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Thé

Le billard mondialiste pour les nuls

Billard 2

Le mondialisme est la convergence de deux processus unificateurs : l’un idéologique, les droits de l’Homme universels ; l’autre économique, échanges commerciaux internationaux. Deux processus qui se fondent aujourd’hui dans un même projet : celui d’une gouvernance mondiale. Wiki 

Le but n’est pas d’empocher une bille, mais toutes. De même au billard français, le but n’est pas de faire un point, mais un nombre de points déterminé. La maîtrise du déplacement de toute bille en mouvement en est la clé. Wiki

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Dans la série web-réalité, il existe maintenant un jeu bien amusant: décider qui a raison, ou qui a tort dans la marmelade intellectuelle  de ceux qui analysent  « l’état actuel du monde ». On décortique comme j’ai déjà décortiqué des rats en laboratoire pour savoir comment ils fonctionnent. Tout comme dans l’Histoire, pour décortiquer un rat, il faut qu’il soit mort… Au moins que son cœur batte…

La naissance et la montée au ciel de Saint-Vladimir: le discours sur la montagne   

Monsieur Poutine, l’Homme de 40 $milliards, est en train de talocher le beige président Obama de par son « porte-parole »  Sergueï Lavrov, à travers un discours qui rend fébrile tous les anti-américains ( dont je fais partie).  Alors, Monsieur Poutine aurait intérêt à être mieux connu pour sa gouvernance de stalinisme rose.

Radio-Canada nous dévoile dans une enquête la face cachée d’un Poutine … toujours au pouvoirm  qui a amassé une fortune immense m et qui « s’abrite » dans une demeure de 1 milliard de dollars. Tant au pouvoir, révèle l’enquête, qu’il ne peut plus sortir du pouvoir avant sa mort au risque de dévoiler les magouilles staliniennes de la « réussite » de la Russie, pseudo-démocratie… comme celle des États-Unis d’Amérique. « Quand on sort de Moscou, on se retrouve au 17 e siècle », faisait remarquer un observateur.

L’obsession anti-américaine 

En effet, c’est au résultat inverse qu’on assiste. Partout la mondialisation est responsable de la réduction des inégalités. L’Amérique peut légitimement se prévaloir d’être à la tête de ce progrès mondial. Pourquoi alors devrait-elle sempiternellement se couvrir la tête de cendres!

J.F. Revel, L’obsession anti-américaine

C’est justement de cette obsession anti-américaine qu’est né le mouvement « favorable » au système « poutinien » qui passera à l’Histoire. L’Histoire présente… À long terme, ce sera un autre coup de poing à la Bruce Lit… Jeet Kune do, ou You Can Do, ou Yes We Can…

On ne peut comprendre un rat, ni le voir, si on a l’œil collé sur celui-ci. En ce sens, toute analyse devient désuète ou dure le temps d’une amourette. Toute séquence historique ressemble à une queue de billard frappant les billes et des millions d’observateurs tentent de définir. Même si nous passons la séquence au ralenti, il existe d’autres tables de billard dans le « monde »… De sorte que nous ne parvenons jamais à comprendre ni, surtout, à modifier le courant de l’Histoire.

Le citoyen est un spectateur. L’intellectuel un analyste naïf. Il ne reste plus que l’observateur des observateurs. Celui qui regarde, placide, ce jeu de billes sur table. ( Jadis, la Terre était plate).  On peut se targuer de « comprendre », mais comprendre n’est pas changer.  C’est ainsi que pour semer le doute, la joute des belligérants – le plus souvent paperassiers instruits alliés-kapos des décideurs, – brouillent le jeu.  Alors l’observateur non observateur des observateurs devient alors un participant au jeu meurtrier de l’échiquier mondial.

Get it?

Le NOM 

Le nouvel ordre mondial était, à ses racines, un mouvement humaniste. Il est devenu un mouvement monétaire et favorable à la classe riche et dirigeante. Mais là où ça se complique, c’est qu’on ne peut plus définir qui est la classe dirigeante  dans un pays, puisque la classe dirigeante est affaires. Les affairistes sont malheureusement tordus sans intérêt pour les pays et les citoyens.

On peut bien jouer au jeu du billard planétaire. À en perdre la boule… Et c’est excitant. Mais la lutte en ce moment n’est pas celle entre les pays, les meilleurs au jeu, mais entre un monde tout à fait déshumanisé et un monde qui souhaite seulement demeurer humain et respecté. Le reste est hypocrisie. Et la totale.

Cette charmante austérité des « pays riches » est issue de la crise 2008. Ledit partage des richesses n’aura jamais lieu. Dès lors, toute implication dans ce jeu de psychopathes estampillés de l’État est une risée.

Mais les phoques applaudissent…

Gaëtan Pelletier

Décembre 2014

P.S.: Pour Noël, offrez-vous le jeu LE TERRORISME. Vous aurez alors le loisir de jouer en famille pendant de longues heures   vies sur la provenance des armes, des pays, des compagnies, etc. Excitant à souhait, il offre à la famille – dans certaines régions du globe seulement ( aux abonnés) – une version en mode réelle et sanguinaire. Vous pouvez intervenir directement sur les médias sociaux pour donner votre avis.

« Un humain média-social est un humain averti ».

Le retour de George Orwell et la guerre de Big Brother contre la Palestine, l’Ukraine et la Vérité

John Pilger

L’autre soir, je suis allé voir une interprétation de 1984, de George Orwell, dans un théâtre de Londres. Bien qu’une mise à jour contemporaine eut été intéressante, la mise en garde d’Orwell sur le futur n’y fut présente que sous la forme d’un exercice de style : distant, pas le moins du monde menaçant, quasiment rassurant. Comme si Edward Snowden n’avait rien révélé, que Big Brother n’était pas devenu un espion numérique, et qu’Orwell lui-même n’avait jamais dit : « Pour être corrompu par le totalitarisme, nul besoin de vivre dans un pays totalitaire ».

Encensée par les critiques, cette production talentueuse était à la mesure culturelle et politique de notre époque. Quand les lumières se sont rallumées, les gens étaient déjà en train de sortir. Ils ne semblaient pas avoir été touchés, ou peut-être que d’autres distractions les attendaient. « Quelle prise de tête ! », s’est exclamée une jeune femme, en allumant son téléphone.

A mesure que les sociétés avancées se dépolitisent, les changements sont à la fois subtils et spectaculaires. Dans les discours quotidiens, le langage politique est une inversion, comme Orwell l’avait prédit dans 1984. « Démocratie » n’est plus qu’un outil de rhétorique. « La Paix », c’est en réalité un état de guerre perpétuelle. « Global » signifie impérial. Le concept de « réforme », autrefois porteur d’espoir, signifie aujourd’hui régression, voire destruction. « Austérité » signifie le passage au capitalisme extrême pour les pauvres et au socialisme pour les riches : un système ingénieux où la majorité travaille à rembourser des dettes, au profit de la minorité.

Dans les arts, l’hostilité vis-à-vis des vérités politiques est un article de la foi bourgeoise. « La période rouge de Picasso », titrait le journal Observer, « et pourquoi la politique et l’art ne font pas bon ménage ». Et cela dans un journal qui a fait la promotion du bain de sang de l’Irak comme croisade libérale. L’opposition au fascisme qui a marqué la vie de Picasso n’est plus qu’un détail, comme le radicalisme d’Orwell qui a disparu dans le prix qui s’est approprié son nom.

Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l’université de Manchester, constatait que « pour la première fois depuis deux siècles, il n’y a pas d’éminent poète britannique, de metteur en scène, ou de romancier prêt à remettre en cause les fondamentaux du style de vie occidental ». Aucun Shelley ne parle pour les pauvres, pas de Blake pour défendre les rêves des utopistes, ni de Byron pour maudire la corruption et la classe dominante, et pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler le désastre moral qu’est le capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n’ont aucun équivalent aujourd’hui. Harold Pinter fut le dernier à s’insurger. Parmi les voix du féminisme de consommation qui se font entendre, aucune ne fait écho à celle de Virginia Woolf, qui décrivait « l’art de dominer les autres peuples… de régner, de tuer, d’acquérir la terre et le capital”.

Au Théâtre National, une nouvelle pièce, « Grande-Bretagne », fait la satire du scandale des écoutes téléphoniques, qui a vu des journalistes jugés et condamnés, dont un ancien rédacteur du « News of the World » de Rupert Murdoch. Décrite comme une « farce à crocs qui cloue au pilori l’ensemble de la culture médiatique incestueuse et la ridiculise impitoyablement », les cibles de la pièce sont les personnalités « heureusement très drôles » de la presse tabloïd britannique. C’est bien bon, et si familier. Mais qu’en est-il des médias non-tabloïd qui se considèrent eux-mêmes comme crédibles et réputés, et pourtant jouent le rôle parallèle de bras armé du pouvoir de l’État et du capital, en faisant la promotion de guerres illégales ?

L’enquête Leveson sur les écoutes téléphoniques a légèrement laissé entrevoir ce phénomène. Tony Blair énonçait des preuves, se plaignant auprès de monsieur le juge du harcèlement des tabloïds contre sa femme, quand il fut interrompu par une voix qui s’éleva du public. David Lawley-Wakelin, un réalisateur, demandait l’arrestation de Blair et son jugement pour crimes de guerre. Il y eut un long silence : le choc de la vérité. Lord Leveson fit un bond, ordonna l’expulsion de celui qui osait dire la vérité, et s’excusa auprès du criminel de guerre. Lawley-Wakelin fut poursuivi, pas Tony Blair.

Les complices aguerris de Tony Blair sont plus respectables que les hackers de téléphone. Quand la présentatrice artistique de la BBC, Kirsty Wark, le reçut pour le 10ème anniversaire de l’invasion de l’Irak, elle lui offrit un moment dont il ne pouvait que rêver ; elle lui permit de se lamenter sur sa décision « difficile” sur l’Irak au lieu de lui demander des comptes sur son crime homérique. Ceci rappelle la procession de journalistes de la BBC qui en 2003 déclaraient tous que Blair pouvait se sentir « justifié”, et la série « de référence » qui s’ensuivit sur la BBC, « Les années Blair”, pour laquelle David Aaronovitch fut choisi comme écrivain, présentateur, et intervieweur. Ce réserviste de Murdoch qui a fait campagne pour la guerre en Irak, en Lybie et en Syrie, est expert en léchage de bottes.

Depuis l’invasion de l’Irak – exemple cardinal d’ acte d’agression non-provoquée, ce que le procureur de Nuremberg Jackson qualifiait de « crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu’il les contient tous” – Blair et son porte-parole et principal complice, Alastair Campbell, ont eu droit à pas mal de place dans le Guardian afin de réhabiliter leurs réputations. Décrit comme une étoile du Labour Party, Campbell a voulu s’attirer la sympathie des lecteurs en prétextant une dépression, et a affiché ses intérêts, mais pas son détachement actuel comme conseiller, aux côtés de Blair, de la tyrannie militaire égyptienne.

Alors que l’Irak est démembré suite à l’invasion de Blair et Bush, le Guardian titre : « Renverser Saddam était juste, mais nous nous sommes retirés trop tôt« . Ceci dans un article phare du 13 juin écrit par un ancien fonctionnaire de Blair, John McTernan, qui a aussi travaillé pour le dictateur Irakien installé par la CIA, Iyad Allaoui. En appelant à répéter l’invasion d’un pays que son ancien patron avait aidé à détruire, il ne fit jamais référence aux 700 000 morts, ni aux 4 millions de réfugiés et au tournant sectaire qui avait eu lieu dans un pays autrefois fier de sa tolérance communautaire.

« Blair incarne la corruption et la guerre”, a écrit le journaliste radical du Guardian Seumas Milne dans un article très inspiré en date du 3 juillet. Dans le milieu on appelle cela « l’équilibre ». Le lendemain, le journal publia une pleine page de publicité pour un bombardier US Stealth. Sur la photo menaçante du bombardier était écrit : « le F-35, Génial pour l’Angleterre ». Cette autre incarnation de « la corruption et la guerre » va coûter aux contribuables britanniques 1,3 milliards de £ [=1,6 Mds €], les précédents modèles de la gamme F ayant déjà servi à massacrer des gens un peu partout dans le monde en développement.

Dans un village d’Afghanistan, où vivent les plus pauvres des pauvres, j’ai filmé Orifa, s’agenouillant devant les tombes de son mari, Gul Ahmed, un tisserand de tapis, et de 7 autres membres de sa famille, dont 6 enfants, et de deux enfants qui furent tués dans la maison d’à côté. Une bombe « de précision » de 500 livres est directement venue s’exploser sur leur petite maison de boue, de pierre et de paille, laissant à la place un cratère de 50 pieds de long. Lockheed Martin, le fabricant de l’avion avait une place d’honneur dans la publicité duGuardian.

L’ancienne secrétaire du Département d’État US et aspirante à la présidence Hillary Clinton, est récemment passée à l’émission « Women’s Hour » de la BBC, la quintessence de la respectabilité médiatique. La présentatrice, Jenni Murray, a présenté Mme Clinton comme l’exemple même de la réussite féminine. Elle ne rappela pas à ses auditeurs les propos blasphématoires de Mme Clinton qui prétendait que l’Afghanistan avait été envahi afin de « libérer » les femmes comme Orifa. Elle ne posa aucune question à Mme Clinton sur la campagne de terreur de son administration qui utilise des drones pour tuer femmes, hommes et enfants. Elle ne fit pas non plus mention de la menace de Mme Clinton, durant sa campagne présidentielle, d’ « éliminer » l’Iran, et rien non plus sur son soutien à la surveillance illégale de masse et aux persécutions contre les lanceurs d’alertes.

Murray posa la question-qui-était-sur-toutes-les-lèvres : Mme Clinton avait-elle pardonné à Monica Lewinsky d’avoir eu une affaire avec son mari ? « Le pardon est un choix », répondit Mme Clinton, « pour moi ce fut le bon choix ». Cela nous rappelle que dans les années 90 et pendant la période secouée par le scandale « Lewinsky », le président Bill Clinton envahissait Haïti et bombardait les Balkans, l’Afrique et l’Irak. Il détruisait aussi les vies d’innombrables enfants irakiens ; L’Unicef rapporte la mort d’un demi-million d’enfants Irakiens de moins de 5 ans, en conséquence de l’embargo mis en place par les USA et la Grande-Bretagne.

Ces enfants ne sont pas de la chair à médias, tout comme les victimes des invasions soutenues par Hillary Clinton – l’Afghanistan, L’Irak, le Yémen, la Somalie – n’existent pas pour les médias. Murray n’y a fait aucune allusion. Une photo d’elle et de son invitée de marque rayonnante figure sur le site de la BBC.

En politique, comme dans le journalisme et dans les arts, il semblerait que la contestation autrefois tolérée dans les médias grand public ait été ravalée au rang de simple désaccord : un maquis métaphorique. Quand j’ai commencé ma carrière à Fleet Street en Angleterre dans les années 60, il était acceptable de critiquer fortement le pouvoir occidental. Il suffit de lire le rapport de James Cameron sur les explosions des bombes à hydrogène sur l’atoll Bikini, où celui sur la guerre de Corée et sur le bombardement US du Nord-Vietnam. La grande illusion de notre époque est ce mythe de l’ère de l’information, alors qu’en vérité nous vivons à une époque médiatique où la propagande des grandes entreprises est insidieuse, contagieuse, efficace et libérale.

Dans son essai de 1859 « De la liberté », auxquels les libéraux modernes rendent hommage, John Stuart Mill écrivait :
« Le despotisme est un mode de gouvernement légitime si l’on a affaire à des barbares, à condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont justifiés par l’accomplissement effectif de ce programme. »

Les « barbares » étaient de larges secteurs de l’humanité dont « l’obéissance implicite » était exigée.

« C’est un mythe utile et commode de croire que les libéraux sont pacifistes et les conservateurs belliqueux », écrivait l’historien Hywel Wiliams en 2001, « mais il est possible que l’impérialisme à visage libéral soit plus dangereux de par sa nature explicite : sa conviction qu’il représente une forme supérieure de vie ». Il avait en tête un discours de Tony Blair dans lequel l’ex-Premier ministre promettait de « remettre de l’ordre dans le monde autour de nous » selon ses propres « valeurs morales ».

Richard Falk, autorité reconnue en matière de législation internationale et rapporteur spécial de l’ONU sur la Palestine, a décrit une « bien-pensance unilatérale, un écran juridique/moral avec des images positives des valeurs et de l’innocence occidentales dépeintes comme menacées, justifiant une campagne de violence politique sans restriction ». Et « largement acceptée au point d’en devenir virtuellement incontestable. »

Favoritisme et mandature récompensent les gardiens. Sur la Radio 4 de la BBC, Razia Iqbal reçut Toni Morrison, la lauréate afro-américaine du prix Nobel. Morrison se demandait pourquoi les gens étaient « si énervés » contre Barack Obama, qui était pourtant « cool » et souhaitait seulement construire une « économie et un système de sécurité sociale solides». Morrison était fière d’avoir parlé au téléphone avec son héros, qui se trouvait avoir lu un de ses livres et l’avait invitée lors de sa prise de fonction.

Ni elle ni la présentatrice n’évoquèrent les 7 guerres d’Obama, dont sa campagne de terreur par drones, à cause de laquelle des familles entières, leurs secouristes et leurs proches furent assassinés. La seule chose qui semblait avoir de l’importance était qu’un homme de couleur « qui s’exprime bien » s’était élevé au plus haut échelon de l’échelle du pouvoir. Dans « Les damnés de la terre », Frantz Fanon écrivait que « la mission historique » des colonisés était de servir de « courroie de transmission » aux dirigeants et autres oppresseurs. À notre époque, l’utilisation des différences ethniques par le pouvoir occidental et ses systèmes de propagande est perçue comme essentielle. Obama incarne parfaitement cette idée, bien que le cabinet présidentiel de George W. Bush – sa clique belliciste – ait été le cabinet le plus multiracial de l’histoire présidentielle.

Alors que la ville irakienne de Mossoul tombait aux mains des djihadistes de l’ISIS, Obama fit la déclaration suivante : « Le peuple américain a beaucoup investi et sacrifié afin que les Irakiens aient l’opportunité de se choisir une meilleure destinée ». À quel point ce mensonge est-il « cool » ? À quel point s’est-il « bien exprimé » lors de son discours à l’Académie militaire de West Point le 28 mai ? Lors de son discours sur « l’État du monde » à la cérémonie de remise des diplômes de ceux qui « vont prendre la direction US » à travers le monde, Obama déclara que : « Les USA utiliseront la force militaire, unilatéralement s’il le faut, quand nos intérêts seront menacés. L’opinion internationale compte, mais l’Amérique ne demandera jamais la permission… »

En répudiant la législation internationale et le droit de souveraineté des nations, le président US s’octroie un droit divin basé sur la puissance de son « indispensable nation ». C’est un message d’impunité impériale familier, bien que toujours étonnant à entendre. Évoquant la montée du fascisme des années 30, Obama a dit « Je crois en l’exceptionnalité américaine de tout mon être ». L’historien Norman Pollack écrivait « À ceux qui marchent au pas de l’oie, on substitue la militarisation apparemment plus inoffensive de la culture totale. Et au lieu du leader grandiloquent, nous avons le réformateur raté, qui travaille allègrement, planifie et exécute des assassinats, tout en souriant ».

En février, les USA ont monté un de leurs coups d’État contre le gouvernement élu d’Ukraine, en exploitant des protestations authentiques contre la corruption à Kiev. La secrétaire d’État adjointe d’Obama Victoria Nuland sélectionna personnellement le leader d’un « gouvernement d’intérim ». Elle le surnomma « Yats ». Le vice-Président Joe Biden se rendit à Kiev, tout comme le directeur de la CIA John Brennan. Les troupes de choc de leur putsch étaient des fascistes ukrainiens.

Pour la première fois depuis 1945, un parti néonazi ouvertement antisémite contrôle des secteurs clés du pouvoir étatique d’une capitale européenne. Aucun leader européen n’a condamné cette résurgence fasciste près dans le pays frontalier à travers lequel l’invasion des nazis d’Hitler coûta la vie à des millions de Russes. Ils étaient soutenus par l’UPA, l’Armée insurgée ukrainienne, responsable de massacres de juifs et de Russes qu’ils appelaient « la vermine ». L’UPA est l’inspiration historique du parti Svoboda et de leurs compagnons de route du Secteur droit. Oleh Tyahnybok, leader de Svoboda a appelé à expurger « la mafia judéo-moscovite » et les « autres racailles », dont les gays, les féministes et tous les gens de gauche.

Depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, les USA ont entouré la Russie de bases militaires, d’avions de guerre et de missiles nucléaires, suivant le projet d’élargissement de l’OTAN. Reniant la promesse faite au président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1990 de ne pas étendre l’OTAN « d’un centimètre vers l’Est », L’OTAN occupe militairement l’Europe de l’Est. Dans l’ancien Caucase soviétique, l’expansion de l’OTAN est le plus important chantier militaire depuis la seconde Guerre Mondiale.

Le cadeau de Washington au régime issu du coup d’État à Kiev est un Plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN. En août, l’opération « Rapid Trident » placera les troupes US et britanniques à la frontière entre la Russie et l’Ukraine et l’opération « Sea Breeze » placera des navires de guerre US en vue de ports russes. Imaginez la riposte si ces actes de provocations, ou d’intimidations, s’effectuaient aux frontières des USA.

En revendiquant la Crimée – que Nikita Khrouchtchev avait illégalement détachée de la Russie en 1954 – les Russes se défendaient comme ils l’ont fait depuis presque un siècle. Plus de 90% de la population de la Crimée a voté pour le rattachement à la Russie. La Crimée est aussi la base de la Flotte de la mer Noire, et sa perte signifierait la mort de la flotte russe et un trésor pour l’OTAN. Semant la confusion au sein des parties belliqueux de Kiev et de Washington, Vladimir Poutine a retiré les troupes russes de la frontière ukrainienne et a demandé instamment aux Russes ethniques de l’Est de l’Ukraine d’abandonner le séparatisme.

Suivant une logique orwellienne, cela a été traduit en Occident par « la menace russe ». Hillary Clinton a comparé Poutine à Hitler. Sans ironie aucune, les commentateurs de droite allemands lui ont emboîté le pas. Dans les médias, les néonazis ukrainiens ne sont plus que des « nationalistes » ou « ultranationalistes ». Ce qui leur fait peur, c’est que Poutine est habilement en train de rechercher une solution diplomatique, et qu’il pourrait y réussir. Le 27 juin, en réponse au compromis de Poutine- sa requête devant le parlement russe de révoquer la législation qui lui avait octroyé le pouvoir d’intervenir en faveur des ethnies russes d’Ukraine – le secrétaire d’État John Kerry a émis un autre de ses ultimatums. La Russie doit « agir dans les prochaines heures, littéralement » pour mettre un terme à la révolte en Ukraine de l’Est. Nonobstant le fait que Kerry soit largement considéré comme un guignol, le propos sérieux de ces « avertissements » est de conférer le statut de paria à la Russie et de faire disparaître les informations sur la guerre que mène le régime de Kiev contre son propre peuple.

Un tiers de la population ukrainienne est russophone et bilingue. Ils souhaitent depuis longtemps la naissance d’une fédération démocratique qui reflèterait la diversité ethnique ukrainienne et qui serait autonome et indépendante de Moscou. La plupart ne sont ni « séparatistes » ni « rebelles » mais des citoyens qui veulent vivre en paix sur leur terre natale. Le séparatisme est une réaction à l’attaque de la junte de Kiev contre ces mêmes citoyens, causant l’exode de plus de 110 000 d’entre eux (estimation de l’ONU) vers la Russie. Pour la plupart, des femmes et des enfants traumatisés.

Comme les enfants de l’embargo irakien, et les femmes et les jeunes filles « libérées » d’Afghanistan, terrorisées par les seigneurs de guerre de la CIA, ces ethnies d’Ukraine ne sont pas les bienvenues dans les médias occidentaux, leurs souffrances et les atrocités auxquelles elles sont soumises sont minimisées, ou passées sous silence. L’intensité de l’assaut mené par le régime n’est pas retransmise par les médias dominants occidentaux. C’est une première. En relisant le chef d’œuvre de Phillip Knightley « Première victime : le correspondant de guerre comme héros, propagandiste et faiseur de mythes », je renouvelle mon admiration pour le journaliste du Guardian Philips Price, le seul reporter occidental à être resté en Russie pendant la révolution de 1917 et à avoir rapporté la vérité sur les invasions désastreuses des alliés occidentaux. Objectif et courageux, Philips Price à lui seul dérange ce que Knightley appelle un « silence obscur » antirusse en Occident.

Le 2 Mai, à Odessa, 41 Ukrainiens russophones ont été brulés vifs dans le QG des syndicats, sous les yeux de la police qui regardait sans rien faire. Il y a de nombreuses preuves vidéo sans équivoque. Le dirigeant de droite Dmytro Yarosh a dit de ce massacre qu’il était « un jour glorieux pour l’histoire de la nation ». Dans les médias US et britanniques, cela a été présenté comme une « sombre tragédie » résultant d’affrontements entre « nationalistes » (néonazis) et « séparatistes » (des gens collectant des signatures pour un référendum pour une Ukraine fédérale). Le New York Times a passé ça sous silence, ayant classé comme propagande russe les avertissements sur les politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall Street journal a maudit les victimes – « Un incendie ukrainien mortel, probablement l’œuvre des rebelles, selon le gouvernement ». Obama a félicité la junte pour sa « retenue ».

Le 28 juin, le Guardian a consacré une presque pleine-page aux déclarations du « président » du régime de Kiev, l’oligarque Petro Porochenko. Encore une fois, la règle orwellienne de l’inversion a été appliquée. Il n’y avait pas eu de putsch ; pas de guerre contre les minorités ethniques ; les Russes étaient à blâmer pour tout. « Nous voulons moderniser mon pays », écrivit Poroshenko. « Nous voulons introduire la liberté, la démocratie et les valeurs européennes. Quelqu’un n’aime pas ça. Quelqu’un ne nous aime pas pour cela. »

Dans son article, le reporter du Guardian, Luke Harding, n’a jamais questionné ces affirmations, ou mentionné les atrocités d’Odessa, les attaques aériennes et à l’artillerie du régime sur des zones résidentielles, le meurtre et le kidnapping de journalistes, les incendies des journaux d’opposition, et les menaces de Porochenko de « libérer l’Ukraine de la saleté et des parasites ». Les ennemis sont « des rebelles », des « militants », des « insurgés », des « terroristes » et des larbins du Kremlin. Allez chercher dans les archives de l’histoire les fantômes du Vietnam, du Chili, du Timor-Est, d’Afrique du Sud, d’Irak, vous remarquerez les mêmes qualificatifs. La Palestine est la pierre angulaire de cette escroquerie sans fin. Le 11 juillet, à la suite des derniers massacres à Gaza, commis par les Israéliens, équipés par les USA – 80 personnes dont 6 enfants de la même famille – un général Israélien publiait dans leGuardian, un article titré : « Une démonstration de force nécessaire ».

Dans les années 70, j’ai rencontré Leni Riefenstahl et je lui ai posé des questions sur ses films qui glorifiaient les nazis. À l’aide et de techniques de caméra et d’éclairage révolutionnaires, elle a produit un genre de documentaire qui a envoûté les Allemands ; c’est son film « Le Triomphe de la Volonté » qui est réputé avoir scellé le destin d’Hitler. Je lui ai posé des questions sur la propagande des sociétés qui s’estimaient supérieures. Elle répliqua que « les messages » dans ses films ne dépendaient pas « d’ordres venant d’en haut » mais d’un « vide de soumission » au sein de la population allemande. « Cela inclut-il la bourgeoisie libérale et éduquée ? », ai-je demandé. « Tout le monde », m’a-t-elle répondu, « et bien sûr l’intelligentsia ».

tlaxcala-int.org

La soupe à l’eau : le jeu des cowboys et des indiens

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« Auriez-vous une cigarette? » demanda un effiloché mal vêtu à un homme assis proprement dans sa BMW. 
– Vous êtes dégueulasse et vous coûtez cher…  
– À voir votre mallette, votre cravate, votre vernis et vos cheveux bien cirés, vous enfumez toute la planète. J’ai les doigts jaunes, mais l’âme blanche… Dans vos pubs, on dit que je refuse d’éteindre… Dans votre cas, vous brûlez une planète entière, alors cessez de me faire chier. 
« POOOOOOOOOOOOOOLICE »! 
 » On vous l’emmène au frigo, monsieur! 6 chefs d’accusation… 
Le feu passa au vert.  
 
*** 

Obama, le parfait cireur des souliers, et pas le moindre, mondialiste-mollusque, va passer à l’Histoire comme un « tueur pacifiste », Prix Nobel de la dynamite étouffée dans l’eau.

Le pétard mouillé idéal pour la culture des morues « hors terre ». Nobel a inventé la dynamite, et Obama le drone.

Les kapos ont pris du gallon… Avant, dans les ruelles de Varsovie, ils étaient guenillés. Les voilà POP-ulaires. Et gangrène de la vie terrestre…

Le règne des guenilles 

Comme disaient mes ancêtres:  » Nous sommes bien gréés pour aller nulle part avec de la guenille pour mat. Après le barbiturique G. Walker Bush, voilà un autre « esprit » américain, Père Noël distributeur à cadeaux.

O bas mat…

Jeune, je jouais aux cowboys et aux indiens. Mon père m’avait acheté deux pistolets avec des balles de plastique, une ceinture et un chapeau.  On jouait aux cow-boys et aux indiens avec frénésie.  Pour les enfants, c’est naïf, mais dans la vraie vie, c’est comme inventer des méchants avec l’Histoire bien trafiquée et s’adonner à un tout petit sport.  Mais les amérindiens se  sont fait voler leurs terres… Et le reste du monde est maintenant une nouvelle race d’arriérés, sortes de nouille baignant dans une soupe légère, aérée, ou l’on compte les nouilles avant de vous la servir.  Et quand les investisseurs ne sont pas contents, on enlève 5 ou 6 nouilles par soupe pour accroître le profit.

C’est la soupe Treblinka , version souriante… Les prisonniers du camps de Treblinka n’avaient pas la « chance » de lire les ingrédients sur leur assiette.

Bonne continuation! 

Et voilà!

Dans la grande ferme de l’animalerie humaine, on continue d’abattre des enfants, les affamer, les faire mourir pieusement dans le IN GOD WE TRUST, qui devrait être changé pour in GHOST WE TRUST, car les fantômes – s’ils pouvaient revenir sur Terre – en auraient long à dire sur le jeu du « Cowboys et des indiens ».  L’art d’avaler les terres est passé de l’art à avaler l’eau.  Bonne soupe à vous! L’intellectuelle soupe des analyseurs nourris à la fermentation de l’Histoire. Le temps de réaction de la vermine  gente politique est tellement déphasée que l’on devrait faire des élections aux trois mois.

Le pus des repus  

Mentors menteurs, faux délivreurs de peuples, arna-sans- coeurs patentés, le jeu des cowboys et des indiens est maintenant mondialisé. Qui plus est, le voilà à fouiller le petit citoyen comme s’il était une parcelle de ce monde à brouiller, à décortiquer de par la NSA, le petit citoyen « mobile », obligé de s’expatrier, de changer de pays, de culture. C’est l’effiloché parfait. Dépayser pour régner. Goinfrer les avoirs pour tout avoir.

En tant que terriens, nous sommes géniaux: le pain ne sert plus à nourrir, mais il sert à faire des profits. La puissance de travail de la race humaine est maintenant entre les mains de ceux qui ont de ces fouets sophistiqués – tels le F-35 – , cet appareil monstrueux qui déplumes sociétés avec son coût qui grimpe si rapidement qu’on a peine à le voir passer.

La grande grisaille 

L’eau commence à devenir grise et les nouilles semblent issues du poulet aux hormones chanté par Ferrat.

Un monde assez bizarre… Là où ceux qui lisent la bible ne savent pas – ou alors, pratiquent le déni – ce qu’est un … pharisien

Le re-publicain 

Ainsi, dans l’évangile selon saint Luc, la parabole du pharisien et du publicain illustre la supériorité morale du « publicain » (collecteur subalterne juif, au service de l’occupant romain, détesté par la population locale) qui se reconnait pécheur et implore la pitié de Dieu sur celle du pharisien qui se prévaut de son observance des règles pour se juger supérieur aux autres hommes… ( Wiki) 

Ainsi, dans la vie actuelle, re-publicains ou autres, la morale étasunienne se noie comme une soupe dans les luttes intestines qui nécessiteraient un coloscopie en profondeur . 

En attendant, la soupe est prête.

L’austérité, c’est la minceur pour le petit enfermé dans son monde de foi en la science politique.  C’est la nourriture intellectuelle que nous avalons.

Avaler et avalés…

Toutes les nouilles ont une cause: la soupe.

Gaëtan Pelletier

Avril 2014

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https://gaetanpelletier.wordpress.com/2012/12/14/le-f-35-la-fleche-et-larc/

EXTRAIT:

«  Je pense que tu vends des flèches pour t’acheter des flèches… »

Et l’autre répondit :

« Tue toi-même les oiseaux, et vend nous les plumes… Ça créera des retombées économiques… »

« C’est quoi ça? ».

« Si tu vends des flèches en les achetant, tu pourras davantage fournir à ton peuple de quoi manger, puisqu’il restera la chair… »

« On a suivi ton conseil, mais voilà que tout le monde est gros et qu’il à peine à marcher. Nous avons dû faire semblant qu’il n’y avait plus de nourriture et enterrer les carcasses »

« Es-tu Chef ou guerrier? »

«  Les deux ».

 

Les poulets sacrés de la démocratie

Manuel de Diéguez

Manuel de Diéguez

Vendredi 11 avril 2014

1 – La postérité politique de Machiavel 
2 – L’exemple américain
3 – L’avance politologique de M. Poutine
4 – Les saints de la raison
 
5 – Le sceptre de l’éthique du monde
6 – La raison simiohumaine est-elle une infirme ?
7 – Les lectisternes de la démocratie
8 – Les dichotomisés du cosmos
9 – Trois dieux-écrivains
 
10 – A la recherche d’un regard sommital
11 – Dans l’attente d’une mutation de la conscience chrétienne
12 – La réflexion anthropologique sur l’illusion
 
13 – Le grand orchestrateur des idéalités

 

1 – La postérité politique de Machiavel

L’un des secrets du déclin inexorable des Etats les plus illustres n’est autre que l’extinction rapide qui frappe la science de la politique dans les décadences. Cette maladie se déclare tout soudainement et contamine en quelques années jusqu’aux plus hautes classes dirigeantes. Un exemple frappant de la vassalisation subite des cerveaux vient d’être donné par le spectacle de la pauvreté intellectuelle de l’idéologie politique au nom de laquelle trois anciens chanceliers d’une Allemagne endormie, MM. Helmut Schmidt, Helmut Kohl et Gerhardt Schröder ont tenté de soutenir, mais seulement sur le plan d’une vulgate décérébrée, la magistrale stratégie de la reconquête de la Crimée par M. Vladimir Poutine.

On sait que Catherine II avait ouvert à la nation l’accès territorial à la mer Noire que méritait un empire maritime. Mais aucun des trois ex-chanceliers allemands censés sortir de l’Ecole de guerre qu’on appelle l’histoire ne semblait savoir d’expérience que la géopolitique des démocraties modernes se fonde sur la fécondation anthropologique de la politologie de Machiavel et que la question de la rationalité interne de la politique de la Russie se posait dans des termes étrangers à la scolastique des idéalités pseudo universelles de 1789. L’homme d’Etat sait que la conduite des grandes nations est un combat dans la jungle et que le seul instrument dont dispose un dirigeant d’envergure dans l’arène d’une aventure mondialisée s’appelle l’anthropologie politique. Il y rencontre tantôt un ami bienveillant, tantôt un adversaire retors: la sophistique de son temps. L’autorité inégalement universelle de cet acteur se révèle toujours inversement proportionnelle à l’étendue géographique des Etats censés faire entendre la voix de ce séraphin. Comment se colleter avec un ange mécanique dont l’éthique de confection localise diversement les verdicts?

2 – L’exemple américain

Le rossignol du droit international de notre temps ne dénonce ni les centaines de milliers d’enfants morts de faim en Irak, ni l’attaque de ce pays au canon sans que la bénédiction, officiellement proclamée contraignante des Nations-Unies eût été obtenue, ni la pénurie des médicaments vertueusement imposée à la population des deux sexes en Iran par le canal de sanctions économiques dévotement unilatérales, ni le pieux usage des drones contre des populations champêtres, ni l’assassinat de Ben Laden sur le territoire d’un Etat souverain, ni la violation des accords si gentiment conclus en 1989, disait-on, entre Washington et M. Gorbatchev à la suite de la chute du mur de Berlin – accords qui se fondaient sur l’engagement fallacieux de Etats-Unis de ne pas étendre jusqu’aux frontières de la Russie les forces militaires de ses vassaux, toutes placées sous la poigne de fer du seul commandement américain – ni l’extension et le renforcement de l’occupation militaire du Japon à Okinawa et de la Sicile à Sigonella, ni les milliards de dollars dépensés par le Département d’Etat aux fins de déclencher une séparation « spontanée », donc « démocratique » entre l’Ukraine de l’Ouest et la Russie, ni l’écoute des conversations téléphoniques de la population mondiale et des portables des chefs d’Etat censés alliés, ni l’engagement de mercenaires à Kiev, qui avaient reçu la consigne de tirer conjointement sur les policiers et sur la foule assemblée sur la place Maidan – il s’agissait de déclencher un tsunami artificiel au sein d’une population ignorante des véritables enjeux de ce complot démocratique.

Le génie politique de M.Vladimir Poutine a joué avec la morale internationale « moderne » et soi-disant universelle évoquée ci-dessus. Mais les démocraties d’hier étaient déjà fondées sur un droit international fluctuant et découpé par des territoires. Depuis Périclès, ce tartuffisme d’Etat ne s’est mondialisé qu’en apparence : ses idéaux se hissent sur les tréteaux d’un droit international pseudo christianisé, mais les adversaires contemporains de l’universel biaisé des démocraties n’ont pas besoin de tirer un seul coup de feu sur le devant de la scène, ce que j’ai explicité à propos de la Ligue de Délos, qui avait permis à Athènes de construire le Parthénon aux frais de ses prétendus alliés. Voir: La France parle à la Russie, 5 avril 2014).

Il est vrai que la Perse de l’époque présentait une menace militaire infiniment moins mythologique que celles de la Chine et de la Russie actuelles, ce qui démontre que l’imagination parareligieuse de l’humanité permet maintenant d’entraîner les peuples dans des croisades contre des nuages – Don Quichotte est passé par là. On voit l’avance cérébrale dont dispose M. Vladimir Poutine : l’Amérique n’est plus ni en mesure de faire la guerre sur le terrain en Ukraine, ni de soutenir un gouvernement de Kiev voué au naufrage économique – la victoire politique de Moscou s’inscrit entièrement dans la postérité politologique et anthropologique du grand Florentin.

3 – L’avance politologique de M. Poutine

Mais ce que ni M. Helmut Schmidt, ni M. Helmut Kohl, ni M. Gerhardt Schröder n’osaient regarder en face, c’était que l’infirmité de leur science des Etats résultait de la puissance que les empires dominants ont exercé de tous temps sur les esprits: que la Russie reconquît la Crimée ne concernait en rien l’équilibre des forces dans le monde. Et pourtant, les vassaux empressés de Washington levaient subitement les bras au ciel et poussaient des cris d’orfraie, parce que M. Vladimir Poutine était réputé suivre l’exemple de Hitler avec les Sudètes en 1938! Washington n’en a pas fini d’exploiter sa victoire de 1989 sur l’empire défunt de l’utopie marxiste. Mais l’inexpérience politique de la classe dirigeante des démocraties permet à l’indignation morale sélective des vaincus de forger les chaînes de leur propre vassalité. Le danger est grand que Washington mobilise ses vassaux européens contre les « ambitions impériales » de la Russie de Napoléon III. Un peuple lancé dans le messianisme démocratique retourne rarement à ses bivouacs.

C’est pourquoi le coucou mécanique de la sotériologie démocratique dont j’ai évoqué plus haut les ressorts et les rouages ne changera le registre de ses trilles qu’avec le départ des horlogers de cette gigantesque rédemption, à savoir la masse des troupes américaines stationnées en Europe et campées sur cinq cents bases militaires – il est déjà question d’en multiplier les régiments. Il ne reste à M. Lavrov que de débattre seul à seul avec M. Kerry à Paris et à l’Europe de s’étonner bêtement de se trouver mise hors jeu sur la scène internationale. Mais l’ignorance et la médiocrité des classes dirigeantes que sélectionne nécessairement un suffrage universel incompétent par nature et par définition, leur fait méconnaître la nature même de l’arène d’un monde eschatologisé par la démocratie et avec lequel les grands hommes d’Etat se collètent désormais.

4 – Les saints de la raison

Paris livré depuis trois quarts de siècle aux Homais de la politique internationale secrétés par la IVe et la Ve République n’ose tenter de secouer ni le joug de l’occupation militaire américaine sur l’Allemagne et sur l’Italie, ni celui de la domination parallèle du dollar, qui ne s’exerce pas seulement sur le Vieux Continent, mais sur la terre entière. Du reste, si une politique étrangère n’est pas soutenue par la carrure d’un homme d’Etat, non seulement elle échoue fatalement, mais on châtie durement l’effronterie du nain qui aura usurpé la stature d’un géant.

Tournons-nous donc vers la civilisation des saints russes de la littérature mondiale – les Soljenitsyne, les Tolstoï, les Dostoïevski. Ils détiennent les clés du seul renouveau spirituel, intellectuel et politique actuellement possible dans une Europe plus livrée que jamais à la « fête de l’insignifiance » d’un Milan Kundera. Il n’en demeure pas moins tragique que les retrouvailles de la pensée philosophique avec le génie des grands visionnaires de la condition simiohumaine rencontre l’obstacle insubmersible de la bancalité originelle de toutes les Eglises: depuis des siècles, toutes sont vouées à affronter les écueils de la légèreté d’esprit des peuples et des nations. Car le temporel se fige et se stratifie dans des rituels qui seuls permettent à la raison superficielle de l’humanité de se dorer au pâle soleil de ses théologies de la servitude et de s’éclairer des pauvres lumignons des vassalisateurs qu’on appelle des dogmes et des doctrines. Mais si les religions sont nécessairement menacées de périr sous le triste éclat de leurs cierges et de leurs prières – ou sous les poignards de leurs doctrines – la littérature mondiale est-elle de taille à substituer l’universalité de son regard sur le temporel à l’apostolat des saints endormis dans leurs confessions de foi obsolètes?

Le culte orthodoxe russe agonise dans les ors, la pourpre et la pompe de l’imagination religieuse devenue anachronique des Eglises d’aujourd’hui – mais précisément, une France purifiée des sorcelleries obsolètes et mise à l’écoute de la spiritualité des grands écrivains de la Russie voudrait redevenir l’inspiratrice mondiale des feux ascensionnels de la raison au sein de l’humanité et la source vive des âmes méditantes. (Voir – De Sotchi à Kiev , La postérité anthropologique de Machiavel et la politologie moderne , 5 avril 2014 )

Qu’en sera-t-il d’une France ressuscitative et qui demandera au génie de la Russie de Gogol de s’asseoir au chevet des « âmes mortes » de notre temps? Tentons de franchir quelques pas sur le chemin de la révolution intellectuelle qui permettrait a une universalité trans-liturgique de redevenir ascensionnelle et de remettre l’Europe à l’écoute de l’espérance la plus originelle des saints, celle avec laquelle Tolstoï avait rendez-vous à l’heure du « matin blême » où l’immortalité d’une grande âme a éternisé le fuyard sur le quai de gare de Iasnaia Polyana.

L’alliance du génie slave avec la France des feux de la raison servira-t-elle de cuirasse et d’armure de la vitalité politique retrouvée d’une Russie à nouveau guidée d’une main ferme? Les Uniates de Kiev voudraient faire main basse sur les richesses de l’Eglise orthodoxe de Kiev et précipiter ce trésor catholique dans l’escarcelle des vieilles dévotions romaines. Nous verrons bien si la Rome d’autrefois, celle des pieux larcins de la piété, est bel et bien trépassée à l’écoute du Poverello. Un Vatican qui, pour la première fois, sanctifie la pauvreté au point d’installer un miséreux sur le trône en or massif du Saint Siège scellera-t-il l’alliance des évangélistes russes avec la France des saints de la raison du monde?

5 – Le sceptre de l’éthique du monde

La rencontre piégée du 26 mars 2014 entre le pape François et M. Barack Obama au Vatican a roulé sur deux thèmes périlleux, donc focaux: primo, le saint Père n’a accepté son invitation officielle aux Etats-Unis qu’au Lampedusa du pays – on y a compté six mille cadavres – et secundo, sur les secrets diplomatiques de la guerre de Syrie, dont on sait qu’elle ne fut empêchée que par un accord secret entre la Russie d’esprit orthodoxe de M. Vladimir Poutine et le chef d’une Eglise catholique en cours d’émancipation de sa théologie de juristes du ciel. (Voir – De Sotchi à Kiev , La postérité anthropologique de Machiavel et la politologie moderne , 5 avril 2014 )

Mais Washington n’est pas près de comprendre l’enjeu le plus décisif: il s’agit de savoir quelles mains tiendront désormais le sceptre d’une éthique de la politique internationale supérieure à celle d’aujourd’hui. D’un côté, le pape américain de la démocratie verbale voit son évangile tomber en quenouille, de l’autre, l’Eglise romaine commence de se demander si sa morale politique héritée de la monarchie parviendra à dérouiller la cuirasse des cosmologies mythiques du Moyen-Age, qui ont vieilli dans les catéchismes, les missels et les bréviaires, mais dont les paroisses n’ont pas été cadenassées.

Comment départager les silhouettes des trois candidats à la succession du Jupiter des juifs, des chrétiens et des musulmans si, des siècles durant, les trois monothéismes se sont révélés coupables de légèreté politique, donc d’insignifiance catéchétique? La démocratie de la raison n’a pas su se changer en anthropologue des utopies délirantes et des cosmologies mythologiques, l’orthodoxie romaine n’a pas su arracher son ciel des mains d’un distributeur ridicule de sucreries posthumes et flanqué d’un administrateur des tortures éternelles sous la terre. Quant à l’Eglise orthodoxe, la mieux armée contre l’assaut des chanteries enfantines, elle n’a pas entendu le message de ses apôtres les plus dignes d’écoute, de ses visionnaires de génie de la condition humaine, de ses grands écrivains.

6 – La raison simiohumaine est-elle une infirme ?

Au XVIIIe siècle, l’Eglise romaine a perdu sa première vocation, celle d’exercer la fonction d’une boussole universelle de la conscience morale des évadés de la zoologie, tellement il était apparu que l’histoire et la politique réelles sont pilotées en secret par une philosophie des élévations de la conscience morale et de la raison confondues. Mais qu’y avait-il de plus immoral que d’interdire aux fuyards de la mort de connaître les lois qui régissent l’astronomie dans la cage de laquelle ils se trouvent enchaînés? Qu’y avait-il de plus immoral que de croire moraliser et discipliner une bête semi-cérébralisée à seulement la plonger davantage dans l’ignorance et la sottise? Qu’y avait-il de plus immoral que de précipiter aux genoux d’un tortionnaire infernal des animaux terrorisés par leur génocidaire? Des siècles durant, l’Eglise avait refusé l’héliocentrisme et l’évolutionnisme, parce que les dévotions payantes avaient besoin d’une cosmologie mythique et d’une domestication des cerveaux.

Mais maintenant, la raison, la conscience et le savoir des orphelins du système solaire relativement rassurant de Ptolémée se retournent subitement contre leur propre autonomie; et l’on voit les rescapés des forêts se livrer au naufrage d’un nouvel abêtissement au sein des civilisations pourtant expressément construites sur les prérogatives libératrices de leur récente responsabilité politique. Les fuyards du géocentrisme sont tombés dans le délire au point de mettre toute la respectabilité et la solennité de leurs institutions publiques rationnelles au service d’une légalisation démente de leur folie. Je sais que vous n’en croirez pas vos yeux et vos oreilles, mais je vous assure que les sodomites se marient tout soudainement entre eux et les lesbiennes entre elles et que ces couples se voient subitement autorisés par la loi à élever des poupons dès le biberon, selon un principe fort nouveau: je vous assure que les Etats les plus sérieux proclament maintenant une indistinction doctrinale des sexes plus fantasmée que le mythe de la Trinité, afin de tenter d’effacer des cervelles en bas âge et derechef catéchisées dès le berceau – mais par une biologie officialisée – la notion biblique d’un Adam et d’une Eve que le ciel,horribile dictu, avait dotés à tort, d’organes génitaux distincts. La question est donc de savoir si, faute d’installer de force quelque Jupiter barbare et stupide aux commandes des encéphales des détoisonnés des forêts, cette espèce en perd tellement et si subitement la tête qu’elle n’a plus d’autres ressources, la pauvresse, que de vagabonder au hasard sur la terre.

Alors on verra le sceptre de la morale universelle retomber dans les mains de l’Eglise du Moyen-Age – et toute la science historique y perdra la viabilité politique qu’elle semblait avoir acquise depuis Thucydide, parce que la croyance en une raison fiable et autorisée à diriger le monde à la place des dieux d’Homère y perd l’assise de sa crédibilité et de sa légitimité scientifique; et les peuples veufs de leurs Olympe et laissés tout soudainement abasourdis confient aussitôt et d’un seul élan la direction des affaires de la planète aux plus ignorants et aux plus sots de leurs doctrinaires. Comment éviter que la classe dirigeante des irréfutables du ciel de la démocratie ne sombre à nouveau dans les superstitions et dans les cosmologies mythiques des premiers hommes?

7 – Les lectisternes de la démocratie

L’entretien du 26 mars 2014 entre M. Barack Obama et le pape François a duré cinquante minutes, mais la superficialité d’esprit de l’hôte de la Maison Blanche a fait tourner court un entretien sur le fond que le pape François avait cru possible entre des interlocuteurs d’un si haut niveau de responsabilité. De plus, ni l’un, ni l’autre de ces acteurs de la morale du monde ne pouvaient encore se poser la seule question décisive, celle de savoir quel est le type de rationalité dont dispose de nos jours l’animal né semi-pensant, mais demeuré superficiel et que les Anciens avaient prématurément qualifié de rationale. S’il s’agissait effectivement d’une bête rendue sérieusement cogitante par un verdict aussi subit qu’ irréfutable de la nature, il aurait fallu se demander, toutes affaires cessantes, quelle était l’apparence d’intelligence que sécrèterait nécessairement un traînard devenu soi-disant pensant sur l’enclume des millénaires, mais dont la raison trompée et trompeuse demeurerait aiguisée sur la seule meule de l’animalité spécifique de cet animal.

Une bête dont l’encéphale se laisse patiemment diriger par des poulets savants – tantôt ils sortent sans entrain de leur cage, ce qui présage de grands malheurs, tantôt ils ont bon appétit, ce qui est de bon augure pour l’avenir du pays – une bête à l’école des crêtes et des becs de ses poules, dis-je, est-elle d’ores et déjà devenue un homme au sens « rationnel », mais fâcheusement imprécis du terme, ou faut-il l’appeler, à titre provisoire, un primate en ce qu’il serait seulement devenu capable de se donner l’estomac de ses poulets pour boussole? Où faire passer la frontière entre le zoologique et l’humain si l’on ne sait pas quelles sont les caractéristiques propres à départager ces deux espèces ? Puisque vous n’avez pas encore appris à quel endroit précis vous ferez passer la barrière entre vous et la bête prosternée devant ses poulets, qui êtes-vous et de quel nom faut-il baptiser les gloussants sur leurs ergots?

8 – Les dichotomisés du cosmos

Les Romains offraient des banquets succulents aux portraits coloriés de leurs dieux installés sur des coussins brodés. Et pourtant, ils construisaient des aqueducs titanesques et des cirques qui ont étonné M. Barack Obama. On appelait leurs festins fantastiques des lectisternia. L’humanité théologisée par des poulets picorant des grains était donc une espèce demeurée cérébralement tout animale, mais rendue – et précisément à ce titre – capable de se procurer de puissants interlocuteurs gastronomiques et de les installer dans le vide d’une immensité festive, mais qui ignorait néanmoins que ces images cosmologiques d’elle-même n’étaient sécrétées que par leurs cellules grises. Et pourtant, cette conviction s’était tellement inscrite dans leurs gènes que ces animaux brûlaient dare-dare les impies qui doutaient de l’existence des personnages somptueux qu’ils exposaient sur les coussins de leur foi.

Mais le cerveau de ce primate se trouve scindé de naissance entre deux mondes. S’il ne se rendait pas coupable de formuler des hérésies bizarres, cet animal schizoïde n’en viendrait pas à douter quelquefois de l’existence objective de ses dieux et de la fiabilité des volatiles qui s’en révèlent les oracles ou s’en font les témoins. Comment peser la boîte osseuse bipolarisée d’un malheureux qui, d’un côté, s’agenouille humblement devant des gallinacés aux entrailles éloquentes et qui, de l’autre, se glorifie tout au contraire et au péril de sa vie de leur tourner le dos, mais toujours prudemment et au seul bénéfice de nouveaux volaillers suprêmes du cosmos? Vingt-trois siècles après Scipion l’Africain, plus d’un milliard d’animaux de ce type grouillent encore sur toute la surface de la terre et offrent sans relâche de la viande humaine rémunérée à manger et le sang d’une potence de la torture à boire à leur souverain imaginaire du cosmos.

9 – Trois dieux-écrivains

Le Président Barack Obama était un esprit superficiel. On lui avait enseigné à Harvard à la fois que Dieu protège l’Amérique et que toute question de fond sur les cultes et sur les croyances religieuses en général devait se trouver soigneusement exclue de l’enseignement universitaire officiel; mais, de son côté, le pape François ne savait pas encore comment faire observer à son hôte les poulets sacrés que l’Amérique faisait sortir tout pépiants de la cage de la démocratie mondiale et auxquels il jetait les sacs de grains propices ou maléfiques de la nation de la Liberté du monde. Car les poulets de l’idole picoraient maintenant leur nourriture sur le sol de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, de la Syrie – et il fallait se résigner, hélas, à ne lire que des présages funestes dans les verdicts de leurs becs.

Exemple: longtemps, l’animal à l’écoute de ses gallinacés s’était donné les divinités les plus fidèlement calquées sur son propre corps dénudé. Puis, il avait fait parler l’hébreu à une idole conçue et construite à l’usage du seul peuple qu’elle avait consenti à se choisir pour élève sur toute la surface de la terre. Puis, un second démiurge avait parlé le grec à l’intention d’ un auditoire plus vaste que le précédent. Puis un troisième grammairien du cosmos avait parlé l’arabe – mais bientôt les écrits de ces trois géants des nues se sont révélés tellement inconciliables entre eux qu’il a bien fallu changer les coussins usés des lectisternes des ancêtres et en répartir d’autres en divers endroits du globe terrestre.

Depuis lors, l’existence, quelque part dans le cosmos, de ces trois écritoires d’âge différent et d’une valeur littéraire fort inégale a répondu à la progression de leur expansion territoriale et linguistique. Que faire d’un astéroïde de plus en plus décompartimenté et dont l’échine plie sous le faix de trois dieux de complexions distinctes? Si vous observez à la loupe l’animal dont la cervelle enfante patiemment des acteurs changeants du cosmos et qui les expédie dans la stratosphère afin de s’assurer de leurs services politiques et moraux en retour, vous apprendrez à connaître les rouages et les ressorts de l’espèce née la plume à la main. Sinon, gare à vous: si vous baissez un instant les bras, vous frapperez toutes vos sciences dites humaines d’un aveuglement sans remède, parce que la bête se changera en un bipède incompréhensible au bout de vos calames. Mais comment percer les secrets d’un animal qui ne se rend intelligible qu’à se précipiter dans des mondes délirants?

10 – A la recherche d’un regard sommital

Sachez que, le 26 mars 2014, non seulement le pape François et M. Barack Obama ne parlaient pas du même Dieu, mais que le Vatican était en gésine d’une divinité dont l’intelligence et la vie spirituelle écraserait le divinité nationale interdite d’audience dans les aulas de l’Université de Harvard. Certes, la Démocratie et le Saint-Siège jouaient des couleurs et des reflets d’un seul et même Olympe originel – mais à quelle hauteur le pape François plaçait-il le sien pour foudroyer du regard toute la panoplie des auréoles du dieu de l’Amérique?

Et puis, aucune langue de la terre ne peut égaler l’éclat et le rythme que seul le grec donne à ces vers d’Homère: « Chante, Déesse, la colère d’Achille , fils de Pelée, qui livra les Achéens à tant de souffrances et précipita à l’Hadès les âmes héroïques de tant de guerriers« . Anatole France se moquait gentiment de Renan, qui dressait l’oreille à chaque mot suspect, tels que Déesse, Hadès et j’en passe. De quel Dieu le pape François et M. Obama parlaient-ils si l’âme du poète était plus divine que celle de la démocratie mondiale?

Décidément, il nous sera impossible d’enseigner l’histoire véritable de notre espèce à nos enfants en bas âge si, d’un côté, il faut nous rendre à l’évidence qu’il sera bien vain de leur raconter ce qui sera effectivement arrivé à telle tribu localisée à tel endroit et en tel siècle, tellement, une science transanecdotique du temps humain nous enfermera d’avance dans une connaissance toute magique et ensorcelée de nous-mêmes – celle dont s’obstineront à témoigner les fuyards du règne animal que nous sommes demeurés. Pourquoi les animaux dichotomisés par leurs poulets sacrés colloquent-ils leur fausse science d’eux-mêmes dans le cosmos et pourquoi le pape François regardait-il de haut les poulets sacrés de M. Barack Obama?

Exemple: M. Le Goff (1924-2014) a rédigé, des années durant, un savant ouvrage sur le Purgatoire, mais son récit demeure aussi aveugle à la signification anthropologique des méthodes de pensée dont usait son auteur que la théologie du Moyen-Age ignorait le sens de la logique interne qu’elle mettait en oeuvre. M. le Goff n’étudiait ni les finances de l’Eglise de l’époque – elle tirait des bons de caisse à la pelle de sa théologie des purge sacrées – ni les cellules grises d’une espèce docile à passer quelques années de son éternité posthume dans un sas imaginé entre l’enfer et le paradis par les docteurs de l’Eglise de son temps. Et pourtant, se disait le pape François, de Sophocle à Shakespeare, d’Aristophane à Swift, de Dostoïevski, de Gogol, de Soljenitsyne à Cervantès, c’est toujours l’histoire la plus profonde de l’humanité que les plus grandes génie de la littérature mondiale ont observée et tenté de comprendre – et si le génie russe surpasse celui des contemplatifs français et anglais, serait-ce queLes Possédés, Les Frères Karamazov , La Guerre et la Paix regardent l’humanité de plus haut et de plus loin que Molière ou Racine? Qu’est-ce donc, se disait le disciple du Poverello, qui fait du génie russe un regardant à la fois homérique et sommital de l’histoire du monde?

11 – Dans l’attente d’une mutation de la conscience chrétienne

On sait que ni un pape François en quête du vrai Dieu des chrétiens, ni un Barack Obama trop sûr du sien ne sont encore devenus des simianthropologues de haut vol, donc des connaisseurs d’une vie de l’humanité transportée dans les nues. Mais on observera que l’hôte de la Maison Blanche forgeait à tour de bras les armes verbifiques d’une divinité nationale vaniteuse et trompeusement vaporeuse et que les saintes forgeries d’une démocratie aux auréoles ensanglantées mettaient en vente sur le marché du langage le feu et la foudre d’une idole vénérée pour la qualité de ses poulets sur toute la terre habitée. Comment parler de morale si la bête des lectisternes ignore le fonctionnement de sa cervelle dans le sacré, comment parler de morale si la bête à l’écoute des oracles de ses poulets n’a jamais observé, ni sur le terrain, ni en laboratoire, l’oscillation éternelle de sa boîte osseuse entre la superstition et la corruption? Si vous redressez l’échine de cet animal à l’école de la panique d’entrailles que ses dieux et ses devins lui inspirent, il courra consulter ses poulaillers, mais si vous lui retirez cette médecine, il perdra pied dans le néant.

Et pourtant, la rencontre avortée du 26 mars entre le pape François et M. Barack Obama a placé un produit pharmaceutique prometteur entre les mains du vieux Chronos, et cela non point en raison d’une accélération subite et miraculeuse de l’évolution cérébrale de la bête, mais parce que la Démocratie moderne et sa chaste épouse, la Liberté, accompagnés de leurs deux enfants encore en bas âge, l’Egalité et la Fraternité, ont commencé de se promener dans le jardin des cultes défunts et de s’éclairer de la lumière de leur pharmacologie oubliée.

Certes, on savait depuis belle lurette que les détoisonnés du cosmos sont paniqués de se trouver jetés sans coussinets dans le sépulcre de l’immensité et du vide. Mais il est bestial en diable de se donner sa propre effigie pour soleil, il est bestial en diable de se donner un tortionnaire infatigable pour guide et pour protecteur dans une nuit sans voix. La théologie romaine, dit maintenant le pape François, était à la fois harnachée et barricadée dans l’enceinte sanglante des cités. L’agrippage de cette mythologie à sa propre sacralité élevait une hiérarchie ecclésiale auto-glorifiée au rang d’un Jupiter armé du couperet de la mort.

Et voici que la bête dentue et crochue dont l’armure masquait la fragilité se regarde dans le miroir de ses démocraties enténébrées. Décidément, le pape regarde le christianisme romain avec des yeux d’anthropologue et de pédagogue d’une démocratie casquée – et le Poverello, en promenade à ses côtés, visite le jardin des Hespérides des contrefaçons du dieu Liberté. La compassion franciscaine rapprocherait-elle l’école d’Antioche des découvertes les plus récentes de la paléontologie? (Voir – De Sotchi à Kiev , La postérité anthropologique de Machiavel et la politologie moderne , 5 avril 2014 )

12 – La réflexion anthropologique sur l’illusion

Depuis le XVIIIe siècle, l’animal terrorisé par le silence de l’univers n’a cessé de se rabougrir. L’étendue de son ignorance se révèle désormais aussi rapetissante qu’à l’âge de la pierre taillée. Mais plus ce pape solitaire et méditatif se découvre ratatiné, plus le mythe démocratique se minusculise, lui aussi. Le voici réduit à une rêverie à la gueule grande ouverte. Regardez avec les yeux de la mystique russe la denture de cette sotériologie verbale: ses mâchoires et ses crocs n’illustrent-ils pas une mythologie sanglante? Demandez-vous quelle était la distanciation à l’égard de l’histoire et de la politique qui a guidé en secret la théologie pacificatrice du Saint Siège en Syrie. Quel était l’anthropologue en apprentissage de la vie spirituelle de la Liberté qui voyait de haut et de loin germer une « guerre sainte » pour le salut démocratique du monde, quel était le mystique abyssal qui regardait avec les yeux de Tolstoï la cosmologie mythique des modernes s’enivrer des reflets de sa propre équipée? Voyez l’idole étalée sur les coussins de velours de sa sainteté, voyez l’idole inlassablement magnifiée et glorifiée sur le piédestal de ses idéalités sanguinaires. S’agirait-il du faux dieu des modernes? Le pape François voyait-il de haut ces frères jumeaux, le mythe chrétien et le mythe démocratique échanger leurs présents – les fioles d’un même parfum, celui de l’opium des peuples?

En vérité, le regard du Franciscain sur les auréoles verbales dont la bête s’était affublée donnait au pape argentin un siècle d’avance sur le futur décryptage anthropologique du narcissisme politique de type démocratique – et la bestialité théologique commençait de se dessiner sous des traits tellement précis que Rome se convertissait en douce aux sacrilèges de la sainteté. Le mythe biblique tombait tout entier dans la cage aux poulets aux yeux du Poverello. Il existait, disait-il, une manière d’écrire l’histoire ad usum Delphini – à l’usage du fils aîné du roi – qui glorifiait parallèlement l’histoire du christianisme et celle de la monarchie de droit divin. Et voici que le pape de la Liberté américaine apportait au monde l’histoire conjointe du mythe démocratique et de la gloire de sa nation!

Le pape François occupait la forteresse de l’anthropologie secrète à laquelle les saints russes se sont initiés. Comment son regard aurait-il porté sur l’histoire et la politique de l’humanité titubante du XXIe siècle s’il n’avait commencé de savoir non seulement comment l’ignorance de type spéculaire de la bête se construit, mais comment elle se bâtit nécessairement des savoirs en miroir, et d’autant plus assurés d’eux-mêmes que leurs erreurs de méthode et de parcours leur fournissent en retour les instruments les plus irréfutables à leurs yeux et les preuves les plus évidentes de la validité de leur vision du monde?

13 – Le grand orchestrateur des idéalités

C’est ainsi que l’Ukraine s’est révélée la première illustration planétaire de l’animalité théologique des ostensoirs de type démocratique que l’humanité ait mis en scène. La pièce semblait agencée d’avance dans les coulisses pour rendre spectaculaire le choc des idéalités vaniteuses, spectaculaire la mise en scène artificielle des héros retentissants de l’abstrait, spectaculaire l’étalage des subterfuges, des attrape-nigauds et des contrefaçons du concept de Liberté, spectaculaire l’exposition des ciboires d’une religion de pacotille: tout le monde voyait à l’œil nu les tireurs de ficelles qui faisaient, d’une histoire des simagrées du monde un mélange de grand guignol et de pièce de boulevard – mais le titanesque même de la dérision mettait en place un échiquier nouveau du monde. Le regard de haut que la Curie portait désormais sur les parfums de l’histoire et de la politique en faisait l’assise d’une nouvelle objectivité de la science historique.

Du coup, le grand orchestrateur des idéalités pseudo universelles de la démocratie mondiale s’est trouvé si soudainement démasqué que le génie du Poverello est devenu l’assiette nouvelle de la pensée rationnelle du monde et de l’anthropologie scientifique, tellement les cierges enfumés d’une fausse Justice et d’une fausse Liberté rendaient inutilisable la catéchèse démocratique et l’encens de M. Barack Obama. Mais la spécularité humaine, les Anciens l’appelaient l’illusion, du latin illudere, se jouer de quelqu’un, le tourner en dérision, rire et se moquer, ce qui démontre que la mystique renvoie à un approfondissement anthropologique du vocabulaire de tous les jours.

La semaine prochaine, j’observerai de plus près la condition humaine sur le théâtre de l’évolution cérébrale de cet animal.

Source : Manuel de Diéguez
http://www.dieguez-philosophe.com/

Poutine-Obama, jumeaux des blocs ego

Poutine-Obama1

Salmigondis: 

A. − ART CULIN., vieilli. Ragoût constitué de différentes viandes réchauffées. Elle fit un salmigondis de toutes les viandes qui étaient restées de la veille (Ac.1935).

Il faudra peut-être un jour cesser de  laisser tuer nos enfant pour ces trafiquants  « globalisés » qui décident du sort du monde par le biais des banques.

Perruches éclatantes qui dans la confusion organisée finissent par passer au gril la jeunesse des « pays ».

Qu’ils aillent en duel, qu’ils s’étripent, qu’ils se battent, qu’ils se trempent, pour goûter un peu du sang qui pendant le siècle dernier a coulé suffisamment pour donner une teinte pourpre aux océans.

Nous sommes les pions de chair de leur jeux de blocs Lego.

lego

Souffrances! Souffrances cultivées! Souffrances inutiles… Citoyen-Jeanne-D’Arc au grand bûché des ego qui passent dans l’Histoire en laissant leurs traces. Adulons-les! Nous ne sommes pas adules… Te…

Chacun est devenu un bloc l’ego pour ces décideurs-comédiens arrivistes arrimés au libéralisme.

Belles sangsues! Vous vouliez des dieux? Les voilà… Vous vouliez des « Yes We Can ». Des jumeaux… L’un noir-black-faux, l’autre, blond-serpent.

Vous leur donnez les légumes de vos cultures: ils en font des armes.

Vous leur donnez votre confiance: ils vous renvoient une haine ignorante.

Jumeaux: magiciens d’Oz  et magicien d’os. 

Ukraine

Venezuela 

Afrique

Asie

Iran

Printemps…

 1. … vienne le printemps et ses longues journées molles, chargées de pluie, chargées de silence. Sur les branches encore nues et sur la terre brune, tout se prépare à surgir, précédé, annoncé par l’aubépine dans les ronces et par l’alouette dans le ciel. (…) au fond de nous, un être primitif connaît le cycle de la nature et se réjouit avec confiance d’une suite de jours qui vont verdir (…) nous respirons, dans l’averse qui vient de passer, une force prête à se développer, une vigoureuse espérance, un long espace de plaisir. Barrès, Colline insp.,1913, p. 244.

Mais où est ledit progrès si nous devons lutter contre ceux qui nous « protègent »?  Mais où est le printemps de tous ces printemps-faux annoncés? L’ère du Verseau. Je viens de comprendre…L’ère dans lequel tu verses tout pour ne rien recevoir.  Tu verses dans les cruches des cruches…

On enverra les boys… 

En Crimée, de jeunes soldats derrière une barrière de fer.  À peine 20 ans… En Allemagne, pendant la WWII on a fini la guerre avec des garçonnets de 12 ans et des vieux dans la sooixantaitn. En Amérique des drapeaux rappelant le nazisme flottent partout. Victime! du « terrorisme »… Victime de l’antiaméricanisme.

On enverra les boys se faire tuer, tuer, car les jumeaux diront qu’ils sont les braves d’un monde à « sauver ». Ces braves de 20 ans, un peu fous, payés, en mission. La chair est fraîche…

Les méchants passent. L’Histoire en est parsemée. Mais le peuple reste. En expectative, en attente de… Pendu à des slogans et à des monstre ignares à façade.

Pour s’armer, ils ont bien des cordes à leurs arcs: nous payons, finalement, pour nous faire détruire.

Nous sommes le PNB de PIB, sans pays….

Nous sommes les miséreux des riches. Esclaves frisés blanc…

Dire qu’en cessant tous de « voter », on finirait par s’en débarrasser….

Gaëtan Pelletier

Mars 2014

https://gaetanpelletier.wordpress.com/2012/10/09/obama-le-nouveau-magicien-doz/

Présidentielles 2012

 

Merci Marc