ouvrir la voie vers une vie en harmonie avec la nature ne devrait-il pas être la sagesse humaine ?

Par ailleurs, nous qui vivons entre le 20ème et le 21ème siècle, nous ne nous sommes vus confier qu’un court laps de temps dans la longue histoire de l’humanité. Est-ce que nous ne sommes pas simplement supposés passer le relais entre nos aïeux et les générations à venir ?

Nous, les atomisés des bombardements ainsi que les atomisés des accidents des centrales nucléaires et des essais nucléaires, avons souffert toute notre vie ; de même, les atomisés de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima souffriront désormais sans cesse.

On voit tous les jours dans les médias les gens endurer des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés. Et en voyant des nourrissons innocents et des enfants ne pas perdre leur vitalité même dans de telles conditions, j’ai le cœur meurtri mais j’y vois en même temps un espoir. La radioactivité est particulièrement nocive pour les enfants et empêche leur croissance.

La radioactivité ne connaît pas les frontières.

Pour secourir les enfants qui sont l’avenir,

Tous ensemble, dans le monde entier,

Donnons-nous la main et levons-nous contre le nucléaire »

Qui est Hashizume Bun ?

Madame Hashizume Fumiko, Hashizume Bun de son nom de plume, est née à Hiroshima en 1931. A quatorze ans, elle se trouvait à moins d’un kilomètre et demi de l’hypocentre de l’explosion atomique, le 6 août 1945, à 8 h 15. Gravement blessée, elle a survécu miraculeusement non seulement à ses blessures mais aussi à la famine et aux maladies qui s’ensuivirent. Durant plusieurs décennies, comme la plupart des hibakusha (survivants des bombardements atomique), elle ne parvenait pas à évoquer le sujet, se refusant à se remémorer les événements. Elle est finalement parvenue à décrire l’horreur et les conditions extrêmes de la survie après le bombardement en écrivant un livre. A l’âge de 76 ans, elle a engagé toute son énergie pour témoigner à travers le monde du drame humain qu’elle et les siens ont vécu. Elle a notamment fait de nombreuses conférences en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon. Elle est l’auteur de divers ouvrages en japonais, notamment des recueils de poésie. Son autobiographie, témoignage de ce qu’ont vécu les habitants d’Hiroshima, est disponible en langue française : « Le jour où le soleil est tombé – J’avais 14 ans à Hiroshima », 2007, Ed. Cénacle de France, 219 p.

À lire et à voir également sur Fukushima et le nucléaire :

– Fukushima : Sévère réquisitoire du professeur Kodama contre le gouvernement nippon (vidéo)

– Fukushima : Limiter les radiations au lieu de l’information

– De Hiroshima à Fukushima : le contexte politique du désastre nucléaire japonais (1/2)

– De Hiroshima à Fukushima : le contexte politique du désastre nucléaire japonais (2/2)

– La Terre n’en peut plus

– La planète contre-attaque !

– Les leçons de la catastrophe

– Et si Fukushima et le Golfe du Mexique étaient une chance ?

– Entre décadence et destruction, notre civilisation va devoir choisir

– Fukushima, plus jamais ça !

– Le mensonge nucléaire

– De SALT aux ZEAN : 40 ans de désarmement nucléaire

Source : Fukushima

La privatisation de l’eau, un crime contre la terre et l’humanité

Alors que s’achève le Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, la Via Campesina réaffirme le droit à l’eau. Pour ce mouvement international qui rassemble des millions de paysannes et de paysans, de petits producteurs, de sans-terre, de jeunes du monde rural, ou de travailleurs agricoles, l’eau est un bien commun au bénéfice de tous les être vivants. Il doit être soumis à une gestion publique, démocratique, locale et soutenable.

Nous, organisations paysannes de différents pays du monde, membres de la Via Campesina, nous sommes rencontrés du 12 au 17 mars 2012 à l’occasion du Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, en France. Des délégués venus, entre autres, de Turquie, du Brésil, du Mexique, du Mali, ont exprimé la détresse des « affectés » environnementaux et particulièrement ceux qui sont touchés par la construction des barrages, les gaz de schiste, les mines, l’accaparement, la marchandisation, la rareté de l’eau, les pollutions généralisées, les répressions et les meurtres envers les militants défenseurs de l’eau.

Nous revendiquons que le droit « de » et « à » l’eau soient respectés dans le cadre de la souveraineté alimentaire. Le droit « de » l’eau étant le respect permanent du cycle de l’eau dans son intégralité.

Nous affirmons que la privatisation et la marchandisation de l’eau et de tout autre bien commun (semences, terre, connaissances locales et traditionnelles, etc.) sont un crime contre la terre et l’humanité. Les grands projets de barrage et de centrales hydroélectriques emprisonnent et accaparent l’eau, ne tenant compte ni des besoins, ni des pratiques traditionnelles ni de l’opinion des communautés locales, et faisant fi de la préservation de l’écosystème.

Les crises de l’eau, de la biodiversité, les crises sociales, énergétiques et financières sont toutes liées et sont les conséquences du néolibéralisme et du modèle d’agriculture industrielle promu par les institutions financières internationales (Banque mondiale, Fond monétaire international, Organisation mondiale du commerce), les traités de libre-échange, le Conseil mondial de l’eau, les multinationales et la majorité des gouvernements.

L’économie verte est une fausse solution face au changement climatique et à la pénurie d’eau. La marchandisation de l’eau, du carbone, de la biodiversité, les OGM, les nanotechnologies, la géo-ingénierie [1] sont les nouveaux débouchés du néolibéralisme pour répondre aux crises. La fuite en avant continue alors que ces réponses technicistes et marchandes sont les principales responsables des chaos écologiques et sociaux que nous subissons.

Le modèle de production industrielle, les monocultures, l’agrochimie, ont pollué nos eaux, mis en péril notre santé. Nous défendons les pratiques agroécologiques et l’agriculture paysanne, qui mettent en pratique la souveraineté alimentaire et contribuent à la préservation et l’utilisation soutenable de l’eau.

L’eau est un bien commun au bénéfice de tous les être vivants et doit être soumise à une gestion publique, démocratique, locale et soutenable [2]. Les connaissances locales et traditionnelles de gestion de l’eau, qui protègent et considèrent l’écosystème dans sa globalité, existent depuis des millénaires. Elles ont fait preuve au fil du temps de leur efficacité. Les politiques publiques et les lois sur l’eau doivent reconnaître et respecter ces connaissances.

Pour la souveraineté alimentaire : stop à l’accaparement de l’eau !

La Via Campesina
Photo :

Notes[1] Lire à ce sujet : Les projets fous des apprentis sorciers du climat.

[2] Lire à ce sujet : Gestion de l’eau : quand le service public est plus efficace que le business privé.

bastamag.net

Le coeur de Wall-Street

Source

LES CHEVAUX DE TROIE

T’es partie pour deux jours… Depuis ce matin… 38, 242 secondes.
Je t’ai dit de me téléphoner…Rien que pour entendre les fleurs sonores de ta voix qui me parlent encore et me parleront toujours…

Ces petits sons qui entrent dans l’oreille et s’en vont jusqu’aux orteils…Ça me passe dans le corps comme la foudre bien longtemps après notre coup de foudre…Je me suis toujours demandé ce qu’elle avait ta voix : j’ai des oreilles qui poussent partout quand tu me parles… Elle a toujours été une chanson à apprendre par cœur…

T’es partie depuis si longtemps , il en est passé des ponts sous les eaux… Toutes les horloges de la maison se sont mises à crier…

J’ai déjà essayé plusieurs drogues pour t’oublier un peu : la cueillette des bleuets; une visite à maman, la moto, la loto…Et ça fait deux fois que je me jette dans la piscine pour noyer je ne sais quoi… Mais j’ai pas lavé le plancher, j’ai peur de trouver un cheveu de toi…

Je suis tout confus : Milan n’est plus une ville, c’est un temps…

C’est comme si j’avais la boîte mais pas le cadeau… Je suis libre à lier…Aurais-tu emporté tout de moi? Tu ne serais pas partie avec deux têtes, par hasard?

Je tourne en rond dans une maison carrée. J’ai brûlé mes frites, mon filet de poisson… Pas faim… J’ai parlé au couteau et à la fourchette placée là où tu manges…C’est peu dire… Je n’étais pas dans mon assiette… Ni ici…Je parle aux chats… Salem et Café sont allés chasser dans la nuit. Des papillons, je crois… Comme ceux que j’ai dans l’estomac et que j’aimerais tuer.. Faudrait que je fasse comme eu : que je planque dans le potager et que je saute sur tout ce qui bouge. Mais je suis déjà assez légume comme ça…

Eh! Bien c’est fait. C’est ça que je fais depuis ce matin. T’es partie… Un supplice chinois… Et la nuit est ici… J’entends les bruits de la vie… Et ça me tue… La télé n’a plus d’image… Les nouvelles sont vieilles…

J’ai plus de jambes : je roule en fauteuil… Mais paralysé…
Je suis biplégique…

Ça fait trois fois que j’active l’antivirus du PC. Il doit bien y avoir un virus quelque part…Un cheval de Troie…

Je viens de comprendre qu’à force de vivre ensemble, tu t’es infiltrée en moi et moi en toi.

26 avril, 2004

 

TUER, MANGER, PAYER

Quand je n’ai rien à faire de ma vie, les soirs de pluie. Je scrute le panneau de mon blog, la partie des «recherches qui ont menées à votre site». Ou à votre «shit»… C’est selon. Il y a toujours la phrase qui tue, et le plaisir qui vient avec… C’est une sorte de thérapie pour la bêtise humaine et sa machine à faire souffrir les humains…

RECHERCHE NUMBER ONE :

Recherche 1 : tuer,mange, payer

À prime abord, étrange la recherche… Mais très «cultivante»… On y apprend les mœurs des Wodani, ( L’alliance monétaire des Wodani de Papouasie occidentale) , un article mis en ligne.

Stéphane Breton, « Tuer, manger, payer », L’Homme, 162 | avril-juin 2002, [En ligne], mis en ligne le 03 juillet 2007. URL : http://lhomme.revues.org/index162.html. Consulté le 16 juin 2009.

L’accumulation primitive du capital, si l’on peut dire, résidedans la production des corps. Le travail au sens où nous l’entendons, ne produit,chez les Wodani, nulle richesse sociale : on ne travaille que pour se nourrir. Mais selon eux, les compensations corporatives sont un travail à part entière : c’est que notre conception du travail est bornée à la capacité d’agir d’individus rendus indépendants du corps social. Chez les Wodani au contraire, c’est au sein du clan, par le travail de reproduction sociale, qu’est produite la richesse.

Manger du “nous”

Revenons à la logique des paiements et à la métaphore alimentaire. «Manger »une compensation monétaire et en effectuer le partage vont de pair. Les ayants droit de l’épouse sont légalement définis par leur appartenance au même clanqu’elle. On partage le paiement comme on partage le corps de l’ancêtre. On ne peut refuser à un frère de clan, qui clamerait son droit avec suffisamment de force, de percevoir une partie de la compensation matrimoniale. Il a parfaitement le droit de « manger » sa soeur. Le paiement se compose de deux parties. La première consiste à offrir pour les organes nommés les monnaies de prix. Celles-ci reviennent de droit au frère réel de la fiancée ainsi qu’à ceux qui avaient apporté leur contribution financière à l’union matrimoniale de son père, dont elle est lefruit. Il reste une quantité très importante de monnaies de moindre valeur à distribuer à des ayants droit moins directs, simples frères de clan classificatoires. La perception du paiement, fût-ce celle d’une monnaie très médiocre permettant àpeine d’acheter une carotte de tabac, est cependant exigée avec force. De longues négociations sont engagées pour arracher un paiement qui n’est, précisément, que symbolique (il ne vaut guère plus que ce qu’il signifie). Chacun doit pouvoir« manger » la fiancée.

 

RECHERCHE NUMBER TWO :

Biographie sur le corps

Je n’ai trouvé que de la musique… Et la biographie, assez étrange :

Le 31 juillet 1997, à la suite d’un mauvais plongeon dans une piscine alors qu’il était a nimateur de colonie de vacances pour la ville de Saint-Denis, Fabien se déplace des vertèbres et apprend qu’il ne remarchera jamais. En 1999, il retrouve cependant l’usage de ses jambes après un an de rééducation. C’est en référence à cette expérience douloureuse qu’il a pris le pseudonyme de Grand Corps Malade.

En octobre 2003, alors que le Slam a débarqué en France depuis quelques années, il fait son premier slam sur la scène du Collectif 129H, dans un bar parisien. Par la suite, il crée des ateliers pour initier au Slam les jeunes de son quartier. Un de ses amis (S Petit Nico) lui propose de faire un habillage musical pour ses textes, d’où la sortie le 27 mars 2006 de son premier album Midi 20, dont le titre correspond à celui d’un morceau où il réduit la vie à l’échelle d’une journée. Il y évoque sa ville, Saint-Denis, son amour de la vie, un chagrin d’amour mais aussi la douleur liée à son accident. Début 2006 il participe au Grand Cabareta capella, souvent accompagnés d’un  morceau de l’album sont déclamés avec une voix naturelle et parfaitement compréhensible. Une grande importance est en effet accordée à la narration, et à un humour mêlant les clins d’oeil aux figures de style. Fabien accepte le terme de poésie, les textes font preuve d’une ouverture d’esprit et d’une créativité qui sont sans doute une des causes du succès. Pour la sortie de l’album, il fait quelques apparitions télévisuelles, invité notamment par Thierry Ardisson. Les critiques sont élogieuses, ce qui entraine une bonne médiatisation de l’album.

RECHERCHE NUMBER THREE :

Ma femme montre sa fente au serveur

Faites la recherche vous même. Vous atterrirez sur un site qui vous demande si vous êtes adulte en entrant… dans le site.  helabomb

Voici un passage :

Le serveur vient plusieurs fois vider notre cendrier, remplir nos verres et je sais qu’il a une très bonne vue sur les attribut de ma femme… J’ai remarqué quelques clients qui observent discrètement les moindres gestes de ma femme… et ils en sont ravis aussi… Après un certain temps, je demande à ma femme de défaire le lacet de sa robe, ce qui laisse apparaître presque complètement ses seins… Je lui demande aussi d’écarquiller ses jambes aussi, le serveur revient et il voit tout, il est dans tout ses états et je lui demande son opinion, il répond « Sur quoi… » « Ma femme me dit qu’elle aimerait avoir de plus petits seins, qu’en pensez-vous ? ». Il répond tout rouge « E he, he , bien moi je les trouve bien comme ça ». Ma femme de répondre, « Vous ne les trouvez pas un peu gros, il ne se tiennent pas tout seul, regardez, même mon lacet ne suffit pas à les retenir… », joignant le geste à la parole… « Pensez-vous que je devrais rattacher mes lacets ? ». Le serveur lui répond, « Damme, soyez à l’aise, faîtes comme bon vous semble, mais moi je les trouve très bien comme ça… Ensuite il part… rouge… intimide….

 

RECHERCHE NUMBER FOUR :

La raison c’est pas le but de l’amour

On monte d’un cran. Pas de sexe, du moins uniquement… De la philo…

 

 

L’ordre de l’amour ne saurait se subordonner à l’ordre de la raison. Amour et raison relèvent de deux mondes qui se croisent sans se rencontrer.

Celui qui s’efforce de comprendre ce qui l’entoure et ce qu’il vit ne peut être séduit. L’analyse, la compréhension rationnelle supposent un détachement alors que l’amour exige un engagement. Celui aime en revanche ne sait pas ce qu’il fait ; il agit sans retenue. L’amour est enfant de bohème ; il vit dans l’insouciance de ce qui est, de ce qu’il fait. FAUST ne peut aimer MARGUERITE que sur ses vieux jours : lorsque la raison cesse d’être le seul moyen d’appréhender le monde.

La raison ne peut pas donner lieu à une affection quelconque – et particulièrement l’amour. Le discours de LYSIAS dans le Phèdre peut bien énoncer les raisons pour lesquelles l’aimé devrait céder aux avances de l’amant qu’il n’aime pas. Rien n’y fera : l’aimé ne cédera jamais s’il ne se sent pas porté par un mouvement irrépressible et réfractaire aux lumières de la raison. Nul amour ne peut être issu de la raison : je n’aime pas parce que c’est raisonnable ; j’aime même si cela est raisonnable.

La raison ne peut pas apprécier une tendance. Elle peut juger la conformité de ses effets avec l’ordre social, moral, intellectuel. L’amour n’est raisonnable que par la conformité de ses buts à ceux de la raison. L’amour est raisonnable quand il permet de réaliser ce que la raison ne peut pas, à elle seule réaliser, mais qu’elle prescrit. L’amour du prochain, de la paix, du développement de ses facultés seraient en ce sens raisonnable parce qu’ils conspirent à la réalisation d’un idéal que la raison promeut. L’amour est raisonnable ainsi par accident, quand il donne à la raison le moyen d’accomplir ce qu’elle veut réaliser sans le pouvoir. Est-il raisonnable d’aimer?

P.S : Cliquez, c’est tout beau ces conceptions de l’amour, ou l’amour de la conception…

 

Pour les autres, amusez-vous :

Aisselles de célébrités

Le beau Brad n’a pas le temps de se doucher : il «vole» les lingettes pour bébé de ses enfants pour se laver. C’est mieux que les autres qui puent

Durant le tournage d’Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, Brad Pitt a donné quelques conseils à des covedettes malodorantes.

«Il a dit que lorsqu’on transpire et qu’on n’a pas le temps de prendre une douche, il suffit de frotter quelques lingettes pour bébé sous les aisselles», a mentionné Eli Roth à People.

«Après une scène, Brad a dû venir à côté de moi pour un gros plan et il m’a reproché de puer. Je lui ai dit que je n’avais pas eu le temps de me doucher. Il a dit: «Les lingettes pour bébés, mon homme, les lingettes pour bébé», se souvient Roth. Père de six enfants, Pitt disait que lui non plus n’avait pas le temps de prendre une douche, mais qu’il utilisait les lingettes pour son hygiène. Roth a aussi mentionné qu’il a trouvé Brad Pitt très sympathique, de même qu’Angelina Jolie qu’il a rencontrée à Cannes.

 

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  • ma femme clouée sur la table
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  • ma femme montre sa fente au serveur
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  • ti-gus et ti-mousse une auto c’est bien
  • amour qui regarde vers le bas
  • tomber amoureuse d’un vendeur d’artisana
  • avoir une hemoroide dans le vagin

 

 

Dans le ventre de la bête

[Note perso : Complémentaire à Un gigantesque centre d’espionnage en construction dans le désert américain  …  quand on sait comment Darpa et autre entité militaire laisse passer ses découvertes au compte goutte , on peut entrevoir à quel point on est déjà depuis pas mal de temps sous le règne de la surveillance globale…rajoutez y les fichiers nationaux, banques d’ADN, passeports et autres ID biométriques, réseaux sociaux,  GPS, simulations, mixez la tambouille et jetez un coup d’oeil au dessus de votre épaule …. ]

Surveiller en temps réel l’intégralité des communications mondiales – Internet, téléphone, satellite –, même « cryptées », un rêve d’espion impossible ?

La NSA – l’agence américaine chargée du contre-espionnage, l’équivalent de notre DCRI – s’est lancée dans plusieurs projets qui vont lui permettre de réaliser ce rêve. C’est ce que révèle une longue enquête du magazine américain Wired, écrite par James Bamford, un des meilleurs spécialistes de la question.

Un gigantesque complexe
Bluffdale, une bourgade de l’Utah de la banlieue de Salt Lake City, l’agence s’est lancée début 2011 dans la construction d’un complexe – top secret –, d’une ampleur totalement inédite, destiné à stocker et à analyser des quantités phénoménales de données. Les chiffres donnent le tournis :
  • un coût de deux milliards de dollars ;
  • une surface d’un million de m2, soit cinq fois la taille du Capitole à Washington ;
  • 10 000 ouvriers habilités « top secret » ;
  • une consommation électrique de 65 mégawatts (soit un quart de la puissance électriqueconsommée par Google) ;
  • plusieurs milliers de m2 de serveurs, parqués sous deux gigantesques hangars.
A compter de sa mise en service, programmée en septembre 2013, ce centre va être abreuvé des données recueillies par les satellites, les antennes à l’étranger et les postes d’écoute secrets de la NSA dispatchés sur tout le territoire américain.
L’objectif ? Etre capable de traiter des « yottabits » de données. Soit environ 1 000 milliards de fois plus que les disques durs de grande taille disponibles dans le commerce aujourd’hui. Bamford écrit :
« Etant donné la taille des bâtiments et le fait qu’un terrabit de données peut désormais être stocké sur un disque grand comme le petit doigt, la quantité d’informations qui pourront être stockées à Bluffdale est réellement prodigieuse. Tout comme la croissance exponentielle de la quantité de données qui sont récoltées par la NSA et les autres agences. »
Opération Vent stellaire
Bamford apporte de nouvelles informations concernant l’opération Vent stellaire, lancée en 2001 par la NSA afin de surveiller toutes les connexions Internet et téléphoniques entre les Etats-Unis et le reste du monde, mais aussi à l’intérieur du pays. Bamford explique que l’ampleur de la surveillance opérée par l’agence est bien plus grande qu’imaginée jusqu’ici :
« L’opération Vent stellaire ne comportait pas seulement la surveillance des conversations téléphoniques, mais également l’inspection des e-mails. »
William Binney, ancien mathématicien de la NSA, révèle à Wired que pour ce faire, l’agence a déployé sur tout le territoire des Etats-Unis des postes d’écoute, positionnés sur tous les nœuds importants d’Internet.
Il nous apprend également que la NSA utilise le « deep packet inspection » (DPI), une technique complexe qui permet d’inspecter le contenu de tout ce qui passe par le réseau : e-mails, messagerie instantanée (tchats), contenu des pages Internet consultées, notamment grâce à un logiciel développé par une filiale de Boeing. Bamford écrit :
« Le logiciel cherche dans les e-mails des adresses précises, des lieux, des pays, des numéros de téléphone, des noms de personnes recherchées, des mots-clés, des phrases. Toute communication qui éveille les soupçons est automatiquement copiée, enregistrée. »
« On est à ça d’un Etat totalitaire »
On apprend également que ce programme avait accès aux détails de facturations – l’équivalent des fameuses fadettes – du mastodonte des télécoms américain AT&T, ce qui lui permettait de savoir « qui appelait qui aux Etats-Unis et à travers le monde ».
Binney a quitté la NSA pour protester contre la direction prise par l’agence. Peu avant, il lui avait suggéré d’adapter la surveillance des gens en fonction de leur proximité avec une cible. La NSA a rejeté cette suggestion. « Ils stockent tout ce qu’ils récoltent », estime Binney.
Avec ces données, il est facile de tracer un portrait extrêmement fidèle d’un individu, explique-t-il : « On peut regarder tout le monde, tout le temps. » Et d’ajouter :
« On est à ça d’un Etat totalitaire clé en main. »
Un « super-ordinateur » top-secret
On connaissait l’existence du « jaguar », ce super-ordinateur lancé en 2004, classé un temps comme le plus puissant au monde (aujourd’hui dépassé par un ordinateur chinois).
Mais on apprend dans l’article de Wired que la NSA a également mené un projet parallèle, un super-ordinateur top secret bien plus puissant que son homologue public, achevé en 2006.
Cryptographie : « Une énorme percée »
On apprend (encore) que, dotée de cette puissance de calcul sans équivalent dans le monde, la NSA s’est lancée dans une course que tout le monde croyait perdue d’avance : parvenir à casser les systèmes de chiffrage (la terminologie correcte pour ce qu’on appelle généralement « cryptage ») de données les plus complexes jamais conçus.
L’un d’eux – appelé AES – est aujourd’hui réputé inviolable. La NSA elle-même l’a adoubé. Il est aussi l’un des plus utilisés (par les services secrets, les entreprises, les activistes, les terroristes…). Et l’auteur de nous apprendre que l’agence américaine a récemment établi une « énorme percée » dans ce domaine… sans préciser laquelle. Il explique :
« Le super-ordinateur secret de la NSA est modifié spécialement pour la crypto-analyse, et utilisé pour déchiffrer un ou plusieurs algorithmes spécifiques, comme l’AES. »
C’est ainsi que les pièces du puzzle se mettent en place. Jamais rêve d’espion n’avait été aussi proche de la réalité : des capacités de stockage dantesques, des super-ordinateurs d’une puissance inouïe, des sources de données quasi-illimitées et des technologies de chiffrage susceptibles d’être cassées.
Les contre-espions américains sont « à ça » de pouvoir surveiller, intercepter, analyser et comprendre toutes les télécommunications qui transitent sur la planète.

1 Geostationary satellites

Four satellites positioned around the globe monitor frequencies carrying everything from walkie-talkies and cell phones in Libya to radar systems in North Korea. Onboard software acts as the first filter in the collection process, targeting only key regions, countries, cities, and phone numbers or email.

2 Aerospace Data Facility, Buckley Air Force Base, Colorado

Intelligence collected from the geostationary satellites, as well as signals from other spacecraft and overseas listening posts, is relayed to this facility outside Denver. About 850 NSA employees track the satellites, transmit target information, and download the intelligence haul.

3 NSA Georgia, Fort Gordon, Augusta, Georgia

Focuses on intercepts from Europe, the Middle East, and North Africa. Codenamed Sweet Tea, the facility has been massively expanded and now consists of a 604,000-square-foot operations building for up to 4,000 intercept operators, analysts, and other specialists.

4 NSA Texas, Lackland Air Force Base, San Antonio

Focuses on intercepts from Latin America and, since 9/11, the Middle East and Europe. Some 2,000 workers staff the operation. The NSA recently completed a $100 million renovation on a mega-data center here—a backup storage facility for the Utah Data Center.

5 NSA Hawaii, Oahu

Focuses on intercepts from Asia. Built to house an aircraft assembly plant during World War II, the 250,000-square-foot bunker is nicknamed the Hole. Like the other NSA operations centers, it has since been expanded: Its 2,700 employees now do their work aboveground from a new 234,000-square-foot facility.

6 Domestic listening posts

The NSA has long been free to eavesdrop on international satellite communications. But after 9/11, it installed taps in US telecom “switches,” gaining access to domestic traffic. An ex-NSA official says there are 10 to 20 such installations.

7 Overseas listening posts

According to a knowledgeable intelligence source, the NSA has installed taps on at least a dozen of the major overseas communications links, each capable of eavesdropping on information passing by at a high data rate.

8 Utah Data Center, Bluffdale, Utah

At a million square feet, this $2 billion digital storage facility outside Salt Lake City will be the centerpiece of the NSA’s cloud-based data strategy and essential in its plans for decrypting previously uncrackable documents.

9 Multiprogram Research Facility, Oak Ridge, Tennessee

Some 300 scientists and computer engineers with top security clearance toil away here, building the world’s fastest supercomputers and working on cryptanalytic applications and other secret projects.

10 NSA headquarters, Fort Meade, Maryland

Analysts here will access material stored at Bluffdale to prepare reports and recommendations that are sent to policymakers. To handle the increased data load, the NSA is also building an $896 million supercomputer center here.