Un conte de Charles Hatan: Le silo à blé

 

 

néolithique

 

Chers enfants! Oncle Charles  va vous raconter un  beau  conte…

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Il était une fois au grand pays de la terre, couverte de fleurs ( dont les Pervenches dont parlait  Bourvil ), d’arbres géants,  de contrées immenses et d’eau pure, des humains vivant en clans.  Ils devaient vivre ensemble, une nécessité pour la survie du clan  Car la vie était fort difficile. Ils étaient comme les pauvres d’aujourd’hui: parfois ils mangeaient, parfois ils passaient à la diète. Ils devaient parcourir de grands territoires pour  des fruits ou chasser des animaux. Ils devaient le faire ensemble: c’était là leur force.

L’agriculture

Un millénaire plus tard, ils découvrirent que l’on pouvait cultiver la terre en semant des graines et faire l’élevage de certains animaux et en travaillant tous ensemble s’aidant les uns les autres. Quand l’un d’entre eux n’avait pas de nourriture, les autres, mieux nantis leur en donnait. Ils vécurent heureux, mais eurent peu d’enfants.  Le soir, pour les endormir, ils leurs racontaient des légendes de renards qui volaient des poules, le renard qui vidait les silos,  qui devint plus tard, le bulletin de nouvelles.

Les entrepôts: les spermatozoïdes de Wall-Street 

Un jour, il y eut une grande famine, due à de fortes pluies,  qui détruisirent les récoltes. Mais l’un d’entre eux, qui était le chef, engagea un prétendu savant qui  se vantait d’avoir des accointances avec « dieu », donc, capable  régler le problème des famines qui écourtait la vie de certains.  Notre « envoyé de dieu » (ingénieur) créa de grands entrepôts pour y placer de la nourriture en cas de famine. Un autre arriva et leur montra comment faire sécher la viande. Les membres du clan, émus et gratifiant, leur accordèrent le pouvoir de contrôler les entrepôts ainsi qu’à sa descendance et eut droit à une demeure dix fois plus grande que les autres.

Des armes et des hommes contre les voleurs d’entrepôts

Un millénaire plus tard, un individu d’un clan voisin décida de voler l’entrepôt et quelques bêtes. Il se nommait Joseph Bandit. Le chef du clan, pour le bienfait de ses sujets, réussit à convaincre ceux-ci de créer une armée afin de protéger les silos. Il fallait des armes. On commença par utiliser la « roche volante » qui servait jadis à abattre les animaux. Dans un long discours sur la place publique, le chef insista sur les nouveaux besoins des armes et les coûts de celles-ci. Il fallait donc sacrifier un peu de sa richesse pour la protéger. À partir de ce moment, chacun devait donner une part de leurs avoirs pour la création d’une armée de protection.

— Si nous perdons un entrepôt, nous perdons un an de cultures. Il faut maintenant construire encore plus d’entrepôts. Depuis que les femmes ne vont plus aux champs cueillir, elles devront désormais mettre plus d’enfants au monde pour qu’ils deviennent soldats et travailleurs. Il est nécessaire d’inventer des armes plus modernes, plus rapides, plus efficaces. Il nous faudra des surveillants de d’entrepôts, des lois précises et une formation de gens qui décideront d’amendes ou de morts pour des actes de …terreur.

Un millénaire plus tard, le chef créa la CAE , le Centre d’Attrapage des Esclaves.

— Ce sont des êtres inférieurs qui vivent de chasse et de cueillettes, invoqua le roi. Imaginez ce dont nous pourrons désormais nous être accordés en richesses et en sécurité. Car je veux le bien de mon peuple.

Le lendemain, le roi fut assassiné et le fils de ce dernier décida de subventionner les fabricants d’armes. L’un d’entre eux fut l’inventeur de l’huile de palme chaude déversée sur les attaquants. Il avait eut cette idée, un jour où en mangeant sa soupe, il se brûla la langue. La douleur dura trois jours. Le cuisinier également…

Personne ne sut alors que le fils du roi avait assassiné son père pour son trône  Personne ne le sur, car à cette époque aucun avait lu ni Shakespeare ni Bush. Le Facebook d’alors était situé dans une vieille écurie au bas d’une côte. Une écurie fréquentée par des gens qui s’échangeaient le commérages de la ville. Ils se formèrent un nouveau métier: le journalisme.

Un millénaire plus tard, un descendant du roi, lors d’un discours, prétendit qu’un inventeur du clan voisin avait inventé une poudre qui explosait comme un soleil brûlant. Il avait volé l’invention de la poudre à canon mais en avait créé une encore plus puissante : la poudre aux yeux.

Un millénaire plus tard, la descendance,  maintenant riche de plusieurs silos à monnaie ( eh! Oui, on l’avait enfin inventé) , se rendit compte que le vol était encore plus rapide que l’acharnement à convaincre les peuples.  Il créa un nouveau métier : économiste. Il dit au peuple que tout fonctionnait selon « la main invisible ». Et ils applaudirent de mains visibles…

Le roi , qui n’était pas bête du tout, se rendit compte qu’en créant des emplois pour le servir, créait en même temps des voleurs de silos.

Il demanda alors une réunion de son « cabinet ». Une semaine plus tard, le sociologue mourut d’un infarctus, le philosophe d’une indigestion, et le poète d’un suicide collectif : il tua son être et son avoir.

Il trouva alors un nouveau métier qui allait changer le monde : le visionnaire scientifique qui pouvait lire  l’avenir.

«  Un jour, dit-il, des oiseaux crachant le feu par deux derrières brûlants attaqueront des silos dans une partie de ce monde qui n’a pas encore de nom, en se jetant sur ceux-ci transportant des réservoirs  remplis d’huile chaude arrachée aux volcans éteints de la terre et qui feront rouler des véhicules lustrés et encensés sur des routes noires et surchauffées par le soleil qui seront à refaire tous les quatre ans. »

« QUATRE ANS! » S’exclama le peuple, les yeux grands ouverts.

«  Oui, malheureusement… »

« Pour ne pas nous faire voler, poursuivit-il, il faudra créer des monnaies invisibles. Ainsi, vous serez à l’abri des voleurs. »

Et c’est ainsi que naquit le monde actuel des bons et des méchants dans un clan où règne le progrès constant, grâce à nos armées, nos banques, nos industries et notre culture. Du chasseur-cueilleur, sale, toujours à se déplacer pour se nourrir, souffrant de famine, à un monde sûr, protégé, vivifiant, dans lequel participe chacun des citoyens de ce monde.

guerre

Source de l’image en tête:  La petite classe de Karine 

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