La moitié du monde est un œil

J’ai toujours vu des cieux dans des yeux… Parfois des enfers. C’est probablement la plus belle empreinte que nous  a laissé la Vie. Cette Vie dans laquelle on « cherche » dieu.

La plupart des enfants ont les plus beaux yeux du monde. C’est comme si la lumière, comme l’énergie, ils en avaient trop. C’est comme si en arrivant de quelque part ils ont un bagage lumineux que l’on perd en vieillissant.

C’est probablement le plus beau livre que l’on peut lire dans sa vie: l’histoire d’un moment… La petite planète-bille insérée dans son orbite. La palette irisée d’un peintre invisible parce qu’il en nous et que nous sommes des aveugles aux yeux de feu, éteints parfois par ladite culture des masses dans ces leitmotivs écrasants.

Des yeux Cendrillon

Quand ils s’endorment, ils se glissent une couverture de paupière toute légère. Ça les emmène dans des voyages fous, le cerveau part en voyage dans des rêves qui semblent désembrayés , délirants.  Au fond, ce doit être pour suppléer à ce cartésianisme quotidien, sorte de Sibérie de vie pour ceux-là qui ne sont pas fait pour l’engelure des quotidiens, mais bien simplement pour l’amour.

La poésie est une façon de rêver éveillé, de retracer, de sculpter la richesse et la créativité. C’est faire divaguer la beauté du monde pour remettre à l’endroit cette rectitude esclavagiste.

Le dortoir 

C’est bête à dire et à creuser: trop de ce régime soumis et cultivé au « bonheur » de l’avoir, à cette ère qui n’a qu’un seul mot pour vous rendre heureux – économie-, la vie devient un dortoir dans lequel la moitié du monde dort debout, ou ne sait plus rêver.

À voir la richesse de la Vie, des êtres, des océans, de l’immensitude de l’Univers, nous sommes maintenant amputés d’un côté, monovisionnaires, hachés du cerveau, et désâmés. 

C’est comme si nous étions dans un déluge quotidien de soucis cultivés quand tout va bien. L’occidental est soumis à toutes les pilules du »monde » pour se guérir de son anxiété de vivre ajoutée à celle de son destin fragile de naître sans vouloir mourir.

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Nous nous dirigeons vers un réchauffement de la planète mais dans une ère glaciaire d’humanisme. On est frigides… En racket (sic) sur une glace qui ne nous satisfait pas. En « neigés »… Flocons de chair apeurés de fondre un jour…

Je me dis que parfois on ressemble à ces animaux embarqués dans des barques de Noé: plus l’eau monte, plus on nous dit que le bateau est meilleur et plus grand. On dit que c’est le progrès.

La moitié du monde y croit. L’autre moitié croit y croître…

Il y a sans doute trop de yeux à l’intérieur de nous qui sont empoisonnés par notre cher mode de vie. Les riches et tout leur bataclan trompeur font de nous des cyclopes.  On peut bien donner la moitié de nos revenus à l’État. Mais l’État, pour l’avoir, est un sacré bon « crève-œil ». Il vous pirate la moitié de votre visage et la moitié du cerveau.

Gardez un œil, mais le bon…

Gaëtan Pellletier

2014

 

Le chapelet du ciel

Aujourd’hui c’était triste. Comme si la Vie avait des larmes… Comme nous. Le ciel avait les yeux plissés, noirs, comme de gros sourcils sur le soleil. Comme nous, quand nous sommes fermés des yeux.

Après la pluie, j’ai fait la cueillette des framboises. Humides, avec des gouttelettes qui pendaient. Trop d’eau, un peu de pourritures sur les fruits. Comme nous, dans nos âmes, quand on cultive le noir et que l’humidité des yeux descend en vous.

Les gouttes?

Il faut être attentif. J’ai eu l’impression que c’était de minuscules soleils accrochés aux branchettes.

Quand les nuages sont là, qu’il cesse de pleuvoir, on a l’impression d’avoir les yeux fermés.

L’eau est une prière qui descend du ciel.

Et ces gouttelettes, des milliers de grains de chapelet.

Ce n’est pas de la tristesse… C’est le besoin de clore un peu cette exubérance des jours trop chauds qui assèchent le sol.

Pareil à nos corps…

Je l’ai pris comme un moment de replis. Un agenouillement de la lumière. Elle qui a tendance à darder, à brûler, à exciter.

Le temps est parfois un lit d’eau.

Un tout petit dormir. Une sieste dans la fureur de la luminosité éclatée.

***

On a les pieds mouillés, la tête mouillée, l’esprit flottant.

C’est la pluie.

C’est le temps de vous arroser un peu des étourderies et de la sécheresse.

En quoi sommes-nous différents de la terre?

En quoi sommes-nous différents du ciel?

Blâmer une goutte d’eau…

On a des universités dans l’âme, mais on ne sait plus étudier.

***

Oui, les framboises étaient bonnes… Et de temps en temps j’aime bien l’herbe mouillée et tout ces fluides éclatés sur le garage, les objets, la maison, les outils.

On dirait des micas mouvants…

Les yeux, c’est bien. Mais ceux de l’âme c’est encore mieux.

Celui ou celle qui choisit la beauté ne comprend pas trop la réelle et la nécessaire.

Comme l’eau et le sable.

L’homme et la femme.

L’air et la terre.

La pierre et le vent.

Il ne faut pas comprendre, il faut se laisser enseigner.

Le corps est un apprenant abruti.

Ouais!

Apprendre, ce serait « chercher »…

Faire l’amour à la Vie, c’est aussi se laisser trouver. Personne ne trouve. La révélation et dans le lien et l’écoute.

On ne fait pas l’amour à un…

© Gaëtan Pelletier

4 août 2011

Le pare-brise des clowns solidaires

clow maléfique

« Le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres. » San-Antonio. 

***

Avec la montée de l’ÉI, suit maintenant celle des clowns. Les États vont désormais renforcer les mesures de sécurité. Quand vous répondrez au téléphone, dites Allô! et non pas Allah! Si vous avez tendance à trop bien parler, à allonger votre Allô en Allllahô! vous pourriez être « admis » à la liste des terroristes potentiellement dangereux.

Il faut distinguer deux sortes de clowns:

Le Clown solitaire: 

clow maléfique

C’est un clown qui sème la terreur sur les réseaux sociaux, parfois dans les rues, et n’hésite pas à utiliser un marteau pour briser un pare-brise d’auto.

Le Clown solidaire: 

 

clowns

 

Le clown solidaire apparaît sous un visage radieux et charmant. Cette singularité force les citoyens à plus de vigilance et ne capacité plus grande à dénicher le CLOWN parmi les clowns. Si vous en voyez un, dénoncez-le!  Il complote en sourdine pour l’affranchissement de la citoyenneté en vendant son pays en pièces détachées.

Le clown solidaire, sous des airs de sauveur planétaire, représente un danger potentiel d’extinction de la race humaine par procédés  de discours Orwelliens et pompeux. Son espérance de vie est d’environ 80 ans. On peut le trouver dans les journaux, sous le matelas, dans une caméra près de chez vous, dans les parcs et dans les espaces planétaires. Goebbels n’a jamais pu parler plus haut…

Malgré son apparente franchise et  sa prétention de serviteur du « bien », son masque de dignitaire affable, son appétit est parfois gargan-tue-esque.

L’agent G:   G-8, G-20, G-tout.  

Amateur de festivités et de regroupements à l’eau embouteillée, de « ti » carton avec son nom en lettres grasses,   il s’attable et parle- mente.

Il est présentement recherché par tous les citoyens de la planète pour les méfaits suivants:

1. Massacres de millions d’humains  lors des guerres du 20 e siècle, dont près de 40 millions d’esclaves dans les usines d’Allemagne et de l’U.R.S.S pendant la période d’après guerre. (39-45).

2. Massacres de civils dans les guerres furtives du 21 e siècle. Création d’armées secrètes à même les fonds soutirés aux citoyens…. Et création d’abris antinucléaires pour CLOWNS de luxe.

3. Armement démesuré et nucléaire aux fins de main basse sur les territoires riches et pauvres des pays en « voix » de développement.

4 . Détournements de fonds par pratique de « libre-échange » accordée aux conglomérats, sortes de requins de Terre, dans une vision étroite d’une économie falsifiée.  Mobilisation et démobilisation de la main-d’oeuvre des pays.

5. Ventes de richesses ( pétrole, métaux, main-d’oeuvre ) appartenant aux citoyens des pays pauvres ou « riches », des terres, par la théorie du vertueux mondialisme.  Vente de cerveaux…

6. Vente d’armes aux terroristes utilisant les armes contres les citoyens de leur propre pays…

7. Responsables des la crise 2008, de l’endettement, de la destruction par les tueurs économiques des pays par manipulation hypocrite.

8. Falsification de l’Histoire par informations cryptées.  Trafic d’influences.

9. Utilisations de fonds occultes aux fins d’élection par la gente du monde des affaires.

10. Destruction environnementale sans limite, jusqu’à l’enfouissement de déchets nucléaires, de continents de sacs de plastique, et de quête de redevances déguisées attribuant aux citoyens la faute des méfaits.

Déforestation.

Dépoissonnerie. (sic)

Monoculture.

Etc.

La liste est trop longue et les méfaits trop nombreux. Veuillez vous reporter aux millions d’articles sur la toile afin de dégoter les fabulateurs-destructeurs.  On peut réparer un pare-brise d’auto, mais pas une planète, ni un humain.

Et comme disait le célèbre Joe Dassin,

Aux chants élisez 
Aux chants élisez 
Il y a tout ce que vous voulez 
 
( Même un clown déguisé) 
 

Gaëtan Pelletier, octobre 2014

L’être humain – NAZIM HIKMET


Vis dans ce monde
Comme si c’était la maison de ton père.
Crois aux grains, à la terre, à la mer.
Mais avant tout, crois en l’être humain.
 
Aime le nuage, la machine, le livre.
Mais avant tout, aime l’être humain.
 
Sens la tristesse de la branche qui se dessèche
De la planète qui s’éteint,
De l’animal qui souffre.
Mais avant tout, la tristesse de l’être humain.
 
Que tous les biens terrestres
Te prodiguent la joie,
Que l’ombre et la clarté
Te prodiguent la joie.
Que les quatre saisons te prodiguent la joie.
Mais avant tout, que l’être humain te prodigue la joie.
 
Nazim Hikmet (1901-1963)

Nazim Hikmet est l’une des plus importantes figures de la littérature turque du XX siècle, et l’un des premiers poètes turcs à utiliser des vers plus ou moins libres.Hikmet est devenu, de son vivant, un des poètes turcs les plus connus à l’Ouest et ses travaux ont été rapidement traduits dans différentes langues.
Cependant, dans son propre pays, il fut condamné pour marxisme et demeura en Turquie, même après sa mort, un personnage controversé. Il passa quelque 17 années en prison et baptisa la poésie le plus sanglant des arts. Ses écrits soulignent la critique sociale. Il proclama au début des années 1930 quel’artiste est l’ingénieur de l’âme humaine.

La formule usée

 


Bonsoir mon amour…

Je sais…

Je n’ai pas passé ma vie à dire «Je t’aime», je trouvais les mots  trop usés…J’ai toujours préféré te parler en braille avec mes doigts…Les yeux fermés…Je les ouvre seulement pour voir les tiens…

On s’en allait doucement, en moto, longeant le Saint-Laurent. Le soleil buvait ta veste noire, et moi je ne cessais de te regarder dans le miroir… On s’en allait fêter un chiffre sur le temps passé ensemble…

Je n’ai jamais aimé les chiffres pour dessiner une belle éternité… Un sans temps… Je n’ai jamais aimé les restaurants… Tu cuisines trop bien… Je n’ai jamais aimé une autre femme que  toi… Tu …,j’ai pas de mot , vraiment trop bien…

Je voyage allait bien : je voyageais de la poignée de la moto à ta cuisse. Beau trajet… Toujours une tendresse que je t’injecte et qui me revient par une main qui me tapote l’épaule…

Puis il y a eu ce grand air salin qu’on a traversé. Les effluves du fleuve, le sel des grandes marées… Comme nos vies…

Comme toutes les femmes, tu me demandes si je t’aime. Rien à dire… Parce que le «Je t’aime» ne pourra jamais dire… Les sons ne sont jamais à la hauteur du bavardage coloré de nos yeux… Y a pas de mots pour exprimer, comme y a pas de chiffres pour décrire une éternité…

On s’est arrêté à une halte. La femme grassouillette, assise sur un banc, essayait de nourrir son enfant. Les seins ballants… Elle en sortait un, cachait l’autre, pendant que sous l’hêtre regardions la vie passer.

Puis au restaurant on a partagé notre assiette. Comme une communion…

Au bar adjacent ça chantait trop fort. J’ai payé la note…

Au moment de sortir tu es tombée. Comme un pantin étourdi… J’ai vu ton coude rougi et ton œil bleu un peu parti…

Tu ne m’avais pas dit que tu n’étais pas bien. Je t’ai prise dans mes bras. La rue fourmillait de gens. Je m’en foutais tellement : j’avais à l’œil trop de ce salin du Saint-Laurent. Oui, j’ai eu peur de te perdre… Parce que c’est comme ça que les gens s’en vont…

C’est usé un «Je t’aime»… Mais comme y a pas  de mots ni de chiffres et que tu dors tranquille dans la chambre à côté, je vais essayer de tricoter une formule …

Si je n’en trouve pas, j’irai me coucher.

Je t’aime à fermer les yeux sur une formule usée…

Gaëtan Pelletier, Circa 2000

The Ronettes – Be My Baby – Stereo

Du pain et des livres

Après avoir lu trop de livres ennuyants, on finit par se décider à les faire soi-même. Comme le pain… 

Gaëtan Pelletier

Le génie de l’ingénierie d’Hydro-Québec

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