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Les vingt-quatre lucioles

Saint-Pascal, Kamouraska. Vue sur le fleuve…

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Je grignote les heures et  la vie. Pour ne rien manquer…Parfois a pleine dents, quelquefois à  grandes lippées, comme lorsqu’en appétit,  la faim ne trouvait pas la bouche assez grande….Ici, le repas est le temps…On craint toujours qu’il n’y ait rien à bouffer après…

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Je me suis levé du bon pied ce matin-là, le deuxième. Je n’avais pas le choix, je n’en avais que deux. Entre deux pieds, il faut choisir le moindre…. Étant donné que  les oiseaux chantaient comme des  réveille-matin, je ne me suis pas plaint. C’est mieux qu’une sonnerie, ou que ce  camion teigneux qui fait sa moisson de vidanges à chaque jeudi, vers cinq ou six heures… Le coq du clocher n’a pas encore ouvert la bouche. Même le curé est endormi.

J’ai déjeuné et je me suis rasé : le miroir était picoté  de barbe. Un œil dans le jour, un autre dans la nuit. La nuit est une raclée. On ne sait pas avec qui on s’est battu, mais on a perdu. Le matin, on a tous un peu l’air d’une peinture de Picasso… Ou une ébauche…

Puis j’ai mis mon chapeau vert pour me jeter ensuite à quatre patte dans la terre. Tout ¸a pour essayer  de purger  le petit potager des mauvaise herbes. Les mauvaises herbes c’est comme la vie : plus il en pousse, plus le jardin pousse. Je me suis dit que cette année nous aurions un bonne récolte.

Un oiseau se pose sur une branche ballante… Il oscille au vent. Des insectes courent ça et là. Des fourmis, surtout. Tout bouge, tout ce qui existe cherche mes yeux, mes oreilles, mon nez. Après une nuit, c’est comme après un semblant de mort : tout nous semble neuf.

Ne rien faire de trop productif. C’est le but… S’il en est un.

Je me rends comptes, là, à quatre pattes, que j’essaie d’éteindre les cadrans. J’ai enlevé toutes les piles. Plus de boulot, plus de grandes ……??????? Du moins j’essaie…  Le ciel, lui aussi, est comme la vie : il a ses nuages noirs menaçants, ses trouées bleues, ses rayons qui balaient les étendues vertes, les clôtures, les pavés noirs d’asphalte.

Je me demandais, avant, pourquoi je faisais tout cela. Toutes ces cérémonies où le seul candélabre est un soleil qui me brûle. En même temps qu’il me fait vivre… Je sais maintenant… Je cherche à rétrécir le temps comme pour l’emboîter avant d’aller en boîte… L’étirer comme on étire un ruban de film de deux heures en regardant tous les détails des images. Attentif. Attentif en même temps que déchiré. Déchiré par l’impossibilité de cette réalisation et du cumul des frustrations qui en découlent. Je me rends compte que mon jardin, mon terrain, c’est la vie : avec ses fleurs annuelles côtoyant les poireaux qu’on peut laisser passer l’hiver, qui dorment sous la neige et renaissent au printemps. Les annuelles, elles, si belles, elles, ne durent que quelques jours… On dirait les amours qui se sont faites couleurs. Rien que pour vous montrer que la passion n’est qu’une luciole un soir de juillet.

Je vais retourner à la pêche. Longer la rivière, être une bouffe à mouches… Mais heureux de l’entendre chuinter, bruisser, ou bien hurler dans ses chutes d’eau. Je regarderai les torrents en vrille, les trous ombrées où se cachent les truites. Je serai seul à parler, comme un fou, comme s’il me manquait quelqu’un pour m’accompagner, mais que j’étais seul dans l’univers. Un vingtroisième…  Des reflets danseront. Mes yeux danseront avec eux.

Ce qui m’amène à penser à mes vers qui dorment dans la cave. Je leur râpe des carottes pour les nourrir. Ils sont vivaces… Rougeoyants… Comment ont-ils pu attraper un  coup de soleil enfouis dans ce sol vaseux?

Midi.

Douche.

Sieste. Qui finit par les amours. On se couche en humains, on se réveille en lapins…

Mon amour est une horloge, et je suis son aiguille…

Midi ou minuit, c’est pareil…

19h00

Visite à ma mère. On parle de l’amour, de la mort, de la guerre… Et de cet oncle enivré, emmené à l’hôpital dans un état comateux, et qui, en transport dans l’ambulance, se fait peinturlurer les ongles et dessiner du rouge à lèvre… La vie est une série de tableaux… Un peu comme au cinéma… 24 images par seconde… Mais on ne les voit pas. Tout bouge. Illusion. Le problème c’est de le savoir. De savoir comment tout cela fonctionne. Le soleil, lui, passe trente fois par mois. C’est aussi une illusion. Et c’est tant mieux pour ceux qui ne le savent pas. Les amérindiens comptaient le temps en lunes, je crois… Rien que pour se guider un peu sur ce qui pousse et qui meurt.

Le soir venu, on a regardé le film «Les heures»… J’y ai vécu trois femmes dans des amours compliqués et des incompréhensions indicibles… Des déchirements… Ceux du temps… Ceux des amours…. Et au moment où Virginia Woolf plonge dans la rivière pour se noyer, je me dis « À quoi bon?»…

Je suis dans une rivière où les reflets de la lumière passent  par des trous sombres, des vrilles excitantes, des moments calmes. Et tout alentour, des moustiques. Comme à la pêche…

Je pêche de l’éternité dans une rivière de temps… J’apprends à nager hors de l’eau…

Et mon je n’est qu’une luciole du NOUS… Mais la luciole est à la fois tout…

24 lucioles pourraient donner l’illusion que le ciel, un beau soir, est un jour… Et pour toujours…

12 mai 2004

Gaëtan Pelletier

P.S.: En relisant ce petit texte, aujourd’hui (2017), je constate que ma mère est décédée l’année suivante, presque à la même date. Une luciole est partie… C’était, il me semble, hier…

Alep: Apocalypse, mon amour…

 

C’est être déjà mort que de ne plus trouver en soi-même le sens de la révolte, c’est être mort en esprit que de plus avoir passion d’apprendre, c’est être déjà un cadavre que ne plus savoir aimer. J. Krishnamurti

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Jadis, on croyait que c’était la bombe atomique qui allait anéantir l’humanité. L’explosion n’a pas eu lieu. Les hommes restent fidèles aux armes. C’est devenu une denrée moins rare que le chou, le navet, la pomme de terre  ou le caviar selon votre rang social, selon votre pouvoir. Mais pas l’apparent, le réel : celui  qui tue.

Nous vivons dans un monde dans lequel la minorité du 1% PEUT anéantir le 99% qui reste. En fait, elle ne sait pas qu’elle l’anéantit vraiment. C’est la pathologie de ceux qui nourrissent le leurre. Les étourdis de la technocratie.  La prétendue supériorité de certains humains est une constante dans l’Histoire. La vieille aristocratie a su se muer- telle un caméléon- en une autre encore plus crasse et plus dangereuse. Elle sait nourrir ses valets, ses serviteurs.  De temps en temps de nourriture, et parfois de médailles. Mais avant tout de titres. Et ainsi se perpétue une nouvelle emprise de la foule par une minorité.

Comme s’il existait deux humains…

S’ils n’existaient pas, on l’a inventé, cette division par la pauvreté continue.  L’argent sert à soutenir les plus improbables et inimaginables inventions. E t c’est ainsi que chacun d’entre nous, nous de ce système empoisonnant sommes les 99% du cheptel fournissant l’arme la plus barbare aux « dirigeants » élus par  illusion et pour l’illusion.

Nous avons reçu le choix de voter, mais  le choix de voter pour ceux qui sont du clan du 1%.

Et lentement nous glissons vers une finale qui ressemble plutôt à une agonie phosphorique  qu’à une mort fatale. Nous sommes des intubés sociaux. Notre capacité de révolte est un X à gauche ou un X à droite. À vos marques, saignez! Saignez du corps, saignez de l’esprit, saignez de vos âmes. Les amours sont terminés. Pour vivre il faut se transformer en une sorte d’esclave robotisé.

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Le petit homme qui faisait vivre participe, sans le savoir,  au « savoir tuer » à  une finale de l’humanité. C’est le retour de la servitude par le citoyen qui donne sa petite récolte pour l’achat d’armes et une longue histoire tramée aux couleurs d’un drame de Shakespeare. Sauf que le fournisseur de fonds est devenu la victime de son « engagement » ignoré.

Si on pouvait représenter l’humanité comme une personne qui aura vécu quelques milliers d’années, on peut maintenant voir que sa fin est celle d’un cancéreux en phase terminale. Celui qui devait durer et se perpétuer « vers le meilleur » est devenu la victime du chanteur de charme, moulin de formules creuses.  Le petit homme a la capacité de se transformer en crapaud, en technocrate, ou en mélange étrange d’humanoïde machiné par un monde ciselé par la cruauté « camouflée et hypocrite ».

On ne sait plus ce qui nous reste d’humanisme. Et bientôt on ne saura plus ce qui nous reste de réel.

Le cœur du drame, au fond, est que  les « grands » ne connaissent pas vraiment l’abysse de leur ignorance. Ils ont perdu tout contact avec la nature humaine, les émotions, la beauté du monde. La cruauté est acceptable… Voire nécessaire. Inévitable…

 L’homme d’affaires  et le paon politicien ont le cerveau bombé, durci, odeur de souffre brûlé. Ils mijotent dans leurs chaudrons leurs recettes de destruction en parlant… Ils mijotent des plans insensés.

Ils nous ont fait un beau nid. Mais dans une perspective cosmique le nid bleu est en train de tourner au poison. L’apocalypse aura été réalisée par des ignares beaux-parleurs, légers.  L’ignorance totale de leur provenance, de leur gouvernance, de leur « personnalité » : le petit peuple. Du moins, celui que l’on nomme tel… Nous aurons été les investisseurs de notre propre perte.

Gaëtan Pelletier

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Sieste

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Le cochon scribe

Bosch Le cochon scribe

La classe des scribes formait la base de l’administration de l’État et c’est chez elle que se recrutait l’élite intellectuelle du pays [l’Égypte] (M.-A. Hussein, Les Orig. du livre du papyrus au codex, trad. par R. Savoie, 1971, p. 13). Caen 

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Les scribes politiques écrivent avec leur nombril et leur innocence patentée la grande noirceur des États qui définissent les mots, généralement pour les adoucir. On parlait jadis de « ressources humaines ». On a gommé le mot humain pour modifier la formule: « capital humain ».  Le « dépromu » au rang de la monnaie fait maintenant partie de l’échiquier mondialiste des trafiquants d’esclaves assujettis au monde du travail mondialisé. On peut vivre au Canada et manger de la saucisse de Hongrie. Question de coûts de main-d’oeuvre et de tout un arsenal de causes invisibles et volontairement cultivées pour faire de la Terre une boulette achetable. Mais le prix à payer est que les éleveurs de saucisses crèvent de faim dans leur « propre » pays.

Le lièvre et la torture 

Ce n’est pas une fable, c’est la direction de l’Humanité vers une cible implacable de la disparition et d’une Shoah planétaire: car le lièvre des affaires, dans son pouvoir et sa rapidité rend tout à fait risible le ventriloque politique pris au sérieux par ceux qui malheureusement n’ont rien compris. Le lièvre est efficace et électronique, le politique, même avec des élections aux six mois n’arriverait pas à « changer le monde ». Une illusion optique épileptique… On vit dans une toile de  Bosch Bush Boss, avec ses bizarreries en apparence anodines et sans significations, avec ses monstres maquillés et lustrés de titres. Mais on votera… À chacun son joujou de la finance. À chacun son animalcule ou son ensemble de groupies sniffant leur ligne de parti.

La torture de la grimace démocratique dure et perdure sans qu’il n’y ait aucune victime. C’est le mensonge dutemps…  « L’éternité c’est long, surtout vers la fin« , disait Woody Allen. La torture, elle, semble ne pas avoir de fin. On dirait qu’elle s’affine au fil des décennies. On dirait qu’elle s’aiguise au  point d’être une aiguille invisible.

L’accord parfait 

Il fut un temps durant lequel les humains étaient des sujets. Puis ils devinrent des verbes. Puis lentement des compléments d’objets directs ou indirects. De sorte que l’on se retrouve avec une phrase parfaite: sujet, verbe, complément. Mais le sujet et perdu, le verbe inutile. Il reste le complément. Dans les grandes phrase sociétaires il n’a plus d’action. C’est un homme-outil. Pas plus important qu’une tronçonneuse ou qu’un tourne-vices. Pourvu qu’ils soit « qualifié ». en éducation, c’est la compétence. Pour le savoir, vous devez être ignorant. Même dans le grand Canyon des formules préfabriquées et solennelles larguées par les sociétés.

Maintenant, l’ignorance a plus d’importance que le savoir réel. La prise de conscience… Et pis encore: le verbe est mort écrasé sous la machine à sous sautillante qui valse et danse dans l’arrière  scène qui rappelant  les premières images de cinéma: plus d’ombre que de lumière.

Le petit tableau des scribes 

C’est comme les tableaux de Bosch: on a les humains qui se tortillent dans cet enfer, suant dans une cale de Titanic, aplatis par le stress, et retroussés par la gente pharmaceutique et ses poisons lents. On a les autres, victimes des gurus de la finance, totalement déphasés, un cochon qui vous embrasse aux quatre ans, et qui vous murmure à l’oreille, habillé en bonne sœur, que tout va bien.

Pile ou face 

Puis dans la cuisse une pile connectée au cerveau: cadmium, mercure, plomb, lithium. En France seulement, on doit consommer environ 1 milliard de piles par an. 2% de recyclables seulement.  Imaginez le nombre de piles fabriquées en Chine qui parcourent le monde! Imaginez les armes désuètes, les pays saccagés, la faim, la soif, la misère.  Le travailleur est une pile que l’on jette après usage. Tout ça fait partie de la mécanisation du ramassage des richesses glanées par les systèmes sophistiquées d’une mafia mondiale. Les stratèges du « scribisme » ont étendu leur pouvoir jusqu’à ce que l’être humain n’ait plus de visage: il est masqué et étouffé dans le masque de fer. Puis il devient ce persona  théâtral sans visage.

La vie de par les institutions invisibles ne sera plus possible à l’avenir. Si elle devient possible de par notre passivité, nous ne seront qu’une toile Bosch dont personne n’aura compris le sens. Puisqu’il n’y aura plus personne pour la regarder….

Gaëtan Pelletier

Juillet 2015

Le génocide planétaire

Les raisons de la colère 2

Alors des hommes armés de lances d’arrosage aspergent de pétrole les tas d’oranges, et ces hommes sont furieux d’avoir à commettre ce crime et leur colère se tourne contre les gens qui sont venus pour ramasser les oranges. Un million d’affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.

Et l’odeur de pourriture envahit la contrée. ( Les raisins de la colère, John Steinbeck) 

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L’économie mondialiste avec ses entrelacs incompréhensibles est en train de détruire en un génocide planétaire l’humanité entière, y compris la race dite supérieure humaine.

La Terre apparaîtra comme un nouveau Auschwitz avec ses cadavres bien astiqués mais pauvres. Car ce nouveau génocide n’est plus celui de la destruction des corps par la guerre mais celle de la destruction et de la famine lente par la prise de TOUT  ce qui existe pour nourrir l’homme.L’âme y comprit…  Et ce qui existe pour nourrir l’homme comprend également la vie simple des gens venus sur Terre pour cueillir la vie d’un main invisible que certains nomment dieu. Mais cette culture des dieux et les déformations des messages ont fait en sorte qu’il y a dissension.

Pendant que les dirigeants multiplient les guerres et massacrent les gens simples, la vie économique des meneurs invisibles, des possesseurs-assassins, est en train d’affamer les corps et d’arracher à ceux-ci tous les plaisirs d’une vie sur Terre. Les profits des entreprises inhumaines sont pour le profit et la destruction d’une grande partie de la race humaine. Non plus en forme d’explosion mais d’implosion. L’humain est détruit, saccagé, brûlé de l’intérieur. Les ravages psychologiques des armes cachées économiques sont imprévisibles, nombreuses. Les États n’en viennent pas à bout et même les nourrissent.

Le capitalisme ,  ni même les autres formes de gouvernances économiques, de dites tendances sociales ,  sont devenues des armes risibles et inadéquates. On se meurt à les nourrir. L’argent est le sucre des prédateurs économiques comme c’est le cas des diabétiques, est sans limite. La bête est sans pitié. « Ils ont les montres, nous avons le temps ». Maintenant nous n’avons plus rien. Notre temps terrestre est compté en heures de travail qui est une richesse jamais retournée aux travailleurs.  Dans ce monde, on ne travaille plus pour quelqu’un, on travaille pour quelque chose. Et ce quelque chose est une putrescence.

Ils se battent pour des capitaux et nous sommes pris entre deux feux. C’est là la plus énorme déviation du capitalisme « moderne »: brûler le travailleur qui n’est plus un humain mais un robot qui attend l’autre robot qui fera de lui une « matière première » qui ne sera plus nécessaire.

Les guerres tuent.

L’économie tue.

Les compagnies tuent.

La politique tue.

Si rien de si « géant » ne peut nous faire vivre, qu’avons nous donc construit autre qu’un charnier monstrueux avec pelle fournie?  Une étrange et lente marche vers la démence ultime. À côté des génocides oubliés du 20 e siècle, ce sera celui-là invisible mais bien plus meurtrier: Il détruit l’environnement par empoissonnement, et nous enchaîne à un seul mode de vie que l’on nomme liberté.

Les singes manipulés diront: Liberté, égalité, fraternité. Il est un art de consoler les esclaves et les démunis de façon à leur faire croire que les richesses de la Terre appartiennent à tout le monde. Étant nés égaux… Mais voilà que la recette est de devenir quelqu’un en tuant un peu tout le monde.

Gaëtan Pelletier

Février 2016

Le second ventre

01

 

C’est un bébé qui date d’à peine six heures…  Me voilà grand-papa pour la deuxième fois. Je suis totalement « imbibé » de la Vie. La Vie! La Vie que l’on nomme parfois Dieu et à laquelle de par sa puissance, je n’ose même pas donner de nom.

C’est un événement personnel et à la  fois pas… Car je ne peux voir la Vie, de tout ce par ce que j’ai vécu, vu, entendu, subi d’humiliation de par les gens qui ne voient que des chiffres, des réussites, des affiliations à « L’ÉTAT, cet autre ventre de la Vie.

Je le disais quelque part: si nous pouvions voir la Terre comme une ruche de lumière, cens « gens » qui entrent et qui sortent « d’ici », nous pourrions voir vraiment la nature de ce mystère que certains pensent avoir résolu. Mais il ne l’est pas et ne le sera jamais…

Ce qui m’étonne, c’est toute la vie d’après, le « formatage » des nouveaux-nés qui ont un second ventre: l’éducation ou la déséducation.

Qui donc est bon ou devient bon? Qui donc est méchant?

Car dans cette période bien étrange et « austère » des vols permissifs et accordés des grands de ce monde, y compris les institutions de plus en plus déshumanisées, sans parler des guerres, vivre est un défi.  Rester intact au mystère et à sa beauté… Un défi.

Il l’a toujours été devant la matière brute de la nature, mais la sauvagerie « moderne » a créée une jungle encore plus horrible que celle dans laquelle vivaient nos ancêtres … poilus. Car cette jungle a été sciemment et méchamment tressée par des humains transformés en robots-penseurs, cervicaux, délirants, totalement ignorants de la Vie.

C’est ainsi qu’a surgie une idée étrange et pas à la fois: si les méchants mènent le monde, peuvent tuer ceux-là même que la Vie leur a donné, le monde se divisera toujours en deux… Dieu et Diable.  Mais avec le progrès, ce monde falsifié, malbâti, est la somme des des connaissances trafiquées, enseignées, martelées, finit parfois par diviser les gens davantage. La petite soudure de lumière à la naissance risque de s’éteindre et de se transformer en noirceur…

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Nous avons peine à trouver un dénominateur commun: les chiffres finissent par tuer. C’est la malbouffe de l’intellect… Les chiffres, les analyses, la division temporelle.

Si la vie que nous vivons, après des milliers d’années de progrès est si difficile et si peu égale,  que nous avons les moyens de faire encore crever ses habitants de faim, c’est que les bons ont compris qu’on  ne tue pas. Même pas par « mission »…  On ne tue pas par  privation. On ne tue pas par ignorance de ce qu’est la compassion. On tue par calculs… On inculque la haine alors que personne n’est né de par la haine. Nous sommes tous nés de l’amour…

Étonnamment, ce sont les enfants qui souffrent le plus des adultes « transformés » en savants. En savant qui créent trop  souvent des Frank-Einstein…  Faut-il savoir des savoirs pour vivre en paix? Je ne pense pas… Il faut seulement s’étonner et regarder le grand mystère. Il faut également comprendre que l’on divise les Humains en catégories sans saisir l’entièreté et à la fois la simplicité de la Vie. Elle est Vie, c’est tout… Elle n’est pas religion et foi… Elle est si simplement qu’elle est: point.

En la divisant nous nous divisons. En nous taisant, nous laissons notre belle capacité d’émotion se terrer, s’éteindre, se  camoufler. Alors que nous devrions la cultiver… Mais nous laissons à une « organisation » le jugement de la bien cultiver.

Nous naissons plissés et nous mourrons  plissés.

Nous naissons dans la joie et l’énergie et nous mourrons dans la peur et la faiblesse. Comme s’il y avait une différence…  S’il en est une, nous avons grande difficulté à l’accepter. Parce qu’on juge inutile de nous l’enseigner. Alors, la plus grande servitude est d’être ignorant de la vie et de la mort.

C’est ainsi, que de notre ignorance, le second ventre des sociétés,  fait de chacun d’entre nous, ou veut faire, le monstre calculateur que les bons n’oseront tuer et que les ignorants y trouveront une religion de quelques années dans l’éternité…

Nous naissons tous deux fois… C’est la seconde fois qui est de trop si on choisit un ventre plus gros que celui d’une mère.

Gaëtan Pelletier

7 novembre 2014

Merci à Lexandra et à Manuel.  Ce ne sont pas que mes enfants mais les enfants de tout cet univers étrange, mais si beau en émotions…

Il n’y aura jamais de calculs pour l’amour…

Heureusement qu’on a les enfants

Enfants  2

Heureusement qu’on a les enfants pour comprendre qu’il existe encore de l’émerveillement.

On passe des nuits à en faire… En espérant qu’ils ne seront pas des Bush, des tueurs en série, mais simplement des être heureux.

Heureusement qu’on les a pour se rappeler qu’on a déjà été enfants. Même Hitler l’a été. Ça pousse dans le ventre des mère en 9 mois. Ça apprend à manger et à marcher, puis à courir. Puis quand ils grandissent un peu et qu’on constate qu’ils sont des génies, l’adulte veut en faire des génies.  Mais l’adulte a oublié que l’enfant était déjà un génie. Si les enfants n’étaient pas pollués par le dessèchement des adultes, nous pourrions sans doute vivre dans un monde meilleur. Les adultes, en devenant adultes, ils se prennent au sérieux. Ils deviennent comme imbibés d’idées, se chamaillent à la mitraillette et à la bombe atomique.  Je me souviens de ma fille qui faisait des bulles avec de l’eau et du savon. Les bulles s’envolaient. Ronds comme des planètes translucides. Et ma fille les regardait comme la fille aux yeux ronds de la photo.

Les enfants ne font pas de mystères, ils le voient. Je me souviens d’avoir vu pousser des arbres, couler des rivières, cueillir des merises le long des rivières par des jours tellement chauds que j’en étais épuisé. Quand on est enfant, un  jour c’est long comme une vie…

Vous donnez un ballon à un enfant et il passe des heures , des jours, des mois à s’amuser. Vous vendez tout à un adulte, et au bout de deux semaines il  veut autre chose . On dirait que son ventre s’est vidé de l’enfant qu’il était.

Je me suis demandé pourquoi le monde est dirigé par des vieux crapauds ridés qui passent pour des génies. Je n’ai jamais pensé que s’entre-tuer était génial. Ou inventer une arme pour abattre les « autres » puisque pour quelqu’un je fais partie des autres.

Il y a des jours où je ne comprends rien: les enfants n’ont pas d’auto, pas de maison, pas de carrière, pas de diplôme, pas de vêtements griffés, pas d’ambition, rien… Ils rient et pleurent. On est là, parents, à essayer de les faire cesser de pleurer. Ce que je ne comprends pas des adultes c’est qu’ils ont de la difficulté à rire et encore plus à cesser de faire pleurer les autres. J’ai compris une chose, au moins: on devrait être le parent de tout le monde et l’enfant de tout le monde.

Au fond, faire des enfants c’est facile, mais faire des adultes c’est si difficile que personne n’a encore trouvé la bonne recette.

Gaëtan Pelletier