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Le marchant de Denise

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Vous me faites marcher?  (expression populaire)

  • De tous les pays circonvoisins, des campagnes et des villes, malades et infirmes, paralytiques, culs-de-jatte et pieds-bots accouraient dans des carrioles, dans des calèches, sur des ânes, sur leurs moignons calleux. (Octave Mirbeau, Rabalan,)

La démocratie, c’est le peuple qui a le « droit » de marcher. Il s’échine au Reebok pour changer le monde. Sortez la calculette: dans un demi siècle, les démocratisés seront tous des culs-de-jatte. Rognés et ensanglantés sur l’asphalte attisé  au réchauffement climatique et à la froideur bancaire d’un nazisme pastel.   Un  vent d’austérité dans le dos…  On est des voiliers volés. Jadis, on entrait en religion avec une formule cimentée: prendre le voile. Ben! voilà que les citoyens ont tous leur petite voile format drapeau qui vaguent sous les propos divagués  des dirigeants.

2008 kilomètres. Ça vous va?  La démocratie, c’est votez et pancartez. Un « slow gan » réel qui, selon les dires des pantins dirigeants, feraient avancer les choses. Depuis la « démarche » 2008, le populo attend toujours sa reprise économique. C’est un indigné apprivoisé qui ne ferait pas mal à une mouche parlementaire. Car la mouche revient toujours… Aux cinq ans.  Brrr! On tremble! On est effroyé , et on vote et revote à la recherche d’un moustiquaire.

La marchitude 

C’est comme un sport prétendument pratique et pragmatique.

* On marche pour garder son emploi

* On marche pour garder sa pension

* On marche pour garder son système de santé en santé

* On marche pour garder ses industries

* On marche pour garder ce qu’on perd dans l’érosion de la crise

C’est à qui aura la plus belle pancarte. Alors, on devrait créer un concours de pancartes. Avec un prix décerné par un haut fonctionnaire dans une cérémonie distinguée ou le récipient d’air marche vers le fonctionnaire  pour aller chercher son prix.

Au Québec, on n’a pas le droit de marcher masqué. Je suggère qu’on ne marche plus. C’est simple: vous inventez un défilé et vous le faites approuver par les autorités. Un défilé de danseurs en couples déguisées en amérindiens, de danseurs e espagnols, en tenue de smoking , avec musique javellisante, épurée, toute douce. Tout ça bien coloré comme des milliers de perroquets valsant dans les rues.

Le défilé d’automne 

L’automne est gris et austère. Les couleurs quittent les arbres, se laissent glisser vers le sol en ballant, et puis s’en vont rejoindre la terre. Tristesse-Kleenex. Snif! C’est le temps de créer un nouveau défilé: LE DÉFILÉ DES GUEUX. Tout le monde se vêt de son plus laid habit. ( ouch! c’est bizarre comme phrase). Vêtements déchirés, visages noir de cambouis des sables bitumineux de l’Alberta. La perruque, le barbouillement des dents cariées, traînant malades et enfants, avec carrosses du 19 e siècle ou brouette fabrication maison et ignorants avec des pancartes remplies de fautes:

JE VEU VIVE

J’AI MON BACC  MÈ JE NE TRAVAYE PAS

ABAT l’OSTÉRHITÉ

UNE MARCHE À LA FOI

Etc,

Rien n’est parfait. Il suffit de modifier le scénario à chaque année. Par exemple, l’année suivante, en cas de pluie, porter un sac de plastique à ordures . Les grands vert….  Pour ne pas trop se fatiguer, restez  allongés ou accotés le long de la rue en attendant de vous faire ramasser par le camion de vidanges. Ou alors, remplissez totalement la rue et restez amorphe, sans bouger et empilez-vous les uns les autres.  Et n’oubliez pas d’apporter des beignes aux policiers. La marque TOUT BAIGNE est conseillée.

Si votre dame s’appelle Denise, montrez vous cultivé, fin connaisseur, comme moi, de Shakespeare: inscrivez sur votre pancarte Le marchant de Denise.  Il n’y arien de plus beau que la culture. Comme dirait Orwell: la culture c’est l’ignorance. Mais ne vous sous estimez pas:

Le personnage du titre est le marchand Antonio. Pour rendre service à son protégé Bassanio, il emprunte de l’argent à l’usurier Shylock. Certain de pouvoir le rembourser, il signe un contrat où il autorise son créancier à lui prélever une livre de chair en cas de défaut de paiement. Il ne peut faire face à son échéance et Shylock, qui veut se venger des humiliations que lui ont fait subir les chrétiens, insiste pour que le contrat soit appliqué à la lettre. Le marchant de Venise

On a tous voté pour Shylock. Et si l’on change de gouvernance, ce sera toujours Shylock. Il a le droit de se déguiser, mais pas nous…

Bonne marche!

Gaëtan Pelletier

Juillet 2015

 

« Être paysan, c’est vouloir être libre, travailler au rythme des saisons, travailler avec la nature »

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« Pour beaucoup d’entre nous, l’autonomie du paysan n’est plus qu’un rêve, et la prolétarisation du métier se confirme. » Le texte est lu par des paysans le 17 juin 2015, à Amiens, à l’issue du procès en appel des neuf militants de la Confédération paysanne poursuivis pour des actions menées contre l’usine des 1000 vaches, en Picardie. Dans l’attente du jugement, le 16 septembre, le syndicat dénonce un libéralisme qui « se nourrit aussi de nos utopies, qui les avale et les recrache, pour mieux avancer ». Si les alternatives qui se multiplient partout sur le territoire contribuent à bâtir d’autres mondes, le changement passe aussi par un engagement collectif, énonce l’appel d’Amiens.

Nous sommes paysans… Être paysan, c’est vouloir être libre, travailler au rythme des saisons, travailler avec la nature, les animaux… Être paysan, c’est se voir confier cette noble tâche : produire pour l’alimentation de tous ! Alors, partout dans le monde, des centaines de millions de paysans produisent de la nourriture, en lien avec leurs territoires… et ils en sont fiers !

Ces dernières décennies, nous, paysans des pays riches, avons commencé à perdre quelques fragments de notre métier, à perdre surtout de l’autonomie. La banque permet l’emprunt, mais impose aussi les options de production. Les industriels fournissent matériel, semences et produits de traitement, parfois nécessaires mais qui enchaînent les paysans à une recherche infinie de rendement. Les grandes chaînes de distribution assurent la commercialisation des produits – elles imposent aussi le prix payé aux paysans et obligent à produire du volume pour assurer un revenu. Beaucoup de lois et de réglementations ont accompagné cette mise en dépendance du métier de paysan.

« L’autonomie du paysan n’est plus qu’un rêve »

Tout se passe comme si le paysan mettait sa force de travail à disposition d’employeurs puissants, souvent invisibles, et impitoyables. Pour beaucoup d’entre nous, l’autonomie du paysan n’est plus qu’un rêve, et la prolétarisation du métier se confirme. Cette évolution s’accélère aujourd’hui, brutalement : usines à vaches, serres géantes à tomates, énormes surfaces de production de céréales… Avec ces gigantesques entreprises qui créent une pression maximale sur les paysans et qui accaparent les terres, il y a une réelle volonté d’industrialiser l’agriculture !

Les acteurs de l’agro-industrie ont d’abord investi à leur profit les outils d’amont et d’aval, souvent créés et mis en place par les paysans. Ils s’emparent maintenant du cœur même de notre métier : la production. Ils veulent appliquer les mêmes logiques industrielles : concentration, mise en situation de monopole, recherche du coût de production toujours plus bas, à n’importe quel prix, les travailleuses et travailleurs comme variable d’ajustement… Effroyable logique qui pense pouvoir s’affranchir de la moindre considération pour ceux qui en sont victimes !

Une nourriture qui n’a plus de lien avec la terre

L’industrialisation de l’agriculture, de la bouffe abondante et bon marché prétend être l’assurance d’une alimentation suffisante pour l’humanité, avec ce qu’elle impose comme coûts sociaux, écologiques et climatiques ! Elle est surtout la réponse cynique à la paupérisation des populations par les politiques libérales, et le meilleur moyen de mieux les ponctionner par les loyers, les transports, ou les marchandises à obsolescence programmée… C’est l’intolérable réalité d’une nourriture qui n’a plus de lien avec la terre, qui n’est que production artificielle imposée par les logiques standardisantes du business et du commerce international, pure destruction du mode alimentaire des peuples, totale négation du principe de souveraineté alimentaire, de la liberté de chacun de choisir son alimentation.

On nous place sous la dépendance alimentaire de quelques grands groupes industriels et financiers, assurant ainsi notre soumission. Car c’est aussi leur domination politique qui est en jeu, telle qu’elle se manifeste déjà dans les accords de libre-échange actuellement négociés par l’UE avec l’Afrique de l’Ouest, les États-Unis ou le Canada. Nous ne pouvons pas laisser faire, nous soumettre à cet ordre des choses, comme si tout cela était l’ordre inéluctable de l’évolution de l’humanité ! En n’agissant pas, nous nous rendrions coupables, nous deviendrions complices de ceux qui régissent le monde à leur unique profit. Nous avons le devoir de nous remettre en question, de tout remettre en question !

« Donnons-nous les moyens de l’espoir ! »

Alors oui, il faut agir. Les alternatives se multiplient, partout, elles essaiment sur cette envie qui bouillonne de dire NON, de faire autrement. Elles sont l’image de ce que nous pouvons devenir, elles font vivre l’espoir qu’une autre société est possible. Alors rejoignons-les, agissons chez nous, partout, au quotidien, sans relâche. Donnons-nous les moyens de l’espoir ! Mais cela ne suffira pas… Le libéralisme se nourrit aussi de nos utopies, il les avale et les recrache, pour mieux avancer. Notre engagement doit être collectif, il doit être politique ! Les attaques quotidiennes sur nos espoirs ne doivent pas parvenir à nous faire baisser les bras ! L’histoire récente est pleine de victoires, ne l’oublions pas ! On peut gagner !

Alors attachons-nous à nos causes communes. Nous, paysans, battons-nous pour notre autonomie et nos savoir-faire. Nous paysans, avec vous tous, citoyens, luttons contre l’industrialisation de l’agriculture qui veut nous balayer. Nous tous, citoyens, pas seulement consommateurs, revendiquons le choix de notre alimentation. Nous tous, citoyens, refusons de brader notre démocratie à la surveillance généralisée et au bon vouloir des multinationales. Réinventons notre engagement politique. Prenons conscience que nous avons le pouvoir, exerçons-le ensemble !

Texte de la Confédération paysanne

http://www.bastamag.net/Refuser-la-soumission-alimentaire-aux-industriels-exercons-le-pouvoir-ensemble

Un homme en colère

http://centpapiers.com/un-homme-en-colere/

La globalisatite

 

Je me suis rendu compte d’une maladie insidieuse et presque nouvelle : la globisalite. J’étais en train de me faire des soucis sur l’efficacité des trappes à souris. Ça fait deux fois que je me pince avec cette invention saugrenue. Avant, j’y mettais du fromage, mais les souris s’étant snobinardé, j’ai choisi cette année le Rivière Rouge. Depuis 25 ans, j’ai constaté que les souris deviennent de plus en plus intelligentes. Ça m’a pris 25 ans pour découvrir les trous et fissures énormes dans la cave de ma maison. Même avec Google, on n’y parvient pas.

 Alors, j’ai mis quelques gouttes de Bordeaux. Quand le fils vient à la maison, et qu’il laisse le fond de la bouteille, je suce le vin et le crache dans un gobelet à pilules. Je les vole quand je vais à l’hôpital, ainsi que les masques pour se prémunir contre tous les virus qui pourraient y circuler.

C’est avec ça que je ramone ma cheminée : aux frais de l’État. Quand je pense que tous les citoyens du Québec paient pour mon masque piqué à l’hôpital, je passe au confessionnal de l’église. Il n’y a personne. J’apporte caméra munie d’une enregistreuse vocale. Comme ça, rendu là-haut, j’aurai la preuve que je me suis lavé de mes péchés dans une coulée de mots mêlés de larmes.

J’envoie le fichier mp3   adieu.

Le Rivière Rouge

En 1869, quelques années seulement après la Confédération canadienne de 1867, le Canada achète la Terre de Rupert de la Compagnie de la Baie d’Hudson, y nomme un gouverneur et entreprend des opérations d’arpentage afin de diviser le territoire en cantons. Les Métis, qui n’ont pas de titre de propriété pour les terres qu’ils occupent depuis plusieurs générations, voient d’un mauvais œil cette intrusion : Louis Riel et ses troupes s’emparent alors de Fort Garry (Winnipeg) et décrètent un gouvernement provisoire. C’est la Rébellion de la Rivière Rouge, un événement historique qui a inspiré les artisans fromagers d’Agropur pour créer ce nouveau fromage demi-ferme. Lien

Mein Kampf

Je voudrais irradier de mon entourage, toutes les souris qui me creusent de soucis. J’avais bien compris, sauf une chose : quand je vois Sarkozy, j’ai envie de poser une hyper trappe. Il a une mine de rat.

Revenons à nos ronge-heures…

Ça fait partie des travaux d’automne.

Cueillir la récolte du potager

Fermer la piscine

Couper les framboisiers

Tailler la haie

Rentrer les chaises et tables de parterre

Rentrer le bois pour l’hiver

Changer l’huile du souffleur à neige

Ramasser les feuilles,

Etc,

Les premiers symptômes apparurent quand je me suis mis à réécouter les 4 Saisons de Vivaldi. J’ai gerbé sur le lecteur. Les saisons, au Québec, sont, dirais-je, mal définies. Tu mets des bas d’hiver parfois en juin et des bas d’été, parfois en novembre.

Chez le doc

« Je vais vous prescrire des (n)anti dépresseurs »

Il ne l’a pas dit, il a appuyé sur un enregistrement.

Je me suis dit que j’allais trouver la cause de mon malaise « by myself ».

C’est là que j’ai pris conscience que je m’inquiétais de la « guerre » en Libye, du patinage artistique de B.Obama,  des sables bitumineux de l’Alberta, de la disparition de la forêt Amazonienne, de l’industrie de la corruption, de la calamité des Somaliens, de Fukushima, de la bourse, de l’Euro, et de la Grèce dont les états financiers ont l’aspect des ruines que la planète chérit tant,  etc.

J’en passe.

Avant mon entrée dans le monde de la globalisation, j’avais des souris comme ennemis. Voilà que dans une certaine paix villageoise, j’avais été infecté par tous les poisons qui viennent m’investir l’esprit. Je sais que bientôt, je vais tartiner mon pain avec du sirop d’érable chinois.

***

Je suis retourné chez le doc.

Il a appuyé sur le bouton :

« Je vais vous prescrire des calmants »

Bof!

C’est en faisant de la médication transcendantale, par un vieux livre jauni directo du   »Maharishi Malesh » que je ne m’en suis pas sorti. Je vous laisse une phot0 du bonhomme.  Ce fromage des gens perdus…

C’est là que j’ai compris qu’il me fallait fuir, comme disait Laboritt, dans son éloge. En somme, c’est assez simple : plus il y a de gens en cellules qui entrent dans ton cerveau, plus tu t’inquiètes, plus tu flétris, t’assèche, plus t’es prisonnier.

Oui, tous les déserts du monde viennent investir la simplicité qui t’es due. Du sable à perte de vue.

Ne me reste plus, pour retrouver ma santé mentale, de trouver des avocats pour une action collective à l’ONU, au FMI, au BUSH.

Je me suis demandé longtemps pourquoi ils étaient si intelligemment fous.

Ces sont des drogués de la globalisation, des hyper-systèmes, mafieux à fleur de peau. Des brocanteurs d’armes. Des fabricants de vaccins et de maladies. Des génies de la machinerie. Ils machinent tout. On devient machinalement vôtre…

Pour prouver mes dires, je suis allé à la pharmacie. J’ai pris au hasard un médicament en vente libre contre les douleurs musculaires avec option « relaxant musculaire ». C’est la potion secrète des doctorisés : à forte doses le cœur s’arrête. Il est vraiment « relaxé »…

J’ai trouvé trois souris mortes l’an dernier.

Il ne me reste plus qu’à régler le sort du monde ou le mien.

La recette est la même : se déglobaliser.

Désolé de briser vos rêves de conquérants enfermés dans vos jobs débilitantes,  le grand plan d’être chacun de vous les empereurs du monde.

The globalisation dream!

L’avenir appartient aux petites communautés. Après l’horreur de la globalisation et du venin duquel nous sommes infectés, il nous faudra revenir à la santé de la cellule. Se débrouiller en petites communautés.

Reste le petit Chaperon Rouge

C’est un peu ça l’Histoire du « monde » :

 

 L’héroïne en est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui court à sa perte en donnant au loup qu’elle rencontre dans la forêt les indications nécessaires pour trouver la maison de sa grand-mère. Le loup mange la vieille dame en se cachant des bûcherons qui travaillent dans la forêt voisine. Il tend ensuite un piège au Petit Chaperon rouge et finit par la manger. L’histoire en finit là, sur la victoire du loup. Pas de fin heureuse pour l’héroïne, la morale de Perrault est sans appel. Wiki

Vous êtes de bonnes gens, vous voulez aider grand-maman. Vous lui donnez tout, mais c’est un loup qui ne veut pas le panier, mais vous bouffer tout rond.

L’impôt, les taxes, les TPS, etc, c’est les petits paniers que vos apportez à vos dirigeants. Et les dirigeants invisibles des dirigeants…

La meute est énorme et vous êtes bien petits. Et le panier n’est jamais assez rempli  pour les nourrir…

Gaëtan Pelletier

2011

Le brin d’herbe

Quand le printemps arriva , le petit brin d’herber s’est mis à boire l’eau de la terre.

Ça l’a fait grandir, il est devenu tout vert et solide.

Quand le printemps est arrivé le petit brin d’herbe a levé ses petits yeux vers le ciel. Il a tété la lumière, heureux. Mais il voyait les fleurs, belles en leurs couleurs. Mais point il ne les enviait. Il grandit jusqu’à les voir de haut, se disant qu’il touchait le soleil. Et des petites créatures bien vivaces bourdonnaient et s’accrochait à lui comme on s’accroche à un arbre.

Quand il fut adulte, on le faucha, on le laissa sécher et les vaches s’en nourrirent.

Quand les vaches eurent donner leur lait, tout leur lait, leur bébés, on les abattirent. Une fois mangées, ce qui en resta se répandit dans la terre, sécha près d’un brin d’herbe.

Pour que les arbres donnèrent des fruits, les abeilles ne cessaient de travailler.  Et l’eau, qui regardait chaque jour le soleil, avec de petits reflets d’argent, se transforma en une vapeur chaude et monta vers le ciel. Le vent les sculpta et le soleil les transforma en d’étranges formes luminescente qui firent la joie des hommes. De temps en temps, mêlées aux vents et aux courant froids, la pluie, en colère secoua les brins d’herbes, arracha des toits de maisons…

Mais cela passa…

Puis un peintre amusé voulut faire de cela une « toile ».

Puis un poète amusé voulut faire de ce langage le langage des langages.

Puis un musicien amusé voulut en faire une musique.

Puis ils se dirent: « Tout cela m’appartient ». C’est mon oeuvre.

L’un ne voyait pas comme l’autre, l’autre ne voyait pas comme l’un. L’un n’entendait pas comme l’autre. L’un ne parlait pas comme l’un. Et il se dirent: « Cela c’est moi! » Moi SEUL!

Chacun voulait être tout et réclamer la richesse du TOUT.

Comme le brin d’herbe, personne ne songea à tout ce qui les avait nourrit, de manière invisible, de la terre, de l’eau, des espaces, de l’air et des autres.   Ils avaient grandis par les autres. Grandis par la liberté de ne pas n’être qu’une nourriture. Grandis par les tout petits brins d’herbe, des hommes-abeilles, des humains souffrant de la faim, mourant de soif, de tout ce qui vit. Comme si un ensemble avait une valeur une fois séchée, emprisonnée. Ils réclamèrent de l’argent pour avoir créé sans savoir qu’ils avaient été créés.

 

Gaëtan Pelletier, 2015

Les jointures

voulx: Mac Blondie

Elle ferait un bon scénario de film catastrophe. Dans une étude de l’UniversitéAnglia Ruskin (Angleterre), des scientifiques ont estimé que la civilisation allait s’effondrer d’ici trente ans, en raison de pénuries alimentaires catastrophiques, si rien ne changeait. À travers le projet «Global Ressource Observatory», l’étude, qui est soutenue par le Bureau des Affaires étrangères britannique, prétend être «un appel à réfléchir» et tente de prouver que notre monde actuel n’est pas durable.  Paris Match 

C’est bien possible… On aura trop investi sur les « jointures ». Des jointures qui volent, des jointures qui crachent des balles, des jointures atomiques, des jointures de couteaux. La violence est dans le sang  millénaire… Mais aboutée à la technologie, nous en sommes là où nous en sommes. Et la violence n’est pas que dans les armées, elle est dans la la grande bataille économique. Les jointures, c’est le reflet de chacun d’entre nous.  Le sang du cerveau qui s’en va vers les mains…

Les jointures… Dire que ce sont elles qui ont façonné les civilisations. Dire que ce sont elles qui ont subi les massacres de entrepreneuriat fabrique d’esclaves et de pays qui garde le citoyen-sardine dans sa boîte.

Maintenant, on rampe comme des bébés qui marchent à quatre pattes devant la grandeur qui nous a cloués au travail. Le problème est qu’on nous a appris à ne plus travailler ensemble mais pour quelqu’un ou un numéro de compagnies. On nous a appris « l’intérêt personnel ». L’individualisme.

Diviser pour ne plus coopérer. On ne peut pas travailler pour « quelque chose ». On ne travaille que pour quelqu’un.  En éloignant tous les « quelqu’un », on nous a défibrés. Alors, on attend que le sort du monde se règle par une organisation quelconque.  Et on nous a noyés dans des organisations. Et on nous a fait croire que seules celles-ci pouvaient nous conduire à la réussite.

Et si nous continuons à travailler pour quelque chose, on finira par n’être rien.

La guerre, la violence ont pu détruire bien des villes, des pays. Mais cette nouvelle violence feutrée détruit l’essence de ce que nous sommes. Bien enfoncée dans nos êtres… Soumis à une machine énorme et efficace.

La Terre est une jointure en sang…

gp

La demain d’oeuvre

 

Elois

…les machines étaient de plus en plus productives, les hommes aussi, et bientôt le seul travail des français consisterait à presser leurs petites télécommande afin que des esclaves professionnels ou ménagers réalisent les moindres tâches qui leur causaient autrefois tant de peines, de difficultés ou de tracas. Ci-gît la défunte société des loisirs, Le Monde

HIER 

Je devais avoir 16 ans et suffisamment  de boutons ( d’acné) pour coudre une toile de tente  quand le prof commença à nous décrire le monde merveilleux de demain: la société des loisirs. Les robots allaient prendre la relève du condamné « à gagner son pain à la sueur de son front » et nous allions tous aller voyagedenocer sur la lune. Vers l’an 2000…  Il posa alors la question qui tue à un jeune assis à l’avant de la classe mais dont l’esprit flottait derrière:

– Que fais-tu comme activité? As-tu des passions, des rêves pour ton avenir ?

Le pauvre garçon qui déjà était en loisirs « prolongé », envasé dans sa paresse d’ado gélatineux, fit non de la moue. Avec pas un seul mot.

Le prof écarquilla les yeux.

– Mais que vas-tu faire quand arrivera la société des loisirs?

Il bougea de l’acné, sans plus.

Devant ce silence étrange, le prof paniquait à l’idée de voir quelqu’un de chanceux ne rien faire, sauf travailler une quinzaine d’heures par semaine. Pour le reste, il pouvait s’adonner à la farniente la plus saugrenue. C’est ce qu’il avait dit le prof: 15 heures semaine. Alors, je me suis dit, c’est le temps d’en profiter: les femmes ne travaillent pas. ( c’était il y a longtemps… Oui,oui! Bien sûr… Les tâches ménagères, les enfants, les plancher à laver, et tout le reste). Les femmes qui se mariaient étaient des FAF: femmes au foyer. Je me suis donc dit  que si elles ne travaillaient pas, elles pourraient faire l’effort d’aller faire une carrière de 7h30 par semaine. Sans être Christine Lagarde au FMI, une FAF devrait au moins s’émanciper. Se libérer…

Silence total: on aurait pu entendre une abeille du village voisin faire l’amour à une marguerite.

AUJOURD’HUI

Longtemps je me suis couché de bonne heure. 

Nous arrivâmes à l’heure actuelle en piètre États. La pharmacologie dut créer des pansements pour l’âme, afin de guérir les travailleurs d’une donnée non prévue à l’époque, et dont la plupart des travailleurs furent victimes: le stress. Il ne fut pas prévu, non plus, que les FAF pourraient aller se battre en Irak. Même le mari de la FAF n’avait pas prévu que la dernière lettre, ayant pour mot  foyer allait coûter les yeux de la fête. Car nos deux grands brûlés, arrivèrent le soir, incapables de faire l’amour, néantisés par la fatigue, ne purent produire que deux travailleurs tout au long de leu vie active. Ni que le point G allait devenir le point G7 ou G20. Et que dans certains pays il faudrait importer de la main-d’oeuvre pour étancher la faim des investisseurs.

La moitié de la classe, voire celui assis et sans réponse est maintenant droguée au travail. Le travailleur fiévreux  coure  les usines, les compagnies , à travers le monde pour devenir un athlète du boulot. Ou simplement survivre à la paperasse…

Bref, d’assis sur les bancs d’école, le citoyen devint une sorte d’ Éloïs  à demi anesthésié, victime des Morlocks souterrains.   Il est injecté chaque jour d’une bonne dose de goebbelisation, et travaille à bâtir un monde meilleur et des armes meilleures pour détruire le monde meilleur.

Le banquier qui était votre ami l’est encore… Mais sur Facebook.

DEMAIN

Je me suis laissé réquisitionner. Mes mains étaient vides et je ne pouvais lutter ni contre le roi ni contre le gendarme qui avait des fusils et des pistolets. Ils ont prétendu que je m’appelle Iacob et non Ion comme m’avait baptisé ma mère. Ils m’ont enfermé avec des juifs dans un camp entouré de barbelés, — comme pour le bétail — et m’ont obligé à faire des travaux forcés. Nous avons dû coucher comme le bétail avec tout le troupeau, nous avons dû manger avec tout le troupeau, boire le thé avec tout le troupeau et je m’attendais à être conduit à l’abattoir avec tout le troupeau. La vingt-cinquième heure, Virgil Gheorghiu

L’hélium est un gaz noble ou gaz rare, pratiquement inerte.

La main-d’oeuvre sera de la moins d’oeuvre. Les robots – quelle nouvelle! – n’ont pas été construits pour alléger la tâche des travailleurs, mais pour gonfler les avoirs des banques qui servent à gonfler des avoirs des investisseurs, des banques, des investisseurs, des…

Il n’y aura plus qu’un seul métier: souffleur de ballons. À l’hélihomme…

Proust écrivait au passé simple, le politicien continuera de parler au futur antérieur, et les banquiers au présent du subjonctif trafiqué. On revient toujours à la machine à voyager dans le temps.  On l’avait prédit: le travail n’existera plus. Si vous en doutez, vous êtes un complotiste .08.

Le conformisme rend l’homme libre. Comme le travail… Arbeit Mach Frei.  Demain nous serons des vendeurs de mains, de cerveaux, de tout ce qui pourra servir quelques mois par an pour boucher les trous du « progrès ». Nous serons SDF mondialiste, allant de pays en pays, avec la FAF et la marmaille, pour trouver bonheur dans un coin du monde paisible. On nous avait dit qu’il n’y aurait plus de guerre.

Personne ne loisira: il faudra chercher de l’emploi 7  jours sur 7 .  C’est une manière que l’on aura trouvé de rendre responsable le travailleur  voleur de bisbilles de farniente.

Mais, au moins, demain, c’est pas loin. Demain c’est jeudi. N’oubliez pas le cadran pour remplir les formulaires et rencontrer vos agents…  Les Morlocks n’ont plus peur de la lumière: il vivent dans des bureaux, au 20e étage. N’oubliez pas votre matricule.

Gaëtan Pelletier

Juin 2015