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Quand il est mort le bûcheron…

bûcherons

Ça me peine: je ne verrai plus le bûcheron qui aimait les arbres , les coupait, en plantait et en prenait soin. Il est décédé il y a quelques jours. Jusqu’à la fin, il allait parcourir les bois le matin, tôt, quand les oiseaux réclament leur repas à leur maman.

C’était comme ça au Québec il y a quelques décennies. Les fils de ces piliers , aujourd’hui  administrateurs, médecins, avocats, simples travailleurs sont issus de cette race qui savaient à peine lire et écrire. Mais personne ne s’en souvient. Ce qui fait mourir ce monde c’est d’en effacer le passé. Le passé c’est la souche de ce que nous sommes. L’essentiel. Et c’est peut-être ce dont nous sommes en train de mourir: de l’essentiel. On se demande à quoi rêvent la génération jeune actuelle. Elle rêve d’une vie simple et tranquille, mais la « machine à fabriquer des êtres et des robots »  elle ,s’occupe de fabriquer les rêves. C’est une propagande intoxicante pour le cerveau et l’être. On se « désêtre »…

La formule frappante serait: une lutte les uns contre les autres et une réussite présente, journalière, annuelle, pour un échec final de l’humanité. Nous cultivons le provisoire et détruisons toute forme de concret pour laisser aux mains des grands chefs d’entreprises et des délirant personnages soi-disant importants nos destins.

Combien donnons nous, chacun d’entre nous pour que nos États fabriquent des armes au lieu de construire ce qui ne détruit pas, nous y inclus? On veut nous faire croire à la nécessité des guerres. Nous payons un prix fou pour la soi disant paix.

Alors, où son les résultats de cette « logique » de fabricants d’armes? Oui, c’était plus simple « avant ». Il y avait un certain confort à « travailler » pour rendre nos vies moins misérables. Mais depuis quelques décennies, chacun est un Christ crucifié entre deux voleurs.

Si on juge l’arbre à ses fruits, la perle Terre suspendue dans l’espace est en train de mourir d’un cancer de pollution, et d’un fourmillement de Satan(s)  élevés au grain du virtuel en train de falsifier la réalité.

Il y a quelque chose qui cloche au pays-Terre: on ne peut pas s’aimer et se détruire en même temps. On ne peut pas aimer la nature et la tuer en même temps. Taxe-carbone mon œil! Comme si l’argent réglait tout… Lui également se dirige vers l’invisible. Imaginez tous les aveugles que nous aurons dans deux décennies!

Gaëtan Pelletier

Le moule satanique

Le château de l'âme

 

«Il ne s’agit pas de penser beaucoup mais de beaucoup aimer.»

Thérèse d’Avila

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Les hommes font des affaires parce qu’ils sont trop lâches pour chercher un peu de sainteté. Et la sainteté n’a rien à voir avec « dieu », mais c’est cette tâche qu’ont les hommes de se parfaire ne serais-ce que pour vivre  cloîtrés dans une petite planète bleue  comme une bonne sœur dans un habit foncé, quasiment langée.

Ne pas se laisser souiller par la vie qui nous entoure, c’est ressusciter à chaque jour. Quand les hommes se font serpents pour les autres hommes, ils crachent leur venin. On est tous souillés.  Et c’est là que rester intact, avec quelques atomes d’âme pour survivre est devenu un art difficile.

Il n’y a plus de feu. Il y en a, caché, sous tiède couverture des braises refroidies. On s’adonne au noir, au froid. On tue dans le silence de tous les viols de la Terre.

L’Homme crée des monuments, déguisé en singe, sans savoir, déjà enterré, qu’il y a plus que ces œuvres de pierres.

Il se croit savant, mais c’est un ignare charbonneux.

On n’a jamais vendu autant de miroir. Au point où la tâche qu’on nous incombe est celle de devenir semblable au cravaté-serpent et ses dogmes de matière. Il parle de la grandeur de l’Univers en semant des idées de temps fragiles. Encagé. Comme un oiseau qui ne peut plus voler.

… Je veux dire que si celui qui est dans l’appartement ne peut voir cette lumière, ce n’est pas parce que la demeure n’est pas éclairée, mais parce que toute cette foule de couleuvres, vipères et reptiles venimeux qui y sont entrés avec l’âme ne la laisse pas profiter de la lumière… ses yeux sont tellement couverts de boue qu’il ne peut presque pas les ouvrir ».

Le château de l’âme.  Thérèse d’Avila.

C’est « fou » de citer une « sainte » !.

Le livre m’a été prêté par une vieille dame un jour. J’étais livreur dans une épicerie. La dame de 80 ans me laissait entrer et m’offrait un grand sourire  » et un petit quelque chose à manger ». Courbée, charmante, avec de la lumière dans la voix. C’était une vieille maison … Son corps et sa demeure en bordure d’une rivière qui coulait vaillamment comme son sang dans ses veines.

Elle avait toujours un petit quelque chose à m’offrir : du chocolat, des beignes, des friandises. De vieilles choses traînaient partout: un tricot abandonné, un chapelet, des images agrippés aux murs, des casseroles dans l’évier… Elle devait coucher sur un de ces vieux lits en montures métalliques qui parlait la nuit pendant qu’elle bougeait.

Une sagesse qui frôlait le ciel. On était bien en sa présence, comme si sa bonté avait imprégné tout ce bois morts et ces « choses ». Mais pour elle, il n’y avait pas de « choses »: ces choses étaient vivantes.

Elle avait peine à bouger, dans son carcan de chair vieillie, mais ses yeux, son discours, ses envolées avaient quelque chose que nous n’avons plus : vieillir n’est pas vraiment vieillir pour ceux qui entretiennent  l’intérieur au lieu de l’extérieur. Et le mot « sérénité » n’était pas un mot: c’était un état qui semblait avoir peint tout ce paysage intérieur créateur.

Puis un jour, alors qu’elle lisait, assise sur une veille berceuse, elle me regarda d’un œil singulier, allumé.

– Vous devriez lire le livre de Thérèse d’Avila.

Je ne connaissais pas Thérèse d’Avila. Pour moi, le mot « religieux » avait quelque chose d’agaçant. Et je la prenais parfois  pour une délurée en face de la mort. Je n’avais pas compris qu’elle était grande en dedans et qu’elle habitait un château dans un taudis tordu.

Elle tenait absolument à ce que je parte avec le livre. Je l’ai fait en me disant que j’allais lui redonner à la prochaine « visite ».

Je me souviens d’avoir essayé de le lire. Je l’ai ouvert maintes fois… Je l’ai abandonné maintes fois… J’étais trop « fermé ». Alors, il dort dans le garage, dans les boîtes de ces trop de livres que l’on garde sans savoir s’il valent la peine. Les livres, parfois, attendent notre maturité.

Elle me l’a prêté.

En fait, je n’ai jamais eu l’occasion de le lui remettre. La vie m’a emmené ailleurs.

La vieille dame est décédée quelques années plus tard. Ce n’était pas un prêt, c’était un don. Mais que fait-on avec un don quand on ne peut le recevoir ?

Elle donnait sans rien demander. Et je suppose que le livre a été inséré dans son âme… Elle n’en avait plus besoin. Passez au suivant…

C’est comme ça qu’on se réveille un jour de longs comas à force de vivre avec des gens qui n’ont pas de vie. Ils n’ont que du bois à vendre. Du bois mort… Du plastique. Rien. Rien de vivant. Du mort en partant.

Elle est revenue aujourd’hui avec cette phrase, ce petit paragraphe… Car la Vie n’est pas enfermée que dans le vaste, mais dans la grandeur de ce que l’on sème en soi. Si petit semble-t-on être! Si humble…

: l’âme humaine comporte un lieu, une Demeure où l’esprit (la mens) peut transcender son existence individuelle. Et 26 cette expérience de transcendance, acquise par l’oraison, prodigue une force qui se répand dans toutes les puissances de l’âme et du corps. Il faut entourer le temple d’une forteresse, il faut pouvoir se défendre. Il fallait y penser, le dire et l’écrire : pour ne pas chuter, pour ne pas ni faillir ni dépérir, il faut être à la fois humble et fort. Il n’y a ici de paradoxe que pour ceux qui confondent vertu et fragilité.

Dans cette ère dite moderne et matérialiste, les structures ont pour objectif de défendre à chacun de « penser » ou de comprendre l’âme humaine. Les sociétés, les méga-structures sont là pour nous fragiliser dans une énorme propagande du bonheur terrestre de par les colossales organisations. Les nouveaux dieux sont des chiffres, des guerres qui règlent des guerres, et un extrémisme de l’individu concentré et construit en un Je enfermé, les yeux plein de boue, dans une vision étroite.

Et si « ne pas se connaître soi-même » était la prison à l’architecture de la soumission?   Tout nous conduit à agir dans une agitation valorisée qui dessine l’esclave que l’on veut au moment où on en a besoin.

En prendre conscience est déjà être un saint parmi la multitude de diables qui se reproduisent sans cesse.

Un moule satanique…

Gaëtan Pelletier

Joyeux sapin!

Sapin animé

 

L’image de l’arbre comme symbole de renouveau de la vie est un thème traditionnel païen qui se retrouve dans le monde antique et médiéval (voir notamment le culte idolâtrique et les nombreuses mythologies liées à l’Arbre du Monde) avant que ce symbole soit assimilé par le christianisme.

Wikipedia

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La parlure des arbres

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Ce matin je suis allé marcher dans la forêt. La forêt a rapetissé parce que  de colossales machines d’acier à grandes gueules broutent   les arbres comme les vaches dévorent les herbes des pâturages, comme les rasoirs cisaillent des barbes des mentons, au point de se demander s’il restera des arbres un jour. Des arbres qui sifflent aux vents et qui répondent aux oiseaux.

Je me suis dit que si « dieu » existe, c’est un arbre, car on ne le voit pas. Il est caché derrière tous les arbres comme se cachent les arbres derrière tous les arbres. Ce  sont des dieux reliés entre eux par des racines invisibles, biscornues, de temps en temps boursouflées  à  en sortir de terre,  qui s’en vont fouiller les sols pour se nourrir avec leurs grandes mains noueuses  et tentaculaires.  Les arbres se respirent entre eux. Ils prennent l’air du vent, l’avalent et, curieusement, ils l’ont fabriqué eux-mêmes en quelque sorte.  Mais pas seuls… Avant, je n’avais pas pensé à ça, parce que pour bien penser il faut « se laisser penser ».  Il  est des arbres  qui , en vieillissant, s’écroulent pour nourrir les autres. Mais ce sont les gros arbres  qui sèchent, pourrissent, qui tombent et écrasent les petits. Victimes de ce qu’ils ont conçu ensemble avec le reste de la nature: le vent. Plus ils sont hauts, plus le vent les touche. Alors, ils tombent pendant que l’on dort.  Comme s’ils craignaient de nous faire peur avec leur propre mort.  Mais je n’en suis pas certain… Les hommes, on les enterre rapidement,   mais les arbres ne s’enterrent pas entre eux. Un arbre ça ne se penche pas, mais quand ça se penche, c’est au ralenti et c’est pour finir dans la terre où il a poussé. Ils vieillissent comme s’ils avaient des os, finissent par être rognés, mollir, plier, puis se transforment en poudre d’arbre. Ce qui en fait de la terre…

Mais il y a des arbres qui parlent:  Il se penche et dit: « Regardez ce qui va vous arriver ». Vous allez fléchir sans réfléchir, car si vous ne réfléchissez pas à votre fléchissement vous allez faire l’erreur de ne pas bouger et voir l’arbre tomber. C’est l’avantage des hommes que de prévoir. Mais quand les hommes ont les pieds tellement ancrés dans les certitudes, ils ne bougent plus.  On dit qu’ils prennent racine.

Quand t’es petit, t’es pas vraiment un arbre; t’es un « arbrion », fluet, mais tu ne t’inquiètes pas trop à savoir si tu vas vivre ou mourir. T’es frêle comme un drapeau d’un pays. Et quand il y a une grande peine, ils descendent le drapeau et vous disent qu’il est en berne. Le drapeau « deuille » pour vous…

***

Ça fait des semaines et des semaines  que je vais chaque jour marcher dans la forêt. Au début, je me suis dit qu’il n’y avait rien à apprendre de la forêt parce que c’est comme une matière première à abattre.   Comme les pauvres… Les politiciens lèchent les caméras pour parler des pauvres. Ils ne disent pas qu’ils sont pauvres, ils disent que les pauvres ne veulent pas devenir riches. Mais ça c’est une autre histoire, en même temps que ça n’est pas une autre histoire puisqu’il n’y a pas d’histoire sans que la grenouille, le lombric, le croque-mort, Aristide Morin, Mohamad Saïd Salibi, la truite et les nuages ne soient liés.

Je vous le dis sincèrement, je n’ai jamais eu « d’intentions » en allant passer des heures en forêt à marcher. Je ne me suis pas dit: « Je vais méditer ». Je me suis dit que j’allais faire de l’exercice pour secouer un peu les vieux muscles accrochés aux vieux os. Mais plus j’y allais, plus je revenais en forme,  vers 11h30 et que j’étais vivant comme  à 20 ans , complètement électrisé  sans en comprendre la « raison » . J’ai compris un peu plus tard, à force de marcher et de marcher en regardant des arbres et même la foultitude de petits sapins de Noël qu’il y avait un cadeau en dessous des tout petits sapins qui échappe à la vue des humains. Le cadeau des arbres est de m’avoir fait comprendre que la pauvreté, au fond, c’est de ne se servir que de son cerveau. La pauvreté c’est de ne pas voir l’autre dans son miroir. Comme s’il n’y avait rien d’autre qui avait quelque chose d’intelligent à dire. Aujourd’hui, nous sommes pauvres à n’en plus finir. On est en train de mourir dans une pauvreté planétaire. Comme disait quelqu’un que je ne connais pas très bien: « On pisse dans l’eau que l’on boit ». Si les arbres prenaient notre eau, je pense qu’ils deviendraient malades. Mais il attendent que le ciel leur en envoie. Puis ils s’abreuvent avec leur bouche racine et leurs feuilles et échangent entre eux l’eau qui tombe du ciel. Les humains, eux, en trouvent, la mettent en bouteille et la vendent.

Mais le plus étonnant est que les humains n’ont jamais compris la forêt. Ils ne savent pas qu’un arbre seul ne peut donner une forêt.  Les arbres ne s’arment pas pour détruire les autres arbres. Et ici, au Canada, les arbres ne se demandent pas pourquoi l’érable côtoie le sapin, le bouleau, l’hêtre, le merisier. Les arbres de même « nature » ne se regroupent pas pour combattre les autres arbres.  Les arbres ne disent pas: « Je crois au ciel, même s’ils ont tous les feuilles rivées vers le ciel. Ils ne disent pas, « Je crois aux racines, même si ils ont des branches qui ont l’air de s’incliner pour zieuter le sol pour dire:  » Mes racines sont plus grosses que les tiennes ».

Non!

On a écrit tous les livres du monde avec des arbres, mais les arbres n’ont jamais écrit de livres. On en a fait des maisons, du carton, du papier, du carburant à homo-sapiens, des feux de camp pour chanteurs d’occasion, des sculptures, du sirop, du thé, des canots, des frégates, des cuillères, des arcs et des flèches, et des balançoires pour enfants…  On a fait de la Terre ce qu’on peut faire avec les arbres. Mais, on les a tués… Un arbre mort est utile, mais il ne parle pas.

Les arbres ne se sont jamais dit:  » J’ai tout ce qu’il faut pour fabriquer un arc et des flèches. Il me suffira de me secouer un peu pour faire tomber l’oiseau et lui voler quelques plumes ».

C’est comme ça qu’en marchant ce matin, j’ai croisé, comme presque tous les jours Marie-Perdrix. J’ai la manie de donner des noms aux animaux comme si un être suprême en avait fait quelque chose de singulier. Ils le méritent. Et un à un . Comme « baptisés » dans leur unicité. On donne bien des noms aux chats, alors viva Marie-Perdrix!  Et je me suis dit qu’on devrait vivre comme des arbres. Ainsi, on pourrait marcher fièrement à travers nous sans penser qu’un autre aura des plans bizarres pour nous dire comment  vivre. J’ai dit pour « vivre », mais au fond je devrais dire pour nous faire mourir à petit feu, ou dans une sorte de bûcher économique, pour flamber toutes les Jeanne-d’Arc du monde. Car non seulement ils veulent être un grand arbre, mais avoir toute  la forêt. C’est bête et stupide, car ils utilisent des arbres, leur font la leçon, les instruisent, et brûlent ceux qui semblent ne servir à rien. Puis ils prennent les livres écrits sur des arbres mis en feuillets et font une sorte de propagande pour contrôler les arbres.

Et ce sera comme ça à Noël: on chantera la paix, l’harmonie, on sortira les mouchoirs de papier ( fabriqués avec des arbres), on pleurnichera. Et ça se vendra comme des petits pains de sapins. On se dira qu’on est grands, fils de dieu, qu’on a des émotions et de bonnes banques. Et qu’elles ont remplacé les voleurs de coffre-fort.

Les humains cherchent des systèmes complexes sur l’art de bien vivre. Et les spécialistes-technocrates  sont nombreux  pour vous faire des plans de l’art d’être heureux. Mais au fond, c’est bien simple: il suffit de cultiver des terres, de prendre soin de son voisin comme la prunelle de nos yeux, tout en sachant qu’un jour on ira sous terre,  séchés comme des feuilles d’automne et  qu’on aura nourri quelqu’un.  Il n’existe pas de grands plans pour l’humain. Il y a 7 milliards de dieux, sans compter Marie-Perdrix, des poissons, de la lumière, de l’eau.

À Noël, ne pensez pas donner quelque chose, mais donner quelqu’un: vous. Emballons nous de la Vie!.. Le reste a peu d’importance.

Gaëtan Pelletier

 

Le chat d’Auschwitz

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« Tu sais, Martha, un jour nous  irons pisser sur Mars. Et il aura de l’eau que nous aurons apportée  de la Terre. Nous aurons tout un téléchargement d’armes pour nous protéger, nous défendre. Nous vendrons des armes pour vivre. On fera venir des acheteurs de partout… Martha! Martha! Martha!  

Un énorme vaisseau spatial, en forme de banque, emporta Martha sur une planète lointaine. 

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Le problème avec l’humanité est qu’elle n’a pas d’avenir. Elle en a dans la tête des boursouflés du cerveau, grisés, réglant le sort du monde avec des machines à laver la vaisselle et des gadgets inutiles. Tellement inutiles qu’on meure de faim en regardant des hamburgers volants à la télé. Même dans les pays les plus pauvres.

On fait partie du chiendent et de la tomate, du chat et de la souris. On fait partie des autres qui sont la terre dans laquelle nous poussons. Il y a le ventre de la mère et le ventre social complexe devenu le ventre mondialiste, etc. Nous poussons dans les autres et dans la cendre de l’Histoire. Plus tard, de grands savants vous construirons un « MOI » utile pour eux. Utile pour leurs projets. La souris n’y fera pas partie, comme le sel de la mer, ni le tamia rayé qui rôde en ce moment autour de la maison où j’habite. Ni les étoiles… On a dévié nos regards. Quand on maltraite le moindre insecte, on maltraite toute la vie. Et certains se font des étages de « valeurs » de par leur conception du monde. Mais ces valeurs n’existent pas dans l’Univers. Elles existent dans les visions implantée.

Ce que je possède ou possédera sera mon bonheur. Le futur n’a jamais eu d’avenir puisqu’il y a des siècles on a amélioré la vie de l’Homme  par l’esclavage. Et cet esclavage continue sous une autre forme.  Ce cher esclavage a pour nom travail. Le progrès (sic) consiste à travailler pour quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre sans travailler pour NOUS.

On ne peut pas être soi-disant intelligent et insensible. On ne peut pas inventer et créer davantage de technologie et s’émerveiller si nous ne pouvons nous émerveiller de la Vie.

Il se pourrait alors, qu’à force d’insister, l’Homme finira par créer l’ultime machine qui sera son dieu. Le Dieu de tous les petits dieux de la robotisation et de la fascination de ce qui n’existe pas dans la nature. Nous avons présentement enclenché cette démarche par une fascination dépassant tout entendement. Tel un enfant ébloui par son jeu devant un miroir.

Personne n’est une île. Mais la Terre dans l’Univers – pour le moment- oui. Et nous sommes tous de petits Robinson tentant de survivre à la menace la plus dangereuse: le un en combat contre le nous.  Le communisme n’est pas un système, c’est un état inconscient mal interprété et passé au tamis des société pour tenter d’expliquer cette relation de la vie à la Vie. Du un au nous. Sans différence réelle sauf dans les apparences de parcours.

Nous confondons l’amour qui est un acte réel envers la Vie et le sentimentalisme égotique.  Et c’est la raison pour laquelle les commandants des camps de prisonniers aiment leurs chiens et ne voudraient pour rien au monde les brûler. Oui, dans le courant de l’histoire de l’humanité,  certains en ont mangé. Ils n’avaient pas le choix. Nous avons maintenant le choix de nourrir un chat et la possibilité de nourrir les humains tant du point de vue matériel que spirituel.

Dans notre monde actuel on peut aimer à un point tel la richesse, son bateau, son auto, son chat – que l’on croit posséder-, son pouvoir, au point de brûler au feu de la technologie et d’une économie affolée et ignorante des sources même de sa nécessité.

Il y a des gens bien qui ne brûleraient jamais leur bateau de croisière ou leur chien. Mais il n’est pas certain que si l’esclave est lointain, dans un pays loin de chez-vous, il n’aura aucun remord à choisir.

On ne peut être en vie et choisir de ne pas cultiver la Vie. Mais aujourd’hui on le peut. Comme on prend soin d’un moteur de tondeuse… Voire de la couleur de la tondeuse.

On est un bon gars quand on ne brûle pas les chats…

Gaëtan Pelletier

juillet 2015

La guérilla atrophiée

Guerre

Petit homme mécanique, hors-logé, trafiqué, brigandé par la race des saigneurs, où vas-tu?

Dans le silence fébrilisé, la danse sarcastique et le sang-pétrole, tu givres, mou comme un brin d’herbe noyé.

Homme délumiéré.

Ombragé de la voix. Aveugle et déambulant avec la canne blanche des États.

Tu pleures comme pleurent tous les enfants cherchant leurs parents.

Et dans la pénombre circulaire, d’une société bicyclette-stationnaire, tu peines et tu peines, parfois bien vêtu, des neurones, mais nu de la vérité.

Déparadisiqué, tronqué, flambé, toi, la merveille des merveilles du monde!

Te voilà à zéro.

Le progrès, cette machine à voyager dans le temps,  à travers les grands férus des savoirs inutile, des becs à ongles d’acier, que tu paies pour te faire tuer, le progrès te ramène à l’ère des cavernes.

Menottés de tes frissons. Tu crois! Tu crois croître! Mais tu croupis, t’accroupis, petite île ou petite elle dans son Pacifique océan virtuel.

La guerre! La guerre! La guerre!

Elle a avalé des millions d’enfants…

Où vas-tu? Petit homme…

Au pas des GPS tronqués…

Que la machine est belle!

La tuerie de toute beauté!

On te vend de la colle à lambeaux chaque jour…

Guérira, guérira pas? Guérilla, guérilla pas…

Gaëtan Pelletier

15 mais 2013-05-15

Le wagon d’Auswitch

Le Wagon d'Auswitch

Le progrès a d’abord été l’invention du couteau pour dépecer les bêtes, puis il est devenu une formule théorique économique qui est en train de couper toutes les têtes. GP 

***

Concentrons nous! Car nous sommes insidieusement concentrés dans un camps rond de concentration.

Je me suis dit que tout être qui vient au monde a ce rêve d’améliorer le monde. Alors, il est passé bien des âmes sur la petite planète bleue, et puis le « progrès » est devenu une machine à tuer ceux qui veulent changer le monde. Aujourd’hui, tout le monde se dit qu’on va enfin être heureux avec son marteau, sa scie circulaire, sa télé, et toutes les piles AA et AAA du monde qui pourrissent les dépotoirs.

Je me sens comme une pile. Comme à pile ou face en perdant ma face pour une vie de pile. Je suis une pile dans une machine à faire rouler de l’argent invisible et une science – si prometteuse – passée aux mains de bouchers tendres et mignons comme le steak qu’ils dépècent. Bienvenue à l’abattoir! Bienvenue dans le cirque le plus étrange jamais construit dans l’Univers. La Terre.

Y a plus de pays. Y a des frigos frontièrisés . Mais virtuels… Le progrès du virtuel est en train de gommer le réel.

Quelques années après ma naissance, pareille aux années de presque tout le monde après leur naissance, tu te mets à rêver de participer à un monde meilleur. Le premier message: tu vas à la guerre pour garder et promouvoir nos valeurs! T’étais ados, avec des boutons de chemise jusqu’aux joues, t’étais petit, on t’avais appris à avoir peur des méchants, ces méchants loin, si loin, qu’ils ne pouvaient pas être derrière les jeux enfantins… Et pourtant.

Quand j’ai su que j’avais 100% des chances de mourir un jour, je me suis dit qu’il ne valait pas la peine d’investir dans l’investissement. Alors, bêta, comme tout ce qui est bêta, comme les cassettes vidéo, j’avais décidé d’investir dans la poésie, la beauté du monde, la lumière, la science, la littérature, et un certain art de vivre.  Et vivre est un art quand on a le respect des autres. Ce n’est  même pas une « politesse », c’est une nécessité.

Mais….

Je sais… Il y a 99% de bonnes gens et 1% de salauds. Bon! Il reste une chose à comprendre que je n’ai pas compris, sauf avec le cœur. C’était une façon de parler de Géronimo: « À qui donc appartient ton cœur? L’œil clair nous a menti et nous a enfermés. »

À travers les musiciens, les poètes, les peintres, les religions, les autres, eux qui ont œuvré pendant toute leur vie, pendant tous ces millénaires, qui ont laissé un trésor de sagesse, de beauté, que nous reste-t-il maintenant dans nos cœurs et nos âmes? Rien si nous ne le cultivons pas avec le doute. Le doute de ce monde au regard vrillé vers son réfrigérateur   en acier inoxydable.

Avec le wagon qui roule vers un abattoir étrange, des milliers d’années à construire, à détruire par les guerre, à reconstruire pour l’avoir…

Où donc est passé ce nécessaire savoir enfoui au fond du temps?  Quel pays nous a appris la paix qu’enseigne les religions? L’amour? La grandeur incompréhensible d’un univers  et son mystère? Quel pays a su respecter son sol, son air, ces citoyens? Quel pays a su véritablement cultivé nos  être, nos âmes?

Au final, le résumé de toute une race accrochée à une planète se résume maintenant aux besoins primaires que nous allons chercher, bien vêtus, ou parfois pas. Mais la tête basse…

L’ignorance c’est d’avoir des ignorants matérialistes qui abattent des trésors qui font grandir. Étonnons-nous de cette masse de téléphones, de gadgets, de FMI, de course de F1, de la robotisation sensée faciliter nos vies… Étonnons-nous!

Le dénominateur commun à tout ce cirque monté par des singes qui promènent leurs humains savants se résume en un seul point, une seule voie et un seul véhicule: un wagon pour Auswitch. Le premier n’était qu’un échantillon…

Gaëtan Pelletier

Juin 2015

Dis-moi petite

tea3 - CP

Lorsque j’étais petite je regardais le monde comme un ensemble: une bulle qui aurait dû être parfaite.

Je me promenais souvent seule, examinant tout: la faune, les plantes, l’eau, les gens, les odeurs, les formes, les couleurs, les bruits et les silences aussi.

J’en suis venue à entrevoir qu’au fur et à mesure qu’ils vieillissaient, le fait de vivre semblait provoquer chez les gens divers désordres psychologiques,

Un peu tout ce qui existait semblait disparaître pour eux et était remplacé au fil des ans par un décor. Je me souviens d’une voisine qui venait visiter ma mère, arrivait d’un pas rapide, caquetant des inepties sur la couleur de ses rideaux ou sur son besoin pressant de punir sa petite fille parce que celle-ci avait sali sa robe. Bien sûr à ce moment je n’avais aucune idée qu’ailleurs dans le monde des milliers de personnes mourraient parce qu’elles n’avaient pas mangé. Par contre, la vie elle-même me racontait que cette voisine surfait à côté de la plaque. Elle n’avait pas remarqué le soleil qui brillait à faire sourire les fleurs, ni la tristesse dans les yeux de ma mère à ce moment-là.

Sa bulle comptait des rideaux et apparemment ils étaient clos depuis longtemps.

A 18 ans, âge légal pour quitter l’enfance, j’ai pleuré. Je savais sans l’ombre d’un doute que cette vie hors de la bulle allait me happer, qu’elle tenterait de modeler mon univers et qu’elle assassinerait mes rêves si je la laissais faire.

Et les cinglés se sont faits plus nombreux. J’ai appris sans joie qu’ils détruisaient le monde, étaient source d’infâmie et si peu humains parfois qu’ils volaient à leur genre l’intégrité de leur existence.

Un jour, alors que j’étais hospitalisée, je suis sortie à l’extérieur de l’hôpital en chaise roulante. Etant à ce moment beaucoup plus près du sol que je ne le suis normalement, j’ai pu humer les parfums de mon enfance. Je m’étais donc élevée longtemps au-dessus de la vie elle-même, au-dessus de ce qu’elle avait à offrir en tout temps. J’ai ajusté mon pas. Je savais que si j’allais trop vite: ce en tout temps allait peut-être finir par m’échapper. Je risquais de ne plus voir la tristesse dans les yeux de quelqu’un ou de punir bêtement une enfant qui a sali sa robe. Il y a donc un jour ou une poignée de terre nous donne le souffle de vie. Pourtant les enfants y jouent et s’en nourrissent parfois. Mais c’est peut-être une autre histoire.

Il peut pleuvoir: j’aime la pluie qui nettoie. Il peut faire soleil: j’aime les reflets qu’il donne à tout et la vie qu’il nourrit. Il peut passer du temps, de la vie, des rires, des larmes et des souffrances, j’aime n’avoir rien appris qui soit suffisamment altéré pour qu’aucune thèse ne vienne le contredire.

Il faut pouvoir faire un mélange de tout, sans doser trop. Il faut aussi non pas seulement savoir mais se rappeler que tout existe bel et bien dans sa forme parfaite et apprendre aussi à y puiser la source de vie qui nourrit l’humain en nous. Je ne crois pas qu’on puisse réellement gagner quoi que ce soit à courir des routes de nulle part, ni qu’il soit sain de tenter de les construire. Pourtant la vie maquillée le prétend.

Parfois le soir, lorsque la ville dort, que la nuit promet d’offrir durant quelques heures un refuge parfait, je me demande si l’humain hors de la bulle croit pouvoir acheter un jour chez Walmart l’équivalent du bien-être. Ce serait triste parce que Walmart n’existe pas partout dans le monde.

Au plaisir,

Elyan

Cat Stevens- Where do the children play

http://centpapiers.com/dis-moi-petite