Archives de Tag: peuple

De ceux que l’on dit du « petit peuple…

L’homme est le travailleur du printemps,
de la vie, de la graine semée
et du sillon creusé
et non le créancier livide du passé.
.
Victor Hugo
« Les quatre vents de l’esprit »
***

Elle est étrange l’Histoire… Parsemée de bûches… Des branches du petit peuple… Ceux qui ont travaillé en esclave pour bâtir, par un nombre infini de noms invisibles tout ce qui s’est fait sur cette petite planète. 

Toute la Terre, ses « réussites », portent les empreintes de ceux qui sont six pieds sous terre… De la brindille à surchauffer les « grands entrepreneurs « … Des pyramides de Gizeh jusqu’aux armes les plus sophistiquées en passant par les cathédrales. Le « petit peuple »  est le cordage des mégalomanes délirants qui tressent leur gloire et estampillent leur nom dans l’Histoire.  

Dans les sociétés occidentales, on ne parle pas des abeilles, à peine de la ruche. Non. On parle du propriétaire de la ruche et des autres ruches à venir dans un développement sans fin jusqu’à la limite de l’empoisonnement de l’être humain-outil. Il y a autant d’océans dans les sueurs,  durant les millénaires,  qui ont mené le catégorisé béotien que les larmes salines des plages des océans tout réunis. 

Les gens du « petit peuple »  sont tous morts en adulant de faux prophètes.  Réduits en cendre. De l’Histoire véritable, on ne garde toujours que le squelette : quelques hommes, les bons, les mauvais, les monstres, les déracinés de la lumière.  

Un grand échiquier de milliers, voire de milliards d’années, le besogneux, parfois les yeux vitrés, voit des dieux lui faire de grands « projets » de société. 

Chaque humain est une flèche pour les fabricants d’armes.

Le petit peuple se fait violer son jardin de par les guerres. Déchirer de bombes  la terre nourricière. Pour vivre, certains s’en vont boulonner de l’attirail  guerrier et finir par se faire tuer par celui-ci. 

La vie continue. Le paysan refait la terre sachant  qu’elle est la suite d’une oeuvre d’une énergie innommable, tapie en un TOUT indéchiffrable. On doit mettre un nom sur ce qui dépasse la comprenette qui sculpte des monuments. Il faut un nom… À tout prix… Et de ce nom, on le dit compréhension. Alors que le « nommé » est né de cette intelligence naine et bornée. Car il est figé, glacé… Mort. 

L’être d’une seule lettre: X 

Le « petit peuple » a droit à un x.  Juste un x… De temps en temps… Un x aberrant, sans force. Chaque humain a toujours été la goutte d’un alambic monstrueux qui a toujours mené le monde au « progrès ». Le progrès en est rendu à la culture des banques. Faire pousser de l’invisible avoirs…  Emmagasiner de l’inutile.  Lequel? Celui d’un montage matérialiste. Le « petit peuple » est vampirisé de multiples manières. Exsangue et plumé comme une oie sans voix.  

X= mc2. Moi par célérité au carré. Tout doit aller vite… 

On ne n’efface  pas l’esclavage en inventant le vote démocratique. On donne une rallonge à la corde du rameur de cette immense et frauduleuse galère. 

Souvenirs d’un « petit peuple » à venir

Le tyran économique boomerang les 1 (un) qui fera son « tout ». Le « petit peuple » est une masse de « un (s) » et il organise la société de par un développement d’une croissance économique illimitée par le nombre illimité des êtres qui passent sur cette infime boule ronde dans l’espace.  Il agrandit son pays pour avoir davantage d’esclaves. C’est là sa vision des choses… Il ne sait ni stabiliser ni équilibrer, ni même concevoir l’équilibre de son cher concept de « croissance ». En fait, la croissance est celle de sa cécité. 

Souvenir du grand peuple 

On a le souvenir que de ceux que nous avons côtoyés dans nos vies, aimés, détestés, ou des visages tristes qui passent, ou celui des des gens heureux.  De temps en temps c’est le voisin, en d’autres temps c’est un souvenir brouillé collé au fond de notre mémoire. Tout cela s’emmagasine. Tout cela nous touche. Ce qui nous touche, ce qui nous élève ce sont nos rapports entre humains. Ce qui nous tue ce sont les rapports entre les grosses locomotives des sociétés : ils ont la force de nous tuer, mais souvent celle de ne pas se faire vivre vraiment.

Bref, ils n’ont souvent pas l’intelligence de l’amour, ni d’une compréhension profonde de la Vie. Ils sont rivés au concept de l’arc et la flèche… 

Je ne voudrais pas partir en laissant le nom d’une autoroute… Car je suis « un » de ce grand peuple. Un cultivant, ou tentant de cultiver les « un(s) ».  

On ne peut pas être fabricant de bonheurs et de désastres à la fois. Il n’existe pas de bonheur sans respect. Il n’existe pas de respect sans voir en cet « un » la grandeur de tout ce qui a été créé. Mais l’énormité de ce qui a été détruit ne l’a jamais été par le « petit peuple ». Le « petit peuple » rapièce tous les bas troués de l’Histoire depuis le début de celle-ci. 

***

Pour les hautains de la Vie, les aveugles, ceux qui n’ont pas de chiens pour les guider puisqu’ils  sont souvent les chiens qui se guident eux-mêmes, l’être humain n’est qu’une pauvre silhouette.

Et toutes les silhouettes s’en vont sous terre quand fait, le soleil, sa ritournelle de 24 heures de lumière.

On n’est pas trop « voyant » de l’autre côté de la Terre, ni de la rondeur – cet infini caché de la Vie. Quand tout un « savoir » est dans l’art d’organiser, c’est pauvre comme « vision ». C’est celle de l’ombre… Comme un beau dormir qui finit par tuer.  

Le « petit peuple » martèle ses clous, coupe le bois, sert aux tables, paie ses impôts, transpire, pour que la maison s’élève et reste debout pour des siècles. Il élève des enfants et est à genoux entre deux religions : celle de la Vie et celle de la société.

À servir des « dieux », il meurt un peu confus.

Le « petit peuple » c’est le compost des sociétés. Il s’écrase dans la terre noire…  Ou le béton. Mais il réussit à dépasser tous les échecs qui, malheureusement, lui sauront toujours octroyés. 

La grandeur, c’est ce qu’on cultive en soi. Ceux qui ont besoin d’un château pour vivre placent tout leur avoir dans un matérialisme navrant.

Ils n’en ont pas assez…

Ils n’en auront jamais assez.

Au pire, ils ajouteront  des cases à l’échiquier. Comme si tricher était inventer ou créer. 

Gaëtan Pelletier

 

Alice au pays de l’austérité

Alices et Wonderland

Présidente d’honneur d’ATTAC France et présidente du conseil du Transnational Institute, poursuivant son combat contre la mondialisation capitaliste, elle met au jour la cohorte d’individus et d’entreprises mus par leurs seuls intérêts, et qui, s’immisçant dans les traités de libre-échange, se substituent à l’autorité issue du fonctionnement démocratique. Source

Québec, France, Belgique, Allemagne… En quelques jours les plans d’austérité ont été « dévoilés ». Il n’y a plus de pays, sauf des transnationales picorant les richesses des pays. Et on n’a plus de pays… Mais de nombreux politiciens qui en ouvrant les portes des pays ont permis à  l’émergence d’une toile d’araignée incompréhensible, mouvante, organisée, souterraine.

Les retraites passent de 60 ans à 62. De 62 à 64 dans certains cas.  Et les moyens de taxer sont de plus en plus raffinés ou… sournois.

Le siphon des multinationales a pris de l’ampleur. Une ampleur exponentielle qui fait en sorte qu’après avoir pillé et continuer de piller, on a vidé le patient de ses intestins.

Gloup!

On aspire les citoyens comme des moules…

On dirait qu’un pays s’est créé sur Mars ou dans le cyberespace, invisible mais empoisonnant.

Un Krach en rose, qui se veut lent et rassurant, mais qui ne l’est pas du tout.  Le 21 e siècle, qui devait être un siècle  de l’âge du Verseau est en train de tourner au cauchemar. C’est un 1929 étalé et « expliqué »… Par des incompétents ingénieux et dinosaures.

Avec les mouvements exponentiels et étalés sur la surface du globe, d’ici 5 ans, il pourrait y avoir une révolution mondiale à laquelle on ne s’attendait pas.

 

Un pouvoir occulte a été installé, insidieux, par la petite bourgeoisie politique « légère » et calculatrice, mais ignare et inadaptée aux courants mondialistes dans l’ignorance totale des tentacules et de ses trames pourtant prévisibles.

En vérité, les démocraties auront tué les pays… Pendant que la valse des pantins et des Pinocchio se poursuit, change de main, parle, la stabilité et le raffinement des entreprises a vite dépassé les minus idéologies caduques.  Les entreprises, dites privées, ont su profiter des murs des pays qui tombaient. Le mur de Berlin, c’était une blague…

Mais quelle démocratie? Celle des pouvoirs nombrilistes…

Cette déstabilisation de l’Occident va faire en sorte que les pays encore « debout » verront à leur tour leurs genoux plier.

Je le répète, la seule guerre qui reste à faire est celle des États VS Citoyens.

Quand la réflexion n’est pas suffisante, la douleur est un moyen d’apprendre, et sans doute le plus efficace.

Alice a bouffé trop de champignons…

Gaëtan Pelletier

16 décembre 2014

 

 

Bouchés et bouchers: chirurgies des zoufs en éducation

(Québec) Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, veut mettre en place un mécanisme d’évaluation des profs au primaire et au secondaire.

Le ministre Bolduc veut regarder «ce qu’on peut faire pour que dans les écoles il puisse y avoir un système d’évaluation» des enseignants, a-t-il affirmé lors d’une entrevue au Soleil hier. «Il faut avoir une évaluation, mais pour l’amélioration et la mise en place des bonnes pratiques. À long terme, avec des professionnels, ça donne de meilleurs résultats», a-t-il ajouté. DAPHNÉE DION-VIENS

Monsieur de Bolduc, promis  promu Ministre de l’Éducation devrait évaluer la grande pente de son propre ministère avant d’aller évaluer les enseignants à qui on demande – de par le biais des administrateur – 85% de « diplomation ».  Diplôme à rabais, il va de soi, de par les nécessités économiques « d’un contexte économique défavorable ». Une appellation contrôlée d’une « crise économique » qui n’en finira jamais puisqu’elle est elle-même nourrie par la gente politique grabataire. Grabataire, comme quand je veux courir, je suis dans un fauteuil roulant fourni par la mondialisation tentaculaire.

En mots simples: les gens comme lui n’ont plus de pouvoir. Et toute la dégradation des sociétés dites – ou se proclamant – évoluées sont maintenant ensevelies sous les livresques conseillers pédagogiques qui font de l’éducation comme les américains font des films. On a tous perdu le sens du réel et de la Vie dans cette tourmente en spirale des idées reçues.

Maintenant, c’est l’ignorance qui « cultive » l’éducation. Et l’oubli même de ce qu’est le savoir. La politique a simplement éradiqué l’éducation. Elle cherche des responsables…

Travailleur à temps plein, monsieur le ministre a des idées à temps partiel… C’est un autre « nihiliste » (vide) apparu dans le circuit de la politique. Et ce n’est pas qu’un trait du Québec: c’est celui de toutes les sociétés maboulées par les faux intellectuels payés à tourner en rond comme des hamsters de luxe.  Nous élisons des ignares qui se répartissent des sièges selon un « code »de coterie … exponentielle.

Les ignares ont maintenant le droit de déterminer les responsables des dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés.

Dans ce système d’éducation devenu irréparable, on peut toutefois jouer au Dr, au chirurgien, ouvrir les plaies et les refermer. Car tout a été foncièrement démoli, malheureusement…  La politique est maintenant – bien que déguisée en démocratie – un totalitarisme de clowns qui se « croient entre eux ».

Boucar Diouf 

 

La dernière tentative de diversion en la matière se disait être un sommet sur l’enseignement supérieur, alors qu’à mon avis, avant de se concentrer sur le sommet, il faut d’abord se préoccuper de la base de notre arbre de la connaissance. Les problèmes sont beaucoup plus cruciaux au niveau des racines et du tronc, qui limitent dramatiquement la montée de la sève vers ce sommet. Autrement dit, on ne peut pas du jour au lendemain augmenter la performance, l’accessibilité et le taux de fréquentation et de diplomation des universités quand ce qui se passe dans les écoles primaires et secondaires constitue ce que les chimistes appellent un facteur limitant.

Boucar Diouf 

***

Le monde occidental, prétendument supérieur, a été gangrené par cette race d’hypocrites insignifiants qui s’auto-congratulent après élection et gros C.V.

Pour ce qui est de la note pour le Ministre Bolduc, en matière d’éducation, ce serait 0.08/10.

C’est probablement la note la plus basse pour un ministre. Mais bon! Il n’a qu’à engager une firme pour se faire évaluer lui-même.

La plus belle étrangeté d’un système d’éducation est qu’elle est basée sur l’évaluation des connaissances qui détermine la capacité à exécuter une tâche. Si le système a besoin d’une autre évaluation, c’est que le système d’éducation a lui-même créé cette lacune. En conséquence, la lacune est dans le système d’évaluation trafiqué pour des raisons économiques et totalement faussé par la gros bon sens « philosophique » de l’arbre et des racines dont  parle M. Boucar Diouf.

Nous vivons donc sous un totalitarisme de comptables « BOUCHÉS » et bouchers…

🙂

Gaëtan Pelletier

Sept. 2014

P.S.: Il y a 30 ans, vivait chez-nous une jeune étudiante fille d’un politicien d’Ottawa qui nous avait lancé une formule que je n’ai jamais oublié.

 » Ce qui est important ce n’est pas ce que tu connais, mais qui tu connais ».

Eiinstein

Peut-on fuir le pouvoir ?

Peut-on fuir le pouvoir ?

LE 01 MARS, 2014 DANS ASSERVISSEMENT MODERNE PAR 

Il n’y a que deux moyens  pour assujettir le peuple: le contraindre ou le tromper.

La contrainte abuse toujours de sa violence. Elle franchit donc à terme la limite et finit par réveiller en nous des instincts de contestation capables de freiner l’efflorescence de son pouvoir.

La duperie jouit de l’invisibilité de pouvoirs plus efficaces: ceux que le marché polit méthodiquement pour mieux prospérer.

L’économie est une politique travestie. La consommation y structure le lien et le statut social. Ce ne sont ni les dieux ni les rois, encore moins les députés, qui font les lois. Ce sont les marchés. Les vrais tyrans sont lesactionnaires. En outre nous devrions écrire: les marchés font le crime…

L’argent nous aveugle par l’éclat de sa dictature.
Celui qui  la refuse ne peut le faire qu’en se marginalisant ou en s’isolant. Et je reste convaincu que la majorité des désoeuvrés, des sans logis, des miséreux le sont devenus non par résistance au système, mais parce que celui mis en place par le marché n’a pas voulu d’eux et les a ainsi mis au banc. Ce sont les non rentables, les maillons faibles.

Quant aux autres, comme l’a si bien dit Coluche transfigurant La Boétie : «Il suffit qu’ils n’achètent plus pour que ça ne se vende pas». Mais, de même que les gouvernés préfèrent obéir pour exister, les consommateurs préfèrent avoir pour être. Preuve en est qu’ils ne leur en coûtent rien d’appeler « démocratie » une dictature financière leur offrant l’illusion du confort…Illusion préférée désormais au désir de liberté. La vie à crédit nous conviendra ainsi tant que nous pourrons consommer un bien-être supposé.

Renoncer à sa servitude reviendrait à refuser la vie en société. Très peu en sont capables et le prix de cettesolitude se dépense dans l’anonymat le plus austère, pour ne pas dire le plus inhumain. Car ceux, comme nosindignés d’estrade, qui clament haut et fort qu’ils résistent ou qu’ils ne consentent pas,  ne sont certainement pas ces anonymes qui ont su s’épanouir dans l’exil volontaire, loin de toute société, de tout pouvoir

Brzezinski : “La résistance populiste empêche le nouvel ordre mondial’

Brzezinski

Corbis

Un mouvement mondial de résistance au contrôle externe impulsé par « l’activisme populiste » menace de faire « dévier » la transition vers un nouvel ordre mondial, déclare l’ex conseiller de Sécurité Nationale des E.U., Zbigniew Brzezinski.

Le stratège politique étasunien signale que « l’augmentation de l’activisme populiste dans le monde se montre préjudiciable à la domination externe comme celle qui prévalait à l’époque du colonialisme et de l’impérialisme »

Brzezinski arrive à la conclusion que « la résistance populiste persistante et hautement motivée de la part de peuples politiquement réveillés et affectés de ressentiment historique[i] contre le contrôle externe se montre chaque fois plus difficile à supprimer »

Quoique le politicien ait présenté ses observations d’un ton neutre, le contexte dans lequel il les a prononcées joint à ses déclarations antérieures démontre qu’il ne s’agit pas d’une acclamation de cette « résistance populiste” mais d’une lamentation et d’un avertissement aux élites concernant l’impact qu’elle a sur le dit “contrôle externe »

Ici même, l’ex conseiller de Sécurité nationale disqualifie l’idée que le 21ème siècle est le siècle des E.U. « d’espoir[ii] partagé » et affirme que la domination étasunienne n’est déjà plus possible à cause d’un changement social accéléré provoqué par les « communications de masses comme la radio, la télévision et Internet », qui ont stimulé de manière cumulative « un réveil universel de la conscience politique de masse »

Brezinski a fait ses déclaration dans le cadre du Forum Européen pour les Nouvelles Idées (Euopean Forum For New Ideas, EFNI),une organisation qui plaide pour la transformation de l’Union Européenne en un super-état fédéral, autrement dit « du même type de contrôle externe bureaucratique » mentionné par Brzezinski dans son discours. Dans ce contexte, selon le politicien, « la résistance populiste » pourrait être un grand obstacle pour l’imposition d’un nouvel ordre mondial.
Traduction Anne Wolff

Source originale en espagnol :
http://actualidad.rt.com/actualidad/view/111579-brzezinski-resistencia-populista-orden-mundial

[i] Pour ceux qui l’ignore, la notion de « ressentiment social », une sorte de maladie qui affecte les âmes dévoyées du bas peuple. C’est la version ultra-droitière du concept de « lutte de classe », expliquant mécontentement populaire et la cause de la résistance des peuples, comme s’il s’agissait de quelque vilain trait de caractère particulier aux « basses classes » qui les poussent à en vouloir toujours plus. La jalousie, l’insatisfaction et le ressentiment sont parmi les composantes de ce concept.

[ii] Ilusión : désigne aussi bien un enthousiasme au sens de foi (qui déplace les montagne) et illusion au sens de mirage, de faux espoir

Commentaire de lecture

Ce n’est pas la première fois que je publie des déclarations de Brzezinski (je passe sur les qualificatifs applicables à ce « monsieur », il n’y a pas de mot pour décrire ce niveau de perversité, sinon peut-être dans les lexiques des psychiatres). Et pourtant ce grand malade jouit d’un pouvoir démesuré dont personne en toute bonne logique, tant de souveraineté populaire que de démocratie bourgeoise ne devrait disposer sur cette planète.

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que le Nouvel Ordre Mondial en question ici, n’a jamais été envisagé comme une hégémonie étasunienne, mais bien comme une gouvernance mondiale des Corporations Marchandes Apatrides.

Pour que cette gouvernance puisse s’installer, la faillite tant politique que financière des Etats, Etats-Unis compris est un préalable nécessaire. Malade oui, mais pas stupide (malheureusement). Brzezinsky est un fin stratège, il fut aussi le mentor d’Obama (son fabricant pourrait-on dire), on peut donc se poser légitimement la question… la chute d’Obama, une conséquence de la sénilité de Brzezinsky, ou une étape nécessaire du démantèlement des Etats-Unis ?

Ce texte peut-être pris comme une sorte de communiqué d’un état de guerre. Nous les gênons. Nous connaissons leurs pratiques de longue date, ceux qui les gênent doivent être neutralisés ou éliminé par n’importe quel moyen de la corruption à l’assassinat. Donc nous sommes prévenus.

Nous les gênons ? Très bien. Mais largement insuffisant, la question devient comment poursuivre en si bon chemin pour les mettre hors d’état de nuire avant qu’ils ne nous aient mis hors d’état d’agir ? Cette question est marquée par l’état d’urgence !

 

Autres citations du même pour compléter les précédentes :

“[…] la société sera dominée par une élite de personnes libres de valeurs traditionnelles qui n’hésiteront pas à réaliser leurs objectifs aux moyens de techniques épurées avec lesquelles ils influenceront le comportement du peuple et contrôleront la société dans tous les détails, jusqu’au point où il sera possible d’exercer une surveillance quasi permanente sur chacun des habitants de la planète ».

A un autre moment, il dit ;

«[…] cette élite cherchera tous les moyens pour parvenir à ses fins politiques, comme de nouvelles techniques pour influencer le comportement des masses, ainsi que pour obtenir le contrôle et la soumission de la société »

 Brzezensky in Les 4 lieutenants des Rockefeller

Anne Wolf, Les états d’Anne 

Paul Desmarais: Quand Anonymous décolore la bourgeoisie caméléon

Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût. Source: Le Couac  

« Quand tu entres dans la propriété, on t’ouvre un premier portail. Ensuite, tu dois faire des kilomètres et des kilomètres avant d’arriver au château », racontait Nicolas Sarkozy à propos du fief de son ami Desmarais.» Sarko et ses hémorroïdes  

Tous les artisans de cette soirée, qui a nécessité la construction d’un imposant pavillon temporaire, ont été logés à proximité du domaine.

Les proportions du domaine où ont été accueilli tout ce monde sont calquées sur les grandes constructions d’avant la Révolution de 1789, habitée par la royauté française. Le domaine de Sagard compte plusieurs milliers d’hectares où on trouve notamment un terrain de golf privé. La fortune de la famille Desmarais est évaluée à plus de 4 milliards, selon le magazine Forbes.Le Devoir   

****

Open up your eyes (ouvrez grands vos yeux), comme disait John Lennon,  et faites clinquer vos bijoux.  « On ne leur demande pas d’être pauvre et de tout donner, mais d’en partager un peu… », comme le souligne l’ami Allard.

***

30 août 2011. Madame Desmarais fête ses 80 ans. On retrouvera sur Youtube  une vidéo lancée par ANONYMOUS QC,  2H09 minutes.

Mais il semble que Sarko n’y était pas… Pourtant, « la filière françaises » du monde  des affaires a bien dressé le pantin, fasciné par la richesse…et la gloire.

Et la France dans tout ça?

C’est aussi l’homme qui s’était dit, en parlant de Nicolas Sarkozy : « c’est quelqu’un qui serait bien pour la France » , comme le rapporte le quotidien La Presse. Le principal intéressé a évoqué ce soutien lors de la cérémonie de vendredi :

« Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. »

Les deux hommes se connaissent depuis 1995. A l’époque, Sarkozy était au fond du trou, écarté de la Chiraquie après l’échec de la candidature d’Edouard Balladur aux présidentielles.

« Un homme m’a invité au Québec dans sa famille. Nous marchions de longues heures en forêt, et il me disait : il faut que tu t’accroches, tu vas y arriver, il faut que nous bâtissions une stratégie pour toi. »

Il a depuis séjourné plusieurs fois au domaine de Sagard, 75 km2 au coeur du Québec, propriété de la famille Desmarais. Le terrain, qui compte 32 lacs, doit son nom à un missionnaire français du XVIIème. Desmarais comptait aussi parmi les invités de la soirée au Fouquet’s sur les Champs-Elysées au soir de l’élection du président, le 6 mai 2007.

Au Canada, les Desmarais ont soutenu plusieurs premiers ministres : Pierre Elliott Trudeau, Brian Mulroney, puis Jean Chrétien (dont la fille, France, est mariée avec le cadet, André Desmarais) et Paul Martin. Ce dernier a d’ailleurs été vice-président de Power Corporation avant de se lancer en politique. Rue 89  

Rue 89

Le party pour Jackie

Depuis quelques jours, l’organisation de la fête allait bon train. À travers des jardins français sans fin, dans une tente, une salle de concert extravagante et riche a déjà accueilli son très quétaine faux penseur de Rodin, une partie des 400 000 $ de fleurs, principalement des orchidées de partout à travers le monde, achetées spécialement pour l’occasion ainsi que la répétition de l’Orchestre Métropolitain à laquelle Papa Bush aurait assisté. Étonnant. Au départ, les Desmarais désiraient retenir les services de l’OSM mais, voyez vous, il semblerait que la convention collective de cet orchestre, plus généreuse que les conditions de la Guilde des musiciens, ait modifié les plans de la soirée.(…)

Avant que le spectacle ne commence, l’Orchestre métropolitain sera parqué dans le garage, près de la tente, en attendant sagement son tour. Chacun à sa place. Lors de leur performance, malgré la présence d’une technique de sonorisation plus que complète, le son pourri rendra à peine la qualité des pièces qui seront jouées. Point culminant du spectacle, un cadeau de fête de Monsieur, une chanson écrite spécialement pour Madame. Il est vrai qu’on ne peut pas offrir grand-chose à des maîtres qui possèdent déjà tout. Émue et terriblement reconnaissante, elle déclarera : « On m’a dit que je n’avais pas le temps de faire un discours, mais je suis émue et je veux remercier… ». Il est bien vrai qu’ils possèdent tout. Mais pas le temps, semblerait-il.

Plusieurs diront que la dépense totale pour cette soirée oscillerait entre 12 et 14 millions $. Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût. Source: Le Couac  

Toutes ces bonnes âmes de la politique et de la finance, y compris le souverainiste Lucien Bouchard, vendeur de gaz de schiste de pote à pote, et le chanteur « souverainiste » Robert Charlebois, sont du « party ».

La bourgeoisie caméléon

Tous les pays « démocratiques » sont endettés. On s’étonnera du virement des richesses des peuples vers une élite bourgeoise qui a réussi à traverser les siècles en changeant de visage. Masquée. Le pompage  systémique des dirigeants par le biais des jeux de Monopoly mondialisé,  et des politiciens à « flirt de peau » avec ces joueurs compulsifs, est en train d’aplanir toutes les diversités, aspirer les richesses, appauvrir les peuples pour le… jeu. Elle n’a pas de couleurs, la bourgeoisie. Elle se fond, en prédateur, dans les modes et les mouvements sociaux et politiques. Et ils veulent tout. À commencer par le contrôle qui permet… de  TOUT avoir.

Ils adorent ça. Tout avoir. Tout posséder. Sans aucun atome d’humanisme.

À Montréal, on fait sonner les chaudrons pour manifester chaque soir. Jadis, on demandait au peuple de les donner pour les fondre et en faire des balles pour les « bonnes guerres ».

Le citoyen a les balles, mais n’a pas les armes…

La galerie de photos, prises d’écran

Un paon sur une table… Faite la queue…


Papa Bush ( M. Desmarais, à gauche… Mais de droite)

Jean Charest et son épouse

Le plafond. On se croirait au Vatican… À première vue…

La nourriture: je ne sais ce que c’est, mais ça doit se manger… en couleurs.

Dans le spectacle, outre les performances des musiques classiques, on retrouvera Al Jolson , ce blanc déguisé en noir.

Comme la bourgeoisie, mais à l’envers.

Car, au fond, nous sommes tous les nègres de cette race de serpents kaléidoscopique.

Ouvrez grands vos yeux, les petits noirs. Les « nègres » de ce monde habitent maintenant tous les pays, toutes les civilisations, toutes les races, toutes les couleurs. Et ce, grâce à la mondialisation. Ça vous javellise tout: les plantes, les fleurs, les petits princes, les gens simples, les terres des paysans, le gaz en dessous de vos pieds, tout, tout, tout. Les vampires à sueurs n’ont pas de limites.

Et quand vous leur donnez de vos impôts, trop souvent, vous leurs donnez de l’engrais pour faire pousser leurs dents canines.

Sans rapport, aux chiens, bien sûr…

Gaëtan Pelletier

Un soir de mai…

***

Correction: Si vous visitez le site You Tube, on vous dira qu’à la 14.55 minute, il y a Liza Frula, ancienne Ministre du Patrimoine canadien. Erreur.

Il s’agit de Mila Mulroney, épouse l’ancien Premier ministre, Bryan Mulroney.

Espagne: le début de la révolution mondiale?

Nous sommes des personnes ordinaires, lassées de souffrir des conséquences d’un système conditionné et contraint par les marchés, système qui à tous les égards ne peut être soutenable et nous a rendu victimes d’une grande arnaque appelée « la crise ». Nous nous unissons pour rédiger ce manifeste et invitons tous les citoyens à se joindre à nos revendications.

Nous considérons que la situation a passée toutes les limites du tolérable, et pensons être victimes d’une attaque sans précédent du pouvoir économique qui utilise la crise comme prétexte pour ruiner nos vies. Les coupables sont ceux qui, avec la complicité de toutes les forces politiques représentées au parlement, ont constitué cette oligarchie intouchable qui manipule tous les pouvoirs de l’Etat pour maintenir ses privilèges et son enrichissement démesuré et illicite.

Aujourd’hui, il n’est plus possible d’occulter cette gigantesque fraude sociale, faite de trahison systématique des engagements électoraux et d’absence de sanction judiciaire pour les banquiers, les politiciens et les grands patrons coupables. Nous voyons à quel point la structure corrompue et immorale du pouvoir instaure des politiques mettant en péril nos droits et nos vies, et à quel point nous subissons une répression injustifiable quand nous demandons un changement.

Nous pensons que le problème est d’une telle envergure et que ces racines sont si profondes que la solution ne peut provenir de réformes basées sur le système politique actuel et c’est pourquoi nous exigeons :

– La démission du gouvernement en place et du chef de l’Etat, ainsi que la dissolution de l’assemblée, du fait de leur trahison préméditée qui a conduit le pays et l’ensemble des citoyens au désastre.

– L’ouverture d’un processus constituant démocratique, permettant de rédiger une nouvelle Constitution avec la participation de tous les citoyens, afin qu’elle leur appartienne, car nous ne reconnaissons aucun caractère démocratique au texte constitutionnel actuel, qui rédigée dans le dos des citoyens, consacre la domination des héritiers du franquisme et de ceux pactisant avec eux. Ce doit être le peuple qui détermine le modèle d’organisation social dans le lequel il veut vivre, et non l’inverse.

– L’audit de la dette publique d’Espagne, avec un moratoire sur son paiement jusqu’à ce que soit déterminée clairement les parties de celle-ci qui n’ont pas être payées par la nation car ayant servi des intérêts privés utilisant le pays pour ses propres fins et non pour celles de l’ensemble des citoyens. Nous exigeons également le procès de toutes les personnes suspectes de telles manœuvres, et le fait que leurs biens soient engagés si elles étaient déclarées coupables.

– La réforme de la loi électorale pour un nouveau processus électoral qui représente véritablement la volonté du peuple à chaque élection, ceci étant nécessaire pour faciliter le développement d’un processus constituant démocratique.

– L’arrêt immédiat de toutes les coupes budgétaires et de toutes les réformes qui sont contraires à l’état de bien-être car elles entrainent une restriction des droits et des libertés des citoyens : prises avec l’excuse de la crise, elles sont non seulement un désastre pour le pays, mais en plus elles ont été imposées en trahissant la volonté du peuple.

– Une profonde réforme fiscale qui fasse payer le plus à ceux qui obtiennent le plus de bénéfices de la société. Nous exigeons également l’abrogation de l’amnistie fiscale décrétée par le gouvernement, dont l’injustice est une véritable tromperie vis-à-vis des citoyens honnêtes.

– La suppression de tous les privilèges de ceux qui ont des charges politiques ou publiques, et la mise en place de mécanismes efficaces pour le contrôle de l’accomplissement de leurs fonctions.

– L’arrêt immédiat de toutes les expulsions des logements, et la mise à disposition pour la population, au prix du logement social, des logements appartenant aux banques et aux caisses qui ont été aidées avec de l’argent public.

– La création de nouveaux emplois dont la première condition soit le caractère soutenable et la finalité le développement de l’humanité. Ainsi, la gestion cohérente des emplois doit se faire de façon à ce que toute la population puisse travailler pour vivre et ne soit pas obligée à perdre sa vie à la gagner. Le fait que nous soyons obligés de travailler toujours plus est une énorme tromperie, soutenue par l’avarice des grands intérêts et contraire à ceux de la plupart des gens.

Pour toutes les raisons exposées ci-dessus, nous convoquons les citoyens le 25 septembre 2012 devant les portes de l’assemblée, pour une manifestation illimitée jusqu’à la démission du gouvernement et l’ouverture d’un processus constituant, en faisant appel à l’union de toutes les luttes pour une société plus juste.

¡Nous sommes la majorité, nous sommes le peuple, nous avons raison, et nous ne vous permettrons pas de passer !

Source 

Hervé Kempf : « Il est vital pour l’oligarchie de maintenir la fiction d’une démocratie »

Par Linda Maziz (10 mars 2011)

Les puissances d’argent ont acquis une influence démesurée, les grands médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entravées. Pour Hervé Kempf, journaliste et essayiste, si nous voulons répondre aux défis du 21e siècle, il est impératif de revenir en démocratie. Et mettre fin à l’oligarchie, régime actuel qui maintient les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.

Dessin : ©DR

Basta ! : Pourquoi affirmez-vous que nous ne sommes plus en démocratie, et pas encore en dictature, mais dans une « oligarchie » ?

Hervé Kempf : Dans les pays occidentaux, l’évolution du capitalisme ces 30 dernières années a provoqué une considérable augmentation des inégalités. Elle a conduit à détacher encore plus le groupe des très riches du reste de la société. Ce groupe a acquis un pouvoir énorme, qui lui permet de contrôler les grands choix collectifs. Derrière l’apparence d’une démocratie représentative, le destin de la collectivité est déterminé par un petit groupe de gens, la classe oligarchique.

Le régime oligarchique actuel se caractérise par une extension du pouvoir des acteurs économiques, bancaires et financiers. Et par un affaiblissement du pouvoir relatif de l’État. L’histoire récente l’illustre clairement, avec les exemples de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande : ce sont désormais les spéculateurs, les banques, les fonds de pension qui décident des politiques économiques de ces pays. Le dénouement de la crise financière montre également la disproportion entre le pouvoir des États et celui des agents privés. Le système financier est sauvé fin 2008 par l’engagement des crédits et de l’épargne publics. Éviter l’effondrement du système était nécessaire. Mais on est en droit d’attendre que la puissance publique reprenne le contrôle des agents financiers qui avaient conduit à la crise par leur comportement irresponsable. Cela n’a absolument pas été le cas. L’autonomie de décision du secteur bancaire a été largement préservée. Les tentatives de régulation ne corrigent qu’à la marge les dysfonctionnements et les comportements spéculatifs.

L’oligarchie désigne à la fois une réalité sociologique et un système politique. Comment fonctionne cette élite puissante et fortunée ?

Une des caractéristiques du régime oligarchique est l’imbrication étroite entre les cercles dirigeants politiques et économiques. Alors que l’un des principes fondamental de la démocratie est la séparation : d’un côté les élus, les hauts-fonctionnaires, les membres des cabinets ministériels et de l’autre les dirigeants des banques et des grandes entreprises. Ils ne doivent pas être adversaires, au contraire, c’est important qu’une société démocratique ait une activité économique prospère. Mais en démocratie, les affaires privées relèvent d’une autre logique que les affaires publiques. Or on observe aujourd’hui une fusion des deux systèmes de gestion. Ceux qui sont en charge des affaires publiques ont beaucoup moins le souci de l’intérêt public. Ou plutôt, ils ont le souci que la gestion des intérêts publics n’entre pas en contradiction avec la préservation des grands intérêts privés. On observe aussi un constant va-et-vient, du point de vue des acteurs, entre les milieux de la haute décision publique et ceux des grandes entreprises ou de la banque.

Le glissement de la démocratie vers l’oligarchie ne s’est pas fait brutalement, mais plutôt de manière insidieuse…

Cela s’est opéré avec le creusement progressif des inégalités – dont on a véritablement pris la mesure ces dernières années. Tout le discours de l’oligarchie consiste à préserver la fiction de la démocratie. Il est vital pour le maintien d’un système inégalitaire que le peuple continue à croire qu’il est en démocratie, que c’est lui qui décide. Aujourd’hui, une partie de la classe dirigeante est cependant en train d’abandonner l’idéal démocratique et aspire plus ou moins ouvertement à un régime totalitaire. Il n’y a qu’à voir le nombre de capitalistes en admiration devant le régime chinois, parce qu’il atteint des taux de croissance économique records grâce à un gouvernement autoritaire.

L’oligarchie témoigne d’une conscience de classe aiguisée, d’une communauté sociologique solidaire. Mais, face à l’oligarchie, pourquoi une telle passivité, une telle apathie collective ? Pourquoi ne se rebelle-t-on pas ?

L’évolution du capitalisme s’est accompagnée d’une transformation majeure de la culture collective. L’individualisme s’est exacerbé à un point sans doute jamais vu. Il forme aujourd’hui le fond de notre culture, de notre conscience collective, de notre façon d’être. C’est ce qui cause notre faiblesse et notre incapacité à nous rebeller. L’individualisme fragmente la société. Il nous paralyse et nous handicape face à des gens qui, même s’ils sont peu nombreux, « jouent collectif » et sont très cohérents.

Pour dépasser cela, il faut nous affranchir d’un conditionnement extrêmement fort des médias, et particulièrement de la télévision. Elle est devenue si quotidienne et banale, on ne se rend même plus compte à quel point elle modèle et diffuse la culture collective. Le système de valeurs qu’elle projette, avec la publicité, est individualiste, axé sur la consommation, et n’invite pas à intervenir dans la sphère publique.

Sommes-nous indifférents à ce qui est en train de se passer ?

Il y a, dans une large part des classes moyennes, un conservatisme fondé sur la crainte. Elles savent que les mécanismes de la démocratie sont très affaiblis, que la situation générale se délite, que les institutions de solidarité collective sont mises à mal. Mais elles estiment que le capitalisme finissant et l’oligarchie leur garantissent une certaine sécurité face à l’ébranlement du monde. Après tout, cet ordre existant, bien que très critiquable, nous assure un confort qui pourrait être perdu en cas de changement majeur. Mais la situation ne peut pas rester stable. La sécurité actuelle est une fausse sécurité. Si l’on n’agit pas, si le sentiment d’indignation exprimé par les lecteurs de Stéphane Hessel ne se transforme pas en engagement, les oligarques, face à la montée de la crise sociale et écologique, nous entraîneront dans un régime de plus en plus autoritaire. Un régime qui affaiblira le confort, mais aussi la liberté et la dignité de chacun.

L’enjeu politique le plus immédiat est-il de « dé-financiariser » l’économie et de reprendre le contrôle du système bancaire ?

Oui. L’un des leviers essentiels pour revenir en démocratie – et pour donner des capacités d’action au politique – est d’affaiblir cette puissance financière. Il faut reprendre le contrôle, par des règles que les spécialistes de la finance connaissent bien : séparation des activités spéculatives et des activités de dépôt, gestion collective du crédit, taux de réserve obligatoire pour les banques… On peut aussi envisager la socialisation d’une partie du secteur bancaire.

Autre enjeu crucial : réduire drastiquement les inégalités. Cela est indispensable pour que notre société ait les moyens de se transformer, de s’orienter vers une politique écologique de la ville, de l’énergie, des transports. Il faut développer des activités moins destructrices de l’environnement, et moins tournées vers la production matérielle, comme l’éducation, la santé, la culture. Des activités qui ont un impact écologique plus faible, mais qui sont beaucoup plus riches en termes de lien social et de création d’emplois. Et la démocratie est fondée sur un principe d’égalité. Or aujourd’hui, certains sont dans une telle position de richesse qu’ils peuvent influencer très largement la décision collective. Par des activités de lobbying, par le financement des campagnes des candidats, par le contrôle des médias, autant d’actions qui conditionnent les esprits.

Comment réagit l’oligarchie face à la crise écologique ?

La crise écologique crée une contrainte historique tout à fait nouvelle et impose une véritable transformation de nos sociétés occidentales, de nos modes de vies. Notre économie repose sur un accroissement continu de la consommation, et nous savons pertinemment que cette course à l’enrichissement matériel ne peut se poursuivre indéfiniment. En termes de prélèvement des matières premières ou de recyclage, nous avons atteint les limites de la biosphère. Et les pays émergents revendiquent légitimement d’être traités sur un pied d’égalité avec les pays occidentaux, en terme d’accès aux ressources et de consommation. Historiquement, nous allons vers une convergence des niveaux de vie. La situation écologique ne permet pas que cette convergence se fasse par un alignement sur le niveau de vie occidental. Celui-ci doit changer, ce qui se traduira par une baisse du niveau de vie matériel. C’est le défi majeur de nos sociétés. L’oligarchie ne peut pas le relever.

Pourquoi en est-elle incapable ?

Pour l’oligarchie, il est vital que croissance économique et promesse d’augmentation de la consommation matérielle soient considérées comme un objectif absolu. C’est la condition pour que les inégalités actuelles restent acceptables : la croissance du PIB est censée permettre l’élévation du niveau de vie de tous. La question écologique est donc toujours minorée et la critique de la croissance considérée comme absurde. Il est essentiel que la délibération collective porte sur ces questions, qui sont la clé d’un avenir pacifique. La démocratie est le seul moyen de parvenir à cette transition, qui doit être réfléchie et choisie collectivement, dans une logique de réduction des inégalités.

Propos recueillis par Linda Maziz

À lire : Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, Éditions du Seuil, 2007 et Pour sauver la planète, sortez du capitaliste, Éditions du Seuil, 2009.

Hervé Kempf, L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, Éditions du Seuil, 14 euros.

Site d’Hervé Kempf : www.reporterre.net

Source: http://www.bastamag.net/article1450.html