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La merveillure du chat du VUS

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The White Cat, Maud Lewis 

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J’ai fait le trajet de quelques kilomètres avec un homme propriétaire ou locataire d’un VUS. Il y a des êtres d’éternité d’ici qui trouvent passionnant cette vie de « citoyen modèle » dont la réussite, l’ultime, est dans la merveillure (sic) de ce monde.

All Things Must Pass, disait George Harrisson. Et, en plus, il le chantait… Le conducteur, lui, était ivre de toutes ses réussites sociales, y compris les diplômes de ses enfants, leurs professions  ainsi que de l’intelligence des gadgets dont il était entouré. Autant dans son véhicule semi-spatial (déjà reflet de ses vues) que celles de ce « monde ».

C’est à 14 ans que j’ai cessé d’avoir des ambitions. C’est déjà bien tôt pour être mal vu. Les ambitieux d’une ambition différente sont des parias. Oui, on est mal vu quand tout ambition peut se résumer à apprendre la complexité des êtres, de nos âmes ( Hun, selon le taoïsme). Rejeté au rang des lâches et des loosers.

Mais puisque toute société et, par conséquent, l’avenir de cette planète passe par le chapelet des « HUN », il faut être conscient non seulement de ses actes et de sa multiplicité, mais chercher un peu plus loin que le rein et autres pièces « détachées » du module chair.

La nourriture sociale actuelle étant d’un clinquant de pubs, même celles projetées par l’État dans lequel nous vivons ( que trop de liens sales avec la gente des affaires), il faut e méfier de cette vision pauvre qui nous est le plus souvent imposée.  Le corps n’est qu’une machine. L’Univers est une machine. Une machine étriquée au rang de la compréhension humaine…Elle même – si amoureuse des raccourcis pas trop fatigants – émincée. On ne recherche pas la subtilité, on la croit. Du moins on croit celle qui nos est vendue. Et les acheteurs sont nombreux. On s’arrange pour que vous n’ayez plus le droit de penser par « vous-même » en vous occupant. On fait de vous le lapin qui coure le plus vite.

Voilà notre monde mené par des enfants qui ont perdu toute leur magie. On vous dépouille de celle-ci comme on a dépouillé les peaux des bêtes pour en faire des chapeaux à l’échelle du marché et des modes.

La culture de la certitude…

Or, nous sommes tous des tableaux jamais vraiment terminés. Pareil à celui de la peintre Maude Lewis qui avait refusé de vendre un tableau représentant un chat blanc. Il n’était pas terminé puisqu’elle n’avait pas encore peint ses yeux.

C’est malheureusement ce dont à quoi nous sommes livrés en ce monde: vendre vite et cher des toiles non terminées. Des créatures sans vision mais aptes à l’esclavagisme.

Gaëtan Pelletier

Le sein

Ce que l’on n’a pas compris de « NOUS » c’est que chacun est lié l’un  à l’autre, ( à tous les autres, en fait,)   que chacun est nourrit l’un par l’autre et l’autre par l’un. Physiquement et intellectuellement.  On ne peut pas séparer l’un de l’ensemble. Si l’un se sépare, c’est une question d’orgueil, de vanité et de totale incompréhension du phénomène de la vie.  Si l’un est méchant, il se peut qu’il soit ignorant de sa méchanceté. Si l’un est amour, il se peut qu’ils soit ignorant de son amour. Mais fondamentalement, personne n’existerait sans tous ces apports de l’un à l’autre.  Si l’un est savant, c’est un héritier de la Vie.

Personne n’existerait dans cette « culture » ou savoirs qu’il ou qu’elle chérit tant et dont plusieurs cherchent à s’approprier… comme SA création.

Pas même Einstein… Avant d’être l’unicité, il est la somme.

Alors, il ne reste que l’amour, ce bizarre phénomène « expliqué » par les biologistes.

Personne ne peut exister sans les autres… Sans la culture, sans le passé, sans la misère, sans les réussites de l’ensemble.

Les « dieux » terrestres se font eux-mêmes, mais nous sommes là pour les nourrir. Et ils sont là pour nous nourrir. Quand vous rencontrez quelque’un, ne serais-ce que de le croiser, vous rencontrez une partie de vous.

Hélas! Dans cet enfer de culture de l’individualisme, il s’accentue cette pauvre certitude d’être « d’une valeur supérieure ». C’est là la souche du mal. Le poison. Les petits Satan de papier, dans leur cheminement et au choix de l’argent au détriment de la Vie, de toute vie, détruisent l’éden et leur propre enfer du même coup. Ils y perdent leur petit royaume qu’ils croient avoir créé.

Gaëtan Pelletier

Soupir

T’es belle comme un silence quand j’éteins mes yeux 
Un vieux silences d’amoureux, un oiseau trop loin pour mes lunettes 
J’ai dormi avec toi si longtemps que je coure  pour éteindre tes cauchemars
 
 
T’as les yeux que jalousent les ciels 
Avec ton fond de petit bleu blues et tes blouses… 
On voyage à deux et à doux, jusqu’au bout 
À mourir dans la même tombe, deux pour un… 
Spécial du moi et de toi, annoncé au Canada  
 
On s’est regardés et on s’est dit, un soir en dînant 
Qu’un jour on ferait un voyage de noces sans corps et sans dents  
Comme un bout d’un voyage du ticket que j’ai acheté 
Je savais qu’il était marqué « éternité » 
 
On voyage de noces de temps en temps 
De la cuisine au salon, comme deux pays  
On se découvre à la douane des deux  
Sans papiers, on se déshabille au porche 
C’est la mode de se faire fouiller…
 
 
J’ai acheté toutes tes vagues, pour nos corps radeaux 
Il doit y avoir un bout du monde rempli de  lits d’eau 
On s’étendra sur une île étoile 
Il y a partout de la lumière qui miaule
Comme des chats 
Comme des chats 
Je te l’ai déjà dit: le monde est si grand qu’on a tous une maison
Une maisons sans façade et toutes les portes des portes 
C’est fait d’amour et la haine n’en n’a pas la clef… 
 

Gaëtan Pelletier

Juin 2015

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le second ventre

01

 

C’est un bébé qui date d’à peine six heures…  Me voilà grand-papa pour la deuxième fois. Je suis totalement « imbibé » de la Vie. La Vie! La Vie que l’on nomme parfois Dieu et à laquelle de par sa puissance, je n’ose même pas donner de nom.

C’est un événement personnel et à la  fois pas… Car je ne peux voir la Vie, de tout ce par ce que j’ai vécu, vu, entendu, subi d’humiliation de par les gens qui ne voient que des chiffres, des réussites, des affiliations à « L’ÉTAT, cet autre ventre de la Vie.

Je le disais quelque part: si nous pouvions voir la Terre comme une ruche de lumière, cens « gens » qui entrent et qui sortent « d’ici », nous pourrions voir vraiment la nature de ce mystère que certains pensent avoir résolu. Mais il ne l’est pas et ne le sera jamais…

Ce qui m’étonne, c’est toute la vie d’après, le « formatage » des nouveaux-nés qui ont un second ventre: l’éducation ou la déséducation.

Qui donc est bon ou devient bon? Qui donc est méchant?

Car dans cette période bien étrange et « austère » des vols permissifs et accordés des grands de ce monde, y compris les institutions de plus en plus déshumanisées, sans parler des guerres, vivre est un défi.  Rester intact au mystère et à sa beauté… Un défi.

Il l’a toujours été devant la matière brute de la nature, mais la sauvagerie « moderne » a créée une jungle encore plus horrible que celle dans laquelle vivaient nos ancêtres … poilus. Car cette jungle a été sciemment et méchamment tressée par des humains transformés en robots-penseurs, cervicaux, délirants, totalement ignorants de la Vie.

C’est ainsi qu’a surgie une idée étrange et pas à la fois: si les méchants mènent le monde, peuvent tuer ceux-là même que la Vie leur a donné, le monde se divisera toujours en deux… Dieu et Diable.  Mais avec le progrès, ce monde falsifié, malbâti, est la somme des des connaissances trafiquées, enseignées, martelées, finit parfois par diviser les gens davantage. La petite soudure de lumière à la naissance risque de s’éteindre et de se transformer en noirceur…

***

Nous avons peine à trouver un dénominateur commun: les chiffres finissent par tuer. C’est la malbouffe de l’intellect… Les chiffres, les analyses, la division temporelle.

Si la vie que nous vivons, après des milliers d’années de progrès est si difficile et si peu égale,  que nous avons les moyens de faire encore crever ses habitants de faim, c’est que les bons ont compris qu’on  ne tue pas. Même pas par « mission »…  On ne tue pas par  privation. On ne tue pas par ignorance de ce qu’est la compassion. On tue par calculs… On inculque la haine alors que personne n’est né de par la haine. Nous sommes tous nés de l’amour…

Étonnamment, ce sont les enfants qui souffrent le plus des adultes « transformés » en savants. En savant qui créent trop  souvent des Frank-Einstein…  Faut-il savoir des savoirs pour vivre en paix? Je ne pense pas… Il faut seulement s’étonner et regarder le grand mystère. Il faut également comprendre que l’on divise les Humains en catégories sans saisir l’entièreté et à la fois la simplicité de la Vie. Elle est Vie, c’est tout… Elle n’est pas religion et foi… Elle est si simplement qu’elle est: point.

En la divisant nous nous divisons. En nous taisant, nous laissons notre belle capacité d’émotion se terrer, s’éteindre, se  camoufler. Alors que nous devrions la cultiver… Mais nous laissons à une « organisation » le jugement de la bien cultiver.

Nous naissons plissés et nous mourrons  plissés.

Nous naissons dans la joie et l’énergie et nous mourrons dans la peur et la faiblesse. Comme s’il y avait une différence…  S’il en est une, nous avons grande difficulté à l’accepter. Parce qu’on juge inutile de nous l’enseigner. Alors, la plus grande servitude est d’être ignorant de la vie et de la mort.

C’est ainsi, que de notre ignorance, le second ventre des sociétés,  fait de chacun d’entre nous, ou veut faire, le monstre calculateur que les bons n’oseront tuer et que les ignorants y trouveront une religion de quelques années dans l’éternité…

Nous naissons tous deux fois… C’est la seconde fois qui est de trop si on choisit un ventre plus gros que celui d’une mère.

Gaëtan Pelletier

7 novembre 2014

Merci à Lexandra et à Manuel.  Ce ne sont pas que mes enfants mais les enfants de tout cet univers étrange, mais si beau en émotions…

Il n’y aura jamais de calculs pour l’amour…

Boomerang

 

etudes_mains
 
Porter de ses mains les mains des autres
Porter ses douleurs en voyant celles des autres 
Porter ses yeux comme la vue d’un monde autre 
Porter la lumière et les ombres hautes 
Porter ses dires comme des fleurs de sourires 
Porter ses petitesses comme les grandeurs des grandeurs 
Porter ce qu’on sait comme un vide pour cueillir ce qu’on peut apprendre 
Porter ses petits paradis des jours,   si infimes,  si ténus
Comme on porte le fil de la soie que nous sommes 
Porter ses petits jours comme si chacun d’eux  étaient longueur d’ une vie 
Porter les autres comme on porterait soi 
Porter pour qu’enfin tous soient transportés 
Porter pour que ce monde aille quelque part… 
Et nous revienne par les autres 
 
 
 
 gp
 

La faim des temps : L’ultime cercueil de l’Univers

Hui

Contraction de à le jour d’hui, où le a le sens d’un dém. L’a. fr. hui, hoi « le jour où l’on est », attesté dep. ca 1100 (Roland ds Gdf.), est empr. au lat. h?die « id. », lui-même contraction de h? die

***

 

On devrait donc plutôt dire que c’est la réalité tout entière qui « passe », et non le temps lui-même, qui ne cesse jamais d’être là à faire justement passer la réalité. Ainsi discerne-t-on, à l’intérieur de l’écoulement temporel lui-même, la présence surprenante d’un principe actif qui demeure et ne change pas, par lequel le présent ne cesse de se succéder à lui-même (« Le temps lui-même en l’entier de son déploiement ne se meut pas et est immobile et en paix » , pour reprendre les mots de Heidegger). Ainsi donc, voulant dire que le temps est ontologiquement associé à la labilité et à la fuite, on se retrouve à devoir envisager son … immobilité ! Étienne Klein

***

La créature « charnelle » a faim de  temps. Mais dans un seul jour, parfois, nous délaissons ce que nous croyons vraiment « inutile ». Or, cet « inutile » n’est qu’un trie  de l’intellect. La chair garde la chair… Mais en dessous, en creusant, en s’attardant, la plus belle et la plus grande chose de ce monde est de s’arrêter sur ce qu’on a vécu, pas à pas, cellule par cellule, grain à grain, délicats, possiblement glissant entre les doigts de l’esprit.

La beauté est une lueur… Mais pour la saisir, pour en croître, il faut les grandes mains de l’âme…

Oui, le corps a faim des « choses », l’égo a soif pour se satisfaire dans cette vie. Nous courons les demain pour nous satisfaire, les images fixes, alors que tout est en mouvement. L’humain, fripé, encagé dans ses sens,  trempé dans l’effervescence que trop dénaturée par la les gifles continuelles  de petits malheurs qu’il crée, en dieu déchu qu’il est, perdu, constamment flapi, exténué, perd de son essentiel dans une surexcitation sociale. Le monde a créé ses propres démons, et le feu est le feu que nous alimentons par le souffle géant qui nous bombarde chaque jour.

Mais chaque jour peut être une vie…

Hui

Il n’y a pas qu’un temps… Il y a des temps. Comme des mesures en musique.

Oui, hui…

Ce matin, en me levant, pendant que la bruine luisait tout sur le sol, comme si les larmes d’une certaine tristesse s’étaient imbibés dans les herbes, le bois, la voiture, et la vision de objets lointains. Le ciel était lourd. Trop lourd!…

Je suis sorti, j’ai regardé chaque goutte, chaque sculpture  d’eau, avec autant d’attention qu’il m’était possible. En séparant la tristesse de mélancolie dont nous sommes embués , la lumière manquante, l’interprétation parfois empoisonnante.

L’intellect  boit tout, mais l’âme se doit d’être un filtre…

On voit alors que la beauté existante est utile et non pas seulement une aigreur dont on se nourrit. Il faut ouvrir sa vision à la nécessité de la nature de planter ses gouttes en masse, de nous arroser en une douche qui atteint nos âmes. Mais elle ne le fait que pour la nature. Nous ne pouvons pas voir la joie des plantes de se nourrir… Nous ne percevons que notre manque d’éclairage, sans doute lié à nos vies plus profondes, d’un monde autre.

La douleur n’est qu’un ventre pour l’enfantement d’une joie, d’une reconnaissance et d’un pouvoir de transformation.

On ne peut pas séparer les gouttes de la mer et le plaisir de naviguer sur l’eau…

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De par ce petit voyage vers Québec, à la vue des arbres déjà défoliés, je ne songeais pas à rien, car il ne faut pas interpréter le sens de ce que nous voyons, mais simplement le regarder.

Nul besoin d’une formule ou d’un OM pour prier. Prier ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Prier s’adresse à soi. Et, en même temps, à tous. Mais la plus belle prière est de chanter ou chantonner.  Ce petit exercice qui allie la parole aux vibrations efface complètement la nature de l’esprit qui divague dans son torrent de pensées, tout bouillonnant.

Chanter, suivre le rythme est retrouver, sans cérémonie, délavant toutes les strates du temps qui finissent par nous bouchonner.

Le tunnel, c’est nous qui le créons. L’égo est un cheval sauvage…

On ne peut pas danser si on est en déséquilibre.

Le web est saturé d’analyses. Changent-elles quelque chose en vous? Sinon qu’une nouvelle couche de malheurs dans lequel vous vous laisser noyer?

Il y a l’eau et la boue.

La chair, l’intellect, s’en délectent. Mais en même temps, il fige tout cela dans un cursus à grand risque : la vitrification.

***

Il y avait bien des années que je n’étais pas passé dans un centre d’achats. Je me suis assis sur un banc, regardant les gens passer, puis j’ai levé les yeux vers les décorations de Noël. Une petite lumière scintillait, pendant qu’en bas, il y avait un défilé d’humains. Regarder sans juger, comme les arbres, c’est voir un peu…

J’imaginais qu’ils cherchaient des cadeaux.

Je suis sorti. Les nuages étaient là. Mais encore faut-il voir au-delà, les déchirer, se dire qu’ils ne sont pas notre tristesse d’automne, mais encore une illusion de nos êtres mais une nécessité de la nature.

Choisir de voir c’est en même temps se débarrasser de la notion du choix de ce que l’esprit, l’intellect choisit.

L’âme, elle, quand elle reste ouverte et silencieuse, ne choisit pas, ni ne se laisse enfouir.

Au fond, il n’y a pas de recette. L’art est une manière d’éviter les recettes. Mais la meilleur manière de les éviter est de se mieux connaître, de s’attarder, de ralentir…

Peu importe les douleurs des ciseaux sur les sculptures, l’effroi des mots et des formules auxquelles nous tentons tous d’échapper, le seul art qui demeure, reste et perdure, est celui de se sculpter à partir des outils des autres mais en délaissant leurs œuvres.

Car, nous sommes l’œuvre.

Il n’y en a pas d’autres. Même les arts que nous utilisons – parfois par péché d’égo – parfois par soucis de lutte sociale d’entre les arts, nous avons, inconsciemment, intuitivement une route à tracer par nos trouvailles et le débarras des peurs et des jugements.

Il n’est pas aisé de s’approvisionner et de se nourrir à l’humilité des arbres.

Eux, ignorent qu’ils sont regardés avec autant de fascination. Qui sait? Peut-être l’Univers a-t-il créé une manière de la faire sans que nous la connaissions?

Possible… Probablement invisible…

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Mon père disait qu’on mourait chaque soir en s’endormant…

Peut-être avait-il raison, en un sens… Car l’erreur est d’attendre le lendemain pour être « heureux ».

Il restera toujours la lutte entre les humains, la méfiance, la raison d’avoir raison, la peur d’avoir tort, etc. Les conflits de travail, l’esclavage, la culture de l’intellect au service des amputés de l’âme de ce monde, demeureront toujours.

Il n’y  a pas de réelle évolution des structures. L’Humanité, tout au  long de son histoire n’a pas cultivé réellement cette graine de dieu en nous. De par ses énormes et fourbes structures, elle vous nivelle au ras des ambitions matérialistes toujours et plus encore subsistantes.

C’est bien ce qui contribue à la fixité des hordes, à leur agglutinement artificiel configurée par les « meneurs ».

Ils enterrent des dieux et des hui. Pour eux, c’est toujours demain, et la vie est toujours un « projet » à réaliser.

Le temps n’a jamais rien réellement réalisé.  Même s’il a eu des siècles pour le faire. Nous sommes à la case départ : l’esclave est bien nourri, soit.

La solidarité humaine peut bien passer par une structure… Mais si la poutre que nous sommes est faible, nous ne pouvons pas soutenir la structure sociale qui nous mènera à la paix.

Ce qu’ignore le « structuraliste », c’est qu’il y a nécessité de parfaire l’un pour parfaire les autres.

C’est la raison pour laquelle si peu d’hommes ont échappé à tous les systèmes empoissonnant.

Pourtant, ce sont eux la base de notre culture de notre  développement personnel.

Beau leurre! Les travailleurs sont payés en temps et non pas en valeur réelle.

Par qui?

Par ceux de la monoculture… Celle des masses.

Il faut donc échapper au temps, à l’outil, et au nivellement.

Le pixel de votre écran, c’est vous.

L’image de votre écran, c’est ce « nous ».

On nous a appris à vivre à l’envers : les grands projets ne sont pas les pyramides de Gizeh, les grands projets c’est de saisir que le temps n’est pas à vendre, ni l’esclavage, ni l’authenticité humaine.

Le grand projet est une œuvre personnel désinfectée d’un peu d’égo, participante, mais dans un système qui aura compris.

Ce ne sont pas Allah, ni Jésus, ni d’autres prophètes, ni les malicieux organisateurs mondialistes qui règleront le sort du monde.

Nous assistons, au 21e siècle à une étrange  « mixiture » de dieux issus de l’antiquité, de gourous « moderne », d’un grand désir de réussite sociale, sans réussir vraiment.

Nous sommes donc à un point de convergence entre les retrouvailles de l’âme et de la grande déchirure des produits vendus, des modèles sidérants d’athéisme – malgré toutes les façades de fausses religions en luttes, toujours en luttes, mais défibrées par la faim des temps.

L’Homme tiraillé… Il est acheté et vend en même « temps »…

C’est le point des retrouvailles ou de la déconfiture complète et planétaire.

Analysons tant que nous voulons, nous ne règlerons rien. Car la petite lueur risque non seulement d’aller au tombeau, mais de faire de la planète le premier cercueil de l’Univers.

Gaëtan Pelletier

4 novembre 2012

Le pas de l’écrevisse

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Car, enfin, vous auriez mon âge, que je crois, Si vous pouviez, du temps  fuyant les maléfices Marcher à reculons, comme les écrevisses. 
Dumas père, Hamlet,1848, I, 3, p. 197.


L’Homme a tout appris… Sauf la marche à reculons. Il est figé mentalement dans sa dite « évolution » et bouffe de ces satanées religions pour vivre en fauteuil roulant. Et personne ne fait marche arrière en fauteuil roulant, parce que les fauteuils obéissent à ceux qui les conduisent… Comme ceux qui les conduisent obéissent …  

Toute religion est « satanique » en partant, puisqu’elle ingère cette double identité dieu-diable enfermés dans la même cage d’os.  Religion des conformisme sociétaire, religion de « la parfaite » empêtrée dans ses engelures de l’Histoire. Les macchabées du « bien » sont aussi nombreux que ceux du mal. Cadavre pour cadavre. Nous vivons tous dans une culture « d’étang », d’eaux-mortes, savamment baignés à la naissance par la mère patrie, et son gargantuesque appétit à reproduire des travailleurs.

On a envie de ricaner jaune devant ce défilé d’empaillés qui sont au pouvoir, coiffés à droite, parlant à gauche, robotique et sans amour. Regarder la télévision chier ses nouvelles, c’est comme avoir une plaie dans le visage en 1080p qui nous agresse de ses répétitions. Le sauvage, c’est « NOUS ». Mais où est donc le grand fournisseur d’AK 47? Bizarrement, ce sont les grands moralistes vendeurs de bonheur en même temps que vendeurs d’armes. 

 On se croirait dans une capsule de François Pérusse: Le Funérarium. Là où chacun ne sait que dire et achète une formule en entrant pour dire aux amis et aux parents combien ils sont désolés. Mais c’est de l’humour… Dans la vie, on ne  meure pas de cet humour noir des dirigeants et leur entonnoir-précipice. Non.On en crève si lentement que personne ne peut en percevoir le mouvement. 

 Du point de vue de la vie de l’homme, entre la naissance et la mort, les processus naturels qui entrent dans le monde humain peuvent se caractériser par la croissance et le déclin. Hanna Arendt .

Et ce pouvoir de construction du monde vers un « monde meilleur » ne peut se faire que par un « amour de la nature ». Non pas celle lointaine, « imagée », mais celle réelle d’une relation obligatoire et sans compromis. Si l’Homme est la servitude du système – sorte de religion laïque à laquelle il faut croire et « agir »-  le « terminator » est déjà en branle pour huiler l’humain. La bêtise ne vient pas de l’un, elle vient de tous. Notre servitude n’est pas née  d’un seul tyran, mais d’une somme quasi infinie et mouvante de notre monde dit « moderne ».

L’Homme statufié

 Depuis des millénaires la peur de la survie terrestre en terme de faim ou d’inventions de d’autres faims -telle celle de la réalisation de soi ( si charmante et utile aux sociétés aux fins de contrôle) – a fait en sorte que nous bousillons toute action, préférant vendre notre être à ceux qui sont des gens d’action sans …être. Depuis la méga liaison politique-affaires-mondialisation, cette triste trinité, amalgamée aux petites racines arriérées des peuplades qui usent de vieux concepts, l’énorme charade est si complexe que nous n’arrivons plus à déchiffrer le monde avec notre intellect. C’est là l’erreur fondamentale: la découverte de l’immense potentiel de l’intellect a enterré notre liaison réelle avec la Nature. Alors, vive le grand pouvoir des connaissances qui servent seulement à disséquer les morts du système. Les « vivants » le seront plus tard… S’il y a quelqu’un qui existe encore, avec sa super science, pour expliquer la mort d’un individu, ou bien celle d’un monde en décomposition sous les tunnels transportant cet « cher pétrole » qui déflore les terres cultivables. Parce qu’au fond, on nous a fait croire que l’on ne pouvait se passer de voitures. Si tout l’argent misé sur cette ferraille avait été investi dans des moyens de transports communs, il y en aurait suffisamment pour construire des modes déplacement qui réduiraient de 90 % les problèmes liées  aux « besoins de déplacement ».

Les Beethoven de la philosophie 

Nous sommes sourds, mais nous écrivons la musique et son chant de gloire… Ces notes frileuses issues de nos peurs. L’État dirige l’école, et les États sont dirigés par les objets et idées à consommer, les vendeurs du temple.  À travers ce charabia de musiciens pauvres et sans âmes, nous ne nous entendons plus. L’Homme est une sorte de panier tressé pour ramasser de l’argent à envoyer dormir dans les banques.  De sorte qu’un jour nous n’entendrons plus rien, ni les chants des oiseaux, ni le parfum des fleurs. Et même ces chers cercueils électroniques… 

La vanité et l’orgueil, la sainte-certitude – sorte de glaise pour les pauvres- peut servir au bien. Mais, comme le AK-47, un imbécile ne peut se servir de son unicité : il aime bien les produits congelés de la pensée désuète et sa stature de chef, de pré-chef. Pourvu qu’il ait des galons. 

C’est ainsi que l’écrevisse a dépassé l’Homme: elle nage en avant et marche en arrière.  L’Humanité n’a évolué qu’avec le doute qui effaçait les erreurs passées. C’est quand elle cesse d’avoir des doutes qu’elle n’évolue pas.  C’est bien le grand malheur de tous les temps: elle ne marche qu’en avant.

Nous serons tous victimes de la surdité de l’Histoire. Si belle la mélopée!…

Pardon?

Gaëtan Pelletier

13 mai 2014

Le petit livre des grands yeux…

endilletante:

“L’Inde des mille et une nuits” de Roland et Sabrina Michaud, Chêne, 1985.

Il y a des livres dans les yeux des gens. De bons livres, de mauvais livres, des livres qui ne parlent pas. C’est comme un braille de l’âme qui nous touche d’œil à œil. Certains ne savent pas lire. On peut y voir toute l’histoire des étoiles. La nôtre…  Un peu de ces firmaments qui picotent les soirs. Et de temps en temps, un peu de ce que certains nomment « dieu ». Nous ne savons d’où nous venons, où nous allons. Mais, est-ce si important? Nous savons au moins que nous sommes. Et ce devrait être là la seule chose qui nous préoccupe, la seule chose qui nous guide. L’un ne peut exister sans les autres. Tout est lié. La rosée du matin et les petits lacs bombés des yeux des humains…  Se reconnaître à travers tous les miroirs qui nous entourent… Exister. Et aimer c’est permettre à l’ensemble d’être bellement et simplement.  Et chacun est dans cet ensemble…

gp

La petite pilule de lumière

 

chandelles

 

Un jour, – en fait le soir -, pendant  une panne d’électricité, nous dûmes nous éclairer à la chandelle, la plupart des batteries des lampes-torches étaient quasiment mortes. . Or, ce soir-là, il se passa un phénomène étrange. La télé étant éteinte, tous les systèmes sonores des appareils électriques avaient fini par nous parler sans cesse et sans cesser, tel un bruit de fond agaçant.

Il n’y avait rien à faire, sauf l’amour, ou lire.

…. nous décidâmes de lire. Déshabiller des phrases. On aurait dit, enfin, une sorte de tissus aux fibres enfin visibles.  Les phrases n’étaient plus les mêmes. Moins saccadées, plus douces et totalement accaparantes. Envoûtantes.

J’étais sur le coin de la table, et je me revoyais 10,000 ans plus tôt avec une infime particule de feu dansant. Les murs étaient lointains. Si lointains et si sombres… L’horloge fondit dans le mur. Tel un temps arrêté. Tel un temps aux aiguilles tordues, insignifiantes, mollusques…Un peu Dali en visite.

Les appareils électriques ne parlaient plus. Silence. Le plus total et le plus soudain. Le plus énigmatique… Car on aurait dit que le cerveau avait cessé de courir vers nulle part. Il avait retrouvé son nid ancien, sa demeure, son accalmie, son souffle au rythme de ses capacités anciennes.

Le paradis, c’était un peu ça. Toute la friture bruyante avait quitté la maison comme des fantômes lancinants.

Le diable est dans le son…

Le message sans message…

 

Il ne restait que la flamme et l’âme en union secrète. Mystérieuse. Magique.

***

En tentant de poursuivre ma lecture, la petite flamme de la bougie parut faire s’écrouler mes paupières. Je n’arrivais pas à comprendre. Comme Hitler, je pouvais me coucher à trois heures, mais moi je me réveillais tôt le matin. Et là, je voyais bien que la lumière, en plus du silence, avait éteint mes angoisses, mes peurs, les traces de toute l’agitation diurne.

J’ai tenté de tenir le coup jusqu’à 23h00. Mais mon corps était comme paralysé. Je suis allé au lit comme frustré de ne pas avoir été nourri de mes petites drogues quotidiennes. La télévision, cet accroche-paupières. Ce piège à cerveau. La trappe à souris des ordis… ***

Je compris que la lumière était vivante, mais que trop de lumière risquait également  de nous  brûler. Vivre ou mourir était une question de « quantité ». Il y a la lumière pour vivre et celle pour mourir. Il y le son pour dire et le son pour empoisonner.

Les coups de soleil du cerveau :

Dans cet univers de massacres par les pubs, les idées bien affilées et enfilées, le mitraillage des in-faux, la bruitaille  continuelle, lancinante, écrase l’ouverture d’esprit en alignant comme des soldats des idées marchant aux pas des idées.

À force de nous tuer un peu le jour, on veut vivre la nuit. À force de travailler pour remplir des banques, on s’appauvrit. Mais pas seulement des avoirs. Du non-respect qui est une haine rose pour les humains.

Éteindre ses peurs en ne se nourrissant pas des frayeurs pitoyables émises pendant la pseudo information. En être esclave et brisé. De cela nous n’en avons pas conscience parce que notre pouvoir de conscience est étouffé par un faisceau trop puissant pour notre capacité d’absorption.  Le développement technologique a dépassé notre charge supportable.

Nous sommes en quelque sorte dépassés sans le savoir, puisque le progrès, le réel, est un bien-être apporté à chacun.

La fin du monde commence là où le bruit, tous les bruits, écrits, parlés, écoutés, ingurgités, nous agitent au point de nous dénaturiser.  

Ce monde est en train de nous faire croire que les robots nous rendront heureux, que l’agitation nous rendra heureux.

 

C’est ainsi que s’éteignent plusieurs d’entre nous qui allons  flirter vers des lumières trop chaudes… Trop vives! Comme ces papillons qui girouettent alentour des ampoules  par les soirs d’été.

Est-on nourris ou brûlés? Et pour quelle cause?

La réponse est sans pilule, sans cet amoncellement d’artifices, sans cette route sinueuse du pouvoir de ceux qui les tracent.

***

Le lendemain, nous nous sommes réveillés, contents, dispos, tout en rêvant de ne pas avoir à revivre le cauchemar de la chandelle.

Il aurait fallu quelques mois pour éteindre suffisamment ce monde troublé pour défaire lentement notre trouble intérieur. Ou quelques années…

 

Gaëtan Pelletier

 

La douleur de la valse

Now in Vienna there’s ten pretty women
There’s a shoulder where Death comes to cry
There’s a lobby with nine hundred windows
There’s a tree where the doves go to die
There’s a piece that was torn from the morning
And it hangs in the Gallery of Frost
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz with the clamp on it’s jaws
Oh I want you, I want you, I want you
On a chair with a dead magazine
In the cave at the tip of the lily
In some hallways where love’s never been
On a bed where the moon has been sweating
In a cry filled with footsteps and sand
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take it’s broken waist in your hand
This waltz, this waltz, this waltz, this waltz
With it’s very own breath of brandy and Death
Dragging it’s tail in the sea
There’s a concert hall in Vienna
Where your mouth had a thousand reviews
There’s a bar where the boys have stopped talking
They’ve been sentenced to death by the blues
Ah, but who is it climbs to your picture
With a garland of freshly cut tears?
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz it’s been dying for years
There’s an attic where children are playing
Where I’ve got to lie down with you soon
In a dream of Hungarian lanterns
In the mist of some sweet afternoon
And I’ll see what you’ve chained to your sorrow
All your sheep and your lilies of snow
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
With it’s « I’ll never forget you, you know! »
This waltz, this waltz, this waltz, this waltz …
And I’ll dance with you in Vienna
I’ll be wearing a river’s disguise
The hyacinth wild on my shoulder,
My mouth on the dew of your thighs
And I’ll bury my soul in a scrapbook,
With the photographs there, and the moss
And I’ll yield to the flood of your beauty
My cheap violin and my cross
And you’ll carry me down on your dancing
To the pools that you lift on your wrist
Oh my love, Oh my love
Take this waltz, take this waltz
It’s yours now. It’s all that there is

Take this  Waltz. Le film

SYNOPSIS

Un jour, par hasard, Margot rencontre Daniel. Elle en tombe immédiatement amoureuse. À leur retour à Toronto, ils réalisent que Daniel vit en face de chez Margot et de son mari Lou, qui écrit présentement un livre de cuisine sur la cuisson du poulet. Fascinée par son voisin, un artiste modeste, Margot se refuse à lui. Mais elle ne peut s’empêcher de l’observer et de tenter de le revoir. Évidemment, son mari n’en saura rien. Ils passent quelques journées ensemble. Au cours de cet été, la vie de Margot sera bouleversée à jamais.

Bizarrement, le film est aussi subtil que la chanson du génie qu’est Léonard Cohen.

Le film est d’une finesse que peu sauront saisir: rien n’est figé dans la vie, surtout pas les amours. Le coeur, l’âme, valsent entre les amours, car l’un ou l’autre portent la beauté et la tendresse des moments, des gestes infimes, les coquineries, et les passions…

Toute l’intelligence porte sur le vide en nous que nous voudrions combler par différents angles d’amour. Le vide que nous évitons, le vide inévitable, et l’incommensurable besoin d’amour. L’inévitable et l’aveuglement des amours que l’on cherche à résoudre en une équation: 1 + 1 = 1. Or, l’âme humaine, dans sa recherche inconsciente, dans sa richesse se déchire à cette tentative de combler toutes les nuances visibles et invisibles de la vie et de la Vie. Car, au fond, dorment – même dans le déni- le spectre de la grandeur et la fixtitude (sic) recherchée pour figer ici-bas toutes les nuances et les déchirures.

C’est l’âme humaine aux prises avec ce choix.. Le corps réclame un choix, une certitude, une « prise ». Or, cette « prise » n’existe pas…

La douleur de la valse, c’est de tergiverser, d’être malheureux et se sentir coupable de cette tergiversation.

Elle est normale.

Toute vie est une valse et une fouille. Le « choix final » n’existe pas. L’intériorité et la richesse de l’humain ne  peu se contenter de fixer en un moment, en quelqu’un, en quelque chose,  l’éternité qui l’habite. C’est elle qui nous crache au visage le grand vide de la vie terrestre et de l’autre. Oui, l’autre… Celle que nous ne voyons plus, tellement attachés à nos fixations terrestres.

La douleur de la valse, c’est la danse arrêtée… Sans mouvements. Un mouvement que nous choisissons, que nous fixons, que nous arrêtons.

Même dans les amours d’âmes, dans la volonté d’aimer des couples, il y a cette valse intérieure, une brisure presque quotidienne qui rend douloureux notre désir de coagulation.

Pour échapper au vide…

Un vide ne peut remplacer qu’un autre vide… Jusqu’au moment où on a compris que le seul amour est probablement celui de notre être et de notre âme fusionnés  dans …une autre valse.

Gaëtan Pelletier

28 septembre 2012