Le jardin des drames

Le paysan est absorbé par ses travaux, le négociant par son commerce, l’artisan par son métier, le vulgaire par ses petites affaires de chaque jour. — Plus les circonstances sont favorables, plus ils s’immergent dans leur spécialité. À chaque échec, à chaque déception, ils s’affligent. Ils suivent une idée fixe, sans jamais s’accommoder aux choses. Ils surmènent leur corps et accablent leur esprit. Et cela, toute leur vie. Hélas ! Tchoang-tzeu

La Terre est comme un jardin de drames. Si on pouvait percevoir – je le répète – toutes les âmes qui montent et qui descendent dans cette  ruche chaude, que trop belle de ses océans,  on aurait droit au plus grand défilé de "fibres de lumière" qui circulent entre deux mondes.  Des fibres de lumière. Des lucioles visiteuses.

Les premiers habitants de la planète mouraient de faim. Quand tu chasses le Mammouth pendant trois jours, c’est comme le tour de France, avec pour médaille et prix de bons repas. Pas repus de gloire, mais repus d’avoir un peu moins de creux dans l’estomac. En fait, soulagés de cesser de  ne penser qu’à sa panse.

C‘était une mer montante de bière, les tonnes de la veuve Désir éventrées, la bière arrondissant les panses, coulant de partout, du nez, des yeux et d’ailleurs (Zola,Germinal,1885,p.1271)

J’ai toujours aimé Zola qui savait avec son scalpel d’écriture décrire les misères et les folies d’une société qui allait devenir de plus en plus folle. Il en faudrait un aujourd’hui pour éventrer la tranquillité d’esprit d’une masse de petits bourgeois qui n’ont plus besoin d’aller dans la rue pour changer le monde : Facebook est là pour le défilé et parade des grands enjeux mondiaux.

Mais dans la colonne du débile et du crédit, ça nous adjuge un statut de mercenaire du matin et de clavier. Fourni par Microsoft et Coca-Cola. Coca-Cola, couleur de la présidence étasunienne. Pour l’instant…

Passez au suivant 

Les premiers habitants de la planète mouraient de faim. Étant donné que l’argent électronique est devenu l’arnaque aussi invisible que le F-35, les furtives compagnies agglomérées ont maintenant remplacé les rois d’antan. Alors, on choisit ceux qui doivent mourir de faim en prenant leur  eau, leurs terres, leurs métaux. Et, malgré toute les richesses du monde, encoffrées, de plus en plus de gens meurent de faim.

Et voilà l’apparition de ces faux Christ: "Prenez et mangez-en tous, car ceci est mon c(or)ps".

Al(or)s! Vive Facebook. L’endroit idéal pour passer au suivant les drames du jour pendant que tout le jour on a ses petits drames. Mais tous ces petits drames sont issus des grands drames. Sans que nous nous en rendions vraiment compte, tout en en rendant conte… On conte, on se raconte… Et tout conte fait, on s’en va au lit soulagé. Facebook, c’est le psy parfait des gens parfaits.

C’est presque amusant de voir jusqu’à quel point, non seulement nous vivons dans un monde virtuel, mais on nous a anesthésiés dans un grand sourire et une une bouffée d’air à s’emplir le poumon-cerveau… Ce bel engin, aussi détaché de son petit intérieur de lumière que nous le sommes entre nous, RÉELLEMENT.

Facebook! La pilule du lendemain…

Le charme discret de la division  

C’est bien tout ça. L’avantage est que vos amis ne puent pas de la bouche… En plus, c’est la même division que nous avons dans la vraie vie: à force de tout avoir pour pouvoir se débrouiller seul, on en vient à la formule: "J’aime mon prochain mais pas mon voisin". Il bruite avec sa tondeuse le dimanche… Il laisse tomber les feuilles de ses arbres sur VOTRE terrain. Alors, plaignons nous de Gaza!

C’est l’ère du crapaud bouffi qui fume trop d‘information. 

Mais bon!… Chacun a droit à son opinion. Le problème est que l’opinion devient une idée que l’on croit solide et "vraie". Mais ce n’est qu’une opinion. Car, en fait, les gens se battent pour des idées ne sachant pas que ce ne sont que des opinions.

Viva! les passeurs d’opinion…

Du moins, c’est la mienne… :-)

La multiplication des génies 

Jésus aurait multiplié le pain et le vin. On a multiplié le pain blanc et le vain. Si la pauvreté a grandement augmenté, le nombre de génies-opinions s’est accrut. Mais ça n’a pas empêché les gens de mourir de faim.

C’est vrai que me voilà un tantinet sarcastique… Mais je ne m’éloigne pas de la masse, j’en fais OBLIGATOIREMENT partie. Alors, comme tout le monde, j’ai envie de mitrailler tous les drames de la planète. Mais en tant que créature vivante et pensante, cherchant une solution à tous les drames, je ne crois plus, ou n’ai jamais cru qu’elle passerait par les immondes organisations planétaires aussi bouffies que les crapauds.

Non.

Cultiver la haie(ne)

Il y a quelques jours, la haies qui sépare le terrain de notre maison à celle de mon voisin a été déclarée …morte. Trop haute, impossible à tailler. Donc, il faut la faire disparaître. Une belle haie de cèdres… C’est jolie une haie!  Mais après 50 ans, c’est …terminé-terminator.  Les branches sont trop grosses… C’est du bois…

J’en ai parlé au voisin et sa femme m’a demandé ce qu’on pourrait mettre à la place pour faire une démarcation de terrain.

J’ai eu envie de lui dire que vu la largeur de la haie, ( 6 pieds), sa longueur ( 47 pieds), l’idéal serait de faire une ligne d’un potager de la même grandeur et de se partager les fruits et légumes du jardins.

Belle solution! Et pratique… Surtout amusante.

Mais voilà! Une haie, c’est comme un frontière à ne pas franchir entre l’avoir du voisin et le sien. C’est comme Israël et la Palestine.

Et c’est le petit drame des grands drames: car, au fond, nous pourrions nous enrichir mutuellement, autant dans le partage chaleureux que dans l’avoir.

Nous avons une culture d’avoir, de possession et de frontaliers.

Rien qu’à l’idée d’en parler, je me sens ridicule. Alors, c’est normal d’être de ne pas partager, de se diviser, de cultiver son ego… pour finalement mourir de faim d’amour et de compréhension pour une petite parcelle de terrain.

Nous arrosons nos drames en calquant les imbéciles heureux… Et ça pousse jusqu’à la religion de l’avoir. Celle qui est la source de tous les drames.

Il faudrait un verbe nouveau:

Je drame

Tu drames

Il drame…

etc.

C’est ainsi que le jardin Terre s’est appauvrit tout en étant riche.

Nous nous plaignons d’être pauvres dans des pays riches. Mais de quelle richesse parlons-nous?

La haie c’est la haine…

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

Un peu de bringue dans le dingue

Un peu de bringue dans le dingue

L’humanus-truc déçoit par sa petitesse.  Il a subi une mutation, comme un oiseau qui perdrait ses ailes parce qu’il volait la nuit et croyait que le ciel avait disparu.

Il est mieux reclus en des endroits où il laisse la tempête faire rage dans sa tête, partout où il est incapable de prétendre berner.

Tic tac. 2 secondes qu’il aura épargné à l’horreur, rêves avortés d’éternité.  Caramel, bonbons et chocolat, triste dilemne avant de tuer.

Tic tac. Un pan de vie se soulève, découverte futile et grandiose du temps passé à craindre les remous, la pluie et la haine.

Tic tac. 2 secondes de répit pour l’humanité.

Des mots pavés de mots, leur sens confié à google et leur portée à des sourds-aveugles. Visions inutiles d’ISO solutions à des problèmes vendus dans le rayon des problèmes manufacturés. Le silence tient le micro qu’on devine fabriqué en série.  On n’entend que les parasites.  Tic tac taxe.  Made in China.  Surf in USA.  Back in USSR.   Développé en série, vagues rumeurs de rupture de stock, coulé en tzigane frappé sur l’enclume et qui transforme le son en leurre.  Un appareil d’abord dévolu sion, qu’on teste à taire puisqu’il est sans garantie de califté.

Il faudrait abandonner ses droits comme ces chevaux qui se couchent pour ne plus se relever… Il faudrait aussi un voile opaque pour cacher l’inconscience qui gambade au grand jour: GM, OGM, VISA, le bon la brute et le truand. Il n’y en a plus un pour jouer le bon, forcément ce sera toujours mauvais.

Bill Gates peut sauver tous les nénuphars de la planète: il suffit qu’il écrive Microsoft sur l’eau avec des bulles économiques.

Le clown vêtu d’or sait que les fusées ne consomment pas d’eau. Questionné, il n’aura menti à personne durant la pesante heure. Tic tac. Une autre petite goutte dans l’océan des vérités trafiquées propulsées au fric. Et les enfants de minuit s’éteignent un à un, emportés loin de l’eau vive. Ils sont bannis avant d’avoir bu, avant d’avoir vu les étoiles, avant d’avoir souri. On les enterre sous le soleil, là ou prend fin pour eux l’odyssée meurtrière. Question de pratiques… pratiques. Tic tac.

Et mon ancienne voisine qui forçait l’univers à grands coups de mépris, comme une brute désaxée… conséquences des soldes chez Walmart: trop de pelles pour ne pas lancer sa neige sur le balcon des autres, trop de chaussures à crampons pour l’empêcher de tracer des sillons dans le parquet, trop de musique à rabais pour qu’elle oublie de purger toute la ville avec Michel Fugain. Une thermopompe bruyante lorsqu’elle dormait: la peinture gondolait sur les murs et les toiles d’araignées s’il y en avait ne résistaient pas. Il y a tout un tas de ces désaxés enfermés dans leur monde tapissé à fleur de peau. On leur fout du pognon dans les poches et un micro et on leur donne quelques cours sur l’art de claquer leur fric tout en ayant l’air honorables et on a le portrait de toutes les horreurs possibles.

Qu’on reprenne nos droits donc sur les chansons qui ne font pas souffrir! Vite une subvention, je m’impatiente à tant ignorer ce que le monde a envie de faire pour moi qui suis née sous les étoiles.

Pepsi a soif de folie et pense ajouter 10 ml à ses bouteilles. Que d’audace.

Et si j’étais reine couronnée d’inconscience à bord d’une galère, au lieu d’être une idéaliste accrochée au quai qui lance à l’eau toutes le bouteilles vides dans l’espoir qu’une fois remplies de douces heures elles vogueront vers tous les SOS de ceux qui espèrent survivre au temps qu’on leur vole?  J’aurais assurément moins de rêves mais plus d’idées…eau…logis.  Je maîtriserais l’art de galérer.

Les promeneurs aux chaussures luisantes sont dispersés aux quatre coins du monde et l’horizon a disparu tandis que les vagabonds pieds nus sont devenus muets, sourds et aveugles. Ils marchent sans savoir où ils vont.  Peu importe c’est partout pareil.  Ils gravissent des montagnes d’immondices à la recherche des sommets, le corps ravagé par l’effort, le coeur détruit par l’odeur insoutenable, fuyant le paradis défiguré, désarticulé pour atteindre Zombie land, là où il suffit de faire semblant de vivre pour être roi.  Ils ne voient pas, n’entendent pas, ne pleurent pas.

Pause humanitaire:

Tic Tac:

Les ponts se souviennent des rivières et des voitures qui jadis ignoraient l’avenir. La Corée danse un gangnam americano-rap-mafieux-dragonball-débilité-rétrograde et pernicieux. L’humanité régresse à son point zéro: ipad, ipod, facebook et alouette: les amitiés de bytes avec une encountered abnormal terminaison.  Si la batterie flanche on est dans la merde: on ne sait plus qui l’on naît ni qui l’on tue.

Les chefs sont payés pour jeter aux ordures les dernières pièces de viandes comestibles.  De toute façon il allait en manquer.  Un peu de cari, douze publicités et la journée se termine.  Direction le matelas de la trève avec ou sans repos, là ou les guerres sont sur pause.  Et roule la bande mémoire des élucubrations nocturnes semblables à celles du jour.  Une vie pare-choc à pare-choc.  Relaxol, Zzztol, Z-night, Nightquil au bromo-zzZ-paradoxal torpeurisant béni à l’absence de chapelet.  Nord-sud-est-ouest: géographie de la cage, 360 degrés de misères endormies et on s’accroche à son pays: le matelas anti-SDF dont il faut prolonger la garantie chaque jour.  En guise de promesse d’avenir, l’humanus-truc dépose 100$ sur la table de chevet, avant de sombrer dans l’oubli, afin de pouvoir vivre 24 heures de plus quand il ouvrira les yeux… Il ne se réveille plus:  il ouvre tout simplement les paupières.

Foutez-lui la paix avec la vie. Il s’en paie une tous les jours. Il entre son NIP pour repousser sa date d’expiration.

Heureusement la beauté est légère et vivifiante.  Elle est bien celle qui sera la dernière à tirer sa révérence:  un pied-de-nez à tous les spectacles désolants.

Elyan

La prière des framboises

Ce matin, dans le jardin, en buvant mon café, dansaient déjà les abeilles qui butinaient comme des dieux de fleur à en fleur. Un petit vent frais rythmait les feuilles dansantes…

et là… Ma compagne de Vie, en train de cueillir des framboises. Elle est venue vers moi, portant la moitié d’un panier de framboises.

- Tu cueilles des framboises?

- Oui, Tu vas trouver ça dingue… J’ai l’impression de prier.

Henriette  aussi avait son chapelet noir, qu’elle égrenait de temps en temps… Mais voilà que ma compagne avait trouvé ces petits grains de  chapelets pourpres, pleins de vie, que l’on égrène en les cueillant.

Ce qu’il faut aux humains pour comprendre, c’est tout simplement d’être émerveillé. On a ça dans l’âme en naissant… On a ça dans la débonnaireté à la souche de son être. Qui donc sait les vies antérieures? Qui donc connaît la petite part de lumière en nous capable de s’associer à tous les lumignons des sols, des abeilles, des plantes dites indésirables? Personne ne se vante d’être en amour avec ce qui EST l’amour. Puisque tout est lié, notre "séparation" avec la Vie est déliée de par la pauvreté de nos chairs.

"Comprendre" ne peut pas être lié à des analyses. Comprendre ne peut jamais être une dissection du vivant. Comprendre est ne pas avoir à exprimer ce que l’on est puis que nous sommes TOUT ce qui est.

Il m’est venu un vieux souvenir de mes études: disséquer des crapauds dans le laboratoire… J’ai compris plus tard que la dissection des crapauds permettait de comprendre la mécanique du vivant des crapauds, mais elle n’a jamais permis de comprendre la vie des crapauds ni, surtout, tout l’environnement et rapports des crapauds avec le tigre de Sibérie ou la libellule qui volait au dessus de l’étang. 

Le soleil se levait lentement à l’Est, sur une montagne, puis éclaboussait tout le vivant, plantes, animaux, moustiques, eau, arbres, humains.

Ce qui unissait tout cela, c’était la lumière. Le soleil ne juge pas le ver de terre qui travaille les sols, les enrichit, se nourrit – indirectement- de la lumière du soleil, de la chaleur, des pluies.

Un petit air doux passa, tout doux, passa, effleurant une joue, une feuille, une abeille…

Quand tu jettes un peu d’eau sur un feuillage, personne ne l’entend dire "merci". Il vous parle en vous nourrissant. Les Homme, eux, pensent qu’en parlant on nourrit.

Aimer, dans toutes les formes de différences, est sans doute le plus bel acte que puisse accomplir l’être humain.

Si l’on peut prier avec un petit panier de framboises, nous avons un énorme problème: celui de ne pas prier avec cette  multitude de fruits que sont les humains, eux aussi, soumis à l’eau, à l’air, au soleil, à la terre. Eux aussi… Oui.. Et les "eux" sont les autres.

Nous vivons comme si le grain du chapelet ne faisait pas partie du chapelet.

Et plus nous nous éloignons du vivant, plus nous nous éloignons les uns les autres.

On dirait que le progrès, dans son format techno, nous assassine et nous défibre.

Oui, il nous défibre dans ce qu’on a de vivant et de vrai. De réel également…

Nous sommes égarés les uns des autres. Certains disent que c’est de la haine. En fait, c’est une ignorance cultivée que de vivre dans un format éteignoir…

La société est ce petit chapeau que l’on met sur les chandelles pour les éteindre…

Chapeau!

Gaëtan Pelletier

19 juillet, 2014, à l’apparition des premières framboises…

 

Ukraine: deux voix, un même crime

Ukraine:  deux voix, un même crime

Eh bien voilà…. c’est réussi…

Près de 300 personnes sacrifiées pour les prétentions des uns et des autres.

Monde de dingues, d’abrutis sanguinaires… à l’ouest comme à l’est… aveuglés par la haine.

Il n’y a rien à défendre ici.  Absolument rien.  La haine est coupable.

Voilà le mensonge ignoble dans lequel la haine entraîne unanimement tous ceux qui en sont atteints:   tuer pour une cause.

En présence de la haine, la vérité et le mensonge cheminent dans la même direction et font commettre les pires atrocités.  La nôtre se situe à quel degré?

Que penser du fait qu’aucune autorité n’a pu préserver le lieu de l’écrasement afin qu’il ne soit ni investi, ni contaminé?  L’Ukraine et la Russie (qui avaient toutes deux intérêts à le faire) se retranchent jusqu’à ce que l’ensemble des réactions mondiales et la nature des ripostes soient connues?   Le prochain mouvement des parties en cause déterminera  la suite des événements…. car ce conflit a franchi une étape de trop.  Quelles seront les prochaines actions posées par les pro-russes?  Pourquoi sont-ils les seuls à piloter ce drame de près?  A l’ouest comme à l’est, on leur laisserait un no man’s land où les crimes sont permis (ce qui ne leur place pas automatiquement une arme dans les mains)?  Une sorte de zone immunitaire pour criminels?

Un avion bondé de vies sacrifiées servira une ou plusieurs causes, toutes tordues parce que toutes meurtrières.  Qui avait le droit…

S’il y avait eu erreur sur la cible, ce qui n’aurait rien changé à la folie qui règne, il aurait dû y avoir à date dénonciation de la part des personnes mêmes qui ont causé cet incident malheureux, étant donné l’ampleur des conséquences qui pourraient découler de ce grave incident.  Il est donc permis de penser qu’il n’y a pas eu erreur sur la cible et que cette folie a pour but de tirer au sort l’avenir immédiat d’un pays mais aussi celui du monde entier.

La Malaisie pourrait permettre une seconde fois en moins de cinq mois qu’une zone géopolitique sensible soit légitimement investie.   Mais le hasard existe…  Quoi qu’il en soit, la compagnie aérienne qui fut en cause dans les deux cas est tout de même éprouvée depuis le début de l’année 2014, beaucoup moins évidemment que plusieurs de ses passagers puisqu’eux ont tout perdu.

La folie était au rendez-vous ce 17 juillet, jour où la haine a fait pleurer les coeurs et trembler le monde.  Je remets la même vidéo que j’ai mise récemment dans un article, laquelle est un appel à la paix et à la liberté.  Je l’avais mise une première fois pour qu’elle adoucisse les moeurs.  Je la mets aujourd’hui pour qu’elle adoucisse les meurtres….

Comme tous les lecteurs, j’ai une pensée pour toutes ces personnes qui ont perdu la vie.  Elles ont payé le prix de la haine.  Cela n’aurait jamais dû se produire.  C’est mon appel au calme, ma prière pour qu’il n’y ait plus aucune place pour la haine dans les coeurs.

Voir la chronologie des événements

 

Elyan

Centpapiers

Voyage au bout de la Vie

gajana:</p><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
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<address><span style="Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur."
Louis-Ferdinand Céline 
*** 
 
LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.DÉLIVRE…
 

Il fut un temps où j’achetais des livres … à la livre. Je passais des heures à chercher un sens à la vie à travers ceux qui avaient trouvé toutes les éraflures des éraflures des âmes. Mais avant, il fallait passer par le grand tumulte du "littéraire", des essais, des arts, des analyses, pour saisir une certaine mécanique enfin arrêtée. Mais tout bougeait.

Cette période de la vie où toutes ces légendes mystérieuses, grandioses, encensées nous livraient une partie du savoir de l’humanité. Une partie des autres est toujours une partie de soi. On nomme cela une quête. Et avec raison. On quête dans le cerveau des autres ce qu’on n’ose pas trouver dans le sien, pensant qu’il faut s’engueniller de tous les mécaniciens des connaissances pour saisir l’essence de ce monde.

Après, il fallait distiller. Pour la délicieuse quintessence… Il en est qui sont des "passer au suivant". Avec toute l’honnêteté qu’ils ont. Avec toute la franchise et la douleur accumulées. Ils vous donnent leur vie en quelques poèmes.

La boue du monde 

La Vie, la vraie, c’est comme une sculpture: il faut s’engraisser de toute la boue du monde pour ensuite se sculpter. Il faut même qu’elle sèche un peu pour que l’on puisse la tailler. Sinon, après, nous serions mous et fragiles. La sécheresse a bien des vertus en autant que l’on puisse l’utiliser. Quand ont songe que les hommes sont composés de 70% d’eau, une fois en statues érigés, il restent secs comme des veaux d’or dont parle la bible.

Pivot

Chose surprenante, la "vérité" n’est que le montage intellectuel de ce que l’on croit après avoir fait son propre assemblage avec les matériaux intellectuels cueillies au bord des lignes de livres, de pensées, de personnages grandioses qui pourtant sont si peu…

C’est simple: la vérité et la certitude font davantage de victimes que l’ignorance. Ils sont en fait responsables des 3/4 des malaises du monde.  Ce n’est pas le savoir qui a gangrené notre monde, mais la manipulation des "faux savoirs". Alors, tout est baigné dans le liquide sirupeux et trompeur de la propagande politique et économique. De la propagandes des gens abonnés au cervelet.

Il faut un certain savoir pour bâtir une maison. C’est pratico-pratique. Mais l’autre, celui de ceux qui les achètent et les vendent, ceux qui jouent aux fins finauds, qui s’électrisent aux petites réussites est, au bout du voyage, aussi inutile que d’amener une pépite d’or dans cet autre monde après le déluge du corps.

C’est là le pivot: une fois qu’on a fait le tour de toutes les magouilles, même celles des vies ultérieures, on se calme un peu, avec un sourire en coin et on regarde alentour de soi. Il en est qui se plaignent du de la douleur et des misères des premiers hommes habitant l’ère glaciaire… Ce que l’on vit aujourd’hui est le résultat de mailles méchantes et bien tressées de l’homocumulatus.  Drôle de créature!

L’Homme araignée.  Le fabricant de toiles pour vous capturer… en fait, tout capturer. Il a appris à piéger, à bâtir des pièges économiques. Alors, pourquoi se plaindre et geindre sur les anciens chasseurs qui broyaient les jambes des bêtes pour manger? Et par besoin…

J’ai souvenir de lièvres gelés en hiver, morts lentement par étranglement de fils de laitons placés sur leurs petits sentiers.

Les petits sentiers… Ne sont-ce pas ceux que nous suivons?

Dessillement 

Tout bouge, tout se meut, tout est vie.

… et depuis longtemps, je suis plutôt étonné des manigances des fourmis, des lueurs invisibles des plantes, de tout ce qui pousse avec un peu d’eau, un peu d’air, un peu de terre…et ce qui meurt en hiver, disparaissant sous le gel , comme dans un beau et grand repos-inspir, pour ensuite respirer sa vie qui est la nôtre. Souffler!. Cette vie en vert, si surprenante de générosité en désaccord avec nos propres cupidités "apprises"…  On dirait que lorsque les yeux – ces yeux de chair – voient un peu embrouillé, les yeux de l’âme s’éveillent et prennent le "relais".   Les matins, les petits matins frileux, quand le corps a fait des noeuds au point de se lever un peu plus douloureusement, il y a les êtres à découvrir encore, comme si on ne les avait jamais vus. 

Si nous pouvions voir tout le pouvoir de la tendresse, de la simplicité en début de vie, jamais nous de donnerions d’argent à ceux qui achètent des armes et tracent des frontières. Jamais nous ne permettrions d’user de nos sueurs pour tuer ceux qui usent de leurs sueurs pour bâtir un monde meilleur. Le monde "meilleur" est celui qui est, existe, et sera toujours. Le pire des mondes provient de celui qui cachent les humains au profit des superstructures. Et de par celles-ci. Les aveugleurs… 

planthomme 

Ce matin, je me suis levé tôt… J’ai fait le tour du jardin. C’était horrible! Les framboisiers avaient envahis les rangées de fèves, le compost refusait de composter, la mauvaise herbes s’approchaient des plans de patates, et les carottes s’étaient unis en trois rangs pour pousser… De la rhubarbe, des fleurs, des abeilles, trois pruniers, 30 plants de tomates, des poireaux.

Je me disais que j’allais perdre quelque "chose"… Mais, étant donné qu’ils n’avait pas plu depuis longtemps, tout le parterre du voisin était jauni par la sécheresse. C’est là que j’ai compris que la diversité était une force, mais que nous passons notre temps à cultiver ladite "monoculture sociale".  Et c’était là la grande faiblesse de cette humanité à travers laquelle je serai passé.

Si une plante multicolore, orgueilleuse, haute écrivait ses mémoires… Ce serait comme ici.

Mais les plantes ne savent pas écrire. Même si l’infime brin d’herbe ne sait  pas lire, la pauvre plante orgueilleuse la regarderait de haut, sûre qu’elle a "créé" la plante, sans savoir qu’en mourant , l’herbe a   engraissé la terre dans laquelle  a pu s’épanouir la belle au moi dormant… Mais la pauvre ne saurait même pas que le brin d’herbe est totalement ignorant de la "grandeur" étalée de cette "merveille".

Les odeurs n’ont jamais nourri personne…

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

TreblinGaza

 
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L’armée israélienne s’est vantée d’avoir lancé plus de 273 frappes aériennes mardi. Ces attaques perpétrées par des avions de combat F-16, des hélicoptères Apache et des drones, ont transformé les maisons en tas de gravats et ont fait s’élever des flammes et de la fumée dans le ciel de Gaza où près de deux millions de Palestiniens sont confinés dans ce qui est, en fait, la plus grande prison en plein air du monde. Mondialisation 

L’Histoire ressemble à une lutte de groupements humains qui cassent de la pierre en la rougeoyant toujours du sang des gens simples. Si les guerres étaient "utiles", nous aurions certainement évolué grandement en un siècle. Mais les guerres et la folie humaine ont  fait en sorte que nous sommes  tous dans un Gaza économique, piégés par une autre guerre: l’argent. Ou les terres… Ou le pétrole…  Peu importe: l’avoir l’emporte sur l’être.

Il semble maintenant, à travers toutes les analyses inutiles que nous consommons chaque jours,  que le véritable problème est que les guerres sont économiques, et les humains – même à travers ce boucan inutile des analyses journalières – ne gagnent rien. Ni de terrain, ni cette paix tant promise à travers les institutions mondiales gangrenées, dénaturées, vicieuses qui vampirisent  nos avoirs, nos sueurs, nos êtres, la superfluité perpétuelle à laquelle nous sommes condamnés.

De sorte qu’en évaluant les intrications dans une perspective sereine et retirée de tout ce qui se passe, nous sommes tous, humainement parlant, des Gazas dans un nouveau camp de concentration mondialisé.

Gaza sera sans doute sous peu anéantie. Une petite péninsule qui n’est que le reflet de NOTRE  monde. Une bande étroite de quelques millions d’habitants dans un univers sur-armé, sous-humanisé, hyper-technologique, un camp de concentration boursouflé de souffrances.

On se croirait dans une période d’Alzheimer mondialisé….

Sorte de petit Treblinka rose qui passera à l’Histoire comme un fait divers. Les hommes peuvent bien rebâtir des villes mais ils ne savent pas les garder intactes. Les Hommes savent détruire les villes pour raisons diverses, car la haine rend aveugle, et l’on sait tellement bien cultiver la cécité sociale…

De sorte que Gaza n’est pas que Gaza. Gaza n’est qu’un pan de miroir éclaté de notre propre éclatement. De nos éclatements et de notre absence totale de cet simiesque personnage qui a appris à ne tirer aucune leçon de l’Histoire.

Connaissance en "flash". Et l’on passe à autre "chose"… Éclair, fermeture de paupière et …oublis. Il demeure toutefois une trame persistante: les humains ne savent pas vivre leurs différences. On retrouve cet inébranlable et inéluctable incapacité dans les recoins lointains des clans encore enfermés dans des forêts , loin du "progrès".

De là la belle illusion de toute la culture étalée sur des bibliothèques de savoir, des universités pompeuses, et des diplômes livrés comme des parchemins, médailles de papiers, certifiant: "meilleurs après". Comme si l’ignorance, une fois trempée dans la connaissance fibrée, étatique, morcelée, spécialisée, serait garante d’un monde meilleur. Elle ne fait qu’élever en spirale cette tour de Babel, labyrinthe dans lequel nous nous perdons de vue et de sens.

Il ne peut avoir de vie réelle dans ces  guerres cultivées. Il ne peut avoir d’humanisme que dans les livres, les analyses,  - pourtant si nombreuses -, si nous ne savons pas appliquer nos connaissances. Dire – le torse bombé – que les actuelles sociétés sont "évoluées" est insensé. Elle ne sont que complexes, joufflues dans leurs diamantaires éclats et totalement  "déciblées" dans notre contexte dit d’évolution.

Vivre de savoirs inutiles, de fast-food intellectuel, de frauduleuses et de structures planétaires bosselées, fourmillantes de blattes "sociales", est carrément éloigné d’une véritable évolution. Nous choisissons de ces crapauds savants qui nous font vivre dans une mare inerte et étouffante.

Mais quel bel apparat!

Alors Gaza, malgré que c’est à pleurer, n’est qu’un autre échec de ce monde complètement déshumanisé mais bien organisé. Voilà nos "valeurs"! Car, en fait, il faut organiser pour un "monde confortable et meilleur".

On peut bien s’effondrer en larmes sur l’histoire de Gaza, trouver les coupables, etc. Écrire de beaux textes en y insérant des noms…  Gratter le bobo jusqu’à ce qu’il saigne.

Mais, il y a un monde "butoir" à nos actes, à nos "valeurs" et aux choix que nous laissons entre les mains des élus: la décadence d’une petite boule bleue perdu  dans l’espace…

C’est le Gazarond…

À se demander si nous ne construisons pas nous-mêmes nos propres chambres à gaz…

Ah!

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

P.S.: Pour faire votre propre liste de "sources", utilisez Google. Faut-il autant jouer les savants en utilisant des "références"? C’est le jeu de l’universitaire qui pille les morceaux du puzzle pour "comprendre" et supposément …créer.

Échantillons:

1. A Gaza, le double blocus impose une diète draconnienne aux Palestiniens

2. Gaza brûle : voici l’incendiaire

La prison à 50 États

prison usa

J’ai peur de regarder en dessous de mon lit!… Il y a un monstre. 
Couche-toi et dort, tu devrais regarder en dessous de ton pays…. 
Robert C. Cornwell 
 

J’ai appris, de la bouche de mon fils qui a fait des recherches sur les ancêtres des Pelletier, que mon arrière-arrière grand-père avait migré des États-Unis au Canada.

Brrrr!

Depuis je me lave à l’eau de javel trying to erase  pour me laver de cette souche. Mais probablement qu’il était trop doux pour faire la chasse aux amérindiens, papi-papi, puisqu’il est revenu au Québec.

***

Les U.S.A. mènent le monde par la peur, par leur clinquant. De sorte qu’ils ne sortent plus de leur pays de peur de se faire huer et ne laissent plus entrer personne de peur de se faire tuer. Mais ils s’entre-tuent entre eux…

Enfant, j’y ai fait des séjours parce que mon père y travaillait. Si la tendance continue, ils auront  besoin de plus de policiers que de citoyens. Les dirigeants américains ont l’art de cultiver la peur pour engager les" boys" à faire la guerre aux méchants et à transmettre la liberté frauduleuse et toute menteuse de leur système de dégénérés qui se reproduisent comme des blattes.

Ils sont prisonniers chez eux…

On tue un américain, ils se vengent en en tuant 50,000. La loi de "l’étalon". Talion, étalons, ces fourmis d’églises diverses ne se voient plus le nombril à force de manger food-food fast.

L’Amérique chantée par Dassin est maintenant un énorme miroir, mais un miroir rongeur comme un rat-Narcisse se mirant…

Mais là où se cache le grand secret des U.S.A., c’est dans sa pauvreté. Soldats des multinationales, soldats des armées allant répandre la bonne nouvelle. L’américain moyen et pauvre est piégé: autant dans son ignorance des différences de l’être humain, se gargarisant de haute-technologie, c’est avant tout un vendeur d’autos et d’armes, un kapo avec une culture de Goebbels fabriqués à la chaîne.

Tout Fordisme. Tout pyramidal. Hypocrite.

On dirait un remake d’un vieux film des années 30… Mais en 3D.

Il n’y a personne à blâmer. La masse américaine est victime de son ignorance et de ses valeurs "primaires". Puérile  jusqu’à la moelle. Et navrant dans le constat.

Elle est même en train d’avaler sa "propre liberté". Après avoir puisé dans les réservoirs des esclaves à harnacher, la voilà elle même dans un bateau étroit, encagée, apeurée, voire enchaînée.

La carte étasunienne est une paupière fermée sur le monde.

C’est la culture de l’aveuglement et des formules vides.

Et les chiens-guides sont élus…

Comme disait Elvis, dans un de ses livres JAILHOUSE ROCK:

One for the money 
Two for the show 
 

Les paillettes et Vegas… Une ville dans le sable… Un pays dans la merde!

Le terrorisme intraveineux…

gp

2014

Ces enfants ridés qui pourrissent nos vies

Obama Vieux

C’est la faim des temps… 

GP

Depuis des millénaires, la racaille politique liée à l’avoir, sous toutes les formes d’avoir, que ce soit le pouvoir, ou la "mission divine" des anciens, de tous les temps, les peuples ont été bernés,  et savamment, en laissant des "dirigeants" "préfabriquer" leurs vies, avaler leurs richesses, en des viols planétaires.

Et on en fait des statues… On les coule dans le bronze. Pour les rendre éternels.

Le viol en rose 

Violés, charcutés, brisés, au nom d’un dieu, au nom d’une idée, au nom de la revanche des frontières tracées, retracées, lignes brisées par des combattants convaincus, obligatoirement convaincus. L’homme est le Pinocchio de bois des maîtres du monde. Il finit par aimer ses cordes et les mouvements articulés par le diktats des prétentieux

Le cerveau humain, dès la naissance, est une éponge, un éponge nécessaire qui avalent tout son environnement dans une capacité d’absorption …inquiétante.  Utile à la fois. Mais complètement inutile quand cette capacité athlétique ne cultive  pas le "muscle" de la critique par la distance à cette foi, cette fois figée à jamais: croire et adopter un système, une idée, un chef, un "régime" à se faire fondre jusqu’à l’os, ronger par les gloutons de l’avoir.

Le drame inabouti 

Le drame de l’humanité est toujours et sera toujours un drame inabouti. Une pièce de théâtre aux acteurs de chair, placés sur des carreaux, comme dans un jeu sur lequel s’amusent les enfants ridés qui n’ont pas évolué. Nous n’avons pas évolué par ce que nous sommes désormais, et de plus en plus élevés par l’État. L’État n’a pas d’amour. L’État n’a pas de pitié. L’État est de plus en plus mécanique et déshumanisé. Il enfante des citoyens mécaniques et déshumanisés.  Il les encense, les leurre, les beurre de médailles et d’honneur. Il honore et lèche la joue du travailleur. Les chiens ont tant de biscuits qu’ils le partagent…

C’est le "bien"…

Le cordon paradisiaque 

L’État du 21 ième siècle est une secte guère différente des autres. C’est une secte "laïque". Le cordon paradisiaque donne naissance à ces nouveaux "arrivants" dans la vie qui baignent maintenant dans cette nourriture nouvelle et goebellienne ; du pain et des jeux est passé au pain rassi de l’austérité, nouvelle formulation pour une crise désormais ad finitum mais déclarée nécessaire. Mais elle n’est que la nouvelle invention du gratin élu, ensommeillé dans les toiles des mouvements et des guerres mondiales hypocrites à multiple face toujours cultivées pour le "bien" du peuple.

En vendant son âme  à une usine – que chacun croyait appartenir à "son" pays,-  le citoyen médusé ne comprend plus rien à ce monde. On le crypte d’ailleurs dans une multitude d’interventions verbales et sournoises par le pouvoir des combattants de "drapeaux", chair-pion pour les combats musclés d’arrière garde.

La mondialisation des marchés a permis l’intrusion et la profusion des blattes bancaires, des fourmilières de charpentes que font valser les frontières de l’intérieur. Plus frontières, plus de pays.   Rien que des compagnies invisibles, multi-tentaculaires qui dessinent au nom du profit "l’avenir sans avenir".

Vendre sa laine 

Comprenons que nous payons à quasi 50% de nos salaires des politcailleurs qui ne sont des des vitrines d’un magasin énorme appelé TERRE. C’est le monde à l’envers car, de fait, nous payons des gens pour gérer une partie de nos vies et ils passent le temps de moins d’une décennie dans un monde qui est avalé en un tourbillon pareil aux trous noirs de l’espace.

Ils bouffent la lumière que nous sommes.

Le mouton peut bien vendre sa laine en retour d’une certaine nourriture sans trop souffrir. Le mouton a la laine épaisse. En transformant la laine en "argent", la laine ne sert plus à réchauffer, à fabriquer des vêtements, mais devient une "cyber-laine" perdue et inutile.

Ces gens-là pourrissent nos vies depuis le début de l’humanité. Chacun est un grain de sable dans le carré de sable de ceux qui s’amusent à "améliorer" le monde par un seul moyen: l’argent. Et l’argent nécessaire à ce bonheur de vitrine nous est présenté comme seule alternative depuis l’ère du fordisme: l’humain sans terre et fabriqué à la chaîne. Lui qui croyait échapper au labeur… Il se lève à 5h30 le matin pour passer un pont de deux kilomètres pendant deux heures.

La Terre est le nouveau Vegas planté dans le désert… Nous en sommes les employés. Mais nous payons pour qu’ils jouent sans notre réel assentiment.

Nous somme un jeton dans un monde où tout se jette.

Une bouteille d’eau à la mer… Sans message clair. Sinon qu’elle est vide et  pollue les océans.

Mais dans toutes les réunions pour régler le sort de la planète, il est bon d’avoir – avec son chic discours copier-coller  une bonne bouteille d’eau.

C’est ce qui reste à un cerveau vidé de sagesse…  Ils sont plus intéressés à acheter des armes avec l’avoir des peuples que de les désarmer. Chacun a un petit peu d’investissement dans les mines antipersonnel ou les F-35. Peu importe…

Il restera toujours le futur simple du verbe pourrir .

Gaëtan Pelletier

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Les Hay Babies – Tumbleweed – 1080 HD – Belle et Bum – 02-03-13

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Plouch!

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Marche à l’eau

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Le retour de George Orwell et la guerre de Big Brother contre la Palestine, l’Ukraine et la Vérité

John Pilger

L’autre soir, je suis allé voir une interprétation de 1984, de George Orwell, dans un théâtre de Londres. Bien qu’une mise à jour contemporaine eut été intéressante, la mise en garde d’Orwell sur le futur n’y fut présente que sous la forme d’un exercice de style : distant, pas le moins du monde menaçant, quasiment rassurant. Comme si Edward Snowden n’avait rien révélé, que Big Brother n’était pas devenu un espion numérique, et qu’Orwell lui-même n’avait jamais dit : « Pour être corrompu par le totalitarisme, nul besoin de vivre dans un pays totalitaire ».

Encensée par les critiques, cette production talentueuse était à la mesure culturelle et politique de notre époque. Quand les lumières se sont rallumées, les gens étaient déjà en train de sortir. Ils ne semblaient pas avoir été touchés, ou peut-être que d’autres distractions les attendaient. « Quelle prise de tête ! », s’est exclamée une jeune femme, en allumant son téléphone.

A mesure que les sociétés avancées se dépolitisent, les changements sont à la fois subtils et spectaculaires. Dans les discours quotidiens, le langage politique est une inversion, comme Orwell l’avait prédit dans 1984. « Démocratie » n’est plus qu’un outil de rhétorique. « La Paix », c’est en réalité un état de guerre perpétuelle. « Global » signifie impérial. Le concept de « réforme », autrefois porteur d’espoir, signifie aujourd’hui régression, voire destruction. « Austérité » signifie le passage au capitalisme extrême pour les pauvres et au socialisme pour les riches : un système ingénieux où la majorité travaille à rembourser des dettes, au profit de la minorité.

Dans les arts, l’hostilité vis-à-vis des vérités politiques est un article de la foi bourgeoise. « La période rouge de Picasso », titrait le journal Observer, « et pourquoi la politique et l’art ne font pas bon ménage ». Et cela dans un journal qui a fait la promotion du bain de sang de l’Irak comme croisade libérale. L’opposition au fascisme qui a marqué la vie de Picasso n’est plus qu’un détail, comme le radicalisme d’Orwell qui a disparu dans le prix qui s’est approprié son nom.

Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l’université de Manchester, constatait que « pour la première fois depuis deux siècles, il n’y a pas d’éminent poète britannique, de metteur en scène, ou de romancier prêt à remettre en cause les fondamentaux du style de vie occidental ». Aucun Shelley ne parle pour les pauvres, pas de Blake pour défendre les rêves des utopistes, ni de Byron pour maudire la corruption et la classe dominante, et pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler le désastre moral qu’est le capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n’ont aucun équivalent aujourd’hui. Harold Pinter fut le dernier à s’insurger. Parmi les voix du féminisme de consommation qui se font entendre, aucune ne fait écho à celle de Virginia Woolf, qui décrivait "l’art de dominer les autres peuples… de régner, de tuer, d’acquérir la terre et le capital”.

Au Théâtre National, une nouvelle pièce, « Grande-Bretagne », fait la satire du scandale des écoutes téléphoniques, qui a vu des journalistes jugés et condamnés, dont un ancien rédacteur du « News of the World » de Rupert Murdoch. Décrite comme une « farce à crocs qui cloue au pilori l’ensemble de la culture médiatique incestueuse et la ridiculise impitoyablement », les cibles de la pièce sont les personnalités « heureusement très drôles » de la presse tabloïd britannique. C’est bien bon, et si familier. Mais qu’en est-il des médias non-tabloïd qui se considèrent eux-mêmes comme crédibles et réputés, et pourtant jouent le rôle parallèle de bras armé du pouvoir de l’État et du capital, en faisant la promotion de guerres illégales ?

L’enquête Leveson sur les écoutes téléphoniques a légèrement laissé entrevoir ce phénomène. Tony Blair énonçait des preuves, se plaignant auprès de monsieur le juge du harcèlement des tabloïds contre sa femme, quand il fut interrompu par une voix qui s’éleva du public. David Lawley-Wakelin, un réalisateur, demandait l’arrestation de Blair et son jugement pour crimes de guerre. Il y eut un long silence : le choc de la vérité. Lord Leveson fit un bond, ordonna l’expulsion de celui qui osait dire la vérité, et s’excusa auprès du criminel de guerre. Lawley-Wakelin fut poursuivi, pas Tony Blair.

Les complices aguerris de Tony Blair sont plus respectables que les hackers de téléphone. Quand la présentatrice artistique de la BBC, Kirsty Wark, le reçut pour le 10ème anniversaire de l’invasion de l’Irak, elle lui offrit un moment dont il ne pouvait que rêver ; elle lui permit de se lamenter sur sa décision "difficile” sur l’Irak au lieu de lui demander des comptes sur son crime homérique. Ceci rappelle la procession de journalistes de la BBC qui en 2003 déclaraient tous que Blair pouvait se sentir "justifié”, et la série "de référence" qui s’ensuivit sur la BBC, "Les années Blair”, pour laquelle David Aaronovitch fut choisi comme écrivain, présentateur, et intervieweur. Ce réserviste de Murdoch qui a fait campagne pour la guerre en Irak, en Lybie et en Syrie, est expert en léchage de bottes.

Depuis l’invasion de l’Irak – exemple cardinal d’ acte d’agression non-provoquée, ce que le procureur de Nuremberg Jackson qualifiait de "crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu’il les contient tous” – Blair et son porte-parole et principal complice, Alastair Campbell, ont eu droit à pas mal de place dans le Guardian afin de réhabiliter leurs réputations. Décrit comme une étoile du Labour Party, Campbell a voulu s’attirer la sympathie des lecteurs en prétextant une dépression, et a affiché ses intérêts, mais pas son détachement actuel comme conseiller, aux côtés de Blair, de la tyrannie militaire égyptienne.

Alors que l’Irak est démembré suite à l’invasion de Blair et Bush, le Guardian titre : "Renverser Saddam était juste, mais nous nous sommes retirés trop tôt". Ceci dans un article phare du 13 juin écrit par un ancien fonctionnaire de Blair, John McTernan, qui a aussi travaillé pour le dictateur Irakien installé par la CIA, Iyad Allaoui. En appelant à répéter l’invasion d’un pays que son ancien patron avait aidé à détruire, il ne fit jamais référence aux 700 000 morts, ni aux 4 millions de réfugiés et au tournant sectaire qui avait eu lieu dans un pays autrefois fier de sa tolérance communautaire.

"Blair incarne la corruption et la guerre”, a écrit le journaliste radical du Guardian Seumas Milne dans un article très inspiré en date du 3 juillet. Dans le milieu on appelle cela « l’équilibre ». Le lendemain, le journal publia une pleine page de publicité pour un bombardier US Stealth. Sur la photo menaçante du bombardier était écrit : « le F-35, Génial pour l’Angleterre ». Cette autre incarnation de « la corruption et la guerre » va coûter aux contribuables britanniques 1,3 milliards de £ [=1,6 Mds €], les précédents modèles de la gamme F ayant déjà servi à massacrer des gens un peu partout dans le monde en développement.

Dans un village d’Afghanistan, où vivent les plus pauvres des pauvres, j’ai filmé Orifa, s’agenouillant devant les tombes de son mari, Gul Ahmed, un tisserand de tapis, et de 7 autres membres de sa famille, dont 6 enfants, et de deux enfants qui furent tués dans la maison d’à côté. Une bombe « de précision » de 500 livres est directement venue s’exploser sur leur petite maison de boue, de pierre et de paille, laissant à la place un cratère de 50 pieds de long. Lockheed Martin, le fabricant de l’avion avait une place d’honneur dans la publicité duGuardian.

L’ancienne secrétaire du Département d’État US et aspirante à la présidence Hillary Clinton, est récemment passée à l’émission « Women’s Hour » de la BBC, la quintessence de la respectabilité médiatique. La présentatrice, Jenni Murray, a présenté Mme Clinton comme l’exemple même de la réussite féminine. Elle ne rappela pas à ses auditeurs les propos blasphématoires de Mme Clinton qui prétendait que l’Afghanistan avait été envahi afin de "libérer" les femmes comme Orifa. Elle ne posa aucune question à Mme Clinton sur la campagne de terreur de son administration qui utilise des drones pour tuer femmes, hommes et enfants. Elle ne fit pas non plus mention de la menace de Mme Clinton, durant sa campagne présidentielle, d’ « éliminer » l’Iran, et rien non plus sur son soutien à la surveillance illégale de masse et aux persécutions contre les lanceurs d’alertes.

Murray posa la question-qui-était-sur-toutes-les-lèvres : Mme Clinton avait-elle pardonné à Monica Lewinsky d’avoir eu une affaire avec son mari ? « Le pardon est un choix », répondit Mme Clinton, « pour moi ce fut le bon choix ». Cela nous rappelle que dans les années 90 et pendant la période secouée par le scandale « Lewinsky », le président Bill Clinton envahissait Haïti et bombardait les Balkans, l’Afrique et l’Irak. Il détruisait aussi les vies d’innombrables enfants irakiens ; L’Unicef rapporte la mort d’un demi-million d’enfants Irakiens de moins de 5 ans, en conséquence de l’embargo mis en place par les USA et la Grande-Bretagne.

Ces enfants ne sont pas de la chair à médias, tout comme les victimes des invasions soutenues par Hillary Clinton – l’Afghanistan, L’Irak, le Yémen, la Somalie – n’existent pas pour les médias. Murray n’y a fait aucune allusion. Une photo d’elle et de son invitée de marque rayonnante figure sur le site de la BBC.

En politique, comme dans le journalisme et dans les arts, il semblerait que la contestation autrefois tolérée dans les médias grand public ait été ravalée au rang de simple désaccord : un maquis métaphorique. Quand j’ai commencé ma carrière à Fleet Street en Angleterre dans les années 60, il était acceptable de critiquer fortement le pouvoir occidental. Il suffit de lire le rapport de James Cameron sur les explosions des bombes à hydrogène sur l’atoll Bikini, où celui sur la guerre de Corée et sur le bombardement US du Nord-Vietnam. La grande illusion de notre époque est ce mythe de l’ère de l’information, alors qu’en vérité nous vivons à une époque médiatique où la propagande des grandes entreprises est insidieuse, contagieuse, efficace et libérale.

Dans son essai de 1859 « De la liberté », auxquels les libéraux modernes rendent hommage, John Stuart Mill écrivait :
« Le despotisme est un mode de gouvernement légitime si l’on a affaire à des barbares, à condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont justifiés par l’accomplissement effectif de ce programme. »

Les « barbares » étaient de larges secteurs de l’humanité dont « l’obéissance implicite » était exigée.

« C’est un mythe utile et commode de croire que les libéraux sont pacifistes et les conservateurs belliqueux », écrivait l’historien Hywel Wiliams en 2001, « mais il est possible que l’impérialisme à visage libéral soit plus dangereux de par sa nature explicite : sa conviction qu’il représente une forme supérieure de vie ». Il avait en tête un discours de Tony Blair dans lequel l’ex-Premier ministre promettait de « remettre de l’ordre dans le monde autour de nous » selon ses propres « valeurs morales ».

Richard Falk, autorité reconnue en matière de législation internationale et rapporteur spécial de l’ONU sur la Palestine, a décrit une « bien-pensance unilatérale, un écran juridique/moral avec des images positives des valeurs et de l’innocence occidentales dépeintes comme menacées, justifiant une campagne de violence politique sans restriction ». Et « largement acceptée au point d’en devenir virtuellement incontestable. »

Favoritisme et mandature récompensent les gardiens. Sur la Radio 4 de la BBC, Razia Iqbal reçut Toni Morrison, la lauréate afro-américaine du prix Nobel. Morrison se demandait pourquoi les gens étaient « si énervés » contre Barack Obama, qui était pourtant « cool » et souhaitait seulement construire une « économie et un système de sécurité sociale solides». Morrison était fière d’avoir parlé au téléphone avec son héros, qui se trouvait avoir lu un de ses livres et l’avait invitée lors de sa prise de fonction.

Ni elle ni la présentatrice n’évoquèrent les 7 guerres d’Obama, dont sa campagne de terreur par drones, à cause de laquelle des familles entières, leurs secouristes et leurs proches furent assassinés. La seule chose qui semblait avoir de l’importance était qu’un homme de couleur « qui s’exprime bien » s’était élevé au plus haut échelon de l’échelle du pouvoir. Dans « Les damnés de la terre », Frantz Fanon écrivait que « la mission historique » des colonisés était de servir de « courroie de transmission » aux dirigeants et autres oppresseurs. À notre époque, l’utilisation des différences ethniques par le pouvoir occidental et ses systèmes de propagande est perçue comme essentielle. Obama incarne parfaitement cette idée, bien que le cabinet présidentiel de George W. Bush – sa clique belliciste – ait été le cabinet le plus multiracial de l’histoire présidentielle.

Alors que la ville irakienne de Mossoul tombait aux mains des djihadistes de l’ISIS, Obama fit la déclaration suivante : « Le peuple américain a beaucoup investi et sacrifié afin que les Irakiens aient l’opportunité de se choisir une meilleure destinée ». À quel point ce mensonge est-il « cool » ? À quel point s’est-il « bien exprimé » lors de son discours à l’Académie militaire de West Point le 28 mai ? Lors de son discours sur « l’État du monde » à la cérémonie de remise des diplômes de ceux qui « vont prendre la direction US » à travers le monde, Obama déclara que : « Les USA utiliseront la force militaire, unilatéralement s’il le faut, quand nos intérêts seront menacés. L’opinion internationale compte, mais l’Amérique ne demandera jamais la permission… »

En répudiant la législation internationale et le droit de souveraineté des nations, le président US s’octroie un droit divin basé sur la puissance de son « indispensable nation ». C’est un message d’impunité impériale familier, bien que toujours étonnant à entendre. Évoquant la montée du fascisme des années 30, Obama a dit « Je crois en l’exceptionnalité américaine de tout mon être ». L’historien Norman Pollack écrivait « À ceux qui marchent au pas de l’oie, on substitue la militarisation apparemment plus inoffensive de la culture totale. Et au lieu du leader grandiloquent, nous avons le réformateur raté, qui travaille allègrement, planifie et exécute des assassinats, tout en souriant ».

En février, les USA ont monté un de leurs coups d’État contre le gouvernement élu d’Ukraine, en exploitant des protestations authentiques contre la corruption à Kiev. La secrétaire d’État adjointe d’Obama Victoria Nuland sélectionna personnellement le leader d’un « gouvernement d’intérim ». Elle le surnomma « Yats ». Le vice-Président Joe Biden se rendit à Kiev, tout comme le directeur de la CIA John Brennan. Les troupes de choc de leur putsch étaient des fascistes ukrainiens.

Pour la première fois depuis 1945, un parti néonazi ouvertement antisémite contrôle des secteurs clés du pouvoir étatique d’une capitale européenne. Aucun leader européen n’a condamné cette résurgence fasciste près dans le pays frontalier à travers lequel l’invasion des nazis d’Hitler coûta la vie à des millions de Russes. Ils étaient soutenus par l’UPA, l’Armée insurgée ukrainienne, responsable de massacres de juifs et de Russes qu’ils appelaient « la vermine ». L’UPA est l’inspiration historique du parti Svoboda et de leurs compagnons de route du Secteur droit. Oleh Tyahnybok, leader de Svoboda a appelé à expurger « la mafia judéo-moscovite » et les « autres racailles », dont les gays, les féministes et tous les gens de gauche.

Depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, les USA ont entouré la Russie de bases militaires, d’avions de guerre et de missiles nucléaires, suivant le projet d’élargissement de l’OTAN. Reniant la promesse faite au président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1990 de ne pas étendre l’OTAN « d’un centimètre vers l’Est », L’OTAN occupe militairement l’Europe de l’Est. Dans l’ancien Caucase soviétique, l’expansion de l’OTAN est le plus important chantier militaire depuis la seconde Guerre Mondiale.

Le cadeau de Washington au régime issu du coup d’État à Kiev est un Plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN. En août, l’opération « Rapid Trident » placera les troupes US et britanniques à la frontière entre la Russie et l’Ukraine et l’opération « Sea Breeze » placera des navires de guerre US en vue de ports russes. Imaginez la riposte si ces actes de provocations, ou d’intimidations, s’effectuaient aux frontières des USA.

En revendiquant la Crimée – que Nikita Khrouchtchev avait illégalement détachée de la Russie en 1954 – les Russes se défendaient comme ils l’ont fait depuis presque un siècle. Plus de 90% de la population de la Crimée a voté pour le rattachement à la Russie. La Crimée est aussi la base de la Flotte de la mer Noire, et sa perte signifierait la mort de la flotte russe et un trésor pour l’OTAN. Semant la confusion au sein des parties belliqueux de Kiev et de Washington, Vladimir Poutine a retiré les troupes russes de la frontière ukrainienne et a demandé instamment aux Russes ethniques de l’Est de l’Ukraine d’abandonner le séparatisme.

Suivant une logique orwellienne, cela a été traduit en Occident par « la menace russe ». Hillary Clinton a comparé Poutine à Hitler. Sans ironie aucune, les commentateurs de droite allemands lui ont emboîté le pas. Dans les médias, les néonazis ukrainiens ne sont plus que des « nationalistes » ou « ultranationalistes ». Ce qui leur fait peur, c’est que Poutine est habilement en train de rechercher une solution diplomatique, et qu’il pourrait y réussir. Le 27 juin, en réponse au compromis de Poutine- sa requête devant le parlement russe de révoquer la législation qui lui avait octroyé le pouvoir d’intervenir en faveur des ethnies russes d’Ukraine – le secrétaire d’État John Kerry a émis un autre de ses ultimatums. La Russie doit « agir dans les prochaines heures, littéralement » pour mettre un terme à la révolte en Ukraine de l’Est. Nonobstant le fait que Kerry soit largement considéré comme un guignol, le propos sérieux de ces « avertissements » est de conférer le statut de paria à la Russie et de faire disparaître les informations sur la guerre que mène le régime de Kiev contre son propre peuple.

Un tiers de la population ukrainienne est russophone et bilingue. Ils souhaitent depuis longtemps la naissance d’une fédération démocratique qui reflèterait la diversité ethnique ukrainienne et qui serait autonome et indépendante de Moscou. La plupart ne sont ni « séparatistes » ni « rebelles » mais des citoyens qui veulent vivre en paix sur leur terre natale. Le séparatisme est une réaction à l’attaque de la junte de Kiev contre ces mêmes citoyens, causant l’exode de plus de 110 000 d’entre eux (estimation de l’ONU) vers la Russie. Pour la plupart, des femmes et des enfants traumatisés.

Comme les enfants de l’embargo irakien, et les femmes et les jeunes filles « libérées » d’Afghanistan, terrorisées par les seigneurs de guerre de la CIA, ces ethnies d’Ukraine ne sont pas les bienvenues dans les médias occidentaux, leurs souffrances et les atrocités auxquelles elles sont soumises sont minimisées, ou passées sous silence. L’intensité de l’assaut mené par le régime n’est pas retransmise par les médias dominants occidentaux. C’est une première. En relisant le chef d’œuvre de Phillip Knightley « Première victime : le correspondant de guerre comme héros, propagandiste et faiseur de mythes », je renouvelle mon admiration pour le journaliste du Guardian Philips Price, le seul reporter occidental à être resté en Russie pendant la révolution de 1917 et à avoir rapporté la vérité sur les invasions désastreuses des alliés occidentaux. Objectif et courageux, Philips Price à lui seul dérange ce que Knightley appelle un « silence obscur » antirusse en Occident.

Le 2 Mai, à Odessa, 41 Ukrainiens russophones ont été brulés vifs dans le QG des syndicats, sous les yeux de la police qui regardait sans rien faire. Il y a de nombreuses preuves vidéo sans équivoque. Le dirigeant de droite Dmytro Yarosh a dit de ce massacre qu’il était « un jour glorieux pour l’histoire de la nation ». Dans les médias US et britanniques, cela a été présenté comme une « sombre tragédie » résultant d’affrontements entre « nationalistes » (néonazis) et « séparatistes » (des gens collectant des signatures pour un référendum pour une Ukraine fédérale). Le New York Times a passé ça sous silence, ayant classé comme propagande russe les avertissements sur les politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall Street journal a maudit les victimes – « Un incendie ukrainien mortel, probablement l’œuvre des rebelles, selon le gouvernement ». Obama a félicité la junte pour sa « retenue ».

Le 28 juin, le Guardian a consacré une presque pleine-page aux déclarations du « président » du régime de Kiev, l’oligarque Petro Porochenko. Encore une fois, la règle orwellienne de l’inversion a été appliquée. Il n’y avait pas eu de putsch ; pas de guerre contre les minorités ethniques ; les Russes étaient à blâmer pour tout. « Nous voulons moderniser mon pays », écrivit Poroshenko. « Nous voulons introduire la liberté, la démocratie et les valeurs européennes. Quelqu’un n’aime pas ça. Quelqu’un ne nous aime pas pour cela. »

Dans son article, le reporter du Guardian, Luke Harding, n’a jamais questionné ces affirmations, ou mentionné les atrocités d’Odessa, les attaques aériennes et à l’artillerie du régime sur des zones résidentielles, le meurtre et le kidnapping de journalistes, les incendies des journaux d’opposition, et les menaces de Porochenko de « libérer l’Ukraine de la saleté et des parasites ». Les ennemis sont « des rebelles », des « militants », des « insurgés », des « terroristes » et des larbins du Kremlin. Allez chercher dans les archives de l’histoire les fantômes du Vietnam, du Chili, du Timor-Est, d’Afrique du Sud, d’Irak, vous remarquerez les mêmes qualificatifs. La Palestine est la pierre angulaire de cette escroquerie sans fin. Le 11 juillet, à la suite des derniers massacres à Gaza, commis par les Israéliens, équipés par les USA – 80 personnes dont 6 enfants de la même famille – un général Israélien publiait dans leGuardian, un article titré : « Une démonstration de force nécessaire ».

Dans les années 70, j’ai rencontré Leni Riefenstahl et je lui ai posé des questions sur ses films qui glorifiaient les nazis. À l’aide et de techniques de caméra et d’éclairage révolutionnaires, elle a produit un genre de documentaire qui a envoûté les Allemands ; c’est son film « Le Triomphe de la Volonté » qui est réputé avoir scellé le destin d’Hitler. Je lui ai posé des questions sur la propagande des sociétés qui s’estimaient supérieures. Elle répliqua que « les messages » dans ses films ne dépendaient pas « d’ordres venant d’en haut » mais d’un « vide de soumission » au sein de la population allemande. « Cela inclut-il la bourgeoisie libérale et éduquée ? », ai-je demandé. « Tout le monde », m’a-t-elle répondu, « et bien sûr l’intelligentsia ».

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