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Informatés

On voudrait que les poètes écrivent des odes à la beauté de ce monde. On voudrait qu’ils en déterrent les  joyaux, qu’ils soulèvent  la laideur comme on lève un tapis. Hélas! Hélas! La saleté est exponentielle, donc irréversible. Il faudrait changer de tapis…

C’est un beau grand tapis bleu qui tourne au gris, peu à peu…

 Tout est en train de se fondre dans le grand canyon de l’avoir,  enfoui et enterré avec une valeur égale au petit marchandiseur terrien d’un orgueil gaufré.   Ce cueilleur-chasseur,  de par ces nouvelles armes sophistiquées et invisibles,  et son œil tout feu, tout flamme,  guette ses proie qui parfois se fanent. Mais il en viendra d’autres…

Il est là, atterré, nargueur comme un gamin devant l’incompréhension  de son propre être, des animaux, du Cosmos,  de ses dieux, et d’une planète il habite et  brûle en même temps.

     L’Homme craint maintenant la mort, par peur  de voir  fondre son ego putride  qu’il chérit tant. Il est en extase devant la pile d’objets  flamboyants qu’il a crée, pis encore, dédaignant ses semblables qu’il ramène au rang de leviers à richesses : l’autre n’est un objet au même titre que ses  « créations ». Créations d’une foultitude de futilités infécondes pour la race humaine. Mais il invente et  mitraille à coups d’usines aux machines sophistiqués, inondant les marchés.

   Souvenons-nous que chaque objet que nous achetons est un objet à jeter… un peu plus tard. Et, il y 40 ans, c’était aujourd’hui et « un peu plus tard ».

Pendant que la Terre vide ses glaciers servant à tempérer  le garder au chaud et à 70% d’eau, il reporte  à  grands vœux,   avec l’aide et  les manigances des chefs d’État alliés, eux-mêmes  souventes fois et   prisonniers   du charabia des affairistes qui nourrissent un immense  coffre-fort invisible.

Les Robinson Crusoé affairistes ont conçu le grand projet d’acheter toutes les îles, même  celles qui tournent dans l’espace.

L’informaté

Goebbels est maintenant une lignée insignifiante de chaînes de télévisions et de réseaux bavards, trafiqués : l’internet.   Notre esclave a toutes les chaînes. Salflix et autres abuseurs publics qui,  dans leur grand cirque impudique,  amusent notre esclave enchaîné. Assis devant sa télé HD, il dévore tout : séries de meurtres en série, nouvelles et re-nouvelles 20, 30 fois par jour.  L’info, c’est  le AK 47 . Et les enfants ont maintenant plus d’écrans que de mamans.

Il est informé formaté. Gélatiné et ronronnant d’hypnotisme dans les  vapeurs tassées  de la décadence de ce monde. Il communique Wifi de par  les médias sociaux. À distance de ses semblables.  Il n’a pas sa langue dans sa poche : il a les doigts sur son clavier et il  a perdu toute humilité. Il hurle, se plaignant  de la violence de son monde. Il gigote et se tortille tel un enfant gâté.

Le dénaturé

Il a perdu la langue  des arbres, des pigeons et des étoiles : la vision des racines profondes de ceux-ci. Bref, de tout le vivant auquel il appartient.  La nature, maintenant, lui est extérieure.  Il a décimé  des forêts  entières,  empoisonné des rivières  les rivières, plastifié les océans, et, sans le savoir, il fait maintenant partie de tout les poisons qu’il a injectés à cette nature.

 Mais ce n’est pas lui… Il se plaint de l’air empoisonné. Mais ce n’est pas lui… C’est l’autre. L’autre, cet autre lui.  

Il sait toutes les nouvelles de la planète, mais ne connaît pas le génie du chant des oiseaux et la beauté de ces  peintures volantes. Il a perdu la poésie de la vie en échange des formes mécaniques et électroniques.

Il a construit ses propres dieux.

On lui a donné une voix, mais c’est celle d’un Freud barbouillé et d’un punching bag électronique.

La fin des montres

Un jour, les montres seront inutiles. Dans un siècle, ou quelques décennies, ce bel   univers s’effondrera devant la légèreté d’un être devenu l’esclave chevillé de métaux et de pirate de banques. Il ne saura jamais où il a été transporté. Les sables seront si chauds, et sa chaumière de 850,000$ $ si brûlante, qu’il achètera de  la glace au Pôle-Nord. L’enfant qu’il est ne demandera que de l’eau et de la glace au père Noël.  On aura alors transformé   les feuilles d’orangers, la truite arc-en-ciel, les carrés de jardins et le fruit de la passion en or.

Et cet or inutile éveillera notre petite créature. 

Mais Icare aura mis le feu à ses ailes.

Il n’ira jamais plus loin qu’ici.

C’est lui qui aura le soleil qui fera fondre ses ailes gluées de sa prétention et d’orgueil.

Peut-être que la poésie lui aurait fait comprendre ce qu’est l’amour-propre…

Gaëtan Pelletier

Saint-Pascal, Kamouraska

Le 21 décembre 2020

 Pelletier, Gaëtan

L’ULTIME RETOUR DES BARBARES

Nouveau texte de:

Fethi GHARBI 

 

« Eh bien, oui, proclame Hitler, nous sommes des barbares et nous voulons être des barbares. C’est un titre d’honneur. Nous sommes ceux qui rajeuniront le monde. Le monde actuel est près de sa fin. Notre tâche est de le saccager… »

cité par    Jean-Claude Guillebaud,  La Refondation du monde, 1999, Seuil

 

 

« Invasions barbares » est une expression rejetée depuis quelque temps par les historiens allemands et germanophones. Ces derniers lui préfèrent le terme, moins péjoratif, de Völkerwanderung, qui veut dire « marche des peuples » ou « migration des peuples ». La plupart des historiens anglo-saxons parlent aujourd’hui de « Migration Period » pour évoquer cette longue et douloureuse agonie de l’empire romain. Mais tout est affaire de point de vue me diriez-vous.

 

Goths, Vandales, Suèves, Alains, Huns et  Burgondes avaient formé les premières vagues d’envahisseurs. Mais ce sont les Francs, les Alemans, les Bavarois, les Lambards et les Avars qui avaient eu raison de l’empire non seulement en le morcelant mais surtout en portant un coup fatal à la culture latine et à la civilisation gréco-romaine. C’est ainsi que sous les incessants coups de boutoirs des tribus  germaniques, on assiste à l’effritement  d’un état fort et centralisé. L’apparition de formes quasi-primitives de pouvoir a fini par soumettre l’Europe  pendant des siècles au règne chaotique de la féodalité et de la vassalité.

 

Au XIIIème siècle, les hordes mongoles se ruèrent sur l’ensemble de l’Asie pour envahir ensuite l’Europe de l’Est et l’Europe centrale et finirent par atteindre les Balkans et l’Autriche. De la Chine jusqu’en Hongrie, elles ne laissèrent sur leur passage que ruines et désolation. En 1258, Hulagu Khan, petit-fils de Gengis Khan décida de s’attaquer à l’empire abbasside alors sur le déclin. Bagdad qui demeurait néanmoins la capitale la plus florissante de l’époque comptait environ deux millions d’habitants. Le siège de la ville n’aura duré que trois semaines, à l’issue desquelles, le calife abbasside al-Musta‘sim signa sa reddition pour épargner la population. Mais faisant fi de la parole donnée, Hulagu investit la ville et procéda à un  massacre systématique des bagdadis. Selon certains historiographes, 800000 personnes passèrent au fil de l’épée. On parlait de milliers de savants égorgés. Bayt al-Hikma, la bibliothèque la plus richement dotée au monde, ainsi qu’un nombre impressionnant d’écoles, d’universités, de mosquées, d’hôpitaux disparaîtront, dévorés par les flammes. On rapportait que les eaux du Tigre virèrent au noir, souillées qu’elles étaient par l’encre de dizaines de milliers d’ouvrages jetés dans le fleuve par les barbares venus de la steppe. La destruction de Bagdad sonna ainsi le glas de  la dynastie Abbasside et accéléra la décomposition de l’empire arabo-musulman déjà chancelant. Deux des plus grands empires que l’humanité ait connus, minés par leurs dissensions internes, succombèrent et se désintégrèrent sous les coups répétés et incisifs de tribus plutôt démunies.

               

Ce mouvement cyclique des invasions barbares s’est cependant apaisé à la renaissance. Du moins c’est ce qui transparait à travers les écrits des historiographes européens . Or peut-on douter un seul instant de ce que pensaient les Aztèques et les Mayas des conquistadors, les africains de la traite des noirs ou encore les peuples colonisés piétinés par la maréchaussée française et britannique ?…

 

La barbarie cruelle et dévastatrice n’a en fait jamais disparu sauf à travers les euphémismes hypocrites et les antiphrases trompeuses des envahisseurs. En réalité, la barbarie est un phénomène régressif et redondant qui a toujours ponctué le devenir de l’humanité. A chaque fois qu’une civilisation s’essouffle à cause de ses contradictions internes et qu’elle perçoit l’inanité de son projet, elle prête le flanc aux envahisseurs comme si elle les invitait à lui assener le coup de grâce. L’historien des civilisations,  Arnold Joseph Toynbee n’affirme-t-il pas que les « civilisations meurent de suicide et non par meurtre.»

 

A la Renaissance, La civilisation occidentale produit de la refondation de l’humanisme antique se voulait une élévation de l’homme à la hauteur des anciens dieux. Le cogito de Descartes viendra au 17ème siècle consacrer la transcendance de l’esprit humain et annoncer implicitement les prémices de la mort de dieu. La raison raisonnante s’imposa alors comme puissance transformatrice de l’humanité et de la nature. Cependant, ni l’idéalisme humaniste chrétien  d’Erasme brisé par la violence des guerres de religion, ni les illusions de l’humanisme des Lumières ne purent résister aux aléas de l’histoire. Si l’humanisme a réussi à ébranler le joug de l’Eglise, il a par contre poussé l’égo de l’homo-europeanus à la démesure. Ce dernier, débarrassé de son surmoi se laissera emporter par une frénésie pulsionnelle qui marquera de son sceau toute l’histoire moderne. Ainsi le « JE PENSE » cartésien s’avéra  une exclusivité européenne alors que le reste de l’humanité ne constituait qu’un fragment végétatif d’une  nature bonne à être exploitée jusqu’à la moelle. Cette division du monde en deux humanités distinctes  ne cessera de structurer le rapport au monde de l’Europe et de ses excroissances, au mépris des principes humanistes les plus élémentaires. L’idée d’une infériorité naturelle, essentielle, de l’homme de couleur est si incrustée que le scandaleux  Code noir, ou édit sur la police des esclaves, rédigé par Colbert et promulgué par Louis XIV en1685 (1) laissa indifférents tous ces chantres de l’égalité naturelle qu’étaient les philosophes des Lumières  (2). Le principe de l’abolition de l’esclavage énoncé dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 resta lettre morte. Napoléon Bonaparte n’hésita pas à renforcer la pratique de l’esclavage et à réprimer dans le sang l’insurrection des esclaves  de Saint Domingue.

 

Lors de la conquête fiévreuse du nouveau monde, les pays européens  se livrèrent avec acharnement à la mise en valeur des territoires conquis. L’exigence  d’une main d’œuvre abondante et à bon marché conduisit vers la solution la plus simple et la plus rentable : la traite des noirs. C’est donc la mise en place d’un système économique lucratif qui est à la base de la métamorphose  d’une catégorie d’hommes en « nègres ». Cette déshumanisation d’une partie de l’humanité sera avalisée après coup par l’Eglise romaine apostolique, l’église Anglicane, puis par l’ensemble des mouvements protestants.  Assimilés aux descendants de Cham, les noirs héritèrent de la malédiction qui le poursuivait. Selon le récit biblique, Cham père de Canaan, fils de Noé fut condamné à être « pour ses frères, le dernier des esclaves » pour avoir vu tout nu son propre père. La malédiction de Cham devint alors l’argument fondamental de tous les esclavagistes européens qui n’hésiteront pas à se soumettre à la volonté de dieu.

 

C’est seulement au XIXème siècle que l’argumentaire religieux s’essouffla et céda la place à des justifications de type rationaliste. Une pléiade de philosophes et de penseurs se mettait à l’œuvre pour démontrer la supériorité biologique de l’homme blanc. La déshumanisation s’étendra cette fois-ci à l’ensemble des races non blanches. La vague abolitionniste à la seconde moitié du XIXème siècle s’explique non par une quelconque élévation morale mais par l’apparition d’une nouvelle forme, plus élaborée et plus systématique, de l’exploitation de l’homme par l’homme : le colonialisme. En effet, les deux tiers de la planète furent soumis en un tour de main à l’impérialisme européen et des centaines de millions d’humains se retrouvèrent asservis et déshumanisés au nom d’une prétendue hiérarchie raciale. Le fameux code noir, tombé en désuétude, fut promptement remplacé par un texte tout aussi dégradant : le code de l’indigénat (3). Ainsi La brèche ouverte par l’ancien régime se transforma avec ce nouveau mode d’exploitation en béance divisant irrémédiablement  l’humanité en deux entités irréconciliables. Ce racisme colonial qui dans un élan faussement universaliste voyait dans le colonialisme une prétendue entreprise civilisatrice des races « inférieures », emportait l’adhésion de tous les courants politiques de l’époque. Quelqu’un comme Friedrich Engels trouvait que «… la conquête de l’Algérie était un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation… » (4). Le pas sera toutefois vite franchi vers un racisme plus radical, le racisme différentialiste qui pose les races non blanches comme biologiquement impures, et porteuses de tares transmissibles. Plusieurs auteurs du XIXe siècle, tels que Joseph Arthur Gobineau (1816-1882), George Vacher de Lapouge (1854-1936) et Karl Von Chamberlain (1855-1927), considéraient toute forme de métissage des races comme une atteinte à la pureté des races supérieures. Dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, Gobineau soutenait que l’hybridation des races entrainait inéluctablement la dégénérescence de la race aryenne, l’affaiblissement de ses qualités et ultimement, sa dissolution. Le darwinisme social viendra renforcer ce courant de pensée. Pour le philosophe et sociologue Herbert Spencer (1820-1903),  le mécanisme de la sélection naturelle décrit par Darwin serait totalement applicable au corps social. La lutte pour la vie entre les êtres humains est par conséquent l’état naturel des relations sociales. Les conflits deviennent ainsi la source fondamentale du progrès et de l’amélioration de l’espèce. La concurrence entre les êtres ou groupes humains ne doit aucunement être entravée par une quelconque mesure de protection ou d’assistance. Seule la lutte acharnée pour l’existence est en mesure de favoriser la survie des « plus aptes » et l’élimination des « moins aptes ». Le physiologiste britannique Francis Galton (1822-1911), ira encore plus loin. Pour lui, l’Européen moderne est l’être humain qui possède les meilleures capacités génétiques. Pour les préserver et éviter que le patrimoine génétique humain ne dépérisse, les porteurs de «mauvais» gènes devraient être stérilisés ou empêchés de se reproduire.

Il n’en fallut pas plus pour qu’une bonne partie du monde occidental se trouvât secouée par une folle vague eugéniste. Ce mouvement connut un essor particulièrement rapide aux États-Unis. Dans les premières années du XXème siècle, au nom de lois diverses prétextant entre autres le «déclin de l’intelligence américaine», des dizaines de milliers de citoyens américains asiatiques, noirs, européens du Sud et de l’Est furent stérilisés malgré eux. Le phénomène s’étendra ensuite au Canada, aux pays scandinaves, à la Grande Bretagne, en Suisse et en Allemagne.

 

Faut-il alors prêter foi aujourd’hui à toutes ses âmes sensibles horrifiées par les exactions nazies pendant la deuxième guerre mondiale? Voilà près de soixante-dix ans que l’immense majorité de l’intelligentsia occidentale et de ses crieurs publics ne se lasse point de jouer les vierges effarouchées face aux horreurs commises par Hitler. Or ce dernier n’est ni une exception pathologique ni une parenthèse macabre ayant entaché pour un moment le cours normal de l’histoire, mais la quintessence, l’aboutissement, le produit final de ce mythe fondateur de la modernité occidentale : la barbarie raciste. Les crimes nazis, faut-il le rappeler à tous ceux qui souffrent d’amnésie lacunaire, n’ont rien à envier au génocide des amérindiens et des aborigènes, ni à la traite impitoyable des noirs par les esclavagistes européens ni aux massacres systématiques des « indigènes » révoltés des colonies. Fervent lecteur des Gobineau, Spencer, Chamberlain ou encore Galton, Hitler était avant tout autre chose le disciple d’auteurs racistes français et britanniques. Cependant, à l’inverse du racisme conquérant des adeptes universalistes du « progrès », le racisme nazi, découle du mouvement völkisch (5) apparu en Allemagne à la fin du XIXème siècle; un mouvement que le sentiment de frustration lié à la défaite de 1918 et la crise de 1929 ont renforcé. Ce courant raciste foncièrement anti-juif et anti-slave, ravivant un passé germanique mythique, rêvait d’une expansion continentale, seule en mesure d’offrir un espace viable au génie du volk (6) germanique. Cet espace vital ne souffre aucune promiscuité et se doit d’être purifié des autres volk qui menacent sa vitalité. Toutefois, malgré sa particularité et sa vision romantique réactionnaire, le racisme allemand s’inscrit bien dans la logique raciste européenne ; il en constitue l’étape ultime, celle de l’épuration pure et simple de l’altérité impure. Or ce violent repli identitaire allait paradoxalement fleurir et se concrétiser chez ceux-là même dont les nazis projetaient l’extermination. Hitler doit bien sourire de satisfaction dans sa tombe, lui qui avec la création d’Israël, a certainement réussi ce qu’il a lamentablement raté dans son propre pays : une entité tournée vers un passé mythique, raciste, ségrégationniste et qui depuis soixante-dix ans use de tous les moyens sordides pour épurer son « espace vital » (6). Ce tribalisme nazi et sioniste, signe précurseur de l’échec de l’universalisme libéral, annonce déjà l’éclatement identitaire qui secoue l’humanité en ce début du XXIème siècle.

 

L’extermination de millions de tziganes et de juifs et l’anéantissement monstrueux des habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, toutes ces horreurs n’ont pas réussi à ébranler d’un iota ce mythe abominable. La hiérarchisation raciale qui constitue l’assise économique de la modernité continue malgré tout à hanter l’imaginaire occidental. En effet, la vague des indépendances des années soixante et l’avènement du néo-colonialisme vont favoriser une nouvelle forme de  racisme à tendance «culturaliste». Maintenant, ce ne sont plus les races mais les cultures qui forment des blocs homogènes dont les différences sont incommensurables et irréconciliables. L’altérité se trouve alors dotée d’une « nature culturelle » essentialisée et irrémédiablement figée.  La crise économique qui s’installe depuis les années soixante-dix ne fera qu’attiser ce « racisme sans race » qui rappelle à bien des égards  l’antisémitisme d’antan, mais sous une forme bien plus généralisée. Aujourd’hui, en lieu et place de la culture essentialisée du juif, c’est la culture de l’arabo-musulman ou de l’africain qui se trouve stigmatisée et infériorisée, voire même diabolisée. Ainsi voit-on se développer à travers toute l’Europe un discours de l’exclusion  à l’encontre  des immigrés issus des « anciennes » colonies en les rendant responsables de tous les maux d’une société en crise. Le paradoxe est qu’on n’hésite pas à taxer certains groupes ethniques de communautarisme alors qu’on use de tous les moyens pour les empêcher de s’intégrer. Les émeutes d’octobre 2005 illustrent l’impasse dans laquelle se trou ve empêtré le système politique français qui n’arrête pas de bafouer les valeurs républicaines tout en prétendant les défendre. L’épouvantail de l’islamiste et du musulman confondus, brandi en tout lieu et jeté en pâture aux peuples occidentaux malmenés par les retombés de la crise capitaliste mondiale ne manque pas de nous rappeler le sort réservé aux juifs et aux communistes pendant les années trente en Europe. Mais cette fois-ci, la chasse aux sorcières prend des proportions énormes et couvre depuis plus de vingt ans l’ensemble du monde arabo-musulman.

 

La névrose expansionniste occidentale  atteint aujourd’hui sa culminance  avec son ultime variante idéologique : le choc des civilisations. Les centaines de chaines de télévision wahhabites du Golfe d’un côté et les médias occidentaux de l’autre, obéissant  tous aux ordres du même maître, ne font qu’attiser les haines et asseoir cette thèse si chère au feu Samuel Huntington.  Avec la diabolisation du monde arabo-musulman, il ne s’agit plus de justifier le bien-fondé de l’esclavage ni de défendre les bienfaits de la colonisation mais de légitimer l’épuration pure et simple de toute une civilisation. En effet, le volk anglo-saxon, dans le cadre de son projet euro-atlantique compte  aplanir l’espace allant de l’Europe du nord aux confins de l’Oural. La mondialisation néolibérale a bien besoin d’un espace vital à la hauteur de sa démesure. Tous les volk qui font obstacle seront systématiquement réduits. La tragédie du monde arabe est de se trouver géographiquement et énergétiquement en travers  du chemin de cette vaste entreprise de démolition.

Depuis les années quarante la guerre ne semble plus avoir pour objet la domination  du vaincu mais son extermination. Les horreurs commises par Hitler et par Truman ainsi que  les massacres en Algérie, au Vietnam, à Sabra et Chatila, au Rwanda, à Gaza  pour ne citer que ceux-là, ne sont que la conséquence  directe de ce long processus de déshumanisation qui atteint aujourd’hui sa phase terminale. L’oxymore du « chaos constructeur » est d’une limpidité aveuglante. Pour les néo-conservateurs la guerre devient ainsi synonyme d’éradication. C’est cette logique qui oriente les stratèges américains dans les guerres qu’ils mènent depuis le début des années 90 contre le monde arabe. L’embargo imposé à l’Irak pendant plus de dix ans a fait plus d’un million de morts dont une majorité d’enfants privés de médicaments. L’utilisation intensive de munitions à l’uranium appauvri pendant la première et la deuxième guerre du Golfe a contaminé de manière indélébile le sol irakien et condamné des millions d’irakiens à mourir de leucémie ou par d’autres formes de cancers. Les euphémismes ridicules tels que « guerre propre » ou encore « frappes chirurgicales » cachent piteusement cette stratégie de l’extermination. Or ces empoisonneurs ne se doutaient nullement de ce que le sort leur réservait.  La « guerre à zéro mort » promise par Colin Powell s’avère un gros mensonge lorsqu’après quelques années, un grand nombre de vétérans des guerres du Golfe se trouvent atteint de leucémies, de cancers des ganglions, de perte de poids, de déficiences pulmonaires, sans compter les malformations congénitales dont souffre leur progéniture. Sur les 697 000 soldats américains engagés dans l’opération «Tempête du désert» de 1991, 183 000 touchent aujourd’hui une pension d’invalidité et 10 000 sont décédés des suites de leurs maladies.

                                                                                                                                                          

 Si la première guerre du Golfe n’était pas allée à son terme, c’était simplement pour  apeurer l’Arabie Saoudite et d’autres pays de la région et de les pousser ainsi à solliciter le déploiement de l’armée américaine sur leur sol. L’épouvantail surmédiatisé d’un Saddam Hussein  belliqueux et vindicatif a suffi pour jeter tous ces rois et roitelets dans les bras tendus de l’oncle Sam. Mais c’est la deuxième guerre du Golfe qui allait constituer le vrai champ d’expérimentation du chaos, une avant-première de la tragédie qui secoue aujourd’hui  l’Afrique du nord et le Moyen Orient. Il ne s’agit plus de vaincre une armée ou de renverser un pouvoir ou même d’occuper un pays mais de détruire des états avec toutes leurs institutions et de diviser dans le sang des sociétés en dressant les groupes ethniques et confessionnels les uns contre les autres. Il faut toutefois préciser que cette gigantesque manœuvre de déstabilisation du monde arabe, cyniquement  appelée « printemps arabe » s’inscrit dans une démarche dont les racines remontent bien loin dans le temps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis, jouant sur le sentiment identitaire religieux des Tchétchènes, des Kazakhs, des Ouzbeks, ont réussi à dresser ces peuples contre les communistes athées. Les Américains s’empresseront de prendre le relais. En juillet 1953 alors que la guerre froide battait son plein, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis. Elle est reçue à la Maison-Blanche par le président Dwight Eisenhower. Celui-ci s’adresse à ses invités en ces termes : «notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme». Saïd Ramadan, gendre et successeur de Hassan Al-Banna, fondateur du mouvement des « frères musulmans » faisait partie de la délégation (7). Il sera désormais l’acteur principal de la guerre d’usure menée contre le régime nassérien et contre tous les régimes et courants politiques progressistes du monde arabe. Un prosélytisme religieux tous azimuts s’étendra alors de l’Europe occidentale jusqu’en  Asie centrale, généreusement financé par l’Arabie Saoudite et soutenu par l’ensemble des pays occidentaux.  Des milliards de dollars seront investis dans la création partout dans le monde d’universités théologiques, d’écoles coraniques, de mosquées et d’institutions religieuses de toute sorte qui auront pour rôle d’encadrer les musulmans de l’intérieur ainsi que ceux de la diaspora. Il ne fallut pas plus de vingt ans pour que des couches importantes de la jeunesse arabe et islamique se soient « convertis » à l’intégrisme wahhabite. Les étasuniens n’ont plus que l’embarras du choix pour puiser parmi ses masses fanatisées autant de combattants qu’ils veulent. Des Moudjahidines de tous les coins et recoins du  monde arabe et islamique sont envoyés en Afghanistan combattre les mécréants soviétiques(8). Une armée d’exaltés qui ne coute  presque rien à ses commanditaires a fini après des années d’harcèlement par épuiser une économie soviétique déjà  chancelante et accélérer de la sorte l’implosion de l’URSS. Les occidentaux ne s’arrêteront pas là, ils useront du même stratagème pour provoquer l’implosion de la Yougoslavie. Il faut cependant se rappeler que bien avant l’instrumentalisation des islamistes, l’OTAN a levé dans tous les pays de l’Europe occidentale une armée secrète au nom de Stay-behind (9). Chaque pays avait son propre réseau. Celui de l’Allemagne de l’Ouest par exemple portait le nom de Schwert (glaive en allemand), créé à la fin des années 1940, Il était composé à l’origine d’anciens SS. Le réseau italien Gladio (glaive en italien) recrutait ses membres parmi les organisations fascistes. Il s’agissait pour l’OTAN d’armer, d’entrainer et d’entretenir des groupes armés d’extrême droite connus pour leur haine viscérale du communisme. Ces réseaux étaient constitués de cellules éparpillées sur l’ensemble des territoires des « démocraties » occidentales à l’insu de leurs parlements. A l’origine, ces cellules auraient constitué autant de poches de résistance à une probable invasion soviétique. Mais la montée fulgurante de certains partis de gauche comme par exemple le parti communiste italien allait changer la donne. Il devenait alors impératif de pointer ses armes contre cette menace venue de l’intérieur. D’après l’historien Daniele Ganser (10), L’essentiel des attentats terroristes qui ont ensanglanté l’Europe Occidentale jusqu’à la fin des années quatre-vingt et que l’on attribuait faussement à l’extrême gauche étaient en fait l’œuvre de ces groupuscules fascistes commandés par l’OTAN. L’attentat de la gare de Bologne en 1980 ou encore celui de la fête de la bière de Munich en 1980 sont deux épisodes douloureux d’une longue série d’actions terroristes non revendiquées et non élucidées pour la plupart. Ces crimes abominables commis à l’aveugle contre des concitoyens s’inscrivent selon Ganser dans une « stratégie de la tension » consistant à discréditer l’ennemi en lui imputant des actions terroristes qu’il n’a point commis. L’assassinat de civils innocents, en suscitant la peur et la haine chez le reste de la population finit par diaboliser celui qu’on veut disqualifier ou agresser. Cependant, tous ces attentats sous fausse bannière, en semant la terreur en Europe pendant la guerre froide, n’ont surtout servi qu’à soumettre définitivement la politique européenne aux exigences des Etats-Unis.

                                                                                   

C’est cette stratégie du mensonge et de la manipulation qui a modifié l’art de la guerre depuis plus d’un demi-siècle en érigeant en système le terrorisme d’état. Ayant amplement atteint ses objectifs pendant la guerre froide, la « stratégie de la tension » n’a pas désarmé pour autant. Une fois débarrassés du péril rouge, les états occidentaux s’empresseront dès les années 1990 d’inventer le péril vert. Les impératifs géostratégiques ont besoin plus que jamais de maintenir la « tension ». Voilà que les moudjahidines, applaudis lors de la guerre sovieto-afghane retournent subitement leurs armes contre leurs anciens commanditaires. Vraie révolte ou pure simulation ? Là est la question ! Mais a-t-on vraiment besoin de le savoir ?! Le décor est déjà bel et bien planté et l’ange du mal a vite fait d’entrer en scène. A chaque attentat, hommes politiques et médias, piégés par leur racisme culturaliste, partent en croisade et dans la confusion la plus totale contre l’islamisme, le djihadisme, le salafisme, l’islam… Mais qu’à cela ne tienne, l’amalgame, dans le contexte de cette guerre mondiale qui ne dit pas son nom, devient une arme de destruction massive des esprits. Quelques milliers de mercenaires et de fanatiques qu’on agite d’une télévision à l’autre ont suffi pour scinder le monde en croisés et en sarrasins en moins d’une décennie. L’attentat du 11 septembre viendra alors à point nommé constituer le nœud de l’intrigue. Les preux et très chrétiens marchands d’armes et de pétrole, courroucés par tant de sauvagerie, partent en chasse, décidés d’en finir avec ces hordes barbares de Gog et Magog, tout cela au grand soulagement du bon peuple et au bénéfice de la divine démocratie. Oui, il faut bien s’y résoudre, les guerres d’aujourd’hui ne sont plus celles de la liberté contre l’égalité, deux utopies du siècle précèdent, tombées en désuétude mais celles des intégrismes.

 

Cette guerre mondiale contre le terrorisme qui broie l’Irak et l’Afghanistan depuis une dizaine d’années aura largement suffi à l’incubation du mal qui depuis 2011 explose et embrase  l’ensemble du monde arabe. L’extraordinaire est que l’OTAN et à sa tête les Etats-Unis, en imposant une guerre dissymétrique à l’Irak puis à la Libye a abandonné en toute diligence ces deux pays aux mains de terroristes métamorphosés, je ne sais par quel miracle, en « révolutionnaires ». Qui ne se souvient du spectacle surréaliste du sioniste Bernard-Henri Lévy haranguant en Matamore les islamistes d’Al Qaeda à Benghazi ! On doit au moins reconnaitre au « printemps arabe » d’avoir mis à nu les plans atlantistes : l’instauration du chaos au sein du monde arabe en livrant ce dernier, pieds et poings liés au terrorisme. Faut-il alors continuer à se perdre en vaines conjectures alors que l’OTAN joue à visage découvert ! Les condamnations proférées hypocritement après chaque abomination commise par les intégristes font sourire les plus crédules. Il devient clair aujourd’hui que l’OTAN ne s’est jamais départi de sa « stratégie de la tension ». Le soutien inconditionnel apporté en ce moment aux extrémistes islamistes par l’Occident et par ses vassaux du Golfe porte à croire que les attentats commis par Al Qaeda tout au long des années 1990 n’auraient été que des false flag operations, des crimes ourdis sous faux pavillon servant à légitimer la déstabilisation de tous ces pays qui de l’Afrique du Nord à la mer Caspienne reposent sur d’énormes réserves de gaz et de pétrole. C’est probablement la première fois dans l’histoire  moderne qu’une hyperpuissance opte pour une guerre asymétrique par terroristes interposés, une guerre beaucoup moins couteuse et où toutes les atrocités et tous les coups bas sont permis.

 

Si l’armée secrète de l’OTAN, formée pour l’essentiel de fascistes er d’anciens nazis, avait pour mission de  discréditer la gauche européenne pendant la guerre froide, les extrémistes islamistes ont quant à eux la double mission de diaboliser le monde arabo-musulman aux yeux de l’opinion publique et de  déstabiliser par la violence  les pays qui recomposeront le Nouveau Moyen-Orient. Dans des pays comme la Tunisie ou l’Egypte, la montée au pouvoir des frères musulmans par la voie démocratique servira à démanteler en douce les institutions étatiques et à aplanir ainsi le terrain avant l’entrée en scène des djihadistes. Par contre dans des pays comme la Libye, où l’état est inconsistant, on choisit d’instaurer immédiatement le chaos en détruisant le pouvoir politique et en mettant le pays entre les mains de bandes armées rivales. Dans les deux cas de figure, le délitement de l’Etat par la généralisation de la contrebande et par l’exacerbation des luttes intestines interethniques et interconfessionnelles constitue l’objectif premier du « printemps arabe ». En effet, avec la destruction de l’Etat, la classe politique, les acteurs économiques ainsi que l’ensemble des composants  de la société, dépourvus de garde-fou, finissent toujours par se livrer une lutte à mort dans la confusion la plus totale. Sans nul doute que les promoteurs du nouvel ordre mondial tiennent ainsi à vérifier l’hypothèse de « l’état de nature » si chère à Hobbes, tout en y mettant bien entendu leur grain de sel. Lynchages, viols, lapidations, scènes d’anthropophagie…C’est de loin  plus palpitant que tous ces  western d’antan où de  méchants peau-rouge torturaient à mort de paisibles visages pâles. Mais ce n’était alors que de la fiction. Aujourd’hui, quelques milliers de cabotins sanguinaires, armés jusqu’aux dents, font office de fossoyeurs attitrés d’une civilisation millénaire. Tous ces fanatiques manipulés tentent à travers les horreurs qu’ils commettent d’exclure du présent le monde arabo-musulman  en l’ensevelissant sous les décombres d’une histoire mythique qu’on veut sombre et barbare. A trop vouloir déterrer leur mythe,  ces fous-furieux de Dieu ne font en fait que creuser leur propre tombe et celle de ceux qu’ils combattent, tout cela sous l’œil sadique de l’Empire en construction. Générer la barbarie pour asseoir les bases d’un nouvel  empire, tel est probablement le dernier acte de cette tragédie qui ensanglante  depuis plus de deux siècles la planète. Cet ultime retour de la barbarie est certainement le signe annonciateur d’une civilisation qui s’autodétruit, impuissante face à l’inanité de son projet. La désacralisation des religions séculières plonge depuis quelque temps le monde dans l’incertitude et la confusion la plus totale. En effet, Les idéaux de liberté et d’égalité qui ont tenu en haleine tout le  XXème siècle ne sont plus en mesure d’entretenir l’illusion des lendemains qui chantent promis par la modernité. Ce vide symbolique insupportable ne tardera pas à être comblé par toutes sortes de replis identitaires. Un tel  processus permet dans les situations de troubles et de mutations rapides de verbaliser l’anxiété et même  de l’atténuer en redonnant, grâce à des référents historiques,  territoriaux, culturels ou religieux du sens à ce qui semble ne plus en avoir. C’est dans ce contexte que la machine à remonter le temps s’est mise en branle,  embarquant à son bord   des légions d’intégristes désespérés tentant d’échapper magiquement à l’asphyxie du présent.  Mais une fois radicalisée, cette « proclamation identitaire » s’exacerbe et  aboutit à une polarisation antagoniste où  l’altérité menaçante   devient un danger  imminent qu’il faut immédiatement détruire. C’est cette logique de l’anéantissement de l’autre promue par le nazisme  qui réapparait en ces temps troubles d’une civilisation qui agonise. En effet, à  l’image du mouvement volkisch qui a fait le lit du nazisme en Allemagne, l’intégrisme juif et l’intégrisme islamiste s’accordent  pour ressusciter chacun de son côté sa propre histoire mythique.  Les sionistes en procédant depuis plus d’un demi-siècle à des massacres ponctuels de palestiniens, s’adonnent en quelque sorte à un rite sacrificiel  sensé épurer leur prétendu espace sacré.  Les takfiristes usent de la même violence pour exterminer les apostats, épuration  nécessaire à l’exhumation de leur khalifat mythique.  Il importe toutefois de souligner que bien que s’identifiant aux fondamentalismes religieux, ces obsessions identitaires pathologiques ne sont autres qu’un pur produit d’une modernité aux abois.

 

Les massacres perpétrés par les sionistes à Gaza, déchiquetant jour après jour et sans jamais se lasser les corps de femmes et d’enfants et les horreurs commises par Daech en Syrie et en Irak… une telle violence insensée finit par fissurer l’image que nous avons  de nous-même. Mais Lorsqu’on voit des israéliens exulter de joie sur les réseaux sociaux, savourant en barbares les carnages commis par leur armée et lorsqu’on voit des djihadistes exhiber triomphalement les entrailles de leurs victimes, on finit par comprendre que le processus de déshumanisation entamé depuis des siècles  vient d’être parachevé. La crise identitaire consécutive à la crise de valeurs d’une civilisation qui chavire tombe au bon moment pour  ces Machiavel du néolibéralisme. Incapables de continuer à tirer profit du capitalisme productif et sachant pertinemment que les jours du capitalisme financier sont d’ores et déjà  comptés, ils choisissent de rafler la mise. Si la destruction  des sociétés arabo-musulmanes par la manipulation et l’exacerbation des conflits ethniques et confessionnels bat aujourd’hui son plein, la faillite imminente des états européens risque de plonger de son côté  les peuples d’Europe dans un cycle de violence inouïe. Le chaos constructeur aura ainsi parachevé son œuvre destructrice.

Fethi GHARBI

1) http://fr.wikisource.org/wiki/Code_noir/1685                                    

 2) Laurent Estève : Montesquieu, Rousseau, Diderot : du genre humain au bois d’ébène . Les silences du droit naturel  Ed. Unesco

3) http://inter.culturel.free.fr/textes/indigenat.htm

4) http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1315

5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_v%C3%B6lkisch)

6)  Volk qui signifie peuple en allemand constitue pour le mouvement volkisch un tout unique, une communauté immuable tournée vers un passé mythique que les évolutions de la société dans les années 1860 désorganisent et disloquent. Pour le  mouvement, les agents de division de la nation allemande sont les libéraux et les Juifs fervents défenseurs de l ’universalisme.

7)  Ian Johnson, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident, JC Lattès

8) http://www.youtube.com/watch?v=Osc2o5Vs4Z8&hd=1#

9) http://www.youtube.com/watch?v=Z7LmCs51Z5g&hd=1

10 Daniele Ganser,  Les armées secrètes de l’OTAN , édit. DemiLune

Covidofan

C’est là que veulent aller les zaméricains. Armés, sans doute. De peur de rencontrer un martien aussi malotrus qu’eux. On ne sais pas pourquoi les américains veulent aller sur Mars puisqu’ils ne savent pas aller simplement ici, sur Terre.

Depuis le Covid, tout le monde croit que la vie n’est plus belle comme avant. Errare. Erreur. C’est qu’avant, elle pouvait être laide à souhait à travers les quelques dévergondés qui avaient tout le loisir de la chimifier, nous empoisonner, et nous faire scier à trois heures du matin. Nous étions partis pour la destruction la plus rapide possible dans un monde merveilleux d’écrans raseurs. On disait la vie belle! Elle nous faisait crever.

Le virus nous fait voir jusqu’à quel point nous vivions sur le petit nuage écumant avec des écervelés, conducteurs de précipices. On a seulement ralenti la vitesse vers laquelle nous allions frapper le mur.

Les bullés du cerveau commencent à nous parler de l’après-avant… Les oiseaux de bonheur devraient cesser leur petit chant nasilleur et menteur.

Mauvaise nouvelle: on en a pour une décennie, minium. Et il ne restera qu’un siècle de vie normale. Le reste sera une cacophonie étrange entre le grand point d’interrogation des propriétaires abuseurs et la classe dite moyenne. Peut-être que nous cesserons de dormir sur la belle balançoire de l’avoir. Alors, on finira par comprendre qu’il faut aller vers l’être. et l’être c’est la vie et la Vie. Couper les pays et refaire de petits villages gaulois. Ce sera la seule manière de survivre en une certaine quiétude à ce monde de partouze planétaire.

Je ne demande à personne de « me » croire. Soyez simplement vigilant à ce qui se passe et à ce que vous ne voyez pas ce qui se passe. Nous avons vécu longtemps sur de de l’invisible, de l’intangible, et nous voilà piégé dans le regret du monde d’avant.

Le déni est la plus grande qualité de l’humain. Et nous sommes au cœur de celui-ci. Chacun de nous est une mort à venir. Et la planète mourra ou sera une remis à neuf qui durera des millénaires. Car elle est une vie… matérielle.

Ce qui meure en ce moment est ce qui n’est pas du domaine de la nécessité. C’est le prix que nous payons pour ne pas avoir appliqué cette simple loi avant: vivre avec la mère nature.

Gaëtan Pelletier

Amérique : Le pays de l’illusion – par Chris Hedges

Source : Truthdig, Chris Hedges

Si ce qui se passe dans les salles d’audience du pays pour les pauvres gens de couleur est la justice, ce qui se passe au Sénat est un procès. Si les débâcles sanglantes et les bourbiers sans fin du Moyen-Orient sont des victoires dans la guerre contre le terrorisme, notre armée est la plus grande du monde. Si la surveillance gouvernementale généralisée du public, la révocation des droits de la défense et le fait d’avoir la plus grande population carcérale du monde sont des libertés, nous sommes le pays des hommes libres. Si le président, un escroc inepte, vulgaire et corrompu, est le leader du monde libre, nous sommes un phare pour la démocratie et nos ennemis nous haïssent pour nos valeurs. Si Jésus est venu pour nous rendre riches, pour bénir l’anéantissement des musulmans par notre machine de guerre et pour condamner l’homosexualité et l’avortement, nous sommes une nation chrétienne. Si la formalisation d’un État d’apartheid en Israël est un plan de paix, nous sommes un médiateur international honnête. Si une méritocratie signifie que trois hommes américains ont plus de richesses que les 50 % de la population américaine les plus pauvres, nous sommes la terre des opportunités. Si la torture des victimes d’enlèvement dans les sites clandestins et l’arrachage d’enfants des bras de leurs parents et leur détention dans des entrepôts fétides et surpeuplés, ainsi que le meurtre de citoyens non armés par la police militarisée dans les rues de nos communautés urbaines, sont l’État de droit, nous sommes un exemple de droits de l’homme.

La rhétorique que nous utilisons pour nous décrire est tellement déconnectée de la réalité qu’elle a induit une schizophrénie collective. L’Amérique, telle qu’elle est discutée dans les forums publics par les politiciens, les universitaires et les médias, est un fantasme, un monde « disneyfié » de faux-semblants. Plus la situation s’aggrave, plus on se replie sur des illusions. Plus longtemps nous ne nommerons pas et n’affronterons pas notre déchéance physique et morale, plus les démagogues qui colportent les illusions et les fantasmes se renforceront. Ceux qui reconnaissent la vérité – à commencer par le fait que nous ne sommes plus une démocratie – errent comme des fantômes en marge de la société, vilipendés comme des ennemis de l’espoir. La folie de l’espoir fonctionne comme un anesthésique. L’espoir que Donald Trump modérerait son extrémisme une fois qu’il serait en fonction, l’espoir que les « adultes dans la salle » géreraient la Maison-Blanche, l’espoir que le rapport Mueller verrait Trump disgracié, destitué et démis de ses fonctions, l’espoir que la destitution de Trump en décembre 2019 conduirait à sa condamnation et à son éviction du Sénat, l’espoir qu’il soit battu aux élections de novembre sont des sorties psychologiques de la crise – l’effondrement des institutions démocratiques, y compris la presse, et la corruption des lois, des politiques électorales et des normes par les entreprises qui ont autrefois rendu possible notre démocratie imparfaite.

Le fait d’embrasser l’auto-illusion collective marque les spasmes de mort de toutes les civilisations. Nous sommes en phase terminale. Nous ne savons plus qui nous sommes, ce que nous sommes devenus ni comment les gens de l’extérieur nous voient. Il est plus facile, à court terme, de se replier sur soi-même, de célébrer des vertus et des forces inexistantes et de se complaire dans la sentimentalité et un faux optimisme. Mais en fin de compte, ce repli, colporté par l’industrie de l’espoir, garantit non seulement le despotisme mais, compte tenu de l’urgence climatique, l’extinction.

« Le résultat d’une substitution constante et totale du mensonge à la vérité factuelle n’est pas que le mensonge sera désormais accepté comme la vérité et la vérité diffamée comme un mensonge, mais que le sens par lequel nous prenons nos repères dans le monde réel – et le camp de la vérité contre le mensonge fait partie des moyens mentaux pour atteindre cette fin – est détruit », a écrit Hannah Arendt à propos du totalitarisme.

Cette destruction, qui transcende les divisions politiques, nous amène à placer notre foi dans des systèmes, y compris le processus électoral, qui sont burlesques. Elle détourne notre énergie vers des débats inutiles et une activité politique stérile. Elle nous invite à placer notre foi en la survie de l’espèce humaine dans des élites dirigeantes qui ne feront rien pour arrêter l’écocide. Elle nous fait accepter des explications faciles pour notre situation, qu’il s’agisse de blâmer les Russes pour l’élection de Trump ou de blâmer les travailleurs sans papiers pour notre déclin économique. Nous vivons dans une culture inondée de mensonges, les plus dangereux étant ceux que nous nous disons à nous-mêmes.

Les mensonges sont émotionnellement réconfortants en période de désarroi, même lorsque nous savons qu’il s’agit de mensonges. Plus les choses empirent, plus nous avons envie d’entendre ces mensonges. Mais les cultures qui ne peuvent plus faire face à la réalité, qui ne peuvent pas distinguer le mensonge de la vérité, se replient sur ce que Sigmund Freud appelait les « screen memories » [souvenirs-écrans, NdT], la fusion des faits et de la fiction. Cette fusion détruit les mécanismes qui permettent de percer les auto-illusions. Les intellectuels, les artistes et les dissidents qui tentent de faire face à la réalité et mettent en garde contre l’auto-illusion sont ridiculisés, réduits au silence et diabolisés. Il existe, comme l’a noté Freud dans « Le Malaise dans la civilisation », des sociétés en détresse dont les difficultés « ne céderont devant aucune tentative de réforme ». Mais c’est une vérité trop dure à accepter pour la plupart des gens, surtout les Américains.

L’Amérique, fondée sur les horreurs de l’esclavage, du génocide et de l’exploitation violente de la classe ouvrière, est un pays défini par l’amnésie historique. Le récit historique populaire est une célébration des vertus fictives de la suprématie blanche. L’optimisme sans faille et le plaisir de se délecter des prétendues vertus nationales obscurcissent la vérité. La nuance, la complexité et l’ambiguïté morale, ainsi que l’acceptation de la responsabilité des holocaustes et des génocides perpétrés par les esclavagistes, les colons blancs et les capitalistes, n’ont jamais été à la hauteur du triomphalisme américain. « Les illusions de la force et de la santé éternelles, et de la bonté essentielle des gens – ce sont les illusions d’une nation, les mensonges de générations de mères de pionniers », a écrit F. Scott Fitzgerald.

Mais dans la décadence, ces illusions sont fatales. Les nations puissantes ont le luxe de s’imprégner du mythe, même si les décisions et les politiques basées sur ce mythe infligent des dommages et des souffrances considérables. Mais les nations dont les fondations sont en train de pourrir n’ont que peu de latitude. Les erreurs de calcul qu’elles font, basées sur des fantasmes, accélèrent leur mort.

Joseph Roth est l’un des rares écrivains allemands des années 1930 à avoir compris les conséquences de la montée du fascisme. Dans son essai « L’Autodafé de l’esprit », qui traitait du premier autodafé de livres par les nazis, il conseillait à ses collègues écrivains juifs d’accepter qu’ils avaient été vaincus : « Nous, qui combattions sur la ligne de front, sous la bannière de l’esprit européen, accomplissons le plus noble devoir du guerrier vaincu : concédons notre défaite. »

Roth savait que colporter de faux espoirs à une époque de mal absolu était immoral. Il ne se faisait pas d’illusions sur son propre manque de considération croissant. Il était sur la liste noire de la presse allemande, incapable de publier ses livres en Allemagne et dans son pays natal, l’Autriche, et plongé dans la misère et souvent le désespoir. Il était parfaitement conscient du fait que la plupart des gens, même ses compatriotes juifs, trouvaient plus facile de s’aveugler sur le mal radical, ne serait-ce que pour survivre, plutôt que de nommer et de défier une autorité malveillante et de risquer l’anéantissement.

« À quoi servent mes mots », demandait Roth, « contre les fusils, les haut-parleurs, les assassins, les ministres dérangés, les intervieweurs et les journalistes stupides qui interprètent la voix de cette tour de Babel, de toute façon brouillée, par les tambours de Nuremberg ? »

« Il vous apparaîtra clairement maintenant que nous nous dirigeons vers une grande catastrophe », écrivait Roth, après s’être exilé en France en 1933, à l’auteur Stefan Zweig à propos de la montée en puissance des nazis. « Les barbares ont pris le dessus. Ne vous y trompez pas. L’enfer règne ».

Mais Roth savait aussi que la résistance était une obligation morale, sinon pratique, en temps de mal radical. La défaite était peut-être certaine, mais la dignité et la détermination à vivre dans la vérité exigeaient une réponse. Nous sommes tenus de témoigner, même si une population qui s’illusionne ne veut pas entendre, même si cette vérité rend certaine notre propre marginalisation et peut-être notre disparition.

« Il faut écrire, même si l’on se rend compte que les mots imprimés ne peuvent plus rien améliorer », a expliqué Roth.

Cette bataille contre l’auto-illusion collective est un combat que je crains que nous ne puissions pas gagner. La société américaine est mortellement blessée. Sa corruption morale et physique est irréparable.

L’espoir, le véritable espoir, nomme l’amère réalité qui est devant nous. Mais il refuse de succomber, malgré la morosité, au désespoir. Il interpelle un univers indifférent par chaque acte accompli pour nommer, paralyser et détruire le pouvoir des entreprises. Il se moque de la défaite certaine. Que nous puissions réussir ou non est sans importance. Nous ne pouvons pas toujours choisir comment nous allons vivre. Mais nous pouvons choisir comment nous allons mourir. La victoire, c’est s’accrocher à notre autonomie morale. La victoire, c’est exiger, à n’importe quel prix, la justice. La victoire, c’est dire les vérités que les élites dirigeantes cherchent à faire taire. Une telle vie vaut la peine d’être vécue. Et en temps de malheur radical, ces vies – points de lumière ironiques, comme l’a écrit W.H. Auden – ne donnent pas seulement de l’espoir, mais aussi la puissance du sacré.

Source : Truthdig, Chris Hedges

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

La chanson de l’avion moqueur

Un avion à hydrogène dans quinze ans pour voler sans polluer ...

L’oiseau à hydrogène pour 2035. Photo: Airbus

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On s’ennuie tellement du voyaging et de ses revenus pour capitalistes en chaleur que – la larme à l’oeil – on voudrait ressouder la période de l’avant Covid avec un petit air de « respect de la pollution ». Bref, un produit propre. Les salauds ne font pas toujours des produits propres. Les salauds font de l’argent pour les salauds. Encore un avenir tout beau, scintillant, avec promesse de voyages silencieux et , snif!, proprets à saveur environnementaliste.

Il y aura des taudis en Amérique du Sud, en Inde, en Afrique, peu importe. Un avion soi-disant propre construit avec des matériaux les moins chers possibles, ce qui signifie toujours une négritude lointaine et des noirs de toutes les couleurs, pourvu qu’ils soient pauvres.

C’est la rengaine jaunâtre du monde des technocrates, industriels globalistes, visionnaires machiavéliques, supposément créatifs et tassés vers la foi d’une civilisation bâtie sur la réussite technologique. Les mégalomanes sont prêts à racler le fond de la terre pour dénicher les précieux métaux et faire fondre l’humanité entière dans des débris  dispersés ou enterrés … dans des endroits pauvre.

Pour ceux qui fiévraient à la pensée de visiter de beaux pays chauds, il n’aura nul besoin de prendre l’avion: il suffira d’attendre les canicules après la fonte des réserves de glace, le démantèlement de la structure terrestre qui servait à réguler le climat, tout sera à l’envers. Tout l’est déjà. Il suffit de planter des politiciens farfelus et d’une intelligence autoproclamée pour achever l’horrible désordre qui découd la fine laine de l’humanité.

Les envahisseurs

Au milieu du siècle précédent,  on a craint d’être attaqués par des E.T. , des créatures laides, odieuses, méchantes, ignorantes de la beauté,  mais surtout  de la surprenante  émotion humaine. Que non! Autre scénario. La Terre est victime d’un envahisseur: un groupe de scientifiques malhabiles qui détruisent la planète.

La morte viene dallo spazio  ( Le danger vient de l’espace)

Un cinéma fossile  de 1958.

C’est bientôt l’heure zéro au Cap Shark. L’Union Soviétique et les États-Unis ont allié leurs connaissances scientifiques pour mettre au point un programme spatial : un homme va, pour la première fois, être propulsé vers la Lune… C’est le début de l’ère interplanétaire. Mais lors de la phase de transfert de la Terre vers la Lune la mission échoue, la fusée devient incontrôlable et la cabine est éjectée et revient sur Terre : le scientifique qui était à bord est sauf.

La fusée poursuit seule son voyage et son moteur nucléaire explose près de la ceinture d’astéroïdes. Un gros astéroïde détourné de sa trajectoire par l’explosion se dirige droit vers la Terre. Toutes les nations joignent leurs forces et envoient dans l’espace un barrage de missiles nucléaires. WiKipedia 

Description de cette image, également commentée ci-après

Les anciens scénarios étaient radicaux et expéditifs. Bang! Mais nous voilà aujourd’hui ( 2020) dans un autre scénario qui laisse à tous les humains le temps de faire son testament pour « donner ses dettes ». La Covid-19 a mis sur la paille un nombre alarmant de ces représentants de » l’industrie touristique »: hôtel, restaurants, cafés, spectacles, et les petits aspirants au vedettarisme (sic), en plus des stand-up comiques,  une industrie à brasser les rates. Tous à quêter le gouvernement pour perte. En jérémiades, oubliant que le gouvernement c’est aussi Gisèle la caissière du supermarché.

Le déraciné de la Nature qui vit dans ses boîtelettes (sic)  de 3 mètres carrés est devenu une machine à rêver dans un monde de cauchemars. On pense trimer dur pour sauver ce monde alors que l’on ne sauve que les riches et les mégalomanes qui s’autoproclament visionnaires. Les fomenteurs d’illusions sont légion.

L’oiseau moqueur, c’est cet  écervelé agité qui ne voit pas plus loin que son nombre. Car, il est connu comme nous sommes devenus des chiffrés. On ne déchiffre plus, on chiffre.  Ils plantent tous des fleurs dans le désert. Et toute cette technocratie digne des prévisions des années 30 – de l’autre siècle – est devenue les sorcier d’une tribu gadgettée à souhait.

L’avoir est une drogue si puissante qu’elle est en train de massacrer l’être dans sa spiritualité profonde d’un monde toujours mal connu qui est celui de la présence de l’humain en ce bas-monde.

Faites comme le professeur de la Casa de Papel   Trouvez l’envahisseur dans la chanson issue de la guerre 39-45 de la résistance.

Bella Ciao 

Mi sono alzato
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao
Questa mattina mi sono alzato
E ho trovato l’invasor
O partigiano, portami via
O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao
O partigiano, portami via
Ché mi sento di morir

Bella Ciao, ce pourrait  être, dans une version plus élargie,  la belle planète sur laquelle nous vivons.

Gaëtan Pelletier, 2020

Interdiction de produire en partie ou en totalité sans le consentement de l’auteur.

Le cochon scribe

Bosch Le cochon scribe

La classe des scribes formait la base de l’administration de l’État et c’est chez elle que se recrutait l’élite intellectuelle du pays [l’Égypte] (M.-A. HusseinLes Orig. du livre du papyrus au codex, trad. par R. Savoie, 1971, p. 13). Caen 

***

Les scribes politiques écrivent avec leur nombril et leur innocence patentée la grande noirceur des États qui définissent les mots, généralement pour les adoucir. On parlait jadis de « ressources humaines ». On a gommé le mot humain pour modifier la formule: « capital humain ».  Le « dépromu » au rang de la monnaie fait maintenant partie de l’échiquier mondialiste des trafiquants d’esclaves assujettis au monde du travail mondialisé. On peut vivre au Canada et manger de la saucisse de Hongrie. Question de coûts de main-d’oeuvre et de tout un arsenal de causes invisibles et volontairement cultivées pour faire de la Terre une boulette achetable. Mais le prix à payer est que les éleveurs de saucisses crèvent de faim dans leur « propre » pays.

Le lièvre et la torture 

Ce n’est pas une fable, c’est la direction de l’Humanité vers une cible implacable de la disparition et d’une Shoah planétaire: car le lièvre des affaires, dans son pouvoir et sa rapidité rend tout à fait risible le ventriloque politique pris au sérieux par ceux qui malheureusement n’ont rien compris. Le lièvre est efficace et électronique, le politique, même avec des élections aux six mois n’arriverait pas à « changer le monde ». Une illusion optique épileptique… On vit dans une toile de  Bosch Bush Boss, avec ses bizarreries en apparence anodines et sans significations, avec ses monstres maquillés et lustrés de titres. Mais on votera… À chacun son joujou de la finance. À chacun son animalcule ou son ensemble de groupies sniffant leur ligne de parti.

La torture de la grimace démocratique dure et perdure sans qu’il n’y ait aucune victime. C’est le mensonge dutemps…  « L’éternité c’est long, surtout vers la fin« , disait Woody Allen. La torture, elle, semble ne pas avoir de fin. On dirait qu’elle s’affine au fil des décennies. On dirait qu’elle s’aiguise au  point d’être une aiguille invisible.

L’accord parfait 

Il fut un temps durant lequel les humains étaient des sujets. Puis ils devinrent des verbes. Puis lentement des compléments d’objets directs ou indirects. De sorte que l’on se retrouve avec une phrase parfaite: sujet, verbe, complément. Mais le sujet et perdu, le verbe inutile. Il reste le complément. Dans les grandes phrase sociétaires il n’a plus d’action. C’est un homme-outil. Pas plus important qu’une tronçonneuse ou qu’un tourne-vices. Pourvu qu’ils soit « qualifié ». en éducation, c’est la compétence. Pour le savoir, vous devez être ignorant. Même dans le grand Canyon des formules préfabriquées et solennelles larguées par les sociétés.

Maintenant, l’ignorance a plus d’importance que le savoir réel. La prise de conscience… Et pis encore: le verbe est mort écrasé sous la machine à sous sautillante qui valse et danse dans l’arrière  scène qui rappelant  les premières images de cinéma: plus d’ombre que de lumière.

Le petit tableau des scribes 

C’est comme les tableaux de Bosch: on a les humains qui se tortillent dans cet enfer, suant dans une cale de Titanic, aplatis par le stress, et retroussés par la gente pharmaceutique et ses poisons lents. On a les autres, victimes des gurus de la finance, totalement déphasés, un cochon qui vous embrasse aux quatre ans, et qui vous murmure à l’oreille, habillé en bonne sœur, que tout va bien.

Pile ou face 

Puis dans la cuisse une pile connectée au cerveau: cadmium, mercure, plomb, lithium. En France seulement, on doit consommer environ 1 milliard de piles par an. 2% de recyclables seulement.  Imaginez le nombre de piles fabriquées en Chine qui parcourent le monde! Imaginez les armes désuètes, les pays saccagés, la faim, la soif, la misère.  Le travailleur est une pile que l’on jette après usage. Tout ça fait partie de la mécanisation du ramassage des richesses glanées par les systèmes sophistiquées d’une mafia mondiale. Les stratèges du « scribisme » ont étendu leur pouvoir jusqu’à ce que l’être humain n’ait plus de visage: il est masqué et étouffé dans le masque de fer. Puis il devient ce persona  théâtral sans visage.

La vie de par les institutions invisibles ne sera plus possible à l’avenir. Si elle devient possible de par notre passivité, nous ne seront qu’une toile Bosch dont personne n’aura compris le sens. Puisqu’il n’y aura plus personne pour la regarder….

Gaëtan Pelletier

Dr Trump et la planète Mars

COVID-19: News from the world's trade unions [LabourStart]

 

DONNER ET PRENDRE

Il était une fois un homme qui possédait une vallée pleine d’aiguilles. Un jour, la mère de Jésus vint le voir, lui disant : « Ami, le vêtement de mon fils est déchiré, il faut absolument que je le lui raccommode avant qu’il n’aille au temple. Ne voudrais-tu pas me donner une aiguille ? »
Il ne lui donna point d’aiguille, mais il lui tint un érudit discours sur Donner et Prendre pour le rapporter à son fils, avant qu’il n’aille au temple.

Khalil Gibran, Enfants du prophète

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On ne parle plus d’aller sur Mars. Et pourtant le prix du carburant n’a jamais été aussi bas. Et le ciel aussi clair… Peut-être auront nous un air neuf à respirer pendant l’été. Selon le Dr Trump, la chaleur va tuer le virus. Il faut entre 60 et 70 degrés pour « nettoyer » un masque de  style N-95. Pourtant, on allait y parvenir, à force de brûler tout ce qui se brûle…Même les humains. La surchauffe planétaire et sa destruction par délire de consumérisme nous laissait indifférents. Pourvu que ça rapporte… Au fond, on se foutait bien du vivant: tout se marchandise. Aujourd’hui, c’est l’eau et l’air. Il y a une nouvelle négritude qui s’est fondée sur l’endettement et les croisiéristes en format Titanic et sur lesquels s’est embarqué une créature Alien- Le 8 ème passager. Nul n’est à l’abris du grand bal des étourdis.

Je pense avoir compris que le Dr No (1)., grand fabulateur, génie autoproclamé négocie avec tout ce qui peut se négocier. En autant qu’il demeure avec sont titre de roi du « monde ».

Il fallait une infime  créature aussi tenace qu’un virus pour se rendre compte de la fragilité de nos richesses fabriquées de dettes et de dettes pour nous distancer encore plus et  faire de nous des Robinson Crusoë. On disait que personne n’est une île. On est en train d’en devenir une avec notre petit arbre planté sur le gazon en guise de décoration et notre peuple de distancés sociaux qui se promènent l’air égaré, courant les parcs pour respirer un peu.    Notre petit Noël d’été?  Il viendra, pour sûr. Ou presque.  Être sûr ne semble plus certain.  Il y a maintenant plus de doutes que d’étoiles dans le ciel, comme disait l’amérindien  qui lui, voyait arriver pour fonder  13 colonies, des marées de prédateurs qui posaient des barrières incompréhensible pour celui-ci. Tout était géant. À quoi bon poser des barrières.

Le tsunami 

Mais attendez la seconde et troisième vague. Nous devrons nous vêtir de costumes de scaphandriers pour affronter le voisin. Là, on se croira sur Mars.

La pandémie de grippe espagnole a tué de 20 à 50 millions de personnes dans le monde, dont 50 000 au Canada. Elle a pris son temps. Elle a tué en trois vagues avant de disparaître pour de bon, en 1920.

La première vague, au printemps 1918, a été relativement faible. La deuxième, l’automne suivant, a été dévastatrice. Le virus avait muté ; il était plus virulent. Il tuait des vieillards, des enfants, mais aussi de jeunes adultes en 24 heures. Isabelle Hachey, La Presse

Ici, au Québec,  le slogan est celui-ci: Ça va bien aller. Et voici l’image que l’on retrouve sur les vitres des fenêtres des maisons. C’est une sorte d’arc-en-ciel qui n’est pas sans rappeler la crise économique américaine ( étasunienne) qui a frappé l’Oncle Sam dans les années 1883-1897.  Ce petit dessin d’enfant ressemble étrangement à l’idée du  roman Le magicien d’Oz  et la chanson Over the Rainbow  ( l’arc-en-ciel L’espoir d’un monde plus clément après un orage ( snif).

Pourquoi Ça va bien aller !!! - Cité Boomers

Vu que nous sommes habitués à la vitesse d’exécution on se rendra malheureusement compte que la nature n’est pas à la même vitesse que les industries chinoises et la matière grisée  du Dr No.  On a tellement investi dans l’armement et dans… l’investissement que les pauvres travailleurs partiront en premier. On pourrait bien passer aux robots, mais un robot ne consomme pas.  Il est déjà habillé de métal et bien circuité pour être qualifié d’intelligent.

On a souvent parlé de « guerre mondiale » les guerres du 20ième  siècle. Celui dans lequel nous vivons pourrait être une guerre de la nature contre l’Homme. À force de la dédaigner ,de la massacrer, les virus sont des armes encore plus invisibles que le F-35.

Et Mars? On aura au moins tous les costumes… Car une infirmière a dû désinfecter ses souliers après avoir trouvé des traces de la Covid-19 sur ceux-ci. Le saut en parachute et la F-1 sont sans doutes des sports dangereux… Mais attendez quelques mois et vous verrez que le shopping fera de nous des sportifs quand viendra le moment  de se vêtir et de se nourrir.

Il y a trop de  martiens  parmi nous… Et ils ont été élus.

La prochaine fois, élisons des humains…

C’est bien d’aller sur Mars, mais il faudrait avant tout apprendre à vivre ICI et devenir un plus humbles devant la beauté de cette création. On avait tout. À force de vouloir jouer à « dieu », on a raté un monde qui sur l’échelle de temps de la création d’une planète, l’histoire de la créature humaine est représentée en quelques minutes….. 4,5 milliards d’années et un siècle à peine pour tout détruire. Comme dirait le Général  Trump:  » On est vraiment efficaces ».

On devra désormais tenter un nouveau jeu: jouer à l’humain. Ce n’est pas le travail qui manque… Mais le temps.

1- « M », y envoie l’agent spécial 007 James Bond pour enquêter. Celui-ci va devoir affronter le SPECTRE, une organisation qui vise à dominer le monde, personnifiée par le « Dr. No ». James Bond 007 contre Dr No

Gaëtan Pelletier

 

 

 

Le pape, Président des États-Unis

Tirer un missile de 70,000$ pour aller tuer quelques pauvres gens qui ne gagnent qu’un dollar par jour. Voilà les étasuniens qui se cherchent un nouveau président. Il n’y a rien de nouveau aux États-Unis. C’est le règnes de marchandeurs, violeurs de leur propre peuple. Le scénario ressemble étrangement à celui des années 30 en Allemagne. Tordre l’avoir du citoyen pour s’offrir une armée dont le budget est quasi équivalent à celui de toutes les armées du monde. 738 milliards de dollars. 

Il est difficile de qualifier de « budget » une telle somme. C’est une extorsion de citoyens qui vivent dans le plus énorme nombril de la Terre. Tuer au lieu de nourrir… Une tradition d’un pays qui depuis la dernière guerre mondiale n’a pas fait mieux pour son « économie » que de produire des armes. Vieillottes, elles s’en iront dans les cimetières, dont le plus grand est en Arizona. 
Dans la course présidentielle, on retrouvera un démocrate bien moins rutilant que le toupeté Mister Trompe. Non. Et peu importe qui sera élu car le caractère singulier et forgé de « l’américanisme » est bien plus difficile à défaire qu’on pourrait le croire. Au fil des dernières décennies la masse s’est pratiquement habituée à une propagande sournoise bien mastiqué au point de ne voir rien d’autre que leur ombilic désormais cicatrisé.
Peu importe ce qu’il adviendra de Trump qui chante chaque matin son chant du coq sur tweeter, la « culture » américaine est cicatrisée.
Alors, ne rêvons pas trop. Car même si on plaçait le pape François ( Jorge Mario Bergoglio) à la tête de ce pays il serait condamné à s’incruster dans cette chaufferie matérialiste qui brûle les anges pour en faire du compost de diables.

Gaëtan Pelletier
24 février 2020

Le tueur de forêts

Trump: l’homme qui mord

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Il n’est pas surprenant que le Président des États-Unis d’Amérique nous offre un chien en guise de héros. Ce cerveau gélatiné – mais de qui donc je parle- n’a que le mot qui lui vient en bouche… ou en gueule suite à l’assassinat d’ Abou Bakr al-Baghdadi  lui-même traité de chien. On en conviendra, le chef (sic) de l’armée des États-Unis a un vocabulaire étendu et élégant.

C’est le représentant du pays…

La démocratie étasunienne est fondée sur l’élitisme « blanche » qui règne depuis plusieurs décennies sous cette horde de barbare odieux qui fait honte à la race humaine.  Ce représentant de l’inhumanité n’a donc rien à faire que de se pavaner et discourir comme si la Terre était un bar ouvert?

Qu’apporte donc cette race cruelle au bonheur de l’humanité? Il semble qu’il faudra attendre le grand déluge de feu pour éteindre un climatosceptique dont la seule classe est…dirigeante. La Vie a été suffisamment intelligente pour transformer en poussière qui ce qui est vivant. Elle n’a pas pris de risques. On peut donc respirer un peu…

Pour le reste, ce pays, sans trop le savoir, est devenu un nazisme rose qui a  eut « l’intelligence » de parceller leurs crimes sur une période suffisamment longue pour que les peuples oublient ce qui se passe en ce moment et pour caviarder leur bilan dans l’histoire de l’humanité.

Gaëtan Pelletier