Archives quotidiennes : 22-mai-2013

JACQUES PARIZEAU DE LA RHÉTORIQUE AU SOPHISME

 

PARIZEAU

Texte de Robert Bibeau:

 

L’ex-premier-ministre péquiste (1994-1996), maître Jacques Parizeau, économiste de sa profession, s’est commis d’un article sur l’endettement de l’État québécois qui serait, selon lui, largement dramatisé. L’éminent économiste héros et héraut de la mouvance indépendantiste prétend que la situation des finances publiques québécoises situe la province au milieu du peloton des pays de l’OCDE, et donc que rien n’est à craindre de plus que ce qui devrait effrayer tous les autres pays surendettés [http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378283/ne-surdramatisons-pas-notre-endettement].

Sitôt l’article publié un groupie s’est réjoui qu’un grand oligarque l’ait ainsi apaisé; la Grèce en faillite, trois fois plus endettée que le Québec en sursis, c’est rassurant pour ce fan. Tout va très bien, Madame la marquise. Maître Parizeau sur son arbre perché – tenant en son bec un livre de comptabilité – enseignait les concepts et les conventions comptables les plus indiqués pour dissimuler un bilan financier déglingué.

L’expert économiste, du temps de son passage aux finances publiques, n’avait-il pas ainsi semoncé un milliardaire : « Une entreprise qui paie l’impôt devrait changer de comptable », résumant ainsi la pensée du financier. Aujourd’hui, le docte professeur en rajoute : « Un pays qui a une dette insoutenable devrait changer de convention comptable ». Et la crise systémique du capitalisme? Balayée sous le tapis répond l’ami repenti! Vous cherchez l’huissier à la porte de l’Assemblée nationale? Ne cherchez plus, Jacques vient de le renvoyer manu militari!

L’argumentaire de Monsieur Parizeau tient en ceci : Afin de faire paraître plus svelte la dette souveraine d’un Québec qu’il souhaite « indépendant », il suffit de changer de convention comptable et plutôt que d’afficher la dette québécoise selon le concept de la «dette brute», ou encore selon le concept de la «dette nette», il propose plutôt de la calculer et de l’afficher selon le concept de la «somme des déficits cumulés». Si en plus, le gouvernement évite comme le font les États-Unis d’utiliser la norme comptable sévère de l’IFRS (International Financial Reporting Standards) et adopte la convention comptable étatsunienne – plus accommodante – pour le calcul des revenus, des dépenses, des avoirs et des amortissements, il parvient – sur papier du moins – à réduire la dette publique de 117 % à «seulement» 65 % du PIB «national» québécois. Et cela, sans avoir remboursé un sou.

Ce type de fumisterie financière ne sert qu’à distraire la galerie populaire et n’est d’aucune utilité quand vient le temps de confronter les banquiers comme vous serez à même de le constater.

Le cœur de la manœuvre «parizienne » consiste à effectuer une double soustraction à la dette souveraine québécoise. Maître Parizeau soustrait d’abord la valeur des actifs financiers du gouvernement (impôt en souffrance, obligations remboursées pendant l’année, placements des sociétés d’État, prêts aux étudiants, etc.), ce qui lui donne la dette nette du Québec; de laquelle il retranche les actifs non financiers (immeubles, barrages, centrale thermique, lignes de haute tension, traversiers, usines des sociétés d’État, etc.). C’est ainsi qu’un économiste «fait disparaître» 52 % de la dette provinciale sans rembourser un sou aux créanciers. La dette provinciale totale est toujours d’environ 255 milliards de dollars, mais son pourcentage en proportion du PIB « national » est radicalement réduit. C’est ainsi que comme en Grèce et à Chypre on prolonge l’agonie d’un système d’économie politique en faillite [http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise].

Le professeur de conclure :

« (…) dans l’hypothèse où le Québec serait un pays, aujourd’hui, sa dette serait de 65 % du PIB. Ce serait tout à fait gérable. Et si on compare la dette totale du Québec à celle des pays industrialisés, en se servant de la méthode de l’OCDE, on constate qu’elle est (en % du PIB) plus élevée que celle du Canada, mais moins élevée que celle de la moyenne des pays de l’OCDE.» (1).

Le Québec est donc toujours aussi endetté et sur le bord du gouffre financier, mais pas davantage que les autres pays cotisants à l’OCDE, tous menacés de faillite et de défaut de paiement. Quand on veut son «pays» à tout prix, toute supercherie est comme un gri-gri contre la pluie, anesthésiant.

Pas facile de trouver l’erreur n’est-ce pas? La base de l’argument du professeur Parizeau tient dans cet énoncé :

«Tous les montants que j’ai mentionnés jusqu’à maintenant sont établis sur la base de la dette brute, c’est-à-dire qu’on ne tient pas compte des actifs. C’est à peu près comme si un individu, se présentant à sa banque pour établir son bilan financier, déclarait sa dette sur cartes de crédit et son hypothèque, mais pas le montant de ses dépôts bancaires ni l’évaluation de sa maison.» (2).

Appliquons le procédé ici suggéré à l’analyse de la crise des «surprimes» américaine de 2008. Début des années 2000, des millions de travailleurs-producteurs étatsuniens s’achètent une maison à crédit. Après quelques années de paiement, chacun de ces travailleurs-consommateurs fait son bilan financier chez son banquier. Comme maître Parizeau le suggère, ils alignent d’un côté leur paiement hypothécaire, les taxes, les coûts d’énergie, les paiements sur l’automobile, les dépenses hebdomadaires et la dette hypothécaire globale restante, ainsi que les dettes sur cartes de crédit. De l’autre côté, ils alignent leurs revenus familiaux, leurs avoirs financiers, l’évaluation de leur maison et même la valeur du mobilier et la valeur résiduelle des automobiles.

Voilà le bilan financier suggéré par l’économiste Jacques Parizeau. Mais catastrophe, pour des millions de propriétaires américains, malgré la valeur en hausse de leur résidence surévaluée, les paiements à rencontrer s’avèrent si élevés qu’un emprunt supplémentaire s’impose. Cette fois non pas pour payer l’hypothèque, mais pour payer l’épicerie, comme disait l’ex-ministre des Finances Jacques Parizeau, du temps qu’il négociait avec les syndicats de la fonction publique québécoise.

En fait, un nouvel emprunt pour payer l’essence, la nourriture, les vêtements, l’entretien de l’auto ou les sorties du week-end. Que s’est-il donc passé depuis la dernière négociation de l’hypothèque? La spéculation et l’inflation ont fait augmenter le prix des maisons, mais en contrepartie, aussi celui de chaque poste budgétaire ainsi que le taux d’intérêt à payer sur l’hypothèque. Le chômage croissant laisse peu d’espoir que le travailleur-propriétaire fasse des heures supplémentaires ou qu’il se décroche un deuxième emploi. C’est la faillite, le dépôt de bilan personnel. Le banquier ne cherche pas à savoir si la dette de l’ouvrier-propriétaire équivaut à 117% ou «seulement » à 65% de son revenu personnel. Le banquier fait un calcul de solvabilité – il évalue le risque encouru s’il continue à prêter à ce paumé – et il jauge la probabilité de recevoir son loyer sur l’argent octroyé.

Ainsi, en l’année 2008, à la suite d’une légère hausse des taux hypothécaires américains, des centaines de milliers de résidants-travailleurs-emprunteurs étatsuniens ont été saisis, dépouillés de leur maison, jetés à la rue. Pourtant, tous ces gens étaient endettés dans des proportions respectant la moyenne américaine. Ce constat n’a pas suffi à rasséréner les banquiers. Les résidences ont été saisies par millions. En l’espace d’environ deux ans, leur valeur a chuté drastiquement, tout bêtement parce que des millions de maisons à vendre et très peu de clients pour acheter font chuter l’évaluation municipale et s’effondrer le marché immobilier. Des centaines de milliers de ces foyers ont été tout simplement démolis plutôt que d’être remis à leurs propriétaires insolvables.

La construction immobilière s’est effondrée, la consommation des travailleurs s’est effondrée, l’économie américaine est entrée en récession. Moins d’emplois et donc moins de revenus et donc moins de crédit et donc moins de consommation, la spirale infernale ne s’arrêtait plus, entraînant une nouvelle chute de la production et donc moins d’emplois et de nouveaux ouvriers chômeurs incapables de rembourser leur dette.

Il en va de même pour les actifs d’Hydro-Québec et de toute société d’État. Les barrages appartenant à Hydro ont effectivement une valeur qui résulte de deux facteurs; premier facteur, la quantité de travail qui a été requise pour construire ce barrage (moyens de production et travail salarié); ainsi que la plus-value produite par les travailleurs pendant la construction et accaparée par l’entreprise, peu importe que ce soit une entreprise d’État ou une compagnie privée.

Mais pour que cette « valeur », du barrage Manic 5 par exemple, puisse se réaliser, Hydro-Québec doit vendre l’électricité produite et à un prix suffisant pour compenser les salaires payés et la plus-value expropriée. Et c’est le deuxième facteur, si Hydro-Québec ne parvient plus à vendre l’électricité, alors les barrages de l’Hydro n’ont plus aucune valeur marchande, car ils n’ont plus de valeur d’usage. Certains barrages au Québec ont ainsi perdu leur valeur marchande et ils ont été abandonnés.

C’est la raison pour laquelle on ne comptabilise pas la valeur des actifs immobiliers dans le calcul de la dette gouvernementale, car cette valeur est déjà incluse sous forme d’amortissement annuel dans la comptabilité de la Société immobilière du Québec et de l’Hydro et dans les dividendes que la société d’État verse annuellement au gouvernement (environ 2 milliards de dollars en 2011) [http://affaires.lapresse .ca/economie/energie-etressources/2011 03/23/01-4382348-les-profits-dhydro-quebec-en-baisse-le-dividende-aussi.php ].

Autrement dit, pour établir la cote de crédit d’un particulier ou d’un «pays» et donc leur taux d’emprunt respectif, ce qu’un banquier et une agence de notation (Standards and Poor, Moody’s) apprécient ce n’est pas la valeur comptable de chaque emprunteur, mais sa capacité de rembourser – donc ses revenus et ses liquidités. Dans ce cas, le niveau d’endettement brut de l’emprunteur est le vecteur le plus révélateur de cette capacité ou de cette incapacité (Chypre, Grèce, Québec, etc.).

Voilà pourquoi le ministre des Finances Nicolas Marceau grappille dans les poches des travailleurs, coupe dans les dépenses de fait dans les services gouvernementaux, hausse les taxes et les impôts, gonfle la facture d’électricité, etc.. Il lui faut augmenter ses capacités de rembourser les financiers sur le dos des travailleurs et un gouvernement d’un Québec soi-disant «indépendant» devrait en faire autant.

Il n’y a rien de rassurant au fait de constater que le Québec est endetté à peu près autant que tous les autres pays d’Occident qui se dirigent tous allègrement vers leur dépôt de bilan. Évidemment, on répliquera qu’un État ne peut faillir. C’est pourtant faux. Quand en 1924 le gouvernement allemand a dévalué radicalement l’ancien mark, il a fait faillite et il a rebâti son économie sur de nouvelles bases comprenant un nouveau mark allemand. Sauf que des millions de travailleurs germaniques ont ainsi tout perdu, et leurs économies et leur caisse de retraite et parfois leur foyer dans ce coup fourré. À l’identique, quand l’Union soviétique s’est écroulée, des millions de travailleurs des différentes républiques se sont retrouvés sans épargne, sans le sou, sans caisse de retraite avec le défi de rebâtir leur vie à partir de rien, souvent sans emploi et sans secours public, peu importe qu’ils aient 20, 40 ou 70 ans.

Le gouvernement de Barak Obama jongle présentement avec cette éventualité. La banque centrale européenne songe également à cette échappatoire, alors que la récession écrase l’économie des pays de l’Union européenne et des États-Unis. Alors songer un peu à la futilité de ce cri d’étourdi de l’ex-ministre des finances du Québec :

« Il n’y a pas de crise financière (!) Il faut cesser de se faire peur et se débarrasser de cette hantise comptable qui paralyse. Il faut aborder de front les vrais problèmes économiques du Québec : sa croissance économique trop lente, la sérieuse détérioration de sa balance des échanges extérieurs, la faible productivité d’un trop grand nombre de ses entreprises (souligné par nous NDLR), les insuffisances de la formation professionnelle et technique» (3).

Le Québec, qu’il se retrouve ou non en dehors de la fédération canadienne, n’a pas la capacité d’influer puissamment sur le cours de l’économie mondiale et il subit, et subira – sous ce système d’économie politique – les contrecoups des grandes décisions financières, boursières, monétaires, industrielles et militaires qui se prennent ailleurs en Occident. Jouer à l’apprenti sorcier et finasser avec les chiffres, les statistiques, les déficits, les concepts et les conventions comptables ne règleront aucunement la crise économique systémique qui s’abat sur le système d’économie politique mondial.

La confusion qu’entretient l’ex-premier ministre, ce n’est pas seulement de remodeler le système comptable afin de le faire correspondre aux utopies des milliardaires et des politiciens complaisants. La confusion, c’est aussi de laisser penser que 255 milliards de dette souveraine est une situation qu’il ne faut pas trop dramatiser et surtout de laisser entendre que le peuple québécois pourrait un jour rembourser cette dette léonine.

ROBERT BIBEAU

La vie comme un roman maux à mots

Iinfirmiêre

Avant,  avant propos

En fait, le titre aurait dû être : Une visite à l’urgence. Tous les faits relatés sont du domaine de la fiction, et toutes ressemblances avec des humains n’a rien à voir, sauf avec des humains qui refusent de voir.

Propos avant

Le dernier roman que j’ai lu était très intéressant : 527 pages. L’histoire débutait avec une descente en ski,-durée 43 pages -, pour aboutir à la découverte d’un cadavre pétrifié dans les glaces comme un mammouth. Une jeune fille de 20 ans… Il m’a fallu 400 pages pour enfin reprendre le fil le de l’histoire, car la dame et son mari, divorcés, n’en finissait pas de raconter sa relation avec son ex. et la copine de son ex. C’est que, voyez-vous, les américains sont payés aux mots pour écrire. Alors attendez-vous au pire…

Ma visite à l’urgence

Ce matin-là, je me suis présenté à l’urgence d’un hôpital, souffrant de terribles maux de ventre. Il y avait là des demi cadavres sur civières, et en passant au classement, je fus classé « urgent ».

L’aurore pointait son nez rose à travers la fenêtre de la salle d’urgence. Deux télévisions crachaient leurs nouvelles en rafales. On pouvait entrevoir derrière la vitrine, deux infirmières affairées. Puis de temps en temps, une porte grise, grinçante, nous parlait en s’ouvrant. No 323. Mon voisin gémissait, car il avait échappé sa tronçonneuse en sciant un arbre, la veille, et il saignait abondamment. Si abondamment que  la vadrouille du vadrouilleur – portant une chemise bleue, affichant un écoeurement vivace, n’en finissait plus de ratisser le coin rouge du pauvre bougre barbu, délabré, les yeux perlés de larmes épaisses.

Pendant que moi je me lamentais, le ventre hurlant.

On me prit sur une civière et on me fit passer des tests toute la journée. De l’orteil au cerveau, en me faisant courir sur un tapis roulant. Question de cœur… Tous des spécialistes. Ils discutaient entre eux de mon problème. Mais le temps fut étiré par une flopée d’étudiants venus étudier mon cas.

On m’a flanqué sur une civière avec une blouse blanche, les fesses à l’air. J’ai fait quatre étages en six heures.

Afin de ne pas vous faire languir, je vais vous passer une « pensée profonde » :

L’homme n’a pas tissé la toile de la vie

Il est à peine un fil

Tout ce qu’il a fait à la toile

Il le fait lui-même

Seatle, Chef Indien

 

Puis je me suis retrouvé près d’une dame qui devait avoir 92 ans. Elle a tenté de me saisir le sexe, le … enfin, le Phénix ( je n’ose pas le dire, je suis chrétien de naissance…) , et elle m’a murmuré :

« Ne t’en fait pas, tu seras à ma droite au paradis ». Elle avait le même nez que Sarkozy, mais le front de Hollande et les yeux bleus de Harper.

J’ai sus plus tard qu’elle souffrait de la maladie de l’ail. Je me souviens de son halène. C’était vraiment Ail-zEllemeur.

On m’a donné un calmant. Dans les 15 minutes ou 15 heures qui suivirent, je me souviens à peine de ce qui s’est passé. J’ai souvenir d’une infirmière décolletée qui s’est jetée sur moi, toute parfumée, se caressant les seins. Et quand elle a déployé ses longueeeeeeeeeeees jambes, tellement elles étaient longues que j’ai cru que des ailes lui avaient poussées là où je craignais. Je craignais qu’elle ne s’envole.

Pub ( il faut bien que je vive)

La compagnie Savon-net, vient de créer le nouveau savon pour athlètes. Plus vous puez, plus il est efficace. C’est le savon des gens actifs qui font du jogging le matin et l’amour l’après-midi. Passés au savon, les odeurs disparaissent comme vos investissements et vos salaires.

Chapitre Bis

Dû aux médicaments, j’avais enchevêtré deux moments de ma vie; le visionnement d’un film porno et la réalité de l’infirmière. Bref, j’étais dans la confusion la plus totale. Et quand le mastodonte à mine allemand me fit une seconde injection, je finis par avoir plus d’intérêt pour la dose que pour la chose.

J’étais zo zanges. Même aux losanges.

J’étais traité aux petits  saouls soins.

On me mit sous observation.

Cloué au lit. Intubé. Indubitablement tubé. Je dirais : tubéifié. Si j’avais chanté, ça aurait été un tube…

Un docteur, avec son ausculteur de cœur, pendu au cou, vint me voir.

« Vous êtes un cas. Des psychologues viendront vous « examiner » demain…

« C’est entre les deux oreilles, pensons-nous ».

On décida de me relâcher à minuit moins une, si ma condition s’améliorait,  car je venais de coûter à la société la somme farine mineuse de 3,235$. Ça, c’est du pain sur la planche. ( Et 23 cents…. Avec le nouveau système canadien, cela est arrondi à 25 cents. )

Bon!

Vers dix heures, une dame – je suis payé aux mots- les cheveux en broussaille, grincheuse, vêtue d’un sarreau vert, vint nettoyer la chambre. Son mari venait de la quitter, et elle avait appris que la maison allait être coupée en deux par … son mari. Entrepreneur en construction. De plus, elle portait des espadrilles blanches et des vers de contact. J’ai bien dit des vers, car elle avait les yeux tordus et roses, comme la rose qui avait éclose.

Quand elle eut terminé son travail, frotte-ci, frotte-ça, je lui fis la remarque qu’elle avait oublié un coin de la chambre.

–          Allez-donc chier! Me répondit-elle, impoliment.

Un peu confus, entre l’infirmière à brassière creuse marque Grand-Canyon-Colorado, je me suis levé et suis allé sur le séant siège.

Au sortir, j’étais si soulagé, que j’ai donné 20$ de pourboire à la dame-nettoyante.

–          Vous ne savez pas ce que je vous dois, lui dis-je, les larmes aux yeux, la jaquette ouverte, et le moral au plus haut. Puis-je vous embrasser sur la joue?

Elle trempa son appareil à nettoyer le plancher dans son contenant javellisé et elle me le flanqua là où le tissu souriait.

–          Tenez! Il paraît que ça tue tous les microbes. Si vous me donnez un autre 20$, je vous indiquerez une sortie et j’irai signer votre départ en une signature de médecin que personne ne reconnaîtra.

–          Vous êtes quelqu’un de bien, vous. Avez-vous déjà lu le livre de 527 pages… Vous savez, l’histoire de la fille assassiné et que son ex…  Excusez! L’abandonne…

–          Non! C’est bon?

–          Bof! Le type est payé aux mots…

–          Ici, monsieur, les gens ont tellement de questions qu’ils ne s’attardent pas aux réponses… Les réponses doivent être compliquées… Si j’ai oublié – en fait j’ai fait exprès-, c’est qu’à force de trop laver, nettoyer, les patients perdent leur anti, je ne sais quoi, naturels…

Elle arbora un grand sourire.

***

Ah! En passant! Elle avait des pendants d’oreilles fabriqués au Québec.

Gaëtan Pelletier

Mai 2013 ( désolé, j’ai oublié la datte )

motmotmotmotmotmotmtomtmotmtomtmotmtomtmotomtmotmtmot Cette histoire est incroyable!

Incroyable

« C’est un peu mélangé… ».

lions