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Pour tous les silences

Il avait son petit appartement (de plus en plus minuscule au fil des ans) et n’avait conservé que le peu dont il avait besoin. Table de billard, piscine, ordinateur, cinéma maison, roulotte avaient disparu et tous ceux qui aimaient le voir entouré d’objets ne venaient plus et ne téléphonaient plus.

C’est ainsi, qu’une vie durant, il avait dû renouveler sans cesse l’intérêt des autres à son égard et qu’au fil du temps il fut envahi par tous les objets témoins de ces amitiés éphémères. Puis, peu à peu, plus aucun ne l’a fait sourire: ni la roulotte, ni non plus ce vieil ami dont il était sans nouvelles depuis ces fameuses vacances qui n’eurent pas lieu car son fils lui avait demandé la roulotte la veille de leur départ.

Non ça n’allait pas… Il avait besoin que quelqu’un remplace la moustiquaire brisée de la porte-patio de son appartement.

L’ouvrier spécialisé lui avait dit: « Tout est trop vieux, achetez une porte neuve »! L’artisan lui avait dit: « Je n’ai pas le temps.  C’est pourtant facile à faire, même un imbécile peut le faire »! Son garçon lui avait dit: « Mais t’as pas besoin d’une moustiquaire »!  Il les a écoutés.  Après tout, puisqu’il ne souhaitait pas tomber en disgrâce aux yeux de tous, vieux et sans objets, il se devait de les laisser se montrer de bon conseil, même si cela ne lui était d’aucune aide.

Eux racontent qu’il n’a plus toute sa tête, car il est obsédé par la moustiquaire de sa porte-patio. Vous n’en croyez rien? Interrogez son fils qui lui rend occasionnellement visite…

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« Eh bien il faut voir que depuis trois années, chaque fois que je vais le voir, il est question de cette sapristi moustiquaire! A force, tous ont hâte qu’il se retrouve dans une maison pour personnes âgées et qu’il cesse de lasser tout le monde avec cette moustiquaire. Cela devient pénible pour les autres! On dirait un enfant qui ne sait rien faire et qui voudrait tout avoir… mais qui a besoin des autres évidemment! Que voulez-vous, ça n’ira pas en s’améliorant! Pour l’instant il se débrouille car il peut aller à la banque, mais viendra le jour où je serai obligé de me charger de ses avoirs! Je m’y prépare mentalement. »

« Tiens il me téléphone justement »!

« Quoi? … venir manger chez toi samedi prochain? Bien non vois-tu… je te rappelle que je travaille toute la semaine moi! Lorsque le samedi arrive, je dois aller faire les emplettes et le soir venu j’ai absolument besoin de détente et de musique! D’ailleurs c’est ce que vivent tous ceux qui sont dans ma situation. Nous n’avons plus aucun temps à nous. Tu comprends j’en suis certain!

« Ah oui ce Noël nous partons en vacances dans le sud avec des amis. Je préfère t’en aviser longtemps à l’avance pour éviter que tu ne t’y prennes à la dernière minute pour trouver un endroit où aller réveillonner. Ça ne se fait pas, te laisser seul à Noël. Tu me connais: j’ai le coeur tendre! 

Quoi?  je suis fils unique? Ecoute crois-tu que je peux l’oublier puisque c’est moi qui doit tout faire pour toi »!

« Ah oui au fait, pendant que j’y suis, j’irai chez toi cette semaine pour te faire signer l’endossement de l’hypothèque du condo que j’achète. Essaie d’être là car je dois finaliser tout ça avec la banque. Quoi? écoute as-tu compris ce que je viens de dire? Evidemment que je n’aurai pas le temps de prendre le repas avec toi ce jour-là non plus. Il faudra remettre ça. Toi tu as des horaires flexibles, mais moi pas. Je sais bien que tu dois t’ennuyer. Il n’y a personne de ton âge dans ton entourage. J’y pense… n’en doute même pas! Je me dis souvent que je serais tranquille si je te savais entouré. Tu sais c’est facile: on fait tout disparaître chez toi en vendant ou en donnant à des oeuvres tout ce qui ne te sera plus utile (je conserverai pour toi les objets de valeur) et tu pourras te la couler douce dans une résidence pour personnes âgées.  Là-bas tu auras tout, mais alors tout ce qu’il te faut!

« Et le plus beau c’est que tu n’auras plus besoin de penser à ta moustiquaire car je te l’accorde, depuis trois ans qu’elle est éventrée, nous avons l’air de vivre à la mendicité. Je sais que tu es fier, moi aussi d’ailleurs, donc ça ne va pas. Attends j’ai quelqu’un sur une autre ligne, je te reviens. Oui? non non j’arrive bientôt. Je consolais mon père qui a toujours cet énorme problème de moustiquaire éventrée qui le détruit peu à peu. Je sais .. je suis sensible que veux-tu. Après tout c’est mon père! Oui d’accord je le lui dirai. »

« C’était Robert. Il m’a demandé de te dire de ne pas t’en faire parce qu’il y a des gens qui vivent bien pire situation. Prends les prisonniers… qu’il m’a dit: eux seraient heureux d’avoir une moustiquaire à la porte, même éventrée! C’est comme ça! On n’a pas tout ce qu’on veut dans la vie. C’est bien dommage d’ailleurs parce que moi aussi, si j’avais tout ce que je veux, je n’aurais plus besoin de toi pour l’hypothèque. »

« Bon allez. Prends soin de toi. Garde le moral. Tu disais? Ecoute je n’ai pas le temps de discuter. Une prochaine fois. Allez à bientôt. »

« J’espère qu’il ne se mettra pas en tête d’engager des frais exorbitants pour faire changer toute la porte-patio. L’hiver arrive. Ce serait une dépense insensée. Mais voilà, c’est ce que je dois craindre sans cesse de sa part, car il vieillit et n’a décidément plus toute sa tête. »

« Nous sommes différents, car moi, lorsque je serai vieux, je ne ferai pas tourner les autres en bourrique.  Je donnerai tout mon argent à mes enfants et j’irai vivre dans une maison pour personnes âgées et découragées. Je suis sûr que je pourrai leur remonter le moral. »

Que voulez-vous, la vie est injuste. Tu travailles toute ta vie et un jour ton existence fait chier les autres. Je sais bien… on peut jouer les forts et même les insouciants quand on a suffisamment de pognon et de ruse pour les tenir en respect, mais ils demeurent tout de même aux abois. A croire qu’en vivant longtemps on développe une aura qui rend les autres agressifs!

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Cette nuit-là, il faisait très chaud. Il n’avait plus de climatiseur. Son fils l’en avait débarrassé il y a trois étés de cela, lorsqu’il avait dû être hospitalisé d’urgence pour une appendicite. Lorsque l’hôpital avait rejoint son fils pour lui apprendre que son père était entré d’urgence à l’hôpital, celui-ci avait eu peur que des voleurs ne s’introduisent dans son appartement par la fenêtre où était situé le climatiseur et ne dérobent les objets de valeur.  Il les avaient donc tous emportés avec le climatiseur, afin de les mettre à l’abri.

Depuis ce temps, il n’y a plus que la porte-moustiquaire éventrée lorsqu’il fait chaud, comme cette nuit-là…  Mais il se gratte toute la nuit (les moustiques que voulez-vous) et il doit chasser les mouches toute la journée. On pourrait croire que ça l’occupe, mais avec l’âge il devient de plus en plus morose et se fatigue de tout.

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Que n’avait-il plus d’outils, tous donnés à son fils qui lui avait vanté les joies du bricolage, ni d’escabeau que celui-ci lui avait emprunté de façon définitive car il disait craindre qu’il fasse une chute. « Réfléchis: Je ne pourrai pas prendre soin de toi si tu te casses les deux jambes! Je ne peux pas continuellement être aux petits soins avec toi.  J’ai bien d’autres choses à faire! »

Cette nuit-là, il s’est levé et s’est dirigé vers la porte-moustiquaire, là où il y avait le trou béant, témoin de sa folie. Il décida de supprimer l’objet du litige entre lui et son fils, entre les attentes et les besoins maudits. Il s’élança dans la moustiquaire pour qu’elle cède enfin:  un premier geste vers la raison des autres!  L’état dans lequel elle se trouvait avait fait taire toute dignité en lui et avait accentué l’emprise du monde extérieur sur sa vie:  un monde sur lequel la seule ouverture que cette moustiquaire lui permettait d’avoir était depuis trop longtemps source de conflits.

L’été où il avait été hospitalisé, il n’avait pas protesté auprès de son fils du fait qu’aucun voleur n’aurait pu s’introduire chez lui par la fenêtre où se trouvait le climatiseur, puisqu’il demeurait au cinquième étage. Il se doutait qu’il l’aurait mal pris.

ELYAN

 

Témoignage: j’ai été violée par un politicien

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Sacerdoce: P. anal. Fonction qui revêt un caractère quasi-religieux par la vertu et le dévouement qu’elle exige. Synon.vocation.Sacerdoce politique; sacerdoce de la magistrature, du professorat; s’acquitter d’une tâche comme d’un sacerdoce

***

« Je ne cesse de prier Dieu afin qu’il me délivre de l’athéisme »

Alec Badwin 

***

Le témoignage suivant m’a été livré par le biais d’un courriel en provenance d’une adresse inconnue, dont je tairai le numéro: 94.118.000.02.422. 

Bonn Lecture.

Monsieur Pelletier,

Ça fait près d’un siècle que je suis violé par des représentants du sacerdoce athée à tous les 4 ans. Ils m’ont d’abord enlevé ma femme, prétextant qu’elle devait aller travailler. Alors, elle est allée creuser un tunnel antinucléaire en 1963. Elle est revenue au foyer, transformée,  mais après seulement 7 enfants, elle a décidé de faire carrière: elle est entrée dans l’armée pour que la paix soit instaurée dans le monde. Rien n’a changé. Elle n’a pas réussi sa mission: Nous sommes tous les deux dans un foyer d’écueils, et les guerres sont de plus en plus nombreuses.

On a vendu notre terre à deux chinois. J’y plantais des choux et des navets, maintenant ils font de l’essence avec des fleurs. Je pense que ce sont des marguerites, car ma femme s’appelle Marguerite, et pour les gaz… Ça ne gaze pas du tout. Quand elle passe près d’un calorifère, j’ai toujours peur qu’elle explose. Vous comprendrez  qu’avec ce que nous bouffons, nous,-bouffons-  de l’ail de Chine, du poisson nommé Tilapia, et du céleri OGN raide comme quand nous étions … Enfin! Breffe!

J’ai toujours été quelqu’un de bien.Je n’ai jamais fumé de Marie.  J’ai toujours voté X. Mais depuis qu’on nous a appris à nous divertir avec l’internet, je votre trois fois. Vous devriez voir les résultats… Comme disait Socrate: « Il faut se rendre à Mégare pour exister ». Avec les 8 pilules que nous prenons chaque jour, en plus du timbre de morphine collé à la peau, nous sommes vraiment à Mégare.

Il y a 50 ans nous pouvions vivre avec un seul salaire, le mien, pendant que Marguerite cuisinait de bons plats. On a fini par devenir pauvre à force de travailler plus.

Ils nous ont donné une télé si grande que je n’ai plus besoin de lunettes pour l’entendre. D’ailleurs, ce qu’il y a de bon, ce sont les pubs. Avec les pilules, c’est le délire complet: les autos sont dans le champ avec des orignaux et des montagnes.

Marguerite et moi sommes devenux ( eh! oui!, tous les pluriels sont permis maintenant) échangistes. Chaque matin, vers 5h, on mélange les pilules dans un grand vert et on les avales une heure avant les repas: les pommes de terre sont rouges, les carottes sont blanches, et les pois vert sont comme striés comme des chevaux d’Afrique. On en perd notre las teint…

Mais c’est pas grave. Par chance qu’on est médicalisés… Sinon! Ouah! On verrait la vie en prose.

Ce matin, Marguerite a eu son ordinateur infecté. On a fait comme le gars ganté vert qui passe désinfecter la chambre chaque jour:  on a jeté une bouteille d’eau de javel sur l’ordi. En fait, j’ai pris un sac pendu à un support d’acier nickelé, je l’ai rempli d’eau de javel et j’ai mis le tuyau dans une fente de l’ordi. Comme nous, il a cessé de fonctionner, mais d’où Gzus qu’il était propre.

***

Pendant toute la journée nous avons eu de la visite: des politiciens. Il y aura des élections bientôt et ils sont très gentils. Ils n’ont pas de patch de morphine, mais une fois mêlés au groupe de gens atteint d’Alzheimer, on n’a pas voulu laisser sortir l’un d’entre eux qui rappelait sans cesse ses vieux souvenir mais ne se souvenait pas de son présent.

Pour le calmer un peu, on lui a donné de nos médicaments.

Il ne veut plus sortir. Il éteint la télé et fait des discours. Nous lui avons demandé pour qui voter… Alors il a dit maux pour maux: « Consultez vos enfants ».

Quand on lui a dit que Bernadette était en Chine, que Fernand était à Tahiti, que Lise travaillait chez les Inuits, que Bernard était parti pour l’Amérique Latine, Adèle en train de faire Compostelle, Alain en Afghanistan, Robert travaillait à l’hôpital… Il est resté muet un moment.

– C’est la désacolisation…

Bon!

– Avez-vous de petits enfants?

Marguerite et moi lui avons montré nos pilules. On en a rigolé un coup, car Marguerite avait arraché un patch de morphine sur Thérèse qui était morte deux heurs ( pourquoi pas) après sa dose.  Mais la surprise de la soirée est qu’après son discours, Marguerite, Lucien et moi avions ramassé des patchs partout.

On lui a donné une bonne tape dans le dos.

Il nous a promis des ponts, des emplois, des garderies, des hôpitaux, des routes, des autos, des « développements économiques », des touristes, des arbres. De la liberté, etc.

Bref! Tout ce qu’on avait avant…

Le lendemain, nous apprenions qu’il n’avait pas été élu et accusé . Non pas pour dopage, mais pour avoir eu une liaison avec une dame âgée de 89 ans d’un centre de personnes re-traitées.

Les caméras de surveillance….

J’étais assoupis et j’ai ouvert les yeux devant la télé.

Saprée Marguerite!

Je me demandais où était passée ma pilule bleue…

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Touchant!….

Gaëtan Pelletier

Mars 2014

Les deux « Rose »

Source de l’image

Une étudiante de 87 ans appelée Rose !
Le premier jour de la rentrée , notre professeur s’est présenté et nous a proposé de faire la connaissance d’une personne qu’on ne connaissait pas auparavant ! Je me suis levé ,en regardant autour de moi , lorsqu’une main chaleureuse se posa sur mon épaule. Je me retournai pour retrouve un visage ridé sur lequel était tracé un sourire des plus merveilleux , un sourire qui illuminait tout son être.
Elle me dit « Salut beau gosse , mon nom est ROSE , j’ai 87 ans , est ce que je peux t’enlacer ? »
Je rigolais et répondais avec enthousiasme « Bien sûr ! vous pouvez ! » après quoi elle me serrait avec affection.
« Pourquoi êtes vous à l’université à un âge aussi jeune et innocent » m’amusais-je à lui demander.
Elle me répondit avec humour , « Je suis ici pour rencontrer un mari riche , me marier et faire deux enfants ».
«Non sérieusement » demandais-je ? Je me sentais tellement intrigué de savoir ce qui pourrait la motiver à relever un tel challenge à cet âge
« J’ai toujours rêvé de suivre un cursus universitaire et maintenant j’ai cette occasion” répondait-elle
Après le cours , nous sommes partis à la buvette de l’université partager un milk-shake au chocolat.Le courant est si bien passé qu’on se liait d’amitié presque instantanément. Chaque jour pendant les 3 mois qui suivaient , nous quittions la classe ensemble , inséparables , et parlions incessamment.
Les histoires qu’elle me racontait avaient un effet hypnotisant sur moi, elle me confiait ses experiences , la sagesse qu’elle avait acquise de son vécu et nombres d’anecdotes sur la vie.
Au fur et à mesure que le temps passait , Rose devenait une icône de notre campus et se faisait des amis en tout temps et en tout lieu , elle était fascinante !
Elle adorait se mettre sur son trente et un ! toujours élégante et tirée à quatre épingles , on lui accordait beaucoup d’attention et un intérêt particulier parmi les étudiants ! et franchement , elle se montrait à la hauteur ! Vers la fin du premier semestre , les étudiants invitèrent Rose à prendre la parole en public lors de l’événement de fin d’année scolaire , je n’oublierai jamais ce qu’elle nous a apprit! Elle fut donc présentée par l’animateur qui lui céda le microphone , alors qu’elle commençait à peine à s’adresser à l’audience , elle fit tomber les feuilles ou elle avait copié son speech par terre.
Embarrassée et mal à l’aise , elle s’approchait du microphone pour reprendre de la façon la plus simple qui soit «Je m’excuse , je suis vraiment tendue. J’ai arrêté la bière depuis le carême, et ce Whiskey me tue ! Je ne pourrai vraiment pas reprendre mon speech en ordre , donc laissez- moi juste vous dire ce que je sais ! »

Alors qu’on se désopilait de rire , elle reprit « On n’arrête pas de jouer parce qu’on vieillit , on vieillit parce qu’on arrête de jouer !
Il n’y a que deux secrets pour préserver sa jeunesse, être heureux et atteindre ses objectifs :
1) Vous devez rigoler et trouver de l’humour chaque jour !
2) Vous devez avoir un rêve
Vous arrêtez de rêver , vous mourez ! c’est simple !
Plusieurs personnes qui traînent un peu partout sont déjà mortes mais ne le savent même pas !!!!! Il existe une énorme différence entre Vieillir et Grandir !

Si vous avez 19 ans et que vous passez la plupart de votre temps sur facebook , à glander ou à dormir , sans faire rien de productif , vous passerez à 20 ans !!! Si je suis à 87 ans et que je passe mes journées au lit pendant un an à ne rien faire je vais passer à 88 ans !

Tout le monde peut vieillir ! Ca ne demande aucun talent ni aucune habilité particulière. Ce que je veux dire c’est qu’il faut Grandir en cherchant toujours une opportunité de créer la différence et de progresser ! Atteindre ses objectifs ! Vivre pleinement et toujours s’accrocher à ses rêves ! N’ayez aucun regret !

N’oubliez pas que les seules personnes qui ont peur de la mort sont celles qui ont des regrets ! »

Elle mit un terme à son discours en chantant courageusement la chanson “The Rose”.

Elle invita chacun de nous à en apprendre les paroles et à les vivre dans nos vraies vies !

Vers la fin de l’année scolaire Rose obtint le diplôme pour lequel elle a commencé à lutter trois ans plus tôt. Une semaine après , elle s’envola pour l’au-delà alors qu’elle dormait paisiblement.

Environ 2000 étudiants se sont présentés à ses funérailles en hommage à la grande femme qui donna aux étudiants une leçon de vie en leur apprenant qu’il n’était jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Lorsque vous finirez de lire cet article , s’il vous plaît partagez ce texte marquant avec vos amis , famille et proches , ils adoreront tous !!!

Ces mots ont été transmis chaleureusement de personne en personne à la mémoire de cette femme d’exception !

N’oubliez pas ! Vieillir est obligatoire. Grandir est optionnel
Nous survivons grâce à ce que l’on gagne . Mais on vit avec ce que l’on donne !

GP

Novembre 2013

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Eugénisme: Faut-il se débarrasser des « non productifs »?

royal ascot

1844

L’Ingénieur en Chef à propos du travail des enfants dans les mines de Liège

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Renseignements additionnels communiqués par M. l’Ingénieur en chef de la troisième division des mines, au Ministre des travaux publics.

« Liége, le 3 juillet 1844,

MONSIEUR LE MINISTRE,
Par dépêche du 3 février 1844, vous me faites l’honneur de me demander le nombre des enfants des deux sexes, au-dessous de l’âge de douze ans, employés dans les mines de ma division, et mon avis sur le mérite d’une disposition législative qui interdirait l’admission des enfants dans les mines avant l’âge de douze ans révolus.

Vingt-deux enfants : seize garçons et six filles, sont employés à la surface dans les magasins à nettoyer les minerais; et quinze garçons seulement n’ayant pas atteint leur treizième année, sont occupés dans l’intérieur des mines.

L’article 29 du décret du 3 janvier 1813 défend de laisser descendre ou travailler dans les mines et minières les enfants au-dessous de dix ans; cette disposition, si sage à tous égards, était devenue une nécessité alors que l’on employait tant d’enfants de l’âge de sept à dix ans au transport du minerai à l’intérieur des exploitations; mais, aujourd’hui que les petits traîneaux ont été remplacés par de grands galliots roulant sur des chemins de fer, ce sont, en général, des chevaux ou les ouvriers les plus robustes, de l’âge de seize à trente ans, qui font la besogne dont on chargeait autrefois les enfants.

Enfant MineAnciennement les galeries de roulage n’avaient que 0m 45 à 0m 65 de hauteur et atteignaient rarement un développement de 300 mètres; il y avait donc nécessité absolue d’employer les ouvriers les plus petits au transport des minerais, des déblais et des matériaux. Maintenant que les progrès de l’art permettent de donner à ces voies des dimensions beaucoup plus grandes, etc., le déhouillement s’opère sur une plus grande échelle, s’éloigne parfois jusqu’à 1.5OO mètres de la bure d’extraction et ne réclame plus le concours de jeunes enfants.

Je ne vois donc aucun inconvénient à interdire l’accès des mines et minières aux enfants qui n’ont pas atteint douze ans révolus, tandis qu’une telle mesure peut produire des effets salutaires sur le physique et sur le moral de ces faibles créatures.
J’ajouterai encore, M. le Ministre, que tous les directeurs et chefs mineurs que j’ai interrogés m’ont déclaré, sans hésiter, qu’il y a longtemps que l’article 29 du décret précité aurait dû subir la modification projetée. C’est aussi l’opinion de la plupart des officiers des mines de la troisième division.

L’Ingénieur en chef des mines,
C. WELLEKENS. »

réponse d’un Ingénieur en Chef, à l’ Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants, Ministère de l’intérieur, Belgique, 1846

 

Source

2013

Monsieur le Premier Ministre du Canada, Présidents, Chef des armées, et autres élus de notre belle planète. 
911, Rue Mondiale 
Terre 
 
 
Concernant votre projet de loi repoussant l’âge de la retraite à 67-70 ans, j’inclus une  photos qui prouve que l’on peut travailler au-delà de 67 sans peine. À condition, bien sûr, que le sujet ne soit pas décédé. 
Même chez la population souffrant de diabète, d’hypertension, il est possible grâce à l’industrie pharmaceutique de contraindre  remettre  ces gens-là au travail:  On a qu’à augmenter la dose et, au mieux, œuvrer à la fabrication  d’autres médicaments encore plus performants.   Nous sommes à mettre au point une produit à base de remède de cheval synthétiquement naturel – si votre gouvernement nous accorde les subventions – qui charmera  les  masses de travailleurs. Nous avons bien réussi dans l’industrie du sexe, nous pouvons donc confirmer qu’il resteront debout au moins 4 heures d’affilée. Nous pouvons alors parler d’un demi travailleur. En comptant bien, il en faudra 2 pour en faire un. C’est un moindre mâle… (sic). 
C’est ainsi que ce sont faites les familles canadiennes. Soyez assuré que vous avez tout notre appui. Pour les aveugles, nous fournirons les chiens. Pour les arthritiques, nous fournirons les cannes, et pour les imbéciles, nous fournirons les fonctionnaires. 
Un nouveau concept
Notre compagnie est actuellement à l’ébauche d’un nouveau concept afin d’allier vieillesse et travail. Ce nouveau concept   fera faire à votre gouvernement des économies substantielles en éliminant 40% des maisons de retraites. Ce concept est ainsi nommé: Le Retravailleur.
Nous aurez sans doute deviné qu’il s’agit d’un collage entre Retra (aite), et travailleur, et vailleur ( tra). Re-tra-vail. Vail-re-tra, ou va-tra-vail. 
L’usine et la maison de retraite ne feront qu’un.Oui, un. Un bâtiment-retraite-usine. Le Retraitaria. Aria, signifiant « chant ». 
Voici un aperçu du brouillon de la façade. Nous sommes à garnir de fleurs le terrain, provisoirement,  et pour l’environnement, nous allons laisser les pissenlits pousser par la racine. 
Vue brève du concept: 

File:Dachau-kommandatur.JPG

Source de l’Image 

Nous tenons à spécifier que nous travaillons pour les gouvernements qui eux travaillent pour le peuple aux fins d’ améliorer  le « sors du monde ». 
Notre devise: 

Pour un monde meilleur. 

For a Better World. 

Für eine bessere Welt! 

Votre tout dévoué,

François Barack  Merkel  Harper 

Ingénieur en couvre-chefs

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Gaëtan Pelletier

30 octobre 2013

Les vieux à roulettes…

Les vieux sont devenus une industrie. Ça crée de l’emploi… Mais c’est un peu plus que ça. L’espérance de vie serait due à la science, au système de santé, et à la « qualité de vie » des occidentaux.

Ce frisson provient directement d’un lecteur de télé, tout emballé, comme si on allait un jour atteindre l’éternité. Alors, on vous présente ce qu’il y a de mieux : la vieille de 102 ans qui vient d’épouser le « jeune » de 83 ans.

La société s’octroie la réussite de la prolongation de la vie, et la fierté passe par les beaux messages de la télé.

La réalité est  autre…

On oublie que pour le moment, la génération de vieillards est née au début de l’autre siècle. Pas de pollution, ou peu, pas de McDo, pas de stress et pas de nouvelles en mitraille pour vous râper le moral : la vie, c’était le village. C’était à la Pagnol. Le cocon du petit milieu et ses « drames ». Les drames du monde, la Syrie, l’Afghanistan, la dette nationale, la culture des egos, le stress et ses montagnes d’antidépresseurs, calmants, sans compter le bombardement des vaccins d’une enfance prise en charge par l’État.

Ça fera sans doute des vieux encore plus malades… Mais on les soignera… On les a soignés pour satisfaire les investisseurs. On les soignera pour satisfaire les investisseurs.

La télé, les courbes d’espérance de vie, et la réalité

Un peu avant de partir pour un autre monde ( je ne sais pas lequel), ma mère est allée s’empiffrer d’une chose qu’elle mangeait rarement : de la poutine. On lui avait offert un lit d’hôpital pour ses « derniers mois », mais elle a choisi de ne pas aller étendre ses vieux os sur un lit, se faire baigner, se déshabiller devant tout le monde, et avoir des traces de jus de tomate coulissant le long de ses lèvres.

Pourtant, elle en avait bavé un coup.

Mais elle était restée consciente et vigilante.

Si on veut connaître la qualité de vie de la gente vieillissante, il faut aller faire un tour dans les centres pour personnes âgées.

Quand je visitais mon beau-père, alors âgé de 94 ans, lui qui avalait son gin à 87 ans et courait dans le bois pour travailler, j’entrais dans l’univers de « Vol au dessus d’un nid de coucous ». Il y avait une sorte de salle, toute petite, où j’allais boire un café. Et là, une dame souffrant d’Alzheimer me racontait « ses souvenirs », pendant qu’une autre dansait, que quelques-uns, les veines bleuies, vivaient accrochés à un poteau sur lequel se balançait un médicament dans un  sac de plastique. Le tout sur roulettes…

Pas étonnant que les films de zombies soient si prisés.

L’espérance de vie en format « courbe »…

Cette espérance de vie n’inclue pas les maladies précoces de la soixantaine : cardiaques, pression artérielle élevée, arthrose, etc.

Ni les morts…

L’État est assez intelligent pour ne pas compter les morts… Ni la somme des médicaments colorés, vendus en petits compartiments, pour ne pas que le vieux se « trompe ». Il recommence à jouer au jeu des couleurs, comme les enfants.

« Je ne m’arrange pas pour prolonger ma vie… »

J’ai lu cette phrase quelque part de quelqu’un qui a vu sa mère ayant une vie « prolongée ».

La mode est au « pas de gras, pas de sucre, pas de fast-food ( bien que tous les fruits et légumes, si bons pour la santé sont sans doute bien arrosés avec une petit parfum Monsanto pour ma santé…). Non. De la margarine pas colorée, la magie des Oméga 3 vendus en comprimés, un peu de marche.

Alors, j’ai décidé de me suicider au beurre… Une rôtie bien garnie… Vous écumez de la lèvre inférieure, vous vous essuyez, et vous êtes heureux.

Pas d’alcool, pas de tabac… On vous fournira l’agent orange et le monoxyde de carbone des bouchons de circulations. L’auto est arrêté, le moteur tourne, mais l’industrie de l’automobile empoche des « recettes ».

C’est à se demander, si au lieu d’être le citoyen parfait dans un monde de plus en plus imparfait, s’il ne faut pas faire comme mon grand-père :

Il se promenait, fumant sa pipe, blaguant, mangeant du lard de porc, des œufs, buvait du thé à longueur de journée.

Le stress?

Non seulement il ne connaissait pas le stress, mais pas même le mot. Ses vêtements étaient si fripés qu’il ressemblait à Charlie Chaplin, mais longiligne. Le pantalon en accordéon, la tête aux cheveux blancs d’un côté et brunâtre de l’autre.

Aucun médicament.

Il mourut à l’âge de 74 ou 76 ans. Le village était trop petit pour qu’un savant médecin vienne – avec l’aide de Big Pharma – décider pour lui le « prolongement de sa vie ». Bref, il n’était pas rentable.

Alors, les vieux, c’est comme les poules : on les place en résidence, on leur bouffe le sang avec des aiguilles contenant du « poussoir » à mois.

Reste plus qu’à l’industrie de la mort d’attendre un peu : le vieux vaut entre 5000$ et 10,000$.

C’est à peu près la somme qu’avait gagné grand-papa pendant les dernières 10 années actives de sa vie.

La vieillesse vue par les yeux de l’État c’est comme une voiture : en appuyant sur le frein, la voiture s’arrête, mais elle cesse de s’user à ne pas rouler…

Le filigrane grand-père marchait tout le temps. Avec son chapeau 1940 et sa pipe. Il ne savait pas quand il allait mourir. Aujourd’hui, on peut vous dire quand vous allez mourir. On a la « science » de l’étude de vos façons de vivre, si c’est BIEN ou si c’est MAL… Ainsi, on peut calculer votre espérance de vie…

Mais pas votre bonheur.

Qui s’en soucie?

P.S. :

On peut avoir une espérance de vie… version prolongée. Il n’en reste pas moins que la réelle force de la vie a été rétréci  en prolongeant l’adolescence, et en retardant l’entrée du citoyen dans le monde du travail.

De sorte que la bonne comptabilité n’est qu’une fourberie. L’État vous vend des bonheurs à 50, 60, 70 ans… Investissez!

Mais la vie, la belle, est entre la folie des 20 ans qui se poursuit jusqu’à 50. De temps en temps un peu plus…

Si on repousse cet âge actif et « frais », le citoyen ne gagne rien à commencer à fonder une famille à 35 ans et à travailler jusqu’à 68 ans.

Pour faire un test, courez, à 68 ans, pendant une heure…

Il nous faudrait une courbe de l’entropie de la capacité réelle de vivre en bonne santé. Non pas gavés de pilules et d’ingrédients qui font de vous des momies en vie.

Gaëtan Pelletier

3 octobre 2012

 

Henriette et son chapelet de fourmis

Les jeunes  sont déjà les vieux de quelqu’un.
Jean Anouilh

La vieillesse est un décès par petits morceaux.

Albert Cohen

***

Au début du 20e siècle, raconte le gériatre Réjean Hébert, les journaux étaient pleins de savantes analyses sur le grand problème de l’heure : le rajeunissement de la population. Jamais l’économie ne pourrait s’adapter à ces hordes de jeunes qui envahiraient le marché du travail, s’inquiétaient certains. L’actualité

Comment savoir qu’on est vieux ou qu’on le devient

En vieillissant, il ne faut pas prendre le risque d’être « éliminé » par les regards des autres, les systèmes de santé et les usuriers mondiaux, les affolés  Soyez votre propre gérontologue. Distinguez les signes avant coureurs.

A)    Les membres des Hell’s Angels vous vouvoient. Les policiers aussi…

B)    Vous pouvez faire l’amour trois fois d’affilée, mais il vous faut trois dimanches

C)    Vous êtes vus au loin, mais vous ne voyez plus au loin

D)    Vos proches vous voient mais vous les entendez

E)     Vous êtes capable de déchiffrer la signature de votre médecin

F)     Vous détectez des rides sur la photo de votre permis de conduire

G)    Vous achetez un ordinateur pour jouer au tic tac toe

H)    Vous commencez à comprendre ce qu’est la beauté intérieure…

I)       Vous vous souvenez de votre premier amour mais pas du deuxième prénom de votre femme

J)       Vos assurances coûtent le double de la valeur de  votre auto

K)    Vous dormez bien sur une chaise mais vous souffrez d’insomnie dans un lit

L)     Vous considérez que la morue et un fin plat

Le futur ridographié

Nous sommes probablement la première « civilisation » depuis le début de cette dite « humanité » à se demander que faire avec les  « personne du troisième âge ». Ou du quatrième…  Dire que le vieillard a  déjà représenté – et représente encore dans certaines sociétés ou groupements- le savoir, la sagesse.

Ce n’est plus une bibliothèque qui s’en va, mais une bibliothèque qu’on incinère.

Le vieillard, avant qu’il le devienne, était celui qui bougeait vite, était actif… Il servait. Il avait aussi une âme qu’il cultivait à travers des valeurs, des petits bonheurs, une famille.

On dit des soldats qu’ils sont de la chair à canons… Ben! Voilà le vieux devenu une chair à banquiers.

La bibliothèque vivant est morte… On a wiki…

Un savoir séparé de son âme est-il un « savoir »?

Je sais, ma remarque sera liée aux religions…

Pas du tout.

Elle est inséparable et intime à l’ensemble de tout ce qui est vivant. L’erreur a été de tenter de le refaire mécaniquement sans se laisser aller à le comprendre. J’ai bien dite « se laisser aller à »…

Le vieillard est maintenant devenu la pancarte de la fin du monde. Il n’y a pas de « fin du monde », il n’y a que des catastrophes qui servent à bâtir autre chose. Les économistes ont plagié le « concept » en une simple expression : destruction créatrice.

Débarrassez-vous de votre cheval.

C’était le slogan de la première pub d’auto,  Circa 1897.

Les vieillards -dites personnes du troisième âge –  sont devenues des rouages inutiles d’une machine à « faire de l’argent ». Une fois que la nature ne leur fournit pas assez d’huile dans le genou et qu’ils se supportent d’une canne, il n’y pas de dépotoir, ni de pays pour recycler ce robot usé comme on le fait hypocritement avec les ordinateurs – et tous les gadgets hypnotisant à usure programmée – que l’on rejette  dans les pays-dépotoirs  pas encore émergeants. Là où les humains deviennent par obligation les charognards des carcasses électroniques  des pays riches. Façon de parler… La dette US étant de 14 mille milliards, ils finiront sans doute par manger leurs cartes de crédit…

Ou des hamburgers  Soleil Vert.

40%  de leur budget pour la guerre?

Si j’investissais 40% de mon salaire dans la protection de ma maison et dans la tentative de m’emparer de celle du voisin parce qu’il y a du gaz de schiste, je serais ruiné.

Tout de même ahurissant que les « institutions financières » sont celles qui vous donnent des conseils sur l’art de gérer vos économies … Celles responsables de la crise financière.

Ils s’inquiètent de votre endettement, mais pas de celui de votre pays.

On est tous le biscuit de l’autre : Soleil vert.

…la scène la plus célèbre, où E.G. Robinson, avant d’être euthanasié, se voit montrer, dans une sorte de dôme IMAX avant la lettre, des documentaires animaliers, des films sous-marins, des paysages naturels magnifiques, images banales mais qui, après deux heures de plans généraux d’un New York à aspect de bidonville, baignant dans un smog jaunâtre, agité d’émeutes dégagées au bulldozer, prennent une tonalité bouleversante : le spectateur comprend que tout cela n’existe plus, a été détruit par la pollution et l’empoisonnement planétaire qui en résulte. Soleil Vert.

La mort d’Henriette

Grand-maman Henriette est morte à la maison. Mes parents la gardaient. Elle est morte dans son lit à 16h48, en priant, comme toujours, juste avant le souper.

J’arrivais de l’Abitibi et en débarquant de l’auto, ma petite amie de l’époque courait vers moi en hurlant : « Ta grand-mère est morte ! ».

Quand je suis entré dans la maison, ma mère avait un teint cireux et elle tremblotait. Quelques minutes plus tard, le curé, en soutane noire, lui aussi avec un teint cireux, vint donner les derniers sacrements. Il tremblotait. Je le vis monter l’escalier, effrayé, pour redescendre après avoir accompli sa mission.

Henriette  était née en 1880. Elle avait traîné un chapelet toute sa vie. Un  chapelet de gros grains  noir qu’elle égrenait des ses doigts noueux.

GrGrGr…

Aujourd’hui, on égrène des études, des probabilités, on fait des courbes avec des ordinateurs.

Les vieux vont tuer la planète.

Les prêtres  de papiers ont peur. Plus on continue, plus la poltronnerie nous coagule.

On est devenue une société qui n’a qu’une journée, mais triste : Halloween.

Le corps est le masque…

On ne peut pas cultiver les moutons rien que pour leur peau.

Ils ont oubli que Henriette avait participé, comme la goutte dans l’océan, à bâtir ce pays, ces générations, en cultivant un jardin et en élevant 17 enfants.

Elle avait appris à mourir. Un peu craintivement… Probablement dans le doute. Pas celui d’une autre vie, celui d’avoir à transiger avec « Dieu » sa place dans l’invisible  :

Paradis, enfer, limbes.

Mais tout ce qu’on a sous les pieds, tout le savoir, toutes les institutions… Tout. Tout est le résultat patient des Henriette passés sur terre. En chacun de nous il y a une Henriette, un atome, un petit rien invisible. Une apparence de rien.

La solidité dépend de chaque partie pour la fabrication d’  mur : la paille, l’air, la pierre , la grenaille et l’abstraction ou concept mis en plan.

Le chapelet volant

De gros grains noirs… Comme le chapelet d’Henriette. Aux grains dispersés dans le ciel…

Quand je pense à Henriette, à ma mère, à tous ceux qui sont « partis »,  je me dis que personne ne s’est rendu compte qu’il n’y a rien de « petit » dans ce monde. Les petites gens sont les graines qui nourrissent de plus en plus les carnassiers.

Faut être benoit un peu pour l’ignorer et cultiver l’oublie de la chaîne de la vie.

Quand j’étais enfant, j’étais fasciné par les essaims  de fourmis volantes. Je ne comprenais rien au fait qu’elles rampaient, fabriquaient des nids, travaillaient, puis… Le mystère…Il  leurs poussaient des ailes, s’envolaient, elles, l’air perdues, elles si « organisées », parties en aventure du ciel, vers un nulle part.

Je voudrais bien voir un jour un paperassier, un concepteur de poubelles à pédale de cuisine, m’expliquer pourquoi elles  sont là, et  à quoi elles servent.

Sans doute ces fourmis étaient elles un moyen pour enseigner aux enfants qu’une fourmi seule ne fascine personne. En même temps, elles devaient représenter la nourriture intuitive pour un cerveau habile,  mais bien fermé du grand secret des existences.

Et qu’il est là le secret du chapelet…

Les grains se sont mis à voler…

Pourtant, pendant des siècles on s’est acharné à en  combiner les grains  pour qu’ils aient un sens, une structure, un quelque chose de « logique ».

À la dizaine… Comme les doigts de la main.

Mais plus ça va, plus personne ne fait le lien entre les fourmis volantes et les grains de chapelets.

C’est parce qu’on est vit comme des morts  en ayant peur de la Vie.

Quand les chiens ont trop d’os, ils les enterrent…

Dans des paradis fiscaux…