Archives de Catégorie: INNUS

Or, cuivre ou saumon?

L'OR BORÉAL

Encore une fois, nous sommes à briser la chaîne alimentaire au profit de l’or et du cuivre. À force de miner pour une richesse de base qui nous fait vivre, va-t-on choisir de saboter un des derniers système en ce monde d’une richesse inouïe?

La baie de Bristol produit près de la moitié des saumons sauvages rouges (sockeye) dans le monde  avec en moyenne 37,5 millions de poissons par an. La qualité exceptionnelle de l’eau des rivières et des zones marécageuses offrent un habitat idéal à ces poissons.  La mine à ciel ouvert pourrait rapporter jusqu’à 500 milliards (1)  de dollars en cuivre et en or. Il faudra en plus, construire des routes pour transporter le minerais.

« Les peuples indigènes locaux craignent que la mine qui déchargera jusqu’à 10 milliards de tonnes de déchets dans le cours supérieur des rivières ne détruise l’environnement et le stock de saumons dont ils dépendent depuis des milliers d’années. »

P.S.

1-CORRECTION: 500 milliards de dollars . Bien attrayant! Et des emplois… C’est devenu du chantage…

 

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Biopiraterie : Ong et peuples des quatre coins du monde réunis pour lutter contre ces pratiques illégitimes

Atelier au Sommet des peuples de Rio

Depuis une semaine, le Collectif pour une alternative à la biopiraterie est à Rio dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable et du Sommet des peuples organisé en parallèle. C’est dans l’enceinte de ce sommet que s’est tenu hier un atelier sur la biopiraterie, en présence notamment de Vandana Shiva et de Benki Ashaninka.

Durant toute une semaine, les membres du Collectif ont pu prendre part à des ateliers organisés dans l’enceinte de la Conférence officielle Rio 20 mais surtout dans celle du Sommet des peuples. Ces moments ont permis au Collectif de rencontrer de nombreuses organisations mobilisées sur des thématiques en lien avec la biopiraterie. La biopiraterie consiste en l’appropriation illégitime de ressources biologiques et des connaissances traditionnelles qui y sont associées. Elle est principalement mise en œuvre par les firmes cosmétiques, pharmaceutiques et agroalimentaires via le système des brevets, allant à l’encontre de l’intérêt des peuples autochtones détenteurs de ces savoirs sur ces ressources naturelles.

La biopiraterie concerne donc les peuples autochtones mais aussi les ONG de défense des biens communs, des savoirs traditionnels ou encore mobilisées contre le brevetage du vivant…Le Collectif a ainsi pu participer à la Conférence globale des peuples indigènes en début de semaine, évènement organisé dans le cadre de Rio 20. Mais nos membres étaient également présents sur le campement libre des peuples indigènes brésiliens au sein du Sommet des peuples, ou encore à la grande marche de mobilisation internationale du 20 juin.

Hier, jeudi 21 juin, le Collectif Biopiraterie a organisé un atelier d’information et de mobilisation au sein du Sommet des peuples de Rio, en présence notamment de Vandana Shiva et de Benki Ashaninka. Cet atelier visait à échanger, s’informer, débattre et trouver des alternatives concrètes à la biopiraterie. L’atelier a duré 2h30 et a réuni jusqu’à 250 personnes !

Dans un premier temps, Vandana Shiva et Benki Ashaninka ont pu évoquer les problèmes et enjeux globaux posés par la Biopiraterie. Vandana Shiva a ainsi défendu sa thèse selon laquelle la Biopiraterie est un pillage des ressources du Sud par les entreprises du Nord via le système des brevets et représente ainsi une nouvelle forme de colonisation. Le cas de Biopiraterie sur le Neem et le cas plus récent de l’aubergine modifiée et brevetée par Monsanto, ont pu illustrer ses propos. Vandana Shiva en a profité pour annoncer le lancement début octobre d’une grande campagne sur la souveraineté sur les semences avec de nombreuses autres organisations internationales (plus d’informations sur la seed freedom campaign sur le site Navdanya).

Benki Ashaninka, représentant du peuple Ashaninka de l’Etat d’Acre au Brésil, a ensuite pris la parole pour dénoncer le cas de biopiraterie sur le muru muru, plante brevetée par une entreprise brésilienne, malgré son utilisation traditionnelle par les peuples indigènes de la région.

L’atelier a ensuite été consacré à la présentation d’outils de prévention contre la Biopiraterie et d’alternatives concrètes et vertueuses. Ilko Rogovich est intervenu pour présenter le travail de l’Initiative ando-amozonienne de prévention contre le biopiraterie, mise en place par la SPDA au Pérou. Cette initiative fait écho à la création par l’Etat péruvien d’une Commission nationale de lutte contre la Biopiraterie, qui a déjà pu contrer avec succès 11 cas de biopiraterie, en partenariat avec des ONG, dont celui du Sacha Inchi breveté par Greentech et dont le brevet a été finalement retiré suite à l’action conjointe de la Commission péruvienne et du Collectif biopiraterie.

Lourdes Laureano, représentante de communautés rurales de l’Etat du Cerrado au Brésil et coordinatrice de l‘articulation Pacari, a présenté ensuite son travail sur les pharmacopées populaires comme alternative au brevetage par les entreprises, afin de valoriser et enregistrer les savoirs, pour une gestion par et pour les communautés.

Michael Schmidlemner, de l’ONG Amazon Link, a quant à lui présenté le  projet Aldeias Vigilantes (Communautés vigilantes) visant à sensibiliser les communautés aux enjeux liés à la Biopiraterie et aux outils pour y faire face. Cela passe entre autres par l’utilisation des techniques du théâtre de l’opprimé ou encore des formations sur les différences entre les lois de la communauté et les lois internationales les concernant…

Enfin, l’atelier s’est terminé par un débat avec la salle et les ONG mobilisées sur des thématiques connexes et des idées ont pu être échangées afin de renforcer le réseau international mobilisé contre ces pratiques illégitimes : le renforcement des liens entre les universités et les ONG, l’inclusion de la biopiraterie dans les enjeux centraux des mouvements sociaux ou des mouvements mobilisés contre l’agrobusiness, l’agrochimie, les OGM, les semences…

Les membres du Collectif Biopiraterie présents à Rio ont pu prendre contact avec une centaine d’organisations ou personnes intéressées pour développer des partenariats et joindre nos forces, suite à cette rencontre à Rio, pour lutter contre la biopiraterie.

mondialisation.ca

Les Indiens du Canada: Respectez notre existence ou attendez-vous à de la résistance

par Eric Walberg

« Respectez notre existence ou attendez-vous à de la résistance », scandent les natifs canadiens qui se préparent à une éventuelle confrontation avec le premier ministre canadien Harper le 11 janvier.

Le soulèvement des Indiens du Canada déclenché par la grève de la faim de la Chef d’Attawapiskat, Theresa Spence, sur la minuscule île « Victoria » près de la Colline du Parlement à Ottawa, -qui dure depuis trois semaines- est en fait la dernière tentative des peuples colonisés de la planète pour essayer de se libérer de l’impérialisme. C’est un évènement exaltant et de première importance pour nous tous.

Leur combat rappelle celui des musulmans égyptiens qui luttent contre leur vieille garde, favorable à l’occident et à Moubarak, depuis la révolution de janvier 2011, ou celui des Palestiniens contre le vol de leur territoire par Israël. Il est aussi dans la droite ligne de la lutte du peuple iranien contre l’acharnement subversif de l’Occident. Ce n’est pas un hasard si des Egyptiens du Caire sont venus aux manifestations devant les Ambassades canadiennes, ni si le leader militant autochtone, Terrance Nelson, a récemment été soutenu par Téhéran dans son effort pour obtenir un siège à la table de l’OPEC pour les véritables propriétaires des ressources en pétrole et en gaz du Canada.

La lutte dure depuis plus de deux siècles. Au Canada, elle a vraiment commencé au 19ième siècle quand les colons se sont mis à arriver en masse et que le vol de la terre s’est accéléré. En Egypte, elle a commencé en 1789 avec l’invasion de Napoléon est s’est accentuée en 1875 quand le premier ministre britannique, Benjamin Disraeli a « importé » le Canal de Suez – qui a coûté la vie à des milliers de travailleurs égyptiens esclavagisés. En Iran, la lutte a aussi commencé au début du 19ème siècle, quand la Russie s’est emparée du nord de l’Iran (qu’on appelle aujourd’hui Azerbaïdjan) et elle a pris de l’ampleur quand Reuter et d’autres hommes d’affaire ont soudoyé le Shah pour obtenir des concessions lucratives. La Palestine, quant à elle, est au centre d’une lutte anti-impérialiste depuis que les puissances occidentales ont imposé illégalement un état juif au coeur du monde musulman.

Les Indiens natifs du Canada se sont battus pour leur terre, mais ils ont été submergés par les colons avides de terre ; aujourd’hui ils ne représentent plus que 3% de la population canadienne et ils sont obligés de passer leur vie, une vie courte et amère, dans les lambeaux de terre que les vainqueurs leur ont laissé et le plus souvent dans une profonde misère.

Mais la résistance est vivante et vivace. « Idle no more « (Passons à l’action) se propage rapidement au Canada depuis que Spence a planté sa tente près de la Colline du Parlement. Les Egyptiens se sont soulevés quatre fois depuis le coup de main de Disraeli, et ont réussi à reprendre le Canal et aujourd’hui ils élaborent un nouvel ordre politique qui n’est pas subordonné aux diktats impérialistes, mais d’inspiration coranique. L’Iran a aussi eu sa révolution en 1979 et a affronté le monstre impérialiste depuis en disant leur fait à ceux qui se prétendent les maîtres du monde.

Les machinations des impérialistes n’avaient toutes qu’un seul but : voler la terre d’autres peuples et lier de force leurs économies à un ordre mondial régi par leurs fusils et leur argent. Ils possèdent toutes sortes d’armes, y compris la bombe atomique qui peut détruire toute vie sur terre encore et encore; leur dernière invention, les drones armés, larguent des bombes à uranium « appauvri » anti-bunker (dont l’irradiation est garantie pour des milliers d’années).

La dernière trouvaille de l’impérialisme post-moderne, c’est de prétendre lutter pour les « droits humains » et contre les armes de destruction massives (ADM) et le terrorisme. Mais c’est encore un subterfuge comme on l’a vu avec l’invasion conduite en l’Irak (et celles qui sont prévues en Iran et en Syrie) au prétexte d’éradiquer les ADM. Au contraire, des centaines de milliers d’innocents ont été tués par les invasions dirigées par les Etats-Unis sans que personne n’ait eu de comptes à rendre, sans qu’on ait trouvé d’ADM et sans qu’on en voit la fin.

Les flagrantes violations israéliennes de toutes les normes internationales restent tout aussi impunies, et sont même financées par les États-Unis et soutenues avec enthousiasme par le Canada.

L’impérialisme est bien vivant hélas et florissant et le Canada a bien de la chance qu’au moins une voix se lève dans le pays pour dire la triste vérité aux autres Canadiens et au monde entier. La sonnette d’alarme a retenti l’année dernière pour Harper quand le leader militant indigène Terrance Nelson s’est rendu à Téhéran en dépit de la rupture, arbitrairement décidée par les Conservateurs, des liens diplomatiques avec l’Iran en novembre dernier. Nelson a été qualifié de traître, et pourtant les Canadiens devraient savoir maintenant qui est celui qui brade la souveraineté du Canada et détruit notre réputation.

Theresa Spence, la chef d’Attawapiskat, a suivi l’exemple de quatre Indiennes de Saskatoon qui ont commencé une grève de la faim en novembre dernier pour protester contre le projet de loi C-45 d’Harper qui :

– Abroge l’Indian Act et met fin à la souveraineté indienne,
– Rend aux conseils de Bande des pouvoirs municipaux plus importants,
– Transforme les Réserves en « propriétés en fief simple » (qu’on peut acheter et vendre, pas seulement louer),
– Autorise le nouveau gouvernement indien à lever des impôts.

Les deux camps sont en ordre de bataille. le camp Harper se mobilise pour faire passer la loi. Dans un commentaire sur le Traité de 1905 qui gouverne Attawapiskat, le journaliste du National Post, Jonathan Kayse, a écrit : « Tout le fondement du Traité est caduque depuis que les peuple natifs ont dû renoncer à la chasse. C’est pourquoi les revendications de Idle No More sur le Traité n’ont pas de sens : le grand défi du 21ième en ce qui concerne les peuples autochtones sera de les intégrer dans l’économie plus large des centres de population canadiens. On ne peut pas revenir à 1905 ni même à 1930. » La seule réponse, l’assimilation, vise à pousser ce qui reste des nations indiennes dans des ghettos urbains où elles pourront végéter comme d’autres Canadiens grâce à l’assistance publique.

Le Globe and Mail de Jeffery Simpson reproche aux natifs de « vivre intellectuellement dans un palais de rêves », construit sur « le mythe de la protection de l’environnement et des liens sacrés des Indiens avec leur terre. » Selon lui, Harper a eu raison de refuser un entretien face à face avec le chef indien car un premier ministre canadien ne doit pas être contraint par le « chantage » à faire tout ce que les lobbys et les individus veulent.

En tant que chef d’une nation autochtone dévoué à son peuple, c’est Spence, « la membre d’un lobby » qui est la leader canadienne la plus légitime et pas Harper, un manipulateur avide de pouvoir qui s’est taillé un chemin vers le sommet du parti Réformiste/Conservateur à coups de promesses non tenues et de mensonges.

Les « actions dispersées » dont Simpson se moque, s’organisent spontanément du Pacifique à l’Atlantique: des manifestants indiens bloquent le passage des trains, organisent des Flash mobs dans les centres commerciaux, obstruent les ponts qui séparent le Canada des Etats-Unis. Des manifestations de soutien se tiennent dans le monde entier – Palestine, Le Caire, Londres, les Etats-Unis, Aotearoa (Nouvelle Zélande).

Malgré le mépris affiché par les médias, les manifestants ont suscité une vive sympathie chez les Indiens canadiens et les autres canadiens. Charlie Angus, le député du Nouveau Parti Démocratique, a rendu visite à Spence dans sa tente, de même que Justin Trudeau : « Ma rencontre d’aujourd’hui avec la Chef Theresa a été très émouvante. Elle est prête à tout sacrifier pour son peuple. Elle ne devrait pas avoir à en arriver là. »

La lutte a vite été rejointe par les leaders de la Bande qui s’efforcent d’organiser la résistance. Shawn Atleo, la tête de l’Assemblée des Peuples Autochtones, a appelé à une nouvelle campagne de désobéissance civile le 16 janvier pour occasionner « des perturbations économiques dans tout le pays » et formuler des déclarations sur la « rupture du Traité ». Les protestations devraient culminer avec le Sommet des Nations Autochtones du 24 janvier qui sera organisé sur le modèle de celui de l’année dernière grâce auquel les médias ont pris connaissance des épouvantables conditions de vie des Indiens de la Réserve d’Attawapiskat.

Idle No More pourrait bien faire l’effet d’un catalyseur et engendrer une lutte plus intensive contre le projet de Harper qui vide les lois qui protègent l’environnement de leur contenu, et contre les violations des droits de l’homme. Harper a accepté à contre-coeur de rencontrer les leaders Indiens mais c’est peut-être déjà trop tard pour lui. Laisser une Indienne mourir de faim au coeur de la démocratie canadienne, et en plus à Noël, n’est pas de bonne politique pour un leader au pouvoir fragilisé. Spencer a accepté de le voir mais elle refuse de mettre fin à la grève de la faim qu’elle a commencée le 11 décembre tant qu’elle n’est pas certaine qu’il ne s’agit pas seulement d’une manoeuvre dilatoire. Elle tient absolument à ce que David Johnston, le Gouverneur Général, et Dalton McGuinty, le premier ministre de l’Ontario, soient présents au meeting.

Le Canada se rachète en tous cas aux yeux du monde, après sept humiliantes années de soumission à l’agenda israélo-étasunien à l’intérieur comme à l’international, grâce aux nations autochtones dont la détermination est un « canal pour la souffrance du monde » comme le dit Naomi Klein. Idle No More est le porte parole de tous les Canadiens qui s’élèvent contre les 1% qui bradent sans scrupule les ressources du Canada et salissent sa réputation au plan international. « La souveraineté indienne est en elle-même notre meilleur atout. Si les Canadiens ont une chance d’éviter que Harper transforme la planète en poubelle, ce sera parce que les droits légaux des Premières Nations -soutenus par des mouvements de masse, des recours judiciaires, et des actions directes- l’en empêcheront. »

Non seulement les peuples natifs du Canada donnent de la force et des armes à tous les Canadiens contre le 1% mais ils nous aident à comprendre l’influence que peut avoir le Canada sur la Palestine et l’Iran, deux pays dont les peuples aiment le Canada et soutiennent nos peuples autochtones qui luttent comme eux contre l’impérialisme. Toutes les victoires que nous remportons contre notre Moubarak canadien, aident les Egyptiens à secouer le joug du néolibéralisme, renforcent les Palestiniens dans leur combat contre les colons juifs en Israël, et rendent service aux Iraniens qui meurent dans les hôpitaux faute de médicaments à cause de l’embargo qui a pour but de détruire leur indépendance.

Pour consulter l’original : C’est ici.

Traduction: Dominique Muselet

oulala.info