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La pénibilité du tueur à gages

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Plus récemment, le projet de réforme des retraites du gouvernement socialiste a dévoilé, fin août 2013, la mise en place, à partir de 2015, d’un « compte pénibilité » pour les salariés du secteur privé étant exposés à au moins un des dix facteurs de pénibilité répertoriés. Ces facteurs définis par les partenaires sociaux en 2008 sont les suivants :

  • postures pénibles pour les articulations,
  • vibrations mécaniques,
  • travail en équipes successives alternantes,
  • bruit,
  • agents chimiques dangereux (poussières et fumées comprises),
  • manutentions manuelles de charges lourdes,
  • activités exercées en milieu hyperbare,
  • travail de nuit,
  • travail répétitif,
  • températures extrêmes.

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Avec démonstration à l’appui, sur TV5, deux travailleurs ont porté une charge d’environ 75  kg pendant trois minutes.  Ça devrait leur donner trois points… Ou je ne sais combien… Mais ça permet de prendre sa retraite plus tôt. 

Ma grand-mère a eu 17 enfants. Elle a donc souffert d’une « pénibilité localisée ».  Point G.

C’est démoralisant de voir jusqu’à quel point – outre le G – s’en va la nature humaine avec sa comptabilité de douleurs. Mais c’est amusant de calculer sa « pénibilité » quotidienne. Je ne peux pas croire qu’en écoutant Sarkozy on ne peut pas se payer un 6 points de pénibilité! Le concept a des airs d’Air-Miles: plus tu souffres, plus on t’enlève  » supposément » de la souffrance. Au lieu d’acheter un gaufrier  avec 1200 points, tu te payes un « gouffrier » du temps terrestre.

Gouffré! Usés jusqu’à la corde à linge pour une multinationale transnationale. Je rêve en 3 dimensions! Ouah! La cauchemardesque symphonie du futur. Je vois déjà se pointer les avocasseries et les batailles juridiques:  » Votre client c’est délibérément livré à de l’obsolescence programmée pour prendre sa retraite à 58 ans. Il a travaillé la nuit à transporter de la litière pour chats de 22 kg. Monsieur le juge, pendant 15 ans, au rythme de 150 caisses par jour de livraison, ce qui fait 3, 780, 000 kg de charge. « 

– C’était pour nourrir mes enfants…

– De la litière pour chats?

– Oui, pour ça…

Le procès du tuer à gages 

– Monsieur le juge, mon client à pris pour métier celui de boucher. En plus d’avoir assassiné 22  crapules du crime organisé, il travaillait 45 heures par semaine dans une boucherie. À force d’aller dans les frigos, tailler, dépecer, emballer de la viande froide, soulever des carcasses de bœufs et de porcs, mon client à souffert. De plus, j’ajouterais qu’il n’a fait que débarrasser la société de crapules. Mais bon! Arthrite, rhumatisme, psychiatres, il a souffert également de constipation. Pendant 22 ans 22 jours il  a dû forcer pour … ses besoins. Ce qui équivaut à une charge de 75 kg par jour.

– Son métier était stressant, presque autant que celui de politicien… Il a donc amassé 1,234, 000 points. Je demanderais au jury d’alléger sa peine pour cause de pénibilité.

– La balle est dans votre camp…

… pardon!

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Après 240 jours de délibérations, le jury se prononça et remit au juge leurs points de pénibilité. 100,000 par membres.

– 100, 000 par membres? s’exclama le juge.

– Oui, monsieur. Nous avons évalué l’effort soutenu pour creuser les tombes des victimes des tueurs, – 1000 points-, et 90,000 pour l’avocat du tueur  dont le discours a duré 3 jours.  Pénibilité psychologique, cela s’entend.

– Monsieur le juge! Je réclame 3 millions de points en sus.

– Pour quelle raison?

– Mon client  a dû subir les analyses de 4 psychiatres dont deux d’entre eux lui ont conseillé de pratiquer un sport pour se détendre. Il a choisi l’haltérophilie.  Il a donc soulevé 75 kg par 5 secondes pendant les années passées derrière les barreaux… Ce qui fait 3, 780, 000 de kg de charge…. En plus, il est incapable d’avaler un steak: IL EST DEVENU VÉGÉTARIEN.

– Mon client demande en plus d’être libéré, une somme de 20$ millions de dollars, car si nous calculons les points et les disparus qui auraient coûté une fortune à la société, mon client a été victime d’un système dont la responsabilité dépend de la relâche actuelle des policiers sérieusement affectés par la réforme de l’austérité.

– Vous avez des preuves de ce que vous avancez? demanda le juge.

– Nous avons toutes les vidéos au sujet de la gymnastique de mon client. 3 230 heures en HD.

Le juge sourit:

– Et la constipation?

– Six camions sont en route, transportant les … déchets corporels de mon client pendant ses années…

– Avez-vous une comptabilité de toutes les preuves?

– Oui, c’est la firme Cabot and Cat qui l’a produite.

– Donnez-la-moi…

– La voici

L’avocat lui tendit le document.

– Mais c’est en Chinois!

– Oui, Monsieur le Juge. La compagnie a été dernièrement acquise par des investisseurs chinois. Et c’est si récent que nous n’avons pas encore la version française..

– Vous me faites chier!

– C’est un point…

Gaëtan Pelletier

19 décembre 2014

Comment disséquer une tondeuse qui saigne


Tondeuse sans fil Tractée 36 V 47 cm - GRC4736SD

Tondeuse nègre and d’accord. (Traduction maison). 

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La pénibilité au travail est en France définie par deux conditions cumulatives1 :

  1. Une exposition à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels liés à des contraintes physiques marquées, un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail
  2. susceptibles de laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé.

( Tapez pénibilité et voir sur Wikipidia.Je ne me fatigue plus à mettre des liens, c’est pénible…)  

Pension et pénibilité

Encore une fraude de la gente « arracheurs d’Adam »,  qui tente  d’arracher un cheveu de votre tête pour se faire une perruque sociale.  Nous voilà immergés  dans un  un monde totalement galvanisé par le détail et l’arrangement floral des détails,  dans lequel on sème des solutions-scalpels pour régler l’architecturale mondialisation-poison entraînant la minuscule planète dans un abîme.  Les kapos à neurones mécaniques, robotisés par la propagande, taillent au crayon et au claviers des solutions toquées.  Pourquoi pas un compteur de pas pour les facteurs?  Et pourquoi pas la pénibilité psychologique des enseignants, des infirmières, du nombre de migraines causées par la frivolité et le mensonge permanent?

Et pourquoi pas la pénibilité de l’itinérant? Vous n’étinérez pas? Avec le prix des maisons, nous allons bientôt, sur le tard, « itinérer ».

 

Disséquer un travailleur avant sa mort… Comme une machine…   Tout ça pour quelques années de pension. Tout ça pour ramer sur la galère des richesses accumulées. Et en terme d’administration, la « pénibilité » des travailleurs qui voudront analyser les critères coûteront plus cher que de créer un système qui donnerait à chacun une qualité de vie… pendant qu’il est en vie. Mieux encore – car le « progrès » engendre des monstres minuscules: on s’empressera de créer un programme allié à une toute petite invention électronique de la grosseur d’un pois chiche qui analysera votre pénibilité, vos émotions, vos malaises, et pourront détecter vos maladies en temps réel. 

La vache qui broute ne sait pas qui le nourrit et le cochon est égorgé par un bon gars qui « gagne » sa vie comme un Navy Seal. L’humain est un objet de consommation comme les autres par de  colossaux dirigeants mondiaux.

Le nouveau « black » est un serviteur blanchi à la chaux. Même les conducteurs de chars d’achheaux. ( Un peu de difficulté avec l’artagraphe, mais il y a un programme pour régler le pro blême).

Je n’ai pas les moyens…

L’usure du boulon 

On peut calculer l’usure d’un boulon, la durée d’une ampoule, de pièces diverses afin de contrôler la durée de vie d’un appareil ménager, d’une cafetière et les Je-Nous.

Eh! Ben! Vos genous ( je pense que l’orthografe n’a plus d’importance) sont alors des boulons, vos bras des tiges de chair à usure calculée. Tout est calcul, et dans un sens le plus rachitique qui soit.  Nous sommes désormais machiné et robotisés au service de la finance planétaire.

Il doit y avoir une pénibilité chez le guitariste? Alors, il va falloir 3 ou 4 médecins, 3 ou 4 guitaristes, et 3 ou katre ( sic) fonctionnaires pour un verdict. Oui, un verdict. Nous souffrons tous des verdicts.  Le nombre de gens qui vivent d’analyses, de verdicts, de dissections,  sont légion. Sait pas si pas prend un S ou un SS, mais légions, c’est comme dans le roman de Sven Hassel : La légion des damnés. La guerre État-VS-citoyen.

Nous sommes cons…

Et damnés..

Les petits font des petits 

Je me suis dit que tous les grands sont vraiment trop petits pour la grandeur des âmes que nous sommes. Et là, j’ai comme la colonne vertébrale en forme de point d’interrogation: comment se fait-il qu’à travers l’histoire,  l’humanité s’est-elle fait flouer autant par une  race de saigneurs – se disant d’abord du pouvoir divin – et ensuite du pouvoir de la « science » des chiffres, des machines, et des banques?

J’ai fini par comprendre: nous sommes des petits menés par des petits et les petits formes des petits. Alors, mécaniquement, nous rapetissons… Gageons que cueillir des fraises sauvages ne sera pas inscrit dans la pénibilité. C’est du profilage racial-humanitaire.

Et les travailleurs du sexe? 

Il me semble, qu’avec un peu d’honnêteté, il y aurait matière à se pencher sur leur sort. Si on pose la question à un politicien, il dira que c’est une rentrée d’argent…

Souvenez-vous qu’un politicien ne fait pas de blagues. Il est atteint de pénibilité précoce du cerveau. Les travailleurs, eux, n’ont pas les moyens de dire: « Je quitte le marteau-pilon parce que c’est ingrat.

Un pote âgé 

Il y a deux jours, avant de continuer mon potager, j’ai tondu la pelouse. J’hésitais à tondre les jolies fleurs bleues « sauvages » qui étaient là. Mais il faut être vert. Une pelouse, c’est vert. L’uniforme, c’est vert. La vie c’est l’uniforme… Nous sommes uniformisés. Pas d’écart! Le bourgeois total avec son arsenal de petits détails simiesques d’anoblissement d’une bourgeoisie bouffie par ses petites richesses et son savoir.

Mais toutes les tondeuses se ressemblent…

Retour au jardin 

Après une heure, j’avais la colonne vertébrale en compote. De l’autre côté de la rue, j’ai vu un type à bicyclette passer et prendre des photos. Je me suis dit, – comme dans une nouvelle de S.F. de Philip K. Dick – que c’était un fonctionnaire qui cherchait à prouver que je tentais d’obtenir des crédits de pénibilité afin d’avoir une pension, plus jeune.

Je n’ai pas pris de chance: quand j’ai semé les graines de mon potager, j’ai pris soin de calculer tous les mouvements que j’exécutais avec un mesureur d’angles, l’eau que j’avais bu, un appareil pour évaluer l’effort, etc. Et quand il m’a fallu repeindre   la clôture, arracher la mauvaise herbe, arroser, faire rouler la brouette, j’étais vraiment fier de moi. J’ai tout écrit… Une heure à planter, et deux heures à écrire.

C’est comme ça quand les politiciens et les banquiens ( dernière modification de l’orthographe, hier à minuit) font du petit jardin qu’on appelait la Terre, NOTRE vie. ( Merci M. Moustaki).

Je me suis dit que j’avais déjoué les plans du fonctionnaire à bicyclette – car on avait tout simplement coupé l’essence de ceux-ci, prétextant que l’exercice était bon pour eux et pour ladite austérité présente. ET QU’ILS POURRAIENT PRENDRE LEUR RETRAITE PLUS TÔT.

J’étais si occupé à compter, que je me suis rendu à mon ordinateur pour refaire les calculs.Et c’est là que j’ai vu que nous étions fin juillet, et que dans tout au plus sixe  (6) semaines,  les plants de tomates gèleraient.

Pour mon jardin, ce n’est pas vraiment grave. Mais pour la supposée humanité que nous sommes, si ma grand mère avait compté ses souffrances pour élever 17 enfants, elle aurait pris sa retraite à 22 ans…

Le poids d’un clin d’oeil

Dommages pour tous les kapos de la Terre qui perdront leur emploi avant d’avoir accumulé suffisamment de pénibilité pour « jouir » de la vie. Car avec eux, qui ne lèvent rien, et sont assis à leur bureau en jonglant des neurones, ils risquent de rester longtemps en poste. Mais, il y a toujours des exceptions à la règle.

L’avenir, on dirait, va ressembler à ceci: vivre, c’est mourir longtemps. On ne devrait plus dire « la grande faucheuse », mais la grande tondeuse. La robotisation, c’est aussi « ça ».: Démonter les mouvements humains pour en définir la pénibilité.

Pas pour connaître comment et « combien. nous souffrons, mais comment rentabiliser la souffrance. On ne dit pas que ceux qui calculent travailleront moins longtemps. À moins qu’on leur enlève leur chaise et leur bureau pur « raison d’austérité ».

Pensions-y!

Gaëtan Pelletier, juin 2014