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La putain à roulettes

C’était un soir en février 2048 et notre homme, en manque, commanda une pizza et six bières.

Il sortit de son placard une poupée d’amour avec qui il entreprit une relation sexuelle. Elle était quasiment réelle et satisfaisait non seulement toutes ses demandes mais devinait d’avance ce qu’il désirait, la poupée étant reliée à un algorithme fin finaud (sic) détectait de par sa peau maintenant nue tout ce dont il avait envie. Le nouveau modèle avait même la capacité de se transformer visage et corps en une cinquantaine de vedettes du grand écran passé ou futur. Au moment où s’imaginait faire l’amour avec Marilyn, la poupée changeait de forme et chantait la chanson pour le célèbre président. Même les torsions de son corps allaient de pair avec ses désirs au moment précis où une pensée jaillissait de son esprit.

Notre homme était dans tous ses ébats pendant que la pizza cuisait dans le four. Il testait sa nouvelle poupée. Il faisait exprès de passer d’un fantasme à l’autre pour bien voir si elle réagissait au dixième de seconde.  Et lorsque qu’il sentit monter en lui le sperme qui allait le faire éjaculer. La poupée s’éteignit, prit un format cubique et se transforma en valise quittant rapidement l’appartement sur ses roulettes.

« Votre abonnement est terminé. Veuillez contacter votre vendeur.  »

Essoufflé, il chercha son portefeuille pour insérer la carte qui pouvait faire revenir la poupée électronique, mais il constata que son portefeuille avait été vidé de toutes ses cartes de crédit.

Il décida de se rhabiller.

Il n’avait plus de vêtements… La poupée ayant tout emporté.

© Gaëtan Pelletier

2079: Je suis repas

 

https://i0.wp.com/blog.gagny-abbesses.info/public/Carrieres_Saint_Pierre/2010/27022010/beauzet_terrier_renard_1.jpg

ANNONCE: Terrier pour humains à vendre: 1,233$ millions. Cause: décès. 3X4 mètres. Pouvant loger 6 survivants.

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Depuis 2048, les habitants de la Terre avaient migré sous la couche terrestre pour échapper à la chaleur qui s’installait de plus en plus.

La famille Desmarais avait acheté une ancienne mine abandonnée dans le nord du Québec. L’hiver, la température se maintenait à la normale: 38 degrés à l’ombre… Mais il n’y avait pas d’arbres.

L’appartement était luxueux, comprenant 3 chambres, une salle de bain et un petit cinéma maison alimenté par une batterie de voiture et un transformateur à courant continu.

Trois garde du corps étaient logés dans trois cylindres, à 20 mètres sous terre, payés en victuailles. Toute la ville de Montréal avait déménagé dans les anciennes installations de métro et d’autres corridors ajoutés. Mais tous attendaient pour migrer vers le Nord, assoiffés et affamés. Là, sous ce qui restait d’eau, il y avait encore des animaux vifs et vivants.

Chaque jour on triait au hasard une cinquantaine d’enfants, de femmes et d’hommes pour un voyage vers le pays de l’espoir.

***

— On peut sortir?

— Oui, il ne fait que 59 degrés.

Alors, toute la famille prit congé ce jour-là, allant se promener vers le Lac Séché. En route ils rencontrèrent quelques braves qui migraient vers le Nord. Le groupe regardait, esbaudi, le Van se déplacer sur la terre séchée parsemée d’oiseaux morts et de bêtes sauvages, la plupart vivant dans des terriers.

Armées d’un fusil, un des membres de la famille abattit un renard qui s’apprêtait à entrer dan son terrier.

On hurlait de joie.

— On aura de la viande ce soir, Yes!

Le trajet du retour dura une heure. Ils éviscèrent la bête et découpèrent les parties les plus délicieuses.

— Nous aurons de la laitue fraîche en provenance du Grand Nord et quelques pommes de terre.

***

Dans son périscope, le premier gardien, aperçut des silhouettes se dirigeant vers le château souterrain. Mais il n’arrivait pas à compter le nombre de créatures qui se dirigeaient vers eux, car il arrivait souvent que certains faisaient le détour de peur d’être abattus. Les Desmarais n’avaient rien à manger, mais ils avaient de l’argent et des armes. Au moment où il s’apprêtait à actionner la manette qui ferait grimper la nacelle du tube, un phénomène se produisit : un déluge de feu investissait le tube et la température du cylindre grimpa soudainement, envahi de flammes. Il tenta de communiquer avec les trois autres nacelles, mais sans succès. Il vit toutefois sur le petit écran,  une tête brûler, tordue, dont la peau se liquéfiait : Juliette.

— Juliette, mon amour! Répond-moi.

Les belles lèvres de Juliette commencèrent à gonfler, à boursoufler, et ses sa camisole réfrigérée fondit.

Il eut le temps de prendre son Walkie-talkie pour parler au groupe qui, il le savait, s’approchait.

— Je vous avais dit, les gars, de ne pas toucher au tube numéro 3. Juliette, mon amour, est de garde.

— Tu travailles pour eux, tu es aussi responsable qu’eux. Crève.

Et les deux amants fondirent sous un déluge de feu, l’arme la plus facile à trouver en cette année-là.

— Alors! On va manger Roméo?

— Je pense que tu as exagéré sur la dose : il n’est pas cuit, il est séché.

— Pas très important.

Ils se dirigèrent vers l’entrée de la mine et actionnèrent la combinaison qui ouvrait la porte.

En descendant le long corridor, ils se retrouvèrent devant la porte d’un élévateur opéré par 6 employés.

Lorsque la porte de la salle à manger s’ouvrit, la famille Desmarais, estomaquée, eut à faire face à une cinquantaine de personnes en loques, puants. Ils restèrent silencieux et le visage tordu de peur.

— Il y a bien 60 employés ici?

— Oui. Vous voulez du travail?

— Non. On est des mangeurs d’aristocrates… La meilleure chair en vogue ces temps-ci.

Ceux qui mangent du renard périront par le renard.

… Bonne nouvelle, mes amours. On a de la viande fraîche pour quelques semaines. Et gageons qu’ils ont du vin quelque part dans une galerie. Une galerie sans doute ornée des œuvres des grands peintres de ce monde. Et pas des copies…

On sortit le père Desmarais pour l’embrocher et le faire cuire à feu lent : 12 minutes.

***

Pendant qu’ils mangeaient, sur une longue table, deux gardiens avaient enfermé  le personnel dans une pièce désormais nommée El Frigo.

— Ils n’ont jamais compris que pour prolonger sa vie on doit garder ses proies vivantes. La viande se mange mieux quand elle est abattue quelques heures seulement avant le repas. Le porc a disparu de la surface de la terre, mais pas l’homme… Enfin! Il en disparaît quelques uns chaque jour. Pour une fois qu’ils servent à quelque chose.

© Gaëtan Pelletier, 5 août 2018

La mariée était vraiment trop belle

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Je me suis marié le 18 février 2047. C’est par hasard que j’ai rencontrée Anna, dans une bibliothèque de livres de papier. Dehors, il pleuvait des cordes. C’était en fin d’après-midi et le vent de la mer, un faux en provenance d’un programme du gouvernement sous le règne du petit-fils de DT ( Donald Trump), que d’insérer dans des lieux publics une invention toute récente: des odeurs rappelant celle qui existaient dans les années 2020. Le propriétaire de la bibliothèque était un chinois qui habitait un petit village dans le nord du Québec: Chinoville.

En ce temps -là tout était connecté. Le simple effleurement d’un livre pouvait activer une chanson, un autre livre, des dizaines de films. Tout tournoyait. Mais ce n’étaient  que des pubs.

Je cherchais un vieux dictionnaire de Paul Rouaix: Le dictionnaire des idées suggéré par les mots. Quand j’ai glissé ma main sur le dictionnaire, une autre est apparue: celle d’Anna. Alors, dans la pièce une vieille chanson des Beatles a été déclenchée: Anna. J’adorais cette chanson. La veille, je l’avais fait jouer une dizaine de fois sur le SI ( SuperInternet) version tridimensionnelle. Au moment où mon regard croisa le sien, des fleurs virtuelles, comme des oiseaux translucides volèrent  à travers la pièce pour aller rejoindre les mains d’Anna qui s’ouvrirent pour accueillir le bouquet par un sourire triste. Dès lors, mes palpitations cardiaques changèrent de rythme.  « L’amour, je dis-je! Enfin l’amour! « 

Nous sortîmes de la bibliothèque et prirent un taxi volant. Le ciel était zébré de ces taxis qu’il suffisait de héler par un simple bouton jaune. Mais chaque taxi avait une couleur différente et changeante.  J’ai appuyé sur le bouton qui déclina mon identité et mon adresse.

***
Anna adorait les chansons des années 50 et 60 de l’autre siècle. Il semblait que nous étions fait l’un pour l’autre. Nous nous sommes mariés le lendemain et avons fait un voyage au pôle Nord où vivaient les riches de ce monde. Le reste de la planète était pratiquement invivable. Nous nous sommes promenées sous de fausses banquises, admirant des répliques d’ours polaires. Puis nous sommes repartis le lendemain vers l’Afrique avec des combinaisons anti-chaleur pour chasser des lions virtuels. Ce matin-là, il y eut toutefois un incident: l’un des lion fut si mal programmé qu’il bouffa une touriste américaine. La fille de Bill Clinton ne survécut pas.  Anna pleura pendant une quinzaine de minutes devant les « restes » de la femme en charpie, le corps disloqué. Le travailleur-robot fut condamné et détruit par un juge robot.

Notre lune de miel ne s’arrêta pas là. Nous faisions l’amour 3 ou 4 fois par jour. Anna était inassouvissable. J’ai dû avoir recours aux injections du Dr Perfo qui s’avérèrent très utiles. Un jour, elle téléchargea un programme de partouze en 3D. La pièce fut – après avoir déboursé près de 10,000 $ chinois- emplie de danseurs et danseuses à moitié nus.  Ce fut la soirée la plus excitante de notre notre union qui ne cessait de grandir. J’étais excité. Et Anna faisait le café, le ménage, et – de temps en temps – elle pouvait me jouer une des ces émissions des années 1962 avec tous les personnages.  J’étais ravis. C’était exactement de ce monde que m’avait décrit mon père dans les petits écrits auxquels il se livrait le soir.  La soirée fut toutefois stoppée par une quinzaine de policiers-robots qui pénétrèrent dans l’appartement du voisin. Il fut accusé de participation à un réseau de climatophiles ayant mis la main sur des vidéos représentant la Chine du 20 ième siècle. On l’exécuta en deux minutes, puis ont le fit brûler et réduit en cendres. L’opération n’avait duré que quelques minutes. Les cendres furent aspirées et conduites au cimetière planétaire situé près de Las Vegas.

***

Anna avait le don de trouver des substances qui rendaient heureux. Elle me disait qu’elle avait travaillé dans un laboratoire qui fabriquait ces substances.  Nous en faisions usage… Et grandement.

Un jour, je me suis levé et j’ai écarté les faux rideaux qui donnaient sur un monde montagneux, remplis de rivières, et dont les bruits se répandaient dans la pièce. Je cherchai Anna. Elle n’était plus là.

J’ai fait une plainte au poste de police et il m’a été envoyé un message concernant Anna.

Monsieur, 

Le virus Anna a été créé par un clan de résistants situés on ne sait où pour l’instant. Le virus a une durée de vie de 28 jours. Il est présenté sous la forme d’une jolie dame sensible ou d’un mâle fort ressemblant. Ce virus avait d’abord été créé par une compagnie publicitaire. Mais il a été rapidement pris en charge par une entreprise en lutte contre notre système.  Ouvrez votre ordinateur à l’adresse indiquée pour localiser le virus. 

Abala 345?$9k 

C’est ce que je fis. J’en vis 323 modèles tous en opération sur la planète. Au moment où j’allais fermer mon appareil, je n’ai pu payer pour la transaction. Un point rouge s’alluma à la porte de mon appartement. Mon compte bancaire était vide. Une armée de policiers étaient en route vers mon appartement… On m’avait ciblé. J’avais pour nom Anna…. Et je vis mon corps se transformer à grande vitesse. Si vite que j’ai eu à peine  le temps de me regarder dans le miroir. Vraiment, la dernière injection qu’elle m’avait offerte était pour le sexe, mais bien plus…

On défonça la porte…

Gaëtan Pelletier

Décembre 2016

 

 

Le représentant

La Terre venait de s’éteindre. Il y aura de ça, 200 ans. Tous les habitants moururent asphyxiés. Et de par les étoiles, leurs âmes, perdues, cherchèrent Dieu pour savoir ce qui c’était passé. Pour se rendre au « nid » de Dieu, ils durent se mettre en groupe après 10 années de vie terrestres, errant dans l’espace froid, dans des dimensions qu’ils ignoraient.

Puis un jour… Un jour sans jour, certains créèrent des paradis avec leur pouvoir, mais ils ne duraient pas. Comme sur Terre…

– Il nous manque quelque chose, fit remarquer l’une d’entre elles.

– Ou quelqu’un, répondit une autre âme.

Puis, à force de ne pas chercher, à force de ne pas utiliser leur manière terrestre de « chercher », on trouva Dieu qui se prélassait sur une plage qui poussait ses vagues en soupirs, comme si l’eau respirait l’air et gondolait de vagues la mousse saline qui se laissait aller à caresser doucement le sable.

Les âmes qui se présentèrent devant Dieu étaient en loques, certaines avec des membres tronqués – ayant amené leur corps avec eux- , ce corps auquel ils tenaient temps.(sic). Une flopée d’étincelles se mirent à  se s’agglutiner pour savoir qui parlerait à Dieu.  On trouva un ancien dirigeant des États-Unis qui avait l’habitude de parlementer. Bref, ce qu’il y a de mieux… Ou du moins ce qu’on pensait avoir de « mieux »: un homme riche qui avait bâti sa fortune sur la communication. Alors, on s’était dit que personne ne pouvait mieux communiquer que LUI.

Il s’avança poliment, feignant son humilité puis s’adressa à Dieu avec un énorme micro que la grandeur de la statue de La Liberté.

Dieu, nous cherchons une planète pour poursuivre ton oeuvre qu’est la magnifique race humaine, tes océans, tes plantes, toutes tes créatures. Nous avons avec nous et Arche de Noé en format ADN. Nous avons parcouru une partie de l’Univers sans en trouver une qui nous permettrait de survivre. Si belle est la race humaine… Nous t’en remercions! Nous t’en remercions grandement et humblement…  

Ceux qui avaient décidé de ne pas emporter leurs mains n’applaudirent pas. Mais une foule immense d’âmes brandissant leurs médailles, leurs diplômes, leur rang social, dans  » la poursuite de l’amélioration » de la vie sur Terre, émirent un chant de gloire à Dieu dans une clameur intense qui fit vibrer cet infime point d’univers.

Une dame s’avança avec un grand trou au niveau du nombril.

– J’ai combattu ces salauds, et j’en ai tué 13. J’ai perdu la vie pour une bonne cause.

Et Dieu remarqua qu’il y avait beaucoup de haine dans ses yeux.  Et d’autres clameurs se répandirent.

– Même morts, vous êtes encore les uns contre les autres… Vous avez engendré la haine par la destruction des autres pour des « raisons » matérielles. Ou une certaine foi mal placée. Peu importe… Vous avez des dieux… Vous les priez… Pour satisfaire votre vengeance ou pour conquérir et aplanir les différences.

– Nous voulons une autre planète, rétorqua le représentant.

– C’est bien ce que je disais. Une autre? Celle que je vous ai offerte était un paradis. Mais ce n’est pas d’elle seulement que vous avez fait un enfer, mais vous êtes tous votre propre enfer les uns envers les autres. Si jamais je vous en offrais une autre, aussi belle, aussi bleue, aussi riche, elle serait détruite par la pauvreté de vos esprits, de vos avidités, et de vos aveuglements. Vous avez sorti des antres de la terre cet or noir, vous avez vidé les océans, pollué, etc. Maintenant je voudrais parler à un paysan.

Alors, une âme toute coquine, tenant son chapeau d’une main, s’approcha de Dieu.

– Qu’as-tu fait de ta vie? lui demanda Dieu.

– J’ai planté des pommes de terre dans des terres arides, j’ai souffert de la faim. Puis au moment où j’avais trouvé ce qu’il fallait pour ne plus souffrir de la faim, j’ai dû vendre mes terres situées presque au ras du ciel. De temps en temps, je l’avoue, je devais tuer un coq ou un animal pour me nourrir. Au moment où j’ai demandé de l’aide, on m’a demandé de l’argent.  Je ne savais pas ce qu’était de l’argent. Nous échangions nos cultures. Je connaissais la valeur d’un fruit cueilli, d’un habitat construit, mais pour ce qu’on nommait « argent », je ne comprenais rien.  Mais un jour un de mes cousins a vu de ce liquide noir qui tue. Pas une pomme de terre n’y poussait. Mais il a eu une grande maison, un grand terrain… On disait que c’était « acheter »., et qu’il serait enfin libre de ne plus rien planter pour vivre. Mais ce qu’i la poussé sur son terrain furent de grandes maisons avec de petits terrains. On lui enleva le droit d’élever des poules…

Dieu poussa un soupir.

– Tous ceux qui ont gardé le jardin en vie, je dis bien en vie, et les autres en vie: vos voisins, vos amis, vos amours, vos brebis, vos plantes,   peuvent maintenant me rejoindre.  Les autres, retourner à vos recherches. Je vais vous donner les coordonnées des planètes.

Alors, une fois tous les paysans réunis, Dieu sourit.

– Je vous ai débarrassé de ce qui était nuisible. Je sais que vous avez aimé la Terre, les plantes, les animaux. Tout. Vous avez fait le lien entre ce qui vit et fait vivre. Les autres de par leur science, penseront trouver une planète. Et même s’ils la trouvent ils en feront un dépotoir. Je n’ai même pas besoin de vous dire où se trouve cette planète qui vous fera vivre enfin.  Une fois débarrassé de ceux qui ne savent pas chercher, vous qui avez trouvé n’aurez plus besoin d’eux. Leur destruction n’appartient qu’à eux.  C’est la mauvaise herbe de cette planète. Même si vous vous acharnez à planter, à arroser, à aimer, ceux-là seront toujours ceux qui détruiront toute forme de vie et de la façon la plus horrible.

… Maintenant, pour ceux qui croient en « moi », sachez que je ne suis qu’un représentant de ce vous nommez « Dieu ». D’ailleurs, vous êtes tous des « représentants »… Et les autres, sans doute d’un peu de ce diable imaginé pour « punir » et construire les méchants. Ils se construisent en détruisant… Et tout… Malheureusement… Même vous qui remplissez leurs assiettes…  Cette petite planète n’était qu’un test. Vous ne l’avez jamais su,mais c’est la « planète test » d’un univers immense que nous construisons. Et si vous le permettez, j’aimerais aller vivre parmi vous et avec vous. L’erreur de ce « dieu » est que personne ne peut rien faire seul.

Même pas « dieu »….

Gaëtan Pelletier

2 juin 2015

 

Les derniers travailleurs

robots

 

En l’an 2075, les derniers travailleurs quittèrent la dernière usine du monde: l’usine à fabriquer des robots.

Ce qu’ils ignoraient c’est qu’ils avaient fabriqué la dernière voltige en matière de « génie humain… » la fabrication d’un robot qui fabriquerait tous les robots nécessaires à la marche de ce monde.

S’imposa – par un régiment lent et vicieux- l’ère nouvelle des dirigeants ayant enfin parvenu à leur fin par l’accaparement des terres, le tressage lent en louvoiements hypocrites des multiples crises monétaires et la concentration des richesses en quelques conglomérats qui n’eurent plus que pour jeu: la lutte monétaire.

Le dernier travail: polir et nettoyer les robots. Servir cette nouvelle race de seigneurs et travailler sous terre à des projets intra-planétaires  et extra-planétaires.

Tous avaient le droit de voter, mais tous avaient le droit de ne pas voter.

Tous avaient le droit de se taire, mais tous avaient le droit de parler dans une machine pour exprimer et analyser aux fins d’amélioration de leur monde sur une plateforme virtuelle leur désagrément. En gros, tous avaient le droit de gerber en format électronique.

Tous DEVAIENT transmettre un rapport de 20 pages, journalièrement,  dans le but de parfaire leur statut de travailleur-progrès.

Tous avaient le droit de se parler entre eux par des voies de communications à distance.

Tous avaient le droit de se faire des amis.

Tous avaient le droit d’écrire dans un commentaire d’échanges qu’ils n’étaient pas un robot.

Une machine, au service de LETACMOA, dirigée par une firme indépendante de robots avait pour tâche d’analyser et de transmettre un rapport aux plaignants. Mais le plaignants devait répondre au robot sous peine de sanction(s).

Tous devaient étudier -et ce gratuitement – afin de ne pas être des serviteurs, mais des critiques instruits, libres, et au parfum du système dans lequel il vivait pour parfaire ce système.

Tous avaient le droit de se plaindre de quelconque injustice. On lui attribuait alors un avocat-robot pour la défense.

Deux mois par an, tous les non-robots avaient le droit de voyager sur une île, à l’équateur, pour des festivités arrosées d’alcool, de bains, de soleil.

Tous avaient le droit de demander aux robots-serviteurs  de suivre ses ordres.

Tous avaient le droit d’être créatifs: il y avait alors un concours du meilleur robot à construire lors des cérémonies vacancières.

En l’an 2075, Robert et Camomilla remportèrent le prix en créant un robot féminin,  à la peau noire, et qui pouvait répéter toutes les citations célèbres écrites par les artistes de jadis. Mais sa principale qualité était de former un travailleur en l’espace de 39 secondes. C’était un record.

Il y eut une fête foraine avec des feux d’artifices énormes constituées de fusées qui explosaient dans l’espaces.

Et l’on hurlait, les dents grandes ouvertes:

Yeah! Yeah! YES!

Gaëtan Pelletier

3 janvier 20XX

L’éponge à credo

– Chérie! 
– Oui! 
– Quelle est la nouvelle du jour? 
– Jeanne d’ARC va être brûlée… 
***
On a l’âge de ses haltères… 
Arnold Schwarzenegger   GP  🙂 
 
 

Quant du as fait le tour des « nouvelles », tu n’apprends plus rien… T’as déjà vu, entendu, lu, relu, envoyé sur FAcebook, à un ami, et tous les canaux de communication. On est dans l’hyper communication. Comme le café en poudre instantané des années 70. Grande découverte de la « rapide life » à laquelle nous nous livrons. Vite! Vite! Vite!

Nouvelles en poudre comme café en poudre… Séchées à froid. À consommer. Et chacun est sommé de consommer. Le consumérisme numérique.

L’un-dividu 

L’individu est un individu à part entière qui s’est construit ( constructivisme) et qui continue de se construire pour construire un monde… parfait. Parfait selon les critères des robots de la nouvelle colonisation planétaire.

Il y a quelqu’un qui ramasse les feuilles que nous sommes pour les pousser vers le seul arbres qu’ils veulent faire pousser. En terme économique, on nomme cela de la centralisation ou de la mondialisation. Et de par le « libre-échange », supposément nous enrichir, nous nous appauvrissons chaque jour.

Et les « nouvelles »?

Quand on bouture les nouvelles à l’Histoire à celles des nouvelles, on  se rend compte que les nouvelles se répètent tellement – style, Le bon,la brute et le truand, – qu’il vaut mieux éteindre la télé et aller se promener à bicyclette pour voir ce que sont véritablement les gens. Les vrais. Il vaut mieux se mettre au régime du net plutôt que de passer ses journées à courir le « nouveau ».

Ceux qui tricotent l’Histoire le font une maille à l’envers et une mailles à l’envers. Avec cette méthode, quand ma mère tricotais, j’aurais eu un bas et une mitaine. Habillé de la tête au pied…

Churchill  à l’envers 

« Jamais dans le domaine de la guerre tant d’hommes n’avaient eu une telle dette à l’égard d’un si petit nombre d’individus  »
« Never in the field of human conflict was so much owed by so many to so few »

Nous sommes dans le contraire: Jamais dans le domaine de la paix tant d’hommes ont été massacré par un si petit nombres d’individus.

Si on recule de 100 ans, la nouvelle était la guerre de 1914. La planète se réchauffe tellement que les orignaux du Nord des États-Unis meurent d’une tique. Une tique? Oui, une tique qui s’installe dans la fourrure de la bête et finit par la ronger.

 50% de la population des orignaux a disparu. 50% des animaux sauvages de la planète également. Sans doute remplacé par la voiture …

Vers 2060, mes petits enfant seront plus jeunes que moi. Faudra-t-il migrer vers le Nord? Chercher des glaces? En ce moment, en Afrique, des rivières sont asséchées, des gens manquent tout simplement d’eau. De l’eau!…  La base de la Vie.  De l’eau, également pour faire pousser de la nourriture. De l’eau pour le corps constitué de 70% d’eau.

Alors, nous sommes bien savants, bluffés par les miroirs électroniques, notre « culture ». Notre belle culture! On a beau se bomber le torse, on crève comme un passager du Titanic , coulant à pic, assis sur une hélice: ça tourne et ça vous pousse en « avant ». Encore faut-il définir ce qu’est un « avant », présumé progrès.

Nous savons énormément de choses. Nous avons une belle histoire de l’art. Nous avons des savants, des utopistes, des poètes, des cinéastes, mais en politique et en affaires nous n’avons qu’un beau malaise de dégâts. Car, comme toujours, notre bipède pensant est adorateur d’un veau: l’or. C’est un calculateur. Un lapsus d’empathie.Une tique accrochée à l’humain …

Une tique….

Les politiciens en boucle 

Les nouvelles, c’est de nous faire oublier l’essentiel: Ce qu’un être humain peut apporter à un autre en terme pratique.  Nous sommes  supposément quelqu’un « d’instruit ». Mais instruit du papier des universités. Mais   « instruit » rarement des rapports entre les humains. Et je vois passer des politiciens au même profil, encore attardés  à la culture du libre-échange, attachés aux théories vieillottes de la « politique ». Bouchés de l’esprit, bouchers de la vie.

C’est la nourriture des bien-pensants. Ces gens qui veulent atteindre un modèle de perfection sociale, modèle dessiné par les grands couturiers avec une propagande déviante vers un but caché: la servitude.

On a créé des moules… Et dans ce conformisme malheureux, comme dans une chaîne de construction de voitures, le but est de bâtir un citoyen « mono-penseur ».  Ça ne vous rappelle pas un certain Hitler? Il est toujours vivant, mais il a changé de méthode ou, plutôt, il l’a mise à la saveur du jour.

Le Web est le stade.

Nous sommes la foule.

Et nous hurlons tous un bel hommage au dictateur et ses Goebbels électroniques. Vous avez 666 amis sur Facebook. Plus vous en avez, plus défilent  les nouvelles dans une sorte de convulsion à laquelle nous nous habituons lentement.

Le pas de lois… La « marche » à suivre. Même les non-conformistes se font prendre dans le tordeur de la machine à laver les citoyens.

L’humain est une éponge à credo…

Gaëtan Pelletier

8 octobre 2014