La vie à fleur de beau

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"L’enfer,  c’est les autres" J.P Sartre 

Mais c’est aussi cet autre que je suis pour les autres…

À fleur de peau comme à fleur de beau, la vie n’est pas aisée. La vie est une peur continuelle de ne plus exister après que ce petit amas de chair aura creusé sa tombe dans ses rides, et s’en ira doucettement,  en se fanant et en séchant malgré les beaux habit, malgré toutes les accumulations de richesses pour …soi.

Être libre c’est n’avoir pas à désirer ce qu’on a de trop. Mais il faut bien vivre et se protéger de la horde des vendeurs du temple bleu qui malmène – avec les moyens qu’on leur a donnés et que l’on continue de leur donner – la race humaine.

La meilleure guerre, la seule utile, est la guerre contre cette partie de soi qui risque de heurter l’autre, le détruire, sans vraiment que nous en ayons conscience. Cela provient souvent d’une idée, d’une croyance, mais pas de l’amour.  La méchanceté peut se cacher derrière les plus beaux sourires, les meilleures intentions, et les pire torsions des âmes se cachent et se perdent  dans leur frilosité d’absence de lumière et de compréhension. Surtout de la leur…

Mais elle est également la cible des autres…

Le beau n’est pas un dessin, une peinture, une chanson. Le beau est une harmonie entre les êtres. Certains l’ont en naissant, – je  parle de cette capacité à "comprendre" la douleur des autres en la ressentant, la paix des autres en la cultivant. . Le beau est la renaissance de l’intuition noyée dans cette ère de matérialisme.

La prise 

radicalrebellion:</p>
<p>knowledgeequalsblackpower:</p>
<p>dank-potion:</p>
<p>tellthemthetruth:</p>
<p>newwavefeminism:</p>
<p>racemash:</p>
<p>dreams-from-my-father:</p>
<p>aphoticoccurrences:</p>
<p>unapologetically-black:</p>
<p>pennilessambition:</p>
<p>this makes my blood boil</p>
<p>But we were the savages… They mock, destroy, murder, steal, conquer, rape, pillage, and don’t try to understand… But we, and all other indigenous/melanated people, WE were/are the savages. Yeah, right.</p>
<p>ugh. i don’t even think i want to know what’s happening…</p>
<p>I can’t!! Right now, this just too much for me! From the attire of this man – I use this world lightly here – , you can tell this picture was taken fairly recently (and not 200 years ago)!<br />
Thanx for bringing ‘civilization’ !</p>
<p>=/ </p>
<p>jarring picture of the day</p>
<p>I wish people would stop bitching over this. Slavery, racism, wahh wahh! Get over it.</p>
<p>There always has to be a festering, worthless piece of shit in the crowd, no matter how devastating the picture is.</p>
<p>i can’t.</p>
<p>But the best part is that asshole’s URL is “tellthemthetruth.” Seems you can’t handle the truth.<br />
" width="519" height="731" /></p>
<p>Notre petit chasseur a trouvé une inférieure… Ça pourrait se nommer, <strong>Les deux sourires.</strong> Mais en fait, il y a un rictus et un sourire…</p>
<p>À couleur de peau, personne n’est raciste. Mais dans le monde du travail, chacun d’entre nous est étagé comme un gâteau mille-feuilles. La sempiternelle vision des rois divins… Dans la forme actuelle du matérialisme outrancier, chacun est capturé par la vision d’un rang social de par son "rôle important". Le chasseur de petites noires est-il plus important que la jeune noire effrayée?</p>
<p>En plus des rois "élus", nous voilà aux prises avec les entreprises – ( c’est joli ces deux mots <span class='wp-smiley emoji emoji-smile' title=':-)'>:-)</span> )- qui "travaillent" pour le bien de l’humanité…</p>
<p>Ils nous ont fait du bien en le prenant…</p>
<p>***</p>
<p>C’est le chant des poètes que de faire du "je" une simple partie d’un "nous". Mais les analystes cartésiens  (encore une religion nouvelle), trouvent cette approche "irréaliste". Ils se targuent donc d’avoir la "vérité" au sujet du réel…</p>
<p style= Graine de paradis 

Heaven Is for Real (2014) Poster

Le paradis existe pourrait en être la traduction. Ou en Espagnol, El cielo sí existe. Le film est coté 5.6 /10. Pour ceux à qui il leur reste encore un peu de cette luminosité dans un monde d’ombres, de "spiritualité" que personne ne peut définir dans une mode cartésien, je vous conseille le film. C’est un des rares films américain dans lequel il n’y a pas d’armes.  On ne s’entre tue pas, on s’entre vie…

Ce n’est pas un grand film, mais il sera grand pour ceux qui cherchent non pas une vérité absolue , mais un monde dans lequel chacun pourra continuer à perpétrer un peu d’amour pour beaucoup d’amour. Mais c’est un grand film pour ceux qui ont un peu des yeux à l’âme.

Ici-bas, nous taisons de plus en plus nos "sentiments". Il est mal vu de pleurer, de parler des souffrances intérieures, de se voir parfois comme cet arbre tordu placé au haut du petit billet.

Gaëtan Pelletier

31 juillet 2014

P. S.: En 2005, lorsque ma mère est décédée, je me suis payé un soir de pleurs. Il y a un moment pour pleurer, des moments pour rires, mais je sais quand le moment pour pleurer arrive pour me délivrer de la peine de la perte d’un être … qui vous a donné la vie.

Alors, vers minuit, tranquille dans la nuit, deux ou trois jours après le décès de ma mère, je me suis payé une séance de pleurs.

Quelques jours plus tard, mon frère me téléphone en me disant qu’il a eu un contact avec ma mère et qu’elle se demandait pourquoi j’avais autant pleuré et qu’elle était bien maintenant, après une maladie courte mais souffrante.

Un peu comme dans le film, je me suis dit que mon frère était fou, ou bien qu’il jouait le gars qui prétendait avoir des rapports avec les "morts".

Mais mon frère a choisi un métier que personne ne voudrait: il travaille dans un centre qui traite des personnes en phase terminale. Bref, des mourants. Mais l’expression "les aider à mourir"ne s’applique pas dans son approche. Il les aide à vivre jusqu’à… une autre Vie dans une continuité de ce qui leur reste ici-bas. Il cultive l’humour, s’adonne à l’écoute, etc. Il les laisse se raconter…

 

 

 

 

La danse du cul-de-jatte

Aujourd’hui, il s’est passé un événement étrange: pendant que le travailleur coupait la haie de cèdre à la tronçonneuse, une branche s’est affalée en emportant un nid de merles. Il est venu me voir en disant, un peu bouleversé, qu’il ne les avait pas vu. Alors, je suis allé voir ce qui se passait. Il pensait que les oisillons étaient morts. Je les ai ramassés un à un, les ai remis dans leur nid et ils se sont mis à pointer le bec comme si je voulais les nourrir. 

La haie de cèdres étant disparue, j’ai cherché un endroit où poser le nid. Il fallait que la mère s’en occupe. Il y avait un lilas près de la maison. C’est là que j’ai posé le nid. Mais je me suis rendu compte que la mère qui venait tourner de temps en temps dans les parages ne trouvait pas le nid.   Je l’ai alors remis à sa place, par terre et l’ai déplacé lentement vers un petit abris pendant les voyages de la femelle ou du mâle. 

Plusieurs heures. Pendant presque toute la journée, ma conjointe et moi nous nous sommes inquiété des oisillons. Toujours à la fenêtre du deuxième étage pour voir si la femelle venait les nourrir. 

Demain, je leur fabriquerai sans doute un abris. 

Ce qui m’a chicoté toute la journée est la question suivante: comment les oisillons ont-ils su que je n’étais pas un prédateur? Tout cela a l’air un peu cucul…. Je ne suis pas un hurluberlu. Je sais bien que la nature est "sauvage". Tellement sauvage que nous avons appris à encore l’être davantage dans nos rapports "humains". Tellement "appris" par le mode intellectuel que nous sommes râpés, séparés de L’ENSEMBLE  pour le "UN".

***

C’est le genre de petit événement dans nos vies qui nous changent ou bien nous rassurent sur notre "vision" du monde. Cette chère vision d’intellectuels qui se chamaillent sur internet, ces grands "enjeux", ces analyses, en quoi nous changent-elles? Elles nous divisent pour faire régner un nouveau monde mécanisé.

Quand on parle de "spiritualité", on n’a pas d’autre mot que celui-ci, si pauvre, trop pauvre! Alors que les mots, les concepts de la modernité dans sa dite culture  de cyborg, mélangée à la livresque fait en sorte que nous sommes comme les oisillons déplumés, affamés, et que les parents ne retrouvent plus leurs enfants. En fait, plus personne ne se trouve et se retrouve. Et c’est là la source des guerres, de tous les conflits que l’on cultive, sans le savoir, aujourd’hui: le formatage et le martèlement des sociétés dites "évoluées" a fini par aplatir notre être jusqu’au cerveau.

Nous sommes dénaturisés…

Nous sommes détachés.  Nous nous haïssons hypocritement dans un amour passé au tamis des savoirs, des connaissances livresques, des écoles, etc…

Alors, si des connaissances ne font de vous, de moi, d’un autre, autre chose qu’un être spirituel-charnel, et non mono-cervical, c’est un total échec.

La guerre des mots n’est pas plus intelligente que celle des armes. Elle a son ventre dans la vanité. Et l’orgueil la nourrit autant que les chamailles entre "connaisseurs" mécaniques qui s’empiffrent d’analyses inutiles autant que du McDo.

Homme-Burger!

Mangeons-nous intellectuellement, les uns les autres! Il n’y a pas que les grands prédateurs, il y a les tout petits qui se cachent derrière des noms d’emprunts pour faire des commentaires. Sans savoir qu’ils sont déjà investis de l’hypocrisie et de la peur.

***

Tout ça pour dire qu’au fond il est quasiment impossible de décrire, d’écrire ce qui fait de nous un atome de monde meilleur. Je pense que c’est seulement cette humilité issue du doute, un questionnement sans fin, et une écoute des moments si simples de la vie, d’infimes expériences de la nature qui nous relient les uns les autres. Car nous ne pouvons pas continuer à détruire et à "construire" un monde ou la mécanique de l’intellect prend toute la place dans cette vie.  La Vie n’est pas une somme de livres ou de diplômes…

C’est une drogue comme une autre… Et l’on en vend de par les États. C’est officiel et marquée d’un sceau.

FINALE

Parfois, le soir, pendant que je me dis que je viens de vivre une journée dense comme si c’était une vie, je me répète que je n’ai probablement rien à dire "d’intelligent" au sens moderne qu’on lui donne.

Le simple citoyen, du moins celui "cultivé" en serre universitaire,  ou par un quelconque procédé religieux bien monté,  peut bien se targuer d’avoir la vérité.

En fait, la vérité est une valse mouvante que personne ne peut saisir avec son cerveau. Pas même à travers le temps et l’Histoire.

Pour la danse et pour l’amour, l’humain est né avec deux parties différentes…

Un être qui s’ampute de sa spiritualité par l’absence d’observation de la Vie   et ne peut plus danser, ni "penser". Il est pensé par un mode mono et parle dans un mode mono.

Et c’est là le grand drame: on s’émoustille devant la danse des cul-de-jatte.

La propagande est bien plus efficace que vous ne le croyez. Elle a réussi à vous convaincre que vous n’aviez qu’une jambe, qu’un cerveau, que vous êtes un et unique, que les oiseaux sont muets, et que pour être "quelqu’un" il ne faut pas faire de compromis.

Je ne suis pas certain que le mot compromis soit bien compris. L’ego est Alzheimer de l’utile…

FINALE 2

Regardez bien comment l’oiseau construit son nid. Ensuite, regardez votre maison… C’est la différence entre un artisan et un entrepreneur véreux… Entre la Vie et la vie…

Gaëtan Pelletier

29 juillet 2014

 

 

La drogue à mille ans

 

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"Ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour votre nombril, demandez vous ce que votre nombril peut faire pour vous". 

Jocelyn Beauregard 

"J’ai vu un roux en train d’aider quelqu’un…  Un roux de secours"

Mathieu, humoriste en devenir

***

L’Histoire de l’humanité, malgré ses changements de frontières, est assez simple.

Les clans misérables d’il y a 10, 000 ans devaient survivre. Et pour survivre il fallait une certaine solidarité. Dès qu’ils purent former des "tribus fonctionnelles", avec leurs lois, leurs modes de vies, leurs valeurs, les autres tribus qui avaient développé, sur leur territoire, d’autres "valeurs", d’autres visions des dieux, une certaine culture, l’étincelle a jailli. L’équation de deux qui ont raison et s’entre tuent pour avoir raison ou vérité donne deux imbéciles pompeux.

C’est ce que nous voyons tous les jours dans les journaux, à la télévision, mais rien ne bat l’internet pour le grand combat des idées. Les idées passent avant la vie.  Et ça, les conquérants l’ont compris.

1. Les gens simples ne cherchent pas de grandes idées, de grandes organisations: ils "fabriquent" des enfants, travaillent, et retournent à la maison quand elle n’a pas été démolie. Ils fabriquent des enfants qui seront fabriqués pour être re moulés par le Syndrome de Stockholm . Et la descendance n’offrira plus de résistance. Elle reprendra du service.

2. On veut l’instruire pour l’esclavager. Au point où chacun est devenu un "clan" à lui seul, tant son nombril qui a grimpé au cerveau prend une grande bouffée de connaissances en pensant avaler toutes les connaissances de cette planète, Histoire, Philosophie, mais surtout l’Économie. Toutes trafiquées pour votre bon plaisir par les États dirigeants par la propagande chez les sauvages roses (USA) ou par la force chez les dictateurs… Ou présentés tels..

3. Une fois soumis au modèle des idoles élues ( comme Bush JR, ou autres personnages "biblique" contemporain,  tyranniques ou non), le petit travailleur qui regarde la mer, le ciel, les arbres, les fleurs est soumis au diktat de l’État monstrueux. Ce n’est pas un mouton, c’est un  narcotiqué semi conscient.

4. Mais il travaille pour "fabriquer" son bonheur et celui de l’humanité.

5. Mais rien n’a vraiment changé: notre citoyen dépoussiéré, gavé de connaissances, voué à des hommes d’État, à cette "perfectitude" présentée comme la seule alternative à la vie s’en fait une religion dans une multitude de religions. Car tout est religion, croyances, martèlement idéologico-propagandisme ,  toujours meilleurs, toujours amélioré en surface, mais pourri de l’intérieur.

6. Une fois "drogué", notre citoyen qui regarde la mer, les plantes, la Vie, son dieu, s’en retourne à la maison. Il fournit à l’État la moitié de sa sueur. Il fournit à l’État ses enfants soldats. Il fournit à l’État le sang qui tracera les lignes de l’Histoire. Ce n’est pas un soumis… C’est le soumis de soumis au cerveau délavé.

7. Le pusher d’État ne sait pas qu’il vend une certaine drogue concoctée par le cartel de la gente économique qui croit (presque) fermement qu’elle doit acquérir et vendre et ensuite transformer cet avoir dans le but d’acquérir plus d’avoir.

Mais le pusher dira que c’est pour le bien des citoyens. Il a toute la "science" des économistes bien formés aux théories mousseuses et nébuleuses, encore trafiquées. Car tout est trafic.

Direction: trou de Cénote 

Les Mayas considéraient ces puits comme un moyen de communication avec les dieux de l’infra-monde, le gouffre représentant une bouche. Ils étaient utilisés comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles. Wiki

8. Chez les Mayas, le trou de Cénote -il y en a entre 3000 et 4000 au Yucatan – représentait le cadeau des dieux lors des sécheresses. Alors, sacrifions quelques "citoyens" pour remercier les dieux et faire en sorte qu’ils en creusent d’autres pour que survive la civilisation Maya.

De nos jours, les trous de Cénote sont remplacés par l’austérité économique issue de la crise de 2008, le commencement de la fin de l’ère capitaliste.  Pour survivre, il faut du "développement économique".

Manque d’eau=manque d’argent.

Nous voilà donc individualisés jusqu’à la lie, recourant aux psys, aux médicaments chimiques, aux frauduleux spécialistes qui vous demandent d’investir dans votre avenir, celui de vos enfants, mais par des offrandes à un trou d’eau.

Enfants

Sueurs

Santé

Comme le dit ma petite fille de trois ans Grabriela: VOILÀ!

Tout est bâti  d’arnaques en arnaques perpétuelles ou la recette change mais la formule de base de la manipulation des masses reste la même: le contrôle des masses par toutes les formes de langages des savoirs, des modes, du formatage des cerveaux pour en arriver à une religion et à des dons à des "églises" qui ne mènent nulle part, sauf à la souffrance et à la mort.

Le drogué fournit  les enfants, les armes et les sommes nécessaires à l’élection de l’élu, détourné vers des clans banquiers qui grossissent leurs ficelles pour mieux contrôler et mettre en place le petit Pinocchio au nez bien long… Il fournit également aux banques tous les avoirs que contrôlent celles-ci.

P.S.: C’était simplement l’histoire d’un acheteur de came au coin d’une rue appelée Terre. Dans la perspective de l’infini, ce n’est qu’une anecdote dans ce patient cosmos qui se fout bien de ce que nous allons devenir. Les civilisations peuvent bien disparaître, les étoiles également, et les planètes aussi. Mais je trouve toujours beau de regarder la mer en noir et blanc, les crapauds, les oiseaux, le grand mystère des étoiles. Au point, comme tout le monde, de détester mourir tant c’est beau.

Mais le premier pas serait de refuser tous ces "cadeaux" issus de la marchandisation de l’humain-cosmos au profit des profits. De se méfier de ceux qui vous veulent du bien à travers des tables de lamentations, de pourparlers et de bouteilles d’eau.

Il y a arnaque sous roche… Car la vie n’est plus de croire, mais de se méfier.

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

 

La vie en moire et blanc

 

De nos jours, la moire désigne de manière figée le tissu obtenu par le procédé de Tignat inventé en 1843, fabricant lyonnais, qui consiste à écraser par calandrage sous tension un tissu en le repliant sur lui-même (tête contre tête). La trame dévie alors légèrement et acquiert un effet ondulé par réflexion de la lumière. Le décor sinueux est déterminé par le type de pliage utilisé, qui place des reflets en forme de cercles concentriquesa 2. Il en existe un grande quantité de variantesa 3.  Wiki

Ce qui est beau à frémir ne laisse de trace que dans l’âme.

Ce qui est laid à frémir ne laisse de trace que dans l’âme.

le reste est événements, accidents, et toute cette trame d’apparence hétéroclite entrelacée est comme fondue dans l’intense et immense – voire insondable- réservoir de l’inconscient… 

Autrement dit: après le mourir, la désintégration du corps, de ce retour à la terre, au flétrissement dans le même modus vivendi que les fleurs, la robe disparaît, le tissus disparaît. Il ne reste que l’essence de l’être qui emporte ses petits bagages d’émotions.

Une vie n’accumule pas d’événements, elle accumule les émotions qui deviendront tout le bagage d’une vie ultérieure. Et cette vie ne se résume qu’en une courte trilogie. Et c’est peut-être cela le grand mystère des petits dieux habillés de chair, en souffrance de ce que l’on a arraché à l’intensité, à la tranquillité, au bonheur du paradis qui n’est qu’un état, non un lieu.

Vie de chair. Vie de souffrances. Immanquablement… Vie de vides et de dépouillement de ce que nous étions avant notre arrivée sur Terre.

Mais personne ne peut être quelqu’un sans la masse de rapports et de connaissances qui sont en quelque sorte le bain d’après-naissance de ce que nous allons devenir.

Mais devenir, se sculpter, est ce cliché de l’arme à deux tranchants. Il se peut que l’orgueil et la vanité l’emportent sur la simplicité. Il se peut que détruire ait plus d’importance que de construire. Il se peut que tout l’arsenal de réglementations, que cette vie complexe, devenue charognarde de par les guerres, l’appât du gain, les intrigues bien fabriquées l’emporte sur la capacité de votre être à se détacher  ou à démêler l’ivresse du bon grain.

Les écoles sont construites pour apprendre à être le serviteur d’un monde qui a charpenté les sociétés.

Tous les savoirs risquent de n’être que des Alcatraz pour chacun d’entre nous.

Celui qui vend tous les outils à un homme créera un être qui en viendra à penser qu’il peut se passer de tous les gens de métier. Et il sera tueur de métiers…  Celui qui vend des connaissances choisira de vendre les connaissances qui feront de ses acheteurs des vendeurs de connaissances.

Ainsi, les petits marchands qui disparaissent, ces petits marchands qui vendaient leur travail et avaient des rapports humains avec ses "clients", est maintenant engloutit dans une mécanique de grandes surfaces déshumanisés.

iseo58:</p>
<p>Fruit seller in Pushkar<br />
" /></p>
<p>L’Homme est en devenir de congélation… Aussi congelé que le sac de légumes qu’il achète derrière la vitre du congélateur.</p>
<p>Ce "monde" pense avoir créé l’amour sans liens, le tout avoir dans la pauvreté d’âme, pire encore, la fin des fibres primaires. De sorte que la vie et la Vie – celle de lumière – ne savent plus distinguer l’ombre du réel. L’Homme est maintenant à deux dimensions.</p>
<p>C’est son ombre qui marche, tordue et distordue.</p>
<p>Abonné aux ombres, il se fera suiveur d’ombres.</p>
<p style=La chute 

La chute de l’ange est cet oubli qu’il faut seulement améliorer ce monde pour que chacun soit, s’améliore et apporte un peu de l’au-delà avec lui. Mais la lumière passe mal par le tamis de la méchanceté, de l’orgueil et de la vanité. Elle passe de plus en plus mal puisqu’elle est éteinte par ceux qui ne savent pas qu’il ne sert à rien de construire des empires, des armées, d’énormes organisations si elles ne servent pas aux mieux être de l’humanité.

C’est cette persévérance d’ombre qui fait que la marche dite du progrès est totalement inversée. L’intérêt d’avoir a dépassé si largement l’intérêt d’être que désormais ce n’est plus seulement les habitants de la maison qui en meurent, mais la maison elle-même.

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

 

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Le ventre des étoiles

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Le jardin des drames

Le paysan est absorbé par ses travaux, le négociant par son commerce, l’artisan par son métier, le vulgaire par ses petites affaires de chaque jour. — Plus les circonstances sont favorables, plus ils s’immergent dans leur spécialité. À chaque échec, à chaque déception, ils s’affligent. Ils suivent une idée fixe, sans jamais s’accommoder aux choses. Ils surmènent leur corps et accablent leur esprit. Et cela, toute leur vie. Hélas ! Tchoang-tzeu

La Terre est comme un jardin de drames. Si on pouvait percevoir – je le répète – toutes les âmes qui montent et qui descendent dans cette  ruche chaude, que trop belle de ses océans,  on aurait droit au plus grand défilé de "fibres de lumière" qui circulent entre deux mondes.  Des fibres de lumière. Des lucioles visiteuses.

Les premiers habitants de la planète mouraient de faim. Quand tu chasses le Mammouth pendant trois jours, c’est comme le tour de France, avec pour médaille et prix de bons repas. Pas repus de gloire, mais repus d’avoir un peu moins de creux dans l’estomac. En fait, soulagés de cesser de  ne penser qu’à sa panse.

C‘était une mer montante de bière, les tonnes de la veuve Désir éventrées, la bière arrondissant les panses, coulant de partout, du nez, des yeux et d’ailleurs (Zola,Germinal,1885,p.1271)

J’ai toujours aimé Zola qui savait avec son scalpel d’écriture décrire les misères et les folies d’une société qui allait devenir de plus en plus folle. Il en faudrait un aujourd’hui pour éventrer la tranquillité d’esprit d’une masse de petits bourgeois qui n’ont plus besoin d’aller dans la rue pour changer le monde : Facebook est là pour le défilé et parade des grands enjeux mondiaux.

Mais dans la colonne du débile et du crédit, ça nous adjuge un statut de mercenaire du matin et de clavier. Fourni par Microsoft et Coca-Cola. Coca-Cola, couleur de la présidence étasunienne. Pour l’instant…

Passez au suivant 

Les premiers habitants de la planète mouraient de faim. Étant donné que l’argent électronique est devenu l’arnaque aussi invisible que le F-35, les furtives compagnies agglomérées ont maintenant remplacé les rois d’antan. Alors, on choisit ceux qui doivent mourir de faim en prenant leur  eau, leurs terres, leurs métaux. Et, malgré toute les richesses du monde, encoffrées, de plus en plus de gens meurent de faim.

Et voilà l’apparition de ces faux Christ: "Prenez et mangez-en tous, car ceci est mon c(or)ps".

Al(or)s! Vive Facebook. L’endroit idéal pour passer au suivant les drames du jour pendant que tout le jour on a ses petits drames. Mais tous ces petits drames sont issus des grands drames. Sans que nous nous en rendions vraiment compte, tout en en rendant conte… On conte, on se raconte… Et tout conte fait, on s’en va au lit soulagé. Facebook, c’est le psy parfait des gens parfaits.

C’est presque amusant de voir jusqu’à quel point, non seulement nous vivons dans un monde virtuel, mais on nous a anesthésiés dans un grand sourire et une une bouffée d’air à s’emplir le poumon-cerveau… Ce bel engin, aussi détaché de son petit intérieur de lumière que nous le sommes entre nous, RÉELLEMENT.

Facebook! La pilule du lendemain…

Le charme discret de la division  

C’est bien tout ça. L’avantage est que vos amis ne puent pas de la bouche… En plus, c’est la même division que nous avons dans la vraie vie: à force de tout avoir pour pouvoir se débrouiller seul, on en vient à la formule: "J’aime mon prochain mais pas mon voisin". Il bruite avec sa tondeuse le dimanche… Il laisse tomber les feuilles de ses arbres sur VOTRE terrain. Alors, plaignons nous de Gaza!

C’est l’ère du crapaud bouffi qui fume trop d‘information. 

Mais bon!… Chacun a droit à son opinion. Le problème est que l’opinion devient une idée que l’on croit solide et "vraie". Mais ce n’est qu’une opinion. Car, en fait, les gens se battent pour des idées ne sachant pas que ce ne sont que des opinions.

Viva! les passeurs d’opinion…

Du moins, c’est la mienne… :-)

La multiplication des génies 

Jésus aurait multiplié le pain et le vin. On a multiplié le pain blanc et le vain. Si la pauvreté a grandement augmenté, le nombre de génies-opinions s’est accrut. Mais ça n’a pas empêché les gens de mourir de faim.

C’est vrai que me voilà un tantinet sarcastique… Mais je ne m’éloigne pas de la masse, j’en fais OBLIGATOIREMENT partie. Alors, comme tout le monde, j’ai envie de mitrailler tous les drames de la planète. Mais en tant que créature vivante et pensante, cherchant une solution à tous les drames, je ne crois plus, ou n’ai jamais cru qu’elle passerait par les immondes organisations planétaires aussi bouffies que les crapauds.

Non.

Cultiver la haie(ne)

Il y a quelques jours, la haies qui sépare le terrain de notre maison à celle de mon voisin a été déclarée …morte. Trop haute, impossible à tailler. Donc, il faut la faire disparaître. Une belle haie de cèdres… C’est jolie une haie!  Mais après 50 ans, c’est …terminé-terminator.  Les branches sont trop grosses… C’est du bois…

J’en ai parlé au voisin et sa femme m’a demandé ce qu’on pourrait mettre à la place pour faire une démarcation de terrain.

J’ai eu envie de lui dire que vu la largeur de la haie, ( 6 pieds), sa longueur ( 47 pieds), l’idéal serait de faire une ligne d’un potager de la même grandeur et de se partager les fruits et légumes du jardins.

Belle solution! Et pratique… Surtout amusante.

Mais voilà! Une haie, c’est comme un frontière à ne pas franchir entre l’avoir du voisin et le sien. C’est comme Israël et la Palestine.

Et c’est le petit drame des grands drames: car, au fond, nous pourrions nous enrichir mutuellement, autant dans le partage chaleureux que dans l’avoir.

Nous avons une culture d’avoir, de possession et de frontaliers.

Rien qu’à l’idée d’en parler, je me sens ridicule. Alors, c’est normal d’être de ne pas partager, de se diviser, de cultiver son ego… pour finalement mourir de faim d’amour et de compréhension pour une petite parcelle de terrain.

Nous arrosons nos drames en calquant les imbéciles heureux… Et ça pousse jusqu’à la religion de l’avoir. Celle qui est la source de tous les drames.

Il faudrait un verbe nouveau:

Je drame

Tu drames

Il drame…

etc.

C’est ainsi que le jardin Terre s’est appauvrit tout en étant riche.

Nous nous plaignons d’être pauvres dans des pays riches. Mais de quelle richesse parlons-nous?

La haie c’est la haine…

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

Voyage au bout de la Vie

gajana:</p><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
<p>" /></address>
<address> </address>
<address><span style="Nous crevons d’être sans légende, sans mystère, sans grandeur."
Louis-Ferdinand Céline 
*** 
 
LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.LIVRE.DÉLIVRE…
 

Il fut un temps où j’achetais des livres … à la livre. Je passais des heures à chercher un sens à la vie à travers ceux qui avaient trouvé toutes les éraflures des éraflures des âmes. Mais avant, il fallait passer par le grand tumulte du "littéraire", des essais, des arts, des analyses, pour saisir une certaine mécanique enfin arrêtée. Mais tout bougeait.

Cette période de la vie où toutes ces légendes mystérieuses, grandioses, encensées nous livraient une partie du savoir de l’humanité. Une partie des autres est toujours une partie de soi. On nomme cela une quête. Et avec raison. On quête dans le cerveau des autres ce qu’on n’ose pas trouver dans le sien, pensant qu’il faut s’engueniller de tous les mécaniciens des connaissances pour saisir l’essence de ce monde.

Après, il fallait distiller. Pour la délicieuse quintessence… Il en est qui sont des "passer au suivant". Avec toute l’honnêteté qu’ils ont. Avec toute la franchise et la douleur accumulées. Ils vous donnent leur vie en quelques poèmes.

La boue du monde 

La Vie, la vraie, c’est comme une sculpture: il faut s’engraisser de toute la boue du monde pour ensuite se sculpter. Il faut même qu’elle sèche un peu pour que l’on puisse la tailler. Sinon, après, nous serions mous et fragiles. La sécheresse a bien des vertus en autant que l’on puisse l’utiliser. Quand ont songe que les hommes sont composés de 70% d’eau, une fois en statues érigés, il restent secs comme des veaux d’or dont parle la bible.

Pivot

Chose surprenante, la "vérité" n’est que le montage intellectuel de ce que l’on croit après avoir fait son propre assemblage avec les matériaux intellectuels cueillies au bord des lignes de livres, de pensées, de personnages grandioses qui pourtant sont si peu…

C’est simple: la vérité et la certitude font davantage de victimes que l’ignorance. Ils sont en fait responsables des 3/4 des malaises du monde.  Ce n’est pas le savoir qui a gangrené notre monde, mais la manipulation des "faux savoirs". Alors, tout est baigné dans le liquide sirupeux et trompeur de la propagande politique et économique. De la propagandes des gens abonnés au cervelet.

Il faut un certain savoir pour bâtir une maison. C’est pratico-pratique. Mais l’autre, celui de ceux qui les achètent et les vendent, ceux qui jouent aux fins finauds, qui s’électrisent aux petites réussites est, au bout du voyage, aussi inutile que d’amener une pépite d’or dans cet autre monde après le déluge du corps.

C’est là le pivot: une fois qu’on a fait le tour de toutes les magouilles, même celles des vies ultérieures, on se calme un peu, avec un sourire en coin et on regarde alentour de soi. Il en est qui se plaignent du de la douleur et des misères des premiers hommes habitant l’ère glaciaire… Ce que l’on vit aujourd’hui est le résultat de mailles méchantes et bien tressées de l’homocumulatus.  Drôle de créature!

L’Homme araignée.  Le fabricant de toiles pour vous capturer… en fait, tout capturer. Il a appris à piéger, à bâtir des pièges économiques. Alors, pourquoi se plaindre et geindre sur les anciens chasseurs qui broyaient les jambes des bêtes pour manger? Et par besoin…

J’ai souvenir de lièvres gelés en hiver, morts lentement par étranglement de fils de laitons placés sur leurs petits sentiers.

Les petits sentiers… Ne sont-ce pas ceux que nous suivons?

Dessillement 

Tout bouge, tout se meut, tout est vie.

… et depuis longtemps, je suis plutôt étonné des manigances des fourmis, des lueurs invisibles des plantes, de tout ce qui pousse avec un peu d’eau, un peu d’air, un peu de terre…et ce qui meurt en hiver, disparaissant sous le gel , comme dans un beau et grand repos-inspir, pour ensuite respirer sa vie qui est la nôtre. Souffler!. Cette vie en vert, si surprenante de générosité en désaccord avec nos propres cupidités "apprises"…  On dirait que lorsque les yeux – ces yeux de chair – voient un peu embrouillé, les yeux de l’âme s’éveillent et prennent le "relais".   Les matins, les petits matins frileux, quand le corps a fait des noeuds au point de se lever un peu plus douloureusement, il y a les êtres à découvrir encore, comme si on ne les avait jamais vus. 

Si nous pouvions voir tout le pouvoir de la tendresse, de la simplicité en début de vie, jamais nous de donnerions d’argent à ceux qui achètent des armes et tracent des frontières. Jamais nous ne permettrions d’user de nos sueurs pour tuer ceux qui usent de leurs sueurs pour bâtir un monde meilleur. Le monde "meilleur" est celui qui est, existe, et sera toujours. Le pire des mondes provient de celui qui cachent les humains au profit des superstructures. Et de par celles-ci. Les aveugleurs… 

planthomme 

Ce matin, je me suis levé tôt… J’ai fait le tour du jardin. C’était horrible! Les framboisiers avaient envahis les rangées de fèves, le compost refusait de composter, la mauvaise herbes s’approchaient des plans de patates, et les carottes s’étaient unis en trois rangs pour pousser… De la rhubarbe, des fleurs, des abeilles, trois pruniers, 30 plants de tomates, des poireaux.

Je me disais que j’allais perdre quelque "chose"… Mais, étant donné qu’ils n’avait pas plu depuis longtemps, tout le parterre du voisin était jauni par la sécheresse. C’est là que j’ai compris que la diversité était une force, mais que nous passons notre temps à cultiver ladite "monoculture sociale".  Et c’était là la grande faiblesse de cette humanité à travers laquelle je serai passé.

Si une plante multicolore, orgueilleuse, haute écrivait ses mémoires… Ce serait comme ici.

Mais les plantes ne savent pas écrire. Même si l’infime brin d’herbe ne sait  pas lire, la pauvre plante orgueilleuse la regarderait de haut, sûre qu’elle a "créé" la plante, sans savoir qu’en mourant , l’herbe a   engraissé la terre dans laquelle  a pu s’épanouir la belle au moi dormant… Mais la pauvre ne saurait même pas que le brin d’herbe est totalement ignorant de la "grandeur" étalée de cette "merveille".

Les odeurs n’ont jamais nourri personne…

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

TreblinGaza

 
01
 
 
 
L’armée israélienne s’est vantée d’avoir lancé plus de 273 frappes aériennes mardi. Ces attaques perpétrées par des avions de combat F-16, des hélicoptères Apache et des drones, ont transformé les maisons en tas de gravats et ont fait s’élever des flammes et de la fumée dans le ciel de Gaza où près de deux millions de Palestiniens sont confinés dans ce qui est, en fait, la plus grande prison en plein air du monde. Mondialisation 

L’Histoire ressemble à une lutte de groupements humains qui cassent de la pierre en la rougeoyant toujours du sang des gens simples. Si les guerres étaient "utiles", nous aurions certainement évolué grandement en un siècle. Mais les guerres et la folie humaine ont  fait en sorte que nous sommes  tous dans un Gaza économique, piégés par une autre guerre: l’argent. Ou les terres… Ou le pétrole…  Peu importe: l’avoir l’emporte sur l’être.

Il semble maintenant, à travers toutes les analyses inutiles que nous consommons chaque jours,  que le véritable problème est que les guerres sont économiques, et les humains – même à travers ce boucan inutile des analyses journalières – ne gagnent rien. Ni de terrain, ni cette paix tant promise à travers les institutions mondiales gangrenées, dénaturées, vicieuses qui vampirisent  nos avoirs, nos sueurs, nos êtres, la superfluité perpétuelle à laquelle nous sommes condamnés.

De sorte qu’en évaluant les intrications dans une perspective sereine et retirée de tout ce qui se passe, nous sommes tous, humainement parlant, des Gazas dans un nouveau camp de concentration mondialisé.

Gaza sera sans doute sous peu anéantie. Une petite péninsule qui n’est que le reflet de NOTRE  monde. Une bande étroite de quelques millions d’habitants dans un univers sur-armé, sous-humanisé, hyper-technologique, un camp de concentration boursouflé de souffrances.

On se croirait dans une période d’Alzheimer mondialisé….

Sorte de petit Treblinka rose qui passera à l’Histoire comme un fait divers. Les hommes peuvent bien rebâtir des villes mais ils ne savent pas les garder intactes. Les Hommes savent détruire les villes pour raisons diverses, car la haine rend aveugle, et l’on sait tellement bien cultiver la cécité sociale…

De sorte que Gaza n’est pas que Gaza. Gaza n’est qu’un pan de miroir éclaté de notre propre éclatement. De nos éclatements et de notre absence totale de cet simiesque personnage qui a appris à ne tirer aucune leçon de l’Histoire.

Connaissance en "flash". Et l’on passe à autre "chose"… Éclair, fermeture de paupière et …oublis. Il demeure toutefois une trame persistante: les humains ne savent pas vivre leurs différences. On retrouve cet inébranlable et inéluctable incapacité dans les recoins lointains des clans encore enfermés dans des forêts , loin du "progrès".

De là la belle illusion de toute la culture étalée sur des bibliothèques de savoir, des universités pompeuses, et des diplômes livrés comme des parchemins, médailles de papiers, certifiant: "meilleurs après". Comme si l’ignorance, une fois trempée dans la connaissance fibrée, étatique, morcelée, spécialisée, serait garante d’un monde meilleur. Elle ne fait qu’élever en spirale cette tour de Babel, labyrinthe dans lequel nous nous perdons de vue et de sens.

Il ne peut avoir de vie réelle dans ces  guerres cultivées. Il ne peut avoir d’humanisme que dans les livres, les analyses,  – pourtant si nombreuses -, si nous ne savons pas appliquer nos connaissances. Dire – le torse bombé – que les actuelles sociétés sont "évoluées" est insensé. Elle ne sont que complexes, joufflues dans leurs diamantaires éclats et totalement  "déciblées" dans notre contexte dit d’évolution.

Vivre de savoirs inutiles, de fast-food intellectuel, de frauduleuses et de structures planétaires bosselées, fourmillantes de blattes "sociales", est carrément éloigné d’une véritable évolution. Nous choisissons de ces crapauds savants qui nous font vivre dans une mare inerte et étouffante.

Mais quel bel apparat!

Alors Gaza, malgré que c’est à pleurer, n’est qu’un autre échec de ce monde complètement déshumanisé mais bien organisé. Voilà nos "valeurs"! Car, en fait, il faut organiser pour un "monde confortable et meilleur".

On peut bien s’effondrer en larmes sur l’histoire de Gaza, trouver les coupables, etc. Écrire de beaux textes en y insérant des noms…  Gratter le bobo jusqu’à ce qu’il saigne.

Mais, il y a un monde "butoir" à nos actes, à nos "valeurs" et aux choix que nous laissons entre les mains des élus: la décadence d’une petite boule bleue perdu  dans l’espace…

C’est le Gazarond…

À se demander si nous ne construisons pas nous-mêmes nos propres chambres à gaz…

Ah!

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

P.S.: Pour faire votre propre liste de "sources", utilisez Google. Faut-il autant jouer les savants en utilisant des "références"? C’est le jeu de l’universitaire qui pille les morceaux du puzzle pour "comprendre" et supposément …créer.

Échantillons:

1. A Gaza, le double blocus impose une diète draconnienne aux Palestiniens

2. Gaza brûle : voici l’incendiaire

La prison à 50 États

prison usa

J’ai peur de regarder en dessous de mon lit!… Il y a un monstre. 
Couche-toi et dort, tu devrais regarder en dessous de ton pays…. 
Robert C. Cornwell 
 

J’ai appris, de la bouche de mon fils qui a fait des recherches sur les ancêtres des Pelletier, que mon arrière-arrière grand-père avait migré des États-Unis au Canada.

Brrrr!

Depuis je me lave à l’eau de javel trying to erase  pour me laver de cette souche. Mais probablement qu’il était trop doux pour faire la chasse aux amérindiens, papi-papi, puisqu’il est revenu au Québec.

***

Les U.S.A. mènent le monde par la peur, par leur clinquant. De sorte qu’ils ne sortent plus de leur pays de peur de se faire huer et ne laissent plus entrer personne de peur de se faire tuer. Mais ils s’entre-tuent entre eux…

Enfant, j’y ai fait des séjours parce que mon père y travaillait. Si la tendance continue, ils auront  besoin de plus de policiers que de citoyens. Les dirigeants américains ont l’art de cultiver la peur pour engager les" boys" à faire la guerre aux méchants et à transmettre la liberté frauduleuse et toute menteuse de leur système de dégénérés qui se reproduisent comme des blattes.

Ils sont prisonniers chez eux…

On tue un américain, ils se vengent en en tuant 50,000. La loi de "l’étalon". Talion, étalons, ces fourmis d’églises diverses ne se voient plus le nombril à force de manger food-food fast.

L’Amérique chantée par Dassin est maintenant un énorme miroir, mais un miroir rongeur comme un rat-Narcisse se mirant…

Mais là où se cache le grand secret des U.S.A., c’est dans sa pauvreté. Soldats des multinationales, soldats des armées allant répandre la bonne nouvelle. L’américain moyen et pauvre est piégé: autant dans son ignorance des différences de l’être humain, se gargarisant de haute-technologie, c’est avant tout un vendeur d’autos et d’armes, un kapo avec une culture de Goebbels fabriqués à la chaîne.

Tout Fordisme. Tout pyramidal. Hypocrite.

On dirait un remake d’un vieux film des années 30… Mais en 3D.

Il n’y a personne à blâmer. La masse américaine est victime de son ignorance et de ses valeurs "primaires". Puérile  jusqu’à la moelle. Et navrant dans le constat.

Elle est même en train d’avaler sa "propre liberté". Après avoir puisé dans les réservoirs des esclaves à harnacher, la voilà elle même dans un bateau étroit, encagée, apeurée, voire enchaînée.

La carte étasunienne est une paupière fermée sur le monde.

C’est la culture de l’aveuglement et des formules vides.

Et les chiens-guides sont élus…

Comme disait Elvis, dans un de ses livres JAILHOUSE ROCK:

One for the money 
Two for the show 
 

Les paillettes et Vegas… Une ville dans le sable… Un pays dans la merde!

Le terrorisme intraveineux…

gp

2014

The Sower

Akiane Kramarik 29 640x512 Akiane

Painting : Akiane

***

We were  born to find God in us and create life. Our hands is only the way we capture things. Our brain is the way to capture concepts, and retreive our real nature.  We have forgotten that life HERE is a "mission" to continue the art of the God we all have-are in all of us.

 

Gaëtan Pelletier 

 

 

 

Nous sommes tous détectives de la "réalité"

Akiane Kramarik,  peintre

 

Arctique canadien: Les Inuits en guerre contre une prospection pétrolière

Cela « viole les droits fondamentaux des habitants du Nunavut », ce territoire autonome inuit du Grand Nord canadien, a affirmé l’avocat représentant Clyde River

Arctique canadien: Les Inuits en guerre contre une prospection pétrolière

Un petit village inuit de l’Arctique canadien a saisi lundi la justice afin de bloquer la prospection pétrolière qui doit être menée à coups de relevés sismiques au large de ses côtes, y voyant une menace pour la faune polaire.

Située sur la côte orientale de l’Île de Baffin, face au Groenland et à 2000 km du Pôle Nord, la localité de Clyde River doit assister au débarquement de navires de prospection pétrolière dès l’année prochaine grâce au feu vert accordé fin juin par l’Office national de l’Énergie du Canada(ONÉ).

Lors de consultations publiques préalables, les Inuits s’étaient inquiétés des dangers que feraient peser sur l’environnement ces relevés sismiques réalisés à coups de canons à air comprimés et, le cas échéant, la production pétrolière elle-même.

L’ONÉ, un organisme fédéral, avait d’ailleurs notamment reconnu l’année dernière que ces tests très bruyants devant permettre de cartographier en deux dimensions le sous-sol océanique « pourraient avoir des répercussions sur la baleine boréale ».

Cela n’a toutefois pas suffi pour bloquer la demande de relevés sismiques déposée par trois sociétés: TGS-NOPEC Geophysical Company ASA (TGS), Petroleum GeoServices (PGS)et Multi Klient Invest AS (MKI).

Cela « viole les droits fondamentaux des habitants du Nunavut », ce territoire autonome inuit du Grand Nord canadien, a estimé dans un communiqué Nader Hasan, l’avocat représentant Clyde River.

« Étant donné que des relevés sismiques peu réglementés pourraient avoir des conséquences catastrophiques sur les communautés inuits, le village de Clyde River, l’association Nammautaq des trappeurs et chasseurs de Clyde River et le maire de Clyde River, Jerry Natanine, ont demandé à la cour d’appel fédérale de réviser la décision de l’ONÉ », est-il indiqué.

Les eaux convoitées par les groupes pétroliers sont riches en narvals, baleines boréales, morses et phoques, des mammifères marins qui « sont la base de l’alimentation et la culture inuit », écrivent les autochtones, jugeant que « les tests sismiques peuvent être fatals », notamment en « perturbant le chemins de migration » de ces animaux.

« Si les compagnies pétrolières nous enlèvent ça, il ne nous restera plus rien », a plaidé le maire de la petite localité polaire, Jerry Natanine.

L’Arctique contiendrait 22% des réserves d’hydrocarbures restant à découvrir sur la planète selon des estimations américaines datant de 2008, mais les promesses énergétiques nées du recul de la banquise tardent à se concrétiser: le géant norvégien Statoil a notamment renoncé à deux forages dans le Grand Nord depuis juin, car pas assez viables commercialement.

lapresse.ca

wikistrike.com

Indígenas americanos alertan sobre la destrucción de la Madre Tierra

Vicky Peláez

17:28 06/12/2013
Columna semanal de Vicky Peláez

La tierra no pertenece al hombre, es el hombre que pertenece a la tierra (sabiduría indígena).

Hay eventos internacionales que la prensa globalizada trata de silenciar o simplemente ocultar para que no trasciendan y no perjudiquen la agenda de las transnacionales, a las que el escritor Eduardo Galeano bautizó como “el club internacional de banqueros y guerreros”. Todo esto en su empeño de controlar no solamente la vida humana sino la de la naturaleza. Así pasó desapercibida la V Cumbre Continental celebrada recientemente en el resguardo La María, en Cauca, Colombia, la tierra de la comunidad nasa, donde unos 4,000 representantes indígenas  del continente americano articularon propuestas en defensa de la Madre Tierra y expresaron su rechazo al modelo económico neoliberal imperante.

Los líderes de más de 40 etnias, entre ellas embera, wayúus, guaraníes, mapuches, araucos, machiguengas exigieron un alto a la firma de Tratados Bilaterales de Inversión (TBI) y Tratados de Libre Comercio (TLC) que establecen políticas de entrega de los recursos  naturales y crean regulaciones que permiten el saqueo de bienes y conocimientos de los pueblos. Las comunidades indígenas están preocupadas por la decisión de cuatro países latinoamericanos: Chile, Colombia, México y Perú para firmar el Acuerdo de Asociación Transpacífico (TPP en sus siglas en inglés) junto con Estados Unidos, Canadá, Japón, Australia, Nueva Zelanda, Vietnam, Malasia, Singapur y Brunei.

El TPP, que se negocia a puerta cerrada por iniciativa del gobierno de Barack Obama, es bautizado popularmente como “el Caballo de Troya Corporativo” o “NAFTA (Tratado de Libre Comercio de América del Norte: EE.UU., Canadá y México) a Base de Esteroides” pues impone los intereses de las transnacionales sobre los intereses nacionales de los países firmantes. Por supuesto que todo esto se presenta bajo la cobertura del más alto nivel del mercado libre, que sin embargo, de acuerdo a sus creadores, duplicaría las exportaciones norteamericanas, acomodaría las leyes del medio ambiente de los países firmantes a los intereses de las corporaciones y cambiaría patrones de la seguridad alimentaria.

También las multinacionales se harán cargo del Seguro Social, de Fondos de Jubilación y del Seguro Médico, limitando el uso de la medicina genérica entre muchos otros rubros, como lo muestra el ejemplo de Guatemala. Después de firmar este país el Tratado de Libre Comercio entre Estados Unidos y Centroamérica (CAFTA) se prohibió el uso de la medicina genérica subiendo en seguida el costo de medicamentos en 20 por ciento. Una de las causas del golpe de Estado en Honduras en 2009 fue precisamente la decisión del presidente depuesto Manuel Zelaya de firmar el convenio con Cuba para abaratar el costo de los medicamentos. Los cuatro mil representantes indígenas reunidos dieron su rotundo NO a estas prácticas y exhortaron a sus gobiernos  preservar la soberanía de sus países haciendo un alto a la firma de tratados de libre comercio.

Los participantes de la Cumbre Continental rechazaron enérgicamente el uso de los cultivos transgénicos por la transnacional Monsanto en los territorios indígenas del continente y demandaron derogar la Resolución 9.70 en Colombia del TLC con Estados Unidos. Esta ley prohíbe el uso de semillas naturales por los agricultores y los obliga utilizar solamente “semillas certificadas”, es decir los 14 millones de campesinos colombianos deben usar exclusivamente las semillas transgénicas que son semillas estériles de Monsanto, Cargill, DuPont, Dow Chemical Co. y de algunas otras corporaciones. De acuerdo al gurú de la gastronomía y alimentación, Carlo Petrini, actualmente “el 80 por ciento de las semillas en el mundo pertenecen a sólo cinco multinacionales”. Según este especialista, cuando la industria tenga el control total sobre la producción ya no existirá el campesino ni agricultor.

Los indígenas latinoamericanos, igual como todos los hombres de conciencia se oponen a los intentos de las corporaciones multinacionales de convertir la naturaleza en una mercancía pues la ven desde afuera, como lo presenta Eduardo Galeano, mientras que “las culturas indígenas la ven desde adentro”, como parte inseparable de su propia existencia. Se dan perfecta cuenta que el actual sistema globalizado está creando condiciones para la destrucción del medio ambiente y como lo sustenta Carlo Petrini, produce un desperdicio que nunca antes en la historia de la humanidad se había visto, no respeta tradiciones, destruye poblaciones y roba el futuro”.

No es ningún secreto, según este especialista, que “en los últimos 20 años se han usado más químicos que los que se habían utilizado en los 120 años anteriores”. Lo que les preocupa a los indígenas latinoamericanos reunidos en Colombia es el modelo depredador y de explotación irracional que “ha puesto en riesgo la vida y la vigencia de todos los seres del planeta”. Las recientes críticas del Comité de Derechos Económicos, Sociales y Culturales (DESC) de Naciones Unidas (ONU) al gobierno argentino confirman las preocupaciones expresadas en la Cumbre. Resulta que los desmontes, agro tóxicos, soja transgénica y minería a cielo abierto “han forzado a los pueblos indígenas a dejar sus territorios”, además, el uso de pesticidas químicos ha afectado negativamente la salud de estas comunidades”, sostiene este informe, concluyendo que el actual modelo agropecuario atenta contra la agricultura indígena.

Todo esto es harto conocido por los pueblos indígenas que estaban advirtiendo desde hace décadas el daño irreparable que produce la explotación depredadora, que no está sujeta a ningún control, a la Madre Tierra y a toda la naturaleza. La agricultura industrial y la política económica extractivista impuestas por el neoliberalismo para obtener el máximo de las ganancias hacen gran daño al medio ambiente y debilitan la agricultura campesina. A la vez la existencia de las leyes antiterroristas en la mayoría de los países latinoamericanos, desde Honduras a Argentina permite al agro negocio y los desalojos de pueblos nativos de su tierra ancestral, lo que representa una clara violación de los derechos humanos.

Los representantes de los indígenas exigieron también la cancelación de las concesiones mineras, que actualmente abarcan numerosos territorios indígenas, en todo el Continente y poner un alto a la lotización petrolera y minera en sus territorios. En el Perú, por ejemplo, el 72 por ciento de la Amazonía ha sido lotizado para más de 30 corporaciones multinacionales de gas y petróleo, siendo la mayoría de los Estados Unidos, la Unión Europea y China, en las zonas más ricas en especies de mamíferos, aves y anfibios. Lo trágico es que 58 de las 64 lotizaciones autorizadas por los gobiernos de Alejandro Toledo (2001-2006) y de Alan García (2006-2011) se encuentran en tierras de las comunidades campesinas e indígenas. Lo mismo está pasando en Brasil, Ecuador, Colombia y Bolivia donde las exploraciones de petróleo y gas ponen en riesgo a uno de los bosques más biodiversos y prístinos del planeta.

Los proyectos de extracción de gas de esquisto en América Latina (shale), siguiendo el ejemplo de los Estados Unidos y la Unión Europea, representan un nuevo peligro para la naturaleza porque contaminaría las fuentes subterráneas de agua dulce y afectarían las generaciones futuras. Ya está probado que la extracción de gas natural de las formaciones geológicas llamadas esquistos gasíferos mediante la fracturación hidráulica (FH) contamina el medio ambiente. De acuerdo a los estudios científicos, cada pozo FH requiere entre 4 a 30 millones de agua y entre 80 a 300 toneladas de químicos como benceno, tolueno, etilbenceno y xileno que son cancerígenos.

Todos estos problemas se reflejaron en la declaración final de la V Cumbre del Continente que decidió declarar el 12 de octubre Día de la Resistencia Continental “contra el capitalismo extractivista y el saqueo de los bienes naturales por la gran minería, la explotación petrolera, el gas y los megaproyectos”. A la vez exigieron a las Naciones Unidas aprobar una Declaración Universal de los Derechos de la Pachamama (Madre Tierra) para poder defender y protegerla a lo largo y ancho del Abya Yala (Continente Americano).

Reza una oración indígena maya: “Oh Gran Creador, Corazón del Cielo, Corazón de la Tierra, nuestra Madre: Danos vida, mucha vida y una existencia útil, para que nuestros pueblos encuentren la paz en todas las naciones del mundo”.

LA OPINIÓN DEL AUTOR NO COINCIDE NECESARIAMENTE CON LA DE RIA NOVOSTI

 

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Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons

Merci Michèle pour le lien :)

Jean,
écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s’abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s’immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l’on traque comme d’autres en d’autres temps que tu as chantés, celle qu’on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n’est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l’on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l’essentiel…


Jean, rechante quelque chose je t’en prie, toi, qui en voulais à D’Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu’un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s’est vendu à la Première dame de France.Ecris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent !

Jean, l’huma ne se vend plus aux bouches des métro, c’est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l’info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs… Tu l’aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l’Elysée pour avoir l’honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu…

Jean, l’argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autre du sang de ces ingénieurs français. Lajustice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l’on ose donner des leçons de civilisation au monde…

Jean, l’Allemagne n’est plus qu’à un euro de l’heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l’haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".

Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l’homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n’est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.

Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l’industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s’endetter il s’endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite… Finies les jacqueries!

Jean, la Commune n’en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade… Ici on massacre l’Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l’excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés…

Jean, je te quitte, pardon de t’avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts…

Jean, je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai…

Je t’embrasse.
Philippe Torreton

Marc Lafontan, Au bout de la route