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Le sein

Ce que l’on n’a pas compris de « NOUS » c’est que chacun est lié l’un  à l’autre, ( à tous les autres, en fait,)   que chacun est nourrit l’un par l’autre et l’autre par l’un. Physiquement et intellectuellement.  On ne peut pas séparer l’un de l’ensemble. Si l’un se sépare, c’est une question d’orgueil, de vanité et de totale incompréhension du phénomène de la vie.  Si l’un est méchant, il se peut qu’il soit ignorant de sa méchanceté. Si l’un est amour, il se peut qu’ils soit ignorant de son amour. Mais fondamentalement, personne n’existerait sans tous ces apports de l’un à l’autre.  Si l’un est savant, c’est un héritier de la Vie.

Personne n’existerait dans cette « culture » ou savoirs qu’il ou qu’elle chérit tant et dont plusieurs cherchent à s’approprier… comme SA création.

Pas même Einstein… Avant d’être l’unicité, il est la somme.

Alors, il ne reste que l’amour, ce bizarre phénomène « expliqué » par les biologistes.

Personne ne peut exister sans les autres… Sans la culture, sans le passé, sans la misère, sans les réussites de l’ensemble.

Les « dieux » terrestres se font eux-mêmes, mais nous sommes là pour les nourrir. Et ils sont là pour nous nourrir. Quand vous rencontrez quelque’un, ne serais-ce que de le croiser, vous rencontrez une partie de vous.

Hélas! Dans cet enfer de culture de l’individualisme, il s’accentue cette pauvre certitude d’être « d’une valeur supérieure ». C’est là la souche du mal. Le poison. Les petits Satan de papier, dans leur cheminement et au choix de l’argent au détriment de la Vie, de toute vie, détruisent l’éden et leur propre enfer du même coup. Ils y perdent leur petit royaume qu’ils croient avoir créé.

Gaëtan Pelletier

Soupir

T’es belle comme un silence quand j’éteins mes yeux 
Un vieux silences d’amoureux, un oiseau trop loin pour mes lunettes 
J’ai dormi avec toi si longtemps que je coure  pour éteindre tes cauchemars
 
 
T’as les yeux que jalousent les ciels 
Avec ton fond de petit bleu blues et tes blouses… 
On voyage à deux et à doux, jusqu’au bout 
À mourir dans la même tombe, deux pour un… 
Spécial du moi et de toi, annoncé au Canada  
 
On s’est regardés et on s’est dit, un soir en dînant 
Qu’un jour on ferait un voyage de noces sans corps et sans dents  
Comme un bout d’un voyage du ticket que j’ai acheté 
Je savais qu’il était marqué « éternité » 
 
On voyage de noces de temps en temps 
De la cuisine au salon, comme deux pays  
On se découvre à la douane des deux  
Sans papiers, on se déshabille au porche 
C’est la mode de se faire fouiller…
 
 
J’ai acheté toutes tes vagues, pour nos corps radeaux 
Il doit y avoir un bout du monde rempli de  lits d’eau 
On s’étendra sur une île étoile 
Il y a partout de la lumière qui miaule
Comme des chats 
Comme des chats 
Je te l’ai déjà dit: le monde est si grand qu’on a tous une maison
Une maisons sans façade et toutes les portes des portes 
C’est fait d’amour et la haine n’en n’a pas la clef… 
 

Gaëtan Pelletier

Juin 2015

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le second ventre

01

 

C’est un bébé qui date d’à peine six heures…  Me voilà grand-papa pour la deuxième fois. Je suis totalement « imbibé » de la Vie. La Vie! La Vie que l’on nomme parfois Dieu et à laquelle de par sa puissance, je n’ose même pas donner de nom.

C’est un événement personnel et à la  fois pas… Car je ne peux voir la Vie, de tout ce par ce que j’ai vécu, vu, entendu, subi d’humiliation de par les gens qui ne voient que des chiffres, des réussites, des affiliations à « L’ÉTAT, cet autre ventre de la Vie.

Je le disais quelque part: si nous pouvions voir la Terre comme une ruche de lumière, cens « gens » qui entrent et qui sortent « d’ici », nous pourrions voir vraiment la nature de ce mystère que certains pensent avoir résolu. Mais il ne l’est pas et ne le sera jamais…

Ce qui m’étonne, c’est toute la vie d’après, le « formatage » des nouveaux-nés qui ont un second ventre: l’éducation ou la déséducation.

Qui donc est bon ou devient bon? Qui donc est méchant?

Car dans cette période bien étrange et « austère » des vols permissifs et accordés des grands de ce monde, y compris les institutions de plus en plus déshumanisées, sans parler des guerres, vivre est un défi.  Rester intact au mystère et à sa beauté… Un défi.

Il l’a toujours été devant la matière brute de la nature, mais la sauvagerie « moderne » a créée une jungle encore plus horrible que celle dans laquelle vivaient nos ancêtres … poilus. Car cette jungle a été sciemment et méchamment tressée par des humains transformés en robots-penseurs, cervicaux, délirants, totalement ignorants de la Vie.

C’est ainsi qu’a surgie une idée étrange et pas à la fois: si les méchants mènent le monde, peuvent tuer ceux-là même que la Vie leur a donné, le monde se divisera toujours en deux… Dieu et Diable.  Mais avec le progrès, ce monde falsifié, malbâti, est la somme des des connaissances trafiquées, enseignées, martelées, finit parfois par diviser les gens davantage. La petite soudure de lumière à la naissance risque de s’éteindre et de se transformer en noirceur…

***

Nous avons peine à trouver un dénominateur commun: les chiffres finissent par tuer. C’est la malbouffe de l’intellect… Les chiffres, les analyses, la division temporelle.

Si la vie que nous vivons, après des milliers d’années de progrès est si difficile et si peu égale,  que nous avons les moyens de faire encore crever ses habitants de faim, c’est que les bons ont compris qu’on  ne tue pas. Même pas par « mission »…  On ne tue pas par  privation. On ne tue pas par ignorance de ce qu’est la compassion. On tue par calculs… On inculque la haine alors que personne n’est né de par la haine. Nous sommes tous nés de l’amour…

Étonnamment, ce sont les enfants qui souffrent le plus des adultes « transformés » en savants. En savant qui créent trop  souvent des Frank-Einstein…  Faut-il savoir des savoirs pour vivre en paix? Je ne pense pas… Il faut seulement s’étonner et regarder le grand mystère. Il faut également comprendre que l’on divise les Humains en catégories sans saisir l’entièreté et à la fois la simplicité de la Vie. Elle est Vie, c’est tout… Elle n’est pas religion et foi… Elle est si simplement qu’elle est: point.

En la divisant nous nous divisons. En nous taisant, nous laissons notre belle capacité d’émotion se terrer, s’éteindre, se  camoufler. Alors que nous devrions la cultiver… Mais nous laissons à une « organisation » le jugement de la bien cultiver.

Nous naissons plissés et nous mourrons  plissés.

Nous naissons dans la joie et l’énergie et nous mourrons dans la peur et la faiblesse. Comme s’il y avait une différence…  S’il en est une, nous avons grande difficulté à l’accepter. Parce qu’on juge inutile de nous l’enseigner. Alors, la plus grande servitude est d’être ignorant de la vie et de la mort.

C’est ainsi, que de notre ignorance, le second ventre des sociétés,  fait de chacun d’entre nous, ou veut faire, le monstre calculateur que les bons n’oseront tuer et que les ignorants y trouveront une religion de quelques années dans l’éternité…

Nous naissons tous deux fois… C’est la seconde fois qui est de trop si on choisit un ventre plus gros que celui d’une mère.

Gaëtan Pelletier

7 novembre 2014

Merci à Lexandra et à Manuel.  Ce ne sont pas que mes enfants mais les enfants de tout cet univers étrange, mais si beau en émotions…

Il n’y aura jamais de calculs pour l’amour…

Boomerang

 

etudes_mains
 
Porter de ses mains les mains des autres
Porter ses douleurs en voyant celles des autres 
Porter ses yeux comme la vue d’un monde autre 
Porter la lumière et les ombres hautes 
Porter ses dires comme des fleurs de sourires 
Porter ses petitesses comme les grandeurs des grandeurs 
Porter ce qu’on sait comme un vide pour cueillir ce qu’on peut apprendre 
Porter ses petits paradis des jours,   si infimes,  si ténus
Comme on porte le fil de la soie que nous sommes 
Porter ses petits jours comme si chacun d’eux  étaient longueur d’ une vie 
Porter les autres comme on porterait soi 
Porter pour qu’enfin tous soient transportés 
Porter pour que ce monde aille quelque part… 
Et nous revienne par les autres 
 
 
 
 gp
 

La faim des temps : L’ultime cercueil de l’Univers

Hui

Contraction de à le jour d’hui, où le a le sens d’un dém. L’a. fr. hui, hoi « le jour où l’on est », attesté dep. ca 1100 (Roland ds Gdf.), est empr. au lat. h?die « id. », lui-même contraction de h? die

***

 

On devrait donc plutôt dire que c’est la réalité tout entière qui « passe », et non le temps lui-même, qui ne cesse jamais d’être là à faire justement passer la réalité. Ainsi discerne-t-on, à l’intérieur de l’écoulement temporel lui-même, la présence surprenante d’un principe actif qui demeure et ne change pas, par lequel le présent ne cesse de se succéder à lui-même (« Le temps lui-même en l’entier de son déploiement ne se meut pas et est immobile et en paix » , pour reprendre les mots de Heidegger). Ainsi donc, voulant dire que le temps est ontologiquement associé à la labilité et à la fuite, on se retrouve à devoir envisager son … immobilité ! Étienne Klein

***

La créature « charnelle » a faim de  temps. Mais dans un seul jour, parfois, nous délaissons ce que nous croyons vraiment « inutile ». Or, cet « inutile » n’est qu’un trie  de l’intellect. La chair garde la chair… Mais en dessous, en creusant, en s’attardant, la plus belle et la plus grande chose de ce monde est de s’arrêter sur ce qu’on a vécu, pas à pas, cellule par cellule, grain à grain, délicats, possiblement glissant entre les doigts de l’esprit.

La beauté est une lueur… Mais pour la saisir, pour en croître, il faut les grandes mains de l’âme…

Oui, le corps a faim des « choses », l’égo a soif pour se satisfaire dans cette vie. Nous courons les demain pour nous satisfaire, les images fixes, alors que tout est en mouvement. L’humain, fripé, encagé dans ses sens,  trempé dans l’effervescence que trop dénaturée par la les gifles continuelles  de petits malheurs qu’il crée, en dieu déchu qu’il est, perdu, constamment flapi, exténué, perd de son essentiel dans une surexcitation sociale. Le monde a créé ses propres démons, et le feu est le feu que nous alimentons par le souffle géant qui nous bombarde chaque jour.

Mais chaque jour peut être une vie…

Hui

Il n’y a pas qu’un temps… Il y a des temps. Comme des mesures en musique.

Oui, hui…

Ce matin, en me levant, pendant que la bruine luisait tout sur le sol, comme si les larmes d’une certaine tristesse s’étaient imbibés dans les herbes, le bois, la voiture, et la vision de objets lointains. Le ciel était lourd. Trop lourd!…

Je suis sorti, j’ai regardé chaque goutte, chaque sculpture  d’eau, avec autant d’attention qu’il m’était possible. En séparant la tristesse de mélancolie dont nous sommes embués , la lumière manquante, l’interprétation parfois empoisonnante.

L’intellect  boit tout, mais l’âme se doit d’être un filtre…

On voit alors que la beauté existante est utile et non pas seulement une aigreur dont on se nourrit. Il faut ouvrir sa vision à la nécessité de la nature de planter ses gouttes en masse, de nous arroser en une douche qui atteint nos âmes. Mais elle ne le fait que pour la nature. Nous ne pouvons pas voir la joie des plantes de se nourrir… Nous ne percevons que notre manque d’éclairage, sans doute lié à nos vies plus profondes, d’un monde autre.

La douleur n’est qu’un ventre pour l’enfantement d’une joie, d’une reconnaissance et d’un pouvoir de transformation.

On ne peut pas séparer les gouttes de la mer et le plaisir de naviguer sur l’eau…

***

De par ce petit voyage vers Québec, à la vue des arbres déjà défoliés, je ne songeais pas à rien, car il ne faut pas interpréter le sens de ce que nous voyons, mais simplement le regarder.

Nul besoin d’une formule ou d’un OM pour prier. Prier ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Prier s’adresse à soi. Et, en même temps, à tous. Mais la plus belle prière est de chanter ou chantonner.  Ce petit exercice qui allie la parole aux vibrations efface complètement la nature de l’esprit qui divague dans son torrent de pensées, tout bouillonnant.

Chanter, suivre le rythme est retrouver, sans cérémonie, délavant toutes les strates du temps qui finissent par nous bouchonner.

Le tunnel, c’est nous qui le créons. L’égo est un cheval sauvage…

On ne peut pas danser si on est en déséquilibre.

Le web est saturé d’analyses. Changent-elles quelque chose en vous? Sinon qu’une nouvelle couche de malheurs dans lequel vous vous laisser noyer?

Il y a l’eau et la boue.

La chair, l’intellect, s’en délectent. Mais en même temps, il fige tout cela dans un cursus à grand risque : la vitrification.

***

Il y avait bien des années que je n’étais pas passé dans un centre d’achats. Je me suis assis sur un banc, regardant les gens passer, puis j’ai levé les yeux vers les décorations de Noël. Une petite lumière scintillait, pendant qu’en bas, il y avait un défilé d’humains. Regarder sans juger, comme les arbres, c’est voir un peu…

J’imaginais qu’ils cherchaient des cadeaux.

Je suis sorti. Les nuages étaient là. Mais encore faut-il voir au-delà, les déchirer, se dire qu’ils ne sont pas notre tristesse d’automne, mais encore une illusion de nos êtres mais une nécessité de la nature.

Choisir de voir c’est en même temps se débarrasser de la notion du choix de ce que l’esprit, l’intellect choisit.

L’âme, elle, quand elle reste ouverte et silencieuse, ne choisit pas, ni ne se laisse enfouir.

Au fond, il n’y a pas de recette. L’art est une manière d’éviter les recettes. Mais la meilleur manière de les éviter est de se mieux connaître, de s’attarder, de ralentir…

Peu importe les douleurs des ciseaux sur les sculptures, l’effroi des mots et des formules auxquelles nous tentons tous d’échapper, le seul art qui demeure, reste et perdure, est celui de se sculpter à partir des outils des autres mais en délaissant leurs œuvres.

Car, nous sommes l’œuvre.

Il n’y en a pas d’autres. Même les arts que nous utilisons – parfois par péché d’égo – parfois par soucis de lutte sociale d’entre les arts, nous avons, inconsciemment, intuitivement une route à tracer par nos trouvailles et le débarras des peurs et des jugements.

Il n’est pas aisé de s’approvisionner et de se nourrir à l’humilité des arbres.

Eux, ignorent qu’ils sont regardés avec autant de fascination. Qui sait? Peut-être l’Univers a-t-il créé une manière de la faire sans que nous la connaissions?

Possible… Probablement invisible…

***

Mon père disait qu’on mourait chaque soir en s’endormant…

Peut-être avait-il raison, en un sens… Car l’erreur est d’attendre le lendemain pour être « heureux ».

Il restera toujours la lutte entre les humains, la méfiance, la raison d’avoir raison, la peur d’avoir tort, etc. Les conflits de travail, l’esclavage, la culture de l’intellect au service des amputés de l’âme de ce monde, demeureront toujours.

Il n’y  a pas de réelle évolution des structures. L’Humanité, tout au  long de son histoire n’a pas cultivé réellement cette graine de dieu en nous. De par ses énormes et fourbes structures, elle vous nivelle au ras des ambitions matérialistes toujours et plus encore subsistantes.

C’est bien ce qui contribue à la fixité des hordes, à leur agglutinement artificiel configurée par les « meneurs ».

Ils enterrent des dieux et des hui. Pour eux, c’est toujours demain, et la vie est toujours un « projet » à réaliser.

Le temps n’a jamais rien réellement réalisé.  Même s’il a eu des siècles pour le faire. Nous sommes à la case départ : l’esclave est bien nourri, soit.

La solidarité humaine peut bien passer par une structure… Mais si la poutre que nous sommes est faible, nous ne pouvons pas soutenir la structure sociale qui nous mènera à la paix.

Ce qu’ignore le « structuraliste », c’est qu’il y a nécessité de parfaire l’un pour parfaire les autres.

C’est la raison pour laquelle si peu d’hommes ont échappé à tous les systèmes empoissonnant.

Pourtant, ce sont eux la base de notre culture de notre  développement personnel.

Beau leurre! Les travailleurs sont payés en temps et non pas en valeur réelle.

Par qui?

Par ceux de la monoculture… Celle des masses.

Il faut donc échapper au temps, à l’outil, et au nivellement.

Le pixel de votre écran, c’est vous.

L’image de votre écran, c’est ce « nous ».

On nous a appris à vivre à l’envers : les grands projets ne sont pas les pyramides de Gizeh, les grands projets c’est de saisir que le temps n’est pas à vendre, ni l’esclavage, ni l’authenticité humaine.

Le grand projet est une œuvre personnel désinfectée d’un peu d’égo, participante, mais dans un système qui aura compris.

Ce ne sont pas Allah, ni Jésus, ni d’autres prophètes, ni les malicieux organisateurs mondialistes qui règleront le sort du monde.

Nous assistons, au 21e siècle à une étrange  « mixiture » de dieux issus de l’antiquité, de gourous « moderne », d’un grand désir de réussite sociale, sans réussir vraiment.

Nous sommes donc à un point de convergence entre les retrouvailles de l’âme et de la grande déchirure des produits vendus, des modèles sidérants d’athéisme – malgré toutes les façades de fausses religions en luttes, toujours en luttes, mais défibrées par la faim des temps.

L’Homme tiraillé… Il est acheté et vend en même « temps »…

C’est le point des retrouvailles ou de la déconfiture complète et planétaire.

Analysons tant que nous voulons, nous ne règlerons rien. Car la petite lueur risque non seulement d’aller au tombeau, mais de faire de la planète le premier cercueil de l’Univers.

Gaëtan Pelletier

4 novembre 2012

Le pas de l’écrevisse

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Car, enfin, vous auriez mon âge, que je crois, Si vous pouviez, du temps  fuyant les maléfices Marcher à reculons, comme les écrevisses. 
Dumas père, Hamlet,1848, I, 3, p. 197.


L’Homme a tout appris… Sauf la marche à reculons. Il est figé mentalement dans sa dite « évolution » et bouffe de ces satanées religions pour vivre en fauteuil roulant. Et personne ne fait marche arrière en fauteuil roulant, parce que les fauteuils obéissent à ceux qui les conduisent… Comme ceux qui les conduisent obéissent …  

Toute religion est « satanique » en partant, puisqu’elle ingère cette double identité dieu-diable enfermés dans la même cage d’os.  Religion des conformisme sociétaire, religion de « la parfaite » empêtrée dans ses engelures de l’Histoire. Les macchabées du « bien » sont aussi nombreux que ceux du mal. Cadavre pour cadavre. Nous vivons tous dans une culture « d’étang », d’eaux-mortes, savamment baignés à la naissance par la mère patrie, et son gargantuesque appétit à reproduire des travailleurs.

On a envie de ricaner jaune devant ce défilé d’empaillés qui sont au pouvoir, coiffés à droite, parlant à gauche, robotique et sans amour. Regarder la télévision chier ses nouvelles, c’est comme avoir une plaie dans le visage en 1080p qui nous agresse de ses répétitions. Le sauvage, c’est « NOUS ». Mais où est donc le grand fournisseur d’AK 47? Bizarrement, ce sont les grands moralistes vendeurs de bonheur en même temps que vendeurs d’armes. 

 On se croirait dans une capsule de François Pérusse: Le Funérarium. Là où chacun ne sait que dire et achète une formule en entrant pour dire aux amis et aux parents combien ils sont désolés. Mais c’est de l’humour… Dans la vie, on ne  meure pas de cet humour noir des dirigeants et leur entonnoir-précipice. Non.On en crève si lentement que personne ne peut en percevoir le mouvement. 

 Du point de vue de la vie de l’homme, entre la naissance et la mort, les processus naturels qui entrent dans le monde humain peuvent se caractériser par la croissance et le déclin. Hanna Arendt .

Et ce pouvoir de construction du monde vers un « monde meilleur » ne peut se faire que par un « amour de la nature ». Non pas celle lointaine, « imagée », mais celle réelle d’une relation obligatoire et sans compromis. Si l’Homme est la servitude du système – sorte de religion laïque à laquelle il faut croire et « agir »-  le « terminator » est déjà en branle pour huiler l’humain. La bêtise ne vient pas de l’un, elle vient de tous. Notre servitude n’est pas née  d’un seul tyran, mais d’une somme quasi infinie et mouvante de notre monde dit « moderne ».

L’Homme statufié

 Depuis des millénaires la peur de la survie terrestre en terme de faim ou d’inventions de d’autres faims -telle celle de la réalisation de soi ( si charmante et utile aux sociétés aux fins de contrôle) – a fait en sorte que nous bousillons toute action, préférant vendre notre être à ceux qui sont des gens d’action sans …être. Depuis la méga liaison politique-affaires-mondialisation, cette triste trinité, amalgamée aux petites racines arriérées des peuplades qui usent de vieux concepts, l’énorme charade est si complexe que nous n’arrivons plus à déchiffrer le monde avec notre intellect. C’est là l’erreur fondamentale: la découverte de l’immense potentiel de l’intellect a enterré notre liaison réelle avec la Nature. Alors, vive le grand pouvoir des connaissances qui servent seulement à disséquer les morts du système. Les « vivants » le seront plus tard… S’il y a quelqu’un qui existe encore, avec sa super science, pour expliquer la mort d’un individu, ou bien celle d’un monde en décomposition sous les tunnels transportant cet « cher pétrole » qui déflore les terres cultivables. Parce qu’au fond, on nous a fait croire que l’on ne pouvait se passer de voitures. Si tout l’argent misé sur cette ferraille avait été investi dans des moyens de transports communs, il y en aurait suffisamment pour construire des modes déplacement qui réduiraient de 90 % les problèmes liées  aux « besoins de déplacement ».

Les Beethoven de la philosophie 

Nous sommes sourds, mais nous écrivons la musique et son chant de gloire… Ces notes frileuses issues de nos peurs. L’État dirige l’école, et les États sont dirigés par les objets et idées à consommer, les vendeurs du temple.  À travers ce charabia de musiciens pauvres et sans âmes, nous ne nous entendons plus. L’Homme est une sorte de panier tressé pour ramasser de l’argent à envoyer dormir dans les banques.  De sorte qu’un jour nous n’entendrons plus rien, ni les chants des oiseaux, ni le parfum des fleurs. Et même ces chers cercueils électroniques… 

La vanité et l’orgueil, la sainte-certitude – sorte de glaise pour les pauvres- peut servir au bien. Mais, comme le AK-47, un imbécile ne peut se servir de son unicité : il aime bien les produits congelés de la pensée désuète et sa stature de chef, de pré-chef. Pourvu qu’il ait des galons. 

C’est ainsi que l’écrevisse a dépassé l’Homme: elle nage en avant et marche en arrière.  L’Humanité n’a évolué qu’avec le doute qui effaçait les erreurs passées. C’est quand elle cesse d’avoir des doutes qu’elle n’évolue pas.  C’est bien le grand malheur de tous les temps: elle ne marche qu’en avant.

Nous serons tous victimes de la surdité de l’Histoire. Si belle la mélopée!…

Pardon?

Gaëtan Pelletier

13 mai 2014

Le petit livre des grands yeux…

endilletante:

“L’Inde des mille et une nuits” de Roland et Sabrina Michaud, Chêne, 1985.

Il y a des livres dans les yeux des gens. De bons livres, de mauvais livres, des livres qui ne parlent pas. C’est comme un braille de l’âme qui nous touche d’œil à œil. Certains ne savent pas lire. On peut y voir toute l’histoire des étoiles. La nôtre…  Un peu de ces firmaments qui picotent les soirs. Et de temps en temps, un peu de ce que certains nomment « dieu ». Nous ne savons d’où nous venons, où nous allons. Mais, est-ce si important? Nous savons au moins que nous sommes. Et ce devrait être là la seule chose qui nous préoccupe, la seule chose qui nous guide. L’un ne peut exister sans les autres. Tout est lié. La rosée du matin et les petits lacs bombés des yeux des humains…  Se reconnaître à travers tous les miroirs qui nous entourent… Exister. Et aimer c’est permettre à l’ensemble d’être bellement et simplement.  Et chacun est dans cet ensemble…

gp