Michaël Jackson: les contrats des dieux

10-juillet-2009

God is a concept by which we

measure our mind.

John Lennon

Au bout du compte, il aura été un enfant prodige et une bête de cirque; un phénomène intrigant et inquiétant, arrivé abruptement au bout d’une vie impossible à laquelle «aucun simple mortel ne peut résister» – il s’agit d’une strophe de Thriller. Mario Roy, La Presse

L’ère des  cirques médiatiques

Dans Google, en ce juin 2009, il y a 12 millions de recherches pour  Michael Jackson.

On encense son œuvre, on lui écrit des lettres d’amour, on fait une évaluation de ce phénomène  en l’autopsiant  et en le plaçant sur une balance : l’homme d’un côté, l’artiste de l’autre. Nous sommes aussi tiraillés que l’artiste.

Ce mutilé de l’âme et du corps entre dans l’Histoire.

Au début du siècle dernier, il y avait la femme à barbe dans les spectacles  nommés freak shows.

Les Freak shows  ont été très populaires aux États-Unis aux alentours de  1840 jusqu’ aux années 1970, et sont souvent, mais pas toujours, associés à des cirques et des carnavals. Certains shows  exhibaient également  des déformations animales  (comme les vaches à deux têtes,  les porcs d’un seul œil, les chèvres à quatre cornes) … ou des bébés déformés. Freakshow Wiki

Michael Jackson est   le produit d’un pays disproportionné … La démesure étasunienne et son grand «show» dans le monde : armée,  cinéma, richesses,  entertainment,  a accouché de  ce  génie  encensé,  et à la morale douteuse :

Arrêté le 20 novembre 2003, libéré aussitôt grâce à une caution de trois millions de dollars, le grand admirateur de Peter Pan («Je suis Peter Pan», aime rappeler la vedette qui, comme le personnage de James Barrie, refuse de grandir) est notamment accusé d’agression sexuelle sur un jeune garçon hispanique, à qui il manque un rein et la rate. Âgé aujourd’hui de 15 ans, il était en rémission d’un cancer au moment des faits. Antoine Char,Le Devoir

Un être «parfait» :Non-fumeur, non-buveur, végétarien, et amateur de grandes causes humaines.

Son grand défaut : une soif inextinguible de devenir quelqu’un sans savoir qui était ce quelqu’un… Autant du corps que de l’âme : il modifie sans cesse son apparence, cultive les mystères pour dissimuler ou  raccommoder les  déchirures  d’une personnalité déroutante, déséquilibrée, sous un amas de couvertures intrigantes, aux limites de la compréhension.  On ne peut plus comprendre … Il ne reste plus qu’à accepter ou à rejeter.

Il ne reste plus qu’à aimer ou à haïr.

Mais il y a aussi cette facette de sacrifié humain-dieu pour les apprentis dieux.

Dans cette ère matérialiste, les dieux sont terrestres…

Un Star Académie à l’échelle mondiale. Ses funérailles : 10 ans de couverture si on compte les heures d’antenne… Moins qu’Obama devenant président des Etats-Unis.

Le «teenage idol»

L’expression «teenage idol» est apparue au début des années 60, cultivée par une masse de magazines pour les jeunes idolâtrant les chanteurs et chanteuses. Magazines embellissant  ces vies de stars et leur bonheur souvent  fictif. Car, comme tous les humains, ils souffraient également. Joplin, Presley, Hendrix, etc. Les idoles se consument, et les apprentis-dieux consomment des idoles…

La façade importait et importe toujours.

Le rêve se vendait… Et il se vend encore plus. Depuis une cinquantaine d’années, le phénomène s’est amplifié.

L’adulateur est souvent plus vieux que son idole…

La société et ses totems au Botox

Cet artiste  s’est sculpté dans un totem représentant toutes les facettes de la vie actuelle avec ses déchiquetures, ses différences camouflées, dans un monument musical, mais aussi dans une image en «restauration continue». C’est  à  se demander s’il n’est pas l’échantillon  inconscient d’une  société  en mal d’être, incapable de vivre une vie intérieure harmonieuse, elle-même fissurée de partout. Instable, elle est également en «restauration continue», suturant ses blessures,  entre autres,  en consommant de ces totems «vivants»…

D’où la course aux idoles jusqu’à la folie d’aimer le totem confondu à l’artiste qui l’a sculpté.

On sait aujourd’hui que beaucoup de ces «dieux» sont malheureux. Ce qui ne fait qu’ajouter à la fonte entre «dieu et apprentis-dieux». Les malheurs font partie de la vie… Les «dieux» sont comme nous…

La belle et la bête

Dans ce film il y a deux mondes différents, d’une part la maison bourgeoise et ordinaire du marchand, et d’autre part le château enchanté de la Bête où tout est possible. C’est la forêt mystérieuse qui relie entre eux ces deux mondes. (…)La belle est sauvée lorsqu’Avenant meurt sous la forme de la bête, et que les deux personae se fondent en une seule. La Belle et la bête, Cocteau 1946

Il y a dans ce phénomène d’idolâtrie, une sorte de fusion entre ces «dieux de la scène» et le public. La beauté de l’œuvre est parfois cachée sous la laideur de la Bête.

Les deux se lient en une sorte de sacrifice mutuel.

Aller jusqu’au bout a souvent été un jeu des dieux, mortel…

«Tu es Dieu» : le culte

«Elles ont loué une petite voiture aussi rouge que leurs ongles, sur laquelle elles ont collé de grosses lettres noires: «Innocent!» «Il l’est à 100 %», précise pour sa part Shirley. Elle a démissionné de la crèche où elle travaillait depuis treize ans pour pouvoir accueillir tous les jours Jackson à l’entrée du tribunal avec une pancarte au message sans équivoque: «Tu es Dieu!» [...]

Le totem est finalement devenu Dieu… Et voici Michaël Jackson

On aime les idoles, les dieux à voix, les dieux riches et célèbres, comme pour calfeutrer un vide  existentiel  en chacun de nous, car ceux-ci  réalisent ce que nous n’avons pas accompli : être dieu.  Sorte de péché originel, sans doute celui d’une créature hybride incapable de se pardonner elle-même de son état.

On ne saura jamais ce que cherchait Michaël Jackson en passant sous le scalpel.

Mais en dessous du «monstre sacré», se  cache le grand dilemme  inconscient de chacun, avalé  par cette image tellement démonstrative d’un monde perdu, toujours insatisfait de sa «condition humaine». Les idoles sont là pour se nourrir des  apprentis- dieux en les  matérialisant : le  totem total.

C’est le signe d’un refus  de ne pas s’assumer dans notre singulière réalité : notre dualité.  Et tous les emprunts  sont les marques  d’une société  qui cultive ces «plus grands que nature» ,  aussi factices que  bizarroïdes soient-ils.

Vivre à crédit de soi dans les amours de super héros.

Nous voulons être un «plus» dans un monde  rempli de «moins». La perception de nos êtres trop petits pour l’ampleur étalée, vendue.

Au lieu de vivre, on se sculpte.

On se sculpte les seins. On se sculpte les muscles. On  sculpte des goûts. On n’arrête pas de tailler et gonfler nos personnalités comme s’il fallait atteindre un idéal à la mesure des images trafiquées.

Et toutes ces courses vers ces totems  montrent que nous sommes toujours issus de peuplades.

On n’a jamais autant cultivé les veaux d’or…

Les cendres du totem

Et maintenant qu’il est mort, il ressuscite cette soif et cette faim d’être. Une certaine nourriture s’en est allée. Toujours dans la turpitude de moyens boursouflés. Mais dans un espoir d’être plus grand que nature.

C’est pour ça que les foules courent : c’est pour se rattraper de l’intérieur.

Quand quelqu’un réussit,  en art, en affaires, malgré la folie des excès,  nous fêtons, au fond, notre réussite personnelle. Reconnaître c’est adhérer avec un enthousiasme souvent idolâtre,    c’est s’inscrire dans cette réussite et cette reconnaissance. Aimer au point de n’avoir pas de distance  c’est se faire dévorer  par le miroir qui nous regarde. Un immense et ludique  miroir à maintes dimensions, coûteux, sans lien avec notre pouvoir d’achat.

Alors, nous empruntons.

À l’église, on brûlait des lampions. Les foules sont allumées par d’immenses feux de ces «plus grands que natures».  Pleurs, lettres, démonstrations de foules, révoltes, indignations, dénis…  Les idoles humaines meurent… Les «dieux» demeurent…Du moins pour un temps…

C’est  un peu là  le drame. Mais certains vont jusqu’au déni… Elvis est toujours vivant. Ou il l’a été longtemps après sa mort…

Il n’y aura jamais assez de totems pour nourrir le vide… On meure un peu à chaque fois qu’il en meurt un.

On peut toujours aller jouer au dieu sur You Tube…  Ou attendre le prochain : il  est toujours une liste de candidats prêts à vivre le cauchemar des vies de stars… Sauf qu’il faut un génie certain pour  se tresser un chapelet de 15 minutes à la Warhol qui durera une vie.  Le prix à payer est une flambée. Limitless

Les sacrifices humains avaient surtout une fonction religieuse : les Aztèques les estimaient comme nécessaire à l’équilibre du monde. D’après leur mythologie, les dieux avaient successivement créé quatre mondes ou « soleils » qui furent chaque fois anéantis avec leurs habitants. Les sacrifices humains devaient apaiser les dieux afin qu’ils ne détruisent pas le cinquième monde. Aztèques et sacrifices humains

Dans l’histoire de l’Empire aztèque, on offrait en sacrifices des personnes afin de calmer les dieux : famines, sécheresses, inondations, etc.

Dans le nôtre, ils se brûlent pour notre famine intérieure, notre sécheresse, et une inondation de produits… Et le dérivé qui vient après…

Le 20e siècle a trouvé le moyen d’en sacrifier quelques-uns pour calmer un peu les craintes d’un dieu absent ou inexistant.  Ou en créer d’autres…

Alors, tout se passe sur Terre, les dieux sont envoyés au ciel,  ramenés sur Terre et brûlés.

Les peurs mutuelles, entre le dieu et le peuple effrayé, est en fin de compte un  échange qui satisfait les «parties mutuelles».

C’est la fin d’un contrat…

L’artiste a  nourri le peuple , le peuple a nourri l’artiste.

C’est une sorte de cannibalisme réinventé où le «sauvage» et le «missionnaire» partagent le même chaudron…


L’erreur boréale, lettre au Devoir, Partie 2

9-juillet-2009
Source: Radio-Canada

Source: Radio-Canada

Lettre au Devoir, Partie 2 , 13 Juin 2009

Cinq ans après la commission Coulombe, la récolte de bois a effectivement diminué, mais pour des raisons en grande partie étrangères à l’application du rapport. D’ailleurs, Guy Coulombe a assisté au grand sommet inutile sur la forêt, tenu à Québec en décembre 2007. On ne mentionna même pas sa présence. L’industrie s’est plantée elle-même, s’obstinant à ne produire que du bas de gamme — madriers et papier — pour les États-Unis.

Nous ne sommes plus les seuls au monde à pouvoir le faire. De 2000 à 2005, les trois plus grandes entreprises forestières ont retourné à leurs actionnaires deux fois plus d’argent qu’elles n’en ont fait. Un gros milliard qui, justement, aurait pu être investi dans la diversification de la production. Or c’est ce même milliard manquant que nous venons de prêter-donner à l’industrie, les banques traditionnelles ne voulant plus rien savoir de ces bons-à-rien corporatifs. Et parfois bandits. Abitibi-Bowater, endetté jusqu’au trognon, vient de se mettre sous la protection de la loi sur la faillite, éludant ainsi l’obligation de verser les cinq millions dus à des travailleurs saguenéens. Quant à son patron Weaver, il se sauve avec 20 millions à titre personnel. Pas surprenant de lire dans la revue Commerce que, sur les 150 entreprises les plus prisées par les Québécois, aucune n’est forestière.

Panique en la demeure

Récemment, une panique tangible s’est emparée de toute l’industrie et s’est étendue aux acteurs périphériques. Les cours à bois sont pleines de madriers invendus, on réduit même les gros arbres en copeaux pour en faire du papier, on transfère allègrement des volumes de bois loin de leurs territoires d’origine. Coops forestières, entrepreneurs sylvicoles, sociétés d’aménagement, pourvoiries, municipalités, syndicats viennent d’adhérer à une vitesse stupéfiante à un dangereux consensus élaboré par le Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Ce consensus réclame du gouvernement la gratuité quasi définitive de l’accès à la ressource. Remboursement à 100 % du coût de construction des chemins, prise en charge par l’État de la totalité des travaux sylvicoles et de la lutte contre le feu et les épidémies, baisse de la taxe sur les carburants, et ce n’est pas tout: abolition de la taxe sur le capital, majoration des avantages fiscaux pour l’investissement dans les usines, diminution des droits de coupe jusqu’à 25 cents le mètre cube dans certaines régions. Et l’industrie voudrait aussi garder le contrôle de la planification forestière? Ouf! La voilà à l’assistance sociale, faudra-t-il maintenant lui prévoir une DPJ?

Le consensus ne demande toutefois pas que l’industrie soit subventionnée pour ses voyages de pêche et ses tournois de golf. Toujours ça de gagné.

Airs de violon

Même l’opposition est tombée dans ce panneau gaufré. Pendant que notre courageux ministre Claude Béchard peaufine une soi-disant refonte du régime forestier, le désopilant maître chanteur Guy Chevrette, p.-d.g. du Conseil de l’industrie forestière et ancien ministre responsable de coupes de bois records, sillonne actuellement le pays, violon à quatre cordes sous le bras, pour forcer le gouvernement à se rendre à ses vues. Il évoque le spectre d’un chômage régional généralisé alors que, si la chose était possible, la grande industrie qu’il représente n’hésiterait pas une seule seconde à tout récolter avec une seule machine et à tout transformer dans une seule usine.

La seconde corde de son violon vibre sur l’air du coût de la fibre, censément le plus élevé en Amérique du Nord. Faux. Selon la firme-conseil Price Waterhouse — quand même pas des écolos — le coût de la fibre est supérieur sur la côte ouest américaine, de même que dans les Maritimes. En fait, ce qui coûte le plus cher ici à ce chapitre, c’est la récolte du bois elle-même, parce que les parterres de coupe sont de plus en plus éloignés et peuplés d’arbres plus petits, plus disséminés. Or, de cet état de fait, l’industrie est entièrement responsable!

La troisième corde caressée: le gouvernement accorderait une importance «démesurée» au milieu écologiste. Il serait donc temps d’assister à un «retour du balancier». Pourtant, le Conseil de l’industrie siège à presque tous les comités de politique forestière existants, dont sont exclus, la plupart du temps, les groupes écologistes. Enfin, l’archet se pose sur la quatrième corde — qu’on appelle, en langage musical, la «chanterelle» — pour la création d’une citation une fois de plus historique dont Chevrette a le secret. La dernière entendue: «À quoi ça sert d’avoir de belles forêts si y a pas d’industrie pour les exploiter?» Lâchez pas, cher Naboléon des forêts! Le Festival Juste pour rire va sûrement finir par s’intéresser à votre cas.

Réveil nécessaire

Si vous étiez propriétaire d’un boisé, madame, monsieur, accepteriez-vous de construire des chemins afin qu’un acheteur de bois y délègue un sous-traitant pour récolter les arbres qui lui plaisent, qu’il saccage le parterre de coupe, qu’il vous dise comment replanter, qu’il vous demande de prendre en charge le sous-traitant qui se retrouve en chômage? Et, même après avoir tout obtenu, sur le bord de la faillite, accepteriez-vous d’accorder à cet acheteur une subvention pour qu’il aille bûcher plus loin? Or, c’est exactement ce que font les grandes entreprises avec nos forêts, dont nous sommes les propriétaires légaux. Réveillons-nous, taboire!

Le nouveau régime forestier doit d’abord sortir la grande industrie de la forêt pour qu’elle se concentre sur la stricte gestion de ses usines. Comme cela se fait en Europe, et sans grand problème. Aussi, il est plus que temps d’entamer des négociations avec les Premières Nations pour s’entendre sur le partage équitable du territoire et de ses ressources. Le poids électoral négligeable des autochtones occulte le fait que, tout en étant peu nombreux, ils occupent réellement l’ensemble du territoire. Il ne faut jamais perdre de vue qu’ils sont en mesure de bloquer légitimement tout projet de développement.

Enfin, nous devrons laisser dans leur état naturel de vastes segments de chacun de nos écosystèmes, au lieu d’aller protéger des toundras où il n’y a personne. Comme on vient de le faire dans le Nord-du-Québec, pour gonfler facticement le pourcentage d’aires protégées.

Développement viable

Une fois ces trois grands objectifs ancrés dans la réalité, on pourra alors envisager sérieusement l’aménagement de nos territoires dans une perspective de développement non pas durable — concept qui ne veut plus rien dire — mais viable. C’est-à-dire se demander en premier lieu ce qu’on doit laisser sur place au lieu de piger à fond la caisse. L’arbre n’est qu’une composante de la forêt, la plus visible. Des milliers de projets d’exploitation de ressources naturelles renouvelables sont ainsi découragés par la préséance indue de la grande industrie en forêt.

À cet égard, le ministère de l’Environnement demeure le mieux équipé pour diriger ce changement de cap, si seulement on lui accordait des budgets un peu moins honteux. On ne peut pas parler de gestion écosystémique quand celle-ci se résume à trois ou quatre projets-pilotes implantés pour la forme, par-ci par-là, le temps qu’on finisse de bûcher ce qui reste.

La raison principale de l’état lamentable de nos forêts tire sa source, je pense, dans le grand désintéressement des citoyens vis-à-vis de leurs territoires, qu’ils sentent intuitivement aliénés à des intérêts qui ne sont pas les leurs. Ils n’ont pas tort, presque toute l’industrie est passée sous contrôle américain, sous les yeux du grand souverainiste Guy Chevrette.

Respect de la ressource

Il est quand même curieux de constater que les forêts privées fournissent 20 % du bois traité dans nos usines alors qu’elles n’occupent que 10 % du grand milieu boisé. Un sentiment d’appartenance entre en jeu ici, et il favorise le respect de la ressource. Parce qu’en forêt privée, du bois, il faut en avoir tout le temps. Mais comment voulez-vous que ces producteurs, qui doivent financer entre autres la construction des chemins et l’entretien de leurs forêts, puissent accoter le prix du bois déterminé dans la forêt publique, là où ce prix tend vers zéro «cenne»?

Le nouveau régime devra miser sur cette valeur de proximité en tout premier lieu. La maîtrise d’oeuvre de l’aménagement doit être transférée aux régions forestières, la création de forêts habitées, encouragée au maximum, la priorité de l’accès à la ressource, accordée aux entreprises qui développent sur place des produits à valeur ajoutée. L’industrie aura beau jeu d’acheter ce qui restera de disponible, mais à un prix qui reflétera enfin le travail et les investissements consentis par la société. Une intelligence forestière existe ici et s’épanouira dès que le territoire sera affranchi de l’emprise corporative. À ces conditions, nous pourrons entrevoir une métairie forestière à échelle humaine, exercée par des travailleurs qui auront accédé pour la première fois à un sentiment de fierté.
RICHARD DESJARDINS


Briser le mur du silence

8-juillet-2009

Tel un loup, il rôde sans parler

Tu essaies de ne pas paniquer

Mais quand il te saisit,

tu ne peux résister

À l’envie de crier

_

Il te manipule, tu es à sa merci

Il continu malgré tes protestations

Animal sauvage détruisant ta vie

Il me regrette aucunement

ses actions

_

Ton tranquille univers a disparu

Te libéras-tu de ton fardeau?

Ta colombe est devenue

un noir corbeau

Augmentant ta peur une fois de plus

_

N’attends pas qu’il recommence

son manège

Parle vite à quelqu’un

pour que ton coeur s’allège

Tu ne dois pas laisser ta jeunesse

être volée

Parle vite, il n’a pas le droit

de s’en tirer

_

Ève Bolieu

1993


Les trônes de marchés aux puces

8-juillet-2009

Il re-développe donc bon nombre des mêmes idées dans un esprit se voulant “décapant et humoristique” : le marketing de soi qui prime sur les compétences, l’hypocrisie des cadres surbookés dans les grandes entreprises, les tics sémantiques et autre jargon corporate (synergie, optimiser… ), les abréviations ridicules et autre appellations par ses initiales. “Certains pensent par bullet point, énumèrent, enchaînent et subidvisent comme si leur espace mental fonctionnait sous Powerpoint. Il pointe aussi la dimension intangible du travail du cadre, la difficulté à identifier et à reconnaître sa contribution. Si sa thèse sur la notion de “sacrifice” est intéressante, certains de ses raisonnements apparaissent vraiment simplistes comme ceux sur la concurrence. La vie de bureau vue par la trentaine

Nouvel art de l’exploitation humaine : la dette du consommateur

Ce qu’on vend le plus actuellement : des trônes.

J’étais à discuter avec des amis, quand sa compagne révéla qu’elle  venait tout juste de démissionner d’un poste prestigieux…À grimper l’échelle, elle s’est retrouvée au haut, mais avec le même salaire…

Surpris de sa démission. Car, voyez-vous, la dette est la chaîne qui permet au patron de vous garder en laisse au prix de vous payer en colliers. Comme les chiens. On fait miroiter le petit trône.

Orgueil et vanité sont les nouveaux Klondike de ces serpents exploiteurs.

On veut vous sentir racé, exploiter votre fierté …et tout le creux de votre âme «aspirante» au meilleur…

Comme faire courir un chien en tirant un traîneau : à coups de morceaux de viande.

Sauf que la femme de mon ami n’avait pas de dettes…

On avait gagé sur son endettement… Bref, son esclavage.

Rapetisser la chaîne et vous griffer

La nouvelle maladie de civilisation est d’avoir fait passer l’humain en liberté à celui vivant  dans une cage invisible.

À l’abri. De la grotte au petit château factice de la somme des travaux des illusionnistes  pour qui vous êtes le lapin dans le chapeau. Et ils vous ont en partant dans votre manche…

Cadenassés.

Brisés.

Malades, ou en devenir…

Vous êtes rivés à une démocratie fallacieuse, montée de toute pièce avec une structure d’ADN d’idées reçues vendues par le plus propre des politiciens ou des banquiers. Propre comme dans « hyproprecrésie».

Vous les admirez parce qu’ils savent  épeler le mot hypothalamus.

Vous êtes gangrenés du cerveau.

Et l’édification  de votre cage se fait chaque minute, chaque seconde. Et plus vous vous endettez, plus vous rapetissez la chaîne.

La griffe matérielle

L’ignorance de votre état, et vos souffrances invisibles vous font croire que vous êtes la cause de votre malheur. L’État, au service de la finance, vous bombarde de slogans. Les coupables coûtent cher à L’État. Elle met en branle sa grosse machine pour éviter que les recettes monétaires échappent aux usuriers qui bavent du coin de leur portefeuille diversifié.

Votre plus grand échec est de vous nourrir de ces recettes du  qui mènent au «parfait citoyen».

Et le parfait citoyen cherche à s’auto guérir du grand canyon égotique en acquiesçant aux modes de survie et au plagiat des pubs qu’on imite sans trop savoir pourquoi.

Inconsciemment, posséder un objet qui fait High class est perçu comme une marche vaincue dans le grand escalier qui mène au trône.  Tout le monde peut devenir un comte ou une comtesse.

Tout vient de la subtilité du conte…

La plus grande mine d’or du monde n’est pas dans votre sous-sol, elle est en vous : l’orgueil et l’égo, voire la simple «réussite sociale», la perfectitude acheté au bazar du coin de la planète. C’est celle-ci que l’on creuse et que l’on draine vers des sources de diablotins soudoyés  au service d’un mal dont il est lui-même inconscient.

«Ce qui coûte cher est bon pour vous!»

Les vêtements, l’allure, la voiture. Vous en arriverez même à manger des sauterelles grillées.

Vous êtes le parfait bourgeois : le singe du Roi. L’aspirant en même temps que l’aspiré. Car le Roi se nourrit de vous.

Le valet du grand jeu de cartes qu’on brasse.

Et comme au poker vous croyez avoir bâti votre chance.

Alors, bien grimés, vous vous croyez devenus des «gens de goût», une petite élite toute fumante, comme les crapauds qu’on fait fumer.

Des drogués de la «différence».

On à voulu vous faire croire que vous n’étiez plus un ouvrier ou un cultivateur.

Même si vous achetez du Channel, que vous roulez en BMW, que vos cure-dents sont fabriqués en Afrique, que votre montre est aussi Suisse

La griffe intellectuelle

Les griffés intellectuels sont la paille des financiers et ceux qui font la paille du bien être des humains.

Ceux qui paient leur salaire en travaillant à petit salaire.

C’est la gaufre dont le levain est le petit salarié.

Pourtant, ils se croient porteur d’une mission plus javellisée que leur cerveau blanc comme neige.

Ces clones nains des «grands» perpétuent avec une ferveur religieuse et fanatique le grand modèle de la façon de faire.

D’un orgueil élégant, d’un discours sucré, ils se fabriquent d’une action à la base de chiffres leur humanisme dont la terre à cultiver est à faire par l’engrais de l’argent. Obsédés et aveugles…

Il y a un dieu pour les ivrognes.

Il y en a aussi pour les administrateurs, ces curés du chiffre. Mais comme leur «dieu» ils ont appris que tricher un peu pouvait rapporter. Même qu’ils croient que c’est pour le bienfait du troupeau humain.

Car, un peu au dessus, ils se croient, du simple des mortels.

Quelle différence y-a-t-il entre un administrateur qui mange dans les poubelles des financiers et le sans-abri?

Je n’en vois aucune…

Pour le reste des griffés «intellectuels», la liste est tellement longue qu’elle est comme le fond des océans profonds : nous en connaissons à peine 20%.

Les faux verts : ceux-là qui s’attaquent à la consommation de sac de plastiques polluants, qui culpabilisent les «consommateurs» au lieu des compagnies.

Comme un plant de rhubarbe : les feuilles sont tellement grosses qu’on ne voit plus la rhubarbe.

Les «fascinés» se tuent à vouloir accéder à ces petits trônes.

Les «karoshi»

Chez certains employés débordés, la suractivité provoque congestion cérébrale ou infarctus, tandis que des travailleurs démoralisés se suicident. Apparu il y a longtemps au Japon, le “karoshi” (”mort au travail”) n’est reconnu que depuis quelques années par les autorités.

En 2007, la police a décompté 2.207 suicides et, selon l’avocat de proches de victimes Hiroshi Kawahito, quelque 10.000 salariés ont été victimes d’un accident cardiaque ou cérébral, parfois mortel, à cause de leur travail.

Ces chiffres pourraient augmenter avec la récession économique qui tend les relations dans les entreprises, préviennent les experts.

Selon Me Kawahito, moins de 10% des incidents sont déclarés aux services sociaux, les victimes ou leurs proches renonçant face à la longueur des procédures ou au grand nombre de refus. La mort en silence de milliers de travailleurs japonais

Chef de file du mouvement, l’économiste Corinne Maier a lancé le premier pavé dans la mare avec son “Bonjour paresse“, grand succès d’édition, paru en en 2004 et vendu à plus de 220 000 exemplaires. . La vie de bureau vue par la trentaine


L’erreur boréale, 10 ans plus tard, Partie 1

7-juillet-2009
Source: Radio-Canada

Source: Radio-Canada

Richard Desjardins

L’erreur Boréale

10 ans plus tard…

Richard Desjardins

Lettre au Devoir, 12 Juin, Partie 1

En 2004, Thomas Mulcair, alors ministre libéral de l’Environnement, est venu à Rouyn-Noranda pour annoncer la mise sous protection de quelques grenailles de territoire régional. À la fin de sa conférence, je lui demande: «Le gouvernement s’est engagé à protéger 12 % de son territoire en 1992. En avez-vous suffisamment en réserve, de ces territoires encore naturels?» M. Mulcair m’a répondu avec un remarquable aplomb: «Monsieur Desjardins, vous aurez des nouvelles très bientôt à ce sujet et vous serez agréablement surpris.»

Quelques minutes plus tard, je discute de l’affaire avec un de ses hauts fonctionnaires, responsable de l’implantation du réseau d’aires protégées au Québec. Il n’était lui-même aucunement au courant d’éventuelles nouvelles à me faire parvenir à ce sujet. R’gâr’ donc ça…

Avec le temps, deux mondes se sont imposés à ma conscience: celui du showbizz et celui de la foresterie. D’abord, un univers basé sur l’illusion, la romance, le clinquant: celui de la foresterie. Et l’autre, où, malgré tout ce qu’on peut en penser, la parole donnée est grandement garante de la longévité professionnelle. Beaucoup de politiciens ne survivraient pas longtemps dans ce milieu.

Dix ans déjà

L’Erreur boréale a dix ans. Ce documentaire portant sur notre gestion forestière a bouleversé à peu près tous ceux qui l’ont visionné. Jusque-là, on ne s’en faisait pas trop avec notre patrimoine forestier, tellement vaste qu’il paraissait quasi impossible de l’hypothéquer. Le film a ébranlé cette croyance. Et continue de le faire.

Sur la page d’accueil du site du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), on y dénonce toujours L’Erreur boréale. Un clip nous y est proposé: la réponse de l’industrie, à ce qu’il paraît. À côté de deux images de coupe à blanc tirées du film — et piratées — on y voit deux autres photos prises aux mêmes endroits, quelques années plus tard. Tout est reboisé. C’est ben beau.

Y a-t-il un problème? Il y en a plutôt deux. D’abord, l’une des photos de L’Erreur boréale provient de la rivière Waswanipi, en plein peuplement pur d’épinettes noires. Or, sur la photo du CIFQ, on aperçoit un jeune peuplement de feuillus, commercialement beaucoup moins intéressants (au moins, le réalisateur du clip corporatif aura pu mettre le doigt sur un problème majeur rencontré en forêt nordique: elle ne se régénère pas comme prévu). Quant à l’autre photo, elle provient d’un parterre forestier inexistant dans L’Erreur boréale…

Comme il s’agit d’une pub corporative, ce genre de manipulation n’étonnera évidemment personne. Mais dix ans plus tard, malgré les constats alarmants émis par la vérificatrice générale du Québec (2002) à propos de notre gestion forestière, malgré les conclusions irréfutables du rapport Coulombe (2004) sur le même sujet, le fait que l’industrie forestière refuse toujours de reconnaître tout problème de régénération en dit long sur sa capacité à envisager une réalité pourtant patente: nos forêts sont amochées et nous devons faire autre chose que d’empirer la situation.

Attaques et intimidation

Au cours des premières années ayant suivi la sortie du film, les autorités espéraient résorber la mauvaise impression qu’il dégageait, en s’attaquant à ma crédibilité. Jacques Brassard, ministre des Ressources naturelles, s’y employa farouchement, mais sans trop de succès. L’opinion publique ne le suivit pas. Il fut démissionné et dut se contenter d’étaler sa rancoeur à l’égard des verts en signant des chroniques d’une rare acrimonie dans le journal Le Quotidien, de Chicoutimi.

Ensuite pointa l’intimidation. Jacques Robitaille, ancien sous-ministre, m’adressa une lettre d’avocat me mettant en demeure de ne plus évoquer publiquement son nom, alors que je m’interrogeais simplement sur le fait qu’il fût passé directement de sous-ministre responsable des forêts à patron des compagnies de bois du Québec.

Par ailleurs, au début des années 2000, on m’invite dans le coin de Biarritz, en France, à un festival subventionné en partie par la francophonie internationale, pour chanter et aussi présenter L’Erreur boréale. Quelqu’un de la Délégation du Québec à Paris téléphone au programmateur du festival pour lui signifier que le Québec retirerait sa subvention statutaire s’il diffusait notre film. Il s’est fait diplomatiquement envoyer…

Après ce bluff, le Québec a maintenu sa subvention, sans doute pour ne pas donner trop de publicité à son geste déplacé. D’autant plus que notre gouvernement avait fait placarder dans tout le métro de Paris une affiche touristique, une magnifique photo aérienne de la forêt boréale québécoise avec la chevelure d’une belle pitoune en guise de ciel.

Gestion intelligente

Il n’y a pas que dans le showbizz où l’image l’emporte sur le sens. Entre-temps, nous avions fondé l’Action boréale de l’Abitibi-Témiscamingue pour tenter de rassembler les forces d’opposition à ce régime forestier et proposer d’introduire un minimum d’intelligence dans la gestion de notre ressource.

À l’époque, nous défendions entre autres la préservation de la forêt de Kanasuta, près de Rouyn-Noranda, un trésor naturel et archéologique incontestable. La compagnie forestière Norbord décide d’y pénétrer. Je descends à Québec et demande une rencontre avec le nouveau ministre, François Gendron, et aussi André Boisclair, alors responsable de l’environnement et, par conséquent, de l’implantation des aires protégées. Le rendez-vous a lieu dans une antichambre de l’Assemblée nationale, avec les deux ministres et leurs bouncers intellectuels respectifs, souriants comme des pierres tombales.

«Je suis venu faire du casting pour L’Erreur boréale no 2», que je leur dis d’entrée de jeu. Ça ne riait pas très fort. «Si vous ne sortez pas Norbord de là, nous allons le faire nous-mêmes!» Vingt minutes d’explications au total. Boisclair, pourtant détenteur d’un ministère bien moins important que celui de Gendron mais qui s’alignait pour devenir son chef, finit par trancher: «OK, Desjardins, on va les sortir de là, mais par contre tu vas arrêter de m’appeler le ministre des Environs.» C’est ainsi que Kanasuta fut sauvée pour la première fois, par un recadrage de l’image du ministre Boistrèsclair.

Rapport de la vérificatrice

Quelques jours plus tard, en décembre 2002, nos efforts pour alerter l’opinion publique au sujet de l’incurie de notre gestion forestière trouvèrent un formidable écho lorsque la vérificatrice générale du Québec déposa son rapport sur la question. Sa conclusion: «Le ministère des Ressources naturelles n’est pas en mesure de déterminer s’il y a surrécolte du bois dans les forêts publiques.»

Mais là, le gouvernement était mal pris. L’opinion du vérificateur, c’est autrement plus dérangeant que celle de groupes écologistes n’ayant de comptes à rendre qu’à leurs membres seulement. J’avais déjà acquis la profonde conviction que le gouvernement, péquiste ou libéral, ne cherchait qu’à gagner du temps pour ne pas avoir à réduire les coupes de bois dans les régions forestières où se joue souvent le sort des élections. Tout d’un coup, l’intimidation cessa.

Rapport Coulombe

Les élections s’en venaient. Le ministre Gendron cafouilla, le premier ministre Landry bafouilla et Charest en profita, promettant une enquête publique advenant une victoire libérale. Il gagna. En résulta la commission d’étude Coulombe (2004). Ce «grand commis de l’État», comme on dit, avait conseillé et Lévesque et Bourassa, avait dirigé Hydro-Québec ainsi que la Sûreté du Québec. Ne manquait que le club du Canadien. Le gouvernement était sûr de son homme. Il saurait aisément noyer le poisson et redonner aux Québécois leur confiance envers la foresterie pratiquée sur son territoire.

Comme s’il s’agissait de son dernier mandat public important, Guy Coulombe laissa plutôt en héritage un document solide tant par sa rigueur que par son ouverture d’esprit. Le gouvernement et la grande industrie accueillirent le rapport en toute humilité mais, dans leur for intérieur, ils en étaient terrifiés.

L’équipe de la commission Coulombe confirma tout d’abord les appréhensions du Bureau de la vérification concernant les grands calculs généraux utilisés pour quantifier la ressource disponible. De façon sommaire: la forêt produit annuellement à peu près vingt millions de mètres cubes de bois, par simple croissance naturelle. La théorie voulait qu’en plus de cette croissance, si on plantait des arbres en grande quantité, si on éclaircissait les sous-bois pour en dégager les arbres d’avenir, nous pourrions alors disposer d’un plus grand volume de bois chaque année. C’est ce qu’on a fait pendant quinze ans, allant récolter certaines années jusqu’à trente, trente-cinq millions de mètres cubes.

Or, la commission établit que le rendement des plantations était nettement exagéré et que l’éclaircie ne donnait pas plus de bois sur une surface donnée, même si elle pouvait produire de plus gros arbres (dire que nous avons investi des milliards dans ces exercices oiseux et que nous continuons de le faire!). En plus de la faillite de cette sylviculture, la commission constata une exploitation quasi immorale des forêts méridionales. En conclusion, elle recommanda d’utiliser désormais la ressource en fonction de ce que la nature peut réellement donner et non pas en fonction de la grosseur des usines existantes.

Réactions

L’approche écosystémique. Collectivement, nous ne sommes vraiment pas habitués à ce genre de concept. On voit un lac, on le vide de ses poissons. On voit une rivière, on la barre. On voit une patch de bois, on la bûche. Toujours à piocher dans le fond du baril. Et maintenant, on veut commercialiser la biomasse elle-même, le substrat de la vie…

Frank Dottori, alors p.-d.g. de Tembec, l’entrepreneur forestier probablement le plus respecté dans le milieu industriel, eut cette candide réflexion: «La forêt nous a rendus riches parce que nous l’avons surexploitée. Le gouvernement a accordé des droits de coupe pour du bois qui n’existait pas. Et tout le monde le savait.» Et tout le monde le savait! Cette seule phrase aurait mérité le déclenchement d’une véritable enquête publique et la condamnation probable de tous ces sous-ministres et ministres dilapidateurs, dont plusieurs sont depuis passés à la solde de l’industrie. Ça reste à faire.

En fait, les seuls qui réfutèrent le rapport Coulombe sont les savants du Consortium sur la forêt boréale commerciale de l’Université du Québec à Chicoutimi dirigé par Réjean Gagnon, qui affirme le plus sérieusement du monde que, «malgré les apparences et ses problèmes d’image, l’industrie forestière québécoise est en avance sur ce qui se fait ailleurs dans le monde». En avance sur le pillage?

Le tiers de la récolte nationale de bois est effectué dans cette région. D’où l’importance de l’opinion du consortium. Par trois fois, l’Action boréale l’a invité à tenir une rencontre publique au Saguenay, histoire de confronter nos points de vue respectifs. Vainement. À l’évidence, l’ordre du jour du consortium semble absorbé par des réalités beaucoup plus importantes que celle d’expliquer ses théories devant son propre monde.


Chercher un morpion entre deux poils

3-juillet-2009

Bientôt, ils vont être capables de reconnaître quelqu’un grâce à son crachat.

Mademoiselle Y.

Le sujet à un examen du Ministère de l’Éducation était le suivant : la biométrie.

J’ai eu ces perles grâce à des contacts… Évidemment. Je veux simplement partager avec vous le petit cachet humoristique de ces écrits et des inquiétudes des jeunes face au contrôle par la biométrie.

Parfois, c’est un peu de poésie…

Les perles

1- Aujourd’hui, une jeune fille dit, en parlant de la machine Rapidscan Secure 1000 (à rayons-X): Pensez à nous, pauvres adolescente complexées. Je ne me mets même pas en costume de bain devant ma famille! Je ne prendrai plus l’avion, si cette machine est installée dans les aéroports. Extrait d’un examen.

2- Peut-être qu’un jour, je croiserai mon clône criminel dans la rue après qu’on ait clôné mon ADN.

3- Si vous appreniez qu’une personne écrit un texte pour dénoncer vos manigances de domination, qu’allez-vous faire? Vous allez très certainement le faire tuer pour trahison envers le pays ou une quelconque baliverne de ce genre!

4- Pour voler les empreintes de quelqu’un, je n’ai qu’à couper son pouce et on n’en parle plus! Tenez-vous vraiment à ce que la population soit en grande partie amputée?

5- Comment voulez-vous que les gens se sentent libres dans un pays libres si le gouvernement vous connaît?

6- Cette histoire ne vous rappelle pas un certain bateau dit insubmersible qui finalement coule? Est-ce l’avenir de la biométrie? De sombrer, car elle est la plus frêle de nos espérances?

7- La biométrie peut aider à trouver les personnes de tous âges souffrant de déficience mentale qui sont partis de chez eux, ce qui pourrait mettre leur vie en danger. Mon père étant policier, je sais que ca arrive fréquemment.

8- Vous, qui êtes intelligent (du moins, je l’espère puisque que vous occupez un poste important au sein du gouvernement), devez être d’accord avec moi.

9- Dans les aéroports, vous n’avez qu’à passer votre oeil et tout ce que vous avez besoin sort.

10- Lorsque vous étiez plus jeune, monsieur le ministre, d’après moi, vos jeux sur l’ordinateur étaient plutôt restreints.

11- Somme toute, me faire analyser comme si je n’étais qu’une image de pacotille me démoralise.

12- Ces systèmes pourraient remplacer les douaniers qui sont souvent grincheux plutôt que de vous accueillir avec un beau sourire.

13- Je ne sais pas si vous êtes “files-d’attente-ophile”, monsieur le ministre, mais ce n’est pas mon cas!

14- Bientôt, ils vont être capables de reconnaître quelqu’un grâce à son crachat.

15- Tous les humains de la planète seront, selon leur mode de création, dans une caste et tous, sans exception, accepteront leur condition.

16- Cette machine permet aux policiers de se glisser sous ls vêtements des gens.

17- Ceci deviendrait de la pornographie enfantine.

18- Un organisme travaille à un système qui pourra reconnaître les gens à l’odeur de leur désodorisant.

19- Sommes-nous prêts à être un cheptel contrôlé par les policiers?

20- C’est pour quand les caméras dans les cabines de toilettes?

21- Ce n’est pas bien d’utiliser la biométrie sur un peuple. C’ets le prendre pour un troupeau de moutons dans un enclos et l’identifier seulement qu’avec son corps.

22- L’iris est une bonne mesure biométrique puisque, contrairement aux empreintes digitales, tu ne pourras jamias t’aveugler exprès.

23- Imaginez qu’à 18 ans, vous vous êtes fait prendre à fumer du cannabis, cela resterait dans votre dossier.

24- Les criminels arrivent toujours à faire ce qu,ils veulent, car à coeur vaillant rien d’impossible!

25- À quoi servez-vous, monsieur le ministre, à faire pousser des légumes?

26- Moi, élève, écrit à vous, ministre…

27- La biométrie peut faire avancer la société pour qu’il n’y ait plus de criminalistes.

28- Pourquoi interdire les bouteilles d’eau dans les avions? Le Kool-Aid, c’est chimique, mais ca explose pas.

29- Les voleurs collent généralement leur oreille sur la porte de la maison qu’ils veulent voler. Ensuite, les policiers mesures les empreintes des oreilles des criminels et les comparent à celles de criminels recherchés.

30- Les terroristes ont l’habitude de faire disparaître les preuves biométriques après l’attentat lors des kamikazes. Le coupable est éparpillé autour de l’explosion.

31- Plus je vieillis, plus je me rends compte que monsieur Harper, votre patron, est un fanatique d’Hitler.

32- Chercher des données biométriques, c’est chercher un morpion entre deux poils.

33- La biométrie est comme une femme possessive en amour: elle connaît tout sur vous et finit par vous enlever toute liberté.

34- Vous me prenez sûrement pour un parano doublé d’un fou furieux qui compare les techniques biométriques à l’avènement de l’apocalypse

35- On peut avoir une chirurgie pour changer son code génétique, alors les policiers ne nous retrouveront jamais.

36- La biométrie va empêcher le décrochage scolaire, puisque les jeunes ne pourront plus voler.

37- La tuerie de l’école polytechnique a été réalisée par des gothiques, vous savez ces gens au tempérament sombre.

38- Le 11 septembre dernier a été terrible

39- La biométrie est bonne pour l’économie. Les gens n’auront plus peur de sortir la nuit à cause des gangs de rue, alors les magasins seront tous 24 heures.


Adam et Ève au pays du pommier bleu

2-juillet-2009

On nous annonce des vaccins pour l’automne…. Trois…

Un pour la grippe saisonnière, et deux autres pour le A(H1N1) …

On n’y va pas avec le dos de la seringue!… À ce rythme là, en embrassant tous les porcs, on a des chances de sauver l’industrie porcine en les  inoculant par un petit baiser sur la rose bête, avec un brin d’amour. Ça  aide…

En France

C’est le Journal du dimanche (JDD) qui l’assure dans son édition de samedi, le gouvernement français souhaite mettre en place une “campagne de vaccination obligatoire contre la grippe A/H1N1 pour tous les Français de plus de 3 mois à l’automne pour un coût total d’un milliard d’euros.”

Pour ce faire, l’Etat passerait une commande de 100 millions de doses de vaccin contre la grippe A (H1N1) à trois groupes pharmaceutiques: GlaxoSmithKline , Sanofi  et Novartis, précise le journal. Les premières doses de ce vaccin en cours de préparation pourraient être disponibles dans un délai de quatre à six mois, soit au milieu de l’automne, a annoncé le groupe Glaxo il y a deux semaines. “
C’est à l’automne que l’on saura exactement comment évolue ce virus”, déclare un porte-parole du ministère de la Santé au JDD.  “Nous nous appuierons sur trois piliers : les masques, les antiviraux et les vaccins.” TF1

100 millions de doses… À partir de l’âge de  trois mois? … Plus tard on se plaindra qu’ils ont des difficultés à se concentrer à l’école. Après ça, c’est la grande leçon du «sois vert et tais-toi»…

À ce rythme-là, on ne pourra plus distinguer les drogués de la rue du citoyen «propre» qui suit les consignes des États vendeurs-pushers accrédités.

La route sanguine, développement des artères du pays

À se demander si, rendu à ce point, les gouvernements ne sont pas en train de découvrir – pour contrer la crise économique – une nouvelle forme de regain économique dans la ligne des travaux d’infrastructures.

Au Canada, on crée du «travail artificiel» en faisant peau neuve au béton, aux routes, aux artères des villes, et des aqueducs caduques.

Il doit y avoir un génie qui, quelque part, s’est dit qu’après tout il n’y avait pas que la matière à forer… L’humain doit bien avoir une mine…Ah! La vastitude de son ignorance et de sa crédulité envers ce fortiche qui a pu inventer la pilule à trois trous.

Bang! Archimède a vu monter l’eau dans son cerveau…

L’armée blanche au travail

Trois vaccins pour les canadiens : deux pour la souche A (H1N1) et l’autre pour la grippe dite saisonnière qui contient généralement deux souches. Et au hasard, car – comme Loto-Québec, on ne peut pas augurer la lettre sortante… Ni les chiffres. Alors on tire au hasard à coups de seringues.

Ce qui fait que cette campagne créera énormément d’emplois. Des milliards de dollars.

Il y a de quoi remettre en santé l’économie, mais faussement. Comme d’habitude… Car tout est au faux. Au moins la moitié des mensonges des politiciens sont faux.

Les vérités, elles, sont comme les contenus des vaccins : ils contiennent des traces de poison tel le mercure et autres substances néfastes.

C’est à se demander si la langue de porc dans le vinaigre ne serait pas moins polluante pour notre corps. En la suçant de manière à ce que le jus se glisse sublingualement, je ne dirais pas non.

À qui donc appartient ce corps?

Le citoyen est-il devenu un cheptel de porcs pour une poignée de cochons?

On dirait que les compagnies Big Pharma s’apprêtent à nous glisser dans la fente de leur tirelire.

Le but? Découvrir d’autres médicaments pour le porc et le cochon. Mais pas pour les mêmes raisons.

Ces nouveaux sorciers, coiffés à droite, cravatés au centres, et décentrés du bon sens, me froussent.

Le statut de la liberté

Obligés? Ce serait le vase qui fait déborder la goutte…

On commence à avoir nos libertés individuelles s’effriter à petits pas de «c’est bon pour vous» et pour la «fucking»  santé publique.

On veut bien être santé, mais on ne veut pas être un troupeau pour l’État.

La réponse serait non. Pas de vaccin.

Je préfère être tué par un porc que par un cochon de tirelire avec son crâne fêlé pour s’empiffrer de notre monnaie.

Les cochons ont l’art d’aller camoufler leurs revenus dans des pays-abris-fiscaux.

La putain et le financier

Dans l’entretemps, le cercle de la besace de l’intelligence des dirigeants est en train d’acheter le concept comme une putain achète de la silicone en se le fourrant sur les seins pour vendre son corps au coin d’une rue. Le gros mange des yeux, l’entrée de son repas copieux..

C’est donc dire que toutes ces infrastructures «organiques» – nos os, nos veines, notre cœur, nos artères, à force d’étirer la couverture sur la maladie – cette santé mal nommée, est en train de ronger encore les revenus des particuliers.

On avait les vases communiquant, on a maintenant les cochons communiquant.

On s’entreverse…

La niaiserie et la bêtise de l’État et de ses SS ( sections sanguinaires) n’a plus de fin. Comme la soif des banques.

Finalement, nous sommes tous une bulle pour l’État : suffit de la goinfrer de n’importe quoi : peur et servitude font un beau dessert…

Les grandes missions des adultes

Les adultes sont vraiment ennuyants… Mais s’ils restaient ennuyants, cela ne causerait pas tant de dommages. Ils deviennent sérieux… Sérieux de quoi?

Je pense que si on veut vivre longtemps et en santé, il vaut mieux s’adonner à ce bon vieux jeu de l’enfance : tremper une rondelle de plastique dans un mélange d’eau et de savon, et souffler dedans.

Comme ça, au moins, on voit dans l’air les bulles magiques. Ça fascine les enfants.

Si les politiciens et tous ces gens sérieux à cheveux blancs cessaient d’être des adultes chimifiés dans leur foi, secs comme la paille, on aurait un monde meilleur.

La merde de cheval, c’est du frais. Ça pue mais ça engraisse les champs.

La merde snobinarde et vaniteuse, c’est sérieux.

Mais c’est une rangée de cadavres en décomposition, avec des titres et des projets et une religion – mélange de foi-sciences – de chiffres manipulés, dénuée de pragmatique et de logique réelle, avec une recette de la vie dans laquelle les ingrédients pour prolonger le produit sont comme ce fromage qui dure au moins un an. S

L’Alzheimer commence là où la sériosité malsaine a tué l’enfant.

Une fois drogués du pouvoir, de l’argent, à travers l’immensité  de l’Univers, ce sont des vers qui se sont infiltrés dans une toute petite planète.

Il vogue un fruit pourri dans l’univers… Nous y vivons… Pour le moment.

Faudra bien trouver un «savanticide» pour déloger la Bête de notre habitat…

On étouffe dans ce pommier bleu.


Le capitalisme et son vert dilué à l’eau

2-juillet-2009

Les affirmations du comédien Roy Dupuis selon lesquelles Hydro-Québec tenterait d’acheter l’appui des élus de la région de la Côte-Nord afin de mener à terme le projet de barrages hydroélectriques sur la rivière Romaine font bondir la société d’État.

Radio- Canada

La compagnie Hydro-Québec est une multinationale caractéristique du grand capitalisme, avec des intérêts à la fois au Québec et aux Etats-Unis. Son projet consiste, à partir de 2009, dans la construction de quatre barrages en vue de la production d’électricité qui sera vendue directement aux Etats-Unis, grand consommateur d’énergie (fossile ou naturelle). Ces barrages géants (certains devront atteindre 200 mètres de haut) anéantiront la plus grande partie de la rivière et du bassin qui en dépend. La forêt disparaîtra, ainsi que toute vie, et le résultat sera pendant longtemps la décomposition végétale et l’asphyxie de l’écosystème. La nation innue sera privée d’un seul coup de son lieu de vie. Le Monde J.M.G Le Clézio

***

J’écoutais le premier ministre du Québec, Jean Charest, hurler que le projet de la Romaine était «vert».

Depuis des décennies, à regarder la carte du Québec, on se nourrit de ce vaste territoire qu’est le Nord, et dont le seul intérêt consiste à en extraire les richesses.

Ne pas polluer en «bas» ne signifie pas qu’il n’y a pas de pollution en «haut» : on détourne les rivières, on détruit la faune, on achète les Innus, on brise leur mode de vie. Bref, on saccage.

Tout ce bassin nordique est une mine d’or, en termes d’énergie, pour les habitants vivant au Sud  du Saint-Laurent, là où est concentrée la population.

Où est donc ce vert hypocritement écolo? On râpe, on charcute, on griffe, mais en réalité, il n’y a rien pour le respect des nations. Et il n’y a toujours eu rien. Les peuples invisibles du Nord se sont fait voler en signant des traités à «l’alcool », ou à coups d’argent.

Et pour vendre aux États-Unis…

Vendez votre maison, vous n’aurez plus d’endroit où demeurer…

Des viols à répétition

Reste qu’après des décennies  de saccages, de filoutage, les Amérindiens, Les Innus, et bien de petites communautés amérindiennes sont en train de crever en essayant de se standardiser au mode de vie «américain».

La «guerre économique» et ses charcuteries d’âmes est en train d’achever cette œuvre de  continuité dans un viol de la différence depuis des siècles.

Après l’alcool, l’argent : des sans-abri «oubliés» au Nord

On n’a pas idée des dégâts faits aux Amérindiens… On n’a pas idée de ces peuples qui n’ont plus d’âme.

L’étude, qui a été menée durant une période de quatre ans auprès des services de la protection de la jeunesse dans la baie d’Ungava et la baie d’Hudson, fait également part des problèmes sociaux que le peuple inuit vit depuis les dernières décennies: violence familiale, consommation abusive d’alcool, toxicomanie, chômage, surpeuplement des logements et taux de suicide élevé.. Radio-Canada

Les peuples du Nord en sont rendus à n’être que des sans-abri dans un pays déboisé et déserté des animaux, et livrés à un mode de vie sédentaire… Les drogues vont jusqu’à inhaler de l’essence ou des pots de colle.

Dans la misère totale, on vend les meubles…

Après des décennies de misérabilisme, ils sont condamnés à vendre  en se «ralliant». Beau terme pour désigner une vente sous pression. Ils sont à bout. On les a usés. Ils n’ont plus rien, sinon que leur territoire à vendre.

Oubliez la dignité si chère à l’hypocrisie ornementale des fier-à-bras des États…

Le «sauvage» n’est qu’une bouchée de plus dans cette ère de manipulation.

Oubliez le phoque sur les banquises… Il y bien plus qui meut assommés et bulldozés, évidés, éventrés. Pour tenter de contrebalancer ce massacre, l’État Québécois envoie des travailleurs sociaux dépassés par l’ampleur des misères.

Rien ne va plus dans les services sociaux du Grand Nord québécois. Aux prises avec des cas de plus en plus lourds et à des ressources faméliques, une dizaine d’intervenants sociaux du Nunavik sont sur le point de craquer. Avec l’appui de leurs patrons, ils appellent Québec à l’aide. Grand Nord: la situation des enfants se dégrade

Le message de J.M.G Le Clézio s’est rendu jusqu’au Québec.

Elle parle de la fragilité de son peuple, que le projet condamne à mort», raconte-t-il.

Elle voulait aller jusqu’au procès, mais le procès n’aura pas lieu, comme vient de l’apprendre l’écrivain, la nation innue ayant décidé de se rallier au projet, «sous la pression des avocats de Hydro-Québec» et contre «la promesse d’une amélioration économique, d’emplois pour la jeunesse». Cyberpresse, Québec Le Clézio

Non, le procès n’aura pas lieu.

Une vente de feu.

M. Charest, Premier Ministre est un ami de Sarko. Sarko et ses hémorroïdes

Mais ce n’est pas l’homme qu’il faut blâmer, c’est la manière de faire.

Tant qu’il y aura de ces caniches «quatrepattés», à genoux devant les systèmes financiers qui mènent ces marionnettes égotiques, on ne respectera rien… Sauf l’énorme bulle d’un moi déshumanisé.

C’est pour cette raison que les artistes existent : pour contrer ces paons dont l’éventail de leur vision se résume à leur queue que trop colorée.

Le capitalisme s’offusque… Ah! Bon!

C’est comme ça que se perpétuent les animaux de «race» : à force de se croiser entre eux, ils finissent par devenir malades d’une consanguinité trop répétée.

Mais ils ont fière allure…

Sauf que cet ADN de sang bleu finit par étouffer et tuer les humains, les peuples, et la Terre.

Pour faire un tableau, un peintre, avec ce vert dilué à l’eau, en est rendu à une simple aquarelle où les couleurs s’enfoncent dans la terre engloutissant les humains.

Beau tableau!


Avant

2-juillet-2009

Je n’aimais pas les roses
Avant…
Avant de les regarder un jour, et un jour, elles qui incendiaient le parterreJe n’aimais pas les roses
Avant
Avant qu’elles ne deviennent ce mystère, un jour, un jour au grand silence de la Terre

Je n’aimais pas les roses ni les fleurs
À tant haïr le temps, comment
N’en pas voir des horloges et des peaux
De des lucioles aux vents tigées au jour?

J’y ai mis mon regard et mes yeux longtemps
J’y ai mis tout mon silence et mes bouquets de douleurs
Et le sang intérieur, puis les enflures de mes yeux
Si longtemps, si longtemps qu’elles finirent par un dire

Je n’aimais pas les roses
Avant…
Avant de saisir qu’elles dansaient sur nos joues, qu’elles jouaient de nous
J’y ai mis toutes mes cellules, les grises , les roses, les blanches et les noires
J’y ai mis mon écoute, mes attentes, et mes vides si avides
Et voilà que les voix se sont levées, et qu’un dire m’a parlé
De coloris en en coloris, les fleurs sont devenues claviers…

Je n’aimais pas les roses
Avant…
Avant de voir tous ces airs allers aux vents, leur frivole durée

Je n’aimais pas roses
Avant…
Elles mouraient si vite, trop vite, que je craignais de mourir avant de les bien regarder

Je n’aimas les fleurs
Avant…
Celles en tombeaux en hiver, moi qui n’avait pas bien regardé
Elles s’endorment parfois et pousser plus belles et plus belles

Maintenant je m’en vais regarder les haies
Par les matins café
L’une est morte, l’une est née
À la nuit silence
Elles dansent, dansent , je vois des yeux
Le lied secret


Haïkus

1-juillet-2009

Ton rire est au ciel

Comme un chant qui vient d’ailleurs

L’oiseau est en nous…

_

La rivière s’en va

Toute frétillante vers le fleuve

Dans la paix de la mer…

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Et l’œil, et l’amour

Comme toutes les étoiles qui sont

Apprennent à voir loin…

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Joseph, mon grillon

Quand on s’assoie sur le banc

Un été chantons…

-____________________________________________________________________

Semis de l’univers

Les humains vivent sur Terre

Y poussent et retournent…

_________________________________________________________________________

Étaient marguerites

Cherchant amour, cherchant mains

Pour s’offrir aux deux…

le 1 juil., 00