Archives mensuelles : mars 2011

Pêche intensive : comment l’Europe affame l’Afrique

Par Eros Sana

Surexploitation maritime, pêche illicite ou sous pavillon de complaisance, accords internationaux iniques… Les ressources de l’Afrique attirent, une fois de plus, l’Europe prédatrice. Résultat : le poisson se fait rare et les pêcheurs sénégalais doivent s’aventurer de plus en plus loin des côtes. Et à défaut de nourrir les populations locales, les poissons d’Afrique viendront garnir les assiettes des Européens.

À proximité de Dakar, la plage de Hann est déserte. Il est un peu plus de 16 heures. À cette heure, la plage devrait grouiller d’une intense activité, avec les pirogues des pêcheurs de nuit et celles des pêcheurs de jour qui viennent décharger leur cargaison. Mais le poisson se fait de plus en plus rare. Une dure réalité qui frappe les 60.000 pêcheurs artisanaux du Sénégal. Ceux qui devaient partir à 18 heures pêcher toute la nuit sont partis beaucoup plus tôt. Et les pêcheurs de jour, partis à 6 ou 8 heures du matin, retardent leur retour. Ils vont plus loin en mer, et restent plus longtemps sur l’eau.

L’une des rares pirogues de retour à cette heure-là est celle d’Alpha Dieng. Pêcheur depuis 12 ans, il commande une petite pirogue de 13 mètres de long. Avec ses deux compagnons de pêche, ils paient une licence annuelle de 25.000 francs CFA (environ 32 euros). Partis à 6 heures ce matin, Alpha Dieng et ses collègues sont fatigués. Ils présentent leur prise du jour : des poissons qui ne remplissent pas un petit seau blanc. « À peine 5.000 francs CFA (environ 7,50 euros), explique Alpha Dieng en wolof. Même pas de quoi payer les frais engagés pour l’essence du moteur aujourd’hui. »

Un poisson trop cher pour les Sénégalais

Les captures se font rares pour tous. Depuis 2003, la pêche maritime au Sénégal enregistre une baisse de 16 % des captures, ce qui a des conséquences désastreuses pour les Sénégalais. L’activité de pêche génère plus de 600.000 emplois directs et indirects, occupés pour les 2/3 par des femmes. Presque deux millions de personnes dépendent de la pêche, qui est aussi le premier secteur d’exportation (30%). La baisse des captures met en péril la sécurité alimentaire du pays. Plus de 75% des apports nutritionnels en protéines d’origine animale proviennent du poisson. Dans les quartiers pauvres de Dakar comme Pikine et Guédiawaye ou de « classes moyennes » comme Sicap, il n’est pas rare d’entendre que le tieboudiene et le thiof, les deux plats nationaux à base de mérou ou de capitaine, sont désormais hors de prix pour les habitants.

Avec ses 700 km de côtes, le Sénégal est pourtant riche d’importantes ressources halieutiques : thons, espadons, voiliers, sardinelles, chinchards, maquereaux, crevettes et merlus, dorades, mérous, crevettes blanches ou céphalopodes… Mais à l’instar de pays africains dont les richesses en diamants, pétrole, gaz, terres arables, donnent lieu aux pires pratiques de prédation, cette richesse a, elle aussi, attisé les convoitises.

L’Afrique nourrit l’Europe en poissons

Pillé depuis des décennies par des flottes étrangères – espagnoles, françaises, italiennes, russes, japonaises, coréennes, chinoises ou taïwanaises – le « grenier à poissons » de l’Afrique et du Sénégal se vide de sa substance… Et ce, au prix d’une concurrence déloyale : quand les pêcheurs artisanaux sénégalais ne peuvent rester que quelques heures en mer, les campagnes de pêche des navires étrangers durent deux à trois mois. Le chalutage – qui consiste à racler les faible, moyenne et grande profondeurs des mers (jusqu’à 1.000 m) – entraîne la raréfaction des espèces de poissons et la destruction des environnements marins. Un désastre écologique.

À bord des « navires-usines » sont traitées, conditionnées puis congelées, d’énormes quantités de poissons, rapidement expédiés dans les assiettes européennes, coréennes ou chinoises. Près de 70% des produits de la pêche du Sénégal sont expédiés vers l’Europe. Celle-ci importe (tous pays confondus) pour 15,5 milliards d’euros de poisson [1]. « L’Afrique nourrit l’Europe ! », s’indigne Mamadou Diop Thioune, président du Forum des organisations de la pêche artisanale. « C’est un système de vol organisé du poisson en Afrique, à destination de l’Europe et d’autres pays. » De nombreux acteurs de la pêche au Sénégal, révoltés, se mobilisent pour ne pas rester avec une « arête en travers de la gorge » et tentent de s’opposer à ce système.

L’impuissance du Sénégal face à la pêche pirate

Le fléau de la pêche illégale frappe aussi le Sénégal. « Ce sont les pêches INN : illicites, non déclarées et non règlementées. » Comme beaucoup de pays africains, l’État sénégalais dispose de très peu de moyens techniques pour contrôler et arraisonner les bateaux étrangers. Parfois dotés des plus récentes avancées technologiques, ceux-ci peuvent braconner en haute mer presque en toute impunité. Ces derniers mois, les contrôleurs ont été mobilisés par des bateaux battant pavillon russe, géorgien et ukrainien, que la marine sénégalaise n’arrivait pas à chasser durablement de ses eaux territoriales.

À l’impuissance du Sénégal s’ajoutent les insuffisances de l’Union européenne et des autres pays du Nord : excepté la mise en œuvre d’une liste noire d’armateurs, rien n’est fait pour assurer une meilleure traçabilité des poissons débarqués dans les ports occidentaux, qui ne disposent pas toujours de déclaration légale de capture.

Le piège des accords de pêche

Les pirates ne sont pas les seuls responsables de la surpêche. Des Accords de partenariat de pêche (APP) permettent à des flottes entières de bateaux européens, russes, chinois de venir légalement surexploiter les ressources halieutiques de la Mauritanie, du Maroc, de la Guinée ou du Sénégal. Au sortir de la colonisation, les États d’Afrique ont investi dans le développement d’une industrie de pêche nationale, plutôt que d’opter pour un soutien massif à la pêche artisanale. Mais les flottilles industrielles sont coûteuses. À la fin des années 1970, le secteur de la pêche n’échappe pas aux effets dévastateurs des programmes d’ajustements structurels néolibéraux, imposés par les institutions financières internationales. Des programmes qui déséquilibrent profondément la filière : les États africains – dont les besoins en devises augmentent – privilégieront dès lors les exportations, au détriment de la consommation locale, et la signature d’accords de pêche avec compensation financière.

Depuis les puissances maritimes tirent un maximum de profit de cette situation. Notamment l’Union européenne qui, depuis 1979, a conclu près de 17 accords de pêche avec le Sénégal. L’accès aux eaux africaines, extrêmement poissonneuses, est un enjeu stratégique primordial pour l’Europe. La Politique commune de la pêche (PCP) européenne limite les captures dans les eaux européennes pour préserver la ressource. Les accords de pêche constituent pour l’Union européenne un moyen de redéployer une partie de sa « surcapacité de pêche », tout en diminuant la pression de la surexploitation de ses propres eaux.

Transfert de la surpêche de l’Europe vers l’Afrique

Formellement les accords de pêche entre « les nations en eaux lointaines et les pays côtiers » sont fondés sur le principe de complémentarité : la surcapacité dans le Nord et l’abondance dans le Sud permettront un accès privilégié des navires des premiers dans les eaux des seconds. Il s’agit de prélever le « reliquat » disponible, seulement après une évaluation scientifique précise des ressources. Les pays du Nord paient une contrepartie financière annuelle, qui s’élevait par exemple à la fin des années 90 à 150 millions d’euros pour l’accord entre Europe et États de l’Afrique de l’Ouest.

Mais les autorités sénégalaises ne disposent pas de moyens conséquents pour effectuer une évaluation efficace des stocks de ressources halieutiques. Cela nécessiterait aussi un meilleur contrôle des capacités de capture réelles des navires étrangers et nationaux. Des experts internationaux dénoncent l’obsolescence du mode de calcul – en tonnes de jauge brute ou TJB –, qui ignore totalement l’incroyable progression des moyens électroniques de détection à bord des navires d’aujourd’hui. « La véritable raison des accords tient simplement à leur forte valeur marchande » affirment Karim Dahou, chargé de prospective pour l’ONG Enda Tiers-Monde, et Moustapha Deme, membre du Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye. Les flottes européennes se déplacent dans les eaux africaines pour capturer avant tout les espèces les plus rentables sur les marchés – tant financiers qu’à la criée – du Nord [2]. C’est donc un modèle de pêche aux gros sous que promeut l’Europe à travers les APP.

Pour un euro versé, l’Europe en récupère trois

Dans le cas du Sénégal, l’ONG Coalition pour des accords de pêche équitables soutient que « si la compensation financière versée par l’UE est importante, elle ne représente qu’une petite partie de la valeur des ressources pêchées. Ainsi, un euro dépensé par l’UE pour la signature d’accords de pêche, en rapporte trois ou quatre au niveau européen. » « Les accords n’ont jamais eu d’effet positif social et économique », affirme Mamadou Diop Thioune. « Les gouvernements et les gouvernants se sont enrichis sur la misère des peuples en accompagnant sans conscience cet effondrement des stocks. Les accords sont signés au détriment des consommateurs des pays du Tiers monde qui ne peuvent voir leur consommation satisfaite. »

Pavillons de complaisance et sénégalisation de bateaux étrangers

Après une importante mobilisation des pêcheurs et de leurs organisations, en pleines négociations de renouvellement des APP, le gouvernement sénégalais a été contraint d’interdire aux navires de l’UE de pêcher dans ses eaux territoriales. Mais pour s’assurer l’accès aux eaux sénégalaises, il existe un moyen moins risqué que la pêche pirate, et plus rapide que de longues négociations internationales : la constitution d’une société mixte de droit sénégalais. Un associé sénégalais, soi-disant majoritaire, enregistre l’entreprise au Sénégal, alors qu’il n’est en fait qu’un employé de son partenaire étranger. Celui-ci le rétribue et « distribue également des pots de vin à tous ces « complices » qui ont permis l’établissement de cette société mixte », résume une étude de la Coordination pour des accords de pêche équitable [3].

Le nombre de sociétés mixtes a explosé dans les années 1990, lorsque le régime des « sociétés mixtes subventionnées » a été introduit dans le cadre des échanges entre pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne… par l’UE elle-même. Ce régime permet d’octroyer une subvention aux armateurs européens qui transféraient « définitivement » leur navire vers un pays tiers en créant des sociétés mixtes avec des ressortissants de ce même pays, tout en renonçant– pour le navire concerné – à leurs droits de pêche dans les eaux européennes. Les bénéficiaires de cette aide au transfert s’engagent à approvisionner prioritairement le marché européen. Le Sénégal connaît aujourd’hui une explosion de société mixtes : 11 sociétés mixtes espagno-sénégalaises, avec 29 chalutiers ; 3 sociétés franco-sénégalaises, avec 24 chalutiers ; 2 sociétés italo-sénégalaises, avec 7 chalutiers ; au moins 1 société sino-sénégalaise, avec 26 chalutiers ; 1 société gréco-sénégalaise avec 2 chalutiers ; et au moins 1 société coréo-sénégalaise, 1 turco-sénégalaise, 1 américano-sénégalaise…

Des sociétés écrans exemptées de droits de douane

Ces sociétés-écrans ne sont soumises qu’aux contraintes nationales. Autrement dit, à aucune contrainte. Les côtes africaines deviennent une sorte de buffet en self-service. Au-delà des eaux territoriales sénégalaises, les étrangers peuvent pêcher dans les eaux de toute la sous-région (Mauritanie, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Sierra Léone), voire de toute l’Afrique. En octobre 2008, c’est de l’autre côté de l’Afrique, à près de 8.000 km des côté sénégalaises que le chalutier El Amine (appartenant une société mixte espagnole « sénégalisée ») a été arraisonné dans les eaux de Madagascar… pour pêche illicite.

Les avantages de ces sociétés au pavillon de complaisance ne s’arrêtent pas là. Elles profitent au maximum du principe central de la globalisation financière : toujours moins d’impôt. La Convention de Lomé autorise les produits halieutiques des pays ACP à pénétrer le marché européen sans droits de douane. Ces sociétés mixtes ont également bénéficié d’exonérations de taxes par le gouvernement sénégalais [4]. Pendant ce temps, les entreprises réellement sénégalaises, regroupées notamment au sein de la de Fédération Nationale des GIE de pêche, périclitent et licencient. Depuis 2001, les acteurs de la pêche au Sénégal demandent en vain un audit de ces sociétés mixtes. Les grosses sardines du gouvernement sénégalais font la sourde oreille.

Eros Sana

IMG/flv/peiche.flv

Vidéo : Elise Picon

Notes

[1] chiffre pour 2009

[2] Ce sont surtout les espèces démersales côtières et les petits pélagiques.

[3] auteurs : Mamadou Lamine Niasse et Madieng Seck

[4] péréquation sur le carburant et détaxe sur les moteurs et engins de pêche, paiement de l’impôt à taux réduit de 15 au lieu de 30%, détaxe sur l’importation de bien d’équipements et le rapatriement des bénéfices

Source: Bastamag

http://www.bastamag.net/article1458.html

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Adieu, Japon

Par François Marginean

 

 

Le Japon ne sera plus jamais le même. Il y aura dorénavant un « avant Fukushima » et un « après Fukushima ». La ruine radioactive du Japon a commencé, entrainant le reste de la planète dans son sillon avec le relâchement les démons nucléaires de Fukushima par General Electric (GE) et la Tokyo Electric Power Company (TEPCO). La cruelle réalité est que cette sombre crise va durer des mois ou peut-être même des années et possiblement de longues nombreuses années étant donné que la demi-vie du plutonium 239 est de 24 000 ans.

««Malheureusement, nous n’avons pas de prévision concrète en ce moment pour nous permettre de dire dans combien de mois ou d’années (que la crise se terminée),» a déclaré Sakae Muto, le vice-président de TEPCO»

Il y a eu plus de 823 tremblements de terre qui ont suivi celui de 9.0 ayant frappé le 11 mars 2011, et ça tremble encore. La ville de Tokyo est située à environ 250 km de Fukushima et plus de 35 millions de personnes y vivent. Tokyo est l’un des trois plus importants centres financier du monde, aux côtés de Londres et New York. Avec trois coeurs nucléaires présentement en fusion, ainsi que les piscines d’entreposage de combustible irradié utilisé en danger, cumulant depuis autour de 40 ans plus de 1700 tonnes de déchets nucléaires entreposés, les retombées nucléaires ne vont que s’accentuer dans les temps à venir et se déposer sur la capitale. Déjà 25 gouvernements étrangers ont soit fermé leurs ambassades à Tokyo, ou ont évacué Tokyo et déplacé leurs ambassades à Osaka. Les banquiers internationaux sont en train de fuir en masse Tokyo et le Japon. La US Navy a annoncé le 17 mars qu’ils étaient prêts à évacuer autant que 87 000 personnes si nécessaire et la USO a annoncé deux jours plus tard, le 19 mars, que l’armée américaine a commencé l’évacuation volontaire de 200 000 militaires et leurs personnes à charge présentement au Japon.

Pendant que tout cela se déroule, le gouvernement japonais a également exhorté plus de gens à évacuer la zone de Fukushima et il a discrètement élargi la zone d’évacuation autour de la centrale de Fukushima. En bon français, toute cette activité signifie que l’évacuation de Fukushima, du Japon et de Tokyo, a déjà commencé. Un grand nombre de personnes sont déjà « volontairement » en train de fuir le danger. Plus la crise s’éternisera, plus le nombre de personnes qui vont partir sera élevé.

L’ensemble de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi devrait être condamné, ce qui en fait le plus important des accidents nucléaires (devant l’accident nucléaire de Tchernobyl) en termes de conséquences techniques.

Les héros qu’on surnomme les « bio-robots », terme originellement donné aux travailleurs qui avaient sacrifié leur santé et leur vie pour contenir l’accident de Tchernobyl, en Ukraine, se sont battus pendant maintenant plus de deux semaines pour tout tenter dans le but de prévenir le pire scénario, soit une fusion incontrôlable des coeurs des réacteurs nucléaires et la combustion des déchets radioactifs contenus dans les piscines d’entreposage situées immédiatement au-dessus des réacteurs Mark 1, un design absolument génial de General Electric. Ils auront silencieusement et courageusement donné leur vie pour éviter le pire au reste des Japonais et du monde entier. Et très malheureusement, il semble que ce soit en vain. La bataille, à toute fin pratique, est perdue. Les taux de radiation sont si élevés qu’il sera bientôt simplement impossible d’envoyer quiconque sur les lieus de la centrale de Fukushima. Déjà, ces employés qui doivent payer le prix de leur santé de façon permanente et risque la mort pour les inepties, les mensonges, l’avarice, l’insouciance et la négligence criminelle de leurs patrons et de GE, ont subi des expositions à la radiation plusieurs fois la norme acceptable annuelle. Nul besoin de rappeler qu’il n’y a pas de dose sécuritaire dans le domaine de la radioactivité.

Dose radiative

Le principe retenu en radioprotection est de maintenir l’exposition au niveau le plus bas qu’il est raisonnablement possible d’atteindre (principe ALARA). Pour faciliter cette optimisation, les sites nucléaires français sont organisés en zones dont l’accès est plus ou moins restreint, et qui correspondent aux débits de doses suivants :

  • zone bleue : de 2,5 à 7,5 µSv?h-1 ;
  • zone verte : de 7,5 à 25 µSv?h-1 ;
  • zone jaune : de 25 µSv?h-1 à 2 mSv?h-1 ;
  • zone orange : de 2 à 100 mSv?h-1 ;
  • zone rouge : > 100 mSv?h-1.

Le débit de dose dont on est certain qu’il produit des effets biologiques dangereux se situe à partir de 1 mSv?h-1, c’est-à-dire en « zone jaune ». Les effets varient selon le temps auquel on y est soumis. Les effets statistiquement observables apparaissent pour des doses cumulées supérieures à 100 mSv, soit un stationnement de plus de 50 h (une semaine à plein temps) en zone jaune. Cette exposition peut être atteinte en 1 h en « zone orange ».

La dose cumulée d’une source radioactive artificielle devient dangereuse à partir de 500 mSv (ou 50 rem), dose à laquelle on constate les premiers symptômes d’altération sanguine. En 1992, la dose efficace (E) maximale pour une personne travaillant sous rayonnements ionisants était fixée à 15 mSv sur les 12 derniers mois en Europe (CERN et Angleterre) et à 50 mSv sur les 12 derniers mois aux États-Unis. Depuis août 2003, la dose efficace maximale est passée à 20 mSv sur les 12 derniers mois. En France, la réglementation fixe les limites annuelles de radiation à 20 mSv (2 rem) pour les travailleurs et à 1 mSv (0,1 rem) pour la population. (source)

La dose limite pour un travailleur du nucléaire en France est de 20 millisieverts pour une année. La limite réglementaire d’exposition en circonstances exceptionnelles est de 100 millisieverts, mais cette limite réglementaire a été exceptionnellement relevée à 250 millisieverts pour permettre aux travailleurs de continuer à travailler sur le site de Fukushima, ce qui signifie quand même que ces travailleurs nagent en pleine zone rouge quotidiennement.

Le 16 mars, aux alentours de 16 heures (heure locale), le niveau de radioactivité au-dessus de la centrale de Fukushima Daichi a atteint les 1 500 millisieverts par heure, empêchant ainsi les largages d’eau par hélicoptères[116].

Selon l’AIEA un niveau de radiation de 400 millisieverts par heure a été observé entre les unités 3 et 4[117]. À ce taux de radiation, un travailleur du nucléaire sur le site de Fukushima Daichi est exposé en 3 minutes à la dose limite admise en France pour une année.

Le 24 mars 2011, les équipes de l’AIEA ont enregistré des taux de 161 microsievert par heure dans les villes de Namie dans la préfecture de Fukushima, à 8 km au nord ouest de la centrale[122]. Une population exposée à ce taux pendant 5 jours accumule 20mSV, ce qui correspond à la dose autorisée en un an pour un travailleur du nucléaire en France. En 25 jours soumis à ce taux, la population exposée atteindrait la limite de 100mSV, seuil à partir duquel les risques de cancers dus à la radioactivité augmentent significativement.

Le 13 mars 2011, à 2 km de la centrale de Fukushima Daiichi, la radioactivité ambiante a été mesurée à 0,1 mSv/h[126],[127], soit un taux environ 800 fois supérieur à la radioactivité ambiante moyenne par heure : cela signifie qu’à quelques kilomètres de la centrale, on se trouve déjà en zone jaune.

Selon le Réseau Sortir du Nucléaire[128], des mesures effectuées à 2 km de la centrale de Fukushima Daiichi par six journalistes de l’association Japan Visual Journalist Association ont permis de constater un débit de dose s’élevant à 10 voire 100 milliröntgens par heure (soit 0,1 voire 1 millisievert par heure), débit selon eux « dramatiquement élevé ».

Des mesures indépendantes relevées dans la journée du 12 mars indiquent des niveaux de radioactivité très élevés sur toute la zone : jusqu’à 1 mSv à deux kilomètres de la centrale[129]. (source)

Les taux de radiation à 20 km de la centrale de Fukushima sont maintenant 1600 fois plus élevés qu’à la normale.

Radioactivité dans le site

Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a déclaré «l’état d’alerte maximale», laissant entendre que trois des réacteurs nucléaires situés à Fukushima sont présentement en fusion. Le réacteur N°3 qui fonctionnait depuis peu avec du MOX, un mélange d’uranium et de plutonium, est fissuré et donc des fuites y sont présentes. D’ailleurs, des échantillons prélevés à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments ont décelé du plutonium, l’élément chimique le plus toxique connu de la science. Ils ont décelé du plutonium 238, 239 et 240. TEPCO a rapporté que des taux de radiation 100 000 plus élevés que la norme ont été mesuré dans de l’eau contaminée sous le réacteur N°2, dans des tunnels et qui se déverse maintenant dans l’océan adjacent. (source)

De l’eau dans un tunnel à l’extérieur du réacteur N°2 a un taux de radiation excédant 1 Sievert/heure, a rapporté un porte-parole de TEPCO, un niveau si élevé qu’un employé ne peut demeurer dans la zone affectée plus de 15 minutes, selon les normes d’exposition actuelles. Une exposition à cette dose pendant 30 minutes entrainera des nausées alors que quatre heures d’exposition pourrait mener à la mort, selon la U.S. Environmental Protection Agency (EPA).

Voici donc la situation en détail pour les six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima:

La société TEPCO a pompé de l’eau douce dans les réacteurs n°1, n°2 et n°3 , a rapporté l’Agence de la sécurité nucléaire et industrielle du Japon. L’alimentation externe a été rétabli pour les six réacteurs en date du 22 mars, selon la Tokyo Electric Power.

Réacteur N°1: Le réacteur est très dégradé. De l’eau contaminée s’est rendue jusque dans les salles des machines, signifiant clairement que qu’il y a absence d’étanchéité de l’enceinte de confinement ou du circuit de refroidissement. Le combustible est endommagé. L’eau contaminée dans la structure de turbine contient 10 000 fois le rayonnement de l’eau de refroidissement régulière, selon l’agence NHK. La société a commencé à enlever l’eau contaminée provenant du sous-sol de la salle des machines et préparera plusieurs pompes pour évacuer l’eau, a indiqué l’agence. L’appareil a été endommagé depuis l’explosion d’hydrogène survenue le 12 mars qui a détruit les murs du bâtiment. La gravité de la menace que représente le réacteur envers la sécurité est évaluée au niveau cinq sur l’échelle internationale de 1-7.

Réacteur N°2: Tout comme le réacteur N°1, il est excessivement endommagé et de l’eau contaminée s’infiltre aussi dans les salles des machines. L’eau contaminée dans la structure de turbine contient 100 000 fois plus de rayonnement que l’eau de refroidissement normale, toujours selon l’agence japonaise de nouvelles, NHK. La société prévoit retirer l’eau contaminée, mais avec de tels rayonnements, la tâche sera très ardue et quasiment impossible. La société prévoyait commencer à utiliser de l’eau douce pour remplir la piscine de combustible à partir du 28 mars, a indiqué l’agence. L’enceinte de confinement a été endommagé dans une explosion du 15 mars et un câble d’alimentation a été reconnecté à l’unité le 19 mars. Le réacteur est noté à un niveau de cinq concernant la menace qu’il pose.

Réacteur N°3: Réacteur lui aussi très dégradé. Les barrières de confinement ne sont certainement plus étanches et le combustible est endommagé. Le New York Times rapporte qu’il y aurait une longue fissure verticale, sur le côté et jusqu’au bas de l’enceinte de confinement, laissant s’échapper des fluides et des gaz toxiques. L’eau contaminée dans la structure de turbine contient 10 000 fois le rayonnement normal et elle s’est infiltrée dans la salle des machines. La société est en train d’examiner des moyens d’éliminer l’eau contaminée. Une explosion survenue le 14 mars a endommagé la couverture de l’unité de combustible. La menace du réacteur est noté à un niveau de cinq. L’analyse de 5 échantillons de sols prélevés indique que du plutonium s’échappe du réacteur et est un signe qu’il y a fusion du coeur, qui rappelons-le, fonctionnait au MOX. Le pire est qu’aux dernières nouvelles, une grue se serait effondrée sur les barres de combustible MOX du réacteur N°3. Il s’agit d’une massive grue interne intégrée à la structure d’acier qui déplace les barres du réacteur vers la piscine de combustible usé, ce qui signifie que les tiges qui contenaient du plutonium sont endommagées.

Cette grue s’est effondrée il y a deux semaines. Le gouvernement japonais et TEPCO ont menti à ce sujet, sachant très bien que seul cet incident pourrait déclencher une catastrophe nucléaire aussi grave que Tchernobyl. Les gouvernements et les banquiers ne veulent pas de panique. Le Nikkei, Dow Jones, et le maintien de l’industrie de l’énergie nucléaire sont plus importants que la vie humaine et l’environnement.

Réacteur N°4: La société prévoit injecter de l’eau dans la piscine de refroidissement de combustible usé. L’Agence de la sécurité nucléaire et industrielle du Japon a indiqué le 17 mars qu’il n’y a peut-être plus d’eau dans la piscine. Le réacteur est évalué à trois sur le niveau de menace. Ce réacteur était en cours de maintenance lors du tremblement de terre.

Réacteur N°5: Cette unité était inactive et en entretien avant le séisme. Le réacteur est correctement refroidi. La pompe alimentant le circuit de refroidissement s’est abruptement arrêté le 24 mars, mais elle a été réparé et elle fonctionne.

Réacteur N°6: Le réacteur est atteint et correctement refroidi depuis le 20 mars à 19h27, lorsque la température est tombée en dessous de 100 degrés Celsius, a indiqué la compagnie. Un générateur de secours a été réparé le 19 mars, selon un communiqué de presse de la société. L’unité était inactive et en entretien avant le séisme.

Ajoutant aux difficultés, l’augmentation du niveau de contamination dans la mer près de l’usine. De l’iode 131 radioactif atteignant une concentration 1850,5 fois la limite légale a été détectée dans un échantillon d’eau de mer prise samedi dernier, à environ 330 mètres au sud de l’usine, près d’un drainage à la sortie des quatre réacteurs en difficulté, par rapport à 1250,8 fois la limite qui fut mesuré la journée précédente, soit vendredi, a indiqué l’agence.

Le danger des piscines de refroidissement des combustibles utilisés

Après avoir été retirés du cœur d’un réacteur, les éléments combustibles usés continuent de dégager de la chaleur, et sont entreposés dans une piscine, l’eau servant à la fois pour les refroidir et de barrière aux rayonnements qu’ils émettent[69]. La température et le niveau d’eau de ces piscines doivent être constamment contrôlés ; la température de la piscine est normalement maintenue à 25 °C au maximum, ce qui demande un refroidissement constant[69].

Le défaut de renouvellement d’eau extérieure pour le refroidissement d’une piscine d’entreposage du combustible usagé entraîne au bout d’un certain temps l’évaporation (0,4 litre par seconde et par mégawatt)[70] et l’ébullition du liquide, occasionnant alors l’échauffement puis l’éclatement (lié à l’oxydation) des crayons de combustible hors d’eau[71]. En outre, les piscines d’entreposage sont extérieures à l’enceinte de confinement résistante des réacteurs (elles sont confinées dynamiquement en service normal) et sont ainsi plus facilement exposées à l’atmosphère[72].

Cette situation est potentiellement très grave : si l’eau des piscines s’évapore (ce qui peut prendre quelques jours), les éléments combustibles irradiés qu’elle contient peuvent fondre ou prendre feu, répandant leurs produits de fission directement dans l’atmosphère[73],[74].
Dans un tel cas, les rejets radioactifs correspondants seraient bien supérieurs aux rejets survenus jusqu’à présent[75]. Un tel accident serait du niveau de gravité de celui de Tchernobyl. (source)

Conclusion

Ça va bien aller. Comme les autorités le répètent si souvent, il n’y a aucun risque pour la sécurité et la santé humaine, encore moins pour l’environnement et la chaine alimentaire.

Adieu, Japon

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SOURCE: CentPapiers

http://www.centpapiers.com/adieu-japon/65657

Allons-nous manquer de produits alimentaires?

Le capitalisme néolibéral est en train de tuer les sociétés parce qu’il a tout subordonné au rendement maximal du capital au bénéfice des actionnaires. Et il a fait de la finance internationale l’instrument de ponction sans retenue de la substance de toute activité.

Ces derniers mois, après une débâcle financière qui a révélé au grand jour la nocivité de la libre circulation des capitaux, la spéculation s’est emparée d’une nouvelle cible de choix : les céréales, contribuant à déclencher une crise alimentaire majeure au sein de populations déjà rendues exsangues par l’abandon des cultures vivrières et la dérégulation des marchés agricoles.

par Reinhard Koradi, Dietlikon

Pourquoi cette question, alors que les devantures de magasins d’alimentation regorgent de produits? Alors que dans notre société d’abondance, tout n’est qu’une question de pouvoir d’achat. Ou y a-t-il néanmoins quelques raisons sérieuses de réfléchir à l’approvisionnement en produits alimentaires? On observe différents signaux d’alerte – partiellement occultés – mais ils sont là. On nous met déjà en garde contre des augmentations de prix dans le domaine de l’alimentation – et ce que des prix élevés pour des produits alimentaires déclenchent, nous a été clairement montré ces derniers temps. Les troubles politiques en Tunisie, Egypte et Algérie ont certainement des racines plus profondes – mais les prix du pain de plus en plus élevés ont soulevé la population et l’ont poussée dans la rue.

Basées sur le Rapport sur l’agriculture mondiale, trois questions se trouvent au centre de cet article, auxquelles nous devrons tôt ou tard trouver des réponses également dans nos régions.
•    Existe-t-il des moyens pour diminuer de façon décisive le problème de la faim et de la pauvreté dans le monde?
•    Comment peut-on protéger les ressources naturelles de l’exploitation et de la destruction?
•    Comment faut-il poser des jalons pour une sécurité de l’alimentation suffisante?

Les bases de production et le savoir existent

Au mois d’août 2008, le Rapport sur l’agriculture mondiale, commandé par les Nations Unies et la Banque mondiale a été publié.
Plus de 500 scientifiques ont résumé l’état des connaissances sur l’agriculture globale, sur son histoire et sur le libre accès aux connaissances, aux terres, aux semences, aux produits alimentaires et à l’eau. (Horizons et débats a plusieurs fois traité de ce rapport). Le rapport démontre des solutions, mais met aussi en garde contre de fausses pistes. Ce qui est déterminant, c’est la constatation que la terre dispose de suffisamment de res­sources pour nourrir la population mondiale de façon satisfaisante. Le savoir nécessaire ne manque pas non plus. Mais les principes de départ, tels qu’«agriculture industrielle» et «économie de marché», ont eu des dérapages pour conséquence. Ainsi, on a poussé à la monopolisation des marchés agricoles (concentration des facteurs de production dans le domaine alimentaire) et à la destruction, par l’agriculture dirigée globalement, des structures de production basées sur les entreprises fami­liales de petits paysans.
L’agriculture industrielle exploite les ressources naturelles disponibles de la terre. Elle remplace le travail humain par de l’énergie fossile, à l’aide de grands moyens techniques et agrochimiques. L’agriculture industrielle exige d’énormes quantités de pesticides et d’engrais chimique et absorbe environ 70% des ressources mondiales d’eau potable.

Continuer comme jusqu’ici n’est pas une option

Le Rapport sur l’agriculture mondiale fait un sort définitif au mythe de la supériorité de l’agriculture industrielle dans une perspective économique, sociale et écologique.
Il formule au lieu de cela comme nouveau paradigme pour l’agriculture du XXIe siècle, des structures de petits paysans – avant tout pour l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.
Les chances – de vaincre la faim – sont donc absolument intactes. Il suffirait d’une approche différente dans l’économie agricole – comme d’ailleurs dans d’autres domaines écono­miques. La libération de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale des contraintes posées par quelques rares «Dagobert Duck» faciliterait certainement cette «Révision des modes de pensées». La passion du lucre devrait céder le pas au principe de «servir les humains». L’activité économique doit être un service à la communauté et doit s’orienter en primeur d’après les besoins fondamentaux des hommes. Appliqué à l’économie agricole, cela signifie qu’il faut confier la production, la transformation et la distribution de produits alimentaires, surtout dans des régions peu développées, à des structures de petites entités intégrées localement en réseaux. Elles sont les garants les plus importants et le plus grand espoir d’un approvisionnement alimentaire socialement, économiquement et écologiquement durable pour une population mondiale croissante.

Les conséquences du Rapport sur l’agriculture mondiale n’ont pas (encore) été tirées

La peur de la faim est présente. A la question: Quel est le problème le plus important qui se pose en ce moment dans le monde?, une enquête faite en janvier/février 2009 par l’«Euro-baromètre» cite les réponses suivantes: deux tiers des personnes interrogées voient comme problème le plus important pour le monde la pauvreté croissante, les produits alimentaires faisant défaut et l’accès insuffisant à l’eau potable (66%). En deuxième position vient la crise économique mondiale (52%), en troisième lieu le changement climatique (50%), puis suit la peur du terrorisme international (42%), et à la cinquième place nous trouvons les «conflits armés» (39%). (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 17/11/10).
En 1990, 822 millions de personnes souffraient de la faim, en 2008 on en comptait déjà 963 millions et aujourd’hui ça dépasse le milliard. Chaque année, 8,8 millions d’hommes meurent à cause d’un approvisionnement insuffisant en nourriture ou en eau propre.
Répartis par régions, en Asie 524 millions d’hommes souffrent de la faim, en Afrique subsaharienne 206 millions, en Amérique latine 52 millions et au Proche-Orient 38 millions, et ceci dans une mesure mettant la vie en danger. Par rapport au niveau de développement des économies nationales, dans les pays en voie de développement, 820 millions de personnes, dans les pays émergents 25 millions, ne parviennent pas à se nourrir suffisamment. Mais même dans les pays industrialisés, la faim s’étend de plus en plus. Apparemment la pauvreté et la faim se côtoient de très près.

La faim n’existe pas que dans les pays en voie de développement

En Suisse, environ 9% de la population (env. 800 000 personnes) vit sous le seuil de pauvreté. Pour une personne seule, cette limite se situe à 2300 francs, pour un ménage monoparental avec deux enfants à 3900 francs et pour un couple avec deux enfants à 4800 francs.
Les produits alimentaires peuvent se faire rares pour ces personnes parce qu’elles manquent du pouvoir d’achat nécessaire. En Suisse, la «Table suisse» aide, sous le slogan «distribuer la nourriture au lieu de la jeter» les personnes défavorisées et nécessiteuses.
Dans douze régions, des produits alimentaires excédentaires impeccables sont remis gratuitement par des grossistes, des producteurs et des détaillants à des institutions sociales qui s’occupent de concitoyens frappés par la pauvreté.
Rien que le grand distributeur Coop livre chaque année 1830 tonnes de produits alimentaires à la «Table suisse» qui sans cela finiraient aux ordures.
Combiné avec la crise financière et économique pas encore résolue, la problématique de la pauvreté et par suite de la faim connaît un regain de dynamisme. Une probléma­tique qu’on néglige facilement tant qu’on est ébloui par la surabondance.
Nous ne pouvons certainement pas comparer la catastrophe de la faim dans les pays moins développés avec la situation des mé­nages à faible revenu de nos latitudes. Pour les peuples des Etats peu développés, la situation est bien plus dramatique – là-bas, il s’agit de la survie.

Les bases naturelles de la production de produits alimentaires sont menacées

La sécheresse persistante de l’été dernier en Russie a eu pour conséquence des augmentations explosives des prix du marché céréalier. Ainsi, dès le début du mois de juin, le prix a presque doublé en raison de la sécheresse record et des incendies (arrêt d’exportation du blé). Dans les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) la production du blé s’est effondrée de 29% comparée à l’année précédente, en raison du climat.
En Australie, les inondations ont dévasté 18% des surfaces cultivables de canne à sucre, et environ 10 millions de tonnes de la récolte de blé déjà stockée – c’est-à-dire 50% de la récolte totale – ne peuvent plus être transformées en farine suite aux inondations. Entre-temps les Nations Unies annoncent les prix les plus élevés à l’index des prix des produits alimentaires de la FAO depuis son introduction en 1990. De janvier 2010 à janvier 2011, les prix de cinq produits alimentaires sélectionnés (lait, viande, céréales, huiles et graisses) ont augmenté de 180 points à 231 points à l’index. Les produits qui ont connu une augmentation extrême du prix sont le blé, (doublement), le sucre, les céréales ainsi que les huiles et les graisses. Les prix de la viande et du lait sont par contre restés relativement stables. (La production et l’approvisionnement du lait dépendent d’une organisation localisée. Elle se prête guère à la spéculation, en raison du grand nombre des sites de production géographiquement répandus.)
Les conditions météorologiques partiellement peu favorables (chaleur, suivie de quantités de précipitations relativement élevées) ont provoqué également en Allemagne et en Suisse des déficits de récoltes. La récolte de blé a encaissé une perte de 11%. Dans toute l’UE, la saison de la pomme de terre a subi les caprices du temps dès le printemps. Ce sont avant tout la chaleur et la sécheresse qui ont fait souffrir les cultures, de sorte que les rendements ont nettement baissé sous le niveau de l’année précédente. En Allemagne, on a récolté environ 9,5 millions de tonnes de pommes de terre. Comparé à l’année précédente, cela représente une baisse de 1,9 millions de tonnes. La réduction de la surface cultivable de 3% à 255 200 hectares est, avec les conditions météorologiques défavorables, une raison de la récolte plus petite. En Suisse, on parle d’une récolte de pommes de terre qualitativement bonne. En 2010, on a récolté environ 421 000 tonnes (dont 70 000 tonnes de pommes de terre de table). Sur une surface diminuée de 2,9%, on a récolté, par rapport à l’année précédente, 10 000 tonnes de pommes de terre en moins. Pour la pomme de terre, la Suisse révèle d’ailleurs un degré d’autosuffisance au-dessus de la moyenne avec 90%. Il y a des différences selon les régions, mais cela n’enlève rien au fait que les rendements agricoles sont de plus en plus soumis à des pressions en raison de conditions de production défavorables. Une pression qui augmentera probablement dans les années à venir.

Le changement climatique aggrave les goulets d’approvisionnement

Dans l’économie agricole, les changements climatiques attendus produiront des effets sur le rendement des cultures, la production animale et les sites de production. Les régions irriguées par les glaciers des Andes et de l’Himalaya sont frappées de façon particulièrement dure: alors que les glaciers fondent, des inondations menacent. Une fois qu’ils ont disparu, une période de sécheresse durable s’installe. Les deux tiers de l’Afrique sont déjà atteints par la sécheresse et l’aridité. Le changement climatique renforce ce processus d’expansion du désert.
La désertification progresse et s’étend sur environ deux cinquièmes de la surface de la terre, ce qui correspond au triple de la surface de l’Europe. Un milliard de personnes sont concernées qui vivent à la campagne. Les causes fréquentes de la désertification sont une irrigation inadaptée qui entraîne la salification du sol (par exemple dans certaines parties de la Chine et de l’Inde), la déforestation et l’exploitation abusive des sols combinée avec des monocultures étendues (comme la culture du soja au Brésil).
Ailleurs – comme dans le sous-continent indien – ce sont de violentes précipitations à croissance rapide qui sont la cause de la destruction des cultures et des récoltes.
Le changement climatique pourrait même provoquer, au moins à brève échéance, dans quelques régions du nord de l’Europe, d’Asie et d’Amérique une croissance de la productivité de l’agriculture. Mais des régions céréalières importantes du monde, telles que le centre occidental des USA, des parties de l’Inde et de la Chine ainsi que le Brésil, doivent compter à moyen terme avec de drastiques pertes de récoltes.

Energie au lieu de nourriture

La crise de l’énergie constitue un danger pour les ressources de la production alimentaire. De plus en plus de produits agricoles finissent dans la cuve au lieu de l’assiette. La tromperie légitimée par l’étiquette «protection de l’environnement», consistant à utiliser des produits alimentaires pour l’approvisionnement en énergie au lieu d’en nourrir les hommes, ne fait pas que détruire des ressources (monocultures). Elle vole aussi la terre aux hommes des campagnes, terre dont ils ont un besoin urgentissime pour leur propre approvisionnement.
Plus de denrées alimentaires pour de l’essence signifie également que les produits alimentaires se raréfient et renchérissent. Surtout quand la spéculation provoque de sauvages fantaisies. En 2007 et en 2008 déjà des escalades de prix des produits agricoles ont provoqué des «révoltes de la faim» de gens en colère parmi les populations pauvres. Les prix des produits alimentaires vitaux ont explosé entre autres parce qu’en raison de l’augmentation des prix du pétrole, la production de biocarburants à base de céréales devenait de plus en plus lucrative.
La crise alimentaire avec ses prix céréaliers records, ainsi que la demande énorme de biocarburants ont fait que des terres agri­coles disponibles, fertiles et bon marché passent entre-temps pour un investissement particulièrement profitable.

La terre, objet de spéculation

Actuellement les investisseurs misent sur l’équation «pénurie de terres cultivables égale hausse des prix des produits alimentaires». Face à la crise financière, ils recherchent des placements attractifs qui ne dépendent pas des cycles boursiers et investissent à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, à commencer par des terres déjà cultivées. Selon des études scientifiques datant de 2002, on constate que le 1,4 milliard d’hectares de la surface globale des terres agricoles des pays industrialisés ne pourra plus guère être augmenté. Il reste encore quelque 875 millions d’hectares que pourraient ajouter les pays émergents et du Tiers monde. Et si l’on ouvrait à l’agriculture quelques écosystèmes forestiers, cela pourrait ajouter encore quelque 525 millions d’hectares.
Ainsi, des entreprises et des fonds de place­ment, mais aussi des gouvernements étrangers – entre autres la Chine, la Corée, Israël, le Japon et des Etats arabes – ont en quelques années acheté déjà en Afrique 20 millions d’hectares de terres. C’est là la plus importante modification de propriété depuis la fin de la période coloniale. Les investissements de ces pays dans les terres agri­coles africaines ont pour objectif prioritaire leur propre sécurité alimentaire. «Après les spéculations débridées sur le marché des céréales et la hausse massive des prix de l’alimentation, ils ont perdu confiance dans le marché mondial. Ils ne veulent plus dépendre de spéculateurs, ils préfèrent avoir eux-mêmes le contrôle d’une production garantie des produits alimentaires.»
Un tel «accaparement des terres» a été qualifié de «néocolonialisme» par Jacques Diouf, président de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Des multinationales du secteur financier, dont le Blackstone Group, la Deutsche Bank, Goldman&Sachs et Dexion Capital ont, elles aussi, investi dans de nouvelles enclaves agricoles au cœur de l’Afrique.
L’International Finance Corporation (IFC), filiale de la Banque mondiale, s’est engagée fermement en faveur du «développement de l’agrobusiness». En septembre 2008, elle annonçait que, suite à la crise alimentaire, elle augmenterait massivement ses investissements rentables en Afrique, en Amérique latine et en Russie. Une partie de ces investissements a été jusqu’à présent utilisée dans des régions peu développées en matière agricole. En 2008, l’IFC a investi 1,4 milliard de dollars dans les multinationales agroalimentaires pour développer les chaînes d’approvisionnement.

Urbanisation et écologie

L’extension des zones résidentielles, de l’urbanisation, détruit les terres arables et retire le sol à l’agriculture. L’urbanisation transfère les modes d’existence urbains dans les régions rurales. Ce processus s’observe depuis des siècles mais dans les dernières décennies, il s’est propagé à une vitesse inouïe dans les pays émergents et les pays en développement. Dans les pays développés, l’urbanisation a été remplacée par une sub-urbanisation, c’est-à-dire que les villes se sont étendues de plus en plus dans les espaces voisins qui appartenaient jusqu’alors à la campagne.
En Suisse, les agglomérations s’étendent le plus souvent aux dépens des terres agricoles. Entre 1994 et 2006, 14,2 kilomètres carrés de terres agricoles ont disparu chaque année. Par rapport aux chiffres de la période précédente, allant de 1982 à 1994, où la perte de sur­faces agricoles était de 20,8 kilo­mètres carrés, il y a eu un ralentissement. Néanmoins, la part des terres agricoles par rapport à la surface productive totale de la Suisse a baissé de 44%, selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique.
Outre la nouvelle urbanisation, l’écologie et une idéologie sur-protectrice de la nature menacent parfois les bases naturelles de production des agriculteurs. La révision partielle de la Loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage prévoit la création de nouveaux parcs d’importance nationale. Selon leur situation et leur taille, ils seront répartis en parcs nationaux, parcs naturels régionaux et parcs naturels periurbains. Environ 14% de la surface totale du pays devront être réservés à ces parcs qui seront situés dans les régions rurales.

La Suisse, oasis de bien-être et de terrains de jeux

Aujourd’hui, on oppose l’écologie à la production agricole. Les paysans voient leur production limitée par les vastes espaces attribués aux parcs et parce que des réglementations de politique écologique (paiements directs) restreignent leur liberté de travail. Pour tout citoyen ouvert et bien informé, il est clair que l’aptitude à utiliser judicieusement les ressources naturelles est une qualité propre au paysan. En effet, lequel d’entre eux aurait l’idée de détruire son bien et les bases de son existence?

Rendre sa place à la sécurité alimentaire

Allons-nous manquer de produits alimentaires? C’était au départ la question.
La réponse peut varier, selon ce que l’on entend par «nous». Ce qui est évident, c’est que les terres destinées à la production agricole se font rares. Et moins de terre, moins d’agriculteurs. Cette perte progressive de terres productives dans le pays réduit la possibilité d’assurer l’approvisionnement de la population indigène. La dépendance par rapport à l’étranger et aux manipulations spéculatives du marché augmente. Aucun pays ne devrait sacrifier au marché la sécurité de son approvisionnement et la qualité de son alimentation.

La sécurité et la souveraineté alimentaires également pour les pays industrialisés

Il y a deux exigences valables pour tous les Etats, y compris la Suisse. L’une s’appelle sécurité alimentaire et l’autre souveraineté alimentaire.
«La sécurité alimentaire est une situation existant lorsque tous les individus ont en tout temps un accès physique, social et écono­mique à suffisamment de produits alimentaires sûrs et riches en substance nutritives répondant à leurs besoins et à leurs préférences pour une vie active et saine.»
«La souveraineté alimentaire est le droit de la population et des Etats souverains de déterminer eux-mêmes leur politique agricole et alimentaire de manière libre et démocratique.»
Le document de l’Office fédéral de l’agriculture intitulé «Agriculture et filière alimentaire 2025», parle très peu de la sécurité et la souveraineté alimentaires. Nous ne protégeons ni les ressources ni les infrastruc­tures et nous ne recherchons pas un degré élevé d’autosuffisance. Lorsqu’on parle de «compétitivité», on pense plutôt à une stratégie de qualité orientée vers l’exportation liée à des prix minimaux (prix fondés sur le niveau du marché mondial ou de l’UE). La devise est: augmentation du rendement grâce à l’augmentation de la taille des exploitations! On pourrait penser qu’il s’agit de diviser le marché en deux: la qualité pour les riches et la production de masse pour les pauvres. A cela on ajoute une étiquette écologique, le label «multifonctionnalité». Le système de paiements directs développé dans ce sens dissimule un système de réglementation et de contrôle des paysans qui prend de plus en plus d’aspects centralistes et dirigistes. A l’aide de l’accord de libre-échange (EU/OMC), on veut enserrer l’agriculture suisse dans un corset néolibéral, jusqu’à l’étouffer. Le libre-échange ne peut pas fonctionner pour les produits alimentaires vitaux, tout économiste sérieux le sait. En revanche, comme moyen de pression politique pour s’attaquer aux droits souverains, le libre-échange est un catalyseur bienvenu.

Approvisionner la population en produits alimentaires est un devoir

A moins que nous recherchions le chaos, le temps est venu de prendre nos responsabi­lités dans le cadre des possibilités nationales. Si l’on veut que les individus, où qu’ils vivent, puissent se nourrir sainement, les pays riches ont le devoir d’assurer leur approvisionnement en produits alimentaires autant que possible sur la base de leurs propres ressources; et cela par solidarité à l’égard du Sud.
C’est pourquoi nous avons besoin de tous les paysans, en Suisse également. Ils sont les garants d’un approvisionnement alimentaire durable et à petite échelle. Ils veillent à ce que nous ne soyons pas à court de nourriture.    •

L’explosion des prix des denrées alimentaires provoque des révoltes

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) constate ceci dans son Rapport: «Toutes les six secondes, un enfant meurt de malnutrition dans le monde. Quant aux adultes, n’en parlons pas.» Et Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO, de renchérir: «La faim reste la plus grande tragédie dans le monde.» On ne s’étonnera donc pas des pronostics sombres pour l’année 2011. L’un des experts les plus réputés en matière de produits alimentaires, le Français Philippe Chalmin – conseiller du gouvernement français – entrevoit déjà pour fin avril, vers Pâques, l’explosion de révoltes de la faim, cela du fait du renchérissement considérable des produits alimentaires dans le monde. L’explosion des prix a déjà provoqué de graves troubles. En Inde, une «révolution des oignons» a fait de nombreux morts. Des manifestations se préparent au Bangla­desh, au Pakistan et dans les premiers pays d’Afrique …
En 2008, la FAO comptait plus d’un milliard de personnes souffrant de la faim. Certes, ce nombre est descendu à environ 925 millions en 2009 et 2010, mais les nouvelles hausses de prix me­nacent de réduire ce progrès à néant. Le renchérissement est surtout pro­voqué par les catastrophes naturelles dans les pays agricoles. Les feux de forêts en Russie ont entraîné une interdiction d’exporter, le pays pensant d’abord à sa population. L’Argentine subit depuis deux ans des séche­resses, et maintenant des inondations ont dévasté l’Australie. A cela s’ajoute l’appétit grandissant, notamment pour la viande, de la Chine et de l’Inde, avec leurs milliards d’habitants, lequel nécessite un accroissement considérable de la production animale …

Vertraulicher Schweizer Brief no 1276 du 1/2/11

Source: SOS-Crise


Aimee Mann & Michael Penn – Two of Us

L’OMS, la machine à fabriquer des bulles blanches

 

 

 

La directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, s’est félicitée, lundi 28 mars, des premiers résultats du comité d’évaluation sur la gestion de la grippe H1N1, qui, selon elle, blanchit l’organisation des accusations de collusion avec les groupes pharmaceutiques.

Le déluge de rapports

L’OMS est une machine à lire, à gérer, et à donner des « conseils » dans tellement de domaines qu’elle est inondée de paperasse. Elle n’arrive pas à éponger (sic) toutes les masses de données dans divers domaines, – entre autres, celui de l’alimentation – dont elle a réussi à analyser 900 agents de conservation, aspartame, etc. Une liste de 4000 ou 5000. Elle a tellement peu le temps, que les compagnies ont le temps d’en fabriquer dix qui ne sont pas sous contrôle.

Toutes ces grosses organisations de structure « mondialiste » sont des queues de serpent du nouvel ordre mondial. ( NWO).

On s’attendait à quoi?

Qu’ils se noircissent entre eux?

L’un crée le cancer, l’autre n’a pas les moyens de le contrer, ni la volonté.

En plus, ils se font vivre entre elles.

C’est l’arrivée depuis belle lurette des kapos doctorisés, des salauds à blouse blanche, qui ont un rôle fort utile :

Ils lisent des rapports et en produisent d’autres.

Les douches à l’eau de javel

Pas besoin d’être un petit génie dans une éprouvette pour voir la falsification globalisée pour s’en rendre compte : n’importe lequel humain un brin sensible n’a qu’à visionner le documentaire Notre poison quotidien pour comprendre que nos sociétés sont  maintenant gérées   par une flopée de kapos à gros titres.

Ils mensongent à bouche que veux-tu!

On dirait des gamins qui passent chez le directeur de l’école.

Les Ponce Pilate sont une nouvelle souche résiduelle de la noblesse passée par le couloir des universités, plaqués diplômés, donc déclarés aptes à « agir » et à « décider » du bien commun.

Mais ils s’en lavent tous les mains. L’histoire est vieille comme le monde.

« S’en laver les mains »

est une expression qui fait référence au comportement de Ponce Pilate, Préfet d’une province romaine au moment de la crucifixion de Jésus et décrit dans la Bible. Ce passage raconte que les juifs auraient conduit le Christ devant Ponce Pilate en le présentant comme un rebelle très dangereux. Ils lui auraient alors demandé de le juger et de le condamner à mort. Après l’avoir interrogé, Pilate ne vit aucune raison de le condamner. Or, à cette époque, la coutume voulait qu’on libère un prisonnier à l’occasion de Pâques. Pilate pensa alors à Barabbas, un détenu qu’on lui avait présenté comme un meurtrier. Il eut l’idée de demander à la foule qui elle préférait libérer, pensant que celle-ci opterait pour Jésus plutôt que pour un criminel. Pourtant, le peuple choisit de libérer Barabbas, réclamant toujours la condamnation à mort de Jésus. Alors Pilate, voyant qu’il allait provoquer une émeute, abandonna Jésus à la foule, se lava les mains devant celle-ci et déclara : « Je suis innocent du sang de ce juste, vous, vous y aviserez » ; ce qui signifiait que le sort du Christ lui était égal, et qu’il se dégageait de toute responsabilité. Aujourd’hui, l’expression est restée et s’utilise toujours dans le même sens, pour signifier que l’on se moque totalement de quelque chose, qu’on ne s’y intéresse pas.

C’est assez aisé de se blanchir entre eux. Ils ont le pouvoir de le faire, et ladite « qualification ».

MIEUX GÉRER LES CONFLITS D’INTÉRÊTS

La responsable de l’organisation basée à Genève, mise en cause pour sa gestion de la première pandémie du XXIe siècle, en 2009, a toutefois reconnu que l’OMS, comme le souligne le rapport préliminaire d’experts, « doit gérer beaucoup mieux les potentiels conflits d’intérêts ».

Elle a également admis que des « définitions rigides », notamment sur les critères de sévérité jugés mal adaptés, avaient gêné la gestion du virus d’origine porcine, aviaire et humaine apparu au Mexique au printemps 2009. Elle a finalement salué ce « document préliminaire, ses conclusions et ses recommandations. Nous ferons tout notre possible pour le mettre en pratique », a-t-elle promis.


Madame Chan a du savon plein la bouche. Les enfants adorent faire des bulles. Rien qu’en parlant elle doit garnir le ciel ….

La beauté des enfants qui font des bulles est qu’ils ne tuent personne…

La légèreté de l’être humain est maintenant payée par les États qui passent le siphon dans les poches des citoyens.

Ils vous diront que « les temps sont durs »…

On cultive des mollusques…

Assez surprenant!

Ça va bien aller…

Par François Marginean



Les autorités, les gouvernements et les médias sont d’un positivisme déconcertant. À les écouter, les pires catastrophes naturelles ou celles créées par l’homme n’ont que peu de conséquences, elles sont sous contrôle et on s’inquiète pour rien. Ou peut-être nous mentent-ils constamment, nous prenant soit pour des imbéciles ou des ignares infantilisés dont on veut éviter qu’ils paniquent, qu’on doit protéger car ils ne peuvent choisir par eux-même la meilleure marche à suivre afin de guider leur vie.

Voici un échantillon éducatif pour illustrer ceci:

Les gaz de schiste

L’industrie du gaz et du pétrole s’amuse allègrement à fracturer un peu partout le sous-sol québécois et nord-américain en quête de gaz de schiste. Pour y arriver, ils doivent injecter une mixture de plus de 400 produits chimiques sous pression pour faire remonter les gaz à la surface, polluant les nappes phréatiques et l’environnement au point tel que des gens arrivent à allumer leur eau du robinet. Ces fractures du sous-sol fragilisent et rendent instables les strates géologiques, causant de nombreux tremblements de terre. La petite ville américaine de Guy, en Arkansas, est devenue la capitale des séismes pour le fait unique de subir une douzaine de tremblements de terre quotidiennement. Les résidents de cette municipalité ont subi des milliers de séismes allant jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter en tout juste six mois après que les forages aient apparemment déstabilisé le sol sous leurs pieds.

La zone sismique de New Madrid (en anglais New Madrid Seismic Zone), connue aussi sous le nom de rift de Reelfoot ou de ligne de faille de New Madrid, est une zone sismique majeure à la limite du Sud et du Middle West des États-Unis, s’étendant au sud-ouest de New Madrid dans le Missouri.

Le système de faille de New Madrid est responsable des tremblements de terre de New Madrid de 1811-1812 et a le potentiel pour produire des tremblements de terre destructeurs en moyenne tous les 300 à 500 ans. Depuis 1812 de fréquents petits tremblements de terre intraplaques (tremblements de terre à l’intérieur d’une plaque tectonique) furent enregistrés dans cette zone.

La zone sismique couvre des parties de cinq États américains : l’Illinois, le Missouri, l’Arkansas, le Kentucky et le Tennessee.

(Wikipédia)

La faille de New Madrid est plus importante et potentiellement plus dévastatrice que celle de la côte ouest, en Californie. Une recrudescence de séismes a été enregistré depuis quelques années dans cette zone sismique. Qu’à cela ne tienne, de nombreuses compagnies pétrolières et gazières s’amusent gaiement à percer le sol à cet endroit et tout autour, y injectant des liquides sous pression ce qui entraine une déstabilisation des strates géologiques. Pour avoir un aperçu de cette situation, voir cet extrait du film Gazland, sous-titré en français.

Mais selon l’industrie et le gouvernement, ne vous inquiétez pas, ça va bien aller…

Dans le golfe du Mexique

L’arnaque de BP et les puits qui n’ont jamais vraiment été colmatés et le fond marin poreux qui transpirait du pétrole de partout reviennent hanter BP et les résidents de la région du golfe du Mexique. Ce n’est pas parce que BP, les médias et le gouvernement US ont déclaré le dossier clos et réglé que c’est le cas. En effet, on a appris cette semaine qu’une importante nappe de pétrole est apparue, proche du site du Deepwater Horizon, à MC243, mesurant 160 kilomètres de long et une vingtaine de large. Elle est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Grand Isle.

Mais la garde côtière américaine tente de rassurer la population en déclarant que ce ne serait que de larges quantités de sédiments et non pas du pétrole. Des sédiments (voir les images)? On nous prend pour qui? À cette distance des côtes, ils auraient déjà décanté au fond du golfe et s’ils s’agissait vraiment de sédiments, personne n’y aurait porté d’intérêt. C’est bien parce que cela sortait de l’ordinaire que des gens l’ont remarqué. Mais on nous prend pour des imbéciles et on nous répète que ça va bien aller, de ne pas s’en faire. Les puits ont été colmatés et il n’y a plus de fuites, bien sûr. Et Shell vient d’obtenir l’approbation pour forer de nouveaux puits en eaux profondes dans le golfe du Mexique.

Guerre humanitaire contre la Libye – Cadeau du prix Nobel de la paix Obama et des néocons sionistes

Que dire? Le prix Nobel de la paix a lancé avec ses complices, dont la France, l’Angleterre et le Canada, une nouvelle guerre d’agression, déguisée en guerre « humanitaire ». Une guerre humanitaire, quel oxymore incroyable de type orwellien. Une guerre humanitaire, ça n’existe pas. Une guerre, c’est sanglant, destructeur et c’est un drame pour la population civile qu’on dit vouloir « aider » et « sauver ». À coups de bombes et de missiles. $100 millions en missiles seulement que la première journée de bombardement humanitaire. On n’arrête pas le progrès. Les révolutions populaires doivent être détournées et canalisées, matées pour se plier à l’agenda impérialiste néocon/sioniste. Les États-Unis ont besoin d’un pied militaire sur le continent africain et veut le contrôle des ressources naturelles dont le pétrole tout comme l’Angleterre et la France et Israël a besoin de l’eau et du contrôle de la région. Les Libyens sont trop imbéciles pour se gouverner eux-mêmes et choisir leur destinée. Il faut intervenir pour les aider et mettre en place ou soutenir une marionnette tyrannique des pouvoirs occidentaux et sionistes. Les médias nous rapportent innocemment les images de cette agression immorale de la même manière qu’au moment du début de la guerre en Irak, en mars 2003, sans poser trop de questions gênantes.

Ça va bien aller, nous dit-on, tout est sous contrôle et on est satisfait du déroulement des bombardements aériens. Jamais une guerre n’a été gagnée des airs sans intervenir au sol directement, mais c’est un détail. L’occupation militaire suivra bientôt, juste le temps de justifier le tout.

« Si vous voulez une image du futur, imaginez une botte écrasant – pour l’éternité- le visage d’un homme. »
George Orwell

Le bombardement de la Libye va commencer le jour – ou à un jour près – du huitième anniversaire du début de la destruction de l’Irak, le 19 mars, en Europe. La Libye aussi va être détruite – ses écoles, son système éducatif, son eau, ses infrastructures, ses hôpitaux, ses buildings municipaux. il y aura de nombreuses « erreurs tragiques » et autres « dommages collatéraux » de mères, pères, enfants, bébés, grands-parents, écoles pour les sourds et muets, etc… etc… Et les merveilleux vestiges romains et les ruines encore plus anciennes qui ont résisté au temps et à tous les remous de l’histoire et ont fait l’admiration de tant de monde comme ceux d’Irak, l’histoire de cette nation – et son humanité, à l’instar de l’Irak et de l’Afghanistan, disparaîtront pour toujours.

Les infrastructures vont être détruites. l’embargo restera en place ; et rendra la reconstruction impossible. L’Angleterre, la France et les USA décideront que le pays a besoin d’être « stabilisé », qu’il faut « l’aider à reconstruire ». Ils arriveront et prendront la direction des installations et des champs de pétrole ; au début les Libyens seront un problème accessoire puis ils deviendront vite « l’ennemi » des « insurgés », on leur tirera dessus, ils seront emprisonnés, torturés, victimes de toutes sortes d’abus -et un « gouvernement » fantoche ami des USA sera mis en place.

Les envahisseurs accorderont à leurs firmes des contrats pour la reconstruction, l’argent – qui sera sans doute prélevée sans compter sur les actifs gelés – disparaîtra et le pays restera largement en ruines.

Et ceux qui applaudissent de toute leurs forces, comme pour l’Irak, vont se mettre à courir d’un station de télévision ou de radio à une autre, à Londres, en Europe et aux USA, avant de retourner dans leurs maisons bien protégées et de retrouver la sécurité de leurs emplois bien payés en Europe, Grande Bretagne et USA, certains qu’aucune bombe ne risque de leur tomber sur la tête. Leurs enfants ne seront pas pris de tremblements incontrôlables et ne feront pas dans leurs culottes de terreur en entendant s’approcher les avions. (L’hypocrisie et la trahison de l’ONU : le cas de la Libye)

Des innocents meurent déjà par dizaines, mais c’est pas grave, c’est pour les aider. Ça va bien aller.

Une fuite d’eau déminéralisée (radioactive) d’une centrale nucléaire en Ontario

Le 16 mars dernier, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) rapportait que la centrale nucléaire de la Ontario Power Generation à Pickering, Ontario, a subi une fuite d’eau radioactive dans le lac Ontario provenant de la station Pickering A. Résultant de ce qui apparait avoir été un bris d’un joint d’étanchéité d’une pompe, la commission canadienne de sûreté nucléaire a rapporté que 73 000 litres d’eau « déminéralisée » s’était échappé de la station nucléaire de Pickering A pour se retrouver dans le lac Ontario qui est la source principale d’eau potable pour des millions de personnes. La commission a déclaré que  » le risque radiologique pour l’environnement et la santé des gens est négligeable « . Ça va bien aller. (source)

De la même manière, la Ontario Power Generation (OPG) et le gouvernement canadien ont préféré utiliser le terme d’eau  » déminéralisée  » au lieu de  » radioactive  » lorsqu’ils discutaient de la fuite. Aucun doute que cela constitue une tentative de diminuer les inquiétudes concernant un autre accident nucléaire alors que l’anxiété est à son paroxysme suite à la catastrophe  » déminéralisée  » au Japon.

Pourtant, bien que des experts aient tenté de rassurer les gens en déclarant que l’eau échappée n’était pas radioactive, un rapport de l’OPG et de Ted Gruetzner lors d’une interview sur CTV ont admis que l’eau était  » un peu radioactive « . (source)

La commission canadienne de sûreté nucléaire et Environnement Canada surveillent la situation. Ne soyez pas inquiet, ça va bien aller. Un peu de radioactivité ne peut pas faire de mal.

Source: CentPapiers

Éthiopiarama