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Posséder un rire

 

Il faut avoir de bonnes dents de l’esprit pour savoir rire de ce monde dans lequel nous vivons. Tout sérieux que nous sommes… Tout fiers! Il reste toutefois une belle arme que l’on ne peut acquérir que par la belle dérision que l’on finit par porter en soi.

Le père-Noël des sociétés… La « perfectitude » à laquelle chacun se livre et à la fois s’enferme pour être un bon, mais bien bon conformiste. Le petit être humain se prend parfois pour dieu, ou un copier-coller du « divin ».

Mais plus il y a d’Hommes, plus il y a de folies, plus d’angoisses, plus de merveilles à bâtir. À bien regarder, au fond, on ne bâtit que soi à travers les matériaux des autres, de l’Histoire et de la culture. Encore faut-il être assez bon cuisinier pour savoir préparer le plat que nous sommes pour une autre vie. Car celle-ci est transitoire. Ou elle n’est rien…

Alors, il faut prendre le temps de rire des bouffons politiques, des savants, des vendeurs de pilules, des vendeurs d’avenir, des vendeurs de pays, des vendeurs de causes.

Quand sur un vieux film de Chaplin on voit passer tous ces gens qui ne sont plus, même liés à leur « progrès » du début de ce beau siècle, ils ne sont plus.

Celui qui ne croit à rien a plus de chances d’arriver à un paradis conçus par ceux qui veulent persévérer à vous fabriquer un monde selon leur foi.

En fait, il faut simplement laisser le monde demeurer un mystère et rire de ceux qui se trimbalent avec leur valise de vérité.

La valise aussi a disparue sous une nouvelle forme, un nouveau contenu dans un nouveau contenant… Ce qui n’a rien changé.

La foi en tous ces principes volatiles ne fait que faire pousser d’autres principes volatiles.

Le plus beau poison en ce monde est la possession ou le désir de posséder. On peut posséder une valise, mais pas le porteur de valise. Mais plus encore, les gens croient qu’ils possèdent leur vie alors que c’est la Vie qui les a mis au monde.

Un fois débarrassé de cette illusion, se posséder n’a plus d’importance, ni même posséder.

Gaëtan Pelletier

2014

 

La stérilisation du rire

friendship-far-beyond-words:</p><br /><br /> <p>Every child is a different kind of flower and all together they make this world a beautiful garden..!!!<br /><br /><br />

 

 

 

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La mère de Goethe cultivait la joie ». 

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Depuis que l’on a « créé » l’économie – celle basique, celle qui aidait, celle qui allégeait, on a passé à celle qui cloue tous les cerveaux, les utilise, les stérilise du rire. On dira qu’il n’y a plus rien de « beau ». Il n’y a plus rien de beau parce que toutes les vies sont « mathématisées ». On s’attriste en vieillissant dans les sociétés occidentales. On s’attriste de voir que le petit roi élu nous a floué, qu’il a vendu nos terres, nos pays, nos espaces aux plus riches. Et que la mort existe.

La joie, c’est la nourriture de l’âme. C’est comme si la lumière dansait en nous.  Mais il faut franchir une étape cruciale: celle de n’avoir peur de rien. Ni de la mort, ni de la guerre, ni des rides. Il reste l’imbécillité  de ces gens sérieux qui achètent des armes pour faucher les jambes des enfants qui dansent.

Nous implosons sous le malheur. On le cultive. Il nous affecte.

Un vieillard qui rit, qui sourit, qui fait des étoiles avec ses yeux, c’est de plus en plus difficile à trouver. Mais ça existe. Un peu, hélas, comme une espèce en voie de disparition.

Notre petit jardin « à l’aise » a pour nid une mortification permanente. Le citoyen est offert aux dieux qu’il a élus . Ces mannequins de cire… Nous allons droit au musée sans s’amuser…

Aujourd’hui, la sueur est à 1.50$ le litre.  Et tout est si compliqué…

Les bourreaux meurent.  Comme leurs victimes. On dira que c’est un métier.

Vivre

Il faut apprendre à vivre et à se « re-vivre ». Il faut réapprendre à musiquer son rire, à non pas oublier que la mort existe, mais que le petit moment qui est est la vie dans une continuité de mouvements qui n’est que celle de la chair et de la dégradation.  Alors, en suivant le courant, nous pensons nous dégrader en étouffant toute la capacité de demeurer lumineux et danseurs.

Le pouls de l’âme 

Nous sommes des êtres vibratoires, mais on vous enseignera à n’être qu’une ligne sur un moniteur: toujours être heureux. En vérité, la vie est comme une mer agitée: nous sommes parfois tristes, parfois heureux, parfois  plus encore: « High ». Puis, le lendemain, nous croulons. Mauvaise journée!   Celui qui n’a pas de mauvais jours n’est pas vivant.

Cependant, dans la phase actuelle dans laquelle nous mettons notre « bonheur » entre les mains de fabricants de « bonheurs », nous nous débarrassons de notre tâche à trouver nous-mêmes notre bonheur. Cette « passation » de pouvoir est de plus en plus accrue et alimentée par le contexte. Bref, nous sommes la cellules qui devrait vivre et s’éclairer d’elle-même, mais par lâcheté ou ignorance nous préférons « acheter » notre bonheur.

Pour vivre pleinement, il faut une belle capacité de dérision devant le mystère de la Vie. Celle-ci, une fois acquise, est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire. Et personne ne vous le donnera. Car il faudra chercher ce qui est bon pour vous. La liberté ne dépend pas d’un État, mais de la capacité à regarder ce monde fêlé se dérouler devant vous. Mais, en étudiant l’Histoire, en étant attentif, vous vous rendrez compte que ça a toujours été ainsi.

Personne n’est la tristesse. La tristesse est un concept. Personne n’est le bonheur. Le bonheur est un concept. Une sorte de permanence… Et vous noterez que depuis que les sociétés se sont organisées, on vous aura promis la santé par la pilule, le bonheur par l’avoir, mais rien, vraiment rien pour les relations humaines. Celles qui existent sont issues des relations des gens authentiques et simples. Il n’y aura pas de formule mathématique pour relier les gens. Ni celle de comprendre n’est pas la manière d’aborder le monde.

La seule et unique manière est d’accepter. Accepter la différence. Accepter les bons et mauvais jours.

Quant à la notion de « vérité », elle n’est qu’un arrêt sur image. Et quand rien ne bouge, c’est la mort. Alors, personne n’a la vérité. Peu-être les adultes. On voit alors qu’ils sont sérieux, qu’ils savent à peine sourire – ou bien que leur sourire est faux – , mais vous encensez leur réussite. De fait, vous participer à sculpter des apparences de bonheur et de réussite.

Apprendre 

Qu’est-ce donc qu’apprendre des choses et des choses, des concepts et des concepts s’ils ne servent à rien?  « Se réaliser » n’est que demeurer soi à travers un monde qui nivelle tout. On peut être admiratif devant autant de technologies que celles d’aujourd’hui mais, au fond, toute vie ne peut être que survivre au grand déluge des infos mitraillées et aux slogans, et aux pubs. Toute vie a une fin  – du moins celle-ci. Alors, autant parier qu’il existe autre chose que ce beau montage de chair.

Apprendre, c’est désapprendre tout ce faux charabia. Apprendre, c’est rigoler de cette fausse culture.

Apprendre, c’est s’éloigner des faux pour retrouver les vrais. Mais il faut avant tout se débarrasser du faux en soi…

La chose la plus compliquée au monde est de redevenir simple. Mais pire encore, le demeurer jusqu’à la fin de ses jours…

Gaëtan Pelletier

Sept . 2014

 

Les nègres-sculpteurs

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En politique, en affaires surtout, que ce soit « local » ou international, pour avoir une tête, il faut s’en faire une. Le truc est de lire des morceaux de sagesse, des livres qui restent, des écrits de gens qui sont des humains véritables…

Il faut fréquenter son intuition plutôt que son cerveau, car elle est en avance 10 fois sur vos « décisions ».

Bizarrement, il faut ne pas avoir trop de tête, mais un peu plus de ce mystérieux « système » de « penser » que nous avons tous en nous: l’intuition. Le cerveau n’est qu’un relais. Une machine lente qu’utilisent les gens figés qui pensent vivre dans un monde figé. Mais tout bouge….

S’adonner au gribouillage, à l’art, à tout ce qui permet de briser la barrière de la « langue de bois ». Tout ce qui permet de se rendre moins cérébral, et de fouiller pour trouver l’authenticité en nous.

Créer – ou tenter de – s’est s’affranchir de tout ce qui est dit par les robots.  S’il faut être « complotiste réel », on reniera ce que nous avons comme foi tout en gardant le « squelette » de la foi.

La recette consiste à sabrer un peu de cette tête vorace et attrayante. La spontanéité et l’apparente imbécillité.

Vieillir tout en demeurant l’enfant que l’on a été.

La sagesse est le rire arrêté un moment.

Et l’humour, une sorte d’éclatement de tout ce sérieux qui parsème et ronge le monde. La folie contient plus de sagesse… C’est Shakespeare qui l’a dit d’une autre manière. Mais peu importe…

Puisque l’on meurt tous, puisque nous sommes tous égaux, il faut cesser de construire des statues. Il faut cesser d’adorer…

Simplement regarder et écouter.

Gaëtan Pelletier

Mars 2014

Bye! Bye! 2013: le meilleur depuis des décennies

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Coup de théâtre: Véronique Cloutier, Louis Morissette, Hélène Bourgeois Leclerc, Joël Legendre et Michel Courtemanche, qui avaient pourtant annoncé qu’ils ne reviendraient pas au Bye Bye, seront dans notre télé le 31 décembre!

Ils seront toutefois entourés d’une brochette d’humoristes: François Morency, Jean-François Mercier, Martin Petit, André Sauvé, Laurent Paquin, les Denis Drolet, Claudine Mercier et Jean-Michel Anctil.

Radio-Canada parle d’une formule renouvelée et cite Louis Morissette: «L’ajout de ces humoristes de talent donnera un nouveau souffle à l’émission et apportera un regard différent sur l’actualité de l’année.» La Presse, Richard Therrien 

Louis Morrissette et Cie, 2008

Le mécontentement à l’égard du Bye Bye 2008 s’est matérialisé en de nombreuses plaintes déposées au bureau du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC); signe qu’en humour, ce qui fait rire les uns peut faire grincer les dents des autres.( Cyberpresse, Fannie Olivier)  La Vidure 

Ce fut sans doute un épisode difficile pour le couple Cloutier-Morrissette. Ils avaient dû s’expliquer dans une sorte de conférence de presse pour … s’expliquer.

Le Bye! Bye! 2013 sera considéré, non seulement comme une revanche, mais une nouvelle manière de faire les Bye! Bye!   En fait, l’attente du public n’est pas  dans le génie des  maquillages, mais le rire. Un Bye! Bye! sans rires est un Bye! Bye! raté.

L’intelligence des textes et la quasi absence des moments morts ont transformé le Bye! Bye! en un « show extrême ».   L’idée de glisser des capsules de nouvelles avec Laurent Paquin, style « Saturday Night Live » venait fragmenter les longs monologues ou chansons auxquelles on nous avait habitués.

La réussite des du spectacle était dans le rythme, l’absence de moments « morts » ou ennuyants, – centrés sur la politique ou autre sujet allongé et plat.  Une part d’autodérision du show-business lui-même. Fallait le faire. Car le dérisoire n’existe pas seulement en politique mais dans la « culture » de la télévision québécoise, ou du cinéma. Puis une beau clin d’oeil original sur Hanna Montana  jouée par le moins érotique des comédiens québécois: Antoine Bertrand. « Normalement », on aurait caricaturé la scènes avec une comédienne de talent, avec un « corps de talent »…  🙂

Le lapin dans le chapeau du génie 

On aurait pu s’éterniser sur la Commission Charbonneau… Mais le coup de génie fut de jouer avec les antipodes: André Sauvé le cérébral questionnant confronté aux Denis Drolet.

Si le Bye! Bye! avait été un plat à bouffer, les « convives » devraient enfin accorder la meilleur note pour la recette: 9/10.

Réussir un Bye! Bye! c’est faire rire, étonner, surprendre. On peut oublier les apparitions en flash, telles celle de la mairesse de Lac-Mégantic ou Annie Brocoli, mais l’effet de l’ensemble de ces apparitions soudaines -incongrues nous a dérouté. Faire rire c’est ne pas deviner la blague qui arrivera… Et tout cet ensemble bien huilé dans des pubs « adaptées ».

La leçon du Bye! Bye! 2013 

Tous les Bye! Bye! précédents nous ont fait croire qu’il fallait adapter le Bye! Bye! à la revue des événements de l’année. Le coup de génie fut celui d’éviter le piège de la revue… Et l’autre, de l’avoir fait en coups d’œil rapides, sans s’éterniser sur certains événements.

Cette louange pourrait aller au montage du « spectacle »: Impeccable! Mais c’est surtout l’ensemble qu’il faut non seulement saluer mais réfléchir. Dans cette mouture moins givrée, plus mouvante, les futurs Bye! Bye! devront adopter cette formule de capsules courtes, « punchées », comme le sont les spectacles des meilleurs humoristes.

Il est difficile de cerner, d’analyser une telle réussite, car tout tient dans le « ciment » qui a pris en enlevant le trop d’eau délayant les Bye! Bye! de jadis.  Comme dirait le coach du CH: c’est un travail d’équipe. Un travail d’équipe et de plaisir.

Il ne sera plus possible désormais de revenir aux anciennes formules des Bye! Bye! Puisque celui-ci a réussi à nous faire rire, les suivants n’auront pas d’autre choix que… de nous faire rire.

Mais la plus belle réussite du Bye! Bye! est que le couple Cloutier-Morrissette  a su – avec tous les complices aux talents divers et éclatés ,-  se remettre un peu des critiques des années passées. Critiques qu’il ne méritait pas.  Mais passons…

Autodérision

Les années se succèdent avec les grands projets politiques ( La Charte), mais avec un désir de délivrance du peuple des coups ratés dans de nombreux domaines. Les Bye! Bye! c’est l’occasion de nous « autodéclarer » idiots, stupides, et ratés… C’est l’occasion de rire de ce que nous sommes en tant que peuple, en élisant de la racaille, de nous qui écoutons et nous gorgeons de l’insipide d’une certaine forme de télévision, oui, de rire de ce que nous sommes.

Tout cela en une heure.

Ne reste plus qu’à attendre l’an 2014, et sa ribambelles d’imbécillités.

À se demander si le rire n’est pas l’ultime intelligence qui nous reste. Car à travers les échecs et les absurdités répétées au fil des ans et des ans, on peut se soulager en une heure et en recommencer une autre…

Rire des élus pour lesquels nous avons voté… Rire des émissions que nous « aimons » regarder c’est une belle autodérision.

Mais il ne manquait qu’un sujet: l’économie.

Le ridicule ne tue pas, mais l’économie, elle, sait nous tuer un peu chaque jour…

Gaëtan Pelletier

1 janvier 2014

P.S.: On peut aussi lire les critiques styles « La Presse » que l’on retrouve ICI. (« Plus de pour que de contre ») .   On peut bien décortiquer les sketchs un à un , « j’ai aimé », « j’ai pas aimé », mais on oublie que le Bye! Bye! n’est pas un spectacle « d’œuvres choisies » mais un « choix » de ce qui s’est passé. Peu importe le choix des événements, car on ne pourra les couvrir tous.

La critique est simple: on rit ou on rit pas.