Archives quotidiennes : 25-mai-2013

Jours de destruction,jours de révolte

Hedges – Sacco © Futuropolis - 2012

 

Deux années de travail auront été nécessaires pour recueillir les témoignages contenus dans cet ouvrage. Pine Ridge, Camden, Immokalee et Welch sont des zones sinistrées.

carte des USSi certaines ont connu un essor flamboyant au début du XXème siècle (Camden a notamment été le fleuron de l’industrie américaine avec l’activité de ses chantiers navals), d’autres n’ont jamais eu ce privilège (Pine Ridge a toujours connu le chômage et la ghettoïsation de la population amérindienne). Joe Sacco et Chris Hedges se sont rendus dans ces villes laissées à l’abandon. Leur objectif : « rendre compte de l’impact du capitalisme sauvage » sur ces régions. Chômage, pauvreté, violences urbaines, alcool, drogue… font le quotidien des habitants. Leurs témoignages sont ici au cœur du débat alors qu’habituellement, leurs propos sont étouffés par l’Etat et les grandes entreprises. Pourquoi ? Parce que les hommes politiques, corrompus jusqu’à la moelle, sont à la solde des grandes firmes avides de profits. Le bilan est sans concession : le système capitaliste doit disparaitre sans quoi, il nous emportera tous dans sa chute.

L’ouvrage se découpe en cinq chapitres. Première destination : Pine Ridge. D’une interview à l’autre, des termes récurrents : racisme, chômage pour près de 80% de la population, alcool, drogue, incarcérations, règlements de compte, corruption. On est pris à la gorge par les propos amers et résignés d’une population amérindienne contrainte de nier sa propre identité culturelle. Pourtant, ils ne sont pas intégrés, ils n’accèdent pas aux emplois, ils ne sont pas respectés. Depuis la colonisation, le gouvernement américain n’a cessé de revenir sur ses promesses mais depuis peu, l’Etat légifère et leur permet de renouer avec les rituels ancestraux de leur peuple. Le chapitre se clôt sur une conclusion pessimiste à l’égard du devenir de ces familles.

Nous nous rendons ensuite à Camden, en banlieue de Philadelphie. De nouveau, il est question de chômage, de pauvreté, d’insalubrité des logements, de gens à la rue, d’alcool, de drogues, de guerre des gangs. L’arrivée subite des grands industriels au début des années 1900 avait permis à la ville de connaître un essor rapide puis, en 1960, les industries ont délocalisé. La ville s’est peu à peu désertée laissant la population livrée à elle-même. Près de 60% de chômage, des emplois précaires… « A Camden, le monde est divisé entre proies et prédateurs. Plus vous êtes faible – immigrés illégaux, familles déshéritées – plus il y a de vautours qui rôdent autour de vous ». Il ne semble pas y avoir d’issue possible pour Camden, la corruption sclérose toute perspective de changement.

Welch, ancienne ville minière située au cœur des Appalaches, les firmes d’exploitation du charbon imposent leur diktat sur les élus et sur la population (tributaires des grands patrons qui les embauchent). Ici aussi, la région a été prospère. Délocalisations et mécanisation du travail ont apporté le chômage. La demande d’emploi dépasse largement l’offre, ce qui permet aux industries d’imposer des conditions de travail draconiennes… Sans compter les ravages causés par les carrière d’extraction [du charbon] à ciel ouvert qui détruit l’écosystème de la région à une vitesse vertigineuse. A cela s’ajoutent la pollution de l’air, de l’eau… Les industries mentent sur la nature de leurs rejets et le traitement de leurs déchets. Des poignées de locaux tentent d’obtenir le soutien de l’opinion publique… en vain.

Détour par la Floride enfin, à Immokalee, un des fiefs des exploitants agricoles. Là, les travailleurs clandestins venus du Mexique ou du Guatemala sont sous le joug des contremaitres. Fidèle à des valeurs qu’elle entretient depuis près de deux siècles, la Floride est le bastion de l’esclavage par le travail. Les ouvriers agricoles, généralement des clandestins, sont contraints d’accepter des conditions de travail effroyables. Coups, harcèlements sexuels, violences verbales, salaires de misère, journées de travail de 14 heures… certains sont même séquestrés dans des hangars dès la fin de leur journée de travail (les employeurs s’assurant ainsi qu’ils ne s’échapperont pas durant la nuit et qu’ils seront en mesure de reprendre leur poste dès les première heures du jour).

Dans tous ces lieux, des gens combattent les agissements des industriels et des politiques. C’est le pot de terre contre le pot de fer. A Immokalee cependant, des individus se sont rassemblés. Le syndicat de « La Coalition des travailleurs d’Immokalee » met à la disposition de ses membres (les rares ouvriers agricoles qui acceptent de rejoindre le mouvement et de témoigner) des juristes et des aides financières. Le mouvement s’inscrit dans la veine de celui d’Occupy lancé en septembre 2011 par les Indignés.

D’ailleurs, le dernier chapitre de Jours de destruction – Jours de révoltes’intéresse à ce mouvement. Joe Sacco et Chris Hedges sont allés à New Yorkpour rencontrer des manifestants et soutenir cette action pacifique militante. Outre les nombreux témoignages contenus dans cette partie, Chris Hedges se dresse ouvertement contre les pratiques capitalistes, contre les agissements de l’Etat-entreprise, contre cette politique de profit qui creuse un fossé de plus en plus large entre le 1% de privilégiés et le reste de la population.

Hedges & Sacco ne le mentionnent pas, mais le mouvement des Indignés se réfère notamment au livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous !, pour lequel vous êtes nombreux à avoir réagi (Chez LoOliVColimassonEnna…). Seulement dans cet album, on est loin des trente pages d’Hessel… Pour réaliser cet ouvrage, les auteurs ont également réalisé un gros travail de recherche documentaire (chaque chapitre contient une biographie très riche). Les propos sont étayés, argumentés et propices à la réflexion. Le lecteur est interpellé et invité à s’allier à la contestation.

Si les propos de Chris Hedges sont abondants dans ce livre, les bandes dessinées et illustrations de Joe Sacco le sont moins. Chaque chapitre propose un témoignage en bande dessinée d’une dizaine de pages. Des illustrations apparaissent çà et là, une demi-douzaine par partie, et proposent soit des portraits soit des illustrations décrivant l’environnement géographique.

Listen to the rain

Everytime the rain comes down
Close my eyes and listen
I can hear the lonesome sound
Of THE sky as it cries

Listen to the rain
Here it comes again
Hear it in the rain

Feel the touch of tears that fall
They won’t fall forever
In the way the day will flow
All things come, all things go

Listen to the rain… the rain
Here it comes again… again
Hear it in the rain… the rain

Late at night I drift away
I can hear you calling
And my name is in the rain
Leaves on trees whispering
Deep blue seas, mysteries

Even when this moment ends
Can’t let go this feeling
Everything will come on again
In the sound falling down
Of the sky as it cries
Hear my name in the rain

Le jour où l’Occident fabriqua ses nuages en asphalte

(Québec) Les ménages canadiens sont de plus en plus accros aux dettes. Leur ratio d’endettement par rapport au revenu disponible atteint maintenant 163,4 %. Autrement dit, pour chaque tranche de revenus de 1000 $, leur dette s’élève à 1634 $. Un nouveau sommet. (…)

D’autant plus que les données révisées par Statistique Canada démontrent que la valeur nette par personne au pays s’est appréciée de 7900 $, pour atteindre 190 200 $.

La plupart de ces actifs sont composés évidemment des propriétés, laissant croire qu’une baisse importante de la valeur des maisons aurait une incidence significative sur les finances des Canadiens. Source: Cyberpresse

1944 : les Français parlent aux Français

2012 : les économistes parlent aux économistes

***

J’étais à vélo, sur une route secondaire, regardant le défilé de ces flamboyants chars d’acier » que sont les voitures. Ahurissant!  L’année 2012 aura été un record en matière de productions de cette lignée de merveilles technologiques,   héritage de Ford et de son slogan :  Une voiture, un humain…    Le reste de la consommation n’étant pas nécessairement lié aux besoins réels, mais à la démence des occidentaux  en matière de consommation.

Sachant que le lendemain, une taxe de 56$ sur les téléviseurs s’appliqueraient désormais afin de se débarrasser des vieux appareils, un client en acheta 2… ( Vu à la télé J . )

Comme chantait Trenet : Y’a des oies…

Voilà que ce matin, ma carte de crédit fait un bond de 4000$. La semaine dernière, une autre institution m’en offrait une à 30,000$.

La légende de la grosse dette du Québec

Tous les mensonges sont bons pour vous faire accroire que, faute de vous serrez toujours plus la ceinture et de «desserrer» celle des pseudos-créateurs de la richesse, le Québec va faire faillite. Les sous-traitants du patronat n’ont de cesse de vous alarmer sur un paquet de vraies faussetés, comme le vieillissement de la population, la mondialisation, l’exode des cerveaux, l’équité intergénérationnelle, le fameux modèle québécois avec ses supposés programmes sociaux de luxe, le décrochage scolaire et évidemment celle de notre prétendue dette publique abyssale

Il y a encore et toujours le matamore André Pratte, de La Presse, avec «Gare à la dette» (11 mars 2009); son éminent collègue Michel Girard avec «La question de 12 milliards» (4 novembre 2009); le Conseil du patronat du Québec avec «L’endettement du Québec inquiète le Conseil du patronat» (1er décembre 2010); François Normand avec «Le Québec aussi endetté que l’Italie» (Les Affaires, 24 octobre 2009) et beaucoup d’autres charlatans. Léo-Paul Lauzon

Monsieur Lauzon est un économiste de gauche. Tellement de gauche que vous ne pourrez plus désigner un « mouvement centriste » même en tournant en rond.

Non, le Québec n’est pas la Grèce, et un certain endettement est nécessaire. L’erreur actuelle des analystes financiers est de faire croire que vous êtes un petit prince pendant qu’ils vous dessinent en mouton. Tous des Saints Exupérants…

Le danger de la dette est la structure mondialiste de l’économie. C’est un château de carte qui tient debout que par un plancher aussi solide que la bulle du nuage, présentée comme une route asphaltée.

Comme le Vil Coyote, ce  W.E. Coyote ou Desertus operatus idioticus,  il ne se rend compte de la gravité que lorsqu’elle fait effet.

Axiomatisons…  

 

Ce tableau, visiblement clair,  tiré de Wikipedia,  est  intitulé LA DYNAMIQUE DE LA DETTE.

À partir de ce celui-ci – menteur que je suis, – (et bon pour être embauché dans une agence de notation, telle que Moody and Bloody,)  – j’ai calculé ma dette personnelle. Elle  est d’environ 1%. Bref, si ce n’était pas du pays dans lequel je vis, je serais riche…

Pour plagier Monsieur Sarkozy : « Je n’ai que détestation pour les dettes ».

« Qui n’a pas de dettes s’enrichit »

Revenons à nos imbéciles congénitaux, « étriquement » nommés morons…

Sur tous les tableaux que j’ai consultés, les prévisions à court terme, soit deux ou trois ans ont défoncé le plafond « limite  » de 90% du PIB. La France en serait – en avril, à 146%. Dette extérieure…

Le problème des analyses – quelque soient les méthodes utilisées  ne peuvent prédire ni, surtout, maîtriser  la multitude des facteurs toujours en bouillonnement frisant la convulsion, ni les identifier avec précision. Encore moins les manœuvres de Wall-Street ou celles  des banques telles que Goldman Sachs…  Ou la mafia… Ou les petits investisseurs, piranhas copier-coller de requins…

Nous n’avons qu’un portrait figé. Une photo…

Le reste nous échappe autant qu’une lutte contre la gravité.

De la photo au cinéma

 

La succession des crises dans l’histoire de l’humanité et ses « redressements » nous ont fait croire que nous pourrions nous en sortir.

Entre 1883 et 1897, à la fin du Gilded Age, il y eut aux États-Unis une dépression. Les agriculteurs de l’Ouest s’endettèrent lourdement. L’étalon-or avait alors cours et certains économistes préconisaient d’utiliser également l’argent. Cela aurait permis d’augmenter la quantité de monnaie, aurait entraîné l’inflation et réduit le poids réel de l’endettement des agriculteurs. Cette question fut cruciale lors de l’élection présidentielle de 1896. William Jennings Bryan attaqua alors l’étalon-or. Mais ce fut William McKinley, républicain et défenseur de l’étalon-or qui devint Président. L. Frank Baum, originaire de l’Ouest, prit cause pour les agriculteurs. Les personnages du livre symbolisent diverses figures ou événements de l’époque.

  • Dorothée : l’américain moyen
  • Toto : le parti prohibitionniste (son surnom était Teetotaler)
  • Le Bûcheron en Fer Blanc : les ouvriers
  • L’Épouvantail : les agriculteurs
  • Le Lion Peureux : William Jennings Bryan
  • Munchkins : les habitants de la côte Est
  • Le Magicien : Marcus Hanna, leader du Parti Républicain
  • La méchante sorcière de l’Ouest : William McKinley
  • La sorcière de l’Est : Grover Cleveland, Président démocrate jusqu’en 1896, qui fut battu aux primaires par Bryan
  • Le cyclone : la dépression
  • Oz : l’once (unité de poids des métaux précieux « troy ounce »).
  • Les pantoufles d’argent : L’argent qui permettra, en touchant le chemin doré, de revenir au double étalon or – argent. Le magicien d’Oz.

Il serait intéressant qu’Hollywood fasse un «remake» en modifiant les allégories d’alors…

Ce roman pour enfants est demeuré dans la mémoire collective étatsunienne par une sorte de cantique lyrique à l’espoir de jours meilleurs :

SOMEWHERE OVER THE RAINBOW

Somewhere over the rainbow
skies are blue
and the dreams…that you dare to dream
really do come true
If happy little bluebirds fly
above the rainbow, why
Oh, why can’t I?

Et M. Obama a trouvé au moins la réponse au dernier vers de la chanson :

YES WE CAN! (Obama, le nouveau magicien d’Oz)

 

Les visionnaires aveugles et les chiens de guerre

Depuis quelques décennies, les « déjeuners » exponentiel de la race des saigneurs, violant les terres, se faufilant comme les représentants de la démocratie, engouffrée dans leurs luttes internes, ont fini par oublier que la Terre n’est qu’un terrain rond qui a ses limites.

Il en faudrait trois ou quatre pour satisfaire nos « besoins », mais une centaine ne suffirait pas à satisfaire les Gargantua de la finance, des affaires, pour lesquels ces drames ne sont qu’un jeu.

De fait, la Terre est un jardin – comme le disait Moustaki-, mais la violence des guerres économiques en aura fait un champ de bataille, et ses habitants des numéros.

La réalité économique s’est « virtualisée »,  et l’économie à repoussé les limites au-delà de la pointe du réel.

C’est Vil Coyote dans le vide…

La Terre est une orange

Il y a de quoi sourire d’un rictus amer… Si l’on pouvait trouver un homme sensé, « bon père de famille » pour calculer notre avoir RÉEL, nous pourrions prendre conscience  que nous vivons avec une carte de crédit…  Nos avoirs réels n’existent plus, et notre futur ressemble étrangement à celui de la Grèce : Le fromage a plus de trous que de matière solide.

Nous sommes en vie par un spectacle planétaire qui n’est qu’une bande dessinée.

On nous dessine du sol et des nuages.

La Terre est bleue comme une orange, écrivait le poète Éluard.

À l’époque, c’était insensé. Maintenant, elle a pris tout son sens : elle étouffe.

Strangulée.

J’ai le goût d’aller écrire un poème pour savoir ce que sera la vérité de demain. Car l’intuition perçoit l’exponentiel bien mieux que les grandes formules mathématiques.

En attendant, si nous voulons savoir la vérité sur l’état de nos finances, de la solidité du sol sur lequel nous vivons, il ne reste qu’à regarder une photo de Madame Lagarde.

Son gestes signifie : « So-so », ou comme ci, comme ça.

Ça, c’est précis…

P.S. : Nous étions finalement plus « intelligents » il y a 2000 ans. Les tribus savaient calculer un territoire de chasse pour leur clan. Maintenant, nous avons les formules, mais plus de réel gibier ou avoirs. Il y a plus de prédateurs que de gibier.

Le nouveau « sauvage » est cravaté et en limousine. Il sait énormément de choses. Sauf qu’il ne sait pas l’essentiel : l’économie n’est pas la vie, ce n’est qu’un outil pour échanger douze œufs contre une poule.

N.B. : Du 30 mars 2012, au mois de juillet, la dette fait un bon de 4.2%. Si vous vous demandez ce qu’est l’exponentiel, en ce milieu d’octobre… Utilisez le tableau!

Ou consultez une voyante ou une cartomancienne…

C’est plus fiable…

Gaëtan Pelletier

18 octobre 2012

https://gaetanpelletier.wordpress.com/2012/10/09/obama-le-nouveau-magicien-doz/

http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/actualites/la-legende-de-la-grosse-dette-du-quebec/

http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/fmi-la-france-n-atteindra-pas-ses-objectifs-de-deficit-public-2012-et-2013_1171830.html

Vil Coyotte et la dette étatsunienne

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/02/20002-20120702ARTFIG00615-la-dette-depassera-90-du-pib-fin-2012.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/30/20002-20120330ARTFIG00359-france-la-dette-culmine-a-17173-milliards-d-euros.php